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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Denis Digel, chevalier dans l’ordre du Mérite agricole

La terre rassemble les jardiniers

Vie professionnelle

Publié le 27/09/2017

En tant que « marraine » du récipiendaire, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA a rappelé le parcours de Denis Digel. Sa passion pour le football, mais surtout pour les légumes. Ses engagements au sein de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace, à la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, à Légumes de France notamment. « On connaît Denis Digel pour sa volonté de faire progresser la profession agricole, pour sa pédagogie, mais aussi pour sa maîtrise de nombreux sujets syndicaux. À commencer par tout ce qui concerne le travail, le salaire minimum, les distorsions de concurrence, les aides européennes. Son engagement est total. Il a été à l’initiative du premier salon Saveurs et soleil d’automne en 2009. Il est élu à la Chambre d'agriculture depuis 2013. Et, depuis 2016, il a impulsé le magasin Cœur Paysan à Colmar. Il est également très présent sur les réseaux sociaux pour défendre et promouvoir la profession agricole. Toutes ces actions font de lui cette reconnaissance méritée », a expliqué Christiane Lambert.

Une reconnaissance qu’il puise dans les valeurs humanistes de sa ville natale, résumées sur le porte-cierge des maraîchers : « La terre rassemble les jardiniers ». Une phrase que Denis Digel porte en héritage et qui conduit son action. Ému, Denis Digel s’est dit surpris d’avoir obtenu une telle distinction. « C’est appréciable. C’est une reconnaissance de tout ce que je fais depuis quelques années pour promouvoir l’agriculture et militer pour son avenir. » Il s’est dit heureux de travailler en faisant partie d’un organisme, d’une filière « qui permet à des gens ordinaires de faire des choses extraordinaires », avant d’avoir une pensée pour les deux prédécesseurs de Christiane Lambert à la présidence de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer et Xavier Beulin. Il a ensuite rappelé son engagement communal à Sélestat et, bien évidemment, pour Cœur paysan. Enfin, il a dédié cette distinction à son épouse, Céline, et à ses deux enfants, « qui supportent mon engagement tous les jours. Quand j’entreprends une action syndicale, ils sont là, ils supportent et me soutiennent à leur façon, même si parfois ils préféreraient que je sois avec eux à la maison. Ils contribuent à mon équilibre. »

Le fromage Cœur de massif se développe

Un produit de diversification

Élevage

Publié le 26/09/2017

Installé avec sa compagne, Sarah Grewis, sur l’exploitation familiale située au cœur du village de Sondernach - le Gaec de la ferme de l’Estive -, Pierre Deybach, 32 ans, transforme 250 000 litres de lait pour produire ses fromages : munster, bargkass et Cœur de massif. Il élève ses vingt vaches vosgiennes et sa vingtaine de génisses sur deux sites : 40 hectares sur le secteur de Sondernach, et 50 ha d’alpage sur le versant nord du Hohneck, côté Lorraine. C’est là-bas, entre 1 100 et 1 350 mètres d’altitude qu’elles passent les beaux jours, de juin à septembre. Deux sites et donc deux lieux de travail. « Nous avons une salle de traite mobile. Nous montons au Hohneck deux fois par jour pour effectuer la traite des vaches. La première se fait à 6 h 30, le matin. Nous partons de la ferme dès 6 h. Les génisses, elles, restent en bas pour pâturer les prés qu’on ne peut pas faucher », explique Pierre Deybach.

L’éleveur ne vend pas son lait à une laiterie. Il transforme la quasi-totalité de sa production pour réaliser ses fromages, en moyenne 9 tonnes chaque année. 50 % de sa production est vendue directement au magasin à la ferme, ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 10 h à midi. Chaque jour une dizaine de clients se présentent au magasin qui propose également de la charcuterie, des yaourts, des jus de pommes ou encore des produits dérivés de l’Organisme de sélection de la race bovine vosgienne (OS vosgienne). L’autre moitié de la production part dans des boucheries, des fermes auberges de la vallée de Thann, des magasins de vente à Munster, des boulangeries ou encore le marché de Muhlbach-sur-Munster le samedi matin. La ferme de l’Estive est en bio depuis l’installation de Pierre Deybach en 2012. « Le marché était saturé et nous voulions travailler différemment, faire quelque chose de nouveau. Et, surtout, la demande était là. Nous avons donc franchi le pas même si le coût des aliments a été doublé », ajoute l’éleveur.

Valoriser la vache vosgienne

Historiquement, la ferme produit du munster, du bargkass, mais aussi de la tomette. Depuis mai 2016, Sarah Grewis et Pierre Deybach proposent également à leurs clients du Cœur de massif. L’idée était de diversifier la production, mais également de valoriser la vosgienne. « La fabrication du Cœur de massif est plus rapide. Cela nous libère du temps pour travailler dans les meilleures conditions. C’est un fromage plus économique et de meilleure qualité. Il nécessite cependant davantage de manipulations. Nous en produisons environ 2 tonnes chaque année », résume Pierre Deybach.

Il constate avec satisfaction que le fromage est très demandé par ses clients. Il est du coup assez souvent en rupture de stock, car la production du Cœur de massif nécessite deux mois d’affinage. « Du coup, nous sommes bien contents de pouvoir proposer d’autres fromages. Mais, c’est vrai que les gens apprécient le Cœur de massif qui convient parfaitement pour les raclettes. Facilement reconnaissable grâce à sa forme carré, vous trouverez sous sa croute tachetée grisée à brune, une texture moelleuse et onctueuse, un gout floral et fruité prononcé grâce à l’alimentation des vaches Vosgiennes sur le Massif Vosgien.Il se déguste facilement », commente Pierre Deybach. Son prix de vente, qui permet de valoriser le travail des éleveurs, a été fixé par l’OS vosgienne entre 16 et 18 € le kg. À la ferme de l’Estive, le prix est de 16 €. « Nous constatons que les gens ne sont pas regardants sur les prix. Ils cherchent avant tout de la qualité. C’est précisément notre état d’esprit. Ici, le magasin de vente se trouve à l’avant de l’atelier de transformation que l’on distingue à travers les vitres. Derrière, il y a les bêtes. Chez nous, tout est visible », précise Sarah Grewis.

