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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Du 5 au 15 août au Parc des expositions de Colmar

Onze jours de fête autour des vins d’Alsace

Vigne

Publié le 03/08/2016

Après avoir attiré 278 658 visiteurs en dix jours l’an dernier, soit un peu moins que le record de 2014 (285 206 visiteurs), les organisateurs de la 69e foire aux vins d’Alsace espèrent « environ 280 000 visiteurs » en onze jours, « même si on n’est pas dans la course aux chiffres », explique le directeur de la foire, Christophe Crupi. Le public sera attendu par près de 350 exposants, avec 74 % d’Alsaciens et 10 % de nouveaux venus, dont un viticulteur : Damien Schueller de Husseren-les-Châteaux. Car, une nouvelle fois, le vin d’Alsace sera bien à l’honneur de la manifestation. Avec, au programme, des dégustations et des animations autour des différents cépages alsaciens avec les apéro-vino et le stand collectif du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa). Mais, également, des conférences et des initiations à la dégustation animées par des spécialistes passionnés. Sans oublier, les after-wine, et l’intronisation de la reine des vins d’Alsace lors de l’inauguration ce vendredi 5 août.

Dans la Halle aux vins, le stand de la Feuille de vigne, qui a été totalement repensé et réaménagé, proposera quelque 66 vins et crémants issus de 66 domaines alsaciens à la dégustation. Dans le hall 4, on retrouvera le stand collectif du Civa avec l’ensemble des familles professionnelles. Là, plus de 500 vins seront proposés à la dégustation, parmi lesquels les vins primés lors du 45e concours des vins d’Alsace de Colmar. Tous les jours, de 18 h 30 à 19 h 30 à la halle aux vins, les apéro-vino seront proposés par les confréries viniques d’Alsace, l’association des sommeliers d’Alsace et le comité des reines des vins d’Alsace. Enfin, Pascal Léonetti et Serge Dubs commenteront huit à dix vins, respectivement les vendredis 5 et 12 août, de 19 h 30 à 21 h à l’espace congrès salle crémant, (il convient de réserver préalablement sur www.foire-colmar.com).

Conférences, dégustations, cook shows

Les verres en verre étaient déjà interdits l’an dernier à partir de 21 h, y compris pour le vin. Mais celui-ci était parfois servi dans des verres en plastique jetable, ou réutilisable mais dans des contenants trop grands. La société Ecocup a conçu spécialement cette année un verre lavable en plastique dur de 15 centilitres. Quelques stands (Wolfberger, Ruhlmann, Hauller) proposeront une flûte en plastique dur de type polycarbonate, tandis que la Feuille de Vigne, le Civa et la cave de Beblenheim ont opté, eux, pour ce qu’on appelle communément un « verre de sécurité », qui ne produit pas d’éclats s’il se brise.

Côté conférences, une séance solennelle de dégustation appelée « le cérémonial des vins d’Alsace » sera organisée dimanche 7 août de 15 h 30 à 18 h au château de la confrérie Saint-Étienne à Kientzheim avec un départ en bus du Parc des expositions de Colmar (à réserver préalablement). Une dégustation de millésimes anciens sera proposée les samedis 6 et 13 août et le lundi 15 août, de 15 h à 16 h 30 à l’espace congrès, salle riesling (sur réservation). Le samedi 6 août sera consacré aux années en 6 (1996, 1986, 1976, 1966), le samedi 13 août aux influences du terroir sur le riesling et le lundi 15 août à une balade dans les allées de l’œnothèque ou la découverte des pépites connues et moins connues du vignoble alsacien. Il y aura également des conférences et des initiations à la dégustation des vins d’Alsace lundi 8, mercredi 10 et vendredi 12 août de 17 h à 18 h 30 à l’espace congrès, salle riesling. Sans oublier les conférences professionnelles, les cook shows à la Halle aux vins les après-midi de 14 h 30 à 17 h, les animations diverses telles que de la danse, du cabaret, un loto ou encore un rallye cyclo.

Parc agricole et festival

Bien évidemment, la foire aux vins ne serait pas ce qu’elle est sans son parc agricole. C’est d’ailleurs la particularité de la manifestation. Les 350 exposants proposent des produits très ciblés pour les professions viticoles et agricoles. « C’est un rendez-vous professionnel de référence sur le Grand Est. Il est possible de découvrir les dernières nouveautés au niveau des tracteurs, des remorques viticoles, des cuves en inox, des appareils de remuage, des lignes d’embouteillage, des bouchons et capsules ou encore des machines à vendanger, des pressoirs et des produits œnologiques. Pour le grand public, c’est aussi une manière de comprendre l’évolution des différents métiers liés à la viticulture, de ses techniques, et d’offrir un regard résolument moderne sur cette activité professionnelle », assure Christophe Crupi. Bien entendu, comme chaque année, vous pourrez retrouver l’Est Agricole et Viticole et le Paysan du Haut-Rhin sur un stand commun avec Groupama et la Chambre d'agriculture d’Alsace (lire aussi en page 18). Tous les jours, de 13 h à 21 h, il sera possible de venir à notre rencontre et de découvrir nos animations. Et notamment le mercredi 19 août lors de la journée « Le Parc agricole fait sa foire ».

Bien entendu, la foire aux vins d’Alsace, c’est également tous ces autres exposants dans les différents halls et à l’extérieur du Parc des expositions. Et c’est le trop fameux festival avec des concerts très attendus comme celui des Insus (ex-Téléphone, le samedi 6 août), de Louane et LEJ (le 11 août), de Manu Chao et Teacher Jekyll (le 8 août), des Cranberries et Amy MacDonald (le 12), la Nuit Blanche (le 13), ou encore Alain Souchon et Laurent Voulzy (le 9 août). Sans oublier, tous les jours (sauf du 8 au 10 août), la « scène off » de 19 h à 20 h au stand DSP Poisson Rouge, également au parc agricole.

Pour terminer, de nombreux espaces de restauration seront ouverts tous les jours un peu partout. Il y en aura pour tous les goûts.

Après la confrontation européenne à Colmar

La holstein a créé de l’émotion

Élevage

Publié le 14/07/2016

Avec plus de 30 000 entrées réalisées en trois journées, un concours magnifique et des bénévoles présents en très grand nombre, Thomas Prinz est évidemment ravi. D’autant plus qu’il faut remonter quelques années en arrière. Lors de son arrivée à la présidence du Club Holstein 68. Ce jour-là, il l’avait bien expliqué. Il n’acceptait pas cette responsabilité juste pour être président, mais pour faire bouger les gens et organiser quelque chose de grand. Les objectifs sont donc atteints.

