Auteur
Image

Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

Retrouvez ses derniers articles ci-dessous :

SAS Charles Sparr à Sigolsheim

Portes ouvertes sur un savoir-faire

Vigne

Publié le 13/07/2018

La famille Sparr poursuit son développement en axant sa politique économique sur la production biologique grâce à un matériel de travail performant. Dès cette récolte 2018, les raisins arriveront au nouveau vendangeoir entre quatre et six heures après la récolte. Ils seront alors confiés aux pressoirs, lors d’un chargement « tout en douceur », sans vis, sans pompe, pour respecter scrupuleusement le fractionnement qualitatif des jus. Le pressurage, lent et doux, permettra l’extraction des jus de cuvées, qui s’écouleront par gravité vers la nouvelle cuverie high-tech, entièrement sous contrôle informatique, tout au long de la phase fermentaire et d’élevage. Cet équipement nécessite actuellement les dernières mises au point avant son utilisation. Il rentre dans le cadre de la philosophie familiale, en place depuis 1634, et d'une passion pour des cuvées authentiques qui forgent la typicité et l’expression des vins du domaine.

La volonté est de poursuivre ce développement par la culture raisonnée, et de contribuer à la mise en vente de vins d’Alsace exigés par les marchés d’aujourd’hui, tant en France, qu’à l’export. L’entreprise de négoce de vin a investi dans pas moins de 2 500 m2 de surface technique, comprenant ce vendangeoir. Ce qui permettra à l’entreprise de recevoir 100 hectares de production et de commercialiser 1,2 à 1,5 million de bouteilles. Des travaux de plus de 4 millions d’euros.

Pendant deux journées, les viticulteurs qui font confiance à l’entreprise ont pu visiter les lieux, recevoir des informations sur sa philosophie de travail, tout en prenant connaissance de la chaîne de production, qui va être baptisée dans quelques semaines, avec les vendanges.

Comité des reines des vins d’Alsace

Le gala se poursuit

Pratique

Publié le 09/07/2018

On ne change pas une formule qui gagne. C’est l’état d’esprit du comité des reines des vins d’Alsace présidé par Claudia Renel. En 2017, le succès était au rendez-vous. « Cette première soirée de gala avait bien plu à tous nos invités. Une soirée sympa, spécialement conçue pour et par les reines des vins d’Alsace. Un moment d’échanges et de partages fort qui n’est pas possible lors de l’inauguration de la foire aux vins où il se passe tellement de choses en même temps », explique Claudia Renel. Une cuvée spéciale appelée « L’Âme des Reines » a été présentée lors de cette soirée et a connu un joli succès. « En une année, nous avons vendu les 600 bouteilles produites. Du coup, nous en avons refait 180 bouteilles». Une partie des bénéfices de ces ventes est destinée à deux associations : l’Apei « Les Amis et parents d’enfants inadaptés du centre Alsace » de Sélestat, et « Vivre comme avant », une association de soutien aux femmes qui ont été touchées par le cancer du sein. « Nous allons profiter de cette seconde soirée de gala pour remettre officiellement ces chèques à ces deux associations. Au cours de la soirée, nous présenterons un court-métrage sur nos activités. Il a été remis à jour avec la soirée ici au Cabaret Colmarien et les vendanges 2017 », ajoute Claudia Renel. La soirée sera présentée par Jean-Marie Arrus, secondé par Marlyse Riegenstiehl. Le premier passera le témoin à la seconde à l’issue de cette 71e foire aux vins d’Alsace de Colmar.

Avec le nouveau trio royal

La soirée de gala débutera à 18 h avec l’accueil des invités et l’apéritif. À 19 h, la cérémonie débutera. Et à partir de 20 h sera présent le spectacle : « Revue 2018 du Cabaret Colmarien ». À 21 h 30, le nouveau trio royal 2018-2019 sera officiellement intronisé. La soirée dansante se poursuivra avec l’orchestre « Top Connection ». Le comité des reines des vins d’Alsace incite les personnes intéressées à s’inscrire au préalable et avant le 18 juillet.

Lors de la Foire aux vins, le comité des reines des vins d’Alsace organisera son grand rassemblement le dimanche 5 août. Au programme de la journée : assemblée générale, présentation des trois cuvées de la reine et de ses deux dauphines, sans oublier les traditionnelles dégustations de la journée. Ensuite, il sera temps de penser à préparer la deuxième cuvée pour compléter l’offre actuelle. « Nous y réfléchissons déjà. Mais, nous attendons l’arrivée du nouveau trio royal pour avancer dans ce nouveau projet. Quoi qu’il en soit, cette 71e foire aux vins sera une nouvelle occasion de revoir toutes ces reines et dauphines, porte-parole du vin d’Alsace depuis 1954 ».

Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace

Travailler sur la notoriété des vins d’Alsace

Vigne

Publié le 06/07/2018

Le Civa veut conduire une politique de marque pour les vins d’Alsace en mettant l’accent sur leur image et leur valorisation. Après le choix d’un logo plus moderne depuis quelques semaines, le Civa prépare une nouvelle campagne de communication. « L’objectif est de renforcer la place des vins d’Alsace dans les intentions d’achat et la notoriété de l’appellation Alsace parmi les plus grands vins blancs du monde. Nous avons commencé à travailler sur tous nos projets. Mais cette dynamique nécessaire a un coût. Elle s’inscrit dans le cadre d’un budget prévisionnel qui nous permet de travailler sereinement puisque nous avons un déficit contenu (150 000 €). Nous avons également travaillé à la refonte de la commission technique du vignoble, présidée par Christophe Bertsch. 2018 sera une année placée sous le signe de la communication. Une communication améliorée entre le Civa et ses adhérents. Notre ambition est de favoriser les échanges, d’unir nos efforts pour faire progresser les vins d’Alsace », explique le président du Civa Didier Pettermann.

