Ferme Pulvermühle à Volgelsheim
Savourons les fruits et légumes bios d’Alsace
Ferme Pulvermühle à Volgelsheim
Cultures
Publié le 10/10/2016
Cette première journée destinée aux professionnels avait pour objectif de mettre en avant la marque « Fruits et légumes bios d’Alsace » auprès des acheteurs de tous les circuits de distribution implantés dans la région : magasins 100 % bios, grossistes spécialisés bios, grossistes mixtes, grande et moyenne distribution. L’objectif était de présenter la filière fruitière et légumière bio alsacienne, ses spécificités, ses contraintes et ses dynamiques de développement. La marque a pour objectif d’aider les consommateurs à retrouver rapidement les fruits et légumes de la région grâce à un visuel qui date de 2005 et qui est désormais bien connu. Elle se démarque de son homologue rouge par sa couleur verte et la présence du logo bio européen (« eurofeuille ») et du logo AB (logo bio français). On peut ainsi la retrouver sur les cartons d’emballage des producteurs partenaires (les fameux cartons « verts »), mais également sur divers supports de communication, comme des jupes de palettes et des guirlandes.
« On sème, on plante, on récolte »
Cette journée s’est déroulée dans un contexte où les produits bios, dans la production comme dans les ventes, semblent susciter un enthousiasme croissant. Que de chemin parcouru depuis la fin des années 1960 ! À l’époque, la ferme Pulvermühle à Volgelsheim était pionnière en la matière. Pas étonnant que cette journée se soit déroulée sur le site de la famille Schmidt. « Mon père, victime des produits de traitement, a pris conscience de l’intérêt de changer sa façon de travailler. Au début, le bio concernait l’arboriculture, la polyculture et l’élevage. Il n’y avait « que » 13 hectares. Je me suis installé en 1984 et l’entreprise a poursuivi son développement. Aujourd’hui, nous sommes quatre associés et nous travaillons sur 97 ha, dont 45 ha de légumes, 45 ha de grandes cultures et 7 ha avec des arbres et des haies. Nos parcelles sont en effet entourées d’arbres. C’est notre ADN », explique Dany Schmidt. La ferme travaille avec un grossiste distributeur allemand depuis 35 ans. Une façon d’écouler 50 % de la production. Les autres 50 % sont vendus localement. 98 % de la production sont destinés à l’alimentation humaine dans un circuit le plus court possible. La ferme propose des produits toute l’année grâce aux serres sous abri, notamment un bâtiment qui fonctionne depuis le mois d’août dernier. « En production légumière, le travail est désormais perpétuel. On sème, on plante, on récolte. Il n’y a plus de temps mort. Là, cette parcelle de courgettes a été semée après le 15 août. Nous avons pu le faire grâce aux conditions météorologiques. Les récoltes se font tous les jours, sauf le dimanche. Nous écoulons les produits sur des marchés spécifiques. Nous allons travailler jusqu’à ce qu’il gèle », ajoute Dany Schmidt qui emploie quinze salariés à temps plein, mais également dix à vingt saisonniers suivant les années.
Une dynamique de conversion régulière
Produire toute l’année est nécessaire pour répondre à une demande croissante. À l’image de la ferme Pulvermühle, il y a aujourd’hui plus de 600 fermes bios en Alsace. Elles représentent 7 % de la surface agricole utile (SAU). Et des filières sont à la pointe. 20 % des vergers sont conduits en bio dans la région, 13 % des légumes. « Nous connaissons une dynamique de conversion régulière et un peu plus soutenue depuis deux années. La production biologique est désormais présente sur une grande diversité des circuits de distribution : la vente directe, les magasins spécialisés, les grandes et moyennes surfaces ou encore les artisans et commerçants. Cela permet de répondre à une augmentation de la demande. Cette augmentation a été de 15 % en 2015 et nous suivons la même courbe en 2016. Il y a une attente forte et une demande sociétale pour des produits bios, mais surtout des produits bios et locaux », assure Julien Scharsch, président de l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba).
Les professionnels engagés dans la production biologique veulent répondre à cette demande et aux attentes des consommateurs en privilégiant une production de haute qualité. Pour y parvenir, ils comptent proposer à leurs interlocuteurs (grossistes, distributeurs) un partenariat durable et sur du long terme pour continuer à progresser tant dans la qualité que dans la quantité. Ils comptent également s’appuyer sur leurs premiers partenaires, l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) et l’Opaba. « Nos relations sont très bonnes comme en témoigne la visite d’essais effectuée cet été ici même où une cinquantaine de producteurs, des bios et des conventionnels, ont échangé et travaillé ensemble. Nous avons une image à défendre et à promouvoir. La réussite des uns sera la réussite des autres. Le développement du bio est dans l’air du temps. Il doit répondre à des attentes fortes. En Alsace, notre organisation commune entre producteurs, grossistes et distributeurs permet de le faire. Tout le monde joue le jeu avec le soutien des collectivités ».
Doris Burger, arboricultrice bio à Steinseltz et responsable de la commission « fruits » à l’Opaba, a également témoigné positivement. « Il y a actuellement 124 fermes en production fruitière bio en Alsace sur 248 ha et 7 ha en conversion, soit 20 % des vergers de la région. Nous sommes très attachés à la marque « Alsace ». Cette lisibilité permet de repérer nos produits et de faciliter leur écoulement auprès des consommateurs. Après une année 2015 difficile à cause de la sécheresse, 2016 est également compliquée avec toute cette pluie. Pour autant, nous proposons une variété de fruits incomparable. À l’image de nos pommes, dont les variétés ne sont pas forcément connues, mais plus faciles à produire en bio. Quoi qu’il en soit, la demande est là, il faut s’adapter. » D’autant plus que des conversions sont en cours et seront réalisées en 2017.