« Nous avons en effet réussi à dynamiser l’élevage alsacien, l’élevage haut-rhinois, mais surtout l’élevage du Sundgau. Les professionnels sont venus de partout, de tous les élevages, de toutes les races d’élevage. Au total, plus de 280 personnes ont participé à cet événement. Nous pouvons être fiers de cela. On nous avait dit que c’était impossible d’organiser une manifestation de cette ampleur, de mobiliser autant de monde. Nous l’avons fait. Le pari est gagné. Tout le monde a compris que c’était important d’être là. C’est une belle reconnaissance pour notre profession, pour l’élevage, pour la race holstein », se félicite Thomas Prinz.

Et les retours des professionnels européens sont également positifs. « Nous avons eu de nombreux messages de félicitations des participants, des juges, des responsables des différents pays présents. Le concours a été une grande réussite. La soirée des éleveurs également. Nos partenaires et nos sponsors se sont montrés surpris de l’ampleur de ce concours. Nous, au Club Holstein 68, nous le savions. Mais, sinon, personne ne semblait imaginer ce que ce rassemblement allait représenter. Il n’y avait que des passionnés », ajoute Thomas Prinz.

Communication difficile auprès du grand public

Il faut dire que ce concours a été de grande qualité. Avec une préparation des animaux exceptionnelle, un déroulement des différentes sections minuté, des écrans géants qui ont permis à l’ensemble du public de suivre en temps réel la manifestation. « J’en profite pour saluer le travail de notre régisseur, Luc Wendling. Nous lui avons expliqué pendant des mois avant le concours ce que nous voulions et ce que nous attendions de lui. Il a très bien compris. Résultat : il a fait cela comme un vrai spécialiste du monde de l’élevage, avec la musique qui allait, le jeu de lumière adapté, le son, les images. De leurs côtés, les juges étaient tellement pris par l’événement qu’ils étaient dans l’émotion, la beauté des choses », souligne Thomas Prinz.

Un regret cependant : la communication réalisée auprès du grand public. « C’est vrai que le message n’est pas très bien passé. Un événement professionnel auquel on ajoute une partie grand public, c’est quelque chose de délicat. Les tarifs ont été mal expliqués. Les 15 euros d’entrée par exemple. C’était pour les trois jours. La journée grand public représentait un coût de 5 euros et était gratuite pour les moins de 13 ans. Avec nos partenaires, nous n’avons pas réussi à bien présenter les choses, à mieux faire passer ce message », constate Thomas Prinz.

Surfer sur cette vague

Et maintenant ? Pour les responsables du Club Holstein 68, la porte est grande ouverte. Les éleveurs du département et du Sundgau ont montré qu’ils savaient se mobiliser, qu’on pouvait compter sur eux pour de telles manifestations et pour défendre et promouvoir la profession. De son côté, Thomas Prinz, président depuis bientôt neuf années, estime que son objectif est désormais atteint. « Merci à mon équipe, et notamment à Franck, Claude, Philippe et à Valérie qui a géré les bénévoles de main de maître. Tous les feux sont désormais au vert. Le Sundgau doit pouvoir en profiter et surfer sur cette vague, toutes races de vaches confondues. Chacun peut utiliser cette manifestation sur sa carte de visite. Personnellement, j’ai atteint le but que je m’étais fixé. Je pense qu’il est temps de passer la main. L’hiver prochain, je vais passer le relais à quelqu’un de plus jeune que moi tout aussi motivé et qui aura compris notre rôle, qui n’est pas uniquement politique, mais de défendre l’élevage laitier en général. Pour ma part, je compte continuer à aider, donner mon avis si on me le demande. Il faut maintenant développer des idées nouvelles. Depuis trois ans, cette manifestation a utilisé mon énergie. Merci à toutes et à tous », conclut Thomas Prinz.

Du 8 juillet au 27 août au Koïfhus à Colmar

41e mini-foire aux vins

Vigne

Publié le 10/07/2016

Du 8 au 18 juillet, le domaine Karcher sera le premier à proposer ses vins. La maison Jund suivra du 19 au 28 juillet, puis le domaine Jux (Wolfberger) du 29 juillet au 7 août, le domaine Schoffit du 8 au 17 août et enfin le domaine viticole de la ville de Colmar du 18 au 27 août. « Au départ, cette mini-foire était destinée à se créer une nouvelle clientèle, les vins ne se vendant pas trop à l’extérieur. Aujourd’hui, elle nous offre une belle lisibilité. C’est l’occasion de promouvoir la viticulture colmarienne qui se revendique capitale des vins d’Alsace. Le ban de Colmar totalisant plus de 500 hectares de vignes. Cette mini-foire aux vins est un moyen fantastique pour mieux faire connaître nos vins », explique André Ducros, de la maison Jund.

Pour y parvenir, les cinq domaines colmariens accueilleront le public tous les jours de la semaine sur la place du Koïfhus (ancienne douane) sous le préau et en partie sur la place où seront installés quelques tables et bancs. Les horaires d’ouverture ? De 10 h à 19 h les dimanches et lundis, de 10 h à 23 h les mardis, mercredis et jeudis, et de 10 h à minuit les vendredis et samedis. « Nous terminerons peut-être plus tard le dimanche 10 juillet si la France est en finale », ironise Georges Karcher du domaine du même nom, en faisant allusion à l’Euro de football. Une manifestation importante et qui prend du temps. « Nous sommes en effet en pleine période de palissage et il faut faire marcher le caveau pour accueillir les touristes. Mais, nous devons être présents », assure Jean-Cyril Alafaci, du domaine Jux. Chaque mardi soir, de 20 h 30 à 22 h, il y aura également une animation folklorique proposée par différents groupes de la région, en lien avec l’office de tourisme.

Une promotion importante

Une promotion d’autant plus importante que la situation économique du milieu viticole est tendue après quatre années de récoltes difficiles où les rendements n’ont pas été au rendez-vous. « Les volumes disponibles sont en net recul. Nous comptons nos bouteilles. Nous avons de moins en moins de vins en cave », soupirent les vignerons. « 50 % de mes auxerrois et pinots gris sont déjà partis », souligne pour sa part Georges Karcher. Fabienne Schoffit n’est, elle, pas certaine de présenter cette année du muscat. « C’est le cépage du vignoble qui est le plus sensible. C’est donc lui qui souffre le plus de tous ces aléas climatiques. Nous allons sans doute le garder pour nos fidèles clients ».