Se former

À l’avenir, le jeune couple d’éleveur compte bien produire encore davantage de Cœur de massif qui représente pour l’exploitation une vraie source de diversification. « Et un joli coup de publicité, car ce nouveau fromage nous a apporté de nouveaux clients. Des touristes, mais surtout beaucoup des gens du secteur. Aujourd’hui, la demande est supérieure à notre offre. Donc, notre défi à l’avenir est de pouvoir produire davantage pour y répondre. C’est intéressant car, quand on transforme, on n’est pas dépendant d’une laiterie. Le fait de réaliser un produit local et régional permet également de maîtriser les charges, de trouver de nouveaux débouchés, de sécuriser le travail », souligne Pierre Deybach.

Il fait partie des 24 producteurs qui ont été formés par l’OS depuis début 2015 pour produire du Cœur de massif (lire en encadré). Une formation annuelle appréciée et nécessaire. « Cela nous a permis de faire une étude de marché. Nous avons alors constaté qu’il y avait un potentiel de vente de 18 t en Alsace-Lorraine et de 70 t pour toute la France. En 2016, 33 t ont ainsi été produites. En 2017, 44 t devraient l’être. Il y a donc une belle et réelle progression. Elle ne répond cependant pas encore à la demande. Nous cherchons à attirer de nouveaux éleveurs pour produire du Cœur de massif. Ce qui leur permettrait de se diversifier eux aussi », précise Laurine Spieser, chargée de mission circuits locaux et diversification à l’OS vosgienne. Une formation Vivea est prévue en hiver (en janvier) sur trois journées et demie dont une demi-journée en fromagerie avec un exploitant qui produit déjà du Cœur de massif. Et une journée en salle consacrée à toutes les explications nécessaires sur la transformation et les deux cahiers des charges.

Parmi les points à respecter, il faut, par exemple, avoir un minimum de 55 % de vaches vosgiennes dans son cheptel, avec une augmentation de 5 % par an, et respecter des normes de production strictes. Les exploitations doivent ainsi s’engager à ne pas utiliser d’ensilage (maïs et herbe), et tout autre fourrage ayant un taux de matière sèche inférieur à 50 % (enrubanné) dans l’alimentation des vaches laitières, à limiter la complémentation des animaux à 1 200 kg de concentré/vache/an. Ils s’engagent aussi à avoir un minimum de 150 jours de pâture pour les vaches en lactation avec un minimum de 30 ares de pâture par vache, un maximum de 70 unités d’azote minéral par hectare d’herbe ou encore à ne pas utiliser de produits phytosanitaires sur les surfaces en herbe.

Chez Jean-Luc Galliath à Bergholtz

Encore hébergés chez le viticulteur

Vigne

Publié le 16/09/2017

Il s’agit de sa 41e vendange chez le viticulteur haut-rhinois. Il n’a jamais vendangé ailleurs. Et surtout pas chez lui où il n’y a pas de vignoble. Philippe Laurent habite à Grandvillers, une petite commune non loin d’Épinal dans les Vosges. À 57 ans, il est en fin de carrière et travaille dans le pompage de béton. Et c’est au tout début de sa carrière professionnelle qu’il rencontre Jean-Luc Galliath. « Je bossais pour mon entreprise dans un hôtel non loin de Bergholtz. J’ai croisé quelqu’un qui vendangeait chez lui et qui m’a demandé si cela pouvait m’intéresser. J’ai eu envie d’essayer. Cela s’est très bien passé. Depuis, je reviens chaque année », raconte Philippe Laurent.

À l’époque, partout dans le vignoble, la plupart des vendangeurs étaient hébergés. Cela se déroulait dans la convivialité. Le travail était prenant en journée. Et le soir venu, c’était la fête. Petit à petit, les contraintes administratives, l’évolution sociétale, mais également les disponibilités des potentiels vendangeurs ont fait que ce qui était la règle est devenu une exception. Philippe Laurent est ravi de poursuivre l’aventure. « Avec mon employeur, c’est très clair. Il sait que pendant trois semaines, je suis ici. J’ai commencé comme simple coupeur avant de pouvoir assumer quelques responsabilités », se félicite le Vosgien. En réalité, Philippe Laurent est devenu son bras droit, son homme de confiance. « Il connaît toutes mes parcelles. Après toutes ces années, il a également bien compris ma philosophie de travail. Une relation amicale et professionnelle existe désormais entre nous. Du coup, je lui fais entièrement confiance. C’est lui qui s’occupe des vendangeurs en tant que « chef d’équipe ». Quand je ne suis pas là pour une raison ou une autre, je sais qu’il est là et que cela va bien se passer », précise Jean-Luc Galliath.

