Auteur

Florence Péry

Retrouvez ses derniers articles ci-dessous :

Mutualité sociale agricole d’Alsace

La tactique anti-tiques

Pratique

Publié le 10/10/2016

Avec 3 000 cas recensés annuellement en Alsace, sur les 10 à 15 000 comptabilisés en France, la maladie de Lyme est fréquente dans la région. Très connue des forestiers, qui y sont particulièrement exposés, elle peut aussi toucher les simples particuliers, dès lors qu’ils se font piquer par une tique porteuse de la bactérie Borrelia. La probabilité de contracter la maladie de Lyme suite à une piqûre de tique est de 3 à 10 % selon les endroits. En Alsace, elle s’approche de 10 %.

Les tiques vivent dans les milieux humides des zones tempérées, telles que l’Europe, l’Asie ou l’Amérique du Nord, explique le professeur Yves Hansmann, responsable du service des maladies tropicales et infectieuses au CHU de Strasbourg. Elles ont une durée de vie de deux ans, passant du stade de larve à celui de nymphe, puis d’insecte adulte. À chaque stade de leur développement, les tiques se nourrissent de sang. C’est lors de leur repas sanguin, sur de petits rongeurs ou sur du gibier, qu’elles entrent en contact avec la bactérie Borrelia. Elles peuvent alors contaminer à leur tour d’autres animaux, voire des humains.

Selon une enquête menée par la Mutualité sociale agricole entre 2001 et 2009, certains secteurs d’Alsace sont plus touchés que d’autres : c’est le cas des vallées vosgiennes - Munster ou Guebwiller par exemple, où la forêt est très présente. « Nous sommes dans le top 10 des régions les plus infectées dans le monde », précise le professeur Hansmann. Une tique étant capable de pondre 2 000 à 4 000 œufs, la prolifération de l’insecte est très importante. De plus, la tique peut transmettre bien d’autres bactéries, donnant lieu à d’autres maladies, moins connues que la maladie de Lyme. Les animaux, qui constituent le réservoir de Borrelia, ne semblent pas gênés par la présence de la bactérie.

Retirer la tique rapidement

Pour qu’un humain contracte la maladie de Lyme, il faut qu’il soit piqué par une tique infectée et que la piqûre soit longue, précise le professeur Hansmann. « Si la tique est bien fixée, qu’elle reste en place quatre à cinq jours et qu’elle se détache seule, le risque de transmission est au maximum. Au contraire, si on retire la tique rapidement, sous 24 heures, le risque est faible. Après 72 h, il atteint 100 %. »

Une fois que la tique a transmis la bactérie Borrelia, la personne piquée peut voir apparaître une tache rouge autour de la piqûre. C’est ce que l’on appelle un érythème migrant. Cette tache, qui s’agrandit, peut atteindre 30 à 40 cm de circonférence. Elle ne démange pas et finit par disparaître spontanément. Lorsque la bactérie se dissémine dans le corps, elle touche d’autres cibles, ce qui donne lieu à des manifestations secondaires. Des troubles neurologiques sont susceptibles d’apparaître, sous la forme d’une méningite lymphocytaire, parfois associée à des douleurs radiculaires « assez pénibles ». Des troubles de la sensibilité et une atteinte des nerfs périphériques et crâniens sont possibles.

Certaines personnes développeront plutôt des troubles articulaires, comme une oligo-arthrite, qui se manifeste par des douleurs dans les articulations (les genoux très souvent). Des troubles cardiaques - ralentissement du cœur ou péricardite - sont également signalés.

« Si l’on ne fait rien surgissent alors des manifestations dites tertiaires », indique le professeur Hansmann. Il cite l’encéphalomyélite progressive, qui engendre grosse fatigue, perte de mémoire et difficultés à se concentrer ; la dermatite chronique atrophiante, qui se manifeste par une inflammation de la peau ; voire l’arthrite chronique destructive.

Sérologie : uniquement en cas de symptômes

Les symptômes de la maladie de Lyme étant « peu spécifiques », il est recommandé de faire une prise de sang pour s’assurer du diagnostic par la recherche d’anticorps. Si celle-ci est négative, on peut en conclure que le patient n’est pas atteint de la maladie de Lyme. En revanche, si la sérologie est positive, cela signifie simplement qu’il a été en contact avec la bactérie, « mais cela ne veut pas dire que la bactérie est encore là ». La sérologie est sujette à polémiques, reconnaît le médecin. Plusieurs tests sont disponibles dont le test Elisa, qui offre « une bonne sensibilité sur les formes articulaires et neurologiques de la maladie, mais pas sur les formes érythème migrant ». Un autre test, le Western Blot, est utilisé pour établir un diagnostic de confirmation. Depuis la conférence de consensus de 2006, il a été décidé de n’utiliser la sérologie qu’en cas de symptômes de la maladie et pas après une simple piqûre de tique, précise le professeur Hansmann.