Et les dernières intempéries ont pour conséquence l’apparition de maladies dans les vignes. Le mildiou bien entendu, mais également l’oïdium et les problèmes de coulure lors de l’inflorescence. Mais, les vignerons gardent leur (bonne) énergie. « La mini-foire aux vins est un événement important et attendu. Elle connaît chaque année une belle réussite. À nous cette fois encore de séduire ceux qui viendront nous rendre visite », conclut Aurélie Schneider, du domaine viticole de la ville de Colmar.

Chambre d'agriculture Grand Est

Les dynamiques socio-économiques territoriales

Vie professionnelle

Publié le 05/07/2016

Conseiller en analyse territoriale, Olivier Portier a présenté lors la dernière session de la Chambre d'agriculture Grand Est sur les dynamiques territoriales. Et notamment le positionnement de la filière agricole. Il constate tout d’abord un contexte territorial en profonde mutation avec une augmentation des inégalités de PIB entre les régions depuis les années 1960. Alors qu’au niveau du revenu moyen, ces inégalités ont diminué. « Cela contredit l’affirmation ou la pensée expliquant que le développement est porté par la croissance économique. Car, seule, la croissance économique ne suffit pas pour générer du développement social ».

Dans le même temps, Olivier Portier fait le constat que l’emploi n’est pas forcément vecteur de dynamique économique, et encore moins sociale. « Nous sommes entrés dans une nouvelle ère marquée par la domination des flux. Ère dans laquelle les territoires ne sont plus des îlots « étanches ». Leur développement dépend davantage de leur capacité à capter des flux de revenus en provenance de l’extérieur que de leur seule capacité à créer de la richesse (PIB). Sous l’effet de la socialisation de nos économies et de la mobilité croissante des individus, de puissants mécanismes redistributifs entre territoires se sont mis en place. Ils se traduisent localement par la captation de fonds publics (remboursements de soins, retraites, allocations chômage, aides au logement, salaires des fonctionnaires d’État ou hospitalier) qui concourent à l’accroissement de la richesse globale du territoire. Les flux privés y contribuent également, avec des dépenses de consommation en augmentation du fait de la montée en puissance de la mobilité (travail, loisirs, vacances, week-ends). Un exemple : vivre à Dijon et travailler à Paris. Il y a une logique d’interdépendance des territoires. La combinaison de ces nouvelles logiques a favorisé l’émergence d’une économie dite résidentielle, fondée sur l’attractivité des territoires, en complémentarité de l’économie productive traditionnelle, orientée vers la création de valeur et l’exportation. Là où l’on produit peu, il est devenu tout à fait possible de bien se développer. C’est le cas, par exemple, de certains territoires touristiques », précise Olivier Portier.

« Faire prendre conscience de ce qu’est l’agriculture »

Trois phénomènes modifieent profondément le fonctionnement des territoires : la socialisation progressive de notre économie ; la mobilité croissante des individus ; l’émergence d’une société du temps libre. Cela a pour conséquence que les gens portent un nouveau regard sur les territoires. Dans ce grand mouvement, quelle est la place de l’agriculture ? Il y a de très fortes disparités dans les territoires. Pour Olivier Portier, le monde agricole doit adopter un positionnement extensif. À savoir : raisonner en termes de chaîne de valeur. Il doit repenser son positionnement dans un environnement économique plus large. « Cela lui permettra de peser dans les débats relatifs à la mise en œuvre du Schéma régional de développement économique et d’innovation (SRDEI) et d’assumer un rôle moteur en appuis des intercommunalités nouvelles ».

Lors du débat qui a suivi, Jean-Paul Bastian, vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), a estimé « qu’une partie du mal-être agricole vient de tout ça. La réforme territoriale en cours aura des conséquences sur le monde rural. Ce dernier est de plus en plus en perte de vitesse car les choses se concentrent dans les métropoles. » Des propos complétés par le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Denis Nass. « C’est ce qu’on peut appeler l’apéritif. Cela provoque un transfert des gens de la ville qui viennent vivre à la campagne et qui ont des exigences de ville. » Pour son homologue du Bas-Rhin, Franck Sander, « il y a un problème de vision de l’agriculture par la société. La question est de savoir comment faire le lien entre la vocation de l’agriculture et les aspirations sociétales. » Exploitante en Meurthe-et-Moselle, la vice-présidente de la Chambre d'agriculture Grand Est, Rachel Thomas, estime qu'il est essentiel « d’apporter dans ces lieux en mutation des projets stratégiques et être en accord avec des orientations imposées. Il faut donc faire prendre conscience de ce qu’est l’agriculture d’aujourd’hui et comment elle évolue. »

Chambre régionale d'agriculture du Grand Est (Crage)

Pour une agriculture performante et innovante

Vie professionnelle

Publié le 25/06/2016

En ouvrant cette session, le président de la Chambre d'agriculture d'Alsace (CAA) Laurent Wendlinger s'est voulu positif. Il s'est félicité du chemin déjà parcouru ensemble par les trois régions historiques. En tant que conseiller régional, il a rappelé que le président de la région Grand Est, Philippe Richert, avait rencontré le 24 février dernier les forces vives du monde agricole pour définir avec eux la politique agricole de cette grande région. Il a ainsi assuré que la compétitivité des entreprises agricoles et leur modernisation par le biais de l'innovation et du savoir-faire étaient au cœur des préoccupations du conseil régional. Sur le budget 2016, ce sont plus de vingt millions d'euros qui ont été octroyés pour accompagner les politiques agricoles dont six millions d'euros en faveur des élevages inscrits dans le plan bâtiment. Le soutien du conseil régional passe également par la formation professionnelle, le tourisme, l'environnement ou encore le soutien aux lycées agricoles. « La tâche est grande, mais sachez que la région restera un partenaire fidèle pour affronter avec vous les nombreux défis de demain. La région Grand Est, comme la Chambre d'agriculture, est en ordre de marche pour assurer la continuité de nos politiques», a conclu Laurent Wendlinger.