Le Civa compte envoyer chaque année à ses adhérents un rapport d’activité plus concis, afin de rendre des comptes « pour qu’ils voient ce qu’on fait avec leur argent », a indiqué le directeur Gilles Neusch. Le premier exemplaire a été distribué lors de l’assemblée générale, vendredi 29 juin à Colmar. « Nous allons fournir plus d’indicateurs et des services plus performants aux viticulteurs. Quant aux actions de promotion à l’international menées sur 16 pays en 2017, elles seront redéfinies en fonction de la situation et de l’enjeu des marchés. Nous allons également développer la promotion « en ligne », avec du contenu numérique, de la communication et des campagnes de recrutement avec des sites partenaires. Enfin, nous comptons proposer des formations aux professionnels de la vente. Pour vendre des vins d’Alsace, il est essentiel de les connaître et de les apprécier », ajoute Gilles Neusch.

Budget et conseil de direction

L’assemblée générale du Civa a également permis aux représentants des différentes familles professionnelles de voter unanimement l’augmentation d’une quinzaine de centimes de la cotisation interprofessionnelle (qui passe de 7,38 € hors taxes/hl à 7,52 €). Cette contribution représente 83 % des ressources du Civa doté d’un budget d’un peu plus de 8 millions d’euros. Une situation budgétaire qui reste favorable avec un fonds de roulement important, de l’ordre de huit mois de charges brutes d’exploitation. La composition du bureau et du conseil de direction a été renouvelée. « Il s’agit d’un moment particulier puisque deux personnes quittent le conseil de direction après avoir rendu de nombreux services au Civa et avoir effectué un travail de qualité. Il s’agit de Pierre-Etienne Dopff et de Georges Wespiser. Ils étaient respectivement élus depuis 1992 et 1998. Ils sont remplacés par Etienne-Arnaud Dopff et Gilles Ehrhart », précise Didier Pettermann. Ce dernier entame un nouveau mandat à la présidence entouré de trois vice-présidents (Georges Lorentz, Yvan Engel et Serge Fleischer), d’un secrétaire général (Pierre Heydt-Trimbach) et d’un trésorier (Pierre-Olivier Baffrey).

De la prévention

Krystel Lepresle, déléguée générale de « Vin et Société » est intervenue dans le cadre de l’AG. « Vin et Société » a été créée en 2004 et fédère 21 interprofessions régionales et sept nationales. « Nous nous intéressons et nous intervenons sur tous les sujets liés à la santé publique, à la fiscalité, à l’éducation et au comportement face à la consommation du vin, à l’œnotourisme ou encore à la sécurité routière. Nous fédérons les acteurs du secteur. Nous prônons une consommation responsable, celle du plaisir, du respect, du contrôle de soi. Nous sommes un acteur de la prévention et nous nous sommes donnés comme mission d’informer de manière responsable », explique Krystel Lepresle.

Elle a présenté le plan national santé actuellement en débat, dont certaines mesures inquiètent la filière viticole française. La mise en place d’un tarif plancher pour l’alcool en fait partie. « L’Écosse a été la première à la mettre en application. Si on appliquait cette taxation, le prix moyen minimum de la bouteille en France passerait de 3 € TTC à 5 € TTC. Les autres menaces portent sur l’augmentation des droits d’accises, l’interdiction de la publicité sur internet et les réseaux sociaux pénalisante pour l’attractivité des domaines et l’œnotourisme, et autour des établissements scolaires. Sur ce point, c’est particulièrement choquant, car cela signifierait que la filière ciblerait les écoles. C’est un mauvais signal pour la profession », s’agace Krystel Lepresle. La prudence est de mise cependant elle constate une évolution du discours gouvernemental selon la volonté du Président de la République Emmanuel Macron. Le plan de prévention en cours d’élaboration porte sur trois thèmes majeurs : prévenir des comportements et des situations à risques, favoriser la responsabilité dans la consommation, expérimenter des dispositifs cibles de prévention et les généraliser après évaluation. « Vin & Société est prête à prendre sa part dans la prévention. Nous venons de remettre notre plan au gouvernement. Il est chiffré à 500 000 €/an, et comprend notamment des propositions (taille et visibilité du pictogramme de contre-indication pour les femmes enceintes, formation du personnel en grande surface pour empêcher la vente d’alcool aux mineurs…). La filière vitivinicole a fait un pas considérable et veut montrer qu’il y a d’autres voies que des mesures prohibitives comme l’information ».

