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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Ferme Pulvermühle à Volgelsheim

Savourons les fruits et légumes bios d’Alsace

Cultures

Publié le 10/10/2016

Cette première journée destinée aux professionnels avait pour objectif de mettre en avant la marque « Fruits et légumes bios d’Alsace » auprès des acheteurs de tous les circuits de distribution implantés dans la région : magasins 100 % bios, grossistes spécialisés bios, grossistes mixtes, grande et moyenne distribution. L’objectif était de présenter la filière fruitière et légumière bio alsacienne, ses spécificités, ses contraintes et ses dynamiques de développement. La marque a pour objectif d’aider les consommateurs à retrouver rapidement les fruits et légumes de la région grâce à un visuel qui date de 2005 et qui est désormais bien connu. Elle se démarque de son homologue rouge par sa couleur verte et la présence du logo bio européen (« eurofeuille ») et du logo AB (logo bio français). On peut ainsi la retrouver sur les cartons d’emballage des producteurs partenaires (les fameux cartons « verts »), mais également sur divers supports de communication, comme des jupes de palettes et des guirlandes.

« On sème, on plante, on récolte »

Cette journée s’est déroulée dans un contexte où les produits bios, dans la production comme dans les ventes, semblent susciter un enthousiasme croissant. Que de chemin parcouru depuis la fin des années 1960 ! À l’époque, la ferme Pulvermühle à Volgelsheim était pionnière en la matière. Pas étonnant que cette journée se soit déroulée sur le site de la famille Schmidt. « Mon père, victime des produits de traitement, a pris conscience de l’intérêt de changer sa façon de travailler. Au début, le bio concernait l’arboriculture, la polyculture et l’élevage. Il n’y avait « que » 13 hectares. Je me suis installé en 1984 et l’entreprise a poursuivi son développement. Aujourd’hui, nous sommes quatre associés et nous travaillons sur 97 ha, dont 45 ha de légumes, 45 ha de grandes cultures et 7 ha avec des arbres et des haies. Nos parcelles sont en effet entourées d’arbres. C’est notre ADN », explique Dany Schmidt. La ferme travaille avec un grossiste distributeur allemand depuis 35 ans. Une façon d’écouler 50 % de la production. Les autres 50 % sont vendus localement. 98 % de la production sont destinés à l’alimentation humaine dans un circuit le plus court possible. La ferme propose des produits toute l’année grâce aux serres sous abri, notamment un bâtiment qui fonctionne depuis le mois d’août dernier. « En production légumière, le travail est désormais perpétuel. On sème, on plante, on récolte. Il n’y a plus de temps mort. Là, cette parcelle de courgettes a été semée après le 15 août. Nous avons pu le faire grâce aux conditions météorologiques. Les récoltes se font tous les jours, sauf le dimanche. Nous écoulons les produits sur des marchés spécifiques. Nous allons travailler jusqu’à ce qu’il gèle », ajoute Dany Schmidt qui emploie quinze salariés à temps plein, mais également dix à vingt saisonniers suivant les années.

Une dynamique de conversion régulière

Produire toute l’année est nécessaire pour répondre à une demande croissante. À l’image de la ferme Pulvermühle, il y a aujourd’hui plus de 600 fermes bios en Alsace. Elles représentent 7 % de la surface agricole utile (SAU). Et des filières sont à la pointe. 20 % des vergers sont conduits en bio dans la région, 13 % des légumes. « Nous connaissons une dynamique de conversion régulière et un peu plus soutenue depuis deux années. La production biologique est désormais présente sur une grande diversité des circuits de distribution : la vente directe, les magasins spécialisés, les grandes et moyennes surfaces ou encore les artisans et commerçants. Cela permet de répondre à une augmentation de la demande. Cette augmentation a été de 15 % en 2015 et nous suivons la même courbe en 2016. Il y a une attente forte et une demande sociétale pour des produits bios, mais surtout des produits bios et locaux », assure Julien Scharsch, président de l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba).

Les professionnels engagés dans la production biologique veulent répondre à cette demande et aux attentes des consommateurs en privilégiant une production de haute qualité. Pour y parvenir, ils comptent proposer à leurs interlocuteurs (grossistes, distributeurs) un partenariat durable et sur du long terme pour continuer à progresser tant dans la qualité que dans la quantité. Ils comptent également s’appuyer sur leurs premiers partenaires, l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) et l’Opaba. « Nos relations sont très bonnes comme en témoigne la visite d’essais effectuée cet été ici même où une cinquantaine de producteurs, des bios et des conventionnels, ont échangé et travaillé ensemble. Nous avons une image à défendre et à promouvoir. La réussite des uns sera la réussite des autres. Le développement du bio est dans l’air du temps. Il doit répondre à des attentes fortes. En Alsace, notre organisation commune entre producteurs, grossistes et distributeurs permet de le faire. Tout le monde joue le jeu avec le soutien des collectivités ».

Doris Burger, arboricultrice bio à Steinseltz et responsable de la commission « fruits » à l’Opaba, a également témoigné positivement. « Il y a actuellement 124 fermes en production fruitière bio en Alsace sur 248 ha et 7 ha en conversion, soit 20 % des vergers de la région. Nous sommes très attachés à la marque « Alsace ». Cette lisibilité permet de repérer nos produits et de faciliter leur écoulement auprès des consommateurs. Après une année 2015 difficile à cause de la sécheresse, 2016 est également compliquée avec toute cette pluie. Pour autant, nous proposons une variété de fruits incomparable. À l’image de nos pommes, dont les variétés ne sont pas forcément connues, mais plus faciles à produire en bio. Quoi qu’il en soit, la demande est là, il faut s’adapter. » D’autant plus que des conversions sont en cours et seront réalisées en 2017.

Union des pépiniéristes et des horticulteurs de la région Alsace (Uphoral)

Une filière qui cherche sa place

Vie professionnelle

Publié le 08/10/2016

Ils étaient peu nombreux, les pépiniéristes et horticulteurs alsaciens à l’assemblée générale de leur groupement, l’Uphoral, jeudi 22 septembre à Sainte-Croix-en-Plaine. Le président, Paul-André Keller, l’a d’ailleurs regretté. Il est pourtant le premier à les comprendre. Le climat social et économique actuel n’incite guère à l’optimisme. Pour autant, à l’Uphoral, on se veut une force de propositions et un interlocuteur sérieux. La preuve. Avec la fédération nationale, l’Uphoral a déposé le 7 juin dernier une motion interpellant les pouvoirs publics et exigeant des engagements du ministre de l'Agriculture sur plusieurs points urgents : l’aide à l’investissement, le financement de l’expérimentation, les problèmes phytosanitaires et les problèmes de trésorerie des entreprises face à la baisse de la consommation consécutive à un printemps calamiteux.