Une motion pour un classement en zone de « catastrophe naturelle »

L'actualité agricole du moment est difficile. Du point de vue économique d'une part, mais également par rapport aux conditions météorologiques. C'est ce qu'a rappelé le président de la Crage Jean-Luc Pelletier. « Intempéries et inondations marquent brutalement cette fin de printemps. Nous ne pouvons que ressentir une forte compassion pour nos collègues agriculteurs qui souffrent et j'espère sincèrement que, par nos travaux, nous apporterons notre pierre à la reconstruction de notre profession ». En Alsace, en effet, le volume de précipitations depuis avril est deux fois plus important que la moyenne régionale. Les semis se sont déroulés dans des conditions pénibles. Plusieurs phénomènes se sont conjugués et ont débouché sur des inondations. Les cultures céréalières souffrent. « Et toutes les productions d'élevage de ruminants sont particulièrement touchées. De nombreux éleveurs ont dû rentrer les animaux qui avaient été mis à l'herbe début avril. Les parcelles de prairies submergées ont été malmenées et dégradées par les piétinements. Les récoltes de fourrage sont en train d'être perdues avec des conséquences encore non mesurables sur la quantité et la qualité des stocks actuels et futurs », ajoute Jean-Luc Pelletier. Les vignobles d'Alsace et de Champagne ne sont pas davantage à la fête. Le mildiou et l'apparition de pourriture sur feuilles et grappes sont bien présents. Cette situation difficile s'ajoute à celle déjà compliquée de certaines filières. « Les dégâts causés par les récentes intempéries sont tels que même les assurances ne nous permettront pas de faire face aux difficultés. Et avec les problèmes de l'abattoir d'Holtzheim, les agriculteurs ne savent plus où ils en sont. Il faut réfléchir à de nouveaux outils pour pouvoir les accompagner. Car, vraiment, aucune filière n'est épargnée. Nous devons demander d'urgence aux pouvoirs publics de tenir compte des conditions climatiques exceptionnelles actuelles lorsque seront réalisés les déclarations et les contrôles de la Pac pour 2016. Par ailleurs, je demande l'adoption d'une motion pour le classement en zone « catastrophe naturelle » de toute la région Alsace Champagne Ardenne Lorraine au titre de l'agriculture », explique Denis Nass, président de la FDSEA du Haut-Rhin. Une motion, qui a été approuvée à l'unanimité.

Pour autant, les représentants agricoles du Grand Est préparent l'avenir et cherchent à avancer. Un gros travail a déjà été réalisé lors de ces six premiers mois d'existence. Le schéma de gouvernance, approuvé en février 2016, se déploie. Les commissions fonctionnent. Les chantiers se coordonnent. À l'image, en interne, de la préparation de la régionalisation des fonctions supports (ressources humaines, systèmes d'information, administration), mais également celui de la préparation du transfert du périmètre régional de la Chambre de région Alsace dans le cadre de la création de la Chambre régionale. Cette dernière sera donc au complet avec les trois fondateurs au 1er juillet prochain.

Trois défis

En outre, le projet de développement stratégique de la Chambre d'agriculture se construit. L'ambition des élus est de créer les conditions d'une agriculture performante et innovante. « Pour réussir, trois défis s'offrent à nous. Nous devons créer de la valeur dans les exploitations et dans les filières en amont et en aval pour développer la compétitivité, générer de l'emploi. Nous devons également consolider les systèmes de production spécifiques à une région caractérisée par une agriculture très diversifiée, et adaptés au contexte géographique tout en se basant sur les atouts du maillage territorial, sur la force des organisations en place. Nous devons enfin préserver les ressources naturelles et contribuer à l'aménagement équilibré du territoire, au développement des relations villes-campagnes », assure Jean-Luc Pelletier. Une réussite qui passe par le réseau des Chambres d'agriculture (la Chambre régionale et les neuf Chambres départementales et/ou interdépartementales). Quatre axes sont clairement identifiés : assurer le renouvellement des générations, le développement de l'emploi et des compétences ; développer l'innovation et la bio économie au service de la compétitivité et de la préservation des ressources naturelles ; développer le potentiel technique et économique des filières existantes, et accompagner l'émergence de nouvelles filières ; promouvoir une agriculture au service de la dynamique des territoires, facteur d'attractivité de la région. « Le projet agricole pour le Grand Est devra permettre l'initiative et l'expérimentation territoriale infra-régionale de manière à favoriser l'agilité dans l'accompagnement des mutations des diverses filières. La mise en oeuvre de ce projet et la construction de cette nouvelle région nécessite aussi de participer à l'organisation, au niveau Grand Est, de réseaux de partenaires que sont, par exemple, les jeunes agriculteurs, la Safer », a conclu Jean-Luc Pelletier.

Transfert du périmètre régional

La session a par ailleurs permis de présenter le budget rectificatif de la Chambre d'agriculture, d'évoquer les travaux des différentes commissions et enfin d'évoquer le transfert du périmètre régional de la Chambre d'agriculture d'Alsace dans la nouvelle structure régionale du Grand Est. Ainsi, le transfert des biens et des personnels de la CAA vers la Crage sera réalisé avant ce 30 juin 2016. Il s'agit d'intégrer les effectifs pour mettre en place la nouvelle organisation et préparer à la mise en application du décret sur l'organisation du réseau des Chambres mais également de régionaliser les activités qui sont d'ores et déjà mises en oeuvre à l'échelle des trois trois territoires comme Ecophyto, le maraîchage et Planète Légumes. Ce transfert concerne huit salariés et neuf bureaux pour une valeur immobilière de 282 000 euros.