Depuis neuf vendanges, Philippe Laurent est accompagné d’Alain Crépin. Domicilié à Épinal, ce jeune retraité de La Poste, âgé de 63 ans, n’a pas hésité à suivre son ami. « Quand j’étais en activité, c’était impossible de me libérer. Dès la retraite, j’ai suivi Philippe qui me parlait des vendanges depuis de nombreuses années. Cela me permet d’être actif. J’apprécie cette période. Ici, on bosse dans la convivialité. Cela change du « train-train » quotidien. Et, du coup, cela me permet de mieux comprendre comment on fait le vin. Pour ma part, je coupe, je vide les seaux. Et puis je prépare la caisse de boisson », ironise Alain Crépin. Les deux Vosgiens sont arrivés sur l’exploitation samedi 28 août. Ils sont hébergés au sein même du domaine, dans la maison de la maman de Jean-Luc. « Héberger davantage de monde, c’est trop difficile car je n’ai pas de locaux disponibles pour le faire. Il y a 40 ans, c’était plus facile. Les vendanges duraient une dizaine de jours. Aujourd’hui, entre le crémant, l’AOC Alsace, les vendanges tardives, les vendanges sont très étalées. Avec Philippe et Alain, c’est simple et clair », ajoute le viticulteur.

Rester ensemble

Pour l’équipe de vendangeurs, une dizaine de personnes au total, la journée démarre avec un petit-déjeuner en commun à 7 h du matin, puis direction les vignes dès 8 h et jusqu’à 17 h environ. Le repas de midi est pris dans les vignes. Les journées peuvent être raccourcies par la pluie ou les grosses chaleurs. Ou encore, comme cette année, si le millésime est pingre en quantité. « Nous respectons un strict planning des vendanges. Je suis coopérateur chez Wolfberger. Je procède par étapes bien définies. On a débuté par les crémants qui représentent 50 % de la surface totale chez moi. Ensuite, pour l’AOC, on a commencé à vendanger les parcelles de pinot blanc. Je pense terminer vers le 13 septembre, sans compter mon grand cru Spiegel. Pour les vendanges tardives, on verra. C’est un millésime très atypique », note Jean-Luc Galliath. Après chaque journée de vendange, l’équipe de vendangeurs prend l’apéro. « C’est très important de rester ensemble. Il y a un temps pour tout. Le travail évidemment, mais la convivialité également. Cela permet d’entretenir les relations, l’amitié ». Un apéro qui se prolonge en soirée pour Philippe et Laurent avec le dîner et d’autres moments festifs. Des moments qui permettent aux Vosgiens de l’affirmer sans détour. « Nous serons encore là l’an prochain ».

Interprofession des fruits et légumes d’Alsace

Une maigre récolte

Cultures

Publié le 10/09/2017

L’exploitation de fruits Bernhard à Sigolsheim date des années 1970. Mirabelles, quetsches, pommes, pêches font partie des vergers de l’exploitation familiale, qui embauche pour la récolte quatre permanents et une trentaine de saisonniers. 20 hectares sont consacrés aux mirabelles et une dizaine d’autres aux quetsches. Actuellement, le personnel est mobilisé pour la récolte de la quetsche. « Nous avons un chantier qui nécessite la présence de dix personnes. Avec l’aide d’engins mécaniques, on fait tomber les quetsches des arbres sur un tapis au sol. Ensuite, on fait le tri en enlevant les feuilles et autres branches. Les quetsches vont alors sur la chaîne, sont calibrées puis mises dans des caisses », explique Yves Claudepierre qui gère l’exploitation avec son épouse Danielle. Cette dernière réceptionne ensuite les caisses au bâtiment de conditionnement. « Ici, nous réceptionnons toutes les commandes des centrales d’achat. Nous faisons cela le matin. On démarre souvent dès 4 h jusqu’à 12 h 30 environ. Ensuite, les camions arrivent et prennent la marchandise pour l’acheminer chez nos clients. Nous avons des machines spécifiques pour les mirabelles et les quetsches, qui ne fonctionnent que cinq semaines dans l’année », précise Danielle Claudepierre.

2017 restera pour eux une année difficile. La grêle de la mi-avril, suivie du gel, le même mois, sont passés par là. « Nous estimons que la perte de rendement est de 70 % pour l’ensemble de l’exploitation. Nous avons donc un énorme manque à gagner. Nous n’avons pu récolter que 20 % de mirabelles et de pommes et la moitié des quetsches. Pour les cerises et les pêches, nous avons perdu la totalité de la production. Je n’ai jamais vu cela. » Danielle Claudepierre a été contrainte de reporter ses cotisations à la Mutualité sociale agricole, ainsi que ses investissements, et a dû se résoudre à recourir au chômage partiel. « J’attends l’indemnisation pour catastrophe naturelle », précise-t-elle. Elle estime sa production à 130 tonnes au lieu de 300 t environ pour les quetsches, et 80 t au lieu de 300 t pour les mirabelles. « 90 % de notre production partent vers les centrales d’achats. Les 10 % restant sont en vente directement ici au magasin. Avec une si petite récolte, c’est évidemment difficile de le développer. Néanmoins, nous cherchons d’autres voies de distribution. Nous avons, par exemple, adhéré à Cœur Paysan à Colmar. Là-bas, les ventes sont intéressantes », constate Danielle Claudepierre.

Les atouts de la quetsche d’Alsace

Les responsables de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), de l’Association des producteurs de fruits à noyau d’Alsace (Apfna) et de l’association Production fruitière intégrée d’Alsace (PFI) constatent que, sur la région, les pertes sont très importantes. Notamment dans le Haut-Rhin. Tout avait pourtant bien commencé avec la récolte de la cerise. « Les vergers sont principalement situés dans le Bas-Rhin. Nous avons réalisé une belle campagne avec des cerises de joli calibre. Les volumes étaient là. En revanche, pour la cerise à kirsch, cela a été catastrophique. Avec une récolte proche de zéro », souligne Jacques Philippe, conseiller arboricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace.