Une situation économique qui arrive après une année 2015 consacrée pour la filière horticole et pépinière alsacienne à un audit demandé par la Région et porté par la Chambre d'agriculture d’Alsace afin de faire le diagnostic du secteur et de trouver des solutions pour redynamiser la profession. Une synthèse qui a cependant été bouleversée avec l’incidence de la loi NOTRe et la nouvelle organisation territoriale. « Face à ce nouveau millefeuille, il s’agit de s’adapter, de trouver, voire d’inventer, de nouveaux modes de fonctionnement, se regrouper ou fusionner afin de continuer à exister. En ce qui concerne le développement et l’expérimentation, la filière horticole alsacienne, à travers Fleurs et Plantes d’Alsace (Flhoreal), devra trouver sa place dans ce schéma avec ou sans Arexhor (Association régionale d’expérimentation horticole) entre Besançon, Roville-aux-Chênes et Sainte-Croix-en-Plaine. Il s’agit de se poser les bonnes questions quant au devenir de notre structure. Face à ce contexte compliqué, il ne faut cependant pas baisser les bras et demeurer une force de propositions. Mais, nous sommes bien engagés et noyés dans ce « machin » sans identité de méga région via une réforme territoriale dessinée et validée entre fromage et dessert par nos énarques parisiens », s’est agacé Paul-André Keller.

Pour autant, le président de l’Uphoral réfléchi, avec d’autres, à l’avenir. « La signature prochaine d’une convention de partenariat avec Alsace Destination Tourisme et la filière horticole est un bel exemple de travail de lobbying, mais également de force positive. Il ne s’agit pas de refuser de voir les difficultés, mais de les appréhender de manière positive et active », a ajouté Paul-André Keller qui invite les professionnels à se mobiliser dans l’action syndicale.

Promouvoir l’apprentissage

Cette action passe par le soutien et la promotion de l’apprentissage dans la filière horticole. Un état des lieux a été effectué lors de cette assemblée générale sur la période 2000 à 2016. Il apparaît que les apprentis alsaciens représentent un tiers des apprentis de la région Grand Est. « Malgré la présence de nombreux centres de formation, il apparaît tout de même qu’en seize années, il y a une baisse du nombre d’apprentis dans l’horticulture, mais également des entreprises qui prennent des apprentis. Il y a pourtant en Alsace une volonté de développer l’apprentissage », observe Paul-André Keller. En 2015-2016, les contrats d’apprentissage en horticulture représentaient 15 % du total contre 14,5 % en 2016-2017, soit 532 contrats.

Les filières, diplômes et formations existants en Alsace ont ensuite été présentés, tout comme les incidences de la loi travail. Un bilan a également été réalisé, sur l’année 2015, pour le fonds de mutualisation sanitaire et environnementale (FMSE). « Il compte une section horticulture-pépinière depuis 2015 grâce à la mobilisation de la fédération nationale. Il permet ainsi une mutualisation de fonds professionnels et publics pour indemniser des pertes liées à des risques sanitaires et environnementaux. Et sans attendre, la section s’est mise au travail et a permis l’indemnisation de plusieurs producteurs impactés par des pertes en 2014 », a précisé Paul-André Keller. L’assemblée générale s’est ensuite poursuivie avec des informations sur les pôles de la fédération nationale en matière d’environnement et de protection des végétaux, sur le guide de la vente directe et sur la formation.

AEB France

Les innovations et les enjeux du secteur viticole

Vigne

Publié le 04/10/2016

Le thème abordé par AEB France lors de la foire aux vins de Colmar était lié à une problématique technique d’actualité. Depuis de nombreuses années en effet, la teneur en alcool des vins a tendance à augmenter (+ 2 % en 20 ans). Du coup, il y a eu une évolution des techniques de vinification. Avec le changement climatique, la récolte de baies à maturité donne des vins concentrés aux arômes plus expressifs. Une situation cependant préoccupante pour la filière viticole, car cela entraîne des modifications sur la typicité des vins. De plus, les habitudes de consommation ont fortement évolué et le marché actuel s’oriente davantage vers des vins à teneur modérée en alcool. « Réduire la teneur en alcool des vins reste un objectif prioritaire pour tous les protagonistes de la filière », estime-t-on chez AEB France.

Pour y parvenir, la société a présenté une nouvelle levure nommée Alcomeno. C’est une souche de levures non-saccharomyces issue d’un programme de recherche sur l’écologie microbienne. Cette sélection issue de différents terroirs de Bourgogne a été menée en collaboration avec l’Université de la vigne et du vin (UVV) de Dijon. Elle appartient à l’espèce Kluyveromyces thermotolerans, souche de levure naturellement présente sur la baie de raisin qui participe, dès la phase de pré-fermentation alcoolique, à la complexité organoleptique du vin. « Son métabolisme entraîne une production importante d’acides organiques tel l’acide lactique et permet ainsi d’apporter au vin de la fraîcheur et de l’équilibre en bouche. Cela se traduit par une augmentation nette de l’acidité totale et une diminution du pH du vin », ajoute-t-on chez AEB France. Au niveau analytique, les vins fermentés avec cette levure se différencient par un rendement fermentaire en alcool plus faible et une augmentation d’acide lactique. Ces variations biochimiques dépendent du cépage, des conditions climatiques et de la qualité de l’implantation de la levure dans le moût.

Éviter le sulfitage

La conférence a également porté sur la problématique de la réduction d’emploi du SO2 dans un itinéraire technique en matière de bioprotection. Le principe est le suivant. Il s’agit d’implanter le plus rapidement possible des micro-organismes d’intérêt œnologique pour occuper la niche écologique et enrayer le développement des micro-organismes indigènes non désirés. Il faut le faire le plus tôt possible sur la vendange. Les objectifs techniques sont de vouloir limiter le temps de non-protection des raisins et du jus, mais également de ne pas sulfiter la vendange. Cet itinéraire technique appelé PrimafloraR évite précisément le sulfitage. Son utilisation limite la combinaison du SO2 en fin de fermentation alcoolique, empêche la sélection des souches résistantes au SO2. Par ailleurs, la bioprotection maintient la complexité des vins et la qualité aromatique. Il y a alors moins de production de H2S et les systèmes enzymatiques naturels sont préservés. Cette biomasse spécifique apporte alors du gras et de la complexité. Contrairement au SO2 solvant, PrimafloraR ne participe pas aux extractions d’amertumes, de goût de végétaux et dans le cas d’une vendange altérée, de goût de pourri.