 

Filière horticole d'Alsace (Flhoreal)

Communiquer, former, pérenniser

Cultures

Publié le 17/06/2016

Le groupement comptait en 2015 pas moins de 35 adhérents : des entreprises horticoles, des pépiniéristes ou encore des lycées horticoles, comme celui du Pflixbourg à Wintzenheim où s'est déroulée cette assemblée générale. L'occasion de rappeler les missions de Flhoreal : proposer des expériences pour rechercher de nouvelles références, assurer la promotion de la filière, favoriser et promouvoir une démarche de qualité, participer et organiser des événements, monter des dossiers de subvention d'aide à la filière et surtout promouvoir une activité de conseils et de suivis auprès des horticulteurs. Des actions qui se font en lien avec différents partenaires parmi lesquels la Chambre d'agriculture d'Alsace, qui en partenariat avec Flhoreal avait commandé un audit (financé à 80 % par la région Alsace de l'époque) pour faire le point sur la filière. Le président de l'interprofession des fruits et légumes d'Alsace, Pierre Lammert a rappelé le contexte. « L'idée était de savoir où nous en sommes sur l'horticulture en Alsace. Cet audit doit servir à alimenter la réflexion au niveau de la nouvelle grande région ». Un point d'étape a été réalisé par le directeur de l'Ifla, Fabien Digel. « Plusieurs orientations stratégiques ont été validées. À savoir la mise en place d'un réseau technique pour tout le grand Est afin de mutualiser les moyens, notamment au niveau des conseillers techniques. Il a également été décidé de créer une nouvelle structure sur la base de Flhoreal appelée « Fleurs et Plantes d'Alsace » avec un nouveau logo qui se veut davantage fédérateur. Le but est de faire avec ce logo une promotion commune. La communication collective de la filière est absolument indispensable. Elle se fait avec le slogan suivant : « Produit ici, ça change tout ! ». Des actions qui seront complétées avec un site internet relooké et des mises en situation avec le nouveau visuel ».

Créer une dynamique d'entreprise

Une action stratégique va démarrer : l'accompagnement des chefs d'entreprise. C'est la plus grosse lacune apparue dans l'audit. Les professionnels ressentent le besoin d'être aidés et accompagnés dans leur stratégie d'entreprise, dans leur gestion des ressources humaines, dans le marketing. « Nous devons et nous pouvons leur donner des outils nécessaires pour qu'ils dirigent plus sereinement leur exploitation et gagnent en compétitivité », a souligné Chloé Schneller, conseillère horticole chez Flhoreal. Un plan de formation est donc mis en place. Une première session aura lieu en deux fois trois jours. Les 13, 14 et 15 septembre 2016, puis les 9, 10 et 11 janvier 2017. Cette formation, intitulée « Du pilotage à la stratégie de mon entreprise » doit permettre aux participants de développer leur autonomie et de créer une dynamique d'entreprise pour une meilleure maîtrise des enjeux économiques, commerciaux et stratégiques. Le public visé ? Dix chefs d'entreprises horticoles en Alsace et/ou des collaborateurs chargés de la gestion de l'entreprise. Lors de cette formation, assurée par Richard Loizeau, consultant financier confirmé en approche globale de l'entreprise, lui-même à la tête d'un domaine horticole en Vendée, et par Dénoline Jolivet, conseillère horticole chez Flhoreal, il sera proposé des outils d'analyse et de pilotage dans le contexte concurrentiel actuel des entreprises. Un second projet de formation, intitulé « Renouvellement des cadres, des générations » sera mis en place au courant de cette année. Il s'agira d'expliquer aux plus jeunes producteurs le fonctionnement et les enjeux des différentes institutions agricoles, de mieux comprendre la filière horticole, de créer du lien et de favoriser la transmission de compétence en matière de représentation professionnelle. Il s'agit d'identifier quatre à cinq jeunes, âgés de 25 à 30 ans, prêts à s'investir pour le collectif.

Recruter des jeunes

Pour Paul-André Keller, vice-président du groupement, l'intérêt de ces formations est évident. « Nous vieillissons et il faut des gens qui s'engagent car sinon il n'y aura plus rien dans nos structures. Il faut recruter des jeunes en Alsace, monter un groupe afin de transmettre le flambeau. Et puis, au-delà de la formation, les participants vont pouvoir sortir de leur entreprise. Cela va leur permettre de voir autre chose. Nous avons tendance à nous calfeutrer chez nous. Là, il y a possibilité d'écouter et d'observer ce qui se fait ailleurs. Et d'apprendre ainsi de nouvelles choses ».

Chloé Schneller a dressé le rapport d'activité de Flhoreal. Un rapport où toutes les expérimentations menées en 2015 ont été mises en valeur. À commencer par la rencontre technique du 23 septembre 2015 à Cernay ou encore l'Olympiade des métiers à Strasbourg fin janvier 2015 qui a permis de rassembler 900 candidats, 1 600 bénévoles, 80 000 visiteurs et 600 experts horticoles. Une manifestation importante pour valoriser la production.

En matière de communication, toutes les actions menées au cours des saisons ont été évoquées, comme celle du printemps « Votre horti vous fait une fleur » qui a donné la possibilité de valoriser les produits locaux sur les lieux de vente de proximité. Une image forte car ce produit-là est bien positionné et ne peut pas être concurrencé.

Les 17, 18 et 19 juin à Colmar

La confrontation européenne en race holstein se prépare

Élevage

Publié le 21/05/2016

Toute la filière laitière européenne sera au rendez-vous ! À un mois de cet événement, les organisateurs (le Club Holstein 68, Prim'Holstein France, Eurogénétique et la Chambre d'agriculture d'Alsace) multiplient les rencontres et les réunions pour réussir cette belle manifestation. Pour la première fois depuis vingt ans, ce concours européen itinérant se déroulera en France. La dernière fois, c'était à Paris. « Ce sont les jeux olympiques de la holstein. Ils sont organisés tous les trois ans dans un pays différent. Le prochain pays sera la Belgique. L'association dont je suis le directeur a décidé de l'organiser en Alsace car c'est un projet de qualité qui rassemble un savoir-faire et des gens motivés. Par ailleurs, Colmar est un lieu idéal. La ville est bien centrée au niveau européen. Nous sommes dans une belle aventure humaine avec des gens de terrain qui s'impliquent », explique Denis Biéri, directeur de Prim'Holstein France.

Pour le concours, 180 vaches holstein originaires de quatorze pays différents seront présentes. « C'est un record ! Cela montre que les éleveurs sont motivés, malgré les difficultés économiques actuelles. Les problèmes sanitaires, et notamment la fièvre catarrhale ovine (FCO), ont engendré quelques incertitudes concernant certaines participations. Finalement, tout le monde sera là, hormis les vaches danoises. Mais le Danemark sera quand même présent avec des jeunes éleveurs. Des pays seront très bien représentés, d'autres plus modestement comme la Slovénie avec six vaches. Cette confrontation européenne s'annonce belle. Certains éleveurs viendront de loin. Les premières vaches arriveront à Colmar dès le 14 juin », ajoute Denis Biéri.

