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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Alsace Conseil Élevage

Opter pour quelle stratégie alimentaire ?

Élevage

Publié le 19/01/2017

Depuis le 1er octobre, Alsace Conseil Élevage est organisé en deux zones distinctes. Celle située au nord de la région, dirigée par Annabelle Ragot avec douze conseillers pour 256 élevages, et celle située au sud, dirigée par Dominique Wolfer avec également douze conseillers pour 290 élevages. Dominique Wolfer a précisé que 50 % de son travail était consacré au conseil et 50 % au suivi et au management des différents conseillers. Des missions d’autant plus importantes après une année 2016 très compliquée et même à oublier avec un prix du lait en berne, une météo capricieuse, des rendements des céréales en baisse et de moins bonne qualité.

« Dans ces circonstances difficiles, il faut utiliser les créneaux permettant d’acheter moins cher. La première leçon à retenir de ces derniers mois est qu’il faut de la souplesse dans les élevages pour faire face aux aléas conjoncturels. Les aléas climatiques, on les subit. Mais, les aléas conjoncturels, on peut les travailler pour tenter de mieux y faire face. La seconde leçon est que c’est vraiment le moment de s’interroger et de questionner son système et ses projets. Il ne faut pas hésiter à se remettre en cause pour prendre un nouveau départ », a expliqué Dominique Wolfer. Dans tous les cas, les conseillers d’Alsace Conseil Élevage seront présents pour faciliter les choix des éleveurs. Sachant que, demain, ces conseillers vont intervenir sur l’ensemble du Grand Est et mutualiser leurs moyens d’action et techniques par le biais de ce qui a été nommé « 3CE » pour Chambre Conseil Contrôle Élevage.

Des points de vigilance

La réunion a ensuite abordé la question des stratégies alimentaires. Christophe Bertrand, technicien conseil pour Alsace Conseil Élevage, s’est attaché à donner des pistes d’actions aux éleveurs en les prévenant immédiatement que ces conseils n’étaient en rien des solutions miracles. Il a pris l’exemple d’un troupeau moyen de 60 vaches. Il a également fait le constat que 2016 a été une année atypique avec des ensilages d’herbe très hétérogènes en qualité et en quantité, des récoltes retardées, des problèmes de conservation d’appétence du foin, des ensilages de maïs également très hétérogènes en quantité et en qualité en particulier sur la matière sèche et, surtout, aucun marché porteur.

« Dans ces conditions, il ne faut pas hésiter à ajuster la densité de la ration en là diminuant tout comme le correcteur azoté. Il y a également des points de vigilance à observer : celui du début de lactation par exemple. Il faut également privilégier la diminution du concentré production et rechercher une meilleure autonomie protéique », a précisé Christophe Bertrand. Il a également insisté sur l’importance de ne pas apporter d’azote en complément pour les légumineuses. Ces dernières peuvent apporter un plus au niveau agronomique et aider à résoudre des problèmes de santé. Il convient également de valoriser les céréales fermières. Tout cela nécessite des conditions de faisabilité : la capacité de stocker, le broyage, avoir de la trésorerie, observer la tenue des marchés, se doter de davantage de main-d’œuvre.

« Quoi qu’il en soit, nous sommes dans un contexte où les éleveurs n’ont pas d’autre choix que de s’adapter et d’avoir une réactivité quotidienne. Pour chaque système, il existe une ou plusieurs solutions adaptées. Il faut donc chercher à optimiser toutes les catégories d’animaux, que ce soit les vaches laitières, les veaux ou encore les vaches taries. Il faut également chercher à avoir des fourrages de qualité. Le tout, en ne restant pas seul dans son coin. Il faut partager sa propre expérience avec ses voisins et collègues. Dans tous les cas, les conseillers d’Alsace Conseil Élevage sont là pour vous aider, ainsi que les experts en alimentation », a conclu Christophe Bertrand.

Les alertes informatiques

Un outil informatique d’Alsace Conseil Élevage a ensuite été présenté : les alertes CEL. Un nouveau cap a été franchi en 2016 avec la mise en place de nouvelles « alertes » par Estel (ex-Arsoe, associations régionales de services aux organismes d’élevages) et les organismes d’élevage, dont les Chambres d’agriculture, les centres d’inséminations et les groupements de défense sanitaire du Grand Est. Ce nouveau module permet d’afficher les « alertes » de tous les domaines de l’élevage, en particulier dans le segment du Contrôle laitier. L’information est mise à jour après chaque contrôle. Elle permet aux agriculteurs davantage de réactivité et d’autonomie. En Alsace, ces données sont fournies par le biais d’Est Élevage. « Après chaque pesée par exemple, les indicateurs sont calculés et disponibles dès que la pesée est traitée et analysée à raison de cinq traitements par jour. Ces données sont fournies aux éleveurs et aux conseillers. Cela permet de renforcer la relation du binôme qui favorise la confiance mutuelle, d’avoir des informations très rapidement et d’être ainsi réactif. L’éleveur dispose du même outil que son conseiller. Il est autonome dans la gestion de son élevage et les deux parties peuvent ainsi échanger encore plus facilement. La liste des alertes est très importante : des données concernant la baisse de production à l’infertilité, en passant par l’acidose, l’équilibre alimentaire, les infections ou encore l’augmentation du coût total de l’alimentation. Les alertes sont consultables par e-mail », a résumé Dominique Wolfer.

