Auteur

Florence Péry

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Volailles festives

Les éleveurs à pied d’œuvre

Élevage

Publié le 24/11/2020

Si personne n’ose rêver aux célébrations de Noël et du Nouvel an, compte tenu du contexte sanitaire, les producteurs fermiers spécialisés dans les produits festifs sont pourtant fin prêts. C’est le cas de l’EARL Voelckel à Erstein. Raymonde et Laurent Voelckel, éleveurs laitiers, se sont diversifiés dans les volailles en ouvrant un premier bâtiment de poulets Label rouge en 1995, puis un deuxième trois ans plus tard. Depuis, leur fille Virginie les a rejoints sur l’exploitation et ensemble, ils mènent de front ces deux productions.

« On ne fait pas des volailles festives tous les ans, précise Raymonde Voelckel. Il faut que ça tombe bien par rapport à notre roulement, sachant qu’en poulet label, la durée d’élevage est de 84 jours et qu’on pratique un vide sanitaire de quatre semaines entre chaque bande. » Il y a deux ans, Raymonde Voelckel et sa fille avaient mis en place des chapons dans leurs deux bâtiments. Cette année, à la demande d’Alsace Volaille, elles ont mis en place un bâtiment de chapons et un autre de dindes noires. La durée d’élevage étant deux fois plus importante que pour les poulets label rouge, les 2 500 chapons sont arrivés début juillet sur l’exploitation, et les 2 400 dindes quelques jours plus tard.

Une viande bien juteuse

L’élevage de chapons et de dindes noires d’Alsace doit respecter un cahier des charges bien précis : souche, alimentation, accès au plein air, durée d’élevage… tout est prévu. Raymonde Voelckel et sa fille s’approvisionnent en aliments chez Sanders, un des fournisseurs agréés par Alsace Volaille. L’alimentation, constituée principalement d’un mélange de céréales, varie en fonction de l’âge des animaux. « Les dindes reçoivent trois formules différentes d’aliments durant le temps qu’elles passent chez nous, précisent les deux éleveuses. Les chapons quatre : pour la finition, l’aliment contient 5 % de poudre de lait pour obtenir une viande bien juteuse. » À chaque livraison d’aliment, un échantillon est prélevé et conservé jusqu’au départ du lot pour l’abattoir. Un contrôle peut être réalisé à tout moment par l’organisme certificateur.

À partir de 42 jours, chapons et dindes ont normalement accès à un parcours arboré à l’extérieur des bâtiments, y compris en automne. Mais depuis le 5 novembre, ils sont privés de sortie : le Bas-Rhin ayant été classé à « niveau de risque élevé » par rapport à l’influenza aviaire, comme 45 autres départements français, Raymonde et Virginie Voelckel ne peuvent plus sortir les volatiles dehors. L’année 2020 n’est décidément pas comme les autres.

L’alimentation et l’abreuvement sont automatisés. Les deux éleveuses peuvent donc passer du temps à surveiller les volailles. C’est l’une des clés de la réussite dans un élevage avicole. « Il faut être très vigilant, rentrer dans le bâtiment, observer les animaux pour être capable de repérer s’il y a un problème, regarder la litière pour s’assurer qu’elle n’est pas humide, vérifier que la chaîne d’alimentation fonctionne bien… », énumère Raymonde Voelckel. Mais si les animaux sont au sec et que le bâtiment est régulièrement nettoyé, « il n’y a pas de raison que ça se passe mal », affirme-t-elle.

Fâcheuses manies des dindes

La mise en place, l’enlèvement des volailles et le nettoyage des bâtiments constituent les principales pointes de travail. De même que les premières semaines de présence dans l’élevage, lorsque les chapons et les dindes s’adaptent à leur nouvel environnement et apprennent à se nourrir. « Pour les poulets, une bonne semaine suffit. Mais avec les chapons et surtout avec les dindes, c’est plus long », constatent les deux éleveuses qui parlent de trois semaines d’adaptation pour les dindes. Ce sont d’ailleurs celles-ci qui leur donnent le plus de fil à retordre : elles ont tendance à s’agglutiner dans les coins du bâtiment, d’où la nécessité d’arrondir les angles avec des bandes de caoutchouc, et lorsqu’elles ont accès au plein air, elles rechignent à rentrer à l’intérieur à la tombée du jour. De plus, elles ont la fâcheuse manie de vouloir manger la paille alors qu’elles ne peuvent pas la digérer. Ce qui oblige Virginie et sa mère à ajouter 3 à 4 cm de copeaux par-dessus la litière. Contrairement aux chapons, dont le bâtiment est repaillé trois fois en six mois, les dindes ont besoin d’une litière fraîche beaucoup plus souvent. « On doit les repailler chaque semaine. Il ne faut pas que les pattes soient sales lorsqu’elles arrivent à l’abattoir, sinon on se fait tirer les oreilles », précise Virginie.

Les premiers chapons et les premières dindes devraient quitter l’élevage autour du 20 décembre. Ils seront abattus chez Bruno Siebert à Ergersheim. Le chargement des volailles se fait de nuit, et en plusieurs fois, contrairement aux poulets Label rouge où chaque bâtiment est vidé en une fois. Les Voelckel font appel à de la main-d’œuvre familiale pour cette opération, qui clôt le cycle d’élevage. Il ne reste alors plus qu’à sortir le fumier, les équipements d’élevage et désinfecter le bâtiment pour pouvoir accueillir une nouvelle bande, une fois le vide sanitaire réalisé.

Vignerons indépendants de France

Un salon peut en cacher un autre

Vigne

Publié le 09/11/2020

En raison du reconfinement, les Vignerons indépendants ont été contraints d’annuler leurs quatre salons de fin d’année : Lyon, Reims, Lille et Paris. Puisque la rencontre physique entre les vignerons et leurs acheteurs n’est plus possible, du moins provisoirement, l’organisation a fait le choix de remplacer la formule habituelle par un salon virtuel. Les amateurs de vins peuvent ainsi sélectionner des vins de toutes les régions viticoles françaises depuis chez eux et faire leurs achats en ligne. L’opération, baptisée « Le salon dans mon salon », a débuté la semaine dernière.

Concrètement, les amateurs de vin avaient rendez-vous sur le site des Vignerons indépendants dès le 29 octobre, date où aurait dû ouvrir le salon de Lyon, pour faire leur choix parmi les centaines de références disponibles. Une option sans aucun doute moins conviviale, mais plus propice à la distanciation physique entre personnes au moment où l’épidémie de Covid-19 reprend de la vigueur. « Ce choix du tout numérique, qui ne remplacera jamais le salon physique, ouvre de nouvelles opportunités pour le consommateur », veut croire l’organisation. « Celles de commander jour et nuit, 24 h/24, de transférer ses coups de cœur à ses amis, et peut-être même de profiter de conditions et de promotions exceptionnelles ».