La récolte des mirabelles s’est terminée vers le 20 août. « Sur l’ensemble de l’Alsace, les producteurs ont fait une demi-récolte, soit 7 à 8 tonnes/hectare. Nous avions de beaux calibres et la récolte s’est bien déroulée. Il y a davantage de mirabelles dans le Bas-Rhin, notamment sur les secteurs de Westhoffen et de Traenheim qui bénéficient de terres argileuses parfaitement adaptées à ce fruit », ajoute Jacques Philippe.

Mais, la production phare en Alsace est évidemment la quetsche. « Même si nous avons du mal à la valoriser, nous communiquons au maximum sur ses qualités et ses atouts. Nous avons ainsi lancé un visuel appelé « Quetsche alsacienne de tradition ». L’idée est de la promouvoir sur cette courte période de production et donc de vente », note Joël Reisz, président de l’Apfna qui regroupe une vingtaine de producteurs en Alsace. Commencée il y a une quinzaine de jours, la récolte de quetsche touche actuellement à sa fin. Les professionnels constatent que la quetsche est le fruit à noyau le moins touché par les épisodes climatiques successifs. 70 % de la récolte habituelle devrait pouvoir être assurée avec une belle qualité, soit environ 600 à 700 t de fruits de bouche et d’industrie. Néanmoins, il y a des secteurs bien plus difficiles comme, précisément, la région de Sigolsheim. « Nous avons des quetsches magnifiques avec un taux de sucre très élevé, qui sont très fermes, et sans pointe d’acidité », se félicite Jacques Philippe.

Univers des fruits et légumes du Grand Est

Quant aux pommes, elles ont commencé à être cueillies la semaine écoulée. « C’est toujours le Haut-Rhin qui subit les pertes les plus importantes. Entre 80 et 90 %, quasiment 100 % dans les vergers bios du Sundgau. Il n’est pas improbable que le prix des fruits augmente suite à ces aléas. Dans le Bas-Rhin, la récolte de pommes n’atteint que 50 % de la normale », souligne Daniel Dettling, président de PFI, association forte de 28 membres, qui recommande l’emploi de pare-gel sur les cultures. Il annonce que d’ici deux ans une nouvelle variété de pommes devrait arriver. « On a envie de redonner une dynamique à la pomme alsacienne. C’est une pomme légèrement acidulée qui existe déjà en Italie. Elle est plus résistante à la tavelure », ajoute Pierre Barth, vice-président de PFI.

« Septembre est un mois important pour les producteurs de fruits et de légumes, souligne Pierre Lammert, président de l’Ifla. Avec nos partenaires, nous mettons en avant les fruits et légumes d’Alsace dans les rayons des enseignes de la région. Une communication importante est en cours. Elle va se voir, notamment lors de la prochaine édition de Saveurs et soleil d’automne à Sélestat les 21, 22 et 23 septembre prochains. Ce salon sera l’occasion de signer le contrat des fruits et légumes au niveau de toute la région Grand Est au niveau d’une nouvelle entité appelée « Univers des fruits et légumes du Grand Est ». Nous avons réussi à fédérer l’ensemble des producteurs dans cette grande région et ce contrat va définitivement entrer en vigueur à l’automne prochain. Il s’agit de faire face à de nouveaux enjeux et d’être encore plus compétitifs », se félicite Pierre Lammert. Sans oublier le désormais traditionnel concours au niveau des magasins du plus beau rayon de fruits et légumes d’Alsace. « Ce fonctionnement est unique en France pour une interprofession désormais territoriale. La Région nous soutient et nous allons continuer à communiquer sur l’ensemble de nos terroirs et de nos territoires ».

Récolte 2017

Précocité, qualité, hétérogénéité

Vigne

Publié le 09/09/2017

À Pfaffenheim, Jean-Claude Rieflé a débuté mardi 29 août. Une première dans sa carrière professionnelle. « En 2015 et en 2011, j’étais sorti dans les vignes le tout dernier jour du mois d’août. Là, il n’y avait pas le choix. Je dois reconnaître que ce n’est pas ce qui est le plus agréable. Il y a un temps pour tout. Nous n’avions même pas encore terminé les mises en bouteille du millésime précédent ! Cela étant, comme la récolte est petite, nous n’allons pas avoir de problème de place », explique Jean-Claude Rieflé. Le viticulteur est cependant contrarié dans son emploi du temps. « Début septembre, depuis longtemps, nos importateurs organisent des présentations de gamme. Nous nous déplaçons du coup beaucoup à l’étranger à cette époque de l’année. Malgré les vendanges, nous n’allons pas changer cette habitude professionnelle. Le week-end à venir, je suis au Danemark. Mon fils Paul, lui, va se rendre dans les tout prochains jours deux semaines aux États-Unis ». Le domaine familial est certifié en bio depuis le millésime 2014. Il consacre entre 25 et 30 % de sa production totale au crémant. Un pourcentage qui ne change pas depuis des années. La moitié de cette production est exportée.