Ce dernier est en outre à l’initiative d’une formation à venir qui doit permettre aux éleveurs de faire leur bilan, le point sur leur fonctionnement et leur situation, et de mieux apprécier leurs forces et limites. « Il s’agit de poser les bases d’une évolution de l’entreprise en fonction des projets des agriculteurs. » Cette formation devrait avoir une durée de deux jours et demi en février 2017 à Sainte-Croix-en-Plaine, puis une nouvelle demi-journée de bilan à l’automne-hiver 2017. Une formation gratuite, en partenariat avec Vivea, pour les exploitants agricoles. « C’est une nouvelle façon de voir le management de l’entreprise. Il y a une douzaine de places. Pour s’inscrire, il faut me contacter par le biais de la Chambre d'agriculture », a conclu Dominique Wolfer.

Chambre d'agriculture d’Alsace

Une année difficile pour la pomme de terre

Cultures

Publié le 17/01/2017

Le début de la réunion a permis à Denis Jung, conseiller spécialisé pomme de terre au service fruits, légumes et horticulture à la Chambre d'agriculture d’Alsace, de rappeler que les conditions de production en 2016 ont été particulières du fait de la météo. « Jusqu’à Pâques, l’année était normale. Ensuite, nous avons vécu des phénomènes climatiques assez inhabituels en Alsace. Jusqu’à début juillet, il faisait plutôt frais et humide. Ensuite, il y a eu une période sèche et chaude. » Dans le Sundgau, par exemple, il y a même eu trois jours avec plus de 30 mm de pluie. Cela a occasionné beaucoup de difficultés pour planter et produire les pommes de terre. Il a ensuite fallu attendre mi-juin pour le faire avec toujours ces mêmes excès d’eau, peu ou pas de levée, et l’obligation d’effectuer des replantages. En moyenne, il a fallu cinq à six semaines pour lever au lieu des trois à quatre semaines habituelles.

En revanche, il n’y a pas eu de problème de désherbage. Dans le Bas-Rhin, sur le secteur de Vendenheim, la situation était identique. En Centre Alsace, l’été a été marqué par de longues périodes de pluies et des orages, puis du très chaud et du très sec. La croissance de la pomme de terre a été favorisée avec une bonne végétation, mais l’apparition de foyers de mildiou.

Forte pression du mildiou

« Toutes les variétés ont été touchées quels que soient les modes de production », précise Denis Jung. Sur le secteur d’Altkirch, début mai, il y a eu une forte pression. Plus le mildiou se développait, plus la pression augmentait. « Pour les professionnels qui sont en production biologique, les rendements ont été divisés par deux partout en Alsace. Les parcelles sans mildiou étaient rares. La pression fongicide était très importante. Il a ainsi fallu doubler les traitements », constate Denis Jung. Une autre difficulté : le peu de gel l’hiver dernier. Les sols ont rapidement été saturés par les pluies. Les sols ont été compactés avec l’apparition de grosses mottes. À partir de juillet, il y a eu la nécessité d’irriguer. On a également constaté la présence de nombreuses limaces et de taupins. Il y a également ce phénomène physiologique que sont les crevasses. Cela s’explique par des problèmes de croissance de la pomme de terre. Leurs racines n’étaient pas profondes en raison de cet excès d’eau. Et dès qu’il a fait sec, cela s’est desséché.

La réunion s’est déroulée au sein de la société Strubler à Saint-Hippolyte. Chez ce reconditionneur, les établissements Desmazières ont présenté leur savoir-faire en matière de production et de commercialisation de plants de pomme de terre. Ils proposent ainsi douze variétés de pomme de terre biologique et en produisent 6 000 tonnes dans une année normale. L’année 2016 a également été décevante avec une production située entre 3 000 et 4 000 t. Des agriculteurs, mais surtout de nombreux représentants des firmes qui achètent et revendent les pommes de terre étaient présents à cette rencontre professionnelle. L’occasion de découvrir le guide variétés 2017 (en couleur et sur papier glacé) où, sur cinq pages, toutes les variétés ont été présentées.

EARL Les Nouves à Bretten

Du lait livré en Allemagne

Élevage

Publié le 17/01/2017

Âgé de 48 ans, Gilles Schnoebelen est installé avec son épouse Sylvie. Leur fille, Marie, 23 ans en avril, est salariée sur cette exploitation de polyculture élevage. « Quand j’ai succédé à mon père à sa retraite, j’ai poursuivi l’activité laitière. Aujourd’hui, nous faisons en moyenne 800 000 litres avec nos 90 vaches de race holstein et, depuis 15 ans, 25 % en simmental. Une race que j’ai choisie pour sa viande. Nous élevons tout le cheptel et nous vendons peu de veaux. Pour les cultures, nous avons essentiellement du blé et du maïs. Mais, de moins en moins de maïs car les rendements sont en baisse et on a besoin de paille. Les vaches sont en pâture au printemps avec comme première alimentation, l’herbe. Nous avons suffisamment de prés autour de l’exploitation. Nous avons pensé aux circuits courts pour optimiser nos produits, mais Bretten, c’est un peu loin de tout. Et seul, ce n’était pas possible », explique Gilles Schnoebelen.

