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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Safer Alsace

En marche pour le Grand Est

Vie professionnelle

Publié le 12/05/2017

La Safer Alsace s’est constituée le 29 janvier 1963 avec comme premier président, Paul Deguille. Elle reçoit son agrément par décret du 2 août de la même année. Le 28 juin 1971, Louis Rudfloff, exploitant agricole à Artolsheim, prend la présidence qu’il assume durant 23 ans. Le 20 juin 1994, Jean-Paul Schneider, agriculteur à Geispitzen, lui succède jusqu’au 26 juin 2009, date à partir de laquelle Marc Moser assume ces fonctions jusqu’à cette dernière assemblée générale.

La Safer a pour mission de préserver les espaces agricoles et de contribuer au maintien et au développement d’une agriculture dynamique, diversifiée et durable. Les évolutions législatives successives ont adapté au fil du temps ces missions. D’opérateur exclusivement agricole, elle est devenue progressivement un acteur de l’aménagement et du développement durable du territoire. « Ces évolutions ont pris en compte la diversité des usages et des fonctions de l’espace rural et périurbain, et donné aux Safer les moyens de contribuer à la protection de l’environnement et des paysages, et au développement local, tout particulièrement dans le cadre de partenariats avec les collectivités territoriales », a rappelé Marc Moser. La loi d’avenir agricole du 13 octobre 2014 et le découpage des régions opéré par la loi du 16 janvier 2015 exigent désormais que la zone d’action de chaque Safer soit constituée par les départements composant la région dont les limites territoriales sont entrées en vigueur au 1er janvier 2016. D’où la naissance de la Safer Grand Est.

Le site d’Eckwersheim réglé

Le rapport d’activité de la Safer Alsace pour l’année 2016 a été présenté. « Notre marché foncier régional a progressé fortement avec une hausse de 14 % des surfaces échangées, pour une valeur des transactions également en forte augmentation de 39 % pour arriver au chiffre de 303 millions d’euros. Ces chiffres sont cependant à relativiser. L’analyse du seul marché agricole régional présente une augmentation des transactions de l’ordre de 4,7 % pour une valeur de transactions de 40,30 M€ », précise Marc Moser. Au titre du marché de l’espace rural, 6 604 opérations ont ainsi été notifiées à la Safer Alsace en 2016. Le marché de l’espace en vue de son artificialisation concerne les biens d’origine agricole qui sont appelés à changer de destination par décision des acquéreurs, tels que les collectivités, les entreprises et les acheteurs privés. La surface ainsi vendue est passée de 306 hectares en 2015 à 836 ha en 2016 ! Elle représente 19 % des surfaces du marché de l’espace rural et une valeur de 155 M€. Cette augmentation est surtout liée à une vente sur la commune de Reichstett d’environ 400 ha sur l’ancien site pétrolier. Les résultats des différents marchés (espace résidentiel et de loisirs, des landes, friches et étangs, forestier, terres et prés, vignes, cultures spéciales) ont ensuite été donnés tout comme les acquisitions et rétrocessions en surface.

« Dans cet environnement toujours difficile, notre société constate malgré tout un résultat positif de près de 65 000 € pour 2016. Un résultat obtenu grâce à une forte activité de fin d’année, mais aussi grâce à une reprise de provision importante sur stock de près de 225 000 € concernant principalement le site d’Eckwersheim. La Safer y avait acquis près de 94 ha en 1996. Différents projets avaient été étudiés durant ces vingt dernières années. Une première rétrocession d’une surface de 51 ha a été signée dès 2011 en faveur de Réseau ferré de France permettant la réalisation de la ligne TGV Paris-Strasbourg. D’autres rétrocessions signées de 2012 à 2015 nous avaient encore permis de réduire le stock d’une douzaine d’hectares. Les négociations fin 2016 avec une filiale de Vinci portant sur les compensations environnementales dans le projet du Contournement ouest de Strasbourg nous ont permis de rétrocéder 16 ha supplémentaires. Cela nous a menés au terme de ce stockage à un montant d’acquisition de près de 1,70 M€. Cette rétrocession a été signée il y a quelques semaines. Il reste un stock résiduel de 13 ha valorisé au prix agricole », a souligné Marc Moser.

Première Safer de France à régionaliser

La matinée s’est poursuivie avec une assemblée générale extraordinaire portant sur la fusion de la Safer Alsace avec celles de Lorraine et de Champagne-Ardenne. Depuis près de deux ans, les réunions et les discussions se sont multipliées pour réussir cette régionalisation. Un comité de coordination a été mis en place pour construire un accord politique, proposer un schéma de gouvernance et définir des nouveaux statuts. Au niveau juridique, il s’agit d’une fusion absorption. La Safer Champagne-Ardenne absorbe celles d’Alsace et de Lorraine afin de minimiser les coûts, notamment les coûts de mutations du stock foncier. La Safer Champagne-Ardenne détient le stock foncier le plus important. Cette décision a pour conséquence la dissolution anticipée des Safer Alsace et Lorraine, sans liquidation, avec transmission universelle du patrimoine à la Safer Champagne-Ardenne qui devient la Safer Grand Est. La fusion sera effective après l’approbation de la fusion par les deux autres Safer et après la décision de mettre fin aux mandats d’administrateurs de la Safer absorbante en vue de la refonte totale de gouvernance et l’élection d’un nouveau conseil d’administration intégrant des administrateurs issus des Safer absorbées.