 

Les Vignerons Indépendants réinventent leur salon ! Face aux conditions exceptionnelles, les salons de cet automne...

Publiée par Vigneron Indépendant sur Vendredi 23 octobre 2020

 

Avec l’option « Rendez-vous près de chez vous », les acheteurs étaient invités à venir récupérer leurs cartons en mains propres auprès des vignerons samedi 31 octobre sur le parking du Groupama Stadium de Lyon. Une façon, pour certains, d’encourager les professionnels durement touchés par la crise sanitaire et ses conséquences. Et pour d’autres, de privilégier la consommation en circuits courts. Les clients du « Salon dans mon salon » avaient également la possibilité de se faire livrer directement les commandes à domicile, comme pour une commande classique.

Une enquête fin novembre

Il est encore trop tôt pour évaluer les retombées de ce salon virtuel. « L’opération dure un mois et nous ne ferons une enquête que fin novembre », indique Florence Corre, directrice du développement et de la communication des Vignerons indépendants de France. Pour le domaine Bernard Becht, de Dorlisheim dans le Bas-Rhin, exposant de longue date du salon des Vignerons indépendants de Lyon, mais aussi de Paris et de Lille, cette nouvelle formule n’a pas suscité les retombées d’un salon classique, loin s’en faut.

« Cette année, nous n’avons fait aucun salon ni au printemps, ni à l’automne, c’est une grosse perte pour un domaine comme le nôtre, explique Nathalie Becht. Nous avons notre propre site de vente en ligne et nous sommes également adhérents de la plateforme de vente des Vignerons indépendants, qui est plutôt orientée vers les cavistes et les professionnels, mais nous n’avons pas eu de retour particulier suite à cette initiative. » La déception est d’autant plus grande qu’avec les restrictions imposées par le contexte sanitaire, la fin de l’année s’annonce compliquée. Le domaine a mis en œuvre de nombreuses mesures pour rassurer sa clientèle, en particulier au caveau, mais « les gens n’osent plus sortir », se désole Nathalie Becht, qui, tout en essayant de rester positive, s’inquiète pour les ventes de fin d’année, habituellement génératrices de trésorerie.

 

Merci à tous pour votre soutien !!

Publiée par Vignoble Bernard Becht Scea sur Lundi 2 novembre 2020

 

Claude Weinzorn, du domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr, autre habitué du salon des Vignerons indépendants de Lyon, ne s’est tout simplement pas inscrit cette année, ne croyant pas aux vertus du numérique pour remplacer le contact direct avec la clientèle. « Les salons, pour nous, c’est vital. Surtout qu’on sort déjà d’une année 2019 qui a été une des plus mauvaises en termes de ventes, avec la crise des gilets jaunes et les grèves SNCF », commente le vigneron haut-rhinois, qui ne ménage pas ses efforts pour essayer de compenser la baisse des ventes en misant sur l’expédition.

 

Sauvez votre vigneron Commandez un carton et Trinquez à la maison

Publiée par Domaine de l'Oriel sur Dimanche 1 novembre 2020

 

Joseph Lechner, président du Geopa

« C’est un long travail d’arriver à une convergence sociale européenne »

Vie professionnelle

Publié le 20/10/2020

Pouvez-vous nous présenter le Geopa dont vous êtes le président ?

Joseph Lechner : « Le Geopa, Groupe des employeurs des organisations professionnelles agricoles, est une organisation créée en 1963, qui réunit à ce jour 19 pays européens sur les 27 que compte l’Union européenne. Notre travail est de nous mettre en relation avec les autorités communautaires pour négocier et défendre les intérêts des employeurs de salariés agricoles, spécifiquement dans les domaines de la formation, de la santé et de la sécurité au travail, de la mobilité et sur un certain nombre de sujets d’actualité, comme le détachement des travailleurs ou les saisonniers intra et extracommunautaires. »

 

Quelle est la composition du Geopa ?

« Chaque pays est représenté par une ou plusieurs organisations, tout dépend de sa structuration politique. L’Autriche, par exemple, est représentée par sa Chambre d’agriculture, l’Italie par trois syndicats agricoles et la France par une seule organisation, la FNSEA, qui compte trois membres de droit, dont moi-même et Pierre Marin, de Meurthe-et-Moselle. »

 

Quels sont vos liens avec le Copa (Comité des organisations professionnelles agricoles de l’UE) et avec la Commission européenne ?

« Nous sommes adossés au Copa qui nous aide à travers la mise à disposition de moyens : cela inclut des locaux au siège du Copa, le coût des traductions et de l’interprétariat lors de nos rencontres - qui nous sont refacturés - et un appui logistique lors de nos séminaires, qui ont habituellement lieu tous les deux ans et sont consacrés à des sujets tels que le coût de la main-d’œuvre ou l’attractivité de nos métiers. Nous devions en avoir un à Riga, en Lettonie, prochainement, mais il a été annulé pour raisons sanitaires.

Nous avons également des relations avec la Commission européenne : c’est la Direction générale Emploi qui préside nos réunions lorsque nous sommes en comité de dialogue social avec la Fédération européenne des syndicats de salariés agricoles, l’Effat. Nous faisons du lobbying pour faire remonter les doléances patronales de notre secteur et cela passe par des relations régulières avec la Commission, via mon assistant à Bruxelles, Manuel Delgado, mais aussi par des rencontres avec les députés européens, la collaboration à certains documents tels que le forum de liaison, qui est une plateforme d’information à laquelle nous contribuons. »

 

Le contexte sanitaire a-t-il eu des incidences sur vos travaux ? Lesquelles ?

« Le problème le plus urgent à régler était celui de la pénurie de main-d’œuvre. Tout le monde s’est retrouvé sans salariés à cause de la fermeture des frontières et du confinement qui a été mis en place de façon très dure dans certains pays comme l’Espagne. Le 15 mai, nous avons écrit un courrier au commissaire à l’agriculture, Janusz Wojciechowski, et au commissaire à l’emploi, Nicolas Schmit, pour demander le retour à la circulation des travailleurs saisonniers intracommunautaires. C’était un courrier signé conjointement par notre organisation et par l’Effat, qui s’est associée à notre demande en échange de garanties sur la protection des travailleurs. Par la suite, lorsque les gros chantiers de récolte sont arrivés et qu’une nouvelle pénurie de main-d’œuvre menaçait, nous avons adressé une nouvelle lettre, avec le Copa-Cogeca, pour demander la circulation des salariés extracommunautaires. Ces courriers ont pesé dans les décisions européennes. »

 

En dehors de cette actualité, sur quelles autres problématiques travaillez-vous ?