Un GIEPLSE

Pour l’activité laitière, son père faisait à l’époque la collecte pour Schmitlin avant de se consacrer pleinement à l’exploitation. Suite à Schmitlin, le lait a été livré à la coopérative Alsace Lait puis à la coopérative de Belfort et enfin à la laiterie fromagère Mulin à Besançon pour une durée de sept années à chaque fois. Mais, en septembre 2010, Mulin dénonce le contrat liant les deux parties, voulant récupérer du litrage dans une autre zone géographique.

« Nous nous sommes trouvés devant une dénonciation de contrat de la part du collecteur. La collecte était assurée par un prestataire (Scherrer). Cela nous a permis d’aller voir ailleurs avec la possibilité de faire du rendu quai. On s’est alors tourné vers les laiteries des environs : Ermitage, Sodiaal, Alsace Lait, Lactalis. Toutes nous ont répondu la même chose. Elles n’avaient pas besoin de volumes supplémentaires ou dans des délais qui n’étaient pas adaptés à notre situation. Sans débouché possible en France, on s’est alors tourné vers l’étranger », explique Gilles Schnoebelen.

Dans le même temps, il crée en avril 2011 avec d’autres éleveurs concernés - Christien Schnebelen de Heimersdorf, Thierry Itty d’Altenach, Isabelle Schirck de Novillard dans le Territoire de Belfort, Gilbert Rein à Seppois-le-Bas et Jean Sirlin à Hirsingue - le groupement d’intérêt économique des producteurs de lait du Sundgau et des environs (GIEPLSE).

Jongler avec les règles différentes

« Cela nous a permis d’obtenir un agrément en tant qu’acheteur de lait et ainsi de pouvoir organiser la collecte auprès des adhérents, de faire la gestion des volumes pour FranceAgriMer, de facturer la production de lait et de vendre sur le marché français ou à l’export. » Après un premier contact finalement négatif et des recherches élargies dans une zone géographique plus importante, les éleveurs trouvent un accueil favorable chez Omira, une coopérative allemande dont l’usine la plus proche était située à Rottweil dans le district de Fribourg-en-Brisgau et le siège à Ravensbourg. « Mais, la crise est également passée par là-bas. En 2013, Omira s’est restructurée avec un nouveau conseil d’administration et un nouveau directeur. Le site de Rottweil a été fermé. Nous livrons depuis le lait à Ravensbourg, 70 kilomètres plus loin », explique Gilles Schnoebelen.

La collecte se fait toutes les 48 heures. Scherrer vient chercher le lait en tant que prestataire pour Omira. « Les débuts ont été laborieux. Comme c’était du lait exporté, nous avons rencontré des difficultés avec l’administration française pour avoir toutes les autorisations. Aujourd’hui encore, il faut jongler avec les règles différentes dans les deux pays. Les analyses de lait réalisées par les laboratoires allemands par exemple, ne sont pas reconnues par la France alors que l’on a les mêmes normes Iso. Nous sommes donc obligés de faire des analyses sanitaires en France que nous payons, évidemment, environ 1 000 € par an. Concernant le paiement du lait, c’est différent en Allemagne. Il faut respecter les normes en vigueur. Il n’y a pas de classification intermédiaire. Ou tu es bon ou tu ne l’es pas. Le paiement allemand est plus simple qu’en France. Il n’y a pas d’engagement à faire sur du volume. Nous appliquons la grille allemande en respectant la réglementation européenne », ajoute Gilles Schnoebelen.

En moyenne, peu d’écarts de prix

En tout, ce sont 32 producteurs de lait français, essentiellement situés dans le Sundgau et dans le nord du Territoire de Belfort, qui livrent leur lait en Allemagne. Ils représentent 14 millions de litres. Mais comme en France, la crise du lait est une réalité en Allemagne. Elle a même touché plus durement le prix outre-Rhin en raison d’une plus forte réactivité du marché. Le prix est fixé mensuellement en fonction du marché national et des ventes de la laiterie.

« Un exemple. On a bien vendu en décembre et du coup le prix du lait augmente en janvier. Il n’y a pas de lissage des prix. Il y a parfois des primes de 10-15 € qui viennent des acheteurs comme Lidl ou Nestlé. On a connu le meilleur avec 420 € les 1 000 litres en 2014 (à l’époque en France, ce prix était de 380 €/1 000 l) et le pire avec 225 €/1 000 l en juin 2016 (en France, 265 €/1 000 l). Si nous prenons une moyenne quinquennale, il y a peu d’écart de prix entre les deux pays. En 2016, nous sommes malheureusement largement en dessous du prix français. En novembre dernier, nous étions, comme en France, à 290 €/1 000 l et là, nous devrions repasser les 300 €/1 000 l. »

« Cette expérience est intéressante car elle nous a permis de voir ce qui se fait autour de nous, aussi bien du côté des producteurs que du côté des laiteries. Nous voyons une autre gestion de la filière, très différentes de l’organisation française, même si la frontière est toute proche. La non-contrainte du volume nous permet d’atténuer l’effet de la baisse du prix du lait. Pour être là demain, il faudra faire du volume. Ce qui est possible en Allemagne et pas en France où l’on bride les exploitants performants. Personnellement, je n’ai donc pas envie de revenir en arrière même si, en 2017, nous comptons reprendre contact avec les laiteries françaises pour, éventuellement, avoir la possibilité de partager les volumes et avoir ainsi deux sorties pour notre lait », conclut Gilles Schnoebelen. Dans tous les cas, c'est en assemblée générale que les grandes décisions sont prises. Qu'importe ce que l'avenir lui réserve, l'éleveur souhaite garder sa liberté dans ses décisions acquise par cette expérience.

