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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Ferme Hierahof à Lenzkirch

Des bovins appréciés dans leur territoire

Élevage

Publié le 09/10/2021

Classée monument historique (elle date de plus de 200 années), la ferme a été reprise en 1996 par Karola et Mathias Brugger. Aujourd’hui, le couple a un cheptel de 40 vaches laitières de race Vorderwälder, a 90 hectares de forêts et une trentaine d’hectares de prairies. « Nous avons fait le choix de les faire exclusivement pâturer et de sécher notre foin que nous leur apportons ensuite comme nourriture. Tous les aliments produits ici sont pour nos vaches. On a choisi, il y a 25 ans, de coopérer avec une deuxième ferme qui commercialise le lait et une petite troisième exploitation. Nous partageons notre matériel pour réduire les coûts et nous commercialisons, dans le secteur, nos animaux », explique Mathias Brugger.

L’exploitation est en bio. Elle est située à environ 1 000 mètres d’altitude avec un climat qui a évolué ces dernières années. La sécheresse estivale se répète de plus en plus souvent. « Nous devons nous adapter. C’est aussi pour cela que nous avons choisi cette race qui est particulièrement pertinente pour ce climat ici », dit Mathias.

 

 

Évoluer dans son travail

Cette race, originaire de la Forêt-Noire est l’ancêtre des races Hinterwälder et Vorderwälder. Elle est reconnue depuis les années 1850. Elle a été massivement réintroduite dans les années 1960 pour augmenter le rendement laitier. Elle a une robe rouge avec sa tête légèrement blanche tout comme ses pattes. « Elle nous donne une moyenne de 5 000 à 6 000 kg de lait avec environ 4 % de matière grasse et 3,7 % de protéines. Nous en fabriquons du fromage. Et, surtout, nous l’utilisons pour nos prairies. Elle exploite très bien ce milieu », ajoute Mathias Brugger.

Pour autant, face à l’évolution climatique, l’éleveur compte s’adapter en faisant évoluer son travail. « Nous allons augmenter notre capacité de stockage de notre fourrage et ajuster la densité de peuplement de notre cheptel pour le pâturage. À l’étable, nous allons augmenter les zones d’ombre fournies par les plantes ligneuses dans le pâturage », conclut l’éleveur.

Comité des reines des vins d’Alsace

Dix années royales

Vigne

Publié le 20/09/2021

Une reine qui vit un règne qu’elle a qualifié elle-même d’atypique en raison de la situation sanitaire. Intronisée lors de la dernière foire aux vins d’Alsace à Colmar en 2019, son mandat d’une année a exceptionnellement été renouvelé en 2020. « Merci pour votre soutien. Lors de ma première année de reine, en 2019-2020, j’ai pu participer à quelques manifestations avant d’être contrainte de stopper mes activités lors du premier confinement. Pour cette seconde année de règne comptant pour la période 2020-2021, j’ai constaté avec satisfaction que nous recevons à nouveau des invitations. Nous ne sommes pas oubliées. C’est une belle satisfaction. On m’a donné la chance de promouvoir les vins d’Alsace au maximum », explique Virginie André. Parmi ses coups de cœur, le salon international de l’agriculture à Paris en 2019 et la visite du Parlement à Munich. « J’ai beaucoup appris avec cette responsabilité. J’ai désormais hâte de passer le relais car il faut savoir évoluer. Mais je veux continuer à m’investir. D’où cette volonté de faire partie du bureau du comité des reines des vins d’Alsace », ajoute Virginie André.

Elle pourrait laisser son écharpe et sa couronne lors de la Cuvée givrée de la Foire aux vins d’Alsace prévue du 27 au 20 décembre 2021. « Une réunion est programmée entre le comité des reines des vins d’Alsace, le Civa et Colmar Expo le 15 octobre prochain. Nous allons évoquer l’avenir du nouveau trio royal. Il pourrait être élu, cette fois sur une année civile, en novembre 2021. Nous allons également évoquer d’autres modalités comme, par exemple, la possibilité d’établir une charte à signer par la reine et ses dauphines sur les us et coutume de leur mandat d’une année », indique Claudia Renel, présidente du comité des reines des vins d’Alsace.

 

 

Une association reconnue par la filière viticole alsacienne

Elle s’est également félicitée de l’évolution de l’association depuis sa création en 2001. « Depuis dix ans, nous avons beaucoup travaillé. Nous sommes désormais reconnues par tous nos pairs et par la filière viticole alsacienne. Nous avons de bons retours sur nos propres manifestations et sur celles où nous nous rendons. À la sortie du dernier confinement, nous avons pu renouer avec certaines de nos activités. En juillet, nous avons pu participer à une visite dégustation au domaine Rolly Gassmann à Rohrschwihr et à la fête vigneronne de Barr. Le 13 septembre, nous étions également présentes à la confrérie Saint-Étienne de Kientzheim pour le rassemblement des confréries viniques », précise Claudia Renel. Elle a ensuite rappelé tout ce qui a été fait depuis 2001. À commencer par la troisième et dernière soirée de gala du 26 juillet 2019 à la Foire aux vins et la dégustation de la cuvée royale, « la pétillance des Reines ».

L’assemblée générale a ensuite validé le bilan comptable et renouvelé son comité directeur pour la période 2021-2023. Si Joséphine Spannagel et Séverine Laval ont fait le choix de le quitter, Virginie André et Margaux Jung ont décidé de le rejoindre. Claudia Renel (la présidente), Aurélie Schneider, Christelle Da Cunha, Dorothée Wolff, Charlène Spettel, Martine Guth, Anita Heitz et Marine Wessang en restent membres. À l’issue de la réunion, il y a eu les retrouvailles avec les confréries viniques pour fêter les dix ans du comité lors d’un déjeuner au restaurant Au Soleil à Wettolsheim. L’après-midi s’est poursuivie avec la dégustation de la cuvée Virginie au domaine Antoine Ehrhart. À noter que Marguerite Bannwarth-Binner, première reine des vins d’Alsace en 1954 et en 1955, était présente comme pour toutes les manifestations organisées par l’association depuis dix ans.