« Nous travaillons sur des documents de position car l’Union européenne fait régulièrement des consultations publiques sur des projets de directives. Actuellement, un travail est en cours sur le salaire minimum équitable. Il y a une énorme disparité des coûts du travail au sein de l’UE : cela va de 19 € de l’heure au Danemark à 3,50 à 4 € de l’heure au Portugal. Ces différences entraînent des flux de salariés d’un pays vers l’autre. Nous travaillons également sur l’apprentissage, sur la contribution au développement rural : il faut réfléchir à des solutions à moyen et long terme sur ces différents sujets, sachant que lorsque nous sommes sollicités par la Commission européenne, notre réponse porte uniquement sur le volet social. Lorsque nous sommes interrogés sur le climat par exemple, nous ne pouvons pas nous prononcer sur l’aspect agricole, qui est du ressort du Copa. »

 

Vous parliez du coût du travail, très différent d’un pays de l’UE à l’autre, ce qui entraîne des distorsions de concurrence. La situation peut-elle évoluer ? Y aura-t-il un jour une convergence sociale européenne ?

« Nous avons terminé en 2019 un rapport sur le coût du travail que nous avons remis à nos partenaires et à la Commission européenne. Ce document permet à nos différents pays de se rendre compte de la place où ils sont, de mettre en avant le dialogue social auprès des pays qui sont en retard sur ce plan-là. Mais on ne peut pas changer les règles du jour au lendemain, c’est un long travail d’arriver à une convergence. Notre rôle, au Geopa, c’est d’emmener tout le monde, y compris ceux qui sont très loin derrière, de discuter et d’avancer. C’est lent mais ce temps est nécessaire. »

Filière Alsépi

Les meuniers prennent les commandes

Vie professionnelle

Publié le 19/10/2020

À la veille de la moisson, un courrier adressé aux membres du conseil d’administration et aux adhérents de la filière Alsépi avait semé l’émoi : Francis Maurer, président de l’association de la filière pain artisanal d’Alsace, prenait acte de l’échec des tentatives de redynamisation d’Alsépi. « Il est grand temps de prendre la décision difficile d’arrêter la filière et de dissoudre l’association », écrivait-il dans un courrier daté du 11 juin en appelant à la convocation d’une assemblée générale. Les agriculteurs, les organismes stockeurs, les meuniers et les boulangers alsaciens avaient créé la filière à la fin des années 1990 dans le but de proposer aux consommateurs alsaciens du pain fabriqué à partir de blé cultivé en Alsace et transformé en farine par des moulins locaux. Une façon de valoriser l’origine régionale du produit, bien avant que les circuits courts ne soient plébiscités par les consommateurs.

Mais au fil du temps, la filière Alsépi s’est étiolée, le nombre de boulangers adhérents, et donc de cotisants, n’étant plus suffisant pour engager un réel travail de promotion. L’annonce d’une disparition pure et simple d’Alsépi n’a pourtant laissé personne indifférent. À l’assemblée générale du mois de juin, les meuniers ont exprimé leur volonté de s’impliquer pour relancer la filière en reprenant la certification à leur compte. Des discussions se sont donc engagées dans ce sens et ont permis d’aboutir à un compromis. La certification porterait désormais sur la farine Alsépi, et non plus sur le produit final, ce qui déchargerait les boulangers des obligations qui y sont liées, telles que l’enregistrement des livraisons de farine et la comptabilité séparée. Ceux qui souhaitent vendre du pain Alsépi devront toutefois respecter une charte d’engagement.

Des possibilités supplémentaires pour la filière

Cette évolution ouvrira des possibilités supplémentaires aux meuniers qui, jusqu’à présent, ne pouvaient vendre la farine produite sous cahier des charges Alsépi qu’aux artisans boulangers d’Alsace. Ils pourront, par exemple, la commercialiser auprès des industries agroalimentaires régionales qui utilisent de la farine dans leurs fabrications (fabricants de pâte à tartes flambées ou à pizzas, de pâtés en croûte…) et pourront à ce titre utiliser la marque Savourez l’Alsace-Produit du terroir.

Signe de l’engagement des meuniers, c’est une de leurs représentants, Isabelle Welsch, du moulin Burggraf-Becker à Dossenheim-sur-Zinsel, qui prend la présidence de l’association de la filière pain artisanal d’Alsace. De nouveaux statuts ont été approuvés lors d’une assemblée générale extraordinaire qui a eu lieu début octobre. Les boulangers restent présents dans le troisième collège de l’association, celui des utilisateurs, mais ne sont plus représentés au conseil d’administration.

Fruits et légumes d’Alsace

Concours d’étalage : le goût du challenge

Cultures

Publié le 18/10/2020

Des montagnes de courges, des tablées de choux, de betteraves rouges et de céleris, des massifs de poireaux, des alignements de pommes de tous les calibres et de toutes les couleurs… Les chefs de rayon fruits et légumes d’une soixantaine de points de vente d’Alsace s’en sont donnés à cœur joie du 6 au 9 octobre à l’occasion du concours d’étalage organisé par l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla). L’objectif de ce concours est de mettre en avant les productions régionales auprès des consommateurs. Et le mois d’octobre s’y prête particulièrement bien, puisqu’entre les derniers produits d’été et la panoplie des fruits et légumes d’automne, le choix est large, a souligné Pierre Lammert, président de l’interprofession lors du lancement du concours, le 6 octobre à Obernai.

Pour cette édition 2020 du concours, 58 magasins étaient sur les rangs, répartis du nord au sud de l’Alsace. Et parmi eux : 27 supermarchés, 19 hypermarchés, 4 magasins de producteurs, 5 restaurants hors domicile et 3 « cash and carry ». Plusieurs jurys composés de producteurs, de grossistes, de directeurs de magasins, de responsables de centrales d’achat ont passé en revue les différents points de vente, accompagnés de l’équipe de l’Ifla. Huit critères de notation étaient proposés, permettant d’établir un classement par catégorie. Étaient notamment jugés l’attractivité du rayon, le soin accordé à la présentation, la variété et la fraîcheur des produits, leur adéquation avec la saison, la mise en avant de l’origine Alsace avec la présence de la PLV aux couleurs de l’Ifla. Cette année, un bonus était accordé pour les rayons mettant en avant les produits transformés provenant de la région (jus de fruits, navets salés…). Une fiche de notation spécifique était prévue pour la restauration hors domicile.