Domaine Bott Frères à Ribeauvillé

Nicole Bott, chevalier du Mérite agricole

Vigne

Publié le 30/11/2016

C’est entourée de sa famille, des employés du domaine, de nombreux amis et personnalités, parmi lesquelles le président du Conseil départemental du Haut-Rhin, Éric Straumann, le conseiller régional Jacques Cattin et le conseiller départemental Pierre Bihl dont elle a été la suppléante, que Nicole Bott s’est vue remettre cette médaille honorifique. Son époux, Laurent, a été le premier à lui rendre hommage. « Son premier métier a été banquière. Puis, elle a appris le métier de viticulteur. C’est elle qui a assuré le développement commercial du domaine Bott et l’export de nos vins dans plus de vingt pays dans le monde. »

C’est ensuite une de ses amies, Martine Stoffel-Casterot, de la chocolaterie Stoffel à Haguenau et à Ribeauvillé, qui a témoigné. « Nous nous sommes rencontrées en 2007 et Nicole Bott a été la première personne de Ribeauvillé avec qui j’ai échangé. J’ai immédiatement été impressionnée par son énergie, son empathie, sa disponibilité et surtout sa vision positive du monde lui permettant de développer le domaine viticole. Cette distinction honore ce parcours professionnel et privé. »

Pierre Bihl a retracé l’histoire du Mérite agricole, une des plus anciennes distinctions en France puisqu’elle date de 1883. 300 000 personnes en ont été honorées, comme Louis Pasteur, Catherine Deneuve et bien entendu Marc Haeberlin. Il a ensuite rappelé son parcours commun avec Nicole Bott. « Elle m’a rejoint en 1998 au CIAL ici à Ribeauvillé. Elle disposait déjà d’un excellent relationnel. Dix ans plus tard, en 2008, elle a été ma suppléante. Pendant sept années, elle s’est engagée à mes côtés et a été mon « oreille » partout dans le canton. Ces moments ont été très agréables. »

Pierre Bott n’a pas voulu manquer cette soirée en l’honneur de sa belle-fille. « Je suis fier de pouvoir participer à cette cérémonie vu mon âge. Nicole est une personne réfléchie, une femme d’affaires, souriante, généreuse, dynamique et toujours prête à rendre service. Elle ne cesse de parcourir le monde pour l’évolution positive de la maison Bott. »

« Ma vie professionnelle n’était pas tracée d’avance »

C’est naturellement Marc Haeberlin qui a évoqué l’ensemble du parcours de Nicole Bott. « Elle est née le 26 avril 1961 à Colmar. Nous étions presque voisins à Illhaeusern où nous avons grandi. Moi, près des cuisines, elle au sein de l’exploitation agricole familiale. Elle a épousé Laurent en 1983. De cette union sont nés deux enfants : Claire en 1985 et Paul en 1987. Depuis, Nicole Bott fait rayonner les vins d’Alsace dans la région et dans monde. Les vins Bott sont présents sur les plus grandes tables de la République et des tables de restaurants étoilés. Elle défend également les intérêts des vignerons alsaciens et du vignoble au sein du conseil d’administration du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa). Elle a été adjointe au maire de Ribeauvillé en charge de l’organisation du marché du printemps, du fleurissement, du tourisme, du marché médiéval, de la foire aux vins et des personnes en difficulté. Un parcours remarquable qui est aujourd’hui honoré. »

Émue et fière, Nicole Bott a ensuite pris la parole. « Ma vie professionnelle n’était pas tracée d’avance. L’eau d’Illhaeusern s’est transformée pour moi en vins de Ribeauvillé. J’adore les challenges. Les vins d’Alsace méritent la reconnaissance et c’est la raison pour laquelle je m’investis ici au domaine, mais également au Civa, à Ribeauvillé, à l’office de tourisme ou encore à la confrérie Saint-Étienne. J’essaie de faire bouger les choses pour rendre les lettres de noblesse à nos inimitables vins d’Alsace. Le domaine Bott a 181 ans. Merci à Pierre Bott, lui-même commandeur dans l’ordre du Mérite agricole, qui est un exemple à suivre, mais également à l’ensemble des employés. Cette médaille, je la partage avec vous tous. » La soirée s’est poursuivie dans la convivialité en présence de nombreux chefs et professionnels qui ont fait déguster aux invités leurs excellents mets et vins.

Jeunes Agriculteurs

Pour une Europe et une Politique agricole commune cohérentes

Vie professionnelle

Publié le 07/11/2016

« La Politique agricole commune 2015 à l’échelle européenne, si je voulais être un peu mordant, ressemble presque déjà à un champ de ruines, du moins dans ce qu’elle avait de « commun ». Nous avons l’impression qu’elle est aujourd’hui davantage une somme d’intérêts nationaux ou sectoriels. Nous devons nous doter d’une stratégie commune européenne pour l’agriculture. L’exercice de simplification engagé par le commissaire à l’Agriculture, Phil Hogan, en est un bon exemple : chacun y va de « sa » simplification, ce qui aboutit à encore plus de subsidiarité : chacun fait un peu ce qu’il veut… Je ne dis pas qu’il faille renier les spécificités des territoires, des productions, je dis qu’il n’y a plus de stratégie commune européenne pour l’agriculture. Or, nous ne voulons plus d’une Pac pansement qui remplace les politiques sociales ou qui engraisse les grands propriétaires. Nous voulons d’une Pac qui se donne pour priorité le renouvellement des générations », explique Jérémy Decerle, président de Jeunes Agriculteurs.