Le nouveau bouchon Zest

La dernière partie de la conférence a permis de présenter un nouveau bouchon pour les vins effervescents appelé Zest. Il a été présenté comme le premier bouchon pour vin pétillant neutre en carbone. Récompensé aux trophées de l’Innovation du Simei à Milan en Italie en novembre 2015, il est le fruit d’un travail d’ingénierie précis et minutieux visant à résoudre les problèmes persistants auxquels sont confrontés bon nombre de producteurs aujourd’hui. Il est fabriqué à l’aide de la technologie Plantcorc® : matière première à base végétale issue de ressources renouvelables dérivées de la canne à sucre. Il a été conçu par la même équipe de chercheurs que celle qui a créé le Select® Bio, le premier bouchon neutre en carbone. Zest élimine le risque de TCA (trichloroanisole) et possède des performances œnologiques optimales qui protègent les arômes et la couleur des vins pétillants délicats.

Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla)

Un partenariat avec Sodexo

Vie professionnelle

Publié le 03/10/2016

Sodexo, société de restauration, cherche à valoriser la production locale des fruits et légumes d’Alsace. « Dans l’objectif de vous soutenir dans votre démarche d’optimisation de vos approvisionnements en produits locaux, l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace souhaite développer un partenariat fort et vous propose donc le « Contrat fruits et légumes d’Alsace ». Ce contrat a pour vocation de pérenniser la relation entre l’Ifla et Sodexo de manière durable et de vous appuyer dans plusieurs domaines (communication, volumes, expertise, etc.), en tant qu’acteur à part entière de la filière fruitière et légumière alsacienne. Nos conseillers, Sara Guntz et Yannick Wir, vous accompagneront afin de travailler en trinôme avec vos grossistes pour développer les volumes de fruits et légumes issus de notre filière. Mais également pour développer avec vous des supports de communication adaptés à vos besoins en restaurant, dans la représentation de la filière fruits et légumes d’Alsace lors de vos événements ou encore dans le suivi du respect par vos responsables de sites des directives de communication, en passant régulièrement faire le point avec eux, en les guidant dans la communication, et en vérifiant la bonne utilisation du logo Fruits et Légumes d’Alsace », a indiqué Pierre Lammert, le président de l’Ifla. Pour sa part, Guillaume Keller, responsable opérationnel achats chez Sodexo, s’est félicité de ce partenariat.

Fruits et légumes d’Alsace

Plus près, plus frais, plus vrai

Cultures

Publié le 24/09/2016

L’idée est simple : proposer dans un même lieu, un espace d’exposition permettant à tous les acteurs du commerce des fruits et des légumes que sont les producteurs, les grossistes et les distributeurs, de se rencontrer pour échanger sur leur métier. « L’origine locale des produits, le raccourcissement des circuits de distribution, la démarche qualité engagée par les producteurs sont autant de déclencheurs d’actes d’achat demandés par les consommateurs. Nous avons donc pensé qu’il était pertinent de compléter notre action au quotidien en proposant une telle manifestation. Il y a ici une cinquantaine de producteurs régionaux qui présentent leur production et qui peuvent échanger, dialoguer et mieux se faire connaître auprès des distributeurs et des grossistes. Ce salon interprofessionnel complète d’autres manifestations comme, par exemple, le salon « Saveurs et soleil d’automne » dont la huitième édition aura lieu en 2017, vraisemblablement une nouvelle fois ici à Sélestat », explique le président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), Pierre Lammert.

Une initiative de la profession saluée par le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), Laurent Wendlinger. « La filière des fruits et des légumes en Alsace est une petite filière qui est cependant riche par la qualité de ses professionnels. Ce relationnel entre les producteurs, les commerçants et les distributeurs, c’est la marque de l’interprofession. Elle est une vraie réussite. Un exemple qui doit être suivi pour toute la région Grand Est. Il y a encore de la place en Alsace pour développer cette filière. Il y a un potentiel de consommateurs importants. Ce type de salon doit servir à l’avenir. Au niveau de notre nouvelle grande région, cela a été bien compris. La filière fruits et légumes fait l’unanimité au niveau des décisions politiques. Un budget de 400 000 euros doit ainsi être validé par la commission permanente pour vous soutenir afin de préserver cette dynamique. »

Des contacts directs

Dans les allées des Tanzmatten, Boris Wendling, chef de groupe chez Auchan, vice-président de l’interprofession et président de l’Association de la grande distribution qui regroupe onze enseignes, n’a pas caché sa satisfaction de la réussite de cette journée. « Elle nous engage et nous permet d’être avec les producteurs pour échanger en amont par rapport à tout ce que la production réalise. Cela permet de construire avec eux une relation commerciale pérenne, de nous ouvrir, de construire des liens, de conforter nos relations et de préparer l’avenir. Cela conforte également les efforts réalisés pour mettre en avant les fruits et les légumes alsaciens dans les rayons de nos magasins. Cela montre aux consommateurs un savoir-faire régional et favorise un circuit court. Il y a actuellement une vraie volonté des enseignes de faire profiter des produits locaux. D’autant plus qu’il y a de plus en plus de consommateurs qui veulent acheter local. L’Alsace est une réponse à cette attente. »

Toute la journée, les professionnels se sont donc rencontrés pour échanger dans un cadre convivial et tisser des liens. Des échanges commerciaux qui ont permis de découvrir des produits et le savoir-faire des professionnels autour des stands des producteurs de fruits et légumes d’Alsace, mais également de mieux comprendre les demandes des distributeurs et des grossistes. Au cœur des Tanzmatten, le stand de Dany Schmidt, producteur bio à Volgelsheim, a été bien mis en valeur. « Je suis tout d’abord là car je suis membre de l’interprofession. Ensuite, nous cherchons évidemment à développer encore davantage l’agriculture biologique en Alsace et donc la commercialisation de nos produits dans les différentes enseignes. Il est donc logique d’être présent. Cette manifestation est très intéressante. Les contacts sont bons et les gens sont intéressés. » Joël Reisz, de l’EARL du même nom à Traenheim, partage le même point de vue. « Je suis venu pour présenter ma production et pour voir les acheteurs. Cette manifestation est pertinente pour moi car elle me permet de rencontrer des gens que j’ai d’habitude au téléphone. Le contact direct, c’est important et, souvent, bien plus décisif dans les échanges commerciaux. »