 

Ça va chauffer dans les étals ! ?. Du 06 Oct au 09 Oct les magasins de la région mettent le paquet et s'affrontent dans...

Publiée par Fruits et légumes d'Alsace sur Samedi 3 octobre 2020

 

Un quart de la consommation régionale

L’engagement des magasins dans ce concours, qui existe depuis 2013, montre à quel point les relations entre la grande distribution et les producteurs de fruits et légumes se sont améliorées en l’espace de quelques années. De nombreux directeurs d’enseignes en ont témoigné lors de cette présentation. Il est vrai que la demande pour les produits locaux est forte, particulièrement dans le domaine des fruits et légumes. Et que les producteurs alsaciens n’arrivent à couvrir qu’un quart de la consommation régionale, alors même qu’ils sont les seuls en France à augmenter leurs surfaces.

Le concours d’étalage est la concrétisation d’un travail commun mené tout au long de l’année entre l’Ifla et la grande distribution, souligne Olivier Porcu, directeur du Super U de Fessenheim, appuyé par ses confrères Laurent Leclerq (Leclerc), Frédéric Agaud (Auchan), Alain Meyer (Intermarché) et François Oster (Cora). Il constitue une grosse opération de communication en faveur de la production régionale. Et il donne « un coup de boost » aux équipes pour mettre en valeur le rayon fruits et légumes, témoigne Daniel Grandemange, directeur du magasin de producteurs Hopla à Oberhausbergen, dont c’est la quatrième participation. Un rayon qui constitue « la carte d’identité du magasin » et dont l’attractivité est essentielle.

Pour les grossistes aussi, le concours d’étalage représente une opportunité de montrer son savoir-faire, relève Valentin Moisson (Metro), dont l’enseigne a signé en début d’année une charte en faveur de la production agricole française. Quant à l’Alsacienne de restauration, premier acteur de la restauration hors domicile en Alsace avec 140 points de restauration, elle participe cette année au concours « pour la forme », son activité étant encore largement impactée par la pandémie.

 

[ ? CONCOURS FRUITS ET LÉGUMES ?] Un grand bravo à Christelle, Gaëtan, Marine et Laura pour leur magnifique...

Publiée par Super U Fessenheim sur Vendredi 9 octobre 2020

 

Association des communes forestières d’Alsace

Cette tempête silencieuse qui frappe les forêts

Cultures

Publié le 12/10/2020

« La forêt n’est pas en bonne santé quelles que soient les essences en place, les sols, les expositions, les altitudes. » Le constat a été dressé par Pierre Grandadam, président de l’association des communes forestières d’Alsace (ACF), lors de l’assemblée générale annuelle de l’association, qui a eu lieu le 19 septembre à Wangenbourg-Engenthal, dans le Bas-Rhin. « Nos arbres peinent à s’adapter aux changements climatiques. Nous devons récolter trop de bois en urgence pour mal les vendre sur un marché saturé, quels que soient les produits. Nous voulons reconstituer les forêts rasées après sécheresse et tempêtes mais comment financer les travaux quand les ressources forestières sont réduites à néant et que parfois la forêt coûte plus qu’elle ne rapporte ? »

Faire face ensemble

Le diagnostic de Jean-Pierre Renaud, directeur territorial de l’ONF Grand Est, rejoint celui de Pierre Grandadam. « La situation actuelle est beaucoup plus grave qu’après la tempête Lothar de 1999, qui avait mis à terre de nombreux hectares de forêt, reconnaît-il. Cette crise est une tempête silencieuse qui s’inscrit dans la durée et la gravité. Elle a commencé par la crise des scolytes, mais aujourd’hui l’ensemble des essences de la région est impacté : le frêne avec la chalarose, le chêne avec les chenilles processionnaires, le sapin et le hêtre qui subissent les conséquences de la sécheresse. Il est important de faire face ensemble à cette crise. » Et si les aides de la Région ont bien permis d’envoyer un maximum de bois dans le Sud-Ouest pour désengorger le marché, elles ne concernaient malheureusement que l’épicéa, regrette Jean-Pierre Renaud.

Face à cette situation, le directeur territorial de l’ONF Grand Est préconise de récolter au plus vite les bois encore verts pour pouvoir les valoriser et de réfléchir sur la gestion des forêts en prévision de l’évolution du climat. Aux maires de Weitbruch et de Marckolsheim qui se demandent quelles essences planter, Jean-Pierre Renaud répond qu’il est important de construire les forêts de demain sur la diversité des essences et des peuplements afin d’éviter des forêts trop homogènes, plus sensibles aux ravageurs. Cette diversité, qui s’obtient par régénération naturelle, favorise la résistance et la résilience des peuplements.

Récolter les bois d’abord

« Nous ne connaissons pas l’arbre magique qui sera bien à sa place pour les cent ans à venir », reconnaît pour sa part Pierre Grandadam, rappelant que « la forêt est une école d’humilité ». Alain Lesturgez, directeur général de la Fédération nationale des communes forestières (FNCofor) ne se risque pas non plus à donner des conseils de plantation. Il y aura des échecs, mais il faudra, selon lui, en passer par là pour trouver des solutions.

Concernant les dégâts de gibier, la situation est tout aussi préoccupante car ils empêchent la régénération naturelle des peuplements. Les forestiers ont besoin des chasseurs pour préserver le patrimoine forestier, insiste Jean-Pierre Renaud.

Les élus sont conscients de la gravité de la situation, comme en témoigne le député Philippe Meyer. La priorité est de récolter les bois, estime Patrick Bastian, conseiller régional, qui assure les communes forestières du soutien de la Région Grand Est. Celle-ci a voté des aides pour reconstituer les peuplements et moderniser les outils de transformation. Elle soutient également les essais de plantation de nouvelles essences plus adaptées au climat de demain. « Tous les acteurs doivent prendre conscience qu’il faut travailler ensemble pour trouver des solutions », souligne Patrick Bastian. Thierry Carbiener et Christine Moritz, conseillers départementaux du Bas-Rhin, vont dans le même sens.

Il faut travailler au niveau de la région Grand Est, estime pour sa part Jean-Pierre Michel, vice-président de la FNCofor, qui fait part de la création en cours d’un comité des communes forestières du Grand Est. Véronique Klein signale quant à elle que la Chambre d’agriculture Alsace, dont elle est vice-présidente, s’est dotée d’une commission Forêt depuis le début de cette mandature. Elle travaille en bonne intelligence avec les communes forestières sur la restructuration du foncier forestier et se tient aux côtés de la filière bois-forêt pour envisager l’avenir.