Des propositions

Parmi les propositions concrètes, les responsables syndicaux ont affirmé plusieurs chantiers prioritaires. La priorité n° 1 est que la Pac puisse répondre aux enjeux de l’emploi et du renouvellement des générations en agriculture sur des exploitations de type familial, viables, vivables et transmissibles. Pour cela, le syndicat demande la mise en place d’une définition contraignante de l’agriculteur actif au niveau européen, pour un meilleur ciblage des aides. Cette définition doit être basée sur des critères de revenu, de temps de travail et exclure les personnes percevant une pension de retraite.

En outre, les Jeunes Agriculteurs estiment que la Pac doit prémunir les agriculteurs de la volatilité des prix auxquels ils sont exposés. Pour cela, il faut envisager la mise en place d'aides variant en fonction des prix, et développer les outils assurantiels.

Enfin, la troisième priorité est la mise en place d’un nouveau pacte alimentaire européen pour protéger les ressources et favoriser la sécurité, la diversité et la qualité alimentaire. Pour cela, les Jeunes Agriculteurs prônent la mise en place d’une politique basée sur des objectifs de résultats et non de moyens. « Des fermes ! Pas des firmes ! », insiste Jérémy Decerle. « Nous sommes convaincus que les fermes, héritées du modèle familial, qui mettent les chefs d’exploitations à la fois à la tête du capital, des décisions et des pratiques, sont les plus résilientes, les mieux à même de relever ces défis nombreux qui sont posés à l’agriculture. La base de la stratégie agricole européenne doit reposer sur les hommes et les femmes qui font ce métier », ajoute-t-il.

Un projet commun et partagé

Pendant trois jours à Sainte-Croix-en-Plaine, les Jeunes Agriculteurs de l’hexagone ont donc cherché à construire un projet commun, à l’échelle de l’Europe. L’occasion de regretter l’absence du ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, et de nombreux autres élus pour une session nationale inscrite dans le calendrier depuis très longtemps. « Pour autant, dans les moments difficiles que nous traversons sur nos exploitations, dans nos réseaux, nous avons montré depuis mercredi, vous nous avez démontré malgré tout que JA s’engage toujours pour construire l’avenir, qu’il est urgent d’y croire et de poser les jalons de l’agriculture de demain et d’après-demain, dès aujourd’hui ! Loin des querelles de territoires, de filières, nous avons montré qu’il était de notre devoir de construire ce projet commun et partagé, pour l’agriculture, et pourquoi pas un nouveau pacte alimentaire européen. Pas seulement commun au réseau JA, pas seulement commun à l’échelle du territoire national, mais commun à l’échelle de l’Europe », précise encore Jérémy Decerle, qui a remercié les Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin pour leur accueil.

Vincent Touzot, membre du bureau national de JA, a ensuite dressé le futur portrait de ce que pourrait être une agriculture européenne « équitable », forte d’une stratégie cohérente faisant la part belle aux jeunes exploitants. Les JA ont insisté : « Le renouvellement de générations (6,5 % des agriculteurs européens ont moins de 35 ans), bref le soutien à l’installation. Il faut préserver nos capacités d’entreprendre, donner plus de latitude aux régions, favoriser les investissements sur les énergies renouvelables », poursuit Vincent Touzot.

Pour sa part, le président des Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin, Christophe Bitsch, s’est félicité de la tenue de cette session nationale dans le département. « Il n’y a pas de meilleur endroit que le centre de l’Europe pour réfléchir à l’avenir de la Pac. Une réflexion d’autant plus importante que 2020, c’est demain. »

Des interventions et des travaux qui ont été salués par la Chambre d'agriculture d’Alsace et par Anne Sander, député européenne. « Je vais intégrer vos propositions dans les travaux parlementaires. Vous proposez des solutions nouvelles. À l’heure où les agriculteurs ne peuvent plus vivre dignement de leur métier, nous devons réfléchir tous ensemble, nous écouter et avancer. Il faut absolument que l’Europe arrête de se mettre des boulets au pied et s’affranchisse de ses propres barrières. Le monde évolue, l’agriculture évolue et l’Europe doit également évoluer », a-t-elle expliqué.

Foire Simon et Jude à Habsheim

La fierté

Élevage

Publié le 04/11/2016

Démarrage en douceur lundi à la foire Simon et Jude. Le brouillard couvre la manifestation. Mais, sous le chapiteau, les éleveurs et les vaches sont prêts. Les éleveurs gardent la fierté de ce qui est bien plus qu’un métier : une passion voire un sacerdoce. En dépit de la situation économique actuelle. C’est aussi un moment de partage : avec le public mais aussi avec les collègues.