SAS Harmonie des Vignes à Moernach

Le vin, à domicile

Vigne

Publié le 17/09/2021

Domiciliée à Moernach, dans le Sundgau, Vanessa Haegy a été comptable pendant 25 ans. Elle a terminé son parcours chez Wifor à Roppentzwiller. Quand cette entreprise a disparu, elle a cherché à se reconvertir. « Le domaine du vin m’a toujours intéressé. C’est une passion commune que j’ai avec mon mari, Yannick. Nous dégustons régulièrement et vous visitons des caves depuis longtemps. Nous avons un camping-car. C’est là que l’idée de créer ce concept innovant de vente à domicile est venue. Il repose sur la recherche de petits producteurs et vignerons français, l’originalité des produits et un bon rapport qualité/prix. On a alors commencé à rencontrer des professionnels de la viticulture. On a également assisté à des réunions de dégustation », explique Vanessa Haegy. Le couple parcourt la France pour trouver ces vins, mais aussi ces produits régionaux en charcuteries fines, en tapenades, en condiments ou encore en confitures.

Sans faire de publicité, l’entreprise se développe rapidement. « Depuis 2017, ce n’est que du bouche-à-oreille. Avant de proposer les produits, nous les dégustons chez nous avec des amis. Quand cela nous plaît, on en fait venir et ensuite on les distribue chez nos clients, surtout sous forme de paniers garnis. La crise sanitaire a un peu perturbé notre croissance. Mais nous sommes optimistes. Nous avons toujours des commandes », précise la gérante de l’entreprise âgée de 49 ans. Ces cibles restent des petits domaines viticoles familiaux français que l’on ne trouve pas ou très rarement dans les grandes et moyennes surfaces. « Notre fournisseur de Pauillac fait 6 000 bouteilles. Nous apprécions de travailler avec les petits récoltants car nous les connaissons et ils font des produits de qualité. Je pense par exemple au domaine de la Rocalière à Tavel dans le Gard », poursuit Vanessa Haegy. Tous les vignobles français sont présents dans sa cave. « L’Alsace, nous en avons un peu. Mais, elle n’est pas notre priorité. Car, ici les gens qui aiment le vin d’Alsace se déplacent eux-mêmes chez les producteurs et dans les caves », précise-t-elle.

Du garage au grand bâtiment

Les tarifs sont ceux des grossistes auxquels il faut ajouter le coût du transport. « Nous ne sommes pas là pour vendre nos vins à des tarifs élevés. Nous voulons faire découvrir la viticulture et la gastronomie française. C’est le concept de l’entreprise. La plus grosse période d’activité demeure les fêtes de Pâques. À Noël, nous livrons en moyenne plus de 400 paniers garnis. Nous cherchons également des produits qui nous sont demandés par nos clients. Certains veulent du bio, d’autres des cépages bien précis et les derniers, surtout des chefs d’entreprise, du haut de gamme. Nous avons de tout », insiste Vanessa Haegy. Elle travaille depuis son garage de la maison familiale. Elle livre directement ses clients dans un rayon géographique qui s’étend jusqu’à Soultz. « J’apprécie ce contact humain. Dans mes précédentes responsabilités professionnelles, j’étais enfermée dans un bureau. Là, je partage ma passion. Mon mari qui travaille encore à côté s’occupe du côté commercial. Nous nous complétons. Pour ma part, je fais également du flocage de paniers, je grave des verres. Tout cela depuis ce garage. À terme, nous comptons avoir du personnel si notre projet se développe bien », se réjouit Vanessa Haegy.

Ce projet est précisément en cours de finalisation. Il s’agit de la construction d’un bâtiment dans un village voisin, à Koestlach. « Il y aura des chambres d’hôtes, un caveau de dégustation, un bar à vin et un magasin, sans oublier une salle de banquet. Nous aurons notre appartement au-dessus. L’idée est de développer notre concept. Proposer et faire découvrir nos vins et nos produits aux gens qui pourront les déguster sur place, les acheter et même profiter de la chambre d’hôtes pour dormir et visiter la région. Nous comptons proposer des soirées de dégustation et à thème. C’est un gros projet. Nous venons d’avoir le permis de construire et nous avons le soutien de la municipalité. Le bâtiment va se trouver sur une route passante. C’est un gros investissement. Mais nous pensons que nous sommes sur un créneau porteur », conclut Vanessa Haegy. La caviste, originaire d’Épinal, mise sur la qualité de son travail pour continuer le développement de l’entreprise.

Pöttinger

Le développement se poursuit

Technique

Publié le 14/09/2021

Née en 1871, cette entreprise dont le siège social est situé à Grieskirchen dans le land de Haute-Autriche a toujours défendu des valeurs familiales. « Nous poursuivons notre développement en investissant dans notre pays tout en nous déployant partout dans le monde. Ici, à Grieskirchen, notre usine historique a été régulièrement modernisée. Pas loin, à Sankt-Georgen, nous construisons un nouveau complexe. Un premier bâtiment de 6 000 m2 est déjà utilisé. Il s’agit d’un centre de mise en peinture et d’une chaîne de montage supplémentaire. Un second de la même grandeur est actuellement en terrassement. À terme, ce nouveau site aura une grandeur de 45 000 m2. Nous avons investi 25 millions d’euros (M€) dans cette première tranche. Pöttinger investit entre 12 et 15 % de son chiffre d’affaires dans de nouveaux moyens de production », explique Gregor Dietachmayr, porte-parole de l’entreprise et responsable commercial, marketing et service après-vente.

Pöttinger compte pas moins de 17 filiales dans le monde. « Pöttinger France a été la première filiale. La Suisse a suivi deux années plus tard. Aujourd’hui, nous nous développons au Canada, en Australie, en Chine, en Ukraine ou encore aux États-Unis. Depuis un an, on a progressé de 90 % dans notre chiffre d’affaires aux États-Unis. Si cette croissance se pérennise, il nous faudra construire une usine là-bas. Aujourd’hui, ce sont 1 929 personnes qui représentent l’entreprise dans 36 pays dans le monde », ajoute-t-il. La crise sanitaire en 2020 a bien évidemment freiné cette dynamique. « Nos activités étaient restreintes. Nous avons épargné, investi et préparé la reprise. Nous avons été forcés d’augmenter nos prix pour faire face à l’augmentation de nos charges. Nous avons demandé à tout le monde de faire des efforts : l’entreprise, les concessionnaires, les agriculteurs. Aujourd’hui, nous pouvons dire que nous poursuivons notre belle croissance », se félicite Gregor Dietachmayr.