Bilan de campagne

La moisson est bien entamée

Cultures

Publié le 05/07/2018

L’orge est une culture qui est désormais quasiment moissonnée. « Les rendements sont moyens à bons selon les parcelles. Nous pouvons difficilement dresser un bilan dans la mesure où une grosse partie de l’orge récoltée va dans les fermes pour l’alimentation animale », explique Christian Jenn pour la coopérative agricole de céréales (CAC). Il se montre plus précis pour le colza dont la récolte est bien avancée dans la plaine, mais ne fait que démarrer dans le Sundgau. Si les rendements sont faibles (15 q/ha) sur les parcelles les plus touchées par les événements climatiques de ces derniers mois, la moyenne se situe aux alentours de 30 à 35 q/ha ou même 40 q/ha. « Les plus belles parcelles ne sont pas encore récoltées. Il y a donc tout lieu d’être optimiste pour cette culture », ajoute Christian Jenn. Pour le blé, ce sont également les parcelles les plus difficiles qui sont récoltées en premier. Elles se trouvent sur des sols séchants, caillouteux… S’il est encore prématuré de parler de moyenne de rendement, les PS apparaissent généralement plutôt corrects. Le maïs, lui, est en avance. « Nous avons huit à dix jours d’avance. Il y a eu des levées difficiles et assez hétérogènes. Et surtout, nous avons été confrontés à des attaques de taupins et d’oscinie un peu partout, même dans les sols de la Harth. Le problème, c’est que nous avons de moins de moins de produits pour protéger les maïs des taupins qui, du coup, se multiplient dans les sols. C’est un problème qui va prendre de l’ampleur à l’avenir », prévient Christian Jenn.

Du jamais vu

Le soja est également très en avance. « En plaine, de nombreuses parcelles atteignent déjà la fin de la floraison. C’est une culture qui marche bien. Mais nous n’en ferons pas davantage à l’avenir dans le Haut-Rhin car il y a un problème de débouché localement. La filière n’est pas en mesure d’en prendre davantage », constate François Burckel, chez Armbruster. Pour le maïs, il fait le même constat concernant l’état d’avancée de la plante : « C’est du jamais vu. Actuellement les maïs atteignent le stade floraison alors qu’en règle générale elle se passe vers le 14 juillet. À mon avis, cela peut s’expliquer par les chaleurs de ces dernières semaines. Le jour, mais également la nuit. Il va falloir faire attention car la plante reste fragile, notamment si des orages surviennent », prévient François Burckel.

Euro-Agrar

Développer la marque Valtra

Technique

Publié le 22/06/2018

Concessionnaire Fendt depuis de nombreuses années, le site fait la promotion, depuis début mai, des produits de la marque Valtra. « L’objectif est clair : Valtra souhaite développer ses produits, actuels et futurs, dans tout le département du Haut-Rhin, et en lien avec notre partenaire dans le Bas-Rhin, Agri Mécanique basé à Wolfskirchen. Dans le Haut-Rhin, nous allons proposer le matériel Valtra sur nos deux sites : à Sainte-Croix-en-Plaine et à Muespach-le-Haut. Cela nous permettra de couvrir tout le département et d’y développer nos projets », explique Guillaume Koenig, chef des ventes chez Euro-Agrar. Une présentation officielle du matériel aura lieu lors de la prochaine foire aux vins d’Alsace à Colmar. Des démonstrations suivront les semaines suivantes dans les secteurs de Colmar et de Wolfskirchen.

« Nous comptons proposer la même force de vente pour la marque Valtra et pour Fendt. Les personnes dédiées au service après-vente proposeront des services de proximité et de qualité que soit au niveau technique, ou des pièces détachés. » Dans le même temps, dans le Bas-Rhin, Agri Mécanique, fort de son expérience, devient le revendeur exclusif de la marque Valtra sur son secteur avec, en soutien, Euro-Agrar. « Nous comptons vraiment développer cette marque », conclut Guillaume Koenig. Rappelons enfin que Valtra commercialise ses séries A, N, T et S avec des puissances allant de 75 à 400 cv et différents types de finition, notamment au niveau technique.

Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémants

Pour une croissance sereine

Vigne

Publié le 13/05/2018

La production mondiale de vins effervescents représente en 2016 un peu plus de 24 millions d’hectolitres (Mhl) dans le monde pour une croissance de 2,8 %. Une progression certes, mais pas une « explosion » de la production et des ventes aux yeux des viticulteurs. L’Italie se place en tête des pays producteurs (22 % des vins mousseux) devant la France (19 %), l’Allemagne (15 %) et l’Espagne (12 %). En France, le Champagne représente, toujours en 2016, 57 % des volumes produits alors que le Crémant se situait à 12 %. Dans l’offre en linéaire, le Champagne a une part de marché de 82 % contre 9 % pour le Crémant. Pour les exportations, plus de 40 % des flux mondiaux concernent l’Italie qui exporte 74 % de sa production. L’Espagne fait jeu égal avec la France. Mais, ce pays exporte 76 % de sa production alors que la France n’exporte que 48 % de ses vins mousseux. Enfin, pour les prix moyens à l’export, le Champagne valorise à 18 € une bouteille de 75 cl contre seulement 4 € pour le Crémant. « Il y a des différences considérables entre nos différents vins mousseux et effervescents, et entre les différents pays producteurs. Nous devons mener une véritable réflexion sur la stratégie de notre positionnement sur les marchés. Il faut constater que le prix moyen à l’export a baissé ces dernières années. C’est inquiétant. Le dynamisme des ventes actuel se situe sur les prix bas italiens et espagnols », constate Edouard Cassanet, président de l’union des producteurs et élaborateurs de crémant de Bourgogne, membre du bureau de la fédération nationale et président de la commission « Économie » à la fédération nationale.