Au milieu du ring, le concours du meilleur présentateur en race Montbéliarde débute. « Présenter un animal ici à Habsheim, c’est l’aboutissement d’une année de formation. Pour ces jeunes passionnés, c’est aussi un tremplin vers d’autres concours et surtout vers un avenir professionnel », explique Alexandre Wintzenrieth, l’un des professionnels en charge de ladite formation. Pendant plusieurs minutes, les jeunes participants défilent sur le ring avec leur vache devant l’œil vigilant du juge, le suisse Stefan Widmer. Et c’est finalement Florine Wira du Gaec Gutzwiller à la ferme du Neuhof à Michelbach-le-Haut qui l’emporte. Puis, vient l’heure de la finale du concours de jugement de bétail.

Oser le changement

La matinée se poursuit par la présentation des races avec une prédominance pour la Prim’Holstein, star de cette journée. La présentation est effectuée par Armand Mathieu, un fidèle parmi les fidèles. « J’ai eu la chance dans ma vie d’exercer un métier que l’on ne peut pas exercer sans être passionné. Personnellement, j’ai une attirance toute particulière pour les petites races. Celles qui sont souvent ignorées et qui, pour survivre, doivent être élevées par, précisément, des passionnés. C’est par exemple le cas pour la Jersiaise ou la Vosgienne. Cela fait 40 ans que je suis dans le métier de l’insémination et je découvre encore des choses cette année. Cette manifestation ose le changement. Il n’y a plus ici de chevaux de trait, mais on a la Salers. C’est une bonne chose. Il ne faut pas s’attacher à vouloir rester absolument avec des recettes qui ont réussi par le passé. Il faut évoluer. C’est ce que font les éleveurs alsaciens ». À ses côtés, Antoine Franck de Goldbach qui avec son épouse Anne-Marie élève une cinquantaine de vaches. La veille, il a été récompensé de deux premiers prix pour ses Salers. Âgé de 63 ans, même si l’heure de la retraite approche, il vient pourtant toujours à Habsheim. « C’est important de venir ici. Mes parents venaient déjà. Nous présentons des salers pour la seconde année. Nous voulons montrer que la vache Salers n’est pas une sauvageonne ».

Une manifestation de haute tenue

Le moment attendu du concours et du championnat de la race Holstein arrive. Par section, les vaches défilent avec les éleveurs devant Stefan Widmer. On devine cette grande fierté d’être présent, cet honneur de présenter la race Holstein, ce privilège d’être au côté d’une vache bien préparée. Au final, le Gaec Wilt situé à Dachstein dans le Bas-Rhin remporte le premier prix, mais également celui du meilleur lot. Olivier Wilt, 35 ans, ne cache pas son émotion. « C’est magnifique. J’ai l’habitude des concours, c’est ma passion. Mais là, c’est un moment particulier. Et cette vache est exceptionnelle. Nous en avons déjà eu de belles, mais, elle, elle est vraiment particulière. Notamment au niveau morphologique. Je suis fier d’avoir réussi à convaincre le jury. Et pour le lot, c’est une belle surprise. Oui, c’est une belle journée. Nous étions invités dans le Haut-Rhin pour la seconde fois. Nous n’avons pas à le regretter, d’autant que cette manifestation est de haute tenue », se réjouit Olivier Wilt. C’est également la conclusion d’une foire Simon et Jude réussie. Au micro, Thomas Prinz, l’une des chevilles ouvrières de la manifestation, ne cache pas sa satisfaction. « Merci tout d’abord au juge pour son déplacement de Suisse. Stefan Widmer est une référence. C’est lui qui était aux commandes du concours Prim’Holstein au Space cette année. L’avoir à nos côtés est une fierté pour nous. Merci également à l’ensemble de nos partenaires de ce week-end, au public, et bien évidemment à vous toutes et tous les éleveurs alsaciens qui ont fourni un gros travail. Nous avons vu des vaches bien préparées. Vous pouvez être fiers. Vous avez donné et vous donnez une image d’un élevage alsacien dynamique ».

Caves de Turckheim et de Traenheim

Les crémants rosés bios avec les chefs d’Alsace

Vigne

Publié le 18/10/2016

Alors que les professionnels de la viticulture sont actuellement occupés par les vendanges, les équipes commerciales sont déjà tournées vers les fêtes de fin d’année. Les caves de Turckheim et de Traenheim communiquent en conséquence sur leurs crémants rosés bios. « Des vins qui se veulent festifs, avec beaucoup de fraîcheur. Ce sont des crémants de fête. On revient sur un vin apéritif avec une couleur tendance, un rosé avec une couleur assez pâle, qui fait plaisir en bouche », rappelle Catherine Tison qui est, avec Florence Brond, responsable CHR (Cafés, hôtels, restaurants) pour les caves de Turckheim et de Traenheim.

Pour communiquer et lancer officiellement ces produits, les responsables des deux caves se sont retrouvés à Turckheim en présence des chefs d’Alsace associés au lancement et à la promotion de ces vins bios. Le macaron des chefs d’Alsace a en effet été apposé sur les bouteilles. « Nous en sommes honorés. Tout comme nous sommes ravis d’être partenaires de cette opération. L’Alsace pétille et nous en sommes fiers », se félicite Jacques Cher, président de la Fédération des chefs de cuisine restaurateurs « Chefs d’Alsace ». Son homologue, Joseph Leiser, président départemental haut-rhinois et chef à l’auberge Au Zahnacker à Ribeauvillé, est du même avis. « Ces crémants ont été sélectionnés pour leur qualité. Ce partenariat avec les deux caves existe de longue date. Nous sommes ravis d’être toujours présents et associés à vos différentes manifestations. » Présent pour ce lancement officiel, le directeur de la cave de Turckheim, Lionel Lécuyer, a rappelé que ces produits d’excellence « doivent séduire nos clients qui vont trouver du plaisir dans ce vin apéritif de qualité ».