Un cas unique

Un salon réussi également pour Christian Frauel, commercial pour la France de la coopérative fruitière d’Oberkirch en Allemagne. « Nous tenions à être présents car huit de nos adhérents sont Alsaciens et l’un d’entre eux est au conseil d’administration de la coopérative. Nous faisons 50 000 tonnes de fruits dont 2 000 t viennent d’Alsace. Actuellement, les échanges commerciaux évoluent. Il faut être toujours plus réactif. On reçoit, par exemple, des commandes à 13 h et il faut être en capacité de les livrer le lendemain matin. Il est donc important de rencontrer nos clients et distributeurs pour qu’ils comprennent notre mode de fonctionnement. »

Dans l’après-midi, Jean Harzig, rédacteur en chef de la revue Végétable a tenu une conférence. Il a salué l’organisation de la filière des fruits et légumes en Alsace. « Un cas unique qui marche alors que tous nos métiers sont bousculés dans leurs relations économiques et commerciales. » Jean Harzig a insisté sur la nécessité de relocaliser la filière alimentaire française car la proximité est une valeur en pleine croissance. « Tous les circuits courts sont demandeurs. Pour y parvenir, il faut donner des compétences accrues aux régions administratives et relier agriculture, alimentation et culture. Il faut apporter de vraies garanties en matière de qualité et de sécurité sanitaire, et surtout répondre aux demandes des consommateurs localement. Il faut sortir des logiques de masse et apporter du professionnalisme dans ces échanges commerciaux. Cela passe par de la formation, mais aussi par l’innovation. » Jean Harzig évoque la nécessité d’aller vers une agriculture plus solaire et de s’intéresser au « Agtech » qui intègre le numérique et les automates. Sans oublier l’innovation commerciale avec l’essor du bio, des enseignes de circuit court comme La Ruche qui dit Oui, des magasins paysans et pourquoi pas, dans le futur, le recours à des entreprises électroniques comme Amazon ou Uber. « En conclusion, il faut sortir l’agriculture et l’alimentation de leur image minière et industrielle. Il faut également revaloriser le rôle nourricier d’une agriculture porteuse de sens. »

La dernière partie de la journée a été consacrée à la remise des prix du concours d’étalage en présence de Delphine Wespiser. L’occasion d’honorer notamment le U Express Greif à Strasbourg dans la catégorie des superettes, le Simply d’Obernai pour les supermarchés, le Leclerc d’Erstein pour les hypermarchés et Verexal d’Obernai pour les magasins de producteurs.

Vendanges 2016

Le crémant pour commencer

Vigne

Publié le 14/09/2016

L’entreprise s’est lancée dans la production de crémant en 1981. « À l’époque, mon père avait fait des stages en Champagne où nous avons de la famille. Nous avons observé cette manière de travailler et de faire des bulles. C’est de là qu’est venue l’idée de faire du crémant », explique Étienne Dreyer. La production stagne jusqu’au début des années 1990 où les ventes et la production prennent davantage d’ampleur au fil des ans. À partir du début des années 2000, le crémant devient un produit important avec de fortes ventes. « Nous avons profité de la notoriété grandissante du crémant d’Alsace. Nous avons également proposé un produit de qualité. Et nous avons su innover. Depuis l’année passée, notre crémant issu de raisins récoltés sur le Kaefferkopf est un assemblage de quatre cépages autorisés, le gewurztraminer, le riesling, le pinot gris et le muscat. Aujourd’hui, le crémant représente environ 15 % de la production totale de l’entreprise. Le crémant d’Alsace est devenu un produit anti crise », ajoute Étienne Dreyer.

Environ 2 700 bouteilles de crémant rosé

Que ce soit pour le crémant ou l’ensemble de l’appellation Alsace, les trois dernières vendanges ont été difficiles. Les stocks ont baissé. « L’année passée, j’ai vendangé le 31 août. Mais, les premiers relevés indiquaient plus de 12 °. C’était trop tard pour faire du crémant rosé. Du coup, mon stock va me permettre de tenir jusqu’à Noël. Pour le crémant blanc, la situation est plus favorable. Je compte sur cette récolte 2016 pour inverser la tendance », note Étienne Dreyer. Depuis quelques jours, le viticulteur est bien plus serein. Avec un professionnel de Dorlisheim et un autre de Bergheim, il a pu vendanger son pinot noir dédié au crémant rosé dès le mercredi 7 septembre. « Les mesures fin août indiquaient déjà 10,6 ° et je l’ai finalement vendangé à 10,9 °. Au début, j’étais sceptique sur la qualité. J’ai rapidement été rassuré. J’ai fait un rendement de 76 hl/ha, tout proche du taquet. C’est donc de bon augure pour la suite. La qualité est là. Certes, c’est sec. Mais le fait qu’il fasse beau empêche le développement de la pourriture. Mes raisins sont ultra-sains », observe Étienne Dreyer qui se souvient que l’année passée, l’ensemble de la production du domaine atteignait un rendement moyen de 45 hl/ha. Les débuts sont donc positifs. La récolte du 7 septembre va lui permettre de réaliser environ 2 700 bouteilles de crémant rosé.

Reconstituer les stocks

Pour le crémant blanc, la récolte devait démarrer mercredi 14 septembre sur deux demi-journées. « Hier, mardi 12 septembre, j’ai mesuré les raisins à 10,3 °. J’estime donc que ce sera vendangé à 10,5 °. Je vais travailler avec mon équipe de douze vendangeurs mercredi après-midi et jeudi matin, juste avant l’arrivée de la pluie annoncée jeudi après-midi. Mon objectif est d’arriver à faire 7 200 bouteilles. Cela va me permettre de reconstituer mes stocks et de faire une belle récolte. Cela va faire du bien financièrement à l’entreprise et nous permettre d’investir à nouveau », indique Étienne Dreyer qui vend également un peu de raisin et, s’il le faut, du vrac. Concernant les vendanges pour le reste de l’appellation Alsace fixées au 22 septembre, il se donne un moment de réflexion. « Après le crémant, je vais laisser passer le week-end avant certainement de faire des prévendanges pour le pinot noir trois ou quatre jours avant la date officielle. Je sais que ce cépage est bien en avance. Pour l’heure, l’état sanitaire de mes parcelles est bon », conclut Étienne Dreyer.