Dans le même temps, la production mondiale des vins effervescents est en progression de 23 %. Une progression légèrement plus rapide que la consommation de vins mousseux (+ 21 %). Les professionnels n’arrivent pas à savoir véritablement qui alimente l’autre. Concernant les tendances, il est estimé une hausse de la production de 10-15 % d’ici 2020, toujours au bénéfice des pays européens, avec des relais en Asie, en Amérique du Nord et du Sud encore limités. « Les caractéristiques de nos produits doivent s’orienter vers davantage de marques. À court terme, il va y avoir un déferlement des produits de type Prosecco, ouvrant les marchés aux produits authentiques, à valeur, et/ou à image. Il va également y avoir un renforcement des échanges : au moins 50 % des vins mousseux franchiront une frontière avant d’être consommés en 2020. Plus clairement, on estime une hausse de 10 % de la consommation d'ici 2020, soit 22 Mhl supplémentaires. Nous misons sur une croissance sereine », ajoute Edouard Cassanet.

Un marché qui se séniorise

Côté points faibles, en 2017, dans la grande distribution, c’est le « blues » hors Champagne avec une baisse inquiétante des ventes. L’augmentation de 1,9 % du prix moyen de vente limite la perte du chiffre d’affaires (-1 %). Seuls les Crémants enregistrent une croissance de leurs ventes en volume en 2017, à l’exception des Crémants d’Alsace et du Jura. Dans le même temps, toujours en volume, les effervescents étrangers poursuivent leur ascension avec 2,5 M de bouteilles supplémentaires vendues en 2017. Chez les cavistes, le Champagne laisse peu de place aux autres vignobles et s’affiche chez 96 % des cavistes. « Nous ne sommes qu’à 30 % de présence chez eux. Et, hors Champagne, toutes les appellations affichent un prix moyen dans une tranche de prix restreinte située ente 9 et 13 € », précise Edouard Cassanet.

Face à ces constats, quels sont les profils des consommateurs ? « Nous constatons surtout que près de la moitié des ménages français n’achète pas de vins effervescents. Et, dans le même temps, le marché des vins effervescents continue de se sénioriser.. Il est globalement porté par les plus de 50 ans. Pourtant, il est important et primordial de ne pas se couper des jeunes qui seront les clients de demain. Il faut donc tout faire pour changer notre image qui, en France, est un peu ancienne avec des consommateurs au pouvoir d’achat assez aisé », note Edouard Cassanet.

Vendre 100 millions de cols

Le potentiel de production et de vente des huit régions productrices de Crémant a ensuite été présenté. En Alsace, il est variable selon les millésimes. 2017 a été une année difficile comme c’est le cas, en moyenne, une année sur deux. Cependant, l’Alsace reste la première région française productrice de Crémant avec une commercialisation qui augmente, malgré une petite baisse de la production en 2017. Elle mène une politique ambitieuse pour ses exportations.

En volume, toutes régions productrices confondues, 575 000 hl ont été produits en 2017 contre 650 000 en 2016 avec une commercialisation plus régulière. « Sur ces sept dernières années, nous avons augmenté notre production de 10 % et augmenté nos ventes de dix millions de cols, soit une hausse de 2,3 % par an. L’export est le moteur de notre développement. Nous avons du boulot à effectuer sur le marché français qui, jusqu’à présent, reste stable. Nous manquons de dynamisme. Il faut travailler sur ce point. Quoi qu’il en soit, nos objectifs sont clairs. À l’horizon 2025, nous voulons une production de 750 000 hl, soit une hausse de 15 %, des ventes de 100 millions de cols, soit une hausse de 26 %. Nous devons gagner 3,2 millions de bouteilles par an toutes régions confondues », conclut Edouard Cassanet.

27e concours des crémants de France à Bordeaux

18 médailles d’or pour l’Alsace

Vigne

Publié le 12/05/2018

Le concours a eu lieu jeudi 26 avril au château Lafitte à Yvrac, commune située à une dizaine de kilomètres de Bordeaux. 655 échantillons de crémants issus des régions productrices (Alsace, Bordeaux, Bourgogne, Limoux, Loire, Die, Jura, Savoie et Luxembourg) ont été soumis aux dégustateurs. Parmi eux, vingt Alsaciens. La plupart sont des fidèles de la manifestation. À l’image du directeur de la cave de Beblenheim Patrick Aledo, de Gilbert Muller, viticulteur à Vœgtlinshoffen, de Martial Dirringer, viticulteur à Dambach-la-Ville ou encore de Richard Juncker, maître de chai à la cave de Cleebourg. Tous ont été répartis équitablement avec leurs collègues des autres régions sur les 42 tables. Les échantillons sont classés dans quatre catégories : les blancs brut, les blancs de noirs brut, les blancs brut millésimés et les rosés brut. À chaque table, quatre à cinq dégustateurs dont deux issus de la région de production. Une dégustation à l’aveugle évidemment. Seule la région de production était connue par le jury qui avait pour mission de remplir deux fiches d’observations pour expliquer les raisons de la proposition d’une médaille, sachant qu’un tiers des échantillons au maximum était médaillable. Une note finale située entre 13 et 15 permet d’obtenir la médaille de bronze, entre 15 et 17 une médaille d’argent et au-delà de 17 une médaille d’or. À noter qu’avant d’arriver à Bordeaux, une présélection a eu lieu quelques jours auparavant en région pour proposer à la dégustation les plus beaux produits.