Le traitement consiste à éliminer la bactérie Borrelia par antibiotiques. « Les antibiotiques ont montré leur efficacité, d’autant plus si l’on intervient tôt : au stade érythème migrant, on guérit tout le monde. Quand on arrive au deuxième stade de symptômes, si le diagnostic est certain, l’efficacité reste excellente, de l’ordre de 80 %. Par contre, dans les phases tertiaires, les antibiotiques ne marchent plus très bien. On a une vraie difficulté », admet le professeur Hansmann. Aucun vaccin n’est pour l’instant disponible : le seul mis sur le marché il y a quelques années a été décrié, puis retiré des ventes. La recherche continue, malgré tout.

Pommes de terre

Keiler 1 : une machine qui arrache

Technique

Publié le 27/09/2016

Connu en Alsace pour ses arracheuses de betteraves, Ropa a sorti sa première arracheuse de pommes de terre voici trois ans, un modèle deux rangs destiné aux grandes régions de production de pommes de terre. Un second modèle, à un rang, complète désormais son offre. « La Ropa Keiler 1, c’est la petite sœur adaptée au marché alsacien », commentent Pierre Kipp et Pascal Grasser, du groupe Haag, qui distribue la machine en Alsace depuis le début de l’année. C’est sur une parcelle de la famille Kiehl, entre Altorf et Griesheim, qu’a eu lieu une démonstration d’arrachage, mercredi 21 septembre.

Traînée, la Keiler 1 a une trémie d’une capacité de 6 tonnes. « La grosse innovation, c’est l’entraînement totalement hydraulique de toutes les chaînes d’arrachage, indique Pierre Kipp. Cela donne un grand confort d’utilisation : la machine est beaucoup moins bruyante et offre des possibilités de réglage infinies comparé à un entraînement mécanique classique. » Le châssis a été conçu pour permettre un accès facile aux différents organes et faciliter l’entretien. Par ailleurs, les roulements et les paliers sont standardisés, ce qui rend plus aisée la gestion des pièces de rechange.

Une fois arrachées, les pommes de terre montent et tombent sur une chaîne de tamisage avec un tapis à grandes mailles. « On peut moduler la vitesse pour évacuer les pommes de terre plus ou moins vite en fonction des conditions de récolte, sans changement de chaîne ou de cardan. » Au fil de l’avancement des pommes de terre, les mottes de terre et les résidus de fanes sont évacués, ce qui permet de trier le plus possible aux champs. Le nettoyage est peaufiné par les opérateurs, placés sur une plateforme grillagée leur garantissant un maximum de sécurité.

Destinée aussi bien aux agriculteurs individuels qu’aux Entreprises de travaux agricoles, l’arracheuse Ropa est une alternative à la Grimme, seule machine présente sur le marché alsacien jusqu’à présent. Dotée à l’avant d’une prise de butte classique, la Keiler 1 bénéficie d’un système de changement rapide du masque. L’utilisateur peut ainsi passer aisément de la récolte des pommes de terre au ramassage des oignons. « Une clé suffit », selon le chef d’atelier de chez Haag, précisant que cette opération peut être réalisée par une seule personne en un quart d’heure.

 

Circuits courts

La Ruche de Plobsheim fête ses 5 ans

Pratique

Publié le 24/09/2016

Marc-David Choukroun, PDG et co-fondateur du réseau La Ruche qui dit Oui, est en tournée. Alors que les premières Ruches fêtent leurs 5 ans, il visite une quinzaine d’entre elles, les pionnières du réseau. Vendredi 9 septembre, il a fait halte à la Ruche de Plobsheim, la première ouverte en Alsace. Le principe est le même depuis le départ : mettre en relation des consommateurs désireux de manger sain et local avec des agriculteurs ou des artisans proches de chez eux. « On n’a pas inventé les circuits courts, reconnaît Marc-David Choukroun, mais on a créé un cercle vertueux en montrant qu’il y a des débouchés pour des productions de qualité, avec du goût, élaborées par des artisans ou des agriculteurs qui ont le souci de bien faire. »

Plus de 800 Ruches fonctionnent à présent en France, dont 38 en Alsace, et le mouvement s’est étendu aux pays voisins : Belgique, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Espagne. Des Ruches verront bientôt le jour aux Pays-Bas, en Suisse et au Danemark. Marc-David Choukroun fait état de 150 000 clients réguliers, approvisionnés par environ 5 000 producteurs. C’est la plate-forme informatique de la Ruche qui met en relation les uns et les autres. Les consommateurs remplissent leur panier en s’y connectant et viennent récupérer leur commande une fois par semaine, à un créneau horaire et à un lieu fixés à l’avance. « Nous avons réussi à créer un outil informatique au service des producteurs », indique le co-fondateur de la Ruche qui dit Oui. La plateforme gère la commande et la facturation, le producteur restant maître du prix et assurant la distribution, seul ou en alternance avec d’autres producteurs. « C’est une vraie réponse aux crises agricoles », assure Marc-David Choukroun, pas fâché que ce modèle inspire désormais d’autres acteurs de la distribution.