L’export tire la croissance

L’exercice financier qui s’est terminé le 31 juillet dernier, laisse finalement apparaître un chiffre d’affaires record de 405 M€ pour l’exercice 2020-2021 contre 366 M€ en 2019-2020. « Nous vivons une situation paradoxale depuis 16 mois. Une absence de vision sur l’avenir en raison du Covid-19 et des ventes à l’export qui se poursuivent », remarque le responsable de l’entreprise. Avec un pourcentage du CA réalisé en dehors de l’Autriche de 88 %, la part d’internationalisation du constructeur de machines agricoles reste à un même niveau élevé. L’Allemagne, avec 18 %, et la France, avec 15 %, sont les premiers marchés de Pöttinger à l’export. Point positif à relever : malgré la situation sanitaire, le CA de ces deux marchés a progressé. Derrière ces deux pays et l’Autriche elle-même, on trouve ensuite la Pologne, la Suisse, la Grande-Bretagne et la Russie.

Avec une part de 69 % les matériels de fenaison représentent la plus grande partie du chiffre d’affaires. Le travail du sol et des semis atteignent 31 % des ventes machines. Les chiffres de l’ensemble des gammes de matériel ont évolué positivement. Dans le même temps, les ventes de pièces détachées et pièces d’usure originales ont progressé de 8 %. « Il faut souligner l’efficacité et les performances du centre de logistique pièces ainsi que du service après-vente, particulièrement mis à l’épreuve par les défis imposés par la pandémie de Covid-19. Par ailleurs, on note un effet très positif de la disponibilité à long terme des pièces ainsi que de la segmentation avec de nouvelles gammes. À chaque fois que nous venons sur un marché avec un nouveau produit, ce dernier a au minimum un point de différenciation avec ce qui existe déjà chez nous ou nos concurrents. L’innovation est une valeur ajoutée de l’entreprise », assure Gregor Dietachmayr.

Innover et produire davantage

Cette innovation a été mise en avant devant la presse française et internationale début septembre. Toute la gamme pour l’entretien des cultures a tout d’abord été représentée. À savoir : la houe rotative Rotocare, la bineuse Flexcare et la herse étrille Tinecare. Mais également les presses à balles rondes Impress et le semoir Aerosem VT. Des innovations qui devaient être présentées à Inno-Agri tout comme d’autres nouveautés qui seront officiellement présentées début octobre. « La recherche et l’innovation demeurent nos axes de travail pour les années à venir. Ils constituent notre axe de développement et la pérennisation de nos activités pour l’avenir. Nous avons besoin d’augmenter notre capacité de production, notamment en matériel de fenaison. C’est la raison pour laquelle nous misons sur différents projets d’agrandissement de nos usines ici en Autriche, mais également partout dans le monde. Le marché français est pour Pöttinger un axe fort de travail puisque notre croissance est constante sur tout le territoire », conclut Gregor Dietachmayr.

Fermes-auberges

Le pass rentre dans les mœurs

Élevage

Publié le 09/09/2021

Ce jeudi 12 août est l’une des rares journées de l’été alsacien où le soleil et une belle douceur règnent en montagne. Forcément, cela se ressent sur la route où les motards, camping-caristes et autres automobilistes se croisent. À chaque arrêt, c’est la ruée vers les fermes-auberges. Souvent, la question est la même : Il faut le pass sanitaire ? La réponse est positive depuis le 9 août. Une étape qui a pourtant été difficilement franchie. Sous couvert d’anonymat, de nombreux professionnels veulent bien témoigner. « Fin juillet et début août, cela a été très compliqué. Notre clientèle habituelle venait moins. À la place, il y avait de nouveaux consommateurs. Surtout des gens non vaccinés qui voulaient se faire une dernière sortie », témoigne l’un d’eux situé dans la vallée de Munster. Un autre ajoute : « Ils voulaient surtout faire la fête entre amis. » Du coup, le 9 août était autant attendu que redouté. « C’est un été très mitigé. Il y a la crise sanitaire, le pass sanitaire et cette météo défavorable. Nous attendons des jours meilleurs », poursuit alors un troisième professionnel situé au-dessus de Masevaux.

Cette journée du 12 août est de celles-là. À la ferme-auberge du Grand Ballon par exemple, on a le sourire. La terrasse s’est bien remplie pour le déjeuner. Et à l’heure du thé, ils sont nombreux à s’arrêter pour trinquer et faire une pause. « Nous venons de Belgique. Nous sommes en Alsace pour quelques jours. Aujourd’hui, nous faisons la route des Crêtes. Le pass sanitaire ? Non ce n’est pas un problème. Nous étions prévenus. Nous connaissons les lieux. Nous nous arrêtons ici dès que nous sommes dans votre région », expliquent Huguette et Paul, un jeune couple de retraités. Didier Bronner, le responsable des lieux, vient à leur rencontre pour scanner leur fameux pass. « Il n’y a pas de difficultés. Les gens savent qu’il faut le présenter. Parfois, il faut juste expliquer un minimum. Le seul désagrément qui peut survenir c’est quand la machine ne marche pas. Cela prend alors un peu plus de temps », témoigne le professionnel. Il fait un autre constat, propre à cet été 2021. Pour avoir du monde, il faut surtout que la météo soit favorable. « Les rares fois où il a fait beau, nous avons eu du monde et la circulation a été beaucoup plus importante », ajoute-t-il.

Le pass et/ou le drive

Le président de l’association des fermes-auberges du Haut-Rhin, Serge Sifferlen, lui-même gérant au Schafert à Kruth, ne cachait pas son inquiétude à l’arrivée du pass sanitaire. Après un mois d’observation, il est rassuré. « Le public est bien de retour tout comme le soleil. On a plutôt tendance à devoir refuser du monde par manque de place plutôt que d’attendre les gens. J’ai été agréablement surpris de la résilience des clients. On était dubitatif. Mais dans l’ensemble, tout le monde accepte désormais le pass. C’est entré dans les mœurs. C’est tout juste si les clients ne s’étonnent pas qu’on ne soit pas plus rapide à leur demander à leur arrivée », explique Serge Sifferlen. Forcément, depuis le 9 août, les premiers à être revenus dans les fermes-auberges sont les retraités puisque ce sont les premiers vaccinés.