Une visibilité

La dégustation a duré deux bonnes heures. « 655 vins, c’est dans la moyenne de ce concours national. 150 échantillons viennent d’Alsace. De nombreux produits sont du millésime 2016 ou même de 2015 sachant que 2017 a été un millésime difficile en raison des conditions météorologiques. Les trois familles professionnelles du vignoble sont représentées, tant dans les crémants à déguster que du côté du jury. Certaines entreprises affichent clairement leur politique. Pour celles qui ne participent pas, la médaille n’est pas un objectif commercial. Au contraire, pour les présentes, la médaille constitue un signe distinctif de qualité, voire un gage de sécurité pour les consommateurs. La médaille constitue un appel lors de l’acte d’achat dans un rayonnage et assure une visibilité, un signe distinctif. Bien évidemment, il faut ensuite que le produit corresponde à l’attente du consommateur. La qualité attendue doit être là une fois la bouteille ouverte. Le sérieux de ce concours assure, tant aux producteurs qu’aux consommateurs, une telle conclusion », explique Olivier Sohler, directeur du syndicat des producteurs de crémant d’Alsace et de la Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémant.

Se situer

À l’issue de cette dégustation, les commentaires sont plutôt positifs. C’est l’avis de Déborah Ruffing, œnologue chez Wolfberger à Colmar. « Cela conforte la présélection. Je me suis retrouvée à une table où la série de crémants d’Alsace était assez homogène. Il y avait une belle harmonie pour de nombreux produits. Nous en avons eu deux-trois très expressifs. Quoi qu’il en soit, c’était une série bien équilibrée et intéressante à déguster. Mes confrères des autres régions ont trouvé ces crémants faciles à boire et de qualité. Nous avons d’ailleurs attribué six médailles. Je suis satisfaite d’avoir pu participer à cette manifestation. Il est toujours pertinent de voir ce qui se fait ailleurs et de comparer avec ce qui se pratique en Alsace. Ce concours permet d’échanger entre nous, de se situer, d’observer les typicités des produits des autres régions. En étant présents ici, nous apprenons forcément. C’est un concours qui a également une vocation pédagogique », souligne Déborah Ruffing.

Une ambition collective

L’annonce du palmarès, la remise des prix et la soirée de gala de ce concours ont eu lieu vendredi 27 avril dans un établissement réputé du centre-ville de Bordeaux. Un palmarès annoncé, pour notre région, par le président du syndicat des producteurs de crémants d’Alsace, Hervé Schwendenmann. Parmi les satisfaits, Christophe Botté, directeur de la cave du Roi Dagobert à Traenheim depuis 1er septembre 2016. L’entreprise s’est vue honorée de deux médailles d’or, des crémants blanc brut. « C’est la deuxième fois que je viens à ce concours national. À mes yeux, c’est important d’être présent car cette manifestation contribue à faire une émulation chez les producteurs de crémant. Tout cela favorise la notoriété des crémants d’Alsace et tire vers le haut le travail des professionnels. La qualité est une ambition collective. Concernant ces deux médailles, c’est évidemment une satisfaction supplémentaire qui vient récompenser tout le travail de la cave, son personnel, ses coopérateurs, ses dirigeants. Il complète la politique que nous menons et que j’ai eu la chance de pouvoir expliquer lors de l’assemblée générale », explique Christophe Botté. À noter également les cinq médailles d’or et les deux médailles d’argent attribuées à la cave de Beblenheim et à la Maison Sparr, les deux médailles d’or et la médaille d’argent attribuées au domaine viticole de la ville de Colmar, ou encore les trois médailles d’or et la médaille d’argent pour le domaine Gruss Joseph et fils à Eguisheim (lire palmarès en encadré).

La recherche de la valeur

Jeudi, lors de l’assemblée générale du syndicat national des crémants de France, Christophe Botté a été invité à s’exprimer. Il a présenté le fonctionnement de la cave du Roi Dagobert associée à celle de Turckheim. Une mise en commun qui s’est traduite par la création d’Union Alliance Alsace. « Nous avons souhaité réaliser une étape supplémentaire dans ce partenariat avec la constitution d’une union entre les deux coopératives. Ce qui permet de mutualiser la valeur ajoutée mais également les risques liés à cette activité. Notre union reçoit les vins des deux caves, les met en bouteille et en assure la commercialisation. Cette union se fait dans le respect de la typicité des vins de chacune des caves, puisque les vins commercialisés sous la marque cave du Roi Dagobert sont exclusivement issus de cette cave, comme ceux qui le sont sous cave de Turckheim. Les deux marques constituent les piliers de l’union et sont la base de notre développement commercial. L’union se fixe aussi pour objectif d’emmener nos vins de plus en plus sur les marchés lointains et d’apporter ainsi notre contribution au rayonnement des vins d’Alsace dans le monde », précise Christophe Botté. Cette union a également permis de certifier 1 350 hectares, de produire onze millions de cols, de réaliser un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros et d’avoir comme stratégie la recherche de la valeur. Pour y parvenir, quatre leviers ont été identifiés : une démarche collective dans l’appellation crémant, la qualité sur des marchés de niche, l’innovation, et l’agriculture biologique. « Nous avons une centaine d’hectares en production biologique. Notre ambition est de rester le leader en développant les marchés. Nous le faisons notamment depuis deux ans en suivant nos viticulteurs pour la conversion et l’accompagnement dans la distribution », conclut Christophe Botté.