 

Revoir la vidéo sur la visite-conseil de la Chambre d'agriculture Alsace pour redécouvrir sa forêt :

 

 

Revoir aussi la vidéo sur la séchresse subie par la forêt alsacienne, depuis cinq ans :

 

 

SARL Roeckel à Avenheim

Un poulailler en avance sur son temps

Élevage

Publié le 10/10/2020

Le 25 septembre, Hervé Roeckel, gérant de la SARL Roeckel, a accueilli 39 900 poules pondeuses dans un nouveau bâtiment inauguré une semaine plus tôt. Un poulailler entièrement neuf et conçu pour un élevage des poules en liberté. Jusqu’ici, la famille Roeckel élevait des poules en cage. Cet investissement lui permet de prendre pied sur un nouveau marché, porteur, celui des œufs en plein air.

La construction de ce nouveau poulailler a nécessité une révision du plan local d’urbanisme et l’acquisition de foncier supplémentaire auprès d’autres exploitants agricoles et de la fondation Saint-Thomas. Hervé Roeckel s’est entouré de nombreux professionnels pour mener à bien son projet : le cabinet Performa et la Chambre d’agriculture Alsace sont intervenus pour le montage du dossier ICPE (installations classées) et pour celui du Plan bâtiments, la Région Grand Est a accordé des subventions, le Crédit Agricole a financé le projet, l’architecte Joël Felten a instruit le permis de construire tandis que les entreprises Herrmann TP (terrassement), Léon (maçonnerie) et Serupa, partenaire historique de la famille Roeckel depuis 1992, réalisaient les travaux.

En avance sur les objectifs

Cette inauguration illustre le dynamisme d’une filière en pleine mutation, a souligné Hervé Roeckel, qui est aussi président de la Sica (société d’intérêts collectifs agricoles) Les producteurs alsaciens et lorrains - il a succédé à Alfred Zacher en décembre dernier. Une filière qui, depuis la mise en service d’un nouveau centre de conditionnement d’œufs situé à Bernolsheim*, ouvre un bâtiment d’œufs plein air et un bâtiment d’œufs bio par an. La transformation des bâtiments de poules en cage en élevage au sol y progresse au même rythme. La filière alsacienne est donc en avance de deux ans sur les objectifs nationaux du CNPO (Comité national pour la promotion de l’œuf), qui est d’atteindre 50 % de la production en mode alternatif (élevage plein air, bio ou en volière) en 2022.

Le but est de répondre à la demande et de prendre en compte les attentes des consommateurs, qui réclament davantage de bien-être animal. Les intrusions dans les élevages industriels, qu’Hervé Roeckel juge « condamnables », sont le signe de ces nouvelles attentes, auxquelles les producteurs doivent s’adapter.

Le standard de demain

Le nouveau poulailler est « un bâtiment toutes options », dont certains équipements ne sont pas encore exigés par la réglementation française, comme le jardin d’hiver, sorte de sas couvert entre le poulailler et l’extérieur, qui permet aux poules de profiter de la lumière du jour sans s’exposer à la pluie ou au vent. Des fenêtres latérales, à raison de 3 % de la surface au sol, sont également aménagées dans le bardage séparant la partie élevage du jardin d’hiver, pour amener une clarté naturelle à l’intérieur du bâtiment. « Je suis persuadé que ce sera le standard de demain, confie le gérant de la SARL Roeckel. Dans quatre ou cinq ans, tous les bâtiments seront comme cela. » L’éleveur a également fait le choix de segmenter l’intérieur du poulailler en compartiments, pour répartir les volatiles en lots de 6 000 poules et limiter ainsi les risques d’étouffement.

Le bâtiment est équipé de quatre lignes de volières sur deux étages. Les poules peuvent circuler d’une volière à l’autre et à partir de la 28e semaine, elles ont accès à un parc extérieur de 10 h du matin à la tombée de la nuit : le parc aménagé autour du bâtiment fait 16 ha, soit 4 m2/poule, conformément à la réglementation sur les œufs plein air. La ventilation est 100 % dynamique, ce qui représente un coût par rapport à une ventilation naturelle, mais un coût maîtrisé puisque la ferme Roeckel dispose d’une centrale photovoltaïque en autoconsommation.

Cette centrale alimente également le séchoir à fientes, de marque Dorset. « Cela fait plus de dix ans que nous sommes passés des fientes traditionnelles aux fientes sèches dans tous nos poulaillers », explique Hervé Roeckel. Celles-ci renferment 85 % de matière sèche ce qui « atténue toutes les nuisances sauf les poussières ». Les fientes étant sèches, l’élevage est dispensé d’un plan d’épandage et les fientes sont commercialisées sous forme d’engrais organique répondant à la norme NFU 42001.

Des automatismes pour simplifier le travail

Une attention particulière a été portée à la sécurité, la famille Roeckel ayant perdu un poulailler en 2008 dans un incendie dû à un problème électrique. Le nouveau bâtiment fait donc une large place aux matériaux coupe-feu et toutes les armoires électriques sont centralisées dans deux locaux coupe-feu en maçonnerie. De par sa conception, il est particulièrement fonctionnel et facile à nettoyer. « Tout ce qui est électrique, toutes les amenées d’eau sont enterrées », indique Pierre Cossard, chargé d’affaires élevage chez Serupa, qui y voit aussi un gage de longévité. La ventilation et l’éclairage sont programmables et en cas de problème, l’éleveur est averti sur son téléphone portable. Il peut même changer les réglages depuis son smartphone grâce à une application dédiée.

De nombreux automatismes simplifient le travail : le ramassage des fientes est automatique, de même que l’abreuvement et l’alimentation. Celle-ci est distribuée par une chaîne plate. Les œufs sont convoyés par des tapis depuis les nids jusqu’à la salle de conditionnement située à une extrémité du poulailler, où une machine les conditionne en alvéoles. Celles-ci sont empilées par plateaux de six, qu’un robot place sur des palettes sans risque de casse. La présence d’une seule personne est nécessaire sur la chaîne de conditionnement, l’essentiel du processus étant automatique.

Le système de ramassage des œufs est conçu de sorte à minimiser les pertes. « En pic de ponte, on arrive à 96, à 97 % d’œufs vendus pour 100 poules, c’est extraordinaire », relève Pierre Cossard.

 

*Revoir la vidéo sur le nouveau centre de conditionnement d’œufs situé à Bernolsheim :

 

Grand Est

Préparer le tourisme de demain

Pratique

Publié le 05/10/2020

Une saison contrastée : c’est ainsi que Marie-Reine Fischer, présidente de l’Agence régionale du tourisme Grand Est, qualifie la saison touristique estivale. Lors d’un point presse, organisé le 22 septembre à Strasbourg, elle a donné les grandes tendances de l’activité touristique durant les mois écoulés. Des tendances finalement « plus favorables » que celles auxquelles s’attendaient les instances du tourisme régional au sortir du confinement ce printemps. « L’absence significative du tourisme de groupe a été compensée par le tourisme individuel et familial », constate notamment l’ART qui y voit notamment le résultat des efforts d’adaptation faits par les professionnels.