Des Ruches dans les gares

À l’avenir, la Ruche soutiendra encore davantage les projets locaux. Elle vient de signer un partenariat avec la SNCF, qui permettra d’ouvrir des lieux de distribution dans les gares. 70 gares françaises sont concernées - Strasbourg, Épinal, Forbach, Bar-le-Duc pour le Grand Est. Une vingtaine de lieux de distribution fonctionneront dès cet automne, indique Marc-David Choukroun. Cette évolution devrait apporter une activité complémentaire aux responsables de Ruche souhaitant s’investir à temps plein. Un sondage commandé par le réseau a montré qu’environ la moitié d’entre eux était favorable à une professionnalisation de son activité.

François et Anne Schreiber, responsables de la Ruche de Plobsheim et de deux autres Ruches, ont lancé leur propre projet : ouvrir un bistrot-épicerie-biergarten, dans une ancienne grange attenante à leur maison. « Nourri de ses rencontres avec les producteurs », avec qui il a construit une relation de confiance depuis cinq ans, François Schreiber espère bien que ce nouveau projet lui permettra de continuer à faire émerger de petites exploitations, prêtes à régaler les palais de produits frais et goûteux.

Agriculteurs et faune sauvage Alsace (Afsal)

Grand hamster : 400 terriers recensés en 2016

Cultures

Publié le 15/07/2016

Signataires d’une MAET (mesure agri-environnementale), les 150 agriculteurs volontaires engagés dans le programme de protection du grand hamster d’Alsace ont été payés tardivement cette année. Ces retards ont entraîné un fort mécontentement, indique Laurent Fischer, président d’Agriculteurs et faune sauvage Alsace (Afsal), qui tenait son assemblée générale le 20 juin à la Maison de l’agriculture à Schiltigheim. « Nous avons fait une pression maximale pour obtenir un acompte, explique-t-il. Nous espérons que pour l’année qui vient, les paiements interviendront plus tôt, notamment pour le blé sur pied. Un versement fin juillet serait convenable vu les moments extrêmement difficiles que nous traversons. »

D’après les comptages réalisés par la mission hamster de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), 224 terriers ont été recensés en 2015 et 400 en 2016. Très loin des « 800, 1 000, 1 200 terriers » auxquels rêverait Julien Eidenschenck, responsable de la mission hamster à l’ONCFS. L’espèce est présente dans une quinzaine de communes alsaciennes représentant 1 700 hectares de terres agricoles. « Nous recherchons des espèces dans l’intégralité des 30 communes qui font partie de la zone de protection stricte (ZPS) », indique Julien Eidenschenck. La population de hamsters de la zone d’Obernai est la plus stable, celles de Geispolsheim et d’Elsenheim sont en voie de fragilisation.

Plus de 30 % de cultures favorables

Les recensements réalisés depuis 2013 montrent une stabilité globale, avec d’importantes fluctuations d’une année sur l’autre : en 2014, les 436 terriers comptabilisés s’expliquaient par la réussite des lâchers de hamsters réalisés un an plus tôt. En 2015 et 2016, les conditions climatiques exceptionnelles (grande sécheresse, puis pluviométrie record) ont pu faire chuter les effectifs. À moins que ce ne soit la conséquence de la prédation effectuée par les renards. Un lien qui pour le moment n’est pas suffisamment démontré, selon Jean-Philippe d’Issernio, directeur départemental des territoires. Environ 450 hamsters ont été lâchés fin juin début juillet dans les communes de Geispolsheim, Blaesheim et Griesheim-près-Molsheim, avec l’accord des maires et d’une quinzaine d’agriculteurs concernés, précise Julien Eidenschenck.

Le Plan national d’action (PNA) hamster, qui porte sur la période 2012-2016, est en voie d’achèvement, indique Philippe Osswald, conseiller spécialisé en protection des milieux à la Chambre d’agriculture d’Alsace. Ce plan prévoit notamment d’encourager les cultures favorables au hamster (céréales à paille et luzerne) et d’améliorer le maillage des cultures favorables à travers la gestion collective des assolements. De nombreuses réunions d’animation ont été organisées à l’intention des agriculteurs dans les différentes zones concernées. Le pourcentage de cultures favorables, qui était de 27 % en moyenne en 2013, dépasse désormais 30 %, constate Philippe Osswald, reconnaissant que « la conjoncture a peut-être aidé ». Dans certaines communes, comme Geispolsheim, ce pourcentage avoisine même 40 %.

Maintenir la gestion collective

En 2016, une extension de la zone de Blaesheim est prévue, pour y inclure 64 ha et 4 agriculteurs volontaires de Duppigheim. L’Afsal recherche par ailleurs des agriculteurs supplémentaires pour consolider la zone collective d’Elsenheim. L’association s’investit également dans la préparation du nouveau PNA hamster qui succédera au plan actuel. Dans ce cadre, un groupe de travail a été créé et procède à un bilan des mesures en cours. Même si certaines dispositions restent à améliorer, l’intérêt de maintenir une gestion collective apparaît clairement, indique Philippe Osswald. La future MAET hamster devrait donc retenir ce principe de gestion collective assortie d’une incitation individuelle. L’objectif serait de réduire la période sans couvert végétal après moisson et de répondre aux besoins nutritionnels du hamster.