Les rares non vaccinés profitent d’un autre service issu de la crise sanitaire : le drive. « Plusieurs fermes-auberges proposent cette formule. Cela permet aux réticents du pass de venir tout de même profiter des bons produits de la montagne. Ils commandent au préalable, cherchent les produits puis s’en vont directement. Nous constatons qu’ils consomment alors un peu plus loin sur les parkings et autres aires de pique-niques. Cette formule du drive a séduit pas mal de monde. Notamment les plus jeunes », constate le président des fermiers-aubergistes du Haut-Rhin. Il a également constaté une petite baisse de l’affluence la semaine dite de « tolérance » qui a suivi le 9 août. Depuis, c’est un retour à la normale pour la majeure partie des entreprises avec qui il est en contact. « Les gens sont disciplinés et patients. Car forcément cela désorganise un peu nos habitudes. Nous n’avons évidemment pas embauché spécialement. Du coup, au moment des « coups de bourre », il faut faire un peu la queue. Vérifier le pass demande à chaque fois quinze à vingt secondes par personne. Mais, tout le monde attend dans la bonne humeur. Il faut passer par là pour se permettre ensuite ces bons moments chez nous », analyse Serge Sifferlen.

Une bonne arrière-saison ?

Aucune ferme-auberge n’a été contrainte de fermer à cause du pass. Celle du Hahenbrunnen, au-dessus de Linthal, a dû s’y résoudre quelques jours en août mais pour une autre raison, un cas de Covid-19 y avait été détecté au sein de l’équipe. « Ce n’est jamais bon de fermer à cette époque de l’année, mais ils n’avaient pas le choix. Depuis, tout est rentré dans l’ordre », se réjouit le professionnel. Au Schafert, la saison se poursuit normalement. Si la situation sanitaire ne l’empêche pas, la ferme-auberge sera ouverte jusqu’au 14 novembre. « Pour le moment, l’année est intéressante. On est dans la lignée de 2020 malgré le mauvais temps, mais encore loin de 2019. Nous espérons maintenant réaliser une bonne arrière-saison. Nous attendons beaucoup de septembre et d’octobre », observe Serge Sifferlen.

Comme un grand nombre de ses collègues, il a également revu la jauge de sa salle de restauration. « Nous sommes à 70 % de notre capacité d’accueil pour respecter la distanciation sociale et les règles sanitaires. Cela signifie que nous avons une trentaine de couverts en moins. C’est contraignant. Mais cela nous permet de travailler sereinement. Nous n’avons pas encore été contrôlés au contraire d’autres fermiers-aubergistes. Je sais que ça s’est alors bien passé. Je constate surtout, et c’est le plus important, que les gens sont heureux de ressortir, de s’aérer et de se retrouver. Il y a également beaucoup de randonneurs un peu partout dans la montagne », conclut Serge Sifferlen.

Horse Naturally à Oltingue

Les chevaux au naturel

Élevage

Publié le 30/08/2021

Si la pension pour chevaux est aujourd’hui l’activité principale de la ferme, la polyculture-élevage de moutons en est l’activité originelle. C’est la « spécialité » de Xavier Wittig qui propose ses moutons essentiellement pour leur viande. La clientèle est fidèle depuis plusieurs décennies, et le savoir-faire de l’exploitant est reconnu comme une garantie de qualité. « Les moutons sont des croisements des races Île-de-France et Suffolk. C’est une reprise du cheptel de mon père. Ils broutent les parcelles les plus sauvages et naturelles que nous possédons. Les particuliers qui viennent acheter ces moutons vivants apprécient notre mode de fonctionnement. Ils ne veulent pas passer par une boucherie. Ils apprécient nos conditions d’élevage », explique Xavier Wittig.

De plus, l’agriculteur optimise ses productions céréalières sur les terres les plus éloignées et les plus difficiles d’accès. La permaculture est sa source d’inspiration professionnelle. « Nous respectons la biodiversité des lieux et nous nous adaptons à elle. Il y a ici des haies, des ronces, des orties et des arbres dont certains sont plus que centenaires. Nous voulons que ce milieu naturel nous guide dans notre travail. Les arbres et l’Ill offrent des espaces de fraîcheur qui permettent à la végétation de se reproduire naturellement », ajoute Xavier Wittig. Les productions excédentaires de foin, regain, paille, céréales et maïs, ainsi que le bois de chauffage issu de forêts locales, sont également vendus. L’exploitant est aussi un excellent créateur-transformateur. Il recycle des matériaux auxquels il donne une seconde vie. Cette polyvalence apporte de nombreux bénéfices à l’ensemble du domaine.

Une vie en mouvement

Avec Horse Naturally, la ferme s’est diversifiée dans la pension pour chevaux, essentiellement en Paddock Paradise. Originaire de Strasbourg, Myriam Hertzog a effectué différents métiers administratifs qui l’ont amené vers la découverte, dès 2005, du coaching. Quelques années plus tard, elle rencontre son futur mari à Oltingue. « Comme moi, il apprécie les chevaux. Nous avons alors décidé de développer la pension pour chevaux. Ayant mon propre cheval, j’ai eu l’idée de développer la pension Paddock Paradise ici, à côté de la pension classique de quelques boxes d’abord. Puis, on l’a transformé en paddocks-boxes car les chevaux ont besoin de mouvement, de place. »

Elle précise le modèle : « Il est largement inspiré de celui du Paddock Paradise de Jaime Jackson. Les chevaux vivent ainsi toute l’année pieds nus, à l’extérieur 24 h/24. Ils circulent sur près de deux kilomètres de piste stabilisée (empierrée, ensablée et en terre) qui s’élargit par endroits sur de grandes aires. Ces parcours bordés d’arbres offrent des abris, du sel, de l’eau et différents filets à foin. »

Horse Naturally a ainsi pour vocation d’offrir aux chevaux en pension une vie respectant leurs besoins fondamentaux de mouvement, de vie sociale et d’intégrité. Tous les chevaux vivent à l’extérieur, en groupe. Ils ont accès à une alimentation naturelle à base de fibres variées. Ils arpentent les pistes stabilisées et ont un accès restreint à l’herbe responsable de maladies. Les litières confortables, issues de leurs céréales à paille, sont fort appréciées des chevaux.

