Auteur

Florence Péry

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Denis Ramspacher élu premier vice-président

Vie professionnelle

Publié le 27/06/2018

Déjà vice-président de la Chambre d’agriculture d’Alsace, Denis Ramspacher en a été élu premier vice-président lundi 25 juin, lors de la dernière session de la chambre consulaire. Le siège de premier vice-président était vacant, depuis le décès de Jean-Paul Bastian, survenu le 21 mars dernier. La candidature de Denis Ramspacher était soutenue par le bureau : il a obtenu 42 voix, contre 8 voix pour le deuxième candidat, Paul Fritsch, président de la Coordination rurale du Bas-Rhin et du Grand Est, et deux bulletins blancs. Pour les six mois restants avant les élections, Denis Ramspacher a dit sa volonté de « travailler en équipe » et de continuer à porter les dossiers permettant aux agriculteurs de vivre de leur métier malgré les difficultés.

Laurent Wendlinger ne se représentera pas

La perspective des prochaines élections consulaires, qui auront lieu en janvier 2019, a également conduit Laurent Wendlinger, l’actuel président de la Chambre d’agriculture d’Alsace, à annoncer qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession. S’il a décidé de passer la main après 30 années de présence au sein de la Chambre d’agriculture du Haut-Rhin puis d’Alsace, c’est qu’il ne veut pas « s’accrocher à son poste » et que « l’heure est venue d’apporter un nouveau souffle » à l’institution, a-t-il expliqué.

Le scrutin, qui sera clos le 31 janvier 2019, se fera de manière électronique ou par correspondance. L’ensemble des collèges est maintenu mais le nombre d’élus, qui était de 45 pour les Chambres départementales, sera réduit à 33, indique Laurent Wendlinger. La Chambre d’agriculture d’Alsace, qui est une structure interdépartementale, plaide pour avoir un nombre d’élus équivalent à celui de deux chambres départementales, soit 66 élus, contre 90 aujourd’hui. Sur ce point, Yves Seguy, secrétaire général de la préfecture, a précisé que c’est le premier Ministre qui tranchera.

Tour des fermes 2018

L’agriculture sous toutes les coutures

Pratique

Publié le 22/06/2018

Située à La Wantzenau, sur le territoire de l’Eurométropole de Strasbourg, la ferme Clauss est l’un des sept sites inclus dans le Tour des fermes 2018. Organisée tous les deux ans, en alternance avec Ferme en ville, cette opération vise à rapprocher les agriculteurs et les citadins et à soutenir la consommation de produits locaux de saison. Anne Clauss s’est installée sur cette exploitation familiale en 2012 : en plus des céréales (50 hectares), elle cultive 5 ha de légumes (dont 2 ares sous tunnel), 2,5 ha de fraises qui s’ajoutent à 5 ha de prairies. La jeune femme a développé la vente directe et les plats cuisinés à partir des légumes produits sur l’exploitation : crudités, soupes, tartes à l’oignon, quiches… Le magasin de vente à la ferme a été récemment agrandi, ce qui lui permet de proposer, en complément de sa propre gamme, de la viande de bœuf et de veau, des laitages, du miel et des vins d’Alsace provenant d’autres fermes.

Les nouvelles épiceries

Concilier l’agriculture, et plus généralement les activités économiques et les infrastructures de transport, avec une forte densité de population : c’est l’un des challenges auxquels est confrontée l’Eurométropole de Strasbourg. Son président Robert Herrmann rappelle qu’un important travail a déjà été réalisé pour préserver les terres agricoles. Grâce au plan local d’urbanisme, 850 ha ont ainsi été rendus à leur vocation initiale. C’est dans ce contexte d’urbanisation croissante que la Ville de Strasbourg a engagé un partenariat avec la Chambre d’agriculture il y a neuf ans, ajoute Françoise Buffet, adjointe au maire de Strasbourg en charge de la politique agricole et de circuits courts. Ce partenariat, qui a été reconduit depuis, visait non seulement à « économiser » les terres agricoles, mais aussi à promouvoir une agriculture de proximité et à soutenir une certaine forme d’animation du territoire. Car les fermes établies sur le territoire strasbourgeois et plus largement sur celui de l’Eurométropole ont pour la plupart une activité de vente directe. À ce titre, elles sont devenues « les nouvelles épiceries » des villages de l’Eurométropole.

Pour Fabien Metz, membre du bureau de la Chambre d’agriculture d’Alsace, comme pour Denis Clauss, adjoint au maire de La Wantzenau, le Tour des fermes est une excellente occasion pour expliquer aux citadins les différents aspects de la production agricole. Leur faire apprécier le goût des fraises de plein champ, leur expliquer les principales étapes de la production de maïs semence ou de moutarde, les sensibiliser aux efforts faits par la profession pour produire de manière raisonnée ou selon les critères de l’agriculture biologique. Et enfin, leur faire découvrir à quel point les outils numériques sont devenus incontournables pour produire au plus près des besoins des cultures. Pour Vincent Schotter, représentant l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba), ce lien entre producteurs et consommateurs est « à travailler tous les jours ».