7 à 8 jours de récolte

En cette première matinée de travail, la récolte est intéressante. « La pluie il y a quelques semaines qui nous a apporté 25 mm a été une bénédiction. Du coup, les raisins sont beaux et de qualité. Bien évidemment, les grappes ne sont pas très chargées. Mais, nous le savions. Nous nous étions préparés depuis longtemps à cette petite récolte. Là, nous sommes tout de même satisfaits, avec un degré de 11,5. Cela passe bien ici. Nous insistons beaucoup au domaine sur la générosité de nos vins, leur puissance. Nous cherchons des vins murs avec cette acidité qui reste présente du fait de nos sols où il y a du calcaire », insiste Jean-Claude Rieflé. La première parcelle vendangée, grande de 70 ares, se situe au lieu-dit du Drotfeld où se trouve le pressoir de l’entreprise. Les Rieflé prévoient 7 à 8 jours de récolte pour le crémant. La baisse de température annoncée pour la fin de la semaine est considérée comme une bonne nouvelle si, par la suite, le temps ne devient pas « pourri ». La famille Rieflé fait appel à l’association Cap-Vers pour les vendanges, mais aussi d’autres travaux manuels tout au long de l’année. « Nous procédons ainsi depuis la vendange 2008. On est quasiment à deux postes équivalents temps complets réservés à l’association. Ses membres travaillent bien et nous avons la même philosophie. Nous sommes attachés à notre terroir », précise Jean-Claude Rieflé. Ce même mardi 29 août, le viticulteur venait de recevoir deux œnologues de l’entreprise « Duo Œnologie » dont le siège est à Châtenois. Jean-Claude Rieflé apprécie leur service. « Ils sont une approche intéressante sur le bio et la biodynamie. Comme eux, je n’aime pas trop les vins dessinés pour rentrer dans des cases. Ici, on aime bien laisser du temps, faire des efforts qualitatifs dans la vinification, mais également dans l’élevage avec des fermentations longues. Au domaine, les dernières fermentations ont été réalisées il y a deux semaines. Et le Steinert 2016 fermente encore. Cette notion d’élevage n’est pas suffisamment prise en compte dans le vignoble alsacien selon moi. L’inconvénient, c’est que je ne peux plus participer aux concours régionaux car mes vins ne sont pas terminés », conclut Jean-Claude Rieflé. Le viticulteur, en revanche, est bien présent avec ses vins dans les palmarès de concours internationaux.

 

Association des viticulteurs d'Alsace

Millésime précoce, minimaliste mais d'anthologie

Vigne

Publié le 08/09/2017

Laurent Touvet, préfet du Haut-Rhin, est longuement intervenu sur les incidents climatiques du printemps. Les dégâts du gel d’avril ayant été particulièrement importants dans certains secteurs viticoles et arboricoles, les services de l’État en ont pris la mesure. Laurent Touvet a précisé les dispositifs pour surmonter les conséquences de ces difficultés climatiques. Il a rappelé l’intérêt de l’assurance récolte, « subventionnée par la politique agricole commune et qui se déclenche dès 20 % de perte de récolte ». Les pertes de récolte ne rentrent pas dans le dispositif des calamités agricoles, sauf pour les jeunes pieds. Les vignerons ont la possibilité d’acheter du raisin, du moût et du vin, à hauteur de 5 % de leur production, « sans perte de leur statut ». Une mesure mise en place suite à la récolte 2016. Un fond d’allégement des charges a été ouvert aux viticulteurs, « une année blanche bancaire » qui s’accompagne aussi d’une autre mesure immédiate de dégrèvement « jusqu’à 30 % de la taxe foncière non bâtie ». Une « procédure simplifiée » a déjà été lancée dans le Haut-Rhin. Laurent Touvet a ensuite répondu aux interrogations des viticulteurs et a rappelé que l’État était avant tout solidaire de la profession en lui souhaitant de belles vendanges. Une intervention appréciée par les professionnels qui, le matin même, avaient manifesté dans les rues de Colmar. Une mobilisation saluée par le président de l’association des viticulteurs d’Alsace, Jérôme Bauer. « Merci pour cette solidarité. Nous étions plus de 300. Cette mobilisation montre à quel point nous sommes exaspérés par les lenteurs de la justice dans cette affaire Albrecht. Nous espérons, maintenant, être rapidement entendus », a commenté Jérôme Bauer.

5 hl en plus

Cette assemblée générale se tient « à l’aube des vendanges et à l’aube d’un millésime d’anthologie ». Le président de l’Ava s’est appuyé sur les commentaires des responsables des sous-régions viticoles et des relevés de maturité menés sous l’égide de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV) et du Civa. Ce que confirme le directeur de l’IFV, Eric Meistermann : « Il s’agit d’un millésime chaud sauf en avril, l’un des cinq millésimes les plus précoces depuis 40 ans, avec 2015, 2011, 2009. Cette année s’avère plus chaude en température que 2011. Et les prévisions météo annoncent encore une période chaude dans les jours qui viennent. Ce qui aura des conséquences sur les maturités. Le niveau des acidités apparaît pour l’heure très intéressant. C’est le point positif de ce millésime atypique. Entre les contrôles de maturité du 16 et du 21 août, nous avons gagné 1 degré d’alcool. En cinq jours, c’est incroyable. Et cela explique la faible charge des grappes ». Les présidents des sous-régions relèvent dans certaines parcelles une suractivité des abeilles qui « évident les baies », et surtout les conséquences négatives du gel d’avril. Les secteurs de Châtenois, Scherwiller, Kaysersberg et Wintzenheim sont particulièrement « sinistrés » : il n’y aura pas de récolte dans certaines parcelles d’auxerrois et de gewurztraminer. Des viticulteurs présents dans la salle se sont alors interrogés sur le niveau des rendements. Jérôme Bauer a rappelé que « le volume complémentaire individuel était un outil de régulation permettant de produire davantage en cas de souci ». Sachant que l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao) est favorable pour la mise en œuvre d’un VCI de 5 hl pour les AOP Alsace. Le syndicat de défense attend encore la publication d’un décret ouvrant la porte à une « expérimentation » d’un VCI dédié à l’AOP crémant.