27e concours national des crémants de France

De la Cité du vin au château Lafitte

Vigne

Publié le 09/05/2018

Jeudi 26 avril, l’assemblée générale du Syndicat national des crémants de France se déroulait au siège de Planète Bordeaux à Beychac-et-Caillau. Situé à 20 minutes de Bordeaux, le site est un lieu privilégié qui invite les visiteurs à un voyage multisensoriel dans l’univers merveilleux des AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur.

Au travers de techniques audiovisuelles et scénographiques (maquette 3D, aménagements sonores), tous les secrets qui entourent la naissance et la vie du vin sont révélés. Expositions et projections ont été soigneusement étudiées pour faire de l’endroit un lieu accueillant. Le coin des petits initie les enfants aux travaux de la vigne grâce à des supports visuels et ludiques. Ils prennent conscience de leurs cinq sens à travers différentes animations : dégustation de jus de raisin, questionnaires pédagogiques, diplôme du petit dégustateur. Et s’amusent avec leurs parents à identifier les odeurs de la rotonde sensorielle.

La dégustation finale devient un lieu d’échange où il est possible d’obtenir une mine d’informations ainsi que de nombreux conseils. La visite se termine par « la cave des 1001 châteaux », où repose le meilleur des sept appellations Bordeaux et Bordeaux Supérieur.

Château Lafitte, « l’oasis œnotouristique »

Situé au milieu de ses vignes, le château Lafitte se situe à 15 minutes du centre de Bordeaux. Son site exceptionnel offre une magnifique vue panoramique sur le vignoble. On y trouve deux salles de réception (de 250 m2 et 750 m2) en pierres de taille et de styles différents, avec une vue directe sur deux remarquables chais à barriques, qui donnent la possibilité d’organiser des séminaires, des soirées de gala ou tout autre événement comme le concours des crémants dans un lieu unique de prestige. Le site propose également, depuis l’été 2016, un gîte avec deux chambres doubles et une mezzanine, situé à 300 m des salles de réception et un autre parc arboré pour l’organisation de cocktails, cérémonies et autres animations.

La famille Bonhur, qui a repris l’exploitation avec une banque (le Crédit Agricole d’Aquitaine) comme partenaire, a bien compris tout l’intérêt de cette infrastructure assez unique dans le milieu du vin. Elle a équipé l’ensemble du site d’une connexion haut débit et a surnommé ce lieu « l’oasis œnotouristique ». Même si l’on y fait logiquement du vin, c’est bel et bien l’accueil pour les entreprises ou les particuliers qui est devenu son principal atout. Les grandes sociétés s’y succèdent ainsi que les mariages prestigieux. Le château peut accueillir jusqu’à 1 300 personnes en format cocktail et 920 personnes assises dans deux salles dédiées, dont une porte le nom du vin, Floréal Laguens. Elles ont une vue plongeante sur un chai unique en son genre. Une vaste salle de 800 m2 qui n’est en fait qu’un théâtre de barriques en bois. Elles sont vides et peuvent être déplacées pour moduler cette vaste pièce comme on le souhaite. Il ne manque plus à ce géant de l’œnotourisme, qui accueille 20 000 visiteurs chaque année, que des lits pour dormir.

La Cité du vin, un voyage immersif

La Cité du vin est un lieu d’exposition sur le thème du vin situé à Bordeaux, dans le quartier de Bacalan. Son inauguration a eu lieu le 31 mai 2016 et son ouverture au public le 1er juin 2016. La forme du bâtiment, toute en rondeurs, à l’extérieur comme à l’intérieur, a été conçue avec cette volonté d’en faire un édifice emblématique à forte visibilité. La structure a une forme de cep de vigne noueux pour rappeler à la fois un vin tournant dans un verre et les remous de la Garonne, qui borde le site. L’édifice de 9 000 m3 de béton repose sur 300 pieux en béton descendant jusqu’à 30 mètres de profondeur. La structure est recouverte de 918 panneaux de verre de trois couleurs : verre clair, gris (teinté dans la masse) et doré, et de 2 300 panneaux d’aluminium de tailles différentes. Sa façade est constituée de panneaux de verre sérigraphiés et de panneaux d’aluminium laqués irisés perforés. La tour culmine à 55 mètres.

Le rez-de-chaussée, espace de forme arrondie de 4 m de hauteur, en accès libre, abrite une cave-bibliothèque de 9 752 bouteilles, représentant 88 pays. L’achat et la dégustation sur place sont possibles dans des espaces de restauration accolés à une boutique souvenirs, exploitée par la Cité du vin. Au premier étage, se trouvent les espaces d’expositions temporaires, un salon de lecture, des ateliers découvertes (dégustation, accord mets et vins, etc.), et un auditorium de 250 places accueillant tout au long de l’année des événements et spectacles.

Le deuxième étage, cœur de la visite, accueille le parcours permanent, un voyage immersif à travers le temps et l’espace à la découverte du vin comme patrimoine culturel, universel et vivant : vingt espaces thématiques constituent un parcours de visite d’une durée estimée à deux heures, accompagnée du Compagnon de voyage, outil technologique innovant assurant le déclenchement des contenus multimédias, la traduction labiale en huit langues et l’accessibilité pour tous publics. Au septième étage est installé un restaurant panoramique, avec, au huitième étage, un belvédère qui offre, à 35 m de haut, une vue panoramique sur la ville et le port de la Lune. L’établissement totalise 13 350 m2 de superficie.