Deux dépôts de carburant bloqués à Strasbourg et Reichstett, un autre dans la Marne

Trois jours et trois nuits de blocage

Vie professionnelle

Publié le 14/06/2018

« Exaspération », « incompréhension », « trahison » : les agriculteurs des FDSEA et des JA d’Alsace et de Lorraine n’ont pas de mots assez forts pour traduire leur ras-le-bol face à la politique gouvernementale. De dimanche soir à mercredi en fin de journée, ils se sont relayés pour bloquer l’accès au dépôt de carburant Rubis Terminal situé au port du Rhin à Strasbourg. Des chapiteaux ont été montés sur le rond-point, où des tracteurs placés en quinconce filtrent les camions-citernes : les manifestants sont décidés à rester là autant de temps qu’il le faudra.

Julien Koegler, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, l’assure : « On a tout ce qu’il faut pour tenir : le ravitaillement, les tentes pour dormir et même les toilettes ! » « Les Mosellans ont très bien dormi ! le rassure Jean-Marc Breme, président de la FDSEA de Moselle, à la tête de la première délégation extérieure à occuper le site. Et de mercredi à jeudi, on sera de nouveau là s’il le faut ! » Les Meusiens, arrivés lundi peu avant midi au port du Rhin, ont pris le relais de leurs voisins mosellans. Pour pouvoir tenir dans le temps, un roulement a été prévu entre les manifestants alsaciens, lorrains et francs-comtois de la FDSEA et des JA. Dès lundi matin, comprenant que les camions-citernes sont détournés vers Reichstett, ils se sont scindés en deux groupes : un groupe rejoint le dépôt pétrolier situé au nord de Strasbourg, où les attend un comité d’accueil de la gendarmerie, les autres restant dans la zone portuaire de la capitale européenne. L’intendance est aussitôt doublée.

L’huile de palme comme déclencheur

Le blocage des deux dépôts de carburant bas-rhinois, comme d’une douzaine d’autres dépôts ailleurs en France, a été décidé pour protester contre l’autorisation accordée au groupe Total d’importer de l’huile de palme pour alimenter sa raffinerie de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône. Mais cette décision n’a été qu’un déclencheur de la colère paysanne : « Elle est un des exemples des engagements non-tenus par le gouvernement », accuse Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, juché sur une remorque avec les principaux responsables syndicaux d’Alsace et de Lorraine, pour une conférence de presse tenue lundi 11 juin, au démarrage du mouvement. « Tout le modèle agricole français est remis en cause », renchérit Julien Koegler en dénonçant « des décisions incompréhensibles ».

Les manifestants dénoncent en premier lieu les importations de produits agricoles et agroalimentaires qui ne répondent pas aux mêmes contraintes que les productions françaises. « N’importons pas l’agriculture dont nous ne voulons pas », résume la banderole placée devant les grilles du dépôt de Reichstett. Qu’il s’agisse des cerises turques traitées au diméthoate, de la viande bovine sud-américaine nourrie au soja OGM ou de l’huile de palme produite en Asie au prix d’une déforestation incontrôlée, l’effet est le même : « On ne peut pas accepter ces distorsions de concurrence ».

Les accords commerciaux passés avec le Canada (Ceta) et les pays du Mercosur sont dans le collimateur des manifestants. « Avec le Ceta et le Mercosur, 165 000 tonnes de viande bovine, 95 000 t de viande porcine, 100 000 t de volaille, 750 000 t de maïs, 600 000 t d’éthanol ou encore 100 000 t de sucre produits avec des réglementations différentes risquent d’arriver sur le marché communautaire », s’insurge Julien Koegler. « On ne peut pas laisser nos marchés se réduire comme peau de chagrin pour vendre des sous-marins », argumente Céline Maginot, présidente de la FDSEA de la Meuse.

Dans le même temps, « le gouvernement français nous demande de monter en gamme, souligne Franck Sander. C’est d’accord si l’ensemble des produits importés respectent les mêmes règles. Et si on décide d’ouvrir les marchés, alors il faut nous donner les moyens d’être compétitifs en assouplissant les normes ou en jouant sur la fiscalité. » Sur la question des normes, qui génèrent des charges supplémentaires, la FNSEA et les JA réclament la consultation systématique du Corena (Comité de rénovation des normes en agriculture) pour étudier l’effet de toute nouvelle réglementation. Sur les charges, ils demandent un allégement du coût du travail pour permettre une véritable égalité avec leurs concurrents européens. La compensation effective de la suppression du CICE est attendue.

EGA : « On se moque des paysans »

« On a travaillé un an sur les États généraux de l’alimentation et au bout d’un an, on n’a résolu que 20 % des problèmes. Sur les 80 % qui restent, l’agriculture française ne s’y retrouve pas », dénonce encore le président de la FDSEA du Bas-Rhin. « On se moque des paysans », enchaîne Denis Naas, son homologue haut-rhinois, rappelant que « les 35 000 heures de discussions des EGA ont accouché d’une souris. Derrière, il n’y a que des contraintes et des charges en plus. Alors qu’il fallait redonner de la compétitivité aux exploitations. » « Notre profession a toujours su s’adapter. Le consommateur veut une agriculture plus verte, mais il faut comprendre que cela a un prix », ajoute Laurent Wendlinger, président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, regrettant lui aussi que la question de la valorisation des produits n’ait pas abouti aux résultats escomptés.

Dans ce contexte, Étienne Losser, président des Jeunes Agriculteurs du Grand Est, fait part de son inquiétude : « Le Grand Est compte 50 000 exploitations, qui génèrent 110 000 emplois. 6 600 exploitants ont 60 ans et plus : c’est un vrai challenge pour le renouvellement des générations. Pour le relever, il faut des filières soutenues. » Or, le grand plan d’investissement de 5 milliards d’euros annoncé par Emmanuel Macron suite aux EGA semble davantage ciblé sur les fonds de garantie que sur l’investissement productif. « Nous avons besoin d’un ciblage beaucoup plus clair », martèle Étienne Losser.

Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin

Le sourire avant la grimace

Vie professionnelle

Publié le 14/06/2018

« Pourquoi manger local ? » À l’entrée de la tente tenue par les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, un panneau énumère huit raisons qui plaident pour une alimentation de proximité. Consommer des produits frais et de saison, soumis à de strictes règles de production, favoriser le lien entre producteurs et consommateurs, générer moins de transport, donc moins de pollution, sont quelques-uns des arguments mis en avant. Une cinquantaine de Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin étaient mobilisés dimanche 10 juin sur le parvis du Parlement européen de Strasbourg pour relayer ces arguments auprès du grand public, venu découvrir l’institution.

Par leur opération Sourire, les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin s’associent aux portes ouvertes du Parlement européen, en cette année européenne du patrimoine culturel, qui constituait le thème de cette édition 2018. Si la forme a changé au fil des ans, leur participation reste marquée par la convivialité et la bonne humeur. Dès le matin, une trentaine de membres du syndicat s’activaient pour monter la tente, installer les tables et les bancs, monter les fours à tartes flambées et le barbecue. « Le menu est 100 % local », soulignait Julien Koegler, nouveau président des JA 67. Tartes flambées, grillades, boissons et chaleur estivale : tout était à l’unisson.

Sur l’écran géant, placé en face de la tente des Jeunes Agriculteurs, défilent les visages de plusieurs parlementaires européens. Anne Sander y défend sa conception d’une Europe ouverte. Avec d’autres députés français et allemands de divers groupes politiques, elle a accepté de dialoguer et d’échanger avec le grand public dans l’hémicycle. Une opération Sourire plus politique, à moins d’un an des élections européennes de mai 2019.

Dieter et Monika ne s’attardent pas devant le four à tartes flambées : venus d’Offenbourg, ils s’apprêtent à visiter le Parlement européen pour la première fois. Comme eux, Guillaume et sa compagne aspirent à découvrir le fonctionnement de cette institution qu’ils connaissent mal, bien qu’étant tous les deux Strasbourgeois. L’agriculture locale, en revanche, ils la connaissent et ils l’apprécient puisqu’ils s’approvisionnent chaque semaine au marché de Neudorf, où sont présents plusieurs producteurs de la région.

Peu avant midi, tout est prêt pour le rush de 13 h : c’est à ce moment-là que les premiers visiteurs sortent généralement de l’édifice, sacs remplis de documents sur les institutions européennes, mais le ventre vide et le gosier sec. Donc particulièrement réceptifs au message porté par les JA…

Label ferme à Lingolsheim

Des céréales aux légumes bios

Cultures

Publié le 05/06/2018

De nombreuses personnes sont venues soutenir Jacques et Fernanda Wurtz, dimanche 20 mai à Lingolsheim. Le couple organisait une fête des asperges bios sur son site, celui d’une ancienne sablière remise en culture. Ce sol très léger convient particulièrement à la production de légumes. Jacques Wurtz s’est lancé dans le maraîchage voici quatre ans suite à la réduction de ses surfaces en raison de l’urbanisation. « Mon grand-père a transmis 100 hectares à mon père. Moi, j’en ai reçu 60 ha quand je me suis installé il y a 10 ans. Aujourd’hui, il me reste 40 ha car les constructions et la gravière n’ont pas cessé de s’étendre. »

Lutter contre l’urbanisation semblait un combat perdu d’avance. Jacques Wurtz décide donc d’en faire un atout, les habitants de Lingolsheim étant, après tout, des consommateurs potentiels de produits locaux. Il aménage un parc à poules pour produire des œufs et commence à cultiver ses premiers légumes sur 70 ares. « Je me posais déjà la question du bio, raconte Jacques Wurtz. Ce sont les légumes qui m’ont fait franchir le cap. » Il investit dans une serre de 1 000 m2 et augmente ses surfaces maraîchères progressivement pour atteindre 4 ha en 2017.

Les débuts sont difficiles : avant tout céréaliculteur, il doit à la fois se familiariser avec la production des légumes, maîtriser les méthodes de culture biologique et apprendre à gérer du personnel. Sur la sole qui n’est pas dédiée aux légumes, il expérimente tournesol, orge, avoine, pois, lupin, soja. Cet apprentissage, qui se solde parfois par des échecs, vise à préparer la conversion des surfaces restées en agriculture conventionnelle. Suite à ces différents essais, il envisage de ne garder que le soja, qui s’avère « la culture la plus rentable à condition de maîtriser l’enherbement ».

En 2018, les Wurtz, qui sont aidés d’un salarié permanent et de quatre à six saisonniers, ont réduit la surface légumière à 3 ha, auxquels s’ajoute 1 ha d’asperges. Ils cultivent une trentaine de légumes différents selon les saisons : mâche, salades, carottes, courgettes, concombres, tomates (de plein champ), pommes de terre, patates douces, céleri, petits pois, navets, radis noir, chou de Milan, courges, oignons… Ils produisent aussi quelques fruits, notamment des fraises, des melons et des pastèques. Le couple élève par ailleurs quatre lots de volailles par an, qu’il écoule sur commande.