Philippe Wolff, trésorier, a présenté les comptes 2015. Il en ressort que les aides versées aux agriculteurs dans le cadre de la protection du grand hamster se montent à près de 520 000 euros en 2015, dont 406 000 € au titre de la MAET hamster et près de 114 000 € au titre du blé sur pied. De ce montant, environ 100 000 € restent à payer. Dans ces conditions, la nouvelle campagne de souscription s’annonce difficile s’il n’y a pas d’accélération dans les paiements, prévient Philippe Wolff.

« La main lourde »

« L’État se soucie plus que jamais du grand hamster, indique Laurent Darley, directeur régional adjoint de l’environnement, de l’aménagement et du logement, tout en saluant l’engagement des agriculteurs dans le programme de protection du mammifère. Mais nous sommes encore loin d’être au point où la Cour européenne va nous féliciter. Le contentieux est toujours en cours. »

S’agissant des arrêtés interministériels de protection du grand hamster récemment cassés par le Conseil d’État, suite au recours déposé par plusieurs communes, il rappelle que l’effet de cette décision n’interviendra qu’à la mi-octobre. D’ici là, il va falloir se mettre d’accord sur l’étendue du périmètre de protection à mettre en place autour des terriers de hamster. « Le Conseil d’État estime que le ministère a eu la main un peu lourde avec les 600 mètres. À nous de proposer de remettre le curseur au bon endroit. »

Alsace Qualité

25 ans de combat en faveur de la qualité

Vie professionnelle

Publié le 10/07/2016

Une incroyable success-story : c’est ainsi qu’Alsace Qualité définit ses 25 ans d’activité en faveur de la qualité, dans une brochure éditée pour commémorer ce quart de siècle d’existence. L’association, qui tenait son assemblée générale le 23 juin à la Maison de l’agriculture à Schiltigheim, compte aujourd’hui 160 adhérents, soit plus des deux tiers des entreprises et filières agroalimentaires alsaciennes, souligne Jean-François Vierling, son président. En accompagnant au quotidien les entreprises de ce secteur d’activité, Alsace Qualité se positionne comme un véritable « facilitateur de projets » au service de la valorisation des filières agricoles. Son expertise en matière de démarche qualité est reconnue, se réjouit Jean-François Vierling en louant le professionnalisme de son équipe, « des gens de terrain au contact de tous les acteurs de l’agroalimentaire, les agriculteurs, les transformateurs, les restaurateurs, les distributeurs et les consommateurs ». Désormais, c’est dans le contexte de la grande région qu’Alsace Qualité doit poursuivre son travail.

L’année 2015 a été marquée par une « baisse drastique des subventions » versées à Alsace Qualité, souligne Bénédicte Baur, sa directrice. La Chambre d’agriculture d’Alsace a réduit sa contribution de 15 000 € et les Conseils départementaux ont fortement réduit, voire supprimé, la leur, contrairement au Conseil régional d’Alsace qui a continué à soutenir l’association. L’exercice s’achève donc sur un résultat négatif pour Alsace Qualité, qui s’autofinance à hauteur de 57 %. La rigueur budgétaire continuera à être d’actualité en 2016, indique Bénédicte Baur.

Plusieurs dossiers ont mobilisé l’équipe d’Alsace Qualité en 2015, comme en atteste le bilan d’activité présenté par Céline Cabanel, Catherine Hammer et Dimitri Droit. Outre l’animation des filières et groupements, Alsace Qualité a été confrontée à l’arrêt de l’IGP « knack d’Alsace » en raison de la problématique des produits comparables. L’instruction de l’IGP « choucroute d’Alsace » s’est poursuivie, note Céline Cabanel, de même que le montage du dossier de modification de l’IGP « miel d’Alsace » dont le cahier des charges remonte à 2004. Ces deux dossiers continueront à occuper l’équipe en 2016. Elle se chargera également d’accompagner Alsace Volaille pour la reconnaissance d’un nouveau label rouge pour le poulet à chair jaune.

Un partenariat avec les blogueuses

Pour valoriser les filières et les produits, Alsace Qualité s’appuie sur son site internet, dont la fréquentation est stable, et sur différentes manifestations, comme les foires et salons pour lesquels elle a développé de nouveaux outils de communication (quiz interactif, livret pédagogique, livret recettes, goodies). En 2015, l’équipe a assuré 24 jours de présence lors des salons, dont le Salon international de l’agriculture à Paris (SIA), rapporte Catherine Hammer. Cette année, Alsace Qualité participera à la foire de Châlons-en-Champagne fin août. Elle s’est associée au concours de recettes des lycées hôteliers, à la semaine Terroir et qualité, à laquelle participaient une cinquantaine de restaurants, ainsi qu’à des actions de promotion en GMS. Elle a également renforcé la présence d’Alsace Qualité sur les réseaux sociaux en alimentant un compte Facebook et en développant un partenariat avec des blogueuses culinaires alsaciennes. Ce partenariat a notamment débouché sur la réalisation d’un livret recettes lancé au SIA.