Cet été, le Grand Est a accueilli majoritairement une clientèle française, les touristes étrangers ne représentant que 30 % de la clientèle. De nombreux habitants du Grand Est ont passé leurs vacances dans leur propre région, redécouvrant ainsi leur territoire à la faveur des restrictions de déplacements liés à la crise sanitaire. Le reste de la clientèle hexagonale (25 %) était constitué de vacanciers d’Ile-de-France, des Hauts-de-France et de Bourgogne-Franche-Comté. Les Belges et les Hollandais n’ont pas boudé le Grand Est, contrairement à la clientèle allemande, beaucoup moins présente qu’à l’ordinaire. Quant aux Suisses et aux Italiens, ils étaient tout de même là cet été, souligne Marie-Reine Fischer.

La nature, un franc succès

Autre tendance observée : « la nature a remporté un franc succès » cette année. Parcs animaliers, parcs naturels, lacs et stations de montagne ont vu leur fréquentation augmenter de 30 %. Les hôteliers de campagne ont bien rempli leurs établissements, particulièrement les 4 et 5 étoiles qui affichaient cet été des taux d’occupation compris entre 70 et 90 %. Le tourisme urbain est bien plus à la peine, constate la présidente de l’Agence régionale du tourisme Grand Est. Certains hôtels de ville ont fait le choix de rester fermés. Ceux qui sont restés ouverts ont connu une baisse de la fréquentation de l’ordre de 40 %. Musées et sites touristiques ont continué d’attirer des visiteurs, mais leur capacité d’accueil a été réduite pour cause de distanciation sociale.

L’enquête de conjoncture menée par l’ART Grand Est fait aussi ressortir des différences entre anciennes régions. Champagne-Ardenne et la Meuse, qui étaient plutôt des destinations de passage, sont devenues cet été des destinations à part entière, où les vacanciers ont effectué des séjours plus prolongés qu’à l’ordinaire. La clientèle de proximité a permis de sauver la saison, constate l’ART. Le massif vosgien, lui, a carrément fait carton plein avec un taux de fréquentation en hausse de 12 %, des gîtes occupés à 97 % en août et des réservations record sur la plate-forme AirBnB. Le besoin de dépaysement et de pleine nature a donné un coup de fouet aux activités d’extérieur.

Le bilan est plus mitigé pour les grandes agglomérations lorraines et pour l’Alsace, avec 50 % de la clientèle habituelle. « Le taux d’occupation des hôtels ouverts de l’Eurométropole est estimé à moins de 50 % pour l’été 2020 contre 80 % en 2019 », constate l’ART. La restauration ne réussit que partiellement à compenser l’absence des touristes étrangers, même en étendant les terrasses à l’extérieur. Et les principaux sites touristiques alsaciens sont bien loin d’avoir fait le plein cet été. « La Cathédrale de Strasbourg a vu son nombre de visiteurs divisé par 2, Batorama accuse - 61 % de passagers et les musées enregistrent une baisse de fréquentation de 56 % », note l’ART Grand Est. D’une manière générale, les professionnels du tourisme s’inquiètent pour l’arrière-saison, notamment en raison de la recrudescence de la Covid-19 et de l’absence des groupes qui perdure. Les craintes semblent fondées puisque 43 % des réservations de septembre dans les hôtels et 62 % des réservations de groupe dans la restauration ont été annulées.

Des soutiens et du « smart tourisme »

Dans ce contexte, la Région Grand Est et l’ART ont mis en place un programme de soutien aux entreprises du secteur. L’objectif est de leur offrir un point d’entrée unique pour les conseiller et les accompagner. 60 entreprises ont bénéficié d’un accompagnement personnalisé via ce dispositif. Ce soutien aux entreprises s’accompagne du déploiement d’un plan de communication pour renforcer l’attractivité touristique de la Région Grand Est. Mais dans ce contexte où le tourisme individuel a pris le pas sur le tourisme de masse, l’ART s’attache également à revoir ses orientations stratégiques en misant sur le « smart tourisme ».

Il s’agit d’assurer la montée en gamme de l’offre touristique, de proposer un tourisme responsable, durable, en tirant profit des outils digitaux. Enrichir l’offre touristique, la personnaliser davantage pour toucher « un public qui bouge beaucoup », le fidéliser pour qu’il revienne sont quelques-uns des axes qui seront développés grâce à un pilotage basé sur les données, précise Olivier Midière, nouvellement nommé directeur général de l’ART Grand Est. Il faudra pour cela déployer des infrastructures intelligentes et connectées dans le domaine des transports, de l’hébergement et des loisirs.

Puisque le tourisme international est « à plat », résume Jean Rottner, président de la Région Grand Est, il s’agit de « partir à la conquête d’une nouvelle clientèle qui s’inscrira dans la durée ». Une clientèle française, dont il regrette qu’elle ait les yeux plutôt tournés vers l’Ouest ou le Sud-Ouest que vers le Grand Est.

 

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Publiée par Alsace Destination Tourisme - Pro sur Vendredi 11 septembre 2020

Grandes cultures

Pulvérisation : des pistes pour traiter moins et mieux

Cultures

Publié le 01/10/2020

Le 15 septembre à Rumersheim-le-Haut (Haut-Rhin) et le lendemain à Geudertheim (Bas-Rhin), la Chambre d’agriculture Alsace (CAA) et Arvalis ont organisé deux après-midis consacrées à l’amélioration de la pulvérisation en grandes cultures. Au menu de ces deux demi-journées : les bonnes pratiques de pulvérisation. Un sujet d’autant plus important que dans certaines zones, comme les zones de captage Ermes, des objectifs ambitieux ont été fixés pour réduire les quantités d’herbicides utilisés dans les champs afin de limiter l’impact sur la nappe phréatique. La CAA accompagne les agriculteurs techniquement dans cette démarche, en veillant à ce que les solutions proposées soient adaptées au territoire concerné et préservent le revenu, a expliqué Fabien Metz, président de la commission Transition énergétique et protection des ressources de la CAA.