Association des viticulteurs d'Alsace

Des vendanges amicales pour le nouveau préfet du Haut-Rhin

Vigne

Publié le 17/10/2016

Originaire de Bourgogne, le monde viticole n’est pas inconnu pour le nouveau préfet du Haut-Rhin, Laurent Touvet, qui a accepté avec plaisir de vendanger une parcelle de pinot auxerrois située à Obermorschwihr en compagnie du député-maire de Ribeauvillé, Jean-Louis Christ, d’élus de la Chambre d'agriculture d’Alsace, et de représentants du monde viticole alsacien.

« Cette année, nous avons le sourire. Après trois millésimes difficiles qui ont fait fondre nos stocks, la quantité est là tout comme la qualité qui nous a toujours été fidèle. Regardez ces belles grappes bien chargées. La difficulté cependant qui nous préoccupe reste cette maladie cryptogamique du bois, l’esca. Elle nous inquiète car, regardez ces trous dans nos rangées. Nous devons couper et replanter. À l’avenir, il va falloir intensifier la recherche, sinon nous allons avoir de gros problèmes. Il faut un programme de recherche ambitieux pour faire face à cette épidémie qui pourrait se révéler aussi dévastatrice que le phylloxera il y a un siècle. Dans certaines parcelles, le taux de mortalité des ceps peut atteindre 10 % », explique Jérôme Bauer. Puis, pendant une heure, le préfet du Haut-Rhin donne des coups de sécateurs.

« Je serai votre partenaire »

Au terme de ces vendanges de l’amitié, le président de l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA) convie ses invités à visiter l’exploitation familiale. L’occasion de présenter au préfet les missions de l’association. « L’AVA est le syndicat de défense des vignerons. Il accompagne les vignerons dans leurs démarches. Il joue, en premier lieu, un rôle syndical. Sa seconde mission est d’être un organisme de gestion des appellations. Nous traitons tout ce qui concerne le cahier des charges, les contrôles et le respect de la production. L’AVA est l’autorité de la viticulture alsacienne au sein de la production pendant que le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) s’occupe de la promotion, de la commercialisation et de la communication », souligne Jérôme Bauer.

Le président de l’AVA évoque ensuite les sujets d’actualité. À commencer par l’affaire Albrecht qui n’avance toujours pas sur le plan judiciaire. « Je ne sais pas si l’AVA va pouvoir contenir encore longtemps la colère des viticulteurs lésés. Je compte sur votre soutien. La séparation des pouvoirs n’interdit pas au préfet que vous êtes de parler avec le nouveau procureur de Colmar pour essayer d’accélérer la procédure judiciaire », affirme Jérôme Bauer. « Je m’entretiendrai avec le procureur pour qu’il m’éclaire sur le dossier, et pour avoir un calendrier sur le règlement de cette affaire », répond Laurent Touvet.

Jérôme Bauer s’intéresse ensuite à un autre sujet : la future réglementation nationale sur l’épandage de produits phytosanitaires dans les vignes. « Avec l’élargissement des zones de non-traitement (à 200 mètres des habitations), 3 000 hectares de vignes pourraient être condamnés en Alsace. Ce plan est inapplicable », estime le président de l’AVA qui souhaite que la profession et les pouvoirs publics travaillent ensemble sur une solution adaptée. Il met en avant le sens des responsabilités des viticulteurs en matière de sécurité des habitants et de l’environnement. Laurent Touvet indique avoir transmis un rapport à Paris, pour prévenir des difficultés de mise en œuvre et de contrôle de cette réglementation. « Je serai votre partenaire pour essayer d’obtenir une atténuation du futur dispositif et des règles plus raisonnables », promet le préfet du Haut-Rhin. De manière plus générale, la viticulture dénonce l’excès de contraintes réglementaires qui est en train d’étouffer les entreprises.

La matinée s’est terminée par le verre de l’amitié puis un déjeuner commun avec au menu un baeckeoffe.

AgriPro-Center

L’atelier à domicile

Technique

Publié le 16/10/2016

Le concept est simple : venir chez les clients pour effectuer tous les travaux de révision, de dépannage, de réparation ou encore de diagnostic électronique. Ce sont des ateliers mobiles comme dans les travaux publics. Les camionnettes atelier mobile sont entièrement meublées comme un atelier normal avec entre autres un poste à souder, une sertisseuse hydraulique, une valise diagnostique multimarques dernière génération, mais également des produits commerciaux proposant du consommable et produits de saison (graisse, huile, Adblue, fourche, balais, filtres). 

« Nos camionnettes sont toutes équipées d’un modem internet 4G +, afin de pouvoir consulter nos catalogues électroniques devant la machine défectueuse, ce qui permet d’avoir toutes les informations nécessaires sur place, pour passer commande chez nos fournisseurs », explique David Tony, président fondateur d’AgriPro-Center. La société propose autant de familles de produits et au même tarif qu’un site e-commerce ou un concessionnaire, mais en plus elle accompagne le client. Cela lui évite de se déplacer et lui permet d’avoir ainsi un service pro à domicile. « Nos accords avec nos fournisseurs, nous permettent de passer commande jusqu’à 17 h 30 - 18 h et d’être livré la nuit pour intervenir dès le lendemain matin en cas de panne en pleine saison. Cela pour plus de 80 % des pièces d’origine ou adaptables », ajoute David Tony.