S’agissant de l’accompagnement des filières et entreprises agricoles et agroalimentaires alsaciennes, Alsace Qualité a animé plusieurs conférences et diffusé des informations via sa newsletter qui compte plus de 300 abonnés. Ses actions collectives et intra-entreprises ont rassemblé plus de 350 participants, sur des sujets aussi variés que les systèmes qualité, l’hygiène et la sécurité des aliments ou l’étiquetage et l’information des consommateurs. Plusieurs nouveaux thèmes seront développés en 2016, indique Dimitri Droit, tels que la maîtrise des allergènes et la maîtrise de ses fournisseurs.

Kochersberg

Mgr Kratz en visite pastorale

Vie professionnelle

Publié le 07/07/2016

Tous les cinq ans, l’évêque ou l’un des évêques auxiliaires de Strasbourg entreprend une tournée dans l’une des zones pastorales du diocèse, qui en compte 14. En 2016, c’est Strasbourg Campagne qui accueillait la visite. Les communautés de paroisses de la zone pastorale étaient invitées à une quinzaine de rencontres transversales entre les mois de février et de juin. La dernière de ces rencontres, organisée samedi 11 juin, était consacrée au monde agricole. Une cinquantaine de ruraux ont ainsi rencontré Mgr Christian Kratz, évêque auxiliaire de Strasbourg, à l’espace Terminus à Truchtersheim. Une salle décorée des « fruits de la terre et du travail des hommes », pour reprendre les mots de Jean-François Diss, l’animateur de la rencontre.

Justin Vogel, maire de Truchtersheim, a d’abord présenté le Kochersberg, « grenier à blé de Strasbourg », parmi les terres les plus fertiles d’Europe. Un territoire en pleine mutation depuis une quinzaine d’années avec l’installation d’« une population plutôt privilégiée ». Le Kochersberg devient une zone résidentielle aux portes de la capitale européenne que certains n’hésitent pas à qualifier de « petit paradis ». En dépit de cette mutation, l’agriculture fait partie de l’ADN du territoire, considère Justin Vogel.

Le vicaire Cyrille Lutz a rappelé les liens qui unissent le monde agricole à l’Église catholique. En février dernier, 15 évêques français se sont rendus au Salon international de l’agriculture à Paris, en signe de solidarité avec les agriculteurs en crise. Quelques semaines plus tard, dans une prière qui leur était dédiée, le Pape François reconnaissait leur travail d’agriculteurs comme « indispensable à l’humanité » et réclamait une vie digne et une juste rémunération de leurs efforts.

De cette juste rémunération, il a aussi été question lors de la rencontre, en même temps que des joies et des peines du métier. Autour de Mgr Kratz, plusieurs témoins avaient pris place : Pierre Barbier, producteur de lait et de fruits et légumes à Kriegsheim, Dominique Daul, polyculteur-éleveur à Pfettisheim, Hélène Burg et Thomas Gillig, éleveurs laitiers à Minversheim et Donnenheim, François Scharsch, père de Julien Scharsch, maraîcher et producteur de céréales bio à Saessolsheim.

Pierre Barbier et Dominique Daul ont dit leur fierté d’exercer « un métier noble » qui consiste à nourrir leurs concitoyens. « On peut se passer d’internet, de télévision, mais pas de manger », insiste Dominique Daul. C’est aussi un métier de passionnés, témoigne François Scharsch, dont le fils a repris l’exploitation de ses propres beaux-parents. Pour certains, être agriculteur permet de concilier vie professionnelle et vie de famille : c’est le cas d’Hélène Burg, devenue agricultrice en épousant son mari. « En travaillant en couple, on peut mieux se comprendre et mieux accepter les contraintes du métier », fait valoir la jeune femme, qui s’investit parallèlement dans le milieu associatif. 

Investi d’un devoir social

C’est à un autre type d’engagement que se consacre Thomas Gillig : en devenant président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, il défend la cause agricole dans de nombreuses instances. Julien Scharsch, pour sa part, est président de l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace. Il a choisi ce mode de production lorsqu’il s’est installé. Il se sent investi d’un devoir social, ajoute son père : fournir une alimentation de qualité à tous - « il n’est pas normal que la qualité soit réservée à quelques-uns » - et laisser aux générations suivantes une terre propre.

Préserver la beauté des paysages est une préoccupation commune à tous les participants : François Scharsch évoque la replantation des haies sur l’exploitation de son fils, Dominique Daul voit dans la polyculture-élevage et dans la diversité des assolements le meilleur gage de préservation des paysages ruraux. « Un quart de nos surfaces est en luzerne. S’il n’y avait pas d’élevage, il n’y aurait pas de luzerne », dit-il. Quant aux remembrements, « qui n’ont pas toujours été des merveilles », selon François Scharsch, ils peuvent être réussis, s’ils sont menés en concertation, estime Dominique Daul en citant l’exemple de Berstett. 

Heureux les agriculteurs ? Oui, à en croire Pierre Barbier, qui dit son « plaisir d’aller travailler chaque matin », persuadé qu’« il y a encore des perspectives d’avenir dans l’agriculture ». François Scharsch est plus nuancé : « Les agriculteurs ont beaucoup de mérite car ils font 35 heures en trois jours et ils n’ont pas droit à l’erreur vu le montant des investissements ». Il soulève un autre problème : les jeunes qui s’installent ont du mal à fonder un foyer car la charge de travail est telle que beaucoup de couples n’y résistent pas. « Être agriculteur, c’est un choix de vie », résume Dominique Daul, qui espère « continuer à être heureux » dans son métier, malgré le contexte économique que traverse l’agriculture aujourd’hui. 

