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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace

Fin des hostilités avec la distillerie

Vie professionnelle

Publié le 13/04/2018

Cette une affaire vieille de près de dix ans. Elle porte sur les récoltes de 2008 à 2010 pour une centaine de viticulteurs au sujet du traitement de leurs sous-produits de la viticulture. Le protocole, initié par la distillerie Romann, signe la fin des hostilités. Le Synvira s’engage à ne pas se pourvoir en cassation. En contrepartie, la distillerie se désiste de l’ensemble des procédures. « C’est l’épilogue d’une saga judiciaire qui a démarré en 2011. Il n’y a ni perdant, ni gagnant. C’est la victoire du bon sens qui prend le dessus sur les péripéties judiciaires », explique Francis Backert, vice-président du Synvira. En mai 2011, deux adhérents du Synvira avaient porté l’affaire en justice. Un premier jugement, le 10 mars 2015, leur avait donné raison. Mais, un second jugement, le 31 janvier 2018, l’avait infirmé et avait condamné les deux professionnels à payer les factures. « Nous avions encore la possibilité de faire un recours en cassation. Cela ne sera donc pas le cas. ».

La réforme de l’organisation commune des marchés a supprimé les subventions accordées aux viticulteurs pour le recyclage des sous-produits de la viticulture que sont les marcs de raisin et les lies. Ces derniers se voient contraints de verser à la distillerie, seul opérateur présent en Alsace, la somme de 30 € par tonne de résidus pour l’année 2008. Présent à l’assemblée générale, Erwin Brouard, directeur de la distillerie, se réjouit de la signature de ce protocole d’accord. « Nous abandonnons toutes les créances restantes, soit environ 80 000 € ». L’entreprise est solidement implantée dans la région et compte le rester. « Nous avons investi un million d’euros sur la distillerie afin de la doter d’une nouvelle chaufferie au gaz naturel. Cela nous engage pour les années qui viennent. Nous restons en Alsace. Nous sommes à vos côtés. Mais nous voulons encore nous développer. Et ce développement passera par une collecte de vos sous-produits plus importante. Nous espérons que la fin de cette procédure va nous permettre de mieux travailler ensemble. Je suis arrivé à la direction de la distillerie de Sigolsheim en 2012. Depuis, je n’entendais parler que de ce sujet. Passons maintenant à autre chose », ajoute Erwin Brouard qui invite les viticulteurs aux prochaines portes ouvertes de la distillerie le 16 mai prochain.

Opposition à la DRM

Après un retour sur la récolte 2017, le président du Synvira Pierre Bernhard a indiqué que le Synvira avait reçu en 2017 la visite de l’autorité de la concurrence pour des soupçons de fixation des prix. « Chaque vigneron souhaiterait avoir la possibilité d’imposer le juste prix à ses clients. Nous ne pouvons que vous recommander de valoriser le fruit de votre travail, par une hiérarchisation des prix et une structuration de votre offre tarifaire ».

Le synvira a travaillé à la création d’une carte des terroirs alsaciens. « Le syndicat réfléchit également à une nouvelle stratégie de production des vins en vrac. Dans le domaine de l’export, nous espérons que dans un avenir proche, les viticulteurs pourront vendre librement leurs vins sur le marché européen. ». Le Synvira s’est opposé à la nouvelle déclaration récapitulative mensuelle (DRM) dématérialisée. « Non pas parce que nous sommes contre tout. Mais, il nous semble qu’elle serait créatrice de différends entre l’administration de la douane et les vignerons indépendants. L’évolution future de la DRM ne nous laisse rien espérer de bon. Nous ne sommes pas opposés à des moyens de contrôles, mais encore faut-il qu’ils aient du sens pour nous. Nous mettons en place la hiérarchisation de nos appellations en Alsace. Il ne faudrait pas que des règles administratives viennent mettre à mal ce qui nous semble bon pour nos consommateurs. Le Synvira veut profiter du nouveau règlement de la communauté européenne paru le 28 février dernier relatif aux déclarations et registres vitivinicoles pour tenter de simplifier sa mise en application en France, et particulièrement en Alsace », prévient Francis Backert.

Une stratégie œnotouristique

En guise de propositions pour l’avenir, Pierre Bernhard cite le rapprochement avec la fédération des vignerons indépendants de Champagne. Une stratégie œnotouristique sur la grande région est à l’étude. Elle doit permettre de travailler en commun sur des dossiers sociaux. « Nous poussons une évolution du cadre réglementaire en vue d’aboutir à un outil comparable avec la réalité du travail des vignerons pendant les vendanges. Nous entendons également mobiliser les aides de la région, notamment sur les dispositifs environnementaux et sur les démarches d’exportation de nos vins. Enfin, nous voulons mettre en place une stratégie œnotouristique à l’échelle de la grande région en communiquant sur la route des vins ». Les vignerons indépendants s’interrogent sur les règles d’étiquetage. « Devrons-nous, un jour, indiquer les intrants et les valeurs nutritionnelles ? Nous produisons des produits artisanaux et non des produits industriels. Nous n’avons pas de recettes que nous reproduisons sur chacun de nos vins. Ils sont tous différents et varient chaque année. C’est ce qui plaît à nos clients et ils en sont satisfaits. Pourquoi, au nom de l’information de ces mêmes clients, faudrait-il faire analyser chacun de nos vins ? Nous avons remis en mars dernier des propositions constructives et simplifiées aux commissaires européens. Nous attendons leurs réponses », indique Francis Backert.

Les jeunes planchent sur la comm'

Le groupe des jeunes vignerons, créé en 2016, a noué un partenariat avec les Étoilés d’Alsace avec le développement de la « formule jeunes ». L’année 2017 a été axée sur des conférences-débats une fois par mois portant sur le marketing des étiquettes, les successions et passations des patrimoines, la comptabilité, la vie des sols ou encore la communication. « Pour 2018, nous nous rendrons à l’assemblée générale des Étoilés d’Alsace à Val d’Isère en ce mois d’avril et nous préparons le salon « Millésime Alsace » du mois de juin. Sans oublier le voyage de presse en juillet et la dégustation pour les professionnels avant les vendanges. En 2019, nous compter organiser un événement grand public pour attirer les jeunes consommateurs », indique Hélène Huttard, responsable du groupe des jeunes vignerons au Synvira.