François Lannuzel a évoqué les stratégies de réduction des doses pour le désherbage du maïs. La réflexion est partie des groupes Dephy. En mettant en place un réseau d’expérimentation sur le sujet, la CAA a souhaité pouvoir donner des préconisations aux agriculteurs. Plusieurs leviers sont à activer en même temps si l’on veut espérer désherber efficacement avec des doses réduites : jouer sur la synergie entre les produits (plusieurs matières actives et plusieurs modes d’action) ; sur le positionnement des traitements par rapport au stade des mauvaises herbes (plus on intervient à un stade jeune, meilleure est l’efficacité) ; sur les conditions de traitement (hygrométrie de l’air, du sol et temps poussant).

 

 

Désherbage du maïs : l’intérêt des adjuvants

Quatre types d’associations de produits ont été testés, selon trois stratégies différentes, énumère François Lannuzel : avec des doses couramment utilisées, avec des doses beaucoup plus réduites et avec les mêmes doses réduites auxquels ont été ajoutés des adjuvants. Trois adjuvants ont été utilisés : une huile végétale pour augmenter la pénétration du produit, un mouillant pour augmenter la rétention en surface et l’étalement du produit sur la feuille, et un engrais foliaire pour maintenir à l’état liquide la gouttelette le plus longtemps possible.

Il apparaît qu’en cas de forte infestation de graminées, notamment par des sétaires, il est difficile de réduire les doses sans toucher à l’efficacité. « Si on compare pleine dose et demi-dose, on est en dessous du seuil d’acceptabilité, indique le conseiller. Avec les adjuvants, on gagne en moyenne un point d’efficacité mais on n’arrive pas à rester aussi efficace qu’à pleine dose. » Dans le cas d’une infestation avec peu de graminées, le désherbage à demi-dose est plus performant (au-dessus du seuil d’acceptabilité) mais le désherbage avec adjuvants reste un point au-dessus en termes d’efficacité.

La CAA a également observé les effets sur le rendement de ces différentes stratégies. Dans l’essai à forte pression de graminées, l’écart est de 3 q entre le traitement à pleine dose et le traitement à demi-dose sans adjuvants. Il se réduit à 1,8 q avec les adjuvants. Ces résultats restent à consolider dans le temps, précise François Lannuzel.

Réduire l’usage des produits phytosanitaires est plus simple quand on fait partie d’un groupe et qu’on peut échanger avec des collègues sur ses expériences. C’est la logique des groupes Dephy, a expliqué Grégory Lemercier, animateur d’un groupe comptant 13 exploitations dans le Bas-Rhin dont celle de Christian Schott. Agriculteur à Schirrhein dans le ried nord, ce dernier est spécialisé dans les productions végétales qu’il cultive pour partie sur des terres sableuses, pour partie sur des terres plus argileuses. Colza, blé et maïs constituaient son assolement jusqu’à ce qu’il perçoive les limites de ce système : revenant très souvent sur les mêmes parcelles avec les mêmes cultures, il commençait à rencontrer des problèmes de désherbage et de maladies.

Un levier de baisse des charges

C’est ce qui l’a poussé à introduire le soja dans son assolement, une culture présente il y a très longtemps sur l’exploitation mais abandonnée par la suite. Il a également introduit le pois, l’avoine et l’orge, et a ajouté la féverole dans ses rotations avec d’« énormes bénéfices agronomiques ». Cette culture ramène en effet 20 à 30 unités d’azote pour la culture suivante et se révèle intéressante à la fois pour la vie du sol et la biodiversité, constate l’agriculteur.

Christian Schott a commencé à réduire l’usage des phytosanitaires en 1991, à l’occasion de la réforme de la Pac. À l’époque, sa motivation était purement économique, le moindre recours aux produits phytosanitaires étant envisagé comme un possible levier de baisse des charges. « Je me suis formé à de nouvelles techniques de pulvérisation avec une baisse des volumes en eau, une baisse des phyto, un autre choix des plages de traitement et de dimension du pulvérisateur pour pouvoir travailler très vite dans les meilleures conditions. Quand je sors le pulvé, je suis pleinement efficace », dit-il. Cela a nécessité un investissement conséquent puisqu’il a fait l’acquisition d’un pulvérisateur de 4 000 l mais « quand on veut réduire les volumes et les doses, il faut être très bien équipé », juge l’agriculteur de Schirrhein, qui n’hésite pas à sortir son pulvé très tôt le matin ou très tard le soir pour traiter au bon moment. Il est équipé pour cela d’un éclairage de rampe. Son pulvérisateur dispose aussi d’un GPS avec coupure automatique de tronçon ce qui, compte tenu de son parcellaire, lui permet de « gagner 5 % de phyto voire plus ».

Sur blé, il estime ne pas encore être « au top » car il sort d’un système de rotation sur trois ans et traite encore « pas loin des doses conseillées », toujours avec des produits de post-levée. Il parvient à maîtriser les sétaires et les panics. « La rotation apporte un plus par rapport à la pression des graminées », juge-t-il. En matière d’adjuvant, il utilise du sulfate de magnésium « seulement si les conditions se dégradent ». Pour le maïs, il travaille la qualité de la pulvérisation et prend en compte les conditions météo. Il n’utilise plus d’insecticide contre le taupin depuis une dizaine d’années, n’a plus de problèmes de limaces dans ses champs - les carabes l’en débarrassent - et a changé son fusil d’épaule dans la lutte contre la pyrale. Il procède à des comptages et ne traite que si le seuil de nuisibilité est atteint. « La rotation aide beaucoup », souligne-t-il, s’agissant de la pyrale comme de la chrysomèle qui ne le dérange « pas du tout ».

« Je ne décroche pas »

La diversité des cultures, malgré tout, n’a pas que des avantages. Elle engendre plus de contraintes et une charge de travail accrue, souligne Christian Schott. Sur le plan économique, la baisse des volumes et des intrants ne s’est pas faite au détriment de la productivité ni du revenu. L’agriculteur a réussi à maintenir les deux jusqu’à présent. Il affiche une réduction de son IFT (indice de fréquence de traitement) de 33 % et assure « ne pas décrocher ».

Par ailleurs, Christian Schott utilise des mélanges de variétés : en colza, pour piéger les méligèthes, en blé pour éviter la verse. « Je ne fais plus de régulateur depuis 15 ans. » Il réalise trois apports d’azote systématiquement et s’apprête à passer sur des variétés de blé améliorant qui nécessiteront quatre apports. Il ne sèmera plus de blé derrière du maïs pour éviter les problèmes de fusariose et les mycotoxines. Prochaine évolution prévue : le désherbage mécanique, qu’il envisage de mettre en œuvre pour venir à bout des digitaires. L’objectif est de combiner l’usage des phytosanitaires avec les méthodes mécaniques pour arriver à équilibrer les deux « de manière contrôlée et sécurisée ».