Association des viticulteurs d'Alsace

Les vendanges dès le 12 septembre

Vigne

Publié le 07/09/2016

Outre les maladies du bois et la détection de la cicadelle Scaphoideus titanus, vecteur de la flavescence dorée à Turckheim (lire en encadré), le président de l’Ava, Jérôme Bauer, a rappelé les difficultés auxquelles doivent faire face les professionnels depuis quelques mois. Des difficultés liées aux conditions météorologiques avec, notamment, la pluie du printemps jusqu’à mi-juillet. « Certaines exploitations ont subi de lourdes pertes. Les attaques de mildiou ont été très fortes. Cela nous a amenés à demander une reconnaissance du vignoble en catastrophe naturelle. Non pas pour bénéficier de soutien financier, mais pour ouvrir la possibilité d’achat de raisin par les vignerons récoltants lourdement touchés ».

Si la recherche scientifique en matière de protection de la vigne est importante, Jérôme Bauer estime également qu’une partie des solutions doit venir de la base, de la viticulture elle-même, qui détient une véritable expertise du terrain. « Cette approche, différente de la recherche scientifique pure, avec une remontée des savoirs des vignerons, en collaboration étroite avec des méthodes scientifiques, serait un plus au niveau régional », souligne le président de l’Ava qui cite en exemple le projet « Repère » (lire en encadré). Et d’insister. « La viticulture alsacienne ne doit pas rester en attente de solutions toutes faites, clefs en main. Nous devons nous prendre en main. Nous, vignerons, sommes les techniciens qui devons diriger la manœuvre. Pas n’importe comment, mais en suivant une démarche scientifique. Ce travail doit se faire en complément de ce qui se fait actuellement en termes de recherche et de développement. La production doit être pilote des opérations. J’estime que c’est elle la plus légitime. Mais ce travail doit se faire en collaboration étroite avec toutes les forces vives qui possèdent des compétences (Civa, Chambre d'agriculture, IFV, Inra, universités…). Nous avons besoin d’une reconnaissance de nos travaux et d’un accompagnement financier de la région. Il nous faut des réponses et des concrétisations rapides ».

« Restons raisonnables »

Après trois petites récoltes, les viticulteurs alsaciens fondent tous leurs espoirs sur le millésime 2016. Pour l’heure, les situations dans le vignoble sont assez disparates. L’estimation de récolte (900 000 hl en Alsace tranquilles et 280 000 hl en crémant, soit une hausse qui dépasse les 19 % par rapport à l’an passé), malgré les pertes liées au mildiou et aux maladies du bois est, pour l’heure, plutôt favorable. « Le conseil d’administration de l’Ava a donc décidé de proposer à l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao) une augmentation de rendement à 83 hl, moyenne d’exploitation en blancs et en crémant. Le souhait du conseil est de laisser les butoirs des gewurztraminers, pinot gris et riesling à 80 hl. Mais restons raisonnables dans notre demande afin qu’elle soit acceptée par le Crinao et par le comité national de l’Inao. N’allons pas trop loin », a insisté Jérôme Bauer. Il a également prévenu que cette augmentation de rendement ne devait pas être assortie par les entreprises d’une baisse du prix du raisin ou d’une baisse significative du cours des vins en vrac. Un tel cas de figure rendrait compliqué de reproposer une éventuelle augmentation de rendement. Il a évoqué le cas du riesling. « Son rendement maximum possible ne doit plus être traité en mesure conjoncturelle. Il y va du statut de ce cépage en tant que cépage noble et de son prix. Il ne pourra pas être considéré et payé comme tel s’il continue de servir de variable d’ajustement. Que sont 3,5 % en volume au regard d’un risque de ratatinement du prix de 30 % ? », s’interroge Jérôme Bauer. Un peu plus tard, l’assemblée générale a approuvé les conditions de productions proposées par le conseil d’administration de l’Ava, en augmentant, à une large majorité des membres présents l’enrichissement de 1,5 ° (au lieu de 1 °) pour le chasselas, le sylvaner, le pinot blanc, le pinot, l’auxerrois, le muscat et le riesling et de 1 ° (au lieu de 0,5°) pour le pinot gris et le gewurztraminer. Pour les propositions syndicales des prix des raisins, il a été approuvé une augmentation de 4 %, sauf pour le riesling où il a été proposé une hausse de 6 %.

Ras-le-bol de l’affaire Albrecht

Jérôme Bauer a profité de l’assemblée générale pour évoquer l’affaire Albrecht. L’occasion de pousser un véritable cri de colère. « Je suis très agacé par l’avancée, si toutefois on peut considérer qu’il y ait une avancée, de cette affaire. Depuis 2012, toujours rien de concret. De report en report. On nous a promis début 2016, puis juillet, et maintenant décembre. Je vais vous donner le fond de ma pensée. Le temps passe et j’ai la vague impression que l’on souhaite enterrer cette affaire. Le notable bénéficierait-il d’une quelconque immunité ? Serions-nous traités de la même manière ? La justice serait-elle défaillante ? Des questions qu’il est légitime de se poser. J’en ai ras-le-bol ! Je vous ai promis de porter ce dossier jusqu’au bout et c’est ce que je compte faire. Si nous devons en passer par une action « coup de poing », à la manifestation publique forte ou autre, nous le ferons. J’ai toujours appelé au calme les vignerons lésés. Mais, sans avancées concrètes avant la fin de l’année, peut-être devrons-nous changer de stratégie, et monter le ton. Nous ne laisserons pas tomber tant que la lumière ne sera pas faite sur cette affaire. Nous restons déterminés. Si nous devons muscler notre action, nous le ferons ! J’en appelle donc au bon sens du procureur pour activer les choses et mettre les moyens nécessaires sur ce dossier qui devrait être prioritaire au vu de son ampleur et du nombre de victimes. Rappelons que dans l’affaire Albrecht, la mise en examen concerne les faits de banqueroute, dissimulations, manœuvre frauduleuses, tromperie, et j’en passe, pour 130 entreprises viticoles concernées et 15 millions d’euros (M€) ».