« Plusieurs variétés de grands arbres et de haies bordent les cours d’eau qui longent les pistes. Ce sont autant d’occasions pour les chevaux de varier les plaisirs et de se soigner grâce aux plantes, bourgeons, feuilles, fruits, écorces. Leurs balades nourrissantes sont entrecoupées de temps de repos, de jeux, de toilettage mutuel et de déconnades ! L’accès à l’herbe sur les parcelles est limité. L’idée est de stimuler la vie sauvage et naturelle des chevaux. Et ainsi de limiter les maladies telles que les fourbures, coliques, et autres arthroses. Une vie en mouvement dans un espace naturel pour des chevaux bien dans leur tête et dans leurs sabots », souligne Myriam Hertzog.

Outre cette sensibilité à ne pas laisser les chevaux dans un espace fermé, la pension leur permet d’être nourris et soignés avec le moins possible de produits chimiques. « Nous proposons notamment des régulateurs parasitaires à base d’huiles essentielles bio. Nous constatons que nous obtenons des résultats probants. Cette manière de faire préserve le système immunitaire des chevaux, mais également nos sols », assure Myriam Hertzog. Une vingtaine de chevaux sont en pension l’année. Le couple est aidé dans ses tâches quotidiennes par deux personnes à temps partiel. L’une, le matin, est présente pour le nettoyage des lieux de vie. L’autre, une apprentie, complète les travaux quotidiens.

Coaching avec un cheval

La pension pour chevaux est complétée par du coaching équin. Myriam Hertzog s’adresse là principalement aux dirigeants d’entreprises de petites structures. Elle en a en effet déjà accompagné certains en coaching professionnel classique. Elle propose un accompagnement à raison de deux fois deux heures par mois sur six mois environ. Un parcours sous forme de séance à pied en présence du cheval. « L’avantage de solliciter le cheval, c’est que ce dernier ne vous juge pas. Il vous reflète à l’instant T. Le coaching est une alliance précieuse pour une personne qui ressent le besoin d’être aidée pour passer un cap difficile. Le coaching n’est ni du conseil, ni de la formation. Il favorise au contraire l’autonomie de la personne coachée en lui permettant de se (re) connecter à ses ressources propres. C’est un accompagnement individuel qui mène à la remise en question, au changement et à l’action », précise Myriam Hertzog.

Elle s’est formée au coaching professionnel en 2011. Après avoir exercé plusieurs années à son compte, elle a plus récemment choisi d’y inclure le cheval grâce à l’approche nommée Equivivencia. Il s’agit d’un parcours de formation de coach équin qui permet à des passionnés de chevaux intuitifs et attentifs au bien-être naturel du cheval, de structurer leur offre et de créer leur activité en révélant ce pour quoi ils sont faits véritablement (sans se perdre dans une méthode clés en main).

Les projets de développement de nouvelles activités complémentaires ne manquent pas. « Nous gérons le vivant et nous veillons à ce que ce vivant puisse évoluer favorablement pour les générations futures. Nous craignons simplement de ne pas avoir assez de temps pour prendre le repos nécessaire », conclut Myriam Hertzog.

 

 

Finale de labour du Haut-Rhin

Un binôme sur les planches

Vie professionnelle

Publié le 12/08/2021

Après des études agricoles, Benoit Stuber, 25 ans, a évolué quelque temps sur une exploitation qui était cependant éloignée de son domicile. Il a voulu se rapprocher. Dans un premier temps, il a donc opté pour une nouvelle activité professionnelle tout en gardant un lien fort avec le monde agricole. Il a connu Simon Kugler par l’intermédiaire d’un ami commun. Les deux compères se sont alors intéressés à divers projets à réaliser ensemble. Le concours de labour de dimanche est le dernier d’une longue série. « Nous connaissons les organisateurs. Nous nous sommes dit que le moment pouvait être agréable. Nous allons nous entraîner au dernier moment. Simon sera dans le tracteur. Pour ma part, je vais être là pour l’aider à côté, le conseiller », explique Benoit Stuber.

Il sera présent pour régler la charrue, suivre le labour et vérifier s’il est bien construit. « Un bon labour doit être régulier. Pour cela, Simon va devoir être concentré. Il faut qu’il trouve une bonne profondeur et que le labour soit droit du début à la fin du passage. Rien ne doit dépasser et surtout pas de chaume dans la terre. Il doit simplement être beau à regarder. C’est la première appréciation notée par les membres du jury », ajoute Benoit Stuber. Lui également s’inquiète des conditions de travail après une période où la météo a rendu les sols difficiles à pratiquer. « La terre risque de coller. Cela peut rendre le travail complexe. Mais, nous serons là pour nous faire plaisir », insiste Benoit Stuber. Une nouvelle expérience pour celui qui a été concurrent une seule fois. Là, le binôme est l’un des rares à s’être inscrit dans la catégorie « labour en planches ». La charrue versera donc la terre toujours du même côté par rapport à la direction d’avancement et le sens de retournement de la terre changera donc à chaque demi-tour effectué en bout de raie.

 

 

 

Gilles Ehrhart, président de l’Association des viticulteurs d’Alsace

« Nous devons réussir pour avoir une production forte et unie »

Vigne

Publié le 22/07/2021

Gilles Ehrhart, vous êtes le nouveau président de l’Ava. Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?