Deux distributeurs en libre-service

Pour la vente, Jacques Wurtz a investi dans deux distributeurs en libre-service installés à deux extrémités de la commune. Il organise également deux marchés par semaine à la ferme et ouvre tous les soirs à la belle saison. Les clients de Label ferme peuvent passer leurs commandes via le site internet et payer en ligne. Ils récupèrent les produits dès le lendemain dans un des casiers du distributeur grâce à un code qui leur est envoyé par SMS. 70 % de la production sont vendus en direct, le reste part chez des grossistes. Label ferme continue à chercher de nouveaux débouchés et Jacques Wurtz a bon espoir d’être référencé prochainement dans un magasin de producteurs locaux.

Il espère sortir de la période de rodage cette année. « Je pense qu’on a trouvé la bonne taille et la bonne équipe, indique l’exploitant. J’ai la chance d’avoir de la place et que le bâtiment soit déjà amorti. Pour ce qui est du matériel, je me suis équipé pour le maraîchage mais j’avais déjà les tracteurs. » L’exploitant utilise également du matériel acquis en commun : il est en effet membre de deux Cuma, dont la Cuma Terre et Prés, qui a acquis un vibroculteur, une butteuse et une effeuilleuse à pommes de terre. « La Cuma, c’est super pour les échanges, surtout en bio, quand on est en train d’apprendre, comme moi », relève Jacques Wurtz. Ce sont d’ailleurs des producteurs bios, rencontrés lors de stages de formation ou dans le cadre de la Cuma, qu’il avait invités le 20 mai à sa fête des asperges bios et qui ont contribué au succès de la journée.

Concours de clippage et de présentation

Les filles aux premiers rangs

Élevage

Publié le 23/05/2018

Yoann Henrion n’en est pas revenu : le juge des concours de clippage et de présentation, qui intervenait samedi soir au festival de l’élevage, ne s’attendait pas à voir défiler autant de jeunes sur le ring. Ils étaient environ 80 : fils et filles d’éleveurs, copains, copines, camarades de lycée, stagiaires. « Non seulement ils étaient nombreux, mais ils avaient un excellent niveau. Même les plus jeunes connaissaient les règles de la présentation », commentait Yoann Henrion à l’issue de la soirée.

Premiers à défiler, les 12 jeunes ayant suivi les deux journées de formation de l’école des jeunes présentateurs, courant avril à la ferme Wilt de Dachstein. C’est là qu’ils ont appris toutes les astuces pour préparer des vaches aux concours : toilettage, clippage, marche devant un public… Ils sont jugés à la fois sur la mise en valeur de l’animal, mais aussi sur leur façon de le présenter au juge, de le faire défiler dans le calme et de ce point de vue, les meilleurs candidats sont ceux qui forment un véritable duo avec leur animal.

Yoann Henrion désigne d’abord les trois meilleurs de chaque section, puis fait revenir dans le ring les quatre arrivés en tête pour une nouvelle confrontation. Les quatre jeunes filles - Claire Cousandier, Morgane Wendling, Marie Goos et Lydie Gloeckler - défilent une nouvelle fois sous l’œil du juge qui doit les départager. Pour y parvenir, il introduit une difficulté supplémentaire en demandant à chaque meneuse de changer de génisse. Après de longues minutes de suspens, son choix est fait : il attribue la première place à Morgane Wendling, d’Ingenheim, et la seconde à Marie Goos, de Blaesheim. Il salue le « travail remarquable » effectué par les deux filles d’éleveurs, qui ont réussi une mise en valeur « homogène et de qualité ».

« Époustouflé »

Vient ensuite le tour des jeunes présentateurs qui ont fait le choix de la race simmental. Camille Seemann se détache des autres candidats. Un bon maintien de l’animal, grâce à un licol en cuir, un défilé dans le calme et dans le respect des règles de présentation lui font remporter le premier prix dans cette catégorie. Les jeunes présentateurs qui ont fait le choix de défiler avec une génisse prim’holstein, plus nombreux, sont répartis en sept sections. La première, entièrement féminine, rassemble des bouts de chou dont la plupart ont moins de 10 ans et sont accompagnés par leurs parents. Yoann Henrion est « époustouflé par leur professionnalisme, leur concentration et leur envie de bien faire ».

Les autres sections se succèdent dans le ring, avec des candidats un peu plus âgés et déjà expérimentés. Le juge règle le rythme du défilé, ordonnant d’un geste l’arrêt des animaux ou leur mise en rang. Tout en restant attentifs aux consignes, les candidats veillent aux réactions de leur génisse et s’efforcent de bien replacer leurs membres ou de corriger leur ligne de dos quand le besoin s’en fait sentir. La bonne maîtrise de l’animal, la fluidité des déplacements et le naturel font la différence.

Au classement, tous les premiers prix de section échoient à des filles. Et lorsque le juge doit faire un choix entre les deux premières de chaque section, il décerne le premier prix à Salomé Vieux, tandis que Julie Wendling et Mathilde Goos obtiennent le deuxième et le troisième prix.

Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin

Des pointures du pointage

Élevage

Publié le 18/05/2018

Le concours de jugement d’animaux par les jeunes est ouvert aux jeunes de 15 à 25 ans, élèves de l’enseignement agricole ou jeunes agriculteurs récemment installés. Les candidats sont jugés sur leur aptitude au pointage des bovins de race laitière ou allaitante. Pour bien se classer ou pour remporter l’épreuve, ils doivent exercer leur esprit critique et évaluer la morphologie des animaux en fonction de leur destination, la production de lait ou de viande.