Marie-Eve Schnoebelen a détaillé, pour la mutualité sociale agricole (MSA) les modalités pratiques pour mettre en place le nouveau titre emploi simplifié agricole (TESA). Gilles Neusch, directeur du conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (CIVA) a, comme à l’assemblée générale de l’association des viticulteurs d’Alsace, présenté le travail de communication du CIVA auprès des consommateurs sur les vins d’Alsace. Enfin, Laurent Simon, nouveau responsable de l’antenne de Strasbourg de FranceAgriMer et successeur d’Agnès Hardy, a rappelé le programme national viticole qui gère une enveloppe de 1,4 Md€ sur quatre ans pour des mesures d’aides aux viticulteurs concernant l’investissement, la restructuration ou encore la promotion des vins dans les pays tiers.

Association des viticulteurs d'Alsace (AVA)

Communiquer sur un métier respectueux de son environnement

Vigne

Publié le 06/04/2018

Le sujet a été présenté par Christian Kohser, rapporteur de la commission « Riverains et protection phyto ». Comme d’autres professionnels, il constate tout d’abord que les viticulteurs sont confrontés à une pression sociétale de plus en plus forte. Cette pression véhicule, dans les médias, dans les réactions d’associations ou tout simplement dans l’esprit de simples citoyens, des contre-vérités. « Nous sommes tous touchés. Nous sommes dans l’obligation de réagir. Aujourd’hui, nous devons expliquer nos pratiques prouver notre bonne foi, dire les choses. Le vignoble est notre outil de travail. Notre objectif est de pouvoir continuer à travailler et conserver de bonnes relations avec la population. Cela nécessite, notamment, de gérer au mieux les vignes riveraines d’habitations. »

L’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA) prend les choses en main avec un « triple objectif ». Tout d’abord, elle souhaite mettre en place une communication vers les viticulteurs pas toujours au fait des dispositions de l’arrêté de mai 2017 précisant les conditions de mise sur le marché et d’utilisation des produits phytosanitaires et autres adjuvants. Ils sont invités à développer des alternatives aux traitements lorsqu’ils sont envisageables. L’AVA veut également renforcer la responsabilité des viticulteurs en éditant un guide des bonnes pratiques. Et encourager le développement des alternatives comme la confusion sexuelle, l’arrêt de l’utilisation des herbicides et des produits les plus toxiques.

Il est important et nécessaire d’avoir des solutions de remplacement. « Il faut bannir le mot pesticide de notre vocabulaire et le remplacer par des produits pharmaceutiques ou des produits de protection des plantes », ajoute Christian Kohser. Le syndicat viticole de Bennwihr est présenté comme site pilote dans la relation avec les riverains. « Chaque syndicat viticole doit lancer une réflexion pour identifier sur sa commune les secteurs problématiques. Le vignoble doit se prendre en main et les syndicats viticoles doivent être des forces de propositions. Nous devons intensifier notre dialogue avec les communes et les riverains même si nous sommes également conscients que la configuration du vignoble peut parfois être difficile. Dans tous les cas, nous voulons conserver notre image respectueuse de l’environnement. »

Pour Jérôme Bauer, « l’arrêté phyto concernant les établissements recevant du public existe et il faut le respecter. Si l’un d’entre nous ne devait pas le respecter, je me porterais partie civile contre lui », prévient le président de l’AVA. Il est rappelé que l’arrêté préfectoral régissant les zones non traitées (ZNT) a été signé en septembre 2017. « Une cartographie est en cours de réalisation, à partir de la matrice IGN où figureront certains fossés jouant un rôle hydraulique et écologique important. Une « zone tampon » variant de 5 à 50 mètres devra être respectée, en fonction de la nature des molécules chimiques employées. C’est un dossier à ne pas prendre à la légère », ajoute Jérôme Bauer. Il rappelle au passage que la viticulture a, jusqu’à maintenant, échappé aux contrôles administratifs. Il existe des solutions alternatives au désherbage (désherbages thermique, mécanique), et pour lutter contre certains insectes (confusion sexuelle). Mais quid de l’oïdium et du mildiou, principaux ennemis de la vigne ? « On aura des crevettes dans les fossés, mais plus de vignes ! », ironise Yvan Engel. « On ne pourra plus dire que l’on ne savait pas. Il faut simplement accepter le fait de faire évoluer certaines pratiques tout en sachant, qu’en Alsace, on a l’un des vignobles les plus verts de France », conclut le président.

Pas d’entente sur les prix

Une communication sur les pratiques viticoles est d’autant plus importante que la situation économique du vignoble alsacien reste fragile. La production du millésime 2017 a été finalement de 907 269 hectolitres, soit une baisse de 23 % par rapport à l’année précédente et de 14 % sur une moyenne quinquennale. C’est même le volume net le plus bas depuis 1986. La diminution est de 25 % pour l’AOC alsace (628 093 hl), de 18 % pour le crémant d’Alsace (240 935 hl) et 8 % pour les grands crus (38 241 hl). Les cépages gewurztraminer et riesling ont connu le plus fort recul ; les secteurs de Kaysersberg et de Wintzenheim ont perdu un tiers de la récolte.

« La commercialisation est, elle, encourageante avec 942 374 hl, soit une baisse de 2 % sur un an et de 9 % sur cinq ans. 74 % représentent les vins tranquilles et 26 % le crémant. 38 % des volumes d’alsace tranquilles commercialisés en France en 2017 ont été vendus en hyper et supermarchés. L’export représente 241 949 hl. Nous observons une belle valorisation économique de nos vins depuis quatre ans avec des marchés porteurs comme la Belgique, le Canada, les États-Unis, la Suède et les Pays-Bas. Pour les crémants, l’Allemagne, la Belgique et les États-Unis restent nos pays phares. Enfin, concernant les ventes en bouteilles, l’année 2018 a bien débuté avec une hausse de 15 % en janvier. Nous sommes sur de bons rails », assure Gilles Neusch, directeur du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa).