À un militant de Chrétiens dans le monde rural (CMR) qui s’inquiète des relations parfois tendues entre producteurs et consommateurs, Pierre Barbier concède que les agriculteurs gagneraient à expliquer davantage leurs pratiques. Expliquer, par exemple, que les normes interdisent le mélange de certains produits phytosanitaires, d’où le nombre de traitements sur les cultures arboricoles.

« Je suis heureux de rencontrer des gens passionnés, réagit Mgr Kratz. Rien de grand ne se fait sans passion ». Il appelle les agriculteurs à prendre la parole pour parler de leur métier, « dire ce que vous faites, dire ce que vous êtes », pour ne pas être la cible de critiques continuelles sur les intempéries, les maltraitances en abattoir ou les pollutions. « Je vous appelle à être militant d’une société qui donne à chacun sa place et qui rémunère le travail à un juste prix », poursuit Mgr Kratz, en dénonçant la course au profit qui mine les sociétés modernes. Il conclut la rencontre par la Prière pour notre terre prononcée par le Pape François le 24 mai 2015.

Convention Agrifaune

Petit gibier : une barre pour l’effaroucher

Cultures

Publié le 30/06/2016

C’est encore un prototype : la barre d’effarouchement qui va être expérimentée par la Cuma de la Rosée a déjà subi quelques améliorations. Fixée sur la faucheuse arrière, elle se déplie et se replie par commande hydraulique depuis la cabine du tracteur. Les tubes métalliques qui y sont suspendus sont destinés à effaroucher la petite faune des champs lors des travaux de fauche réalisés par les adhérents de la Cuma. Grâce à eux, faons, lièvres, lapereaux et oiseaux nicheurs pourront avoir la vie sauve en s’enfuyant.

Pratique - puisque commandée hydrauliquement -, cette barre a un autre avantage : elle est suffisamment déportée de la zone de fauche pour offrir au petit gibier le temps de détaler, ce qui n’est pas le cas des barres placées devant le groupe de fauche. « Avec une barre frontale, le temps que le gibier réagisse, il est souvent trop tard », témoigne Fabien Bauer, l’un des membres de la Cuma, lors de la présentation du matériel, le 22 juin à Mittelhausen.

La mise au point de cette barre d’effarouchement résulte d’un partenariat national associant les Chambres d’agriculture, la FNSEA, la Fédération nationale des chasseurs et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), explique Fabien Metz, président de la commission innovation et environnement à la Chambre d’agriculture Alsace. Agrifaune - c’est son nom - vise à expérimenter des techniques agricoles innovantes afin de préserver la petite faune des champs tout en restant dans le cadre d’une agriculture productive. 

Haies et couverts hivernaux

En Alsace, la première convention a été signée en 2013. Outre un volet machinisme, Agrifaune se décline en plusieurs axes, comme le développement des couverts hivernaux favorables à la petite faune, l’implantation de haies, de bandes enherbées ou la mise en place de couverts dans les bandes d’irrigation. Une enveloppe de 15 000 € par département est disponible pour soutenir ces actions innovantes.

La convention Agrifaune repose sur un travail collaboratif. « Chaque partenaire apporte son expérience et son point de vue : les chasseurs et l’ONCFS apportent leur expertise sur la faune, les agriculteurs donnent leur avis sur l’aspect pratique et économique des actions envisagées, souligne Fabien Metz. C’est ensemble qu’on arrive à élaborer des projets. » Dans le cas de la barre d’effarouchement, les sept utilisateurs du groupe de fauche seront amenés à se prononcer sur la fiabilité et l’efficacité du matériel à l’issue de la saison. Un retour d’expérience d’autant plus intéressant qu’ils travaillent sur une surface importante, comprenant une certaine diversité de milieux.

La Ruche qui dit oui à Ergersheim

Le plus court chemin vers les produits locaux

Vigne

Publié le 22/06/2016

Vendredi 27 mai, une animation inhabituelle régnait dans la cour d’André et Michel Scheyder, viticulteurs à Ergersheim. Lucille Gantner, responsable de la Ruche qui dit Oui d’Ergersheim, organisait une dégustation de produits locaux, en collaboration avec la petite dizaine de producteurs qui approvisionnent la Ruche chaque semaine, à compter du 3 juin. Aux visiteurs qu’elle accueille, elle explique le principe : les clients passent leur commande sur le site internet de la Ruche et viennent la récupérer le vendredi soir de 18 h à 19 h, dans le local mis à disposition par la famille Scheyder, au 54 rue Principale. Les produits sont élaborés dans un rayon de 60 km autour du lieu de distribution, explique Lucille Ganter. Une carte punaisée sur la porte permet de localiser les producteurs impliqués.