Pour les professionnels et le grand public

La manifestation est avant tout professionnelle avec, le vendredi 17 juin, un concours de clippage des jeunes, le « showmanship », qui permettra de mettre en valeur les animaux. Il précédera la cérémonie officielle fixée à 15 h et le concours des holstein rouges à partir de 15 h 45. En soirée, à partir de 19 h 30, une vente aux enchères sera organisée. 35 animaux, entre 6 mois et 1 an, seront proposés à la vente. Cette dernière s'annonce de grande qualité puisque ce sont de futures vaches intéressantes et rares. Samedi 18 juin aura lieu le concours de présentation le matin et, surtout, à partir de midi, le grand concours des holstein noires. Avec, au final, une grande championne et un pays vainqueur.

Si la première partie de cette confrontation européenne est destinée aux professionnels de l'élevage, le grand public y trouvera son compte… et toute sa place. De nombreuses animations seront prévues à son intention. La Chambre d'agriculture d'Alsace (CAA) est particulièrement impliquée dans ce projet. « L'objectif est de montrer la diversité et le savoir-faire de l'Alsace et de son élevage. Par le biais, par exemple, du réseau Bienvenue à la ferme, mais également de la Maison des vins d'Alsace », explique Stéphane Janus pour la CAA. Un burger 100 % fermier sera ainsi proposé à la dégustation. Il y aura également des démonstrations de fabrication de fromage à l'ancienne, des dégustations autour de l'élevage et du terroir alsacien, un marché fermier, sans oublier quatre représentations, dans le hall 1, d'un spectacle théâtral spécialement conçu pour la grande fête du lait. Ce spectacle est réalisé par la compagnie Mattagumber qui retracera l'évolution du métier d'éleveur laitier du siècle dernier à nos jours. Dans les halls 2, 3 et 4, animaux et exposants seront répartis pour utiliser au maximum les possibilités du parc des expositions de Colmar. Les visiteurs auront le loisir de découvrir les meilleures vaches laitières d'Europe et de discuter avec les éleveurs exposants.

Le ring au théâtre de plein air

Et au mois de juin, les stars du théâtre de plein air seront les vaches ! Le théâtre est pour l'occasion complètement relooké en ring pour l'organisation du concours. Après le concours, samedi soir, il se transformera en lieu de fête : la société Aquatique Show et la compagnie Mattagumber uniront leurs talents pour un spectacle inédit. À l’issue du spectacle, Docteur Boost prendra le relais pour faire danser les visiteurs. « Ce sera un grand moment. Nous avons pensé à tout le monde. Les professionnels évidemment, mais également le grand public. La preuve, c'est la première fois que la fête se prolonge jusqu'au dimanche soir. Face à la crise de l'élevage, il faut communiquer et montrer ce que nous vivons au quotidien. Cette confrontation européenne est une bonne occasion pour nous d'avoir une tribune pour le faire. Les 120 exposants, les éleveurs, les organisateurs sont prêts. Au public de venir à notre rencontre », conclut Denis Biéri.

Domaine Émile Beyer à Eguisheim

L'art de la viticulture

Vigne

Publié le 16/05/2016

Les origines de la famille Beyer à Eguisheim se confondent avec l'histoire de la viticulture alsacienne. Les archives de la maison attestent de sa présence dès la fin du 16e siècle dans la commune viticole. Aujourd’hui, Christian Beyer, 14e génération de la famille veille aux destinées de la maison. « Nous avons la chance de pouvoir travailler plus de 17 hectares dont deux grands crus et deux lieux-dits. Transcrire cette diversité de sols dans chacun de nos vins est toute notre conviction. Avec mon épouse, Valérie, qui a rejoint l'entreprise en janvier dernier, je m'inscris dans cette nouvelle génération de viticulteurs alsaciens en quête du grand vin. Nous sommes entrés dans une démarche de biodynamie. On commence avec les vins de cette année 2016 et avec les conseils de Christophe Erhart que je connais depuis quelques années. Nous avons encore une marge de progrès à réaliser pour exprimer pleinement le potentiel de nos parcelles », explique Christian Beyer qui n'avait pas encore communiqué sur cette évolution professionnelle.

Pour autant, il soigne depuis toujours la qualité de ses vins. Il est désireux de le faire savoir plus largement. D'où l'organisation de ces premières portes ouvertes. « Là également, c'est mon épouse qui est à l'initiative de cette journée. L'idée est de s'adresser aux professionnels, aux sommeliers, aux prescripteurs en général. Nous leur montrons nos terroirs. Nous leur faisons visiter l'entreprise. Et nous leur présentons nos vins. Aujourd'hui, nous nous sommes spécifiquement intéressés aux millésimes 1993, 1997 et 2000. L'idée est de montrer comment nos vins vieillissent et d'échanger en toute convivialité », ajoute Christian Beyer. La journée a été une belle réussite avec la venue de nombreux visiteurs intéressés par le travail du domaine. « Cette journée sera renouvelée tout comme d'autres actions ouvertes à un plus large public. Ce seront des opérations ponctuelles et très ciblées », conclut Christian Beyer.

L'art à l'hôpital

La manifestation s'est déroulée en partenariat avec l'association ArtAile fondée il y a treize ans par Caroline Lesage. Cette dernière était présente lors de cette journée portes ouvertes. « L'association a été créée pour faire rentrer l'art à l'hôpital. J'ai personnellement une formation dans l'art. Ici, on parle de peinture. L'idée est de projeter des œuvres d'art sur les murs dans les unités Alzheimer pour faire rentrer la lumière. Nous intervenons également dans les accueils de jour et les Ehpad. Nous proposons aux personnes de découvrir les tableaux puis, immédiatement, de s'en inspirer en bossant dessus. Cela stimule leur mémoire. C'est un travail spontané, libérateur et reconstructeur. Nous avons également une classe de CM2 qui nous suit sur l'année scolaire pour tisser des liens avec les personnes hospitalisées. Notre présence ici ? Je connais Valérie Beyer. L'idée est de communiquer sur nos actions », explique Caroline Lesage.