Une incitation à l’optimisme alors que sur ces cinq dernières années, seul le millésime 2016 a été généreux. En réaction, Yvan Engel s’agace du prix de vente des vins d’Alsace toujours bien trop bas à ses yeux. Une intervention qui permet à Jérôme Bauer de préciser que l’AVA « a fait l’objet d’une enquête de l’autorité de la concurrence. On nous a conseillé de ne plus faire de recommandation syndicale. En revanche, les prix constatés, on peut en parler. C’est en tout cas l’occasion de rappeler qu’il n’y a pas d’entente sur les prix. Nous constatons simplement les prix du marché actuel. L’objectif pour nous est d’être sur la ligne la plus haute possible. Le Smic a augmenté de 1,234 % en début d’année. A minima, j’estime que pour le prix des vins, ce doit être la même chose. »

Se préparer à la flavescence dorée

L’assemblée générale a ensuite approuvé le résultat financier de l’année écoulée avec un excédent de 93 238 €, puis le budget prévisionnel 2018 excédentaire de 14 000 €. Une situation financière saine qui permet de reconduire à l’identique les tarifs de la cotisation 2019, à l’exception du point sur la flavescence dorée, qui passe de 2 à 4 € par hectare. Une flavescence dorée qui n’est pas présente en Alsace, comme le rappelle Yvan Engel venu évoquer le sujet en tant que président de la commission technique du vignoble. « En 2018, 2 202 hectares seront prospectés partout en Alsace. Ce budget supplémentaire va nous permettre de poursuivre notre travail de prévention et d’avoir un matelas financier pour le jour où la flavescence dorée sera détectée dans la région. Il faut se préparer. » La commission technique du vignoble s’intéresse en outre aux maladies du bois.

Race bovine vosgienne

Un organisme de sélection fort et proche de ses adhérents

Élevage

Publié le 30/03/2018

Qu’ils soient installés en Alsace, en Lorraine ou en Franche-Comté, ils sont venus en nombre assister à cette assemblée générale. Un moment fort pour les adhérents. Un moment d’émotions également puisque les premiers mots du président de l’organisme de sélection (OS) vosgienne, Florent Campello, ont été pour Marc Spenlé, éleveur décédé en 2017. « Il aura donné énormément de temps pour notre race qui lui tenait à cœur ». L’année 2017 a vu une forte volonté de l’OS de poursuivre dans la voie du progrès génétique. « Près de 150 000 € ont été injectés depuis le début de la génomique pour un avenir et un patrimoine génétique renforcés. Cet instrument, mis en place il y a deux ans, nous a permis d’évoluer de plus de dix points d’Isu sur la moyenne des taureaux en dix ans. Quelques calages sont à apporter, mais la voie femelle nous procure de réelles opportunités, reflétant bien sa valeur », indique Florent Campello. Le travail ne manque pas au sein des différentes commissions de l’organisme. Mélanie Gutzwiller a la responsabilité de la commission génétique : « Nous avons validé 133 mères supports. Nous avons mis en place le « génotypage éleveur » et sélectionné de nouveaux taureaux à mettre au catalogue. Techniquement, nous nous sommes penchés sur le calcul des pondérations de chaque poste dans les notes globales et sur le calcul de ces notes. Nous avons fait le choix des taureaux de la future série en doses sexées. Nous avons ajusté le règlement intérieur. Enfin, nous avons pris diverses décisions sur les règles d’admission au concours et effectué le choix des juges. ».

Sécuriser la vente

La production et le développement du fromage Cœur de Massif continue d’évoluer et de séduire toujours plus d’éleveurs, et surtout davantage de consommateurs. « La communication sur ce point est positive et encourageante. Elle permet d’avoir une vision pour les exploitations en race vosgienne et pour celles en conversion. Cœur de Massif reflète la politique menée au sein de l’OS : une envie d’avancer, d’évoluer, et de se renforcer dans un massif qui ne demande qu’à respirer la vosgienne », plaide Florent Campello. Face à ce succès grandissant, les professionnels estiment qu’il est nécessaire d’organiser une plateforme de distribution. « L’OS va la prendre en charge en milieu d’année. Nous devons pouvoir accueillir les nouveaux éleveurs qui veulent produire du Cœur de Massif. Il y a la production certes, mais également la vente. Et on ne vend pas de nouveaux produits comme ça. Il faut trouver des débouchés pour un fromage qui est bien installé et apprécié. Il s’agit de sécuriser la vente », prévient le directeur de l’OS vosgienne, Philippe Caussanel.

Évoluer ensemble

Le président de l’OS vosgienne Florent Campello a évoqué l’arrivée du nouveau règlement zootechnique européen. « Il nous oblige à évoluer, à nous poser les bonnes questions et à mener un combat racial au service de son territoire et de ses éleveurs. C’est ce qui explique toutes ces réunions et ces échanges tout au long de l’année. Ce débat doit nous permettre de nous éclairer vers un projet ambitieux et serein pour l’avenir de nos jeunes à travers leur race. Un OS fort et proche de ses adhérents doit rester le cœur de notre action. Nous devons continuer à faire évoluer la race sur son territoire, tout en pesant sur une politique agricole en constante évolution. Les races locales de montagne doivent être en avance pour influencer et construire les choix nationaux d’avenir. Enfin, nous devons continuer à être les acteurs de cet équilibre, à être les moteurs de cette authenticité chaleureuse d’histoires humaines. Soyez fiers d’appartenir à un OS qui sait ce dont il a besoin et où il veut aller. Soyez des relais d’espérance pour les agriculteurs en difficultés financières. Portez une voix positive dans l’ambition qui est la nôtre. Et, surtout, soyons unis vers un avenir de cohésion, serein et identitaire de notre monde paysan », conclut Florent Campello.

Conditions d’adhésion

Le rapport financier 2017 et la nouvelle composition du conseil d’administration ont été approuvés. Les conditions d’adhésion ont été précisées : le respect du certificat de la parenté bovine (CPB) avec un minimum de 80 % de veaux par an nés avec une filiation connue et certifiée et le respect du règlement intérieur. Dans ce dernier, il est indiqué la nécessité d’avoir 90 % d’insémination artificielle (IA) en insémination artificielle première (IAP) et 25 % d’IAP en doses sexées dans les élevages au contrôle laitier. Pour les élevages allaitants adhérant au contrôle de performance et bénéficiant du programme de sélection de taureaux de monte naturelle, il faut 30 % d’IA en IAP. Concernant les mesures agro environnementales (MAE) « races menacées vosgiennes », il a été rappelé les difficultés administratives rencontrées pour les paiements. Ils ont été versés en 2017, tout du moins en Alsace. Enfin, l’OS a modifié ses cotisations en les augmentant à 40 € par élevage (contre 30 € auparavant) et 3 € de cotisation par femelle de plus de six mois pure vosgienne. « On le fait pour permettre à l’OS d’avoir une lisibilité. Les subventions vont diminuer à l’avenir. Nous avons attendu deux ans pour le faire. Les MAE ayant été versées, nous pouvons nous le permettre désormais », précise le trésorier de l’OS, Roger Trommenschlager. Par ailleurs, Laurine Spieser a présenté les travaux de la commission « fromage » dont elle est responsable.