Pour cette nouvelle édition, qui a eu lieu samedi 12 mai dans le cadre du festival de l’élevage, on comptait 35 inscrits, dont une bonne moitié de filles. Ce fort engouement marque la motivation de la jeune génération à concourir à cette épreuve qui se déroule dans une ambiance à la fois conviviale et professionnelle. Elle ouvre les portes de la finale nationale organisée au Salon de l’agriculture à Paris. Les deux qualifiés - Marie Goos de Blaesheim, en race prim’holstein et Lucas Huss de Wolfisheim, en race allaitante - y défendront les couleurs du Bas-Rhin en février 2019. Ce ne sera pas une première puisque les deux jeunes gens étaient déjà en lice à Paris cette année pour la finale nationale de jugement des animaux. Lucas Huss y a même remporté la première place en race charolaise.

Une dimension pédagogique

À Brumath, les candidats avaient deux vaches à pointer en race prim’holstein, et deux femelles en races limousine et charolaise. Les animaux ont été jugés selon des grilles de pointage nationales. Pour les vaches laitières, les principaux critères d’évaluation étaient concentrés sur la mamelle : profondeur du sillon, distance plancher-jarret, équilibre avant-arrière… Les jeunes pointeurs devaient également être attentifs au corps, au bassin et aux membres. Pour la génisse limousine et la vache charolaise suitée, l’appréciation portait essentiellement sur le développement musculaire et squelettique, ainsi que sur les aplombs. Les évaluations des candidats étaient ensuite comparées à celles d’un jury de référence, composé de Rémy Bierbaum, technicien à Élitest pour les races à viande, et Perrine Ludwig, technicienne à Prim’Holstein France, pour la race holstein. Une fois les feuilles de pointage rendues, l’exercice prenait une dimension pédagogique grâce aux commentaires de Rémy Bierbaum.

Les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, organisateurs de l’épreuve, ont pu compter sur le soutien de plusieurs partenaires, à savoir le Crédit Agricole, Costal et la FDSEA du Bas-Rhin, qui ont mis à disposition du matériel et des lots.

Le palmarès

Les candidats du concours de pointage sont répartis en trois catégories : juniors, seniors et vétérans. Voici les résultats :

Race prim’holstein

Catégorie junior

1re, Goos Caroline, Blaesheim (184 pts) ; 2e, Morier Emma, Donnenheim (260 pts)

Catégorie senior

1re, Goos Marie, Blaesheim (120 pts) ; 2e, Lemoine Léo, Blagny (150 pts) ; 3e, Koenig Jim Vauthiermont (174 pts) ; 4e, Froehlicher Lea, Birlenbach (175 pts) ; 5e, Berger Bastien, Wittisheim (180 pts) ; 6e, Schoenel Johann, Wintershouse (186 pts) ; 7e, Wendling Julie, Lupstein (188 pts) ; 8e, Molle Marine, Dannemarie (206 pts) ; 9e, Huss Lucas, Wolfisheim (208 pts) ; 10e, Lapp Arnaud, Olwisheim (214 pts) ; 11e, Scharff Chloé Remilly (236 pts) ; 12e, Thiebaut Damien, Craincourt (242 pts) ; 13e, Thiebaut Romain, Craincourt (246 pts) ; 14e, Bourst Céline, Hoffen (248 pts) ; 15e, Seemann Camille, Schwenheim (252 pts) ; 16e, Prinz Apolline, Ruederbach (254 pts) ; 17e, Martin Laurelie, Landonvillers (256 pts) ; 18es ex-aequo, Gloeckler Lydie, Soultz-les-Bains et Hiegel Mélanie, Phalsbourg (258 pts) ; 19e, Schoenel Anne, Wintershouse (260 pts) ; 20e, Fichter Mike, Uhrwiller (270 pts) ; 21e, Cousandier Claire, Roeschwoog (290 pts) ; 22e, Knab Valentin, Kienheim (336 pts) ; 23e, Schubnel Marie, Bergheim (352 pts) ; 24e, Schneider Guillaume, Uhlwiller (360 pts) ; 25e, Cousandier Thomas, Roeschwoog (366 pts) ; 26e, Kenck Delphine, Buhl (372 pts) ; 27e, Scharff Louise, Remilly (406 pts)

Catégorie vétéran

1re, Merckling Maeva, Schillersdorf (188 pts) ; 2e, Engel Manuel, Buhl (212 pts) ; 3e, Iltis Thomas, Schillersdorf (226 pts)

Races à viande

Catégorie junior

1re, Morier Emma, Donnenheim (348 pts)