Maïs

Une levée rapide

Cultures

Publié le 27/04/2018

Les intempéries de ce début d’année 2018 et la fraîcheur constatée à la fin du mois de mars pouvaient laisser penser qu’il allait être difficile de réaliser ces semis dans de bonnes conditions. Au final, et c’est une heureuse surprise, cela a plutôt été le contraire. « Les gens ont généralement travaillé idéalement, rapidement et efficacement. Certes, le travail a débuté un peu plus tardivement que les années précédentes. Mais, ensuite, le temps ensoleillé et surtout les températures idéales ont favorisé ces travaux puis le premier développement de la plante. Du coup, les levées ont été très rapides un peu partout en Alsace », explique Jonathan Dahmani, conseiller à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Le 21 avril par exemple. Alors qu’il avait gelé en 2017, du soleil et des records de température ont inondé la région ce jour-là. « Un épisode climatique suivi d’une journée de pluie le 23 avril qui a également été bénéfique pour le maïs. On peut donc estimer que tous les semis, même sur les secteurs les plus tardifs et les moins favorables, seront réalisés au plus tard début mai », ajoute Jonathan Dahmani. Des propos confirmés par Jean-Louis Galais, responsable de l’équipe Grandes cultures à la Chambre d'agriculture d’Alsace. « Tout se passe très bien. Dans le Sundgau, les semis ont démarré plus tard du fait de la fraîcheur dans cette zone. Dans les secteurs les plus favorables, les semis sont quasiment finis. Il reste encore à faire les parcelles les moins ressuyées. Dans le Sundgau, comme partout dans la plaine en Alsace, on voit déjà les rangs du maïs. La première feuille est sortie. Les levées sont très rapides. Dans certains secteurs les plus précoces, il y a même déjà la deuxième feuille », poursuit Jean-Louis Galais.

Deux feuilles dans le Bas-Rhin

C’est effectivement le cas dans le Bas-Rhin, où les levées semblent avoir été encore plus rapides. « Les semis se sont très bien déroulés, notamment dans les parcelles les plus ressuyées. En même pas dix jours, le maïs a levé. Cela s’explique par les températures et les structures de sol qui sont bonnes. Avant la pluie du lundi 23 avril, on peut estimer que 80 % des semis avaient été effectués. Depuis, la plante part à une vitesse impressionnante. Nous sommes déjà au stade deux feuilles sur de nombreuses parcelles voire presque trois feuilles », analyse Marielle Stimpfling, conseillère grandes cultures à l’Adar d’Obernai. Cette levée rapide permet d’éviter des problèmes d’insectes ravageurs du sol (taupin, oscinie…). Et la levée des maïs sur un laps de temps plutôt court permet que les corbeaux soient moins voraces (les maïs sont sensibles aux corbeaux jusqu’à environ six feuilles). « Ce dernier point est plutôt théorique, il y a des secteurs où les corbeaux sont très voraces ! » La levée rapide des maïs par temps sec est, par contre, moins favorable à l’application de désherbants à action racinaire. Cependant, les désherbants racinaires utilisés dans la région sont « assez souples » dans leur utilisation. Ils ne sont pas post-semis stricts, mais certains peuvent être utilisés jusqu’à deux voire quatre feuilles du maïs. Il y a donc une légère souplesse d’application de ces racinaires. « Et si les adventices sont déjà levées, un désherbant foliaire pourra être ajouté afin de renforcer l’efficacité du programme de désherbage. Pour l’instant il n’y a pas de report en faveur des désherbants de post-levée en foliaire strict », ajoute Marielle Stimpfling. Pour ce week-end, il est annoncé jusqu’à 15-20 mm de pluie. Selon les secteurs, cela peut faire courir un risque de coulées d’eau boueuse - notamment en versant de collines - ou de glaçage/battance des sols - surtout dans les parcelles pauvres en matières organiques ou à dominante limoneuse. À noter enfin que l’irrigation ne commence généralement qu’au stade sept à huit feuilles. Le premier « flash irrigation » a en tout cas été réalisé et envoyé tout récemment aux professionnels.

Association pour la promotion de l’asperge d’Alsace

La saison est lancée !

Cultures

Publié le 20/04/2018

Sur les parcelles les plus précoces, les premières récoltes ont débuté vers le 10 avril. Mais, les asperges étaient encore peu nombreuses le 17 avril. « Avec ce soleil et ces températures estivales que l’on va avoir tout au long de la semaine, elles vont sortir pour ce week-end. Tout laisse à penser que les rendements vont être importants », constate Jean-Charles Jost, président de l’Association pour la promotion de l’asperge d’Alsace. Le léger retard observé en début de campagne sera vite oublié. Après une météorologie hivernale tardive favorable à l’asperge, les travaux dans les champs ont été retardés par l’arrivée d’un épisode de froid intense. Les buttages ont été réalisés dans des conditions très moyennes. « Une nouvelle fois, la météo n’était pas de notre côté au mois de mars. On a parfois été contraints de forcer la culture. Toutes les parcelles ont ensuite été bâchées », ajoute Jean-Claude Jost. Depuis, l’asperge se développe et sort petit à petit de terre.