L’allaitante se développe

La commission « allaitante » poursuit son développement au sein de l’OS vosgienne. Pour la première fois, elle a participé au concours allaitant au Salon international de l’agriculture à Paris en 2017 avec quatre vaches. Et surtout, une pépinière de taureaux a été mise en place. Ils vont être achetés par la pépinière et élevés jusqu’au sevrage. Ils seront ensuite pointés et pesés pour une première sélection à l’âge de trois mois. Ils seront ensuite vendus comme futurs taureaux reproducteurs aux éleveurs ayant intégré le programme de sélection de taureaux de monte naturelle ou destinés à la boucherie s’ils ne conviennent pas. La mise en place de cette pépinière se fait en lien avec l’Esat des Tournesols à Sainte-Marie-aux-Mines. Après une année 2017 prometteuse pour l’allaitante, les professionnels entendent diriger leurs efforts sur la valorisation de la viande.

Alsaterr à Dannemarie

Le nouveau tracteur Kubota M7002

Technique

Publié le 30/03/2018

Le nouveau tracteur Kubota M7002 est désormais disponible en trois modèles : M7132, M7152 et M7172. C’est cette dernière version qui était exposée pendant deux jours lors des portes ouvertes d’Alsaterr. Sa première présentation, après avoir été dévoilé à Hanovre en novembre dernier. « Le confort du tracteur a été revu, tout comme le moteur et le freinage. Il bénéficie également d’un meilleur agencement, explique Laurent Fuchs, le responsable d’Alsaterr à Dannemarie. En tant que revendeur et avec nos deux bases, nous couvrons une grosse partie de l'Alsace. Nous en avons déjà commercialisé sur le Territoire de Belfort. Et là, les premiers contacts sont intéressants. »

Cette nouvelle génération 2018 de tracteurs Kubota série M7, disponibles de 130 à 170 ch, dispose, en plus de sa transmission à variation continue KVT, d’une nouvelle powershift à 6 rapports sous charge, 30 vitesses avant et 15 arrière. Lors du salon Agritechnica 2017, le constructeur japonais expliquait avoir travaillé sur de nombreux détails pour améliorer le confort et la précision dans l’utilisation de ces tracteurs, comme un contrôle plus précis du joystick multifonctions, l’augmentation de la mémoire du système de gestion des bouts de champ, l’amélioration de la suspension de cabine, l’insonorisation ou encore un nouveau siège. La série M7002 intègre aussi son propre système TIM (Tractor Implement Management) Isobus Class III. Il offre ainsi la possibilité d’automatiser une série de commandes pour gagner en efficacité, durant un chantier de fenaison, par exemple. L’outil prend d’une certaine façon le contrôle du tracteur pour l’arrêter lorsque la balle atteint la bonne dimension, lancer le liage, ouvrir la porte pour l’évacuer, etc. et repartir. Le concept TIM intégrerait même une gestion du guidage du tracteur en fonction de l’andain.

Revendeur récent

Ces portes ouvertes ont aussi été l’occasion de présenter l’ensemble de la gamme de matériels Kubota, dans un contexte économique qui reste difficile. « Le début de 2018 est assez morose. Ces portes ouvertes nous permettent d’accueillir du monde et de valoriser notre matériel. La fréquentation est bonne, grâce à une météo favorable », se félicite Laurent Fuchs.

Avant d’ajouter qu’Alsaterr est aussi, depuis le 1er mars, revendeur de la marque Caterpillar pour l’Alsace et le Territoire de Belfort. « C’est une marque qui a une bonne renommée. Nous cherchions à compléter notre gamme. Les contacts que nous avions noués lors du dernier Sima ont pu aboutir. » Quant à Yamaha, Alsaterr a commencé à travailler la marque au début du mois de novembre 2017. « Yamaha était autrefois distribuée par les réseaux motos, mais a ouvert son réseau aux concessionnaires. Nous proposons une gamme d’utilitaires qui convient au secteur agricole », conclut Laurent Fuchs.

Chambre d'agriculture Alsace

L’innovation, un enjeu majeur pour l’agriculture

Vie professionnelle

Publié le 23/03/2018

Le président de la CAA Laurent Wendlinger fixe les objectifs : « A l’heure de la réforme de la politique agricole commune, nous devons avoir le premier objectif de protéger notre modèle agricole et alimentaire. C’est la seule politique européenne vraiment commune. Elle doit le rester. Que ce soit la question du glyphosate, celle de la qualité de l’eau souterraine, ou encore celle de l’usage des produits phytosanitaires, nous devons continuer, avec nos partenaires, à trouver des solutions pérennes et préparer une feuille de route et un plan d’action. Ce ne sera pas forcément avec les solutions d’hier que l’on relèvera les défis de demain. C’est, au contraire, avec de nouvelles techniques, de nouvelles pratiques, avec de l’innovation, que nous pourrons promouvoir des solutions qui permettront de concilier durablement production et préservation des ressources ». L’innovation concerne toutes les productions agricoles, toutes les filières ; elle est présente partout. Le monde agricole doit l’intégrer dans son fonctionnement de tous les jours pour préparer son avenir et assurer sa pérennité.

« Construire, ensemble, des perspectives »

Maximin Charpentier, président de la Chambre d'agriculture de la Marne, en charge de l’innovation, de la recherche et du développement (SC IRD) à la Chambre régionale d’agriculture Grand Est (Crage) a présenté les axes du projet stratégique des Chambres d’agriculture : assurer le renouvellement des générations, le développement de l’emploi et des compétences ; développer la recherche et le développement, l’innovation et la bio économie au service de la compétitivité et de la préservation des ressources naturelles ; développer le potentiel technique et économique des filières existantes, et accompagner l’émergence de nouvelles filières ; promouvoir une agriculture au service de la dynamique des territoires, facteur d’attractivité de la région.