Gilles Ehrhart : « J’ai tout d’abord la particularité d’être coopérateur au sein de deux caves, chez Bestheim et chez Wolfberger. C’est mon histoire familiale. Mon grand-père était chez Bestheim. Mon père chez Wolfberger. Ils étaient chacun impliqués dans les deux structures. Il y a donc deux domaines. Les deux entités ont toujours vécu séparément. J’en ai repris une première en 2012 à la retraite de mon père. Puis la seconde. En tout, la surface de travail est de 13,80 hectares. Je travaille avec mon épouse, Muriel, des saisonniers, et des entreprises de prestations. Syndicalement, mon engagement date de l’époque où j’ai suivi chez les Jeunes agriculteurs du Haut-Rhin de nombreux amis, à commencer par David Herrscher. J’ai alors intégré le canton viticole des JA. Un an plus tard, je suis devenu secrétaire général puis président après Hubert Fleischer. J’ai occupé cette responsabilité jusqu’à mes 37 ans. J’ai également été président des Jeunes agriculteurs d’Alsace. Toujours chez les JA, j’ai pu intégrer le conseil d’administration de l’Ava. J’ai également intégré d’autres structures comme la Safer et la Chambre d’agriculture. Ma motivation et ma volonté ont toujours été d’apporter ma pierre à l’édifice. Et bien évidemment de défendre la profession viticole sur l’ensemble des dossiers. J’ai toujours cherché à aller de l’avant, à apporter des idées. Le métier est difficile, mais intéressant. Il faut qu’il soit rentable et qu’il permette le renouvellement des générations. Il faut donc que nos entreprises soient attractives. Aujourd’hui, comme hier et comme demain. »

 

Vous avez un vécu à l’Ava. Vous ne découvrez donc pas l’association et son fonctionnement…

« Oui, même si l’Association des viticulteurs d’Alsace est en constante évolution, comme notre métier, j’ai 44 ans et une certaine expérience syndicale. J’étais pendant trois ans secrétaire général adjoint, puis, trois autres années, secrétaire général du président Jérôme Bauer. Alors, oui, je ne découvre pas le milieu. J’ai évidemment réfléchi avant de postuler à la présidence. Mais j’ai été et je demeure dans l’action. Quand je souhaite quelque chose, je m’en donne les moyens. Mon parcours chez les Jeunes agriculteurs a été instructif et formateur. Là, on est chez les aînés. On porte une parole. Notre responsabilité est encore plus importante. L’Ava défend les appellations alsaciennes qui sont multiples et différentes. Et dans un schéma sur des vins de cépage, de terroir. Un système qui doit se fondre dans l’organisation viticole du pays et composer avec l’Institut national des appellations d’origines (Inao). D’où cette nécessité de reconnaissance particulière propre à l’Alsace. L’Ava est et reste un syndicat de défense de l’ensemble de la production, l’ensemble des familles professionnelles et l’ensemble des producteurs. »

 

Comment comptez-vous travailler ? Et avec qui ?

« Mon objectif demeure dans la lignée de l’équipe de Jérôme Bauer. Mon secrétaire général et mon secrétaire général adjoint sont les deux présidents des familles de la coopération et du Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace, à savoir Pierre-Olivier Baffrey et Francis Backert qui, dans un premier temps, sera représenté par Hubert Fleischer. Nous avons la volonté de travailler ensemble. Mon objectif sera d’inciter au débat et au dialogue puis d’arriver au consensus sur tous les dossiers. Nous devons réussir pour avoir une production forte et unie. Surtout dans le temps présent avec cette crise sanitaire qui nous a mis un coup alors qu’on sentait les premiers frémissements d’une reprise des ventes grâce au travail important effectué sur la qualité des vins, le cahier des charges, la lisibilité. Dès que ça ira mieux, ce travail se poursuivra en lien avec les équipes de l’Ava et du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa). Avec Serge Fleischer, nous allons poursuivre cette collaboration car nous sommes dans la même équipe des vins d’Alsace. Nous devons tous aller dans le même sens. »

 

Des professionnels se sont exprimés ces derniers mois sur les réseaux sociaux notamment. Vous les suivez ?

« Je ne suis pas très présent sur les réseaux sociaux. J’estime que notre système de fonctionnement pyramidal à l’Ava est très démocratique. Je viens de la base. J’ai été élu chez les jeunes et ensuite dans mon syndicat viticole quand je me suis présenté. À chaque fois, j’ai pu exprimer mes idées. Quand on veut bosser et faire avancer le débat, on peut le faire à l’Ava. Il y a de la place pour tout le monde. C’est dans nos instances que nous devons nourrir les débats, s’écouter, avancer, s’entendre, avoir une synergie positive, aller dans le même sens, celui de l’intérêt général. Nous avons un vaste chantier devant nous. Il faut vendre davantage nos vins et crémants et surtout les vendre plus cher. Ce débat nécessite du travail en commun sur le cahier des charges, sur la lisibilité de notre offre. Un client doit savoir ce qu’est le vin d’Alsace. Les travaux d’Alsace 2030 se poursuivent également. On est désormais dans la finalisation du rendu. Ensuite, il faudra en débattre et prendre des décisions. Il y aura également d’autres dossiers comme, par exemple, celui de la hiérarchisation et celui de la réforme de nos cahiers des charges. Concernant les rendements, la discussion a été difficile l’an passé. Cette année également. Les discussions ont été nombreuses et nourries. Mais nous avons trouvé un consensus au sein du conseil d’administration de l’Ava. Par ailleurs, le Civa a travaillé sur un outil pour nous permettre à l’avenir de mieux analyser et expertiser ce que nous produisons et ce que nous vendons. À l’avenir, cet outil sera une aide à la prise de décision. Mais ce sont nous les professionnels qui déciderons. Les rendements doivent être générateurs de valeur. Nous sommes sur un marché global. Il y a de la place pour tout le monde. Nous sommes une appellation collective. Elle se gère donc collectivement. »

 

Vous répétez à l’envi le terme « collectif »…

« Oui car c’est le collectif qui nous fera tous avancer. Le débat est nécessaire. Mais il nous faut aussi arbitrer les dossiers en trouvant le meilleur accord satisfaisant toutes les parties. Nous devons relancer les ventes de vins d’Alsace. L’objectif est d’arriver rapidement à vendre à nouveau un million d’hectolitres. Avec ce niveau de production, tout le monde pourra vendre et dégager un revenu satisfaisant. Il y aura des nouveaux schémas de travail à créer pour la sécurisation des récoltes. Nous devons trouver un outil pour lisser la production pour qu’elle colle au plus proche de la commercialisation tout en se laissant une marge suffisante pour conquérir de nouveaux clients. L’objectif est clair : il faut développer la valorisation de nos vins. Il faut pouvoir réguler et vendre mieux et davantage. Il faut y parvenir tout en nous inscrivant dans la transition écologique et énergétique qui est face à nous. »

 

Au moment où nous échangeons, la situation sanitaire du vignoble est très compliquée.