Pré-vendanges sur Ammerschwihr, Bergheim et Châtenois

Le point principal de l’assemblée générale a concerné l’ouverture des vendanges 2016. Un tour des sous-régions a été effectué. Dans le secteur de Wintzenheim, on constate, par exemple, du stress hydrique sur certains terroirs et une mortalité importante des pieds de vignes, mais également, sur d’autres terroirs, des raisins bien gonflés et juteux. Cette forte disparité est la même du côté de Colmar et de Kaysersberg. La région de Barr a, elle, beaucoup souffert avec un gros déficit qui s’explique par le gel et le mildiou. Le phénomène est encore plus important du côté de Molsheim avec un cumul de gel, de grêle, de brûlure, de mildiou et maintenant de sécheresse. Chacun des représentants des sous-régions a proposé des dates. Et, comme chaque année, Jérôme Bauer en a fait une synthèse. Cette dernière l’a conduit à proposer la date du lundi 12 septembre pour ouvrir les vendanges du crémant. Un vote unanime a suivi. Le débat a été plus important sur la date de vendange pour l’ensemble de l’appellation. Ce sera finalement le jeudi 22 septembre. Mais dès le jour de l’assemblée générale, il y avait déjà des demandes de pré-vendanges. À commencer par les communes d’Ammerschwihr, de Bergheim et de Châtenois.

Concernant les vendanges tardives, suite aux dysfonctionnements observés l’an passé, une remise à plat a été effectuée. La procédure à suivre a été rappelée : « Nous vous demandons de faire constater quand vous êtes certains de vous, afin d’éviter de déplacer les agents pour rien. Quoi qu’il en soit, le coût des constats est désormais de 50 € et non plus 50 € pour cinq constats comme avant », annonce le responsable de l’opération, Pierre Heydt-Trimbach.

Domaine Dopff Au Moulin à Riquewihr
 

La fête des 40 ans de l’AOC Crémant d’Alsace

Vigne

Publié le 25/08/2016

Le 24 août 1976, le décret définissant l’appellation d’origine contrôlée « Crémant d’Alsace » était publié. 40 années plus tard, jour pour jour, le domaine Dopff Au Moulin à Riquewihr a tenu à fêter cet anniversaire. L’occasion pour Etienne-Arnaud Dopff à la tête de l’entreprise familiale, de retracer toute l’histoire en présence de nombreux représentants du monde viticole alsacien, de partenaires du domaine et des collaborateurs de Dopff Au Moulin. Auparavant, le président du syndicat viticole de Riquewihr, Yvan Engel a tenu à saluer l’histoire de l’entreprise. « La viticulture alsacienne doit beaucoup à cette maison pour le développement du crémant d’Alsace. Ce dernier constitue aujourd’hui une véritable bouffée d’oxygène pour le vignoble et ses entreprises ». De son côté, le président du conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (CIVA) Didier Pettermann a salué ce parcours familial. « Vous avez contribué à la naissance et à la croissance de l’appellation et qui connaît un taux de croissance qui dépasse les 5 % par an ». Enfin, le président du syndicat des Crémants d’Alsace et élu régional Jacky Cattin a rappelé qu’il venait « dans une entreprise qui est une référence historique et une marque en Alsace, mais également en Europe et dans le monde. Avec 35 millions de bouteilles vendues, le crémant d’Alsace est devenu une référence. Et il y a encore une marge de progression possible ».

La valorisation, la qualité, l’identité

Étienne-Arnaud Dopff a ensuite rappelé le contexte historique de l’entreprise et du crémant d’Alsace. Le domaine est situé au cœur de la région des grands crus en Alsace avec un vignoble de 70 hectares. Aujourd’hui, la 13e génération, menée par Etienne-Arnaud Dopff poursuit une histoire démarrée en 1574 qui se confond étroitement avec celle de la commune de Riquewihr. Attachée à préserver et développer l’art vigneron, la famille Dopff a toujours eu une influence importante sur la viticulture alsacienne. « Au début du XXe siècle, Julien Dopff découvre lors de l’Exposition Universelle de Paris une démonstration pratique de la « Méthode champenoise ». Profitant d’un climat favorable, d’un terrain propice et de la fraîcheur naturelle du pinot blanc, il décida de l’appliquer aux vins d’Alsace. Ce fut un succès… et le début de la belle aventure du Crémant d’Alsace ! Il récidiva en 1913 en ayant le premier l’idée de commercialiser le vin dans une bouteille en forme de flûte, qui est aujourd’hui encore le signe distinctif de l’élégance du vin d’Alsace », a rappelé Etienne-Arnaud Dopff. S’en suivie une période faste de croissance pour l’entreprise et le crémant d’Alsace. Ce 40e anniversaire a également permis de rendre hommage à Pierre Dopff décédé en avril 2015. C’est lui qui, en 1974, a fondé l’actuel syndicat des producteurs de crémant d’Alsace, qu’il présidera jusqu’en 1999. Il fondera, sept ans plus tard, la Fédération nationale qui regroupe aujourd’hui les appellations d’Alsace, de Bordeaux, de Bourgogne, de Die, du Jura, de Limoux, de la Loire et de Savoie sans oublier le crémant du Luxembourg. Etienne-Arnaud Dopff a également rappelé tous les faits historiques de l’entreprise et du développement du crémant. « Aujourd’hui, le crémant d’Alsace se porte bien. Il est à l’âge de la maturité et à tous les atouts pour encore se développer. Néanmoins, dans un contexte mondialisé, la concurrence est là. Ne baissons pas la garde et protégeons notre appellation car nous sommes en face d’autres appellations qui ont des moyens de communication importants sur le marché mondial. Quoi qu’il en soit, notre développement se fera par la valorisation, la qualité et notre identité », a conclu Etienne-Arnaud Dopff.

Une cuvée hommage

Et à l’occasion de cet anniversaire, la famille Dopff a présenté une cuvée spéciale éditée à 824 exemplaires (8 comme le mois et 24 août comme le jour) numérotés en coffret bois. « Il s’agit d’une cuvée hommage composée de pinot blanc et de chardonnay issus du domaine familial, après 38 mois sur lattes », a précisé Étienne-Arnaud Dopff qui invite le public à venir découvrir cette cuvée lors de la fête des vendanges organisée au domaine samedi 27 août dès 11 h et dimanche 28 août jusqu’à 18 h. Au programme : dégustations des vins et crémants de la Maison Dopff au Moulin avec conseils d’œnologues, découverte de produits locaux à travers le marché des commerçants, restauration originale avec un sanglier à la broche et les traditionnelles tartes flambées, proposées par les associations de Riquewihr. Des animations pour les enfants, balades et dégustations dans le vignoble sont également proposées tout le week-end.