Pour y parvenir, les Chambres d’agriculture ont revu leur organisation et rassemblé les compétences de façon transversale. Des prestations telles que le conseil, la formation, l’animation, certaines études sont développées en commun. Les métiers du réseau sont nombreux et variés : les chambres comptent 573 ingénieurs et techniciens autour de 50 groupes de métiers nationaux qui vont des grandes cultures à l’élevage en passant par le contrôle de performance, l’agro environnement, l’installation, le conseil d’entreprise ou encore l’économie, l’urbanisme, la viticulture, les légumes. Le plus gros poste concerne les grandes cultures. « Les Chambres y consacrent 113 ingénieurs et techniciens pour la production de 180 essais analytiques. On y trouve également deux fermes pilotes, des « essais bandes », des flashs et guides techniques, des conseils collectifs, de la formation. Les thématiques sont nombreuses. Elles concernent l’économie évidemment, mais également les sols, le climat, l’eau, l’énergie, l’air, la biodiversité, l’agriculture biologique. À travers nos expertises, nous optimisons le travail des agriculteurs en animant notre réseau et en proposant des bases de données ouvertes au plus grand nombre », précise Maximin Charpentier. L’élevage et la viticulture sont également deux autres secteurs d’activité très importants. Le conseil d’entreprise et l’installation mobilisent 74 conseillers dont trois spécialisés en macroéconomie.

« Nos objectifs sont clairs pour cette feuille de route. Nous voulons construire ensemble des perspectives à moyen terme pour nos métiers, nos activités et nos mandants. Nous voulons également bénéficier de la taille du Grand Est pour construire une stratégie de développement et créer des alliances. Nous souhaitons nous appuyer sur la puissance du réseau pour soutenir l’innovation ascendante et descendante tout en rendant lisibles et visibles nos actions. À court terme, il s’agit de monter des projets ensemble, de construire des services, d’apporter de nouvelles méthodes de travail. Ensuite, il s’agira de coordonner le réseau, de le structurer et de le rendre fiable. Il permettra, à terme de préparer le futur de nos domaines de travail. Nous devons également nous appuyer sur l’agriculture numérique par le biais d’une agriculture de précision avec des outils tels que les capteurs, les guideurs, « Mes Parcelles ». Le tout, dans une méthode de gouvernance claire et partagée où le Bureau de la Chambre pilote l’ensemble du projet, le directoire et son comité de gestion fixent les orientations et valident le budget. Où des commissions régionales proposent des projets et remontent des besoins. Où des Chambres départementales remontent ces besoins et ces projets en les préparant et en manageant les équipes. Ce plan d’action doit permettre de mobiliser le plus grand nombre pour, au final, proposer des stratégies d’ensemble de nos Chambres » conclut Maximin Charpentier.

Des outils numériques, des opportunités énergétiques

Danielle Bras, présidente de la commission « grandes cultures », a détaillé les ambitions de la CAA en matière d’agriculture numérique comme le « réseau de stations météo connectées alsacien, en partenariat avec les principaux opérateurs que sont la Coopérative Agricole de Céréales, le Comptoir agricole, Armbruster, la sucrerie d’Erstein ou encore l’Agaja. Il s’agit de proposer une offre commune pour l’équipement des agriculteurs. Une base qui serait utilisable part tous pour proposer des services dans le cadre d’une gestion globale animée par la CAA ».

Des outils d’aide à la décision seront également développés pour la protection des cultures. Dès ce printemps, la Chambre va utiliser « Prévi-LIS/OptiProtect » d’Arvalis, qui calcule chaque jour une prévision des stades et des risques de maladies sur les blés tendres. La Chambre compte également aider les agriculteurs à anticiper les conséquences du changement climatique avec l’outil informatique « CliA-XXI ». Il simule les effets probables du changement climatique sur les principaux indicateurs pour l’agriculture (pluviométrie, températures, jours de gel, etc.) à vingt et cinq ans. Cet outil permet de préparer des stratégies d’adaptation. « À l’automne 2018, nous comptons constituer un groupe d’agriculteurs pour réfléchir et tester des solutions d’adaptation et d’atténuation possibles. La Chambre participe également à une étude sur les adaptations spontanées des éleveurs laitiers à ce changement climatique. Et, en complément, nous avons un outil appelé « Oracle », géré par la Crage, qui mesure les effets actuels du changement climatique ».

La chambre entend également se positionner sur les nouvelles énergies, en renforçant les actions tant dans la production que dans la gestion des déchets. « Nous voulons valoriser en agriculture les projets de géothermie profonde. Il y a des opportunités en Alsace et des études sont en cours. De grandes quantités d’eau à basse température sont disponibles pour valoriser les serres chauffées, la production de microalgues, la pisciculture ou encore la production d’insectes. Nous voulons également mieux soutenir la méthanisation agricole en favorisant les initiatives de porteurs de projets. Enfin, nous voulons relancer le photovoltaïque agricole. La Chambre d'agriculture diffuse pour cela des références objectives et indépendantes. Elle anime un observatoire où 122 installations sont référencées. Elle accompagne les projets innovants et elle aide les producteurs pour les appels d’offres », conclut Danielle Bras.

Ils ont dit

« Nous avons besoin d’innovation »

Vie professionnelle

Publié le 23/03/2018

Denis Ramspacher, vice-président de la CAA. « Nous avons besoin d’innovation pour avoir des arguments dans les discussions et les attaques dont nous sommes l’objet. Nous sommes confrontés à une problématique sur les prix. Nous devons préparer l’avenir sachant que 50 % de la production laitière, demain, va changer de main. Si nous voulons continuer à produire, il va falloir accompagner les agriculteurs et qu’ils investissent. Or, avec les prix d’aujourd’hui, cela va être difficile. L’innovation est une évidence. Mais, elle doit s’accompagner avec la réalité économique du monde agricole ».

Daniel Starck, Confédération Paysanne, dresse « un parallèle entre l’agriculture et le nucléaire qui est aujourd’hui dans une impasse. Nous faisons la même chose avec l’agriculture. Nous sommes allés trop loin. Je propose donc d’autres innovations que celles que vous venez de présenter. La première est l’innovation mentale. Nous devons changer de mentalité. La deuxième est d’innover en renouant avec le vivant, le sol vivant, l’agronomie. La troisième innovation est que nous ne restions plus seuls dans notre coin, mais que nous retrouvions les consommateurs et les gens qui habitent dans les territoires ».