Marc Moser a présenté les contours du conseil d’administration : « Ce conseil sera mis en place jeudi 11 mai à l’occasion de l’assemblée générale mixte de la Safer Champagne-Ardenne, société absorbante et future Safer Grand Est. Cette assemblée se tiendra à Metz, dans l’hémicycle du Conseil régional. L’ordre du jour portera notamment sur la modification de la dénomination sociale et l’officialisation de la Safer Grand Est, l’adoption de la nouvelle gouvernance et la désignation des administrateurs. Le même jour, le conseil d’administration se réunira pour élire notamment un président et deux vice-présidents issus des trois Safer historiques. Cette Safer Grand Est sera la première Safer de France à régionaliser », a conclu Marc Moser.

Les 28, 29 et 30 avril à Ammerschwihr

89e foire aux vins

Vigne

Publié le 27/04/2017

Le public pourra participer à une dégustation commentée par François Lhermitte, jeune talent sommelier de l’année du Gault & Millau, en accord avec des bouchées préparées par Julien Binz qui vient de décrocher une étoile Michelin. De nombreuses animations sont également au programme avec la découverte de la distillation, un tour du vignoble d’Ammerschwihr en gyropode, des animations musicales, une structure gonflable pour les enfants, une exposition de matériels vitivinicoles et le marché paysan qui se déroulera le dimanche de 10 h à 18 h Pour la restauration, Christelle Richert, originaire d’Ammerschwihr et Masterchef 2012 a concocté un menu « Alambic » et un menu « Kæfferkopf ». Les boulangeries Arnaud et Fred et au Champ de blé comme l’amicale des sapeurs pompiers et ses tartes flambées répondront à toutes les faims.

Mais la foire est surtout l’occasion de découvrir le millésime 2016 et vins de réserves des vignerons du village. « Cet événement Festi’Vins est le rendez-vous de l’année », souligne Romuald Bohn, président du syndicat viticole d’Ammerschwihr. Les domaines participants : Colon Pierre, Ehrart Henri, Heitzmann Alphonse & Fils, Heitzmann Léon, Kappler Jean-Pierre, Kuehn Vin d’Alsace, Meyer Théo & Fils, Schiélé Paul et Denis, Schneider Bernard, Schneider-Noll, Sick-Dreyer, Simonis Jean-Paul & Fils, Tempé André et Fils, Tempé Jessel, Thomas JB et Fils.

Une nouvelle MCM Agri dans le Sundgau

Ensemble, sur le marché de l’agriculture

Vie professionnelle

Publié le 24/04/2017

Six Caisses viennent d’unir leurs forces sur le marché de l’agriculture, Haut Sundgau (Ferrette) présidée par Fernand Antony, La Frontalière (Hégenheim) présidée par Dominique Hohler, Blotzheim présidée par Gilbert Brom, Rhin et Jura (Bartenheim) présidée par Philippe Ginder, La Largue (Seppois-le-Haut) présidée par Charles Gerber, et Regio Plus (Waldighoffen) présidée par Patrick Miesch. Cette dernière Caisse agit également en tant que Caisse pilote. Le siège de ce site agricole est en effet situé à l’agence de Durmenach. Une Caisse qui était disponible, centrale dans ce secteur géographique, identifiée par les clients, et qui permet de préciser la compétence agricole des lieux.

« Nos objectifs sont ambitieux. Nous souhaitons améliorer nos services et proposer à nos clients agriculteurs, et à ceux qui ne le sont pas encore, des produits de qualité et lisibles », explique Christophe Kippelen. Avec Delphine Rogarth et Bernard Guerre-Genton, il va piloter ce « pôle agricole ». Ils seront les interlocuteurs privilégiés des agriculteurs de cette zone géographique. « Nous allons assurer une permanence du service afin de répondre, à tous moments, à nos clients. L’idée est d’être efficace, de proposer une écoute de proximité, d’être un interlocuteur privilégié. Nous souhaitons également aller voir les agriculteurs qui ne sont pas encore clients au Crédit Mutuel. À eux, comme à celles et ceux qui nous font déjà confiance, nous avons une gamme complète de produits à proposer », ajoute Christophe Kippelen. Actuellement, les six Caisses de Crédit Mutuel concernées comptent un peu plus de 200 exploitants agricoles.