Les camionnettes interviennent sur l’ensemble de l’Alsace, mais également en Lorraine. Parallèlement à l’ouverture de la société, le 2 juin dernier, le site e-commerce « Agriprocenter.com » est en cours de création pour développer la société sur le territoire national. « Notre force sera, lors des commandes pièces passées par les clients, de proposer le montage à domicile. Ce service sera proposé par nos franchisés et mis en place sur différentes régions », conclut David Tony.

L’entreprise se veut à l’écoute des clients et de plus en plus de professionnels lui font confiance. Des céréaliers n’hésitent pas à l’appeler pour des dépannages sur leur moissonneuse-batteuse, mais également des éleveurs pour compléter leurs équipements avec, par exemple, des logettes et des abreuvoirs. AgriPro-Center bénéficie également de la confiance de nombreuses communes et collectivités et de paysagistes. Elle leur propose par exemple des micro-tracteurs et des tondeuses et tous les équipements de la motoculture. L’entreprise compte deux salariés mécaniciens et un commercial qui ont la capacité de s’adapter rapidement à toutes les demandes quelle que soit la zone géographique.

Distillerie de Sigolsheim

Cherche volume

Vigne

Publié le 14/10/2016

L’accident est survenu un dimanche soir. « Nous avons une pompe qui ne s’est pas mise en route et nous avons eu un débordement d’une cuve sur le silo qui récupère tous les jus de marc. Du lundi au samedi, nous sommes ouverts et nous vérifions le bon fonctionnement des installations plusieurs fois par jour. Le dimanche, il y a une fréquence de visite moins régulière. Une le matin et une autre le soir. L’incident est vraisemblablement survenu en fin de matinée. Il y a donc eu effectivement un écoulement vers la rivière. Il a été limité. Nous avons été prévenus par la gendarmerie et la mairie. L’incident a été corrigé et nous avons pris les mesures pour répondre à ce problème exceptionnel. Nous avons doublé les fréquences de visite le dimanche et une deuxième pompe a été mise en place. Dans le même temps, la première a été révisée. Il faut rappeler que c’est un problème ponctuel qui s’est déroulé pendant les vendanges. Le reste de l’année, il n’y a pas d’écoulement de jus », explique Erwin Brouard, directeur depuis quatre ans de la distillerie de Sigolsheim. À la suite de cet incident, il a rencontré le directeur régional de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) pour lui faire part de ces mesures correctives et une réunion a eu lieu avec la société de pêche locale. Pour compenser la mortalité des poissons lors de cet incident, l’entreprise prendra en charge l’alevinage de la rivière Weiss sur trois années.

Différentes sources de valorisation

Depuis son arrivée à la direction de la distillerie de Sigolsheim Erwin Brouard cherche à pérenniser l’activité de la distillerie en collectant l’ensemble des coproduits de la viticulture. « Nous voulons traiter des volumes encore plus importants. Sur les trois dernières campagnes, nous nous situons à un traitement moyen de 15 000 à 16 000 tonnes de marcs et environ 50 000 hl de liquides dont une partie vient de Champagne. Nous avons un point d’équilibre qui se situe autour de 18 000 tonnes. Nous avons la confiance de nombreux professionnels alsaciens. Nous ne faisons plus payer le traitement des marcs et il y a une prise en charge pour les transports. Nous rémunérons également les vins à l’hectolitre d’alcool pour rentrer un volume conséquent. D’où cette ouverture vers d’autres vignobles. Dans le même temps, nous avons une politique dynamique qui nous incite à multiplier les sources de valorisation comme, par exemple, les pépins en huilerie afin de bien valoriser les liquides qui restent en distillerie », précise Erwin Brouard. Il ne cache cependant pas qu’il espère arriver rapidement aux 18 000 tonnes de marc. « Nous n’allons pas revenir sur le passé. La situation est claire avec l’arrêté de 2012 sur la collecte et le traitement des marcs. On a également le sentiment qu’avec l’association des viticulteurs d’Alsace (Ava), on a retrouvé une relation saine et correcte. Un dialogue serein existe et nous respectons tous les professionnels qui cherchent une autre voie que celle de la distillerie. Nous cherchons évidemment à avoir leur confiance à l’avenir car, notre distillerie est une entreprise locale qui valorise localement les coproduits de la viticulture alsacienne », rappelle Erwin Brouard. Une distillerie qui a gardé la confiance du groupe Grap’Sud. « Le groupe, qui a réalisé en mars 2016 une augmentation de capital de 850 000 euros, veut pérenniser la distillerie et rester sur le vignoble alsacien ». Une augmentation de capital qui est arrivé après la réalisation d’importants investissements sur le site comme, par exemple, une station d’épuration, une tour aéroréfrigérante ou encore une nouvelle colonne. L’atelier tartrique a également été modifié. « À l’avenir, nous comptons également changer notre chaufferie au fuel lourd pour passer au gaz naturel et faciliter la montée en puissance de notre chaudière biomasse », conclut Erwin Brouard. Rappelons enfin, qu’en pleine saison, la distillerie compte jusqu’à 22 salariés dont 13 à temps plein.

 

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