Christian Schott, référent Ecophyto Alsace. « L’innovation ne date pas d’aujourd’hui. On travaille depuis toujours pour favoriser le revenu des agriculteurs tout en préservant l’environnement et la sécurité des consommateurs. Notre préoccupation de tous les jours est de faire augmenter la production tout en minimisant son impact sur l’environnement pour le bien de la santé des agriculteurs et des consommateurs ».

Jean-Michel Habig, président de la Coopérative Agricole de Céréales. « Nous avons des compétences sur le terrain, il faut les valoriser. À nous de les mettre en commun. Nous avons des exploitations agricoles qui fonctionnent également. L’innovation, nous la proposons à la CAC par le biais du pilotage azoté sur blé ou colza, l’épandage de trichogrammes, la modulation intraparcellaire, les outils d’aides à la décision, la bonne dose au bon endroit. L’idée est d’être le plus efficace possible et d’aller encore plus loin dans l’expertise ».

Maximin Charpentier. « Je ne suis pas là pour opposer les systèmes agricoles. Je souhaite faire de l’innovation pour que le potentiel sol/soleil soit le meilleur possible. Le vrai sujet, c’est que la planète est ronde et que ses ressources sont limitées. Jusque dans les années 1990, on pensait le contraire. Il y a eu, depuis, une prise de conscience. La question est de s’interroger sur comment être innovant en agriculture tout en cumulant la durabilité du sol et la production. Le seul fait de vivre pollue. Nous serons bientôt neuf milliards d’habitants sur cette planète. Le pari à réussir ensemble sera de pouvoir les nourrir durablement. Pour avoir cette solution environnementale, il faut donner des moyens à l’agriculture. Une approche globale est nécessaire ».

 

Louis Frischinger

Deuxième berger de France

Vie professionnelle

Publié le 16/03/2018

Voilà plusieurs années que Louis Frischinger participe à divers concours d’élevage. « La première fois, c’était au concours d’Habsheim quand j’étais en classe de seconde au lycée agricole de Rouffach. J’ai fait de belles rencontres. Le déclic a eu lieu à Rouffach. Nous étions un groupe d’élèves motivés. Chacun avait sa spécialité. Nous avons commencé à concourir ensemble. Je m’entraînais avec Apolline Prinz, chez son grand-père, à Hausgauen », explique le jeune étudiant. À la fin de sa classe de première, il participe à ses premières Ovinpiades en Alsace. Il représente son établissement à la finale régionale. « J’ai été aidé par ma prof de l’époque, Élodie Pinheiro. J’ai terminé à la seconde place de cette compétition qui se déroulait dans le Bas-Rhin. Cela m’a permis de monter à Paris où j’ai obtenu la 17e place. Pour une première participation j’étais très content, car je ne connaissais pas grand-chose au mouton », précise Louis Frischinger. Le jeune homme se consacre entièrement à sa passion. Il cherche à progresser. « J’ai continué l’an passé comme formateur avec Apolline Prinz. Nous avons l’ambition d’accueillir l’école des jeunes présentateurs. En attendant, nous sommes revenus cette année à Paris. Je dis « nous » car nous étions six de mon établissement scolaire. Cette participation rentrait dans le cadre d’un projet d’initiative et de communication. On a décidé de faire une journée consacrée au mouton. Et puis, au niveau des Ovinpiades, avec un collègue, nous avons remporté les première et deuxième places en Franche-Comté », ajoute Louis Frischinger. Durant un temps donné, les candidats ont été confrontés à des épreuves alliant théorie et pratique : l’évaluation de l’état d’engraissement et du poids d’agneaux de boucherie, le choix d’un bélier, le parage des onglons, le tri des brebis avec lecture de boucles électroniques, la manipulation et l’évaluation de l’état corporel de la bête, le quiz et la reconnaissance des races. À l’issue de cette compétition « très disputée », Rémy Roux, du CFAA du Lot, est devenu le meilleur berger de France. Louis Frischinger, qui s’est bien battu, a récolté l’argent. Collectivement, les six étudiants de Franche-Comté ont également participé à ces Ovinpiades après une qualification régionale. « Nous avons remporté la 7e place sur 10 équipes. Cela a été une belle expérience collective. Je reviens de Paris avec une expérience supplémentaire, davantage de motivation pour l’élevage ovin et l’envie d’aller plus loin. Tant avec les moutons qu’avec la race prim holstein pour les vaches, que j’affectionne particulièrement », poursuit Louis Frischinger. S’il réussit sont BTSA à la fin de cette année scolaire, il compte faire une licence professionnelle ovine près de Rodez dans l’Aveyron. La seule école en France qui propose cette spécialité. « Il n’y a que vingt places. Mais, en sortant de là-bas, tu es certain de pouvoir travailler. Et, avec ces concours, ces rencontres et ces expériences, je viens de mettre toutes les chances de mon côté », conclut Louis Frischinger.

Comité des reines des vins d’Alsace

Claudia Renel, nouvelle présidente

Vigne

Publié le 15/03/2018

Vice-présidente sortante depuis trois ans, Claudia Renel, née Weinmann, native de Turckheim, assure, avec son comité, la continuité d’une association dynamique. « Nous avons déjà fait beaucoup de choses depuis la création du comité des reines des vins d’Alsace. Il a tout d’abord fallu effectuer, les premières années, un gros travail de recherche sur toutes les reines et dauphines depuis 1954. Ensuite, nous avons organisé nos premières rencontres « royales ». Et puis, il y a eu cette « cuvée royale » et ces participations à divers événements viniques en Alsace. Nous tenons encore une fois à remercier le conseil interprofessionnel des vins d’Alsace et tous les professionnels du vignoble qui nous font confiance et nous associent à leurs manifestations », explique la nouvelle présidente. Parmi ces événements, il y a la foire aux vins d’Alsace de Colmar avec ces « instants divins », le rassemblement des confréries viniques à Strasbourg en 2015 et, bien évidemment, les élections de la nouvelle reine des vins d’Alsace et ses dauphines. Une élection qui se « professionnalise » avec une présence et une mobilisation sur les réseaux sociaux. Mais surtout une dégustation commentée d’un vin, pour bien montrer que la reine n’est pas une « miss », mais l’ambassadrice, pendant un an, des vins d’Alsace.