Optimiser la valorisation des vins d’Alsace

Une nécessité, avec une estimation de vendanges 2017 à 855 000 hl soit une faible récolte en quantité qui s’inscrit dans un contexte économique tendu comme l’a rappelé le directeur du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace Gilles Neusch. « En 2016, les vins d’Alsace ont été écoulés à raison de 959 901 hl, soit une baisse de 10 % sur trois années. Cela représente 244 441 hl à l’export et 715 460 hl en métropole. Le crémant représente 27 % des volumes des vins d’Alsace. Nous avons perdu des volumes importants sur des marchés extérieurs qui n’ont pas été compensés par les prix. C’est vrai pour les vins tranquilles comme pour le crémant. Les premiers mois de 2017 ont également été difficiles. Il y a une remontée progressive actuellement. Il va donc falloir stimuler la demande, et surtout travailler notre offre », prévient Gilles Neusch. Il y a quand même des bonnes nouvelles comme le révèle, notamment, l’analyse des parts de marché : les Alsaces blancs sont « leader » à 26 % devant leurs concurrents de la Loire et de la Bourgogne. Et en métropole, le crémant caracole en tête avec une part de marché de 34 %. Les disponibilités, elles, sont identiques à celles de 2011 et de 2013. De l’ordre de 2 637 630 hl. Il y a pourtant une tension sur les volumes disponibles. « D’où la nécessité de bien valoriser nos vins et de repérer les marchés et les circuits les plus rémunérateurs », insiste Gilles Neusch. Le Civa travaille également sur son projet de communication pour favoriser la valorisation, « une vraie stratégie de marque dynamique basée sur une réelle identité des vins d’Alsace. Il s’agit d’innover dans nos approches de l’offre et de la demande. Il faut donc s’adresser aux bons groupes de consommateurs, sur les bons circuits. Et avec les bons messages. Une étude est donc en cours pour mieux connaître notre potentiel de consommateurs ».

 

Affaire Albrecht

Plus de 300 viticulteurs dans les rues de Colmar

Vigne

Publié le 24/08/2017

Calmes et déterminés, les professionnels ont parcouru le chemin qui sépare le Centre de rencontres d’échange et de formation (Cref) et le tribunal de grande instance de Colmar. À leur arrivée, le président de l’association des viticulteurs d’Alsace (Ava), Jérôme Bauer, a pris la parole pour rappeler l’historique de cette affaire. Un dossier « chaud » qui tarde à trouver une solution. Mais, cinq ans après, les professionnels n’en peuvent plus d’attendre. Il faut dire que le total du préjudice financier se monte à 14 millions d’euros et que de nombreuses entreprises viticoles ont bien du mal, depuis 2012, à refaire surface et à « assumer » la perte d’une récolte entière. Jérôme Bauer a rappelé les différentes étapes de ce dossier. Des premières alertes données par les viticulteurs en février 2012 sur les impayés de la société Lucien Albrecht à Orschwihr, jusqu’à sa mise en redressement judiciaire le 11 septembre de la même année, puis sa mise en liquidation et enfin le dépôt de plainte de l’Ava en novembre, suivie de la mise en examen de Jean Albrecht pour banqueroute et escroquerie. « Depuis ? Plus rien ou si peu. La procédure est d’une lenteur incroyable. Mais, là, trop c’est trop ! L’Ava a pourtant fourni de nombreuses pièces justificatives à la justice. Ce travail d’enquête et de collecte d’informations n’a pas trouvé d’échos jusqu’à présent. La justice n’avait pourtant qu’à vérifier et à rendre, précisément, justice. Je le répète : les professionnels sinistrés ont perdu une année de revenus. Ce n’est pas rien. Les victimes se sentent méprisées par la justice. Elles souffrent économiquement, bien évidemment, mais aussi psychologiquement. Nous craignons tous que le temps qui passe n’arrange rien », explique Jérôme Bauer.

« Il s’agit de la vie des gens »

Les professionnels s’agacent aussi des commentaires lus et entendus, de la façon dont est présenté le dossier, qui serait « complexe », alors que pour eux il est très simple. « Un négociant a acheté du vin en grande quantité et les viticulteurs n’ont pas été payés. Ils attendent maintenant justice au civil et au pénal. Il s’agit de la vie des gens », répète le président de l’Ava. Il compare la lenteur de ce dossier à la vitesse éclair rendue par la justice sur de nombreux autres dossiers, notamment dans le monde politique. « Justice, réveille-toi ! S’il n’y a pas de réaction rapide, nous reviendrons. En attendant, restons unis et soudés dans ces temps de grande difficulté », conclut Jérôme Bauer, chaleureusement applaudi par les viticulteurs sinistrés présents mercredi matin devant le tribunal. Le « député du vignoble », Jacques Cattin, était également présent à cette manifestation. Il a apporté son soutien aux professionnels : « Je suis solidaire avec vous. La lenteur de la justice est inadmissible. Il faut mettre la pression et obtenir un dénouement rapide de cette affaire car la situation est dramatique pour de nombreuses entreprises. » Pour le président de l’Ava, cette manifestation devant le tribunal de grande instance de Colmar n’est pas inutile. « Réunir plus de 300 viticulteurs pendant les congés, en plein mois d’août, à quelques jours des vendanges, ce n’est pas rien. Cela montre bien la colère, la lassitude, la désespérance des gens. J’ose espérer que la justice nous entende. Jusqu’à présent, nous avons été sages. Nous avons été à l’écoute. Nous avons coopéré, fourni des éléments dans ce lamentable dossier. Il faut maintenant que la justice avance rapidement, qu’elle mette des moyens », précise, en aparté, Jérôme Bauer.