Coopérative des sylviculteurs d’Alsace (Cosylval)

Transmettre des forêts d’avenir

Vie professionnelle

Publié le 14/04/2017

Les coopérateurs alsaciens se sont vu remettre une fiche synthétisant les chiffres clés de l’exercice 2015-2016 de la coopérative. Malgré un chiffre d’affaires légèrement en baisse, le volume d’activité est en constante augmentation. Par ailleurs, à l’issue des assemblées de section du matin qui se tenaient à Châtenois et à Sainte-Croix-en-Plaine, une présentation des projets d’appel à manifestation d’intérêt (Ami) Dynamic bois a été proposée aux coopérateurs. Le projet FibAlsace au Nord a été présenté par Pascal Ancel, du Centre national de la propriété forestière (CNPF). Les deux projets « Ami Dynamic Bois 2015 » ont ensuite été détaillés au Sud. Le projet de l’énergie du reboisement Franche-Comté Alsace (Erfcal), a été présenté par Julio Boutry, de Cosylval. Le projet FibAlsace sur le Haut-Rhin avec les actions de mobilisation concertées a été expliqué par Thierry Bouchheid, du CNPF.

Les ambitions du projet Erfcal sont de convertir ou d’améliorer les peuplements pauvres ou malades, de dynamiser la sylviculture, d’inciter les agriculteurs à gérer leurs boisements linéaires ou accrus forestiers naturels. Les animations visent à la réalisation de documents de gestion durable, à la certification des entreprises, à la hiérarchie des usages et à la traçabilité des bois. Les objectifs sont d’améliorer pas moins de 90 hectares, de reboiser 70 ha, de traiter 120 ha d’accrus forestiers et de valoriser des bois des grands réseaux d’infrastructure. Tous ces projets et cette politique forestière ont un seul objectif : transmettre des forêts d’avenir.

25 hectares de peupliers

Dans l’après-midi, les coopérateurs ont pu découvrir et apprécier la populiculture à travers l’expérience de Michel Rolli grâce à une visite commentée de sa propriété située dans la plaine de l’Ill. « Les premières plantations de peupliers ont été réalisées dans les années 1980 après transformation de taillis d’aulne ou en boisement de terre agricole », explique Michel Rolli. L’objectif de gestion de la propriété est la production de bois d’œuvre de qualité déroulage. Le cultivar dominant est le koster qui est élagué de 6 à 10 mètres grâce à l’utilisation d’une nacelle.

La première parcelle visitée a permis d’expliquer le déroulement d’une plantation de peupliers sur zone inondable. « Les plançons ont été installés sur des ados afin de surélever le système racinaire et permettre au peuplier de ne pas se noyer. Un fossé a été ouvert une ligne sur deux afin de drainer au maximum la parcelle et permettre une meilleure reprise des plants », précise Michel Rolli. La deuxième parcelle présentait un essai comparatif de peupliers (six cultivars) réalisé au cours de l’hiver 2002-2003.

Enfin, la troisième et dernière parcelle a été l’occasion de voir l’aboutissement de la gestion populicole de la famille Rolli. À savoir, une parcelle exploitée cet hiver. Les bois ont été commercialisés via le cahier de vente peuplier de l’hiver 2016-2017 réalisé par la coopérative. Le bois d’œuvre qualité déroulage a été vendu en bloc et sur pied, tandis que la qualité palette l’a été bord de route. Les houppiers ont été triés en bord de parcelle puis broyés directement dans des camions à fonds mouvants. Au total, cette forêt de peupliers occupait une surface de 25 ha et se trouvait, en grande partie, en zone Natura 2000.

En fin d’après-midi, les délégués des assemblées de section se sont réunis en assemblée plénière. En présence du commissaire aux comptes, ils ont définitivement validé le résultat financier de l’exercice 2015-2016, procédé au renouvellement du conseil d’administration et honoré trois salariés de la médaille d’honneur agricole en vermeil pour trente années de vie professionnelle, essentiellement chez Cosylval.

Eurogénétique à Épinal. Concours de la race montbéliarde

Java, championne Espoir

Élevage

Publié le 14/04/2017

La dernière journée d’Eurogénétique, samedi 8 avril, a été consacrée au concours montbéliard, au challenge de l’école des jeunes et enfin au concours de la race vosgienne (lire ci-dessous). Pour le concours montbéliard regroupant de superbes animaux, cinq vaches haut-rhinoises issues de quatre élevages avaient fait le déplacement.

Impériale (Urocher x Papayou), de Serge Stimpfling à Aspach, a fait sixième sur huit en catégorie Espoir, vaches en première lactation. Dans la catégorie jeunes vaches, Holly (Ulemo x Tonnage), de l’EARL Hatstatt de Muespach, a terminé cinquième de section. Horloge (Afene x Piazzetta), de l’EARL Peter de Saint-Bernard, s’est placée sixième et Girolle (Vercel x Ugostar), du Gaec du Blochmont, septième. Enfin dans la catégorie vaches adultes, Georgette (Urbaniste x Oxalin), également de l’EARL Peter, en quatrième lactation, a fini quatrième de sa section.