Un déjeuner gastronomique ce dimanche 11 mars

En 2017, le comité des reines des vins d’Alsace s’est mobilisé pour la réalisation d’un court-métrage sur les reines et sur les cuvées (https://youtu.be/nRZwfWz0QTE). « Cette année, nous voulons faire évoluer la soirée de gala qui sera organisée lors de l’intronisation de la reine et de ses dauphines lors de l’ouverture de la foire aux vins. Nous comptons également participer à des vendanges au lycée agricole de Rouffach. Des vendanges qui permettront de réaliser une deuxième cuvée de la reine en 2019. Et puis nous continuerons à communiquer avec notre oriflamme », précise Claudia Renel. Et, dès ce dimanche 11 mars, le comité des reines des vins d’Alsace organise une nouvelle manifestation. Il s’agit d’un déjeuner gastronomique à l’hostellerie des Châteaux à Otrott en l’honneur de l’actuelle reine des vins d’Alsace, Justine Schmitt. « L’hôtel va nous acheter une cinquantaine de bouteilles de notre cuvée qu’il présentera ensuite aux clients sur la carte. Une partie du bénéfice des futures ventes sera reversée à deux associations caritatives : l’association « Vivre comme avant » qui est animée par des femmes bénévoles qui ont vécu un cancer du sein et qui accompagnent les femmes qui, à leur tour, sont atteintes par cette maladie ; et l’APEI Centre Alsace qui est une association à vocation territoriale militant pour la promotion de la personne handicapée, son intégration sociale et le maintien du lien familial », précise Claudia Renel. À noter que le comité des reines des vins d’Alsace participera aux 8e foulées de la ligue contre le cancer au Parc-Expo de Colmar en juin prochain, et au 30e salon des vins à Rouffach à la fin de cette année qui s’annonce donc chargée.

Syndicat des producteurs de crémant d’Alsace

Solidarité pour la lisibilité du crémant

Vigne

Publié le 08/03/2018

Ces quatre IGP effervescentes concernent le « Pays d’Oc », les « Coteaux de l’Ain », le « Comté Tolosan » et les « Vins des Allobroges ». Le syndicat national des producteurs de crémant a engagé dès 2011 des recours juridiques auprès du Conseil d’État après que 36 cahiers des charges visant à produire des vins mousseux aient été validés. Ces procédures ont porté leurs fruits puisque le Conseil d’État en a annulé la quasi-totalité. « Mais voilà qu’à notre grande surprise, et à 48 h de la clôture des déclarations de récolte, le Journal officiel de la République Française a laissé entrevoir une nouvelle porte de sortie pour quatre des sept cahiers des charges déjà annulés à deux reprises par le Conseil d’État. Nous sommes alors intervenus auprès de l’Inao, via la procédure nationale d’opposition, pour tenter une nouvelle fois de faire entendre raison. Nous avons une nouvelle fois affirmé notre mécontentement et engagé de nouvelles négociations, pensant que l’Inao allait cette fois porter une oreille attentive à nos doléances pour ne pas dire nos revendications », explique le président du syndicat des producteurs de crémant d’Alsace, Hervé Schwendenmann. Si la production effervescente régionale n’est pas directement concernée par ce dossier, elle a un devoir de solidarité envers l’ensemble de ses collègues français. C’est la position du syndicat alsacien. « Les enjeux sont importants. Il en va de notre avenir, de notre lisibilité, de notre image », précise Hervé Schwendenmann.

Quelle crédibilité ?

Quatre nouveaux recours ont donc été déposés au Conseil d’État le 10 février dernier et les producteurs de crémant attendent maintenant le jugement. En cause : les aires de production très importantes en surface, notamment en pays d’Oc (à proximité des « collègues du Limoux »), et l’utilisation de cépages jugés inadaptés. Les conclusions du Conseil d’État seront-elles disponibles avant la récolte 2018 ? Le risque est tout de même important pour les huit régions françaises productrices de crémants (86 millions de cols en 2015 dont 34,9 millions de cols pour la seule Alsace). « S’agissant des décisions de la plus haute juridiction administrative française qui nous a donné raison, dans tous les cas, on ne peut que déplorer que les décisions ne soient pas appliquées immédiatement. Lorsque l’on sort d’un tribunal, soit on est libre, soit on a une amende, soit on va en prison. Ici, certaines des entreprises semblent ignorer les décisions de justice. Il nous semble incroyable qu’une IGP annulée par le Conseil d’État de manière rétroactive se permette de poursuivre la commercialisation de ses produits en toute impunité. Quelle crédibilité avons-nous en laissant faire de tels agissements ? Quelle crédibilité ont les services de l’État en n’intervenant pas pour stopper ces ventes illégales avec un étiquetage revendiquant une IGP interdite ? Il est grand temps qu’une intervention musclée soit faite pour dénoncer de tels agissements qui galvaudent les marchés au détriment de nos crémants qui subissent une perte d’identité dans un monde des effervescents déjà complexe », s’agace Hervé Schwendenmann. Si l’Inao et/ou l’État ne réagissent pas rapidement, la profession viticole envisage de réagir elle-même. Des contacts ont déjà été pris avec les services d’un avocat spécialisé.

Les contrôles internes

Un autre dossier important concerne les contrôles internes opérés par le syndicat pour le compte de l’organisme de défense et de gestion (ODG). Des évolutions viennent d’avoir lieu. « L’ODG- Association des viticulteurs d'Alsace (Ava) a décidé de se désengager de son contrat de prestation de service qu’elle nous avait délégué jusque-là. Cela a provoqué une réflexion sur le fonctionnement de notre syndicat pour les années qui viennent. Il va falloir discuter des moyens à mettre en œuvre en termes de logistique. Ou revoir notre fonctionnement via une autre source de revenus. Nous ne souhaitons pas continuer à assumer un fonctionnement sans contrepartie. La réflexion est en cours… », prévient Hervé Schwendenmann. Il a également évoqué l’expérimentation concernant le crémant rosé, qui consiste à assembler plusieurs cépages dans la famille des pinots. En toile de fond, l’acidité des vins de base. Le protocole d’essais ne convient plus à l’Inao. « À nous de rectifier le tir. À nous d’évoluer et de nous adapter également aux évolutions climatiques en cours et à venir », note le président du syndicat des crémants d’Alsace. Un crémant qui cherche à communiquer toujours davantage. À l’image, une nouvelle fois, de sa présence sur les podiums des rallyes automobiles. Le dernier en date, en Suède, a permis de réaliser une belle opération publicitaire pour un coût financier très faible. Enfin, Hervé Schwendenmann a appelé les producteurs de crémants d’Alsace à se mobiliser et à participer au prochain concours national qui aura lieu à Bordeaux du 26 au 28 avril. « Déposez vos échantillons au siège du syndicat pour le 20 mars au plus tard. Mais surtout, déplacez-vous et participez à la dégustation », conclut Hervé Schwendenmann.