L’ouverture de cette Ruche - la 37e en Alsace - résulte d’un constat fait par la jeune femme : « Aujourd’hui, on n’a aucun mal à se procurer des produits qui viennent du monde entier, alors qu’à côté de chez nous, on a des agriculteurs ou des artisans qui sont obligés d’aller vendre ailleurs ». Lucille Gantner se saisit de ce paradoxe en misant sur les circuits courts. Le lancement de la Ruche qui dit Oui correspond à un virage professionnel et lui permet de mettre en cohérence ses aspirations personnelles pour des produits locaux, au mode de fabrication connu, avec la réalité. « Au départ, je pensais ne travailler qu’avec des produits bios, mais je me suis rendu compte qu’il existait, à côté du bio, des produits peu traités. J’ai donc élargi mon approvisionnement à des producteurs travaillant en agriculture raisonnée ou qui ont une réflexion sur leur travail et son incidence sur l’environnement », précise Lucille Gantner.

Découvrir d’autres saveurs

À ce jour, huit fournisseurs figurent sur le site de la Ruche d’Ergersheim : la Coccinelle d’Alsace (maraîchage, Geispolsheim), Apimarci (miel, Wangen), la ferme Vogelgesang (produits laitiers, charcuterie à base de porc ou de veau, Dorlisheim), l’Étagère de nos grands-mères (biscuits, confitures, sirops, Wimmenau), la Frênette du Marlenberg (boisson à base de feuilles de frêne, Marlenheim), la Chèvrerie du vieux Chêne (fromages de chèvre, produits traiteur, Hinsbourg), Turlupain (pain et pâtisserie, Saâles), les Tartes et quiches de Françoise (produits traiteur, jus de fruits, Ottrott). Trois autres producteurs - la ferme Schmitt de Bischoffsheim (produits à base de canard et d’oie), la brasserie l’Amer Fière (Niederhausbergen), la ferme Rothgerber de Traenheim (jus de fruits) - ont également participé à la dégustation du 27 mai.

Le lancement de la Ruche d’Ergersheim intervient après la fermeture d’une autre Ruche, celle de Dangolsheim, distante de 5 km. Les 160 membres déjà inscrits fin mai laissent espérer un bon démarrage. « On est content de découvrir d’autres saveurs, témoigne Béatrice, une habitante d’Ergersheim venue en voisine, toujours à l’affût de nouveaux goûts. Et puis, ce qui est bien, c’est de pouvoir chercher tous les produits au même endroit. On n’a même pas besoin de prendre la voiture ! ».

Intempéries dans la région de Wasselonne

« Taper sur le maïs est beaucoup trop facile »

Vie professionnelle

Publié le 16/06/2016

Caves et garages inondés, voitures emportées, bitume arraché, canalisations endommagées… Trente-six heures après le violent orage qui s’est abattu sur la région de Wasselonne, les dégâts sont toujours visibles. À Romanswiller, où la profession agricole organisait une rencontre avec la presse et les élus, jeudi 9 juin, la traversée du village suffit à en donner un aperçu : devant les garages, tout un bric-à-brac s’amoncelle. Vélos, mobilier de jardin, pots de peinture… Les habitants passent le contenu de leur garage au jet d’eau, sortent des seaux de boue de leur cave. Une grande benne installée à quelques mètres de la mairie recueille tous les objets devenus inutilisables.

Albertine, 71 ans, n’en est pas à son premier orage. « C’est la cinquième fois en deux semaines », se désole la septuagénaire, encore sous le coup du désastre. Les planches clouées à la hâte devant la porte du garage n’ont été d’aucun secours : elles ont été arrachées par l’eau qui s’est engouffrée dans la maison, submergeant le congélateur. « On a de l’aide heureusement, raconte Albertine, désolée de ne pouvoir offrir une bière à ceux qui sont venus lui prêter main-forte. « Les canettes sont pleines de m… »

« L’éponge est pleine »

« Nous sommes solidaires des habitants », affirment tour à tour Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin et Jean-Paul Bastian, président de la Chambre d’agriculture d’Alsace. Les agriculteurs du secteur ont été les premiers à aider à la remise en état des chemins, souligne Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du département. La rencontre vise à calmer un début de polémique, qui fait du maïs le principal responsable de la catastrophe. « Taper sur le maïs est beaucoup trop facile, regrette Franck Sander. Quand vous avez 70 mm d’eau qui tombent en une heure, vous pouvez faire ce que vous voulez, ça ne suffit pas ! » Les pluies tombées l’avant-veille à Romanswiller s’ajoutent aux précipitations qui ont arrosé la région depuis deux mois. « Les sols sont gorgés d’eau et n’absorbent plus rien. L’éponge est pleine ! »

Injuste, ce procès fait au maïs ? Dans ce bassin-versant, situé entre la D 1004 et le village de Romanswiller - le maïs est effectivement présent. Parmi d’autres cultures : betteraves sucrières, blé tendre d’hiver, tournesol. La zone fait l’objet d’un assolement concerté entre une douzaine d’agriculteurs depuis 2011-2012. L’objectif est d’alterner cultures d’hiver et cultures de printemps, pour mieux arrêter les coulées d’eau et de boue en cas d’orage. Sur les 43 ha concernés cette campagne, les cultures d’hiver, placées en amont, représentent un gros tiers des surfaces. « La barrière des cultures d’hiver a joué son rôle, juge Pierre-Paul Ritleng, responsable de l’Adar du Kochersberg. La fascine placée en amont aussi. Mais avec 70 mm d’eau, ça n’a pas suffi. La boue a été arrêtée, mais pas l’eau. »