« 5 ans, c’est long ! »

Parmi les manifestants, deux exemples concrets. Henri Engler habite Orschwihr. Il ne possède que 60 ares de vignes, mais se sent concerné, comme tous les viticulteurs présents. « Cette affaire est effectivement simple. Elle est rendue compliquée par la justice. Il faut accélérer les choses. À mon niveau, la vendange perdue représente une certaine somme qui, à mes yeux, est toute aussi importante que pour de grandes entreprises viticoles. Depuis 2012, avec ma famille, nous vivons très mal cette situation. J’ai le sentiment qu’on a volé notre salaire. J’habite Orschwihr et depuis cinq ans, j’ai recroisé Jean Albrecht dans les rues du village. Mais je n’ai pas envie de discuter avec lui. Il y a une rancœur qui s’est installée. Ce qu’il a fait est intolérable. Il nous a menti, trahi et mis dans la difficulté. J’espère que la justice va bouger aussi rapidement que pour d’autres affaires. Car 5 ans, c’est long ! ». Sylvie Meyer, de Turckheim, est dans la même situation. Mais, son domaine compte, lui, 13 ha de vignes. « Cette affaire nous poursuit depuis trop longtemps. Je suis venue pour défendre nos intérêts personnels et soutenir la filière. J’avais livré il y a cinq ans une grosse partie de ma production à Jean Albrecht. Aujourd’hui, je me demande si je vais voir la couleur de ce paiement. J’ai un sentiment bizarre face à cela. Un contrôle fiscal ne prend jamais 5 années. Pourquoi, dans le cas présent, faut-il attendre aussi longtemps ? Le juge peut-il nous expliquer cela ? Alors, oui, manifester était une évidence. Il faudra revenir », assure-t-elle. Parmi les manifestants, il y avait également des soutiens des professionnels comme, par exemple, le directeur du syndicat des vignerons indépendants d’Alsace (Synvira), Bernard Jeantet. Il est au Synvira depuis 37 ans et directeur depuis environ trente ans. Dans quatre mois, il sera à la retraite. « Malgré cette heureuse échéance, j’ai tenu à être présent car je me sens concerné. C’est assez incroyable de constater que des gens qui ont travaillé toute une année et se sont investis sans compter, ne sont toujours pas rémunérés cinq ans après. Je me mets à la place de ces victimes. Il est temps de leur rendre justice, de leur donner une réponse ». Une conclusion évidente. Mais toujours pas concrétisée depuis cinq ans…

Chambre d'agriculture Alsace

Flavescence dorée : la prévention plutôt que le curatif

Vigne

Publié le 20/08/2017

« La flavescence dorée est une maladie épidémique incurable. Elle provoque perte de vigueur de la vigne, baisse de production et des dégâts pouvant aller jusqu’à la mort du pied infecté », explique Jérôme Attard, conseiller viticole à la chambre d’agriculture. Devant une centaine de viticulteurs réunis pour la Foire aux vins, la Chambre d'agriculture d’Alsace et différents partenaires ont fait un point sur les méthodes de prévention et les moyens d’éviter la contamination.

Les symptômes les plus marquants sont un jaunissement de la vigne pour les cépages blancs, d’où le nom de jaunisse de la vigne, et un enroulement des feuilles. À ce jour, l’Alsace échappe à la contamination, alors que 70 % du vignoble français a été placé en périmètre de lutte obligatoire en 2016. Cela implique des mesures drastiques en termes de traitements insecticides, voire d’arrachage de parcelles.

« L’Alsace n’est pas une île »

« L’Alsace n’est pas une île. Tôt ou tard, elle risque de se retrouver avec un problème de flavescence dorée à traiter », explique Vicky Chan Fook Tin en charge du dossier à l’Association des viticulteurs d’Alsace (Ava). La cicadelle, vecteur de la bactérie (phytoplasme), a déjà été détectée dans le vignoble. Après plusieurs suspicions, un cas a été identifié l’année passée sur un petit secteur à Turckheim. Les viticulteurs ont appliqué un traitement insecticide unique sur plusieurs dizaines d’hectare autour de la parcelle concernée. Et le réseau de pièges a été renforcé dans les zones suspectes. Si cela a suffi à régler le problème, cette contamination crée un précédent dans la région.

La prévention valant mieux que le curatif, l’Alsace veut intensifier le dispositif de veille sanitaire et mobilise ses viticulteurs. Onze syndicats viticoles se sont ainsi portés volontaires pour inspecter les parcelles à la recherche des signes de la maladie. Au total, 2 500 hectares de vignes vont être scrutés. « Pour les aider à reconnaître les symptômes de jaunisse, la profession met en place une application téléchargeable « Vigi AVA. » Elle comporte une bibliothèque de photos et permet de signaler un pied malade grâce à la géolocalisation, » ajoute Vicky Chan Fook Tin.

Colloque transfrontalier le 9 novembre

Parmi les autres mesures à prendre, il s’agit de s’assurer de la qualité du matériel végétal. Une des sources d’introduction de la maladie (avec les aulnes). « Celui-ci, lorsqu’il rentre en Alsace doit être certifié, et la filière veut développer la production locale de porte-greffe, » indique Guillaume Arnold, responsable du service technique au Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa). Le travail préventif régional se superpose avec d’ambitieux programmes de recherche. Comme celui de l’Institut national de la rechercher agronomique (Inra) de Bordeaux qui planche sur la flavescence dorée et son vecteur, la cicadelle.

Pour sa part, le projet transfrontalier (Alsace/Allemagne/Suisse) « InvaProtect » se concentre sur les bioagresseurs invasifs dans les vergers et les vignes. Un réseau transfrontalier d’échange et de mise en commun d’outils et de compétences a ainsi été développé. Afin d’avoir une meilleure connaissance de la biologie de l’insecte et de préconiser des mesures de protection (prophylaxie, modèle de prévision du risque). Monté suite aux dégâts de la drosophile asiatique en 2014, le réseau s’est élargi à la flavescence dorée et à l’enroulement viral. Un sujet sur lequel travaille le centre Inra de Colmar.