 

69e foire aux vins d’Alsace de Colmar

Si le vin manque, il manque tout

Vigne

Publié le 09/08/2016

Invité d’honneur de l’inauguration de la 69e foire aux vins d’Alsace, le chef trois étoiles de l’Auberge de l’Ill à Illhaeusern, Marc Haeberlin, a souligné l’importance de l’événement « pendant cette période sombre ». Avec un élan d’optimisme, tandis que des signes d’embellie pointent dans l’horizon économique. Plus à l’aise, de son propre aveu, derrière les fourneaux que devant un micro, Marc Haeberlin a rendu un hommage émouvant et sincère à la manifestation et à l’art de vivre à la française.

« L’obscurantisme ne triomphera pas, au pays de la gastronomie, de la table et des vins. Nous avons encore plus besoin de nous retrouver et de faire la fête, pour prouver à ces lâches et à ces abrutis que la vie est belle, et qu’elle continue. Cette foire aux vins rassemble tout ce qu’il y a de plus beau dans le terroir alsacien, et bien sûr tous les grands vignerons : nos cépages alsaciens peuvent s’allier à toutes les cuisines, traditionnelles, contemporaines ou exotiques. Oui, la foire aux vins est comme un restaurant, qu’elle soit belle et festive, alors bon appétit et large soif ! Mais avec modération. » Des propos enthousiastes qui ont évidemment ravi l’assemblée.

Une méthode d’élaboration rigoureuse

Le nouveau président du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), Didier Pettermann, a profité de cette inauguration pour faire un tour d’horizon de l’actualité viticole. Il a salué le 40e anniversaire de l’AOC crémant d’Alsace, une appellation qui a profondément bouleversé la physionomie de la filière. « Dans les années 1970, l’Institut national de l’appellation d’origine (Inao) souhaitait clarifier l’offre des vins effervescents pour faciliter l’émergence des productions d’AOC. Le choix s’est porté sur le terme « crémant » pour qualifier l’ensemble des AOC qui accepteraient de se ranger sur une méthode d’élaboration rigoureuse, comprenant à la fois le pressurage du raisin entier, la limitation du taux d’extraction de la vendange, et la deuxième fermentation en bouteille. Il se trouve qu’à cette époque, l’Alsace faisait preuve d’une belle antériorité dans le domaine des effervescents, puisqu’une maison célèbre s’était lancée dans cette belle aventure dès l’aube du 20e siècle ». Les volumes représentent désormais 27 % de l’ensemble de la production régionale. Ce qui assure au crémant d’Alsace une position de leader incontesté dans la famille des crémants.

Le président du Civa a également évoqué la clarification de la loi Évin au cours de cette année 2016 et la réussite de nombreux événements qui témoignent de l’attractivité du vignoble alsacien comme, par exemple, le slowUp du dimanche 5 juin, le salon Millésimes Alsace le 13 juin ou encore le Marathon du vignoble d’Alsace qui, petit à petit, devient une référence. Concernant la situation économique, Didier Pettermann se veut optimiste malgré les difficultés. « Durant ces trois dernières années, la nature n’a pas été très généreuse avec notre vignoble avec trois petites récoltes très en dessous des besoins de nos marchés. Nous connaissons les prévisions de récolte 2016. Elles nous laissent espérer le retour à la normale. Mais, la saison viticole n’est pas terminée et certains secteurs ont souffert de l’excès d’eau durant ce début d’année. Et comme disait mon grand-père, nous ne pourrons nous faire une idée de la récolte que lorsque nous l’aurons en cave. » Il a également relevé la qualité du millésime 2015 que certains n’hésitent pas à qualifier de « millésime du siècle ». Parallèlement, les ventes à l’export progressent (+ 6,7 %) depuis le 1er janvier sur l’ensemble des pays tiers. « Cette évolution positive sur les marchés lointains mérite d’être soulignée car s’ils représentent encore des volumes relativement modérés, ils montrent un intérêt croissant pour les vins d’Alsace qui sont d’ailleurs mieux respectés et valorisés sur ces marchés. Cela doit nous encourager à poursuivre l’effort de communication engagé dans ces pays avec le soutien du budget européen depuis 2009 », a ajouté Didier Pettermann.

Une meilleure valorisation des vins d’Alsace

Le président du Civa a profité de la tribune pour insister une nouvelle fois sur la nécessité de repenser la stratégie collective de la filière viticole. Il avait déjà tenu ces propos lors de son élection, en appelant les professionnels à être unis pour faire progresser les vins d’Alsace. « Cela doit nous permettre d’avancer sur différents sujets de préoccupation comme, par exemple, la recherche d’une meilleure valorisation des vins d’Alsace. Pour y parvenir, nous devons définir, ensemble, notre identité, améliorer la lisibilité de notre gamme extraordinairement riche de diversité, créer de la valeur en promouvant la qualité des vins et leur image. Nous devons également conforter la recherche et le développement pour la mettre au service de nos préoccupations prioritaires : préserver la santé du vignoble, préparer l’avenir avec du matériel végétal parfaitement adapté, poursuivre notre orientation de développement qualitatif des vins d’Alsace. Nous devons également nous engager sur le plan national pour mettre nos moyens en synergie avec ceux des autres vignobles comme nous le faisons avec le Comité national des interprofessions vinicoles (CNIV) et avec le soutien de FranceAgriMer sur le plan national de lutte contre les dépérissements ! »

Et d’insister sur la nécessité de renforcer l’accompagnement des entreprises dans leurs choix économiques, faciliter la dynamique de mise en marché, et notamment d’export, et redynamiser le marketing et la communication autour des vins d’Alsace. « Il faut partir de notre ADN, de ce que nous sommes et surtout de ce que nous voulons être. Ce message doit être perceptible dans chaque affiche, dans chaque encart presse. Il doit être une vraie ligne conductrice de notre stratégie à long terme. Et nos metteurs en marché doivent se l’approprier sur leurs propres outils. Le vin d’Alsace est le fleuron de notre patrimoine régional. Il est une composante majeure de notre économie, créateur de richesse et d’attractivité pour le territoire alsacien », a-t-il conclu.