Mais, la grande performance est venue de l’Esat du Sonnenhof à Bischwiller dans le Bas-Rhin, dont quatre vaches concouraient : Java (Fusionnel x Haida), Josée (Goldoni x Banane), Huitre (Ulcoto x Darcy), Haida (Urbaniste x Venus). Java, présentée par Jean-Marie Schoenel, a été désignée championne Espoir. Née le 2 juillet 2014, elle a vêlé pour la première fois le 1er mars 2017. « C’est effectivement une belle vache. Et nos jeunes s’en occupent très bien. L’Esat du Sonnenhof, dont je suis responsable de l’exploitation, a vocation d’accompagner les jeunes dans le monde agricole et de leur trouver un travail. En attendant, ils sont chez nous et participent, au quotidien, à la vie de l’exploitation. La fondation date de 1876 et l’Esat fête cette année son quarantième anniversaire. Nous sommes là dans une belle lignée puisque la mère de Java a été championne à deux reprises à Paris. Et Java est sa première fille », précise Jean-Marie Schoenel.

Concours de la race Vosgienne

Esmeralda, grande championne

Élevage

Publié le 13/04/2017

Les éleveurs de vosgiennes haut-rhinois sont fidèles au rendez-vous d’Eurogénétique. Le Gaec des Hautes Huttes à Orbey est venu avec Idylle, une vache en première lactation, et Frida, en quatrième lactation. L’EARL Deybach à Mittlach présentait Issa en première lactation. Yvan Pierrez de Sondernach proposait deux vaches : Iris, en deuxième lactation, et Déesse, en cinquième lactation. Le Gaec des Trois Fours à Muhlbach-sur-Munster présentait Fara, en quatrième lactation. L’EARL Jean Wehrey à Breitenbach avait fait le déplacement avec Flora et Carmen, deux vaches en cinquième lactation. Et le Gaec Schubnel proposait Esmeralda en quatrième lactation.

Neuf vaches parmi vingt-huit concurrentes réparties en quatre sections étaient en lice pour le concours de la race vosgienne, présidé par le juge Florent Campello de Mittlach, président de l’association des éleveurs de la race vosgienne du Haut-Rhin. Il n’a pas caché son enthousiasme et sa satisfaction de voir un concours d’une telle qualité. Dans la première section, Imelle du Gaec Saint Ajol de Saint-Bresson en Haute-Saône, a été sacrée meilleure mamelle Jeune puis championne Jeune. Une belle satisfaction pour l’éleveur de cette vache née le 11 novembre 2013 dont le premier vêlage est survenu le 17 juin 2016.

Triplé haut-rhinois

Dans la troisième section, celle des vaches en troisième et quatrième lactation, le Haut-Rhin a placé ses trois vaches aux trois premières places. À savoir : Esmeralda devant Frida et Fara. Une nouvelle reconnaissance pour le département et la qualité de ses élevages. Pour Esmeralda, c’était le début d’une belle série. Le jeune Clément n’en était qu’à ses premiers tours de piste quand sa vosgienne préférée a été sacrée meilleure mamelle Adulte, puis championne Adulte. Quelques instants plus tard, c’est encore Esmeralda qui a été sacrée grande championne.

Pour Florent Campello, la satisfaction est entière. « Cela a été un magnifique concours avec de superbes animaux dans toutes les catégories. Pour les vosgiennes, il y avait de tout. De la mixité, de la longévité, de la mamelle, des aplombs. On a vu tout ce que l’on aimait dans la vosgienne. Et cette grande championne, c’est exactement le standard de la race. On a envie de l’avoir sur son exploitation. » Une belle conclusion pour cette édition d’Eurogénétique. Rendez-vous est pris l’an prochain, à Colmar cette fois.

Association des viticulteurs d'Alsace

En mode premier cru

Vigne

Publié le 05/04/2017

En faisant le tour des sous-régions avant l’assemblée générale, le président de l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA), Jérôme Bauer, a constaté que les viticulteurs alsaciens étaient divisés au sujet de la hiérarchisation et de cette strate premier cru. « Il est maintenant temps d’arbitrer, de décider. Il faut prendre ce virage historique. Fin décembre, la commission nationale de l’Inao a bien accueilli ce projet. À nous de saisir cette opportunité qui ne se représentera pas avant plusieurs décennies. Nous avons l’occasion de corriger l’erreur historique de positionnement des grands crus ; les rendements autorisés lors de leur création à partir de 1975 avaient été fixés généreusement à 70 hl/ha contre 50 à 55 hl/ha aujourd’hui. Il ne faut pas refuser ce dossier de peur de perdre quelques hectolitres de rendements ».

Les premiers crus sont convoités par toute la France viticole. Dans la hiérarchie des appellations, les premiers crus s’intercaleront entre les 51 grands crus et les dénominations géographiques, à savoir les lieux-dits et les 13 « communales », contraintes de tailler plus court. Le cahier des charges de l’appellation premier cru prévoit notamment l’obligation de limiter les volumes à 55 hl pour les blancs, 45 hl pour les rouges, d’élever le vin au minimum jusqu’au 1er juin de l’année suivant la récolte, au 1er octobre au moins pour les pinots noirs. Autre petite révolution : la mention « sec » fera son apparition sur les étiquettes, selon les règles fixées par l’Union européenne. L’objectif pour l’Alsace est de se hisser dans l’élite des vignobles français ; les premiers crus étant notamment une dénomination de la Bourgogne. « Notre vignoble a toutes les cartes en main pour asseoir les terroirs. Soyons responsables de notre avenir. Vous avez les clés de notre futur en main », ajoute Jérôme Bauer.