La lutte contre la flavescence dorée est réalisée en fonction d’une analyse de risque. Cette dernière nécessite une forte implication des professionnels. Les méthodes préventives sont indispensables pour limiter les incidences des méthodes curatives. Et, surtout, il y a nécessité d’intervenir le plus tôt possible. Un colloque transfrontalier aura lieu le jeudi 9 novembre dans les locaux de la Chambre d'agriculture à Sainte-Croix-en-Plaine. Le thème choisi portera sur « les bioagresseurs invasifs des vergers et vignes du Rhin supérieur : situation actuelle et possibilité de lutte. » De quoi avancer sur le sujet.

70e foire aux vins d’Alsace à Colmar

« Engagez-vous pour les vins d’Alsace »

Vie professionnelle

Publié le 02/08/2017

Présidée par le président de la région Grand Est Philippe Richert, l’inauguration de la manifestation s’est voulue traditionnelle. Avant le coupé de ruban, les discours. Le premier est venu du directeur des foires et salons pour Colmar Expo, Christophe Crupi.

Didier Pettermann, président du conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), a tenu un discours offensif malgré un contexte économique toujours délicat. Après trois récoltes déficitaires (2013, 2014 et 2015), celle de 2017 s’annonce également limitée, avec un volume prévisionnel de 855 000 hl. La faute à une météo compliquée et à des dégâts de gel en avril qui ont touché 4 500 hectares dans le vignoble alsacien. Pour autant il a exhorté les opérateurs à repartir en conquête des consommateurs et notamment alsaciens, pour qu’ils soient de véritables ambassadeurs des vins d’Alsace, derrière la nouvelle identité visuelle du CIVA.

Philippe Richert, président de la région Grand Est, a fait quant à lui une intervention très « politique » sur l’évolution passée et à venir de la réforme territoriale, et de la place de l’Alsace. Concernant cette 70e foire aux vins, il s’est félicité du dynamisme des organisateurs et des professionnels présents. « Ici, c’est l’occasion de célébrer une nouvelle fois le vignoble et notre spécificité régionale qu’est le vin d’Alsace. La filière a un chiffre d’affaires qui dépasse les 500 millions d’euros et reste un facteur de rayonnement et d’attractivité. Ces cépages alsaciens sont connus dans le monde entier. Vous avez un savoir-faire inimitable. Cette tradition, cette passion, ce travail, cette recherche de l’excellence et de la qualité font de vous les meilleurs ambassadeurs de la région. Cette passion est transmise ici à la foire aux vins d’Alsace de Colmar », argumente Philippe Richert. Une formidable vitrine comme l'a rappelé, dans son dernier discours, la reine des vins d’Alsace 2016, Mathilde Fleith. Entourée des confréries viniques, elle a prêté « allégeance », une dernière fois avant de rendre sa couronne, à ces cépages et ces terroirs alsaciens. Quelques instants plus tard, les participants à cette inauguration ont pu visiter la foire et aller à la rencontre des exposants. Comme l’ensemble du public. Jusqu’à ce dimanche soir 6 août, cette 70e foire aux vins d’Alsace est à déguster, sans modération.

 

Soirée de gala du comité des reines des vins d'Alsace

Justine Schmitt, nouvelle Reine des vins

Vigne

Publié le 01/08/2017

Pour la 70e édition de la foire aux vins, l’élection de la reine des vins d’Alsace a changé ses habitudes. Il a fallu attendre cette première soirée de gala pour connaître le nom de la nouvelle ambassadrice du vignoble et de ses deux dauphines. Une soirée « 100 % reines » qui a permis de mettre en lumière le nouveau trio royal et qui « vient conclure le travail de toute une année », s’est félicitée Christiane Roth, PDG de Colmar-Expo et présidente de la Chambre de commerce et d'industrie de Colmar et du Centre Alsace. Au départ, il y avait en effet pas moins de 27 candidates. « Elles sont d’abord passées par la case Facebook pour obtenir le plus de « j’aime » auprès de leurs fans. Sept d’entre elles ont alors été présélectionnées et considérées comme demi-finalistes. Elles sont passées devant un jury de professionnels qui a apprécié la qualité de leur prestation, leurs connaissances sur le vin, la gastronomie, le tourisme, mais également leurs activités sur les réseaux sociaux. Nous n’avons pas été déçus. Nous avons eu en face de nous des jeunes femmes de qualité qui ont témoigné de vraies connaissances en vin. Nous sommes convaincus que le nouveau trio royal est en mesure de parler avec justesse et éloquence du vignoble alsacien et des vins qui y sont produits », estime le président du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace, Didier Pettermann. Jusqu’au dernier moment, les trois futures ambassadrices des vins d’Alsace ne savent laquelle d’entre elles sera la reine. « Nous l’avons appris en même temps que le public présent vendredi soir au Cabaret colmarien », confie la nouvelle Reine des Vins d'Alsace Justine Schmitt.

Ottrott, Saint-Hippolyte, Burnhaupt-le-Haut

Le dîner « royal », quant à lui est l’occasion de mettre à l’honneur la nouvelle cuvée royale « L’âme des reines », une cuvée riesling Côte de Rouffach 2014 à déguster pendant cette foire aux vins au stand du Civa, et un spectacle humoristique de Jean-Marie Arrus. Parmi les 62 reines des vins d’Alsace et leurs 124 dauphines, elles étaient nombreuses à avoir fait le déplacement, y compris Marguerite Bannwarth, la première reine du millésime 1954.

À 21 h, le comité des reines des vins d’Alsace met fin au suspense.

 

Promouvoir l'Alsace et sa viticulture

La nouvelle Reine des vins d'Alsace est Justine Schmitt. Agée de 24 ans, elle est originaire d'Otrott et est apprentie sommelière au célèbre restaurant « Au Crocodile » à Strasbourg. Elle se présentait également pour la première fois à cette élection.

Les vidéos