Forestiers d'Alsace

Pour une filière forêt-bois dynamique

Cultures

Publié le 15/05/2016

L'association Forestiers d'Alsace est le fruit de la dissolution de Bois et Forêts 67 et de Forêts Services 68. Une évolution inéluctable pour les sylviculteurs dont la priorité reste le développement des conseils et des services de proximité. D'où la création des « Forestiers d'Alsace », fruit d'une remarquable collaboration entre les administrateurs des deux associations. « Elle s'est faite dans un esprit constructif et une convivialité qui perdurent au sein du conseil d'administration. Nous avons lancé les projets de créations d'associations forestières locales dans le Bas-Rhin. L'Alsace est à présent entièrement couverte par dix associations forestières fédérées au sein de notre groupement », se félicite le président de Forestiers d'Alsace, Jean-Marie Batot.

L'occasion de rappeler les trois principaux objectifs de ces associations : valoriser les forêts en tenant compte des spécificités locales ; être plus visible et mieux entendu ; améliorer les services de proximité. « Sur ce point, nous proposons des conseils à nos adhérents afin de les aider à valoriser leur patrimoine forestier et transmettre de belles forêts à leurs enfants. Cela se fait par le biais de visite conseil, de réunions d'information en forêt, de moments d'échanges conviviaux avec les propriétaires, de bulletins d'information, de l'assurance responsabilité civile de groupe, et d'aides financières de la Caisse d'assurance-accidents agricoles pour les équipements de sécurité. L'idée fédératrice reste de défendre les intérêts collectifs des propriétaires forestiers, de favoriser les échanges et d'apporter un appui technique dans la gestion des forêts », ajoute Jean-Marie Batot. En sachant que Forestiers d'Alsace emploie cinq salariés qui collaboraient jusqu'à présent chez Bois et Forêts 67 et Forêts Services 68.

Expliquer le travail en forêt

Les sylviculteurs se sont inquiétés, lors de cette assemblée générale, des conséquences du dérèglement climatique en cours. « La température moyenne a augmenté et nos forêts ont souffert en 2015 de canicule et de sécheresse. Plus que jamais, les forestiers comme les agriculteurs vont devoir adapter leur gestion et leurs pratiques. Les créations de nos chemins forestiers et la réalisation de nos coupes concertées vont dans ce sens. Mais, nous devons expliquer notre démarche à nos concitoyens et mieux communiquer sur nos actions. Il faut rappeler, le plus largement possible, que les forêts gérées durablement séquestrent bien plus de CO2 que celles qui sont délaissées. Il faut également rappeler que le taux actuel de prélèvement de bois en forêt privée alsacienne est inférieur à 50 % de l'accroissement naturel. Développer l'exploitation forestière, c'est exercer une vraie gestion durable, augmenter et prolonger le stockage de CO2, prévenir l'adaptation de nos forêts au changement climatique. En définitive, il s'agit tout simplement de favoriser la santé de nos arbres en réduisant la concurrence croissante pour l'alimentation en eau », a précisé Jean-Marie Batot. Les sylviculteurs comptent également privilégier les diverses utilisations du bois pour valoriser les forêts et les transmettre aux générations futures en bonne santé.

Pour le maintien de l'amélioration foncière

Les sylviculteurs terminent actuellement leur programme pluriannuel régional de développement forestier d'Alsace. Le bilan est positif avec la desserte réalisée de onze massifs par l'aménagement de 97 km sur 2 000 hectares pour 1 780 propriétaires. Mais également l'agrandissement de 482 unités de gestion avec 1 086 ha passés en gestion forestière durable, et la mobilisation de 78 200 m3 supplémentaires de bois. Un nouveau programme régional est en préparation. « Cependant, les récentes nouvelles sur la future gestion du fonds stratégique de la forêt et du bois nous obligent à une forte mobilisation avec nos voisins lorrains qui partagent les mêmes priorités de développement forestier. La journée régionale de la forêt privée à Colmar, le 17 septembre 2016, sera aussi l'occasion d'expliquer nos nombreuses et diverses réalisations, et de démontrer l'importance pour l'État et la Région de poursuivre nos actions. Nous devons, nous forestiers, renforcer notre foi en l'avenir en plantant des arbres pour les générations futures », a conclu Jean-Marie Batot.

Les forestiers alsaciens ont alors profité de cette réunion pour évoquer le nouveau dispositif d'amélioration foncière. Ils ont voté une résolution appelant les Conseils départementaux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin à l'élaboration en commun d'une nouvelle politique d'amélioration foncière forestière. « Nous préconisons de la définir en prenant comme modèle la politique exemplaire du Conseil départemental de la Meuse, basée sur les échanges et cessions d'immeubles ruraux par une compensation partielle des frais notariés, par des échanges et cessions d'immeubles forestiers, par une participation à l'animation de projets sur un massif ou une commune, et la réalisation des mutations par acte signé par le président du Conseil départemental. Les membres de Forestiers d'Alsace demandent donc le maintien de l'amélioration foncière comme pilier du développement forestier pour le futur programme régional de la forêt et du bois », a indiqué Vincent Ott, président du Centre régional de la propriété forestière de Lorraine-Alsace, de Forêt privée d'Alsace et du syndicat régional. Les mêmes forestiers demandent également, pour le futur programme régional de la forêt et du bois, à l'État de soutenir la poursuite des actions menées dans le cadre du plan pluriannuel régional de développement forestier 2011-2016 en maintenant le financement, et au nouveau Conseil régional de maintenir les aides financières à Forestiers d'Alsace pour la mise en œuvre des actions basées sur le conseil, la formation, la mobilisation regroupée des bois et des travaux sylvicoles, mais également l'amélioration et la desserte forestière.

Laurent Wendlinger, président de la Chambre d'agriculture d'Alsace, qui participait à cette assemblée générale, a soutenu les sylviculteurs et en a appelé à la responsabilité de l'État. « Ne cassons pas les dynamiques qui ont fait leurs preuves. Une très belle restitution des travaux a été réalisée à la demande du Conseil régional. Les interprofessions y ont participé. Tout le monde était unanime, y compris les représentants de l'État. Il faut se battre du niveau national au niveau local pour poursuivre cette dynamique collective en faveur de notre forêt privée. » Et d'évoquer la forêt dans la nouvelle grande région. « Les surfaces boisées couvrent 35 % des surfaces, soit près de 2 millions d'hectares. Une filière forêt-bois source de 54 800 emplois et composée de 8 850 entreprises qui réalisent un chiffre d'affaires de 11 milliards d'euros par an. Ainsi, la filière est et sera au cœur de nos préoccupations. Nous allons nous rencontrer courant mai pour définir la stratégie à mettre en œuvre pour les années à venir. Il nous faut mettre en place notre programme régional de la forêt et du bois afin de continuer à mener des actions dynamiques en partenariat comme nous avions l'habitude de la faire en Alsace », a-t-il conclu.