Catégorie senior

1er, Huss Lucas, Wolfisheim (120 pts) ; 2e, Seemann Camille, Schwenheim (130 pts) ; 3e, Martin Laurelie, Landonvillers (134 pts) ; 4e, Fichter Mike, Uhrwiller (138 pts) ; 5e, Schoenel Anne, Wintershouse (140 pts) ; 6e, Cousandier Thomas, Roeschwoog (142 pts) ; 7e, Berger Bastien, Wittisheim (152 pts) ; 8e, Cousandier Claire, Roeschwoog (154 pts) ; 9e, Gloeckler Lydie, Soultz-les-Bains (158 pts) ; 10e, Knab Valentin, Kienheim (156 pts) ; 11e, Thiebaut Romain, Craincourt (164 pts) ; 12e, Schneider Guillaume, Uhlwiller (176 pts) ; 13es ex-aequo, Koenig Jim, Vauthiermont, et Froehlicher Lea, Birlenbach (180 pts) ; 15e, Wendling Julie, Lupstein (186 pts) ; 16e, Molle Marine, Dannemarie (188 pts) ; 17e, Scharff Chloé, Remilly (198 pts) ; 18e, Scharff Louise, Remilly (200 pts) ; 19e, Lapp Arnaud, Olwisheim (202 pts) ; 20e ex-aequo, Bourst Céline, Hoffen, et Wenk Laura, Servigny-les-Raville (206 pts) ; 22e, Hiegel Mélanie, Phalsbourg (208 pts) ; 23e, Schoenel Johann, Wintershouse (226 pts) ; 24e Thiebaut Damien, Craincourt (238 pts) ; 25e, Prinz Apolline, Ruederbach (276 pts) ; 26e, Schubnel Marie, Bergheim (294 pts) ; 27e, Kenck Delphine, Buhl (386 pts)

Catégorie vétéran

1re, Merckling Maeva, Schillersdorf (132 pts), 2e, Engel Manuel, Buhl (134 pts) ; 3e, Iltis Thomas, Schillersdorf (182 pts)

Fleurs et plantes d’Alsace

Faire pousser les plantes… et les idées

Cultures

Publié le 14/05/2018

Prenez un géranium, un plant de feuille de chêne ou de basilic, ajoutez un dracaena, un mini-pétunia, un fraisier quatre-saisons, et pourquoi pas un dorotheanthus ? Garnissez-en un bac de bonne dimension rempli de tourbe blonde, et vous obtiendrez un bac fleuri du plus bel effet. Les horticulteurs et pépiniéristes d’Alsace ne manquent pas d’idées pour fleurir balcons et jardins. Alors que la saison estivale approche à grands pas, ils ont donné le coup d’envoi de la campagne de fleurissement mercredi 25 avril, depuis les serres des établissements Sonnendrucker, dernières serres urbaines de Strasbourg situées dans le quartier de Koenigshoffen. Pour la quarantaine de professionnels réunis au sein de l’association Fleurs et plantes d’Alsace, il est essentiel de faire connaître le savoir-faire et la créativité des horticulteurs et pépiniéristes de la région pour qu’ils puissent se démarquer de la concurrence, a expliqué Christian Romain, leur président.

La qualité et la fraîcheur des produits ne sont plus leurs seuls arguments : ils se présentent comme de véritables créateurs de décors, auxquels les clients peuvent demander conseils et idées pour faire les choix de fleurissement les plus adaptés à leurs envies et à leurs possibilités. C’est pour cette raison qu’ils ont imaginé, avec le concours de l’agence Musiconair, cinq univers permettant aux clients de se repérer : le jardin nourricier ; les associations fruits-légumes-fleurs ; les plantes « propres sur elles », autrement dit qui perdent peu leurs pétales et leurs feuilles ; les plantes mellifères qui attirent les abeilles et les papillons ; et enfin, les « plantes chameaux », peu gourmandes en eau. Ces différents univers, auxquels le personnel de vente a été sensibilisé, sont déclinés sur des affiches et supports placés en magasin.

Le jardin est à réinventer

Le déploiement de ces supports témoigne de la prise en compte des nouvelles habitudes de vie et de consommation de la clientèle. « Le jardin est à réinventer car les gens vivent de plus en plus souvent en ville ou en lotissement et ils ont peu de surfaces pour le fleurissement », constate Dominique Krafft, de l’agence Musiconair. Les horticulteurs et pépiniéristes souhaitent notamment attirer les jeunes générations, qui n’ont pas suffisamment le réflexe de pousser la porte de leurs établissements.

Il ne s’agit pas de les orienter vers des tendances de fleurissement toutes faites, précise Christian Romain, mais plutôt de leur donner des clés pour qu’ils puissent fleurir selon leurs envies, sans risquer d’être déçu. Leur apprendre, par exemple, qu’un bon terreau n’est pas forcément de couleur noire, qu’un dracaena tient parfaitement en plein soleil, et que le géranium, valeur sûre du fleurissement en Alsace, peut fort bien être associé à d’autres plantes qui donneront un coup de jeune aux jardinières.

Association des producteurs d’asperges d’Alsace

Recettes de blogueuses

Pratique

Publié le 12/05/2018

Samedi 5 mai, l’association des producteurs d’asperges d’Alsace avait invité trois blogueuses culinaires à participer au concours de la meilleure recette d’asperges d’Alsace. Une première. Réunies dans les cuisines du Resto du coin dans le quartier de Neudorf à Strasbourg, elles ont été accueillies par Sylvain Scherer, le chef de l’établissement, son collègue Nicolas Pfirsch, du restaurant Au Cerisier à Westhoffen, Myriam Muesser et Dominique Krafft, de l’agence Musiconair, en charge de la communication sur l’asperge d’Alsace.

Le but de ce concours était de la sortir de son image traditionnelle en laissant carte blanche à trois jeunes femmes, trois « influenceuses » du web. Et qu’à travers leurs écrits, elles suscitent la curiosité et l’intérêt d’une clientèle plus jeune pour ce légume qui marque l’arrivée du printemps en Alsace. En récompense de sa participation, la gagnante du concours verra l’adresse de son blog imprimée sur les étiquettes ornant les bottes d’asperges des membres de l’association, ce qui représente une diffusion de l’ordre du million d’exemplaires. La recette gagnante sera quant à elle diffusée via la newsletter adressée aux 24 000 personnes qui constituent le fichier de l’association des producteurs d’asperges d’Alsace.