Un enjeu considérable

Le président du Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace (Synvira), Pierre Bernhard, considère cette réforme comme intéressante, mais il émet quelques réserves : « Il faudrait que la modification des rendements s’effectue progressivement, par étapes, et que la petite famille des communales s’élargisse. Il faut en effet construire un projet communal qui tienne la route ».

À Ottrott, l’inquiétude est palpable pour le célèbre vin rouge de la commune viticole. « La baisse de rendement demandée est considérable. Si on demandait une telle baisse dans « l’océan » du vin blanc en Alsace, il y aurait les mêmes réactions négatives. J’ajoute que cette réforme oublie un point important. À aucun moment, elle ne parle de typicité de nos vins », s’agacent de concert Bernard Schmitt et Stéphane Vonville, viticulteurs à Ottrott. Jérôme Bauer reconnaît le cas particulier d’Ottrott : « Ça risque de piquer en effet mais, la porte est ouverte. Je veux bien défendre annuellement l’idée d’un rendement butoir de 10 %, en fonction de chaque millésime. Je ne fais la leçon à personne. Mais, nous devons avancer. »

La coopération, qui s’est réunie sur ce sujet, a pour sa part marqué sa désapprobation. Jean-Luc Hanauer, président de la cave de Pfaffenheim, a rappelé que la coopération était le « premier metteur en marché de grands crus. La majorité souhaite le maintien des grands crus à 55 hl, et les 60 hl. » Immédiatement, Jérôme Bauer réagit. « OK, mais ce n’est pas vendable à la commission d’enquête ».

« Augmenter de 3 € le prix d’une bouteille d’un grand cru ne doit pas poser de problème. Les vins salins, profonds, les vins de terroir qui procurent de l’émotion se paient. Ces efforts supplémentaires demandés sont nécessaires, vu l’enjeu. Nous ne sommes pas assez fiers de notre travail. La qualité est dans la bouteille et elle se paie au niveau mondial. Pour moi, ce projet semble cohérent », argumente Pierre Gassmann, viticulteur à Rohrschwihr. Jean-Michel Deiss est du même avis. « Nous ne produirons plus de 50 hl/ha. La commission n’a pas dix années d’avance. Elle constate simplement la réalité. Je regrette simplement que vous n’alliez pas assez loin pour les communales ». Olivier Humbrecht, viticulteur à Turckheim qui porte le dossier « premier cru » à l’AVA, estime, pour sa part, que les professionnels qui veulent des premiers crus à 60 hl sont des opportunistes. « La question est de savoir comment je peux faire pour multiplier par deux ou trois nos prix de vente. Quel est le prix moyen des rouges d’Ottrott ? L’important est de se concentrer sur la valorisation, et accessoirement d’éviter de faire du tort aux régions viticoles. Car si l’Alsace rejoint la prestigieuse famille des vignobles à la hiérarchie des crus bien établie, elle devra aussi tenir son rang face aux consommateurs. »

Après débat, le président propose de passer au vote. Il innove en demandant aux adhérents de voter avec des bulletins rouges (opposés), verts (favorables) et blanc (abstention). Un vote à bulletins levés donne un vert majoritaire dans la salle du Cref de Colmar.

Pour un juste prix

À propos des prix et la valorisation des vins d’Alsace, si des progrès ont été constatés, il reste « du chemin à parcourir ». Les vins bradés « donnent une image négative, destructrice. Nous venons d’avoir une belle récolte 2016, tant en quantité qu’en qualité. L’Alsace est la seule région productrice à pouvoir approvisionner les marchés. Nous devons arrêter de vouloir nous vendre au prix le plus bas. Ce n’est pas acceptable », estime Jérôme Bauer.

Le directeur du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace, Jean-Louis Vézien, donne les derniers chiffres. La dernière récolte a été conforme à la moyenne historique de la région : 1 176 353 hl, soit une hausse de 19 % par rapport à 2015 et une hausse de 12 % par rapport à la moyenne quinquennale. « Nos disponibilités, de l’ordre de 2 637 630 hl, sont également en hausse de 7,4 %. » Pour le vrac, le gewurztraminer est à 3,51 €/l, le riesling à 2,82 €/l, le sylvaner à 1,83 €/l, le pinot noir à 3,08 €/l, le pinot gris à 2,82 €/l et le pinot blanc à 2,18 €/l. Enfin, le marché en bouteille a connu une baisse de 6 % en 2016. Cette baisse est plus importante à l’export (- 11 %) avec 244 441 hl qu’en métropole (- 4 %) avec 715 460 hl. Les ventes dans les pays tiers ont triplé ces vingt dernières années. Par ailleurs, la baisse des ventes de vins d’Alsace constatée en 2016 se poursuit sur les deux premiers mois de l’année 2017. « C’est lié à une insuffisance de l’offre consécutive aux trois petites récoltes 2013, 2014 et 2015. Le fléchissement étant plus important sur nos premiers marchés qui sont aussi les plus sensibles aux prix. » En 2016, 4 005 déclarants sont enregistrés soit une baisse de 13 % (851 déclarants) sur ces cinq dernières années. « Il ne faut pas interpréter cela comme un signe de déprise, mais comme une preuve supplémentaire de la professionnalisation du vignoble alsacien », ajoute Jean-Louis Vézien.