Syndicat des vignerons indépendants d'Alsace (Synvira)

Communiquer sur des terroirs d'exception

Vigne

Publié le 01/05/2016

Sur les terres du domaine de Jean-Paul Schmitt à Scherwiller, le Syndicat des vignerons indépendants d'Alsace (Synvira) a présenté son plan de communication à une période importante de l'année viticole. « Nous finissons actuellement de tailler et de lier. Les réparations sont quasi terminées. Les remplacements de pieds sont en cours. D'ici quelques semaines, nous allons commencer les traitements dans les vignes. Chez ces dernières, les bourgeons commencent à sortir. C'était une crainte vue la sécheresse de l'année passée. C'est une première satisfaction et un soulagement. Car, nous avons un gros besoin de récolte. La moitié des caves sont vides. Chaque exploitation a un véritable objectif de rendement. Sur trois années, certains ont perdu l'équivalent d'une récolte entière. C'est la responsabilité du Synvira de soutenir ses adhérents pour faire face à de telles situations, mais également face aux tâches administratives », explique le président du Synvira, Pierre Bernhard.

Ce soutien passe depuis de nombreuses années par des opérations de communication et des manifestations qui y sont liées. Le Synvira a ainsi su, grâce à sa charte d'accueil qualité « Bienvenue chez le vigneron indépendant d'Alsace » créée en 2004, être un acteur majeur pour l'obtention du label « Vignobles et Découvertes » en Alsace. « Nos opérations œnotouristiques sont reconnues comme des démarches atypiques. Elles apportent une dynamique et permettent d'amener les clients dans nos caveaux pour leur parler de nos vins. Ce sont des moments de partage et d'échanges qui permettent de créer des liens et de les fidéliser. Cette tradition de bien-être, du bien vivre ensemble, de partage, d'engagement et de respect entre également dans une démarche de production qui respecte l'environnement. Ce sont des valeurs fondamentales », ajoute Pierre Bernhard.

Et cela marche bien. L'Alsace est une des régions de l'hexagone où la vente directe est la plus importante, avec une moyenne de 25 % des volumes contre 57 % pour la grande distribution, 16 % en cafés, hôtels et restaurants (CHR) et 2 % chez les cavistes. « Nous avons une énorme force avec la vente directe. Mais, nos adhérents demandent des outils complémentaires. D'où ce plan de communication du Synvira », précise Pierre Bernhard.

Apéro gourmand le 6 mai

Les différentes opérations œnotouristiques ont été présentées par Catherine Schmitt, viticultrice à Ottrott, en charge de ce dossier au Synvira, et par Clémence Wagner, chargée de communication. La première de ces opérations en sera à sa sixième édition cette année. Il s'agit de « l'Apéro gourmand » fixé au vendredi 6 mai à partir de 18 h 30. « Ce soir-là, 32 vignerons indépendants alsaciens ouvriront les portes de leur domaine à toutes celles et ceux qui veulent s'initier aux vins d'Alsace. Ce sera une soirée pour échanger, déguster des accords mets-vins inédits et surprenants. L'objectif est de faire découvrir les vins à travers des mets que chaque vigneron aura choisis en harmonie parfaite avec ses crus. Notre objectif est également de faire découvrir notre univers à la jeune génération de consommateurs. Cet Apéro gourmand est donc l'occasion de partager des saveurs exceptionnelles, de faire rêver, de créer du lien », souligne Catherine Schmitt, dont le domaine fera notamment découvrir ses célèbres vins rouges d'Ottrott. Au même moment, Synvira Pierre Bernhard compte proposer aux visiteurs qui viendront sur son domaine à Châtenois des petits plats indiens accompagnés de vieux riesling et de pinot gris.

Pique-nique les 14, 15 et 16 mai

Les 14, 15 et 16 mai, soit le week-end de Pentecôte, ce sera une nouvelle édition du « Pique-nique chez le vigneron indépendant ». Née en Alsace en 1995 à l'initiative du Synvira, cette manifestation est devenue un événement incontournable dans la région et attire chaque année plusieurs milliers de personnes. « Son succès a conduit le mouvement des Vignerons indépendants de France à l'étendre au niveau national. Le Synvira l'organise dans les entreprises des vignerons indépendants le long de la route des vins d'Alsace pour changer l'habitude des consommateurs et leur faire reprendre le chemin de nos entreprises en leur faisant partager une journée avec le vigneron et sa famille. L'idée est simple : venir avec ses amis, famille, clients sur un domaine et partager un panier-repas en profitant des vins des domaines participants. Cette année, près de 400 vignerons y participent à travers 31 départements », ajoute Catherine Schmitt. Rappelons que cet événement avait été primé au Prix national de l'œnotourisme en 2009. En Alsace, chaque domaine proposera son programme et ses activités ludiques et culturelles.

La manifestation sera suivie en septembre par l'opération « Vendangeur d'un jour » en place pour la quatrième année. Cette prestation participative est construite sur la découverte et permet de repenser la relation entre le touriste et le vigneron, de tisser de nouveaux liens et de réinventer le sens de l'hospitalité.

Un nouveau guide œnotouristique

Enfin, le syndicat des vignerons indépendants d'Alsace présente actuellement un superbe nouveau guide œnotouristisque. Il s'agit d'un outil de promotion concerté et soutenu par le Conseil régional et l'Agence de développement du tourisme d'Alsace. « Nous l'avons conçu pour faire découvrir des prestations complémentaires pleines de saveurs et de sensations. Au fil des pages, on retrouve des idées parmi les nombreuses activités proposées telles que des ateliers d'initiation à la dégustation, des accords mets-vins, des dégustations comparatives pour comprendre la notion de terroir dans les vins ou encore la découverte de la faune et de la flore. On y trouve également les bonnes adresses pour se restaurer conseillées par les vignerons, et des sites touristiques ou festivités à ne pas manquer », conclut Clémence Wagner. Ce guide a été expédié à près de 400 autocaristes du grand est de la France, des agences de réservation touristique, des tour-opérateurs et des clubs œnophiles. Le guide est aussi consultable par le grand public sur www.alsace-du-vin.com.

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