Promouvoir une filière ambitieuse

La foire aux vins d’Alsace de Colmar peut aider la profession viticole et agricole à se promouvoir. Une filière qui est au cœur de l’activité économique de la région comme l’a rappelé Christiane Roth, présidente de Colmar Expo et de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) du Centre Alsace. « Ce rendez-nous revêt cette année une importance particulière, car il témoigne également, dans le contexte sécuritaire national, de notre volonté de maintenir des événements festifs et de continuer nos activités sociales et économiques, en prenant toutes les mesures de sécurité nécessaires. Certes, le chômage reste trop élevé en Alsace, à plus de 9 %, malgré une stabilisation ces douze derniers mois. Mais les tendances pour les prochains mois sont plutôt positives, tant sur le chiffre d’affaires que sur le carnet de commandes ou l’emploi. Les créations d’entreprise ont rebondi de manière significative au cours du premier trimestre 2016 : + 10 % dans le Haut-Rhin et + 26 % dans le Bas-Rhin, grâce au plan de revitalisation à Colmar et dans ses environs, 34 entreprises ont été soutenues et 400 emplois sont en passe d’être créés. Mais, seuls les investissements ne suivent pas ces tendances car les chefs d’entreprise se montrent encore prudents même si les projets sont nombreux dans le Centre Alsace ». De son côté, le maire de Colmar, Gilbert Meyer, a salué ces améliorations économiques, et notamment sur Colmar. Il a estimé que « si la foire aux vins pouvait paraître en décalage par rapport aux attentats ailleurs en France, il faut continuer à aller de l’avant. Car oui, c’est toujours un grand moment d’être présent ici. Il faut continuer de promouvoir cette filière viticole ambitieuse, d’excellence, dans une démarche collective, de proximité et d’authenticité ».

350 exposants et une nouvelle reine des vins d’Alsace

Sur cette note d’optimisme, la 69e foire aux vins d’Alsace a été inaugurée après la traditionnelle passation de « pouvoir » du trio royal. La cape a été remise à la nouvelle reine des vins d’Alsace, Mathilde Fleith, de Beblenheim. Près de 350 exposants et presque autant d’animations attendent les visiteurs en onze jours d’ouverture. Une bonne trentaine d’entre eux sont présents pour la première fois comme le viticulteur Damien Schueller d’Husseren-les-Châteaux. Les vins d’Alsace restent les « stars » de l’événement tout comme les entreprises agricoles qui sont présentes au cœur d’un parc agricole toujours plus agréable. Et comme l’a souligné, Christophe Crupi, directeur des foires et salons, « si le vin manque, il manque tout ».

Fête du vin et de la gastronomie à Ribeauvillé

Sous le signe du saké

Vigne

Publié le 08/08/2016

La 88e édition de la foire aux vins de Ribeauvillé s’est voulue diversifiée et ouverte à toutes les sensibilités. Samedi 23 juillet après-midi, Romain Iltis, meilleur sommelier de France en 2012 et chef sommelier à la Villa Lalique à Wingen-sur-Moder, a proposé une dégustation commentée de vins, intitulée « Les rouges d’Alsace ». Dégustation très suivie par le public. « Il me tenait à cœur de parler des vrais vins rouges d’Alsace, qui sont à l’image de l’évolution d’un vignoble. On revient ainsi vers un passé qui fut très riche », a-t-il expliqué.

Et après les vins, les sakés. En début de soirée, huit producteurs japonais ont fait découvrir leurs produits. « La principale matière première du saké est le riz. Dans notre pays, il est considéré comme le produit agricole le plus important, il constitue l’aliment de base et occupe une place fondamentale dans notre culture. Le saké est, lui, apprécié depuis plus d’un millénaire. La façon dont on le consomme varie selon les saisons et les coutumes locales. La production du saké débute après la récolte de riz en automne et se poursuit par la fermentation pendant les jours froids d’hiver. De sorte à être prêt pour célébrer l’arrivée des fleurs de cerisiers au printemps », a précisé un producteur japonais lors de cette dégustation.

Cook show

Dimanche, après l’apéritif concert animé par l’orchestre folklorique Les Wiemeckla, la journée s’est poursuivie avec un cook show sur le thème du Japon, présenté par la chef japonaise, Asako Hattori, et l’Alsacien Daniel Zenner. Ces démonstrations s’inscrivaient parfaitement dans cette édition 2016 placée sous le signe du Japon. Les produits ont été servis avec des sushis préparés par Asako Hattori, venue de Paris pour montrer comment l’on en prépare de bons. « Tout réside dans la qualité des produits et dans la cuisson du riz », a-t-elle souligné. Daniel Zenner a, pour sa part, traité du mariage entre gastronomie et plantes sauvages.

« Nos différences sont nos richesses »

Vendredi 22 juillet, cette 88e édition de la foire aux vins de Ribeauvillé, 9e associée à la fête de la gastronomie, avait été ouverte par le président du Syndicat viticole de Ribeauvillé, Francis Fischer. « Notre objectif est clair : vous faire découvrir, déguster et apprécier les vins et eaux-de-vie de nos terroirs, mais aussi les marier avec les plats minutieusement concoctés par les restaurateurs, pâtissiers et fromagers de Ribeauvillé. Le tout, avec quelques nouveautés. Cette année, nous proposons de faire découvrir le Japon, ses produits, sa culture », a expliqué Francis Fischer.

Il s’est exprimé en présence M. Shimizu, consul général du Japon, qui a présidé la cérémonie d’inauguration à la salle du Parc. Le diplomate a salué les bonnes relations entre son pays, la France et surtout l’Alsace. « C’est un grand honneur pour mon pays d’être l’invité d’honneur de cette foire aux vins et de la gastronomie de Ribeauvillé, la plus ancienne foire aux vins d’Alsace. Merci aux organisateurs pour cette invitation, mais surtout de nous permettre de présenter nos produits et de vous faire découvrir toutes leurs spécificités. »

Peu avant, le président de l’Association des viticulteurs d’Alsace, Jérôme Bauer, avait salué la tenue de cette manifestation qui se déroule dans une période économique difficile. « Nos marchés ne sont pas au beau fixe après trois petites récoltes consécutives. Nous manquons de disponibilités et nos vins subissent une concurrence d’autant plus rude que d’autres produits ont été travestis en vins d’Alsace. Nous avons donc un défi à relever. Nous sommes Alsaciens et nous devons l’assumer et l’afficher. Assumons ce que nous sommes pour éviter de nous faire usurper. » Jérôme Bauer a également insisté sur la nécessité de valoriser les vins d’Alsace en termes de prix, mais également au niveau de la communication globale.

Le député-maire de Ribeauvillé, Jean-Louis Christ, a pour sa part salué cette manifestation et ces liens avec le Japon. « Que ce soit au Japon ou en Alsace, il y a cette même passion des producteurs. Nous allons tous ensemble tisser des liens d’amitié à travers ces dégustations communes. Nos différences sont nos richesses », s’est-il félicité. La manifestation a ensuite été officiellement ouverte après quelques mots de la reine des vins d’Alsace, Lætitia Pantzer.

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