Miss Elka : en tarte fine

Âgée de 28 ans, miss Elka - Lucie de son prénom -, tient un blog culinaire depuis trois ans et demi. Un loisir avant tout pour cette passionnée de gastronomie et de nourriture, qui travaille dans le marketing et la communication d’un groupe de restauration. La jeune femme présente sur son blog des recettes, ainsi que des commentaires de restaurants qu’elle a testés. « Je suis Strasbourgeoise, donc je me concentre plutôt sur les restaurants de Strasbourg, où je me rends en client mystère. Je déguste et je paie mon addition. » Miss Elka ne partage que les adresses qu’elle apprécie, c’est ce qui différencie son travail de celui d’un critique gastronomique, qui n’hésitera pas à faire part de ses coups de gueule contre tel ou tel établissement.

Lucie participait samedi dernier au concours de la meilleure recette d’asperges d’Alsace, avec deux autres « influenceuses » du web alsacien. Avec sa tarte fine aux asperges, sauce mousseline et jambon Forêt Noire, elle a proposé une version revisitée de la recette traditionnelle alsacienne, plus élaborée dans son dressage pour donner à ce légume de printemps une touche « gastro » résolument contemporaine.

Dans son blog comme dans la vie, Miss Elka défend les produits locaux de saison : été comme hiver, elle se ravitaille au marché couvert de Neudorf, à deux pas de chez elle, où elle apprécie la fraîcheur et l’authenticité des produits. Pour sa recette, elle a utilisé les asperges de l’îlot de la Meinau.

Sokhna : en version exotique

Originaire du Sénégal, qu’elle a quitté à l’âge de 13 ans, Sokhna (prononcez Sorna) a grandi dans le milieu de la restauration. C’est pour passer plus de temps avec sa mère, qui tenait un restaurant de spécialités africaines, qu’elle s’est mise à cuisiner. Elle a entamé un CAP cuisine, qu’elle a mis provisoirement entre parenthèses pour travailler au Café Bâle, sur la place d’Austerlitz à Strasbourg, où elle est en charge des entrées, des salades et des desserts. Il y a trois ans, elle a ouvert son blog, Taste of sun, où elle partage ses recettes mais aussi toutes ses bonnes adresses « lifestyle ». Également présente sur les réseaux sociaux, Sokhna réalise depuis quelques mois des vidéos de cuisine diffusées sur YouTube : ses abonnés peuvent suivre pas à pas les différentes étapes de ses recettes, qui s’inspirent tout à la fois de la cuisine africaine et de la cuisine occidentale.

L’utilisation des épices, des ingrédients exotiques et les mélanges sucrés-salés ne lui font pas peur. La preuve ? Dans le cadre du concours, la belle Sénégalaise, âgé de 26 ans, qui aime cuisiner « sain et de saison », a réalisé des asperges aux gambas rôties, beurre passion et mayonnaise à la vanille. Sans dénaturer le produit, elle a osé l’assortir à des saveurs exotiques totalement inhabituelles, et à en faire une association qui a plu au jury, composé de Sylvain Scherer, Nicolas Pfirsch, et Myriam Muesser.

Julie : pour se mettre au vert

Son premier blog, ouvert il y a sept ans, était consacré aux nouvelles technologies ; le dernier, Les recettes de Julie Gri, ouvert il y a six mois, parle de cuisine. « Au départ, je l’ai créé pour retrouver mes propres recettes car j’aime beaucoup improviser et je ne me souviens pas toujours de ce que j’ai mis dans les plats que je confectionne », explique la jeune femme. Âgée de 29 ans, designer d’applications mobiles de profession, Julie a l’habitude de cuisiner pour ses collègues. Il y a un an, elle a découvert la cuisine végétarienne, ce qui lui a donné envie de partager ses recettes sur le web. « Beaucoup de gens pensent que la cuisine végétarienne se limite aux graines et aux salades. Mais en fait, on peut se nourrir en se faisant plaisir, même quand on a une contrainte alimentaire ». Julie alimente son blog très régulièrement, plusieurs fois par semaine lorsqu’elle a le temps, de même que son compte Instagram où elle poste presque quotidiennement des idées de petits-déjeuners.

Originaire de Fegersheim, la jeune femme a travaillé durant cinq ans à Paris avant de revenir en Alsace car la région lui manquait vraiment. Et si l’asperge ne l’inspirait pas plus qu’il ne faut au départ, elle s’est prise au jeu du concours et s’est creusé la tête pour trouver de quoi mettre en valeur ce légume emblématique de la région, en l’interprétant à la mode végétarienne. Sa recette ? Un risotto d’asperges à la crème d’asperge et asperges grillées, baptisé « Se mettre au vert ». Julie l’a imaginé après un brainstorming en famille et l’a testée auprès de sa sœur avant de la soumettre au jury.