Seul problème : si dans la région, le calendrier est normal, ce n’est pas le cas dans le reste de l’hexagone. « Il va y avoir un télescopage avec les asperges des autres régions, notamment dans le sud de la France qui accuse beaucoup de retard, précisément à cause de la météo. Il risque donc d’y avoir sur le marché beaucoup de marchandise au même moment. Cela ne va pas favoriser les prix vente. Et nous savons que nous ne pourrons jamais rivaliser avec nos collègues des autres régions ou d’Allemagne. Ils n’ont pas les mêmes charges de travail, les mêmes structures, les mêmes exploitations. Quoi qu’il en soit, l’association a un message à faire passer. À vous les producteurs : valoriser vos asperges. Aux consommateurs : achetez-les à leur juste prix », insiste Jean-Claude Jost.

Deux atouts

Deux conditions d’autant plus nécessaires que les producteurs sont confrontés à la réalité économique et à la difficulté de trouver de la main-d’œuvre. Cette dernière se fait rare et implique d’investir dans un budget conséquent. Il faut pourtant être prêt au bon moment, sachant que la récolte des asperges doit durer jusqu’au 15 mai environ. « Nous avons deux atouts, nous producteurs alsaciens : un terroir idéal pour l’asperge et un bassin de consommation important », conclut Jean-Claude Jost. Présent lors de ce lancement officiel de l’asperge d’Alsace, Denis Digel, spécialiste des questions économiques et sociales à la FDSEA, complète ces propos en évoquant le poids des contraintes administratives en France. Pour l’emploi, il cite l’exemple de l’exonération de charges pour les entreprises sur les salariés saisonniers. « Avec le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), ces 6 % d’exonération de charges sont une réalité jusqu’en 2019. Après, on ne pourra plus y prétendre. On parle là, quand même de 6 à 7 points de charges nouvelles pour nos entreprises. »

Pierre Lammert, président de l’interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) a, quant à lui, salué les producteurs, mais également les grossistes et les distributeurs présents pour le début de cette campagne sur l’asperge. « Ce produit est emblématique en Alsace. Il y a une bonne communication. Nous avons encore les capacités d’augmenter la production en accueillant de nouveaux producteurs », précise-t-il. Avant de rappeler que l’Ifla va organiser de nombreux événements dans les semaines à venir pour promouvoir les fruits et légumes d’Alsace : le « primeur tour » en mai pour lancer les produits de printemps, la « saga des fruits d’été » pour les cerises, framboises et myrtilles, mais également un salon professionnel, le 18 septembre à Sélestat, pour intégrer tous les professionnels agricoles en lien avec la Chambre régionale d’agriculture Grand Est. Ou encore une manifestation qui permettra aux chefs de rayon des grandes et moyennes surfaces de se rendre sur les exploitations pour rencontrer les producteurs.

4 hectares

En attendant, producteurs, responsables professionnels agricoles, distributeurs et grossistes étaient tous présents, ce mardi sur l’exploitation de la famille Merius à Horbourg-Wihr. Cette dernière a, pendant longtemps, été exclusivement céréalière. La famille a d’ailleurs son siège et des terres à Brognon, près de Dijon, en Bourgogne. On y cultive du maïs, du blé, du colza, du soja, parfois du tournesol et, en libre-service, des fraises. À Horbourg-Wihr, Michel Merius exploite 45 hectares, longtemps essentiellement consacrés aux seules productions de maïs et de betteraves. C’est toujours le cas. Mais, la volonté est, d’une part de se diversifier, d’autre part de préparer l’avenir. « Nous avons planté des asperges il y a quatre ans. Nous avons fait notre première récolte l’année passée. C’est un retour aux sources puisque, par le passé, il y a toujours eu des producteurs d’asperges à Horbourg-Wihr. Nous avons aujourd’hui 4 ha qui y sont consacrés. 2 ha sont déjà en production, et 2 ha sont sur une parcelle encore jeune. Nous sommes sur des terres limoneuses qui s’y prêtent assez bien. Nous couvrons nos asperges avec des films plastiques qui permettent d’éviter la gadoue en cas de pluie, de favoriser la pousse et d’aller cueillir les asperges une fois par jour », explique Michel Merius.

L’agriculteur reconnaît cependant qu’il n’est pas un spécialiste de la culture. Il a engagé cette diversification pour permettre l’installation de belle-fille, Anne-Sophie. Âgée de 25 ans, elle n’était pas intéressée par les céréales. L’asperge a été l’une de ses motivations. « Je m’occupe de la culture de l’asperge pendant la saison jusqu’au mois de mai, ensuite de la cabane « point de vente » au rond-point entre Horbourg-Wihr, Sundhoffen et l’autoroute où nous proposons des fruits et légumes jusqu’en octobre. En hiver, je fais un peu de comptabilité et en décembre, je suis occupée à la vente de sapins de Noël. Nous commercialisons toute notre production en direct. Cela favorise le contact avec la clientèle et nous permet de tenir un prix. C’est aussi pour cela que nous préférons ne pas agrandir les parcelles consacrées aux asperges », explique Anne-Sophie Merius. Outre ce point de vente, il y a également, devant l’exploitation à Horbourg-Wihr, un distributeur automatique où l’on retrouve ces asperges (et d’autres produits). « Nous y mettons les asperges récoltées le matin même. Pour le moment, cela marche bien, même si ce n’est que le début de la campagne », ajoute la jeune femme.

Les vidéos