« Le pire a été évité », estime Patrick Bastian. Le vice-président de la communauté de communes des Coteaux de la Mossig, lui-même agriculteur à Zehnacker, insiste sur la conjonction de plusieurs facteurs de risques, parmi lesquels la configuration des lieux. « Nous sommes sur un bassin-versant énorme. Toute l’eau va dans l’entonnoir de Romanswiller. » Selon lui, les dégâts tiennent aussi au retard pris par les cultures cette année et à l’arrivée de plus en plus précoce des orages. « Les orages violents survenaient généralement en juillet/août lorsque les terres étaient très sèches, explique Patrick Bastian. Depuis quelques années, ils se déclenchent en mai-juin », alors que les cultures de printemps sont encore insuffisamment développées et les sols déjà gorgés d’eau.

Répétant qu’au niveau agricole, « tout ce qu’il fallait faire a été fait », Franck Sander appelle à une réflexion plus large. « La question que nous devons nous poser, avec les collectivités notamment, c’est : qu’est-ce qu’il faut faire de plus ? ». Le président de la FDSEA du Bas-Rhin soulève en particulier le problème de l’urbanisation et de certains aménagements, tels que le busage des cours d’eau. « Il y a des choses à revoir pour que les villages et les maisons ne soient pas envahis par les eaux ». Jean-Paul Bastian plaide pour des actions à long terme. « Avec le Conseil départemental, avec les communes, la Chambre d’agriculture a mis en place depuis une quinzaine d’années une politique contre les risques naturels, mais ça ne peut marcher que s’il y a des engagements à moyen et long terme. »

Trouver des « solutions à l’amiable »

Dominique Hermann, le maire de Romanswiller, rassure les responsables agricoles quant à la polémique en cours. Une concertation sera mise en place pour trouver « des solutions à l’amiable », assure l’élu, qui fait état de plusieurs réflexions en cours comme la création de bacs de rétention naturels ou le rachat de certaines terres par la commune pour les mettre à la disposition des agriculteurs. Une concertation à laquelle appellent également le Conseil départemental du Bas-Rhin, représenté par son président Frédéric Bierry et le conseiller départemental Étienne Burger, et les services de l’État. « L’eau, c’est un cycle, il faut une solidarité entre les différents acteurs pour trouver des solutions intelligentes », a souligné Jean-Philippe d’Issernio, directeur départemental des territoires du Bas-Rhin.

Élevage Goos à Blaesheim

Allez, les filles !

Élevage

Publié le 20/05/2016

Éleveur laitier à Blaesheim, Frédéric Goos n’avait encore jamais présenté d’animaux au festival de l’élevage. Faute de temps. C’est sa fille aînée, Marie, 16 ans, qui l’a convaincu d’engager des génisses dans le concours. Élève en première scientifique au lycée agricole d’Obernai, la jeune fille a fait la connaissance d’autres passionnés d’élevage dans son lycée, dont certains ont déjà participé à des concours d’élevage. « À force de discussions, j’ai eu envie de me lancer à mon tour », explique Marie Goos, gagnée par la motivation de ses amies, dont l’une a déjà suivi la formation des jeunes présentateurs et a concouru au challenge Vache’ment jeunes en 2015.

La jeune fille participera donc à plusieurs moments forts du festival de l’élevage. Samedi soir, elle tentera sa chance au challenge Vache’ment jeune, avec trois autres camarades de classe, Émilie Wendling, Audrey Ludaescher et Romain Dudt. Les quatre jeunes gens ont imaginé un sketch à la façon d’un jeu télévisé, où les trois candidates, déguisées et accompagnées chacune d’une génisse, répondront aux questions de l’animateur. Ce sera l’occasion d’aborder l’actualité - agricole ou pas.

Le dimanche, place aux choses sérieuses. Marie et sa sœur cadette, Caroline, 12 ans, participeront au concours avec deux génisses prim’holstein de 1 an, Lavande et Léa. « C’est la relève du troupeau. On les a surtout choisies pour leur caractère facile », précise Marie, qui, pour son premier défilé sur le ring, n’a pas voulu se mettre en difficulté. Cela fait trois bonnes semaines que toute la famille s’active pour préparer les deux génisses : « Il faut qu’elles s’habituent à marcher au licol. Je les y entraîne en rentrant de cours ou le week-end. On va les laver et les tondre pour qu’elles soient au top le jour du concours ».

Pour ne pas être en reste, Mathilde, 10 ans, la benjamine de la famille Goos, défilera elle aussi dimanche après-midi sous le chapiteau. Trop petite pour conduire une génisse, elle présentera un veau de 2 mois, Malice. Et comme elle et ses sœurs sont aussi des cavalières passionnées, elles se sont mis en tête de faire sauter des obstacles à Malice. Voilà qui promet un spectacle cocasse !

Les vidéos