L’assemblée générale s’est terminée avec un rappel des orientations pour le millésime 2016 et quelques points d’actualités, comme la lutte préventive contre la flavescence dorée.

Nouvelle MLT agricole Manitou

Un chariot télescopique idéal pour le monde agricole

Technique

Publié le 29/03/2017

Somatec possède la carte Manitou depuis 1962. Le groupe Somatec est composé de trois sociétés : Somatec manutention, concessionnaire Manitou, Toyota (sauf Alsace) et Mustang ; Somatec MTPI, concessionnaire Volvo, Mecalac et Fuchs ; et EMS, une filiale de location pour le bâtiment, l’industrie et les travaux publics avec un parc de 400 matériels en Alsace et en Lorraine.

Deux journées ont été organisées le mercredi 15 mars à l’EARL Bellevue à Bisel et le samedi 25 mars dans la zone industrielle du Eigen à Dettwiller. « Nous avons souhaité organiser ces deux journées chez un client et dans une zone car cela permet de valoriser le matériel la nouvelle gamme Manitou. Nous vendons nos premiers exemplaires actuellement en Alsace, en France et en Europe. C’est une machine déjà très appréciée car Manitou a fait un gros travail d’écoute auprès de la clientèle. », explique Jean-Marc Millée, directeur opérationnel et commercial chez Somatec manutention.

Une cabine insonorisée

Cette nouvelle gamme agricole de chariots télescopiques Manitou a été conçue pour accompagner les agriculteurs au quotidien avec des exigences de confort, de performance et d’efficacité. La cabine offre une large visibilité panoramique. L’accès à la cabine a été entièrement revu, avec un escalier doté d’une marche antidérapante. De grandes poignées sur le montant du chariot rendent la descente et la montée plus aisée. À l’intérieur : siège en tissu, colonne de direction réglable en hauteur et en profondeur, climatisation, pare-soleil, vitre électrique, port USB, prise 12V sans oublier une bonne insonorisation. Les commandes sont à portée de main et clairement identifiées à l’aide de pictogrammes et de codes couleurs.

Ce produit français fabriqué à Ancenis près de Nantes a une puissance adaptée qui permet une consommation maîtrisée. Les nouvelles transmissions ont également été adaptées avec de nouvelles boîtes de vitesses. Le chariot télescopique est présenté en trois modèles : MLT 635-130 PS +, MLT 733-105 et MLT 737-130 PS +. « Il y a là une large gamme de produits et de services qui s’adaptent à tous les besoins de nos clients », conclut Jean-Marc Millée.

GDS Alsace

L’action sanitaire ensemble

Élevage

Publié le 28/02/2017

Les éleveurs se sont retrouvés mardi 21 février lors de l’assemblée générale du Groupement de défense sanitaire (GDS) Alsace sous la présidence de Patrick Bastian. Sans langue de bois, ce dernier a tout d’abord dressé le bilan de l’année écoulée. « Elle va nous marquer pendant longtemps. Il faut espérer que 2017 sera plus positive. Je pense au prix du lait qui a commencé à remonter et qui doit le faire encore davantage. Je pense à la viande. Depuis tant d’années, nous connaissons des prix bas. Et il y a peu d’espoir pour que cela s’améliore. Je pense aux céréales. Du jamais vu avec des semis compliqués, des récoltes difficiles, des rendements mauvais et une météo capricieuse. Dans ces conditions, il n’est malheureusement pas étonnant qu’autant d’exploitants agricoles fassent appel à la Chambre d'agriculture d’Alsace pour tenter de trouver une solution à leur situation économique », explique Patrick Bastian.

Il fait le constat que, dans le même temps, la politique agricole gouvernementale est illisible et incompréhensible. Elle manque d’ambition. Et, à ces difficultés, s’ajoutent les actions médiatiques de lobbys anti-agricoles. « Ces films chocs font très mal aux éleveurs et à la profession agricole en général. Que l’on ne veuille pas manger de viande par choix personnel est respectable. Mais que l’on cherche à imposer cela à la société est inacceptable. Il y a des limites que ne connaissent pas certains médias qui cherchent à faire de l’audimat. Mais ces images font mal aux éleveurs qui cherchent à travailler le mieux possible et à vivre de leurs produits », s’agace Patrick Bastian. Le président du GDS Alsace n’a cependant pas éludé les difficultés internes à la profession. À commencer par le dépôt de bilan de Copvial. « Cela a posé des problèmes, il ne faut pas le cacher. Ce qui s’est passé a été un choc pour tout le monde. Je pense en premier en lieu aux employés et aux agriculteurs utilisateurs. Une solution acceptable a été trouvée pour l’abattoir et pour les éleveurs », ajoute Patrick Bastian.

