Emploi
Un job dating pour recruter des vendangeurs
Emploi
Vigne
Publié le 15/07/2022
Mettre en relation des personnes touchant le RSA (revenu de solidarité active) avec des viticulteurs à la recherche de vendangeurs : tel était le principe du job dating organisé le 7 juillet à l’espace Saint-Joseph de Molsheim. La collectivité européenne d’Alsace (CEA), à l’initiative de cette opération, n’en est pas à son coup d’essai. Son président, Frédéric Bierry, est venu la présenter aux bénéficiaires du RSA présents ce matin-là. En leur permettant de cumuler leur salaire de vendangeur et les quelque 500 € qu’ils perçoivent mensuellement, la collectivité espère les intégrer ou réintégrer dans le circuit de l’emploi et leur donner une chance d’accéder à un poste pérenne. Car la viticulture, comme l’agriculture, est un secteur qui propose « des emplois de proximité, en extérieur ». Ces trois à quatre semaines de vendanges peuvent donc constituer « une porte d’entrée » vers la viticulture, qui a « des besoins de salariés toute l’année ».
Président du Synvira, Francis Backert précise les attentes des vignerons qu’il représente : pour faire les vendanges, la ponctualité est requise, de même que le souci du travail bien fait lors de la coupe et du tri du raisin. « La qualité, c’est une notion à avoir dès le premier coup de sécateur, dit-il aux candidats. C’est justement pour rentrer une vendange de qualité que les vignerons privilégient la récolte manuelle, pourtant plus coûteuse que la récolte mécanique. Les vendanges sont aussi un travail d’équipe et un véritable terrain de mixité sociale, argumente Francis Backert, qui met en avant la simplicité et la convivialité des échanges entre vendangeurs. « Il n’y a pas mieux pour se remettre le pied à l’étrier. »
Un suivi jusqu’aux vendanges
70 candidats étaient annoncés durant la journée. Un chiffre « très satisfaisant », selon Pierre Kustner, pilote emploi à la CEA. Chacun s’est vu proposer un entretien avec un opérateur de la CEA, afin de vérifier son aptitude aux vendanges et en fonction du résultat, une liste de contacts de vignerons proches de son domicile lui était fournie. « Nous les suivons jusqu’aux vendanges », précise Pierre Kustner. Les candidats pouvaient également s’informer sur les possibilités d’emploi en agriculture et viticulture hors de la période des vendanges auprès de Sébastien Libbrecht, responsable du service formation-emploi de la Chambre d’agriculture Alsace.
L’an passé, une opération similaire avait permis de mettre en relation une quarantaine de bénéficiaires du RSA avec des vignerons, selon la conseillère d’Alsace du canton de Molsheim, Chantal Jeanpert. Avec une situation qui s’améliore sur le front de l’emploi et de nombreux secteurs en tension, le recrutement des vendangeurs s’annonce encore plus difficile cette année. « Nous sommes dans le triangle d’or de Molsheim-Obernai où il y a 10 % d’emplois en plus que de population active. Il y a une réelle concurrence sur la main-d’œuvre. Mais malgré tout, il y a des personnes qui préfèrent travailler au grand air », relativise le président du Synvira. Si la pénurie de salariés se confirme, certains viticulteurs pourraient faire appel à de la main-d’œuvre étrangère, via des agences d’intérim spécialisées. « Cela se pratique dans d’autres régions. Mais avant d’en arriver là, nous devons d’abord donner sa chance à la main-d’œuvre locale. On a ce devoir sociétal. »