« Cette situation suit une année déjà compliquée au niveau psychologique avec ce confinement et ce Covid-19 qui nous ont empêchés de vendre sereinement notre production. Nous nous sommes tous battus pour tenir les ventes. Puis il y a eu ce gel exceptionnel et tardif au printemps. L’Alsace a été relativement épargnée. Mais à titre individuel, je sais que certains terroirs, certains cépages ont été plus fortement touchés. Et, depuis plusieurs semaines, la pluie est présente. Il y a eu plus de 230 mm à Wettolsheim depuis un mois. Avec des pluviométries très importantes à partir du 15 juin, le mildiou s’est développé avec une pression incroyable sur toute l’Alsace. Et tout particulièrement dans le Haut-Rhin. Nous n’avons jamais connu une telle situation. Pour certains vignerons, c’est catastrophique. La famille des pinots est très touchée, mais aussi d’autres cépages. Les dégâts peuvent aller jusqu’à 100 % sur certaines parcelles. Par secteur, il y a également de l’oïdium qui vient de s’installer. Même si le soleil est revenu, les raisins malades auront disparu. Le rendement à la vigne va donc être impacté. C’est une évidence. La récolte sera beaucoup plus faible que ce qui a été annoncé à l’assemblée générale de l’Ava. Nous sommes un syndicat de défense et de gestion. Nous avons entamé les démarches administratives pour voir ce qu’il est possible de faire avec les services de l’État et tous les organismes gravitant autour de la viticulture. Nous allons donc échanger avec eux pour voir ce qui peut être fait ou aménagé. »

Provitis à Sainte-Croix-en-Plaine

Un « Top week-end » pour aller de l’avant

Vigne

Publié le 20/07/2021

La première édition l’été passé avait connu une belle réussite. « Ce bilan, je le réalise aujourd’hui. Quand j’ai interrogé nos différents partenaires 2020, ils m’ont tous répondu favorablement pour un retour cette année. Cela prouve que, même dans ce contexte particulier, la manifestation est pertinente. Cette fois encore, les gens ont envie de se revoir pour un moment professionnel et convivial. L’objectif est évidemment commercial. Tous les exposants vont à nouveau présenter leurs matériels, leurs nouveautés. L’idée est d’échanger avec nos clients, de se rencontrer en vrai », explique Didier Andelfinger, gérant de Provitis. 100 % de retour (ACS - Andelfinger, CAC - Ampelys, Viti Services, ETA Gsell, S.E. Techniques Agricoles, Roecklin, Clinique Electro Diesel, Ostermann) et deux nouveaux exposants qui viennent d’officialiser leur présence : la société Costral à Riquewihr et la société Stevial à Bennwihr-gare. Comme l’année passée, les visiteurs pourront (re) découvrir plusieurs marques de tracteurs (New Holland, Fendt, Case Ih notamment) sur chaque stand. Les tracteurs anciens seront encore une fois mis en valeur grâce à François Jecker, grand collectionneur et passionné.

 

 

Parmi les animations et les nouveautés, il faut retenir cette petite piste de karting à pédale pour les enfants avec un parcours en botte de paille au milieu de l’espace de l’entreprise. Ce qui permettra aux parents de garder un œil vigilant tout en s’occupant. Le personnel de Provitis assurera la buvette et la restauration pendant les trois journées. Un prestataire est prévu pour les tartes flambées (bbq & flam’s) et un autre pour les glaces. La manifestation se déroulera les trois journées de 10 h à 19 h avec un nocturne jusqu’à 23 h le samedi 31 juillet. À chaque fois, un DJ proposera une animation musicale. La date de la manifestation est également bien choisie. « Cette année, les travaux dans les vignes vont s’étaler jusqu’à fin juillet/début août. Alors que l’an passé, une vendange précoce était attendue. Le contexte est donc différent. Les gens seront encore là cette fois. On revient vers une situation normale. Même si les orages sont perturbants tout comme ces variations de température », ajoute Didier Andelfinger. Il s’attend donc à une affluence plus importante que l’année passée. Sauf si la météo joue à nouveau un rôle négatif.

Ne pas se replier

Tous les professionnels en conviennent : la situation est difficile pour le monde viticole. La crise sanitaire n’a fait qu’accentuer ce phénomène qui fragilise les petites et moyennes entreprises. « On rajoute le gel, une mauvaise floraison et l’incertitude qui persiste sur la sortie de la crise du Covid-19 et on a tous les ingrédients pour maintenir cette inquiétude. Mais il ne faut pas se replier. C’est l’intérêt de ce week-end. Nous faisons bénéficier à nos partenaires de notre site à Sainte-Croix-en-Plaine pour accueillir nos clients et le plus large public possible. Tout le matériel qui concerne la vigne, les tracteurs, les matériels de pulvérisation et de travail du sol seront visibles. Il n’y aura pas de conférence et de démonstrations. Mais nous serons à l’extérieur pour expliquer techniquement les choses. Comme nous le faisons à la Foire aux vins à Colmar », poursuit Didier Andelfinger. Une manifestation libre d’accès, sans inscription préalable puisque située à l’extérieur.

Concernant l’entreprise elle-même, Provitis est concernée par une baisse de son chiffre d’affaires en 2021 qui est plus prononcée sur la France que sur l’export. À l’exception de l’Alsace et de la Charente, le gel a concerné toutes les autres régions. « Par ailleurs, nous commercialisons du matériel qui n’est pas concerné par des aides de l’État. Nous restons cependant sur un chiffre d’affaires équivalent à 2018-2019 après deux années de très forte augmentation. Je ne suis pas plus inquiet que cela pour l’avenir même si 2022 sera également une année difficile et dans un contexte sanitaire toujours inconnu. Concernant notre organisation, nous nous adaptons dans une très grande souplesse avec des pièces sous-traitées à l’extérieur. Quand nous vendons moins, nous achetons moins, et inversement. Ce qui est plus inquiétant en revanche, ce sont les tensions existantes dans la filière industrielle en termes de délai d’approvisionnement. Ces délais sont toujours longs et c’est là notre plus grosse inquiétude », conclut Didier Andelfinger. Il se veut néanmoins optimiste et va de l’avant. L’organisation de cette manifestation en est le meilleur exemple.