L’association sanitaire régionale Grand Est

Patrick Bastian s’interroge également sur les épisodes répétés de grippe aviaire. Néanmoins, il trouve des raisons d’espérer pour l’avenir. De plus en plus de jeunes s’installent ou ont des projets pertinents. En tout, plus de 1 000 dossiers sur tout le Grand Est. Et l’action sanitaire poursuit son évolution dans une action commune sur toute la région. « Nous avions déjà un programme sanitaire en Alsace. Nous appliquons ce qui marche à l’ensemble de la nouvelle grande région. Depuis quelques semaines, l’Association sanitaire régionale (ASR) Grand Est regroupe le GDS Grand Est avec les trois Fredon d’Alsace, de Lorraine et de Champagne-Ardennes. C’est la structure régionale de la gouvernance sanitaire. L’ASR est chargée d’élaborer, de soumettre à l’approbation de l’autorité administrative, un Schéma régional des dangers sanitaires (SRMDS) et d’en coordonner sa mise en œuvre. Par ailleurs, elle est chargée d’élaborer les programmes volontaires collectifs de prévention, de surveillance et de lutte contre certains dangers sanitaires comme la BVD », précise Patrick Bastian.

Précisément, le plan de lutte contre la BDV est particulièrement efficace. Tous les départements de la région Grand Est s’impliquent pour cette éradication qui prendra encore quelques années. La lutte contre l’IBR affiche le même pragmatisme. « On arrive au terme et il convient de trouver des solutions acceptables pour les cas qui restent. Quoi qu’il en soit, il faut séparer les cas positifs de ceux qui ne le sont pas. Et, surtout, s’en donner les moyens, partout. » La tuberculose pose davantage de difficultés. La maladie progresse, notamment dans les Ardennes. « Il faut donc mettre un budget conséquent pour la maîtriser le mieux possible et être solidaire entre les départements. » Enfin, pour la FCO, il faut s’interroger sur la pertinence de vacciner ou pas les animaux, sachant que l’été va arriver et, avec lui, les transports et les déplacements d’animaux. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de cas dans le Haut-Rhin.

Qui finance quoi ?

L’assemblée générale a par ailleurs été l'occasion de se pencher sur les conséquences de la loi NOTRe avec la suppression de clauses de compétences générales pour les Départements. « À l’heure actuelle, nous ne savons toujours pas qui finance quoi. Cela pose un problème pour le financement des GDS. Pour ces derniers, ces financements servent à lutter contre les maladies. C’est donc de l’investissement. Mais qu’en est-il du financement des personnels ? Qu’est-il prévu ? Il est désormais temps de savoir. Les Départements affichent leur volonté de continuer à financer la lutte contre le risque sanitaire s’ils obtiennent des moyens supplémentaires de l’État. Nous espérons que les réunions prévues au mois de mars permettront de débloquer la situation et d’en savoir davantage », conclut Patrick Bastian.

Un tour des activités du GDS Alsace a permis de constater une baisse du nombre d'élevages bovins actifs dans la région. Le 30 septembre 2016, il y en avait encore 2 193, contre 3 000 en 2006. En revanche, l’effectif moyen poursuit sa hausse : 172 337 bovins en 2016, contre 167 249 en 2014 et 163 936 en 2006. Par ailleurs, 805 exploitations avaient un cheptel qui dépassait les 80 bêtes et 785 en avaient entre 1 et 20, 339 entre 41 et 80 et 262 entre 21 et 40. La race holstein était la plus représentée (76 993) devant la charolaise (31 249), et la montbéliarde (19 145). Concernant la charte des bonnes pratiques d’élevage, les taux d’adhésion en Alsace sont en forte hausse. Les principales marges de progrès observées dans les cheptels concernent la présence du document unique de prévention des risques, la bonne tenue du carnet sanitaire et la présence d’un bilan sanitaire, d’un protocole de soin ou la conservation des ordonnances.

En fin de réunion, Isabelle Tourette, vétérinaire conseil à GDS France, et Thiébaut Fritsch, vétérinaire praticien, sont intervenus sur le thème du bon usage des antibiotiques et des enjeux sur la santé publique. C’est ensuite le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Laurent Wendlinger, qui a clôturé la journée. « Le risque sanitaire est l’épée de Damoclès qui plane sur nos têtes et qui s’ajoute aux difficultés actuelles. Après une année 2016 très difficile, nous cherchons tous à rebondir. La Chambre d'agriculture d’Alsace est là pour accompagner les exploitants agricoles en difficulté. La cellule Réagir est malheureusement victime de son succès. Il faut cependant profiter de ce moment pour préparer demain. Cela passe par la recherche de l’innovation et de la compétitivité. Il faut tendre vers un projet agricole Grand Est ambitieux et volontariste. Il faut créer de la valeur ajoutée, rechercher la compétitivité et l’innovation sur l’ensemble de la chaîne. Il faut continuer à travailler pour renouveler les générations et consolider nos systèmes de production. L’élevage alsacien est divers et complémentaire avec sa filière viande, laitière, sa production de montagne et de plaine. Il faut des projets dynamiques, croire en l’avenir, et continuer à œuvrer pour dynamiser ces filières agricoles tout en s’adaptant aux enjeux sociétaux. Nous avons des outils pour y parvenir et nous le ferons en communiquant davantage, notamment avec l’arrivée d’une attachée en communication. Il est important d’être présents sur les canaux de communication et de répondre à nos détracteurs. Pour le GDS, nous devons continuer à œuvrer tous ensemble au niveau du Grand Est pour la recherche de l’excellence sanitaire. »

Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), Arvalis-Institut du végétal, Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles (FRSEA Grand Est)

Le rendez-vous des irrigants

Cultures

Publié le 21/02/2017

Pour irriguer, il faut que les conditions météorologiques le nécessitent. Et, sur ce point, l’année 2016 a été particulièrement atypique. Pour le blé, après un printemps frais et humide, il n’y a pas eu besoin d’irriguer. Les rendements moyens en Alsace ont été de 51 quintaux. Pour le maïs, l’humidité pendant les semis a posé de nombreuses difficultés. Mais, après une grosse période pluvieuse, la sécheresse a nécessité, à partir de début juillet, une irrigation jusqu’au mois de septembre. Les rendements moyens ont été de 100 q tous secteurs confondus. Mais, l’irrigation a été variable selon les secteurs. Elle a souvent démarré dans les sols superficiels, puis dans les sols plus profonds. Il a fallu entre quatre et dix tours d’eau selon les secteurs géographiques. Pour le soja, la même période de sensibilité que pour le maïs, de début juillet à fin août, a requis des besoins en eau inférieurs. Pour informer les agriculteurs, le « Flash Irrigation » est désormais un outil d’aide à la décision particulièrement utile et performant. Il informe de la météo et du besoin en eau par culture (réel et prévisionnel), propose un réseau de suivi tensimétrique et donne le conseil du moment par secteur et par type de sol tout en assurant un suivi sur l’humidité du maïs en fin de saison. Pour s’abonner, il faut, au préalable, adhérer au « Pack Essentiel ».

88 % de l’irrigation vient de la nappe phréatique

Concernant la philosophie générale de l’irrigation, en Alsace, elle ne pose aucune difficulté « morale » dans la mesure où 88 % de l’approvisionnement vient de la nappe phréatique, 9 % des canaux de la Hardt alimentés par le Rhin, 3 % des rivières vosgiennes gérées par des syndicats d’eau. « Il n’y a pas de soucis de quantité d’eau en Alsace », a-t-on précisé. En revanche, les agriculteurs peuvent influer sur les coûts de leur irrigation car en moyenne, l’énergie représente 50 % de la charge d’irrigation. « Les paramètres qui influencent cette consommation énergétique concernent les caractéristiques de la station de pompage (niveau de l’eau, performances de la pompe), les canalisations d’amenée d’eau (diamètre, longueur, matériaux, coudes) et l’enrouleur (longueur, diamètre, pression au canon, débit). Le débit est donné par le diamètre de la buse et la pression de service ; l’augmentation de pression va créer des gouttelettes qui vont accentuer la sensibilité au vent. Concernant les pertes de charges ou de pression, il faut distinguer les pertes singulières (coudes, vannes) et les pertes linéaires (frottement dans les conduites) qui vont dépendre du diamètre. Plus il sera petit, plus la perte de charge sera importante. Elles vont également dépendre de la longueur d’amenée, mais également du débit », explique Jonathan Dahmani, conseiller irrigation à la CAA. Il y a une grande variabilité en fonction du système d’irrigation utilisé. La Chambre a ainsi mené une série de tests pour connaître la différence de coûts. Quatre systèmes ont été étudiés : enrouleur avec énergie thermique, enrouleur avec énergie électrique, pivot une rampe avec énergie thermique et pivot une rampe avec énergie électrique. Lorsque la ressource est non limitante comme en Alsace avec la nappe phréatique, il faut s’interroger sur le choix et le type de buse de l’enrouleur. Enfin une pompe ou un moteur fatigué a beaucoup plus d’influence sur la consommation que la cylindrée.

Redevance sur l’eau

Concernant les points réglementaires, à Ebersheim, le secrétaire général de la Fdsea du Bas-Rhin Gérard Lorber a précisé les contours réglementaires de la redevance pour l’eau. « Elle a été mise en place il y a longtemps et elle est régie par la loi sur l’eau. Un arrêté précise que toute personne qui pompe de l’eau est censé la mesurer. Il fallait donc une mesure de captage direct. Les compteurs horaire ou volumétrique sont autorisés sauf pour les rivières. Il y a également obligation pour les exploitants de tenir un registre. Les compteurs qui ont plus de neuf ans sont à changer pour la campagne 2018 ». Enfin, Patrice Denis et Jonathan Dahmani ont évoqué la directive Nitrates dans le cadre du cinquième programme, spécifiquement sur la couverture des sols.

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