Communes forestières d’Alsace

Les maires, conciliateurs dans l’âme

Pratique

Publié le 27/04/2018

« Tout le monde veut s’occuper de la forêt ». Le constat est de Pierre Grandadam, président de l’association des communes forestières d’Alsace (ACF), qui ouvrait l’assemblée générale de l’association, samedi 14 avril à Haguenau : l’Union européenne, la France, la Région, le Département, les communautés de communes interviennent, plus ou moins directement et chacun à leur échelle, dans la gestion de la forêt. Tout comme les maires qui, placés en bout de chaîne, sont au coeur de demandes - parfois d’injonctions - contradictoires. Ils ont beau avoir la légitimité pour gérer l’espace forestier, ils doivent faire face à des attentes très diverses. Dans ce contexte, reconnaît Pierre Grandadam, les maires doivent concilier l’exploitation des ressources forestières avec la préservation des milieux et la fréquentation des publics. Autant de missions pour lesquelles ils ont besoin de l’aide de toutes les collectivités, souligne le président de l’association des communes forestières.

Gibier et chalarose

L’ACF, qui compte 310 adhérents représentant plus de 80 % de la forêt communale en Alsace, travaille de plus en plus étroitement avec ses homologues du Grand Est, au sein du comité Cofor Grand Est. « Il est important de travailler collectivement car désormais, tout se passe à cette échelle », souligne Mona Garandel, chargée de mission ACF Alsace. Une communication commune va se mettre en place grâce à un site internet et des fiches techniques communes seront diffusées. Outre le suivi de l’emploi en forêt communale, la restauration de l’équilibre forêt-gibier a constitué un des gros dossiers de l’année 2017, avec plusieurs réunions techniques organisées avec les élus et les chasseurs. L’ACF a également participé à la mise en œuvre du projet collectif des communes forestières du Piémont des Vosges consacré à l’équilibre forêt-gibier. Ce projet comporte notamment la mise en place, étalée sur trois ans, de 140 enclos-exclos (lire aussi en page 12). En 2017, 51 enclos-exclos ont ainsi été mis en place en forêts communales sous le pilotage de l’ONF.

L’ACF s’est aussi impliquée pour dynamiser l’investissement en forêt communale, en prenant part aux projets Fibalsace et Remobio. Cédric Luneau, chargé de mission Fibalsace, a accompagné une dizaine de communes forestières dans leurs démarches foncières visant à acquérir des biens vacants et sans maître et en proposant des aides pour l’amélioration des peuplements forestiers et pour la création ou l’agrandissement d’aires de dépôts. Plus de 12 ha ont ainsi été subventionnés en 2017 et une aire de dépôt a été créée. Six autres sont en projet en 2018. Le projet Remobio, quant à lui, consiste à soutenir financièrement la replantation dans les zones touchées par la chalarose du frêne et qui doivent être récoltées précocemment. L’ACF a réalisé un diagnostic sylvicole sur une centaine d’hectares potentiellement concernés, ce qui constitue un préalable à la replantation. Une réunion d’information à l’attention des élus est prévue au printemps 2018.

Valoriser les ressources en bois

Directeur territorial de l’ONF Grand Est, Jean-Pierre Renaud a fait le point sur le marché du bois. L’Alsace est bien placée pour les volumes vendus en 2017, avec 750 000 m3 qui ont généré près de 40 millions d’euros (M€) de recettes. Près de la moitié des ventes sont contractualisées (45 %), ce qui est bien supérieur à la moyenne nationale. « Cela dénote une relation très étroite avec le tissu industriel et de transformation », souligne Jean-Pierre Renaud. Les forêts communales ne sont « ni en sous-exploitation, ni en surexploitation », précise le directeur territorial de l’ONF.

Les prix moyens du bois sont stables (+ 0,7 % en 2017), mais il y a de grandes différences selon les essences. Les prix du chêne s’envolent depuis 2015, sous la pression des marchés extérieurs, « une situation inédite qui préoccupe les transformateurs. » Les prix du hêtre sont quant à eux à un niveau trop bas et ceux des résineux, en légère baisse, tendent à remonter depuis la mi-2017. La conjoncture générale est assez favorable au bois, note encore Jean-Pierre Renaud. Malgré tout, les scieurs peinent à fournir les bois dont l’industrie a besoin. 

Au niveau du Grand Est, la réflexion se poursuit pour élaborer le Programme régional de la forêt et du bois (PRFB), une déclinaison du programme national institué par la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt. Le directeur territorial de l’ONF en a présenté les sept axes. La valorisation des ressources en bois énergie et bois d’industrie est le premier axe de ce plan. Sur 5 millions de m3 de bois récoltés dans le Grand Est, 2 millions sont des bois de qualité secondaire. « Il y a un gros enjeu à les valoriser car cela conditionne les bois d’oeuvre de demain », explique Jean-Pierre Renaud. Le deuxième axe du programme consiste à trouver des solutions pour résoudre la crise du chêne. Les scieries ont du mal à s’approvisionner et réclament des contrats d’approvisionnement pour se mettre à l’abri des fluctuations trop importantes. Un plan d’action va être lancé au niveau national, le Grand Est n’étant pas la seule région concernée par cette problématique. 

Le troisième enjeu est de faire face au changement climatique, qui accélère les crises sanitaires. « En 2050 surviendront les premières graves crises sur les essences forestières. Les forêts qu’on régénère aujourd’hui seront jeunes en 2050 », souligne le directeur territorial. Des actions sont déjà en cours comme l’introduction en forêt de Verdun de chênes de la Sainte-Baume, près de Marseille. Le PRFB devrait également comprendre un volet consacré au déséquilibre forêt-gibier, un volet sur la mobilisation des bois au service d’une gestion durable, un volet sur l’investissement en forêt, le dernier axe étant consacré au renforcement de la place de la forêt au cœur des attentes de la société.

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