FDSEA et Jeunes agriculteurs du Haut-Rhin

« Nous voulons des solutions immédiates »

Vie professionnelle

Publié le 25/06/2021

Il est 13 h 30 quand une dizaine de tracteurs et une vingtaine d’agriculteurs se retrouvent sur le parking d’un restaurant situé peu avant Saint-Amarin. Les professionnels répondent à l’appel lancé par la FDSEA et les Jeunes agriculteurs du Haut-Rhin, et notamment ceux de la vallée. Une mobilisation qui n’a pas été difficile à obtenir tant les agriculteurs en ont ras-le-bol. Les dégâts de sangliers et de cervidés sont de plus en plus nombreux et toujours plus importants. « C’est devenu invivable », témoignent plusieurs professionnels. Fin mai, un courrier avait été adressé aux maires et au préfet pour, une nouvelle fois, les alerter de cette situation.

 

 

Depuis des années, des réunions sont organisées. Aucune solution concrète et efficace n’est trouvée. Aucune action n’est réellement mise en place. Pourtant, la profession agricole a déjà proposé des solutions : la stérilisation temporaire des laies, l’expérimentation à plus grande échelle du piégeage des sangliers, l’utilisation d’appareils à visée nocturne pour la chasse comme dans certains départements, ou encore l’extension du droit de destruction toute l’année pour les agriculteurs. En outre, « nous observons que les chasseurs les moins impliqués ne semblent pas davantage inquiétés que dans le passé alors qu’ils font supporter à tous les autres le prix de leur inaction. Nous connaissons les lots défaillants où les dégâts sont colossaux. Nous vous serions reconnaissants de diligenter les mesures qui sont à votre initiative pour faire cesser ces situations », écrivent Pascal Wittmann et Christophe Rué, respectivement président de la FDSEA du Haut-Rhin et du canton de la montagne dans un courrier adressé au préfet.

« C’est la réunion de la dernière chance »

Les maires ont également été interpellés. Depuis, les échanges se sont multipliés. La fédération des chasseurs du Haut-Rhin a réagi. « Quand j’ai eu ce courrier, je n’ai pas cherché à nier le problème. J’ai estimé qu’il était nécessaire qu’on se retrouve avec les maires, les adjudicataires, les lieutenants de louveterie, le fonds d’indemnisation ou encore l’office national des forêts pour faire le point et travailler ensemble », explique au début de cette réunion Gilles Kaszuk, président des chasseurs du département. « C’est la réunion de la dernière chance ! Si aucune solution immédiate n’est trouvée et mise en place immédiatement, le monde agricole passera à l’action », lance aussitôt Pascal Wittmann. « Comment avoir envie d’exploiter des terres régulièrement saccagées ? Cela ne peut plus durer. La situation est catastrophique. À ce rythme, il sera définitivement impossible d’installer des jeunes sur des exploitations qui ne seront plus viables », poursuit Nicolas Dieterich, secrétaire général des Jeunes agriculteurs du Haut-Rhin.

Vient ensuite le témoignage fort et émouvant d’un jeune éleveur, Florent Pierrel. Avec les éleveurs de son canton, il avait été à l’initiative d’une toute première action en interpellant une première fois les élus locaux. « La situation actuelle est invivable. Nous sommes à bout. Notre métier est mis à mal. Nos ressources financières diminuent et nos charges augmentent. Nous voulons des solutions immédiates car on nous balade depuis trop longtemps. » Face à des déclarations, les maires présents prennent la parole. Ils apportent bien leur soutien. D’autres reconnaissent être sans solution. C’est par exemple le cas du maire de Dolleren, Sébastien Reymann, élu en mai 2020. « Je découvre vos difficultés. Mais que peut-on faire de plus ? C’est d’autant plus difficile pour des communes comme la nôtre, car souvent le dernier loyer qui reste, c’est la chasse. Nos budgets fondent et nos administrés nous demandent toujours davantage. Il faut arriver à trouver des solutions ensemble. »

« Nous en avons assez d’attendre »

Des échanges tendus ont ensuite lieu. Le vice-président des chasseurs du Haut-Rhin, André Belzung, réclame « des états généraux sur les dégâts de sangliers après les vacances d’été. Car ce problème dépasse le monde de la chasse. Et puis je souhaite aussi rappeler que la chasse est avant tout pour moi un loisir ». Des états généraux rejetés par René Zimpfer au nom du monde agricole tout comme le calendrier proposé quelques instants plus tard par Gilles Kaszuk invitant tout le monde à se revoir en septembre-octobre.  « Je suis déçu de cette réunion. Nous en avons assez d’attendre. Il faut arrêter de tergiverser. Surtout que nous savons tous où sont les problèmes. On va donc entrer en action », prévient René Zimpfer. Il est suivi par Pascal Wittmann qui fait le même constat. « Je suis également déçu de cette réunion. On ne nous propose aucune solution. Je veux des choses concrètes. Depuis deux heures, on repousse, on repousse, on repousse ! J’ai toujours été pour le dialogue. Mais, là, ce n’est plus acceptable. Nous disons également stop au double discours des uns et des autres », s’agace le président de la FDSEA du Haut-Rhin. Et Ange Loing d’insister : « L’objectif est d’avoir un calendrier avec des solutions. Car ces solutions, elles existent et elles sont facilement applicables. Vous avez des obligations. Faites appliquer la loi. Ici, vous avez déjà perdu le textile. Ne perdez pas le monde agricole », conclut le représentant agricole.

À la sortie de la réunion, les discussions se poursuivent sous le regard de nombreux représentants des forces de l’ordre. Un vif échange a lieu entre les agriculteurs et le maire de Moosch, José Schruoffeneger, qui dit ne pas avoir apprécié le courrier qu’il a reçu et « pas davantage votre interpellation d’aujourd’hui. Je saurais m’en souvenir » sur un ton peu consensuel. Après quelques minutes de flottement, Pascal Wittmann reprend la parole pour faire le bilan de la réunion aux agriculteurs. « Nous sommes clairement déçus. Je vais prendre attache avec les responsables des autres syndicats que sont la Confédération paysanne et la Coordination rurale pour engager une action en commun. Car ce sujet concerne tout le monde. Vous pouvez vous préparer pour une nouvelle mobilisation ».

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