Armbruster Vignes

Produire bien et mieux

Technique

Publié le 19/02/2018

Après le matériel végétal et la gestion foliaire, puis les maladies du bois, ce troisième thème a attiré de nombreux viticulteurs. Ingénieur agronome chez Aurea, laboratoire d’analyse et de conseil agro-environnemental, Alain Kleiber a insisté sur la différence à faire entre nutrition et fertilisation. Pour lui, la quasi-totalité des interventions sur une parcelle sont des opérations de nutrition « organique, hydrique et minérale. Elle est totalement gérée par les équilibres hormonaux avec trois centres d’attraction : les grappes, les racines et les organes végétatifs en croissance. Ils émettent des hormones. C’est la nutrition », explique Alain Kleiber.

En revanche, on ne peut pas parler de nutrition azotée sans rapport C/N. « Avoir une teneur correcte en azote est inutile si les réserves glucidiques sont faibles. De même, avoir des réserves correctes en glucides est inutile si les réserves en azote sont faibles. Il faut donc un équilibre entre les deux. C’est cela la nutrition », ajoute l’expert agronome. Selon Alain Kleiber, la teneur en glucides du sarment explique 54 %, un peu plus de la moitié donc, de la variabilité de l’intensité de pousse le premier mois après débourrement. L’intensité est liée à la fois à des teneurs cohérentes en azote et glucides dans les bois, les deux critères cumulés expliquant 92 % de l’intensité de pousse (à volume de cep identique).

Quatre phases de développement

« Les racines d’un cep ont plusieurs fonctions. La première permet un ancrage et une stabilisation de la structure aérienne. La seconde concerne l’absorption de l’eau et des éléments minéraux. La troisième, la diffusion. La quatrième, la production d’hormones de croissance par le chevelu. La cinquième, le stockage des réserves, essentiellement glucidiques et, en moindre proportion pondérale, 75 % des réserves azotées. Il faut faire attention car les racines sont également des organes de consommation concurrentiels », précise Alain Kleiber.

La vigne a quatre phases de développement. Les deux premières, appelées phases juvénile et adulescente, concernent les quatre à dix premières années. Les deux suivantes sont la phase adulte et de sénescence. « Le rythme de développement racinaire est très important. Lors de la phase adulescente, on peut commencer à produire. Mais, le système racinaire a encore une capacité à se développer. Et, plus je vais produire ou surproduire, plus cela va bloquer le développement racinaire. Si l’on produit trop par rapport au potentiel du sol, les racines arrêtent alors de se développer. Cela se peut se produire dès la quatrième année. Les conditions climatiques défavorables peuvent être la seconde raison provoquant ce blocage de développement racinaire. On passe alors directement à la phase adulte », souligne Alain Kleiber.

Pour l’expert, chaque viticulteur peut faire selon sa propre façon de travailler, sa propre philosophie. Tout dépend de son objectif de production sachant que la phase adulescente peut débuter dès la troisième année de la vigne et jusqu’à la huitième ou même dixième année si tout va bien. La phase de sénescence, la dernière, est consacrée à de l’entretien. On perd alors en rentabilité. « La phase juvénile permet d’installer le plus rapidement possible le potentiel de production (bois et racines). C’est lors de la phase adulescente que l’on peut commencer à produire et à valoriser le potentiel de croissance racinaire. Lors de la phase adulte, on produit selon ses objectifs et on tente de maintenir le potentiel des ceps. Il faut faire attention à ne pas dégrader le potentiel racinaire. Enfin, lors de la phase de sénescence, on soutient les ceps tant qu’ils sont rentables. »

Confort racinaire

Alain Kleiber s’est ensuite intéressé au pH de l’eau du sol en insistant sur les notions de confort racinaire. Il a invité les professionnels à raisonner leur travail et donc leur sol avant toute plantation. Il a également fait des rappels sur la mise en réserve. En nutrition, il y a trois types de besoin : la production de l’année, les besoins végétatifs, la préparation de l’année suivante. « La production de l’année concerne 15 % de l’azote. C’est le rendement. Les besoins en azote de la vigne ne sont pas proportionnels au rendement. C’est spécifique aux plantes pérennes et surtout à la vigne. Les besoins végétatifs de l’année, c’est 35 % de l’azote. C’est la croissance de l’année. La préparation de l’année suivante, c’est 50 % de l’azote. La moitié de la consommation d’azote en 2018 prépare donc 2019. Pour le potassium, c’est différent. 10 % vont pour le besoin végétatif de l’année. Il y a peu de potassium à mettre, par exemple, sur les jeunes vignes. 35 % vont à la préparation de l’année suivante, 55 % à la production de l’année. Là, par contre, c’est impacté par le rendement », précise Alain Kleiber.

Des propos qui ont suscité de nombreuses questions des professionnels. Il faut dire que les derniers millésimes ont été complexes et atypiques. Aymé Dumas, du service technique d’Armbruster Vignes, est ainsi revenu sur le bilan de la saison viticole 2017. « Toute la France a été impactée par le gel, qui a entraîné des pertes de rendement, de l’ordre de - 21 % en Alsace. Le déficit hydrique a été d’environ 100 à 150 mm. Ce mois de janvier 2018, c’est le contraire, avec 180 à 220 mm selon les endroits. 250 parcelles sont suivies chaque année pour l’esca. La situation était normale l’année écoulée, contrairement à 2016 où c’était l’hécatombe. »

Aymé Dumas a insisté sur la nécessité de bien contrôler les pulvérisateurs en présentant Qualidrop : « Ce système permet de vérifier le bon réglage de votre pulvérisateur, de limiter la perte directe de produits phytosanitaires dans l’air ou au sol. Le but est de cibler la végétation et d’optimiser la protection de vos vignes. »

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