Où vont les produits phytosanitaires quand ils ne se déposent pas sur les plantes ? Certains se retrouvent dans l’air. Et cela ne va pas sans provoquer quelques polémiques. Il n’existe pourtant aucune norme sur les concentrations en pesticides dans l’air, remarque Alfred Klinghammer, conseiller à la Chambre d’agriculture Grand Est (Crage). Sur les 15 m3 d’air qu’un être humain respire quotidiennement, 80 % proviennent de l’air intérieur, qui est plus pollué que l’air extérieur, souligne encore Alfred Klinghammer.

Quand les phytos dérivent

En Alsace, les premières analyses de phytosanitaires dans l’air remontent à 2013. Dans le reste du territoire, elles existent de manière harmonisée depuis 2018. Le transfert des phytosanitaires dans l’air est quasi-instantané, contrairement à l’eau où il est beaucoup plus lent. Ils apparaissent par dérive lors des traitements, par volatilisation après application, voire par érosion aérienne, ce dernier cas étant peu fréquent sous nos latitudes. Mais les phytosanitaires disparaissent aussi très vite.

En 2016, un projet, baptisé Repp’Air, a été lancé dans le but de « comprendre le lien entre ce qu’on retrouve dans l’air et les pratiques agricoles ». Sept sites de mesure ont été retenus en France, dont un situé à Ohnenheim, près de Marckolsheim, dans le Bas-Rhin. Des capteurs ont été installés en sortie de village et les agriculteurs ont été interrogés sur leurs pratiques. Sur chaque site, entre 60 et 100 molécules ont été analysées, alors que le nombre des molécules utilisées était compris entre 40 et 80 pour une dizaine de matières actives différentes. Premier constat : « Tout ce qui est utilisé n’a pas été retrouvé », indique Alfred Klinghammer.

Grâce aux analyses réalisées, quatre cas de figure ont pu être mis en évidence : certains des produits utilisés n’ont jamais été retrouvés ; d’autres ont été retrouvés une seule fois, ce qui pourrait s’expliquer par de mauvaises conditions d’application (trop de vent). Le troisième cas de figure est celui des produits utilisés et retrouvés jusqu’à 10 semaines après traitement. Il correspond aux pertes par volatilisation, qui concernent une douzaine de molécules, dont deux ont été retirées du marché très récemment. Enfin, des molécules n’ayant pas été utilisées dans les zones d’analyse y ont malgré tout été retrouvées. Elles proviennent de produits volatils venant parfois de loin.

La problématique de la dispersion des produits phytosanitaires dans l’air est donc complexe. S’agissant des grandes cultures, la dérive peut être limitée par l’utilisation de matériel de pulvérisation adéquat et de certains adjuvants. La volatilisation, en revanche, semble plus difficile à contrôler. Interdire le produit pour supprimer ce phénomène n’est pas la bonne solution, aux yeux du conseiller de la Crage.

ZNT : distances à respecter

Pour éviter d’exposer les riverains aux produits phytosanitaires, des zones de non-traitement (ZNT) ont été instituées par l’arrêté du 27 décembre 2019. Une distance de 20 m incompressible a été instaurée pour les produits les plus dangereux, essentiellement les insecticides utilisés en colza et en arboriculture, a rappelé Blandine Fritsch. La distance est de 10 m par rapport aux habitations pour les autres produits utilisés en arboriculture et en viticulture et de 5 m pour les cultures basses. Les produits de biocontrôle ne sont pas concernés par cet arrêté. La distance peut être réduite à 3 m pour les cultures basses s’il existe une charte départementale encadrant les pratiques et si l’agriculteur utilise des dispositifs anti-dérive. La conseillère de la CAA rappelle que FranceAgriMer subventionne l’acquisition d’équipements de ce type. Les dossiers sont à déposer avant le 31 décembre. Les chartes départementales, quant à elles, ont été soumises à consultation publique jusqu’à début septembre puis transmises à la préfecture. La charte finale devrait être applicable d’ici la fin de l’année.

Ressources fourragères

Sursemis de prairies : ce qu’il faut savoir avant de se lancer

Technique

Publié le 30/09/2020

De nombreuses prairies ont souffert de trois étés secs successifs. D’où l’inquiétude d’une partie des éleveurs alsaciens, contraints d’attaquer de plus en plus tôt des stocks de fourrage de plus en plus réduits. Face à cette problématique, la Chambre d’agriculture Alsace (CAA) a organisé deux demi-journées consacrées au sursemis. Prévues courant mars, elles ont finalement eu lieu les 14 et 15 septembre, au Gaec des Hussards à Singrist pour le Bas-Rhin et au Gaec du Hohneck à Stosswihr pour le Haut-Rhin. À Singrist comme à Stosswihr, de nombreux agriculteurs se sont déplacés, confirmant l’intérêt pour cette technique de rénovation sans destruction de la végétation en place.

Avant de se lancer dans le sursemis, il faut dresser un diagnostic de sa prairie, a d’abord expliqué Laurent Fritzinger, conseiller spécialisé en fourrage à la CAA : voir si elle comporte des trous, des espèces indésirables, de la mousse. Si la situation n’est pas trop grave, une première réponse consiste à jouer sur la fertilisation. « En apportant de l’engrais sur une prairie peu fertilisée au départ, on donne du pep’s aux bonnes graminées présentes, explique le conseiller. Mais cela ne suffit pas toujours. » Si la parcelle comporte des espèces indésirables, l’utilisation de désherbant peut être envisagée. Mais elle a des contraintes, notamment en termes de délai avant récolte, avant remise en pâture ou ressemis. Pas question, par exemple, de ressemer du trèfle avant plusieurs mois si l’on a traité avec des hormones.

Dans les cas extrêmes - lorsque la prairie est complètement dégarnie et comporte beaucoup d’espèces indésirables - le sursemis constitue un bon moyen de remettre sa parcelle en état. « Si on n’a pas des trous de la taille d’une assiette par m2, on a peu de chance de succès », prévient tout de même Laurent Fritzinger. Il faut alors soit désherber soit passer à la herse étrille pour faire de la place aux graines et leur permettre de lever dans un environnement qui ne soit pas trop concurrentiel.

 

?‍???‍? [JOURNÉE TECHNIQUE] Suite aux trois étés caniculaires, les prairies ont fortement souffert. Face à ce constat,...

Publiée par Chambre d'agriculture Alsace sur Mardi 1 septembre 2020

 

En sortie d’hiver ou à la fin de l’été

Deux périodes sont recommandées pour pratiquer un sursemis. La première est la sortie d’hiver-début du printemps lorsque la végétation en place commence à pousser et qu’il y a un peu d’humidité dans le sol. À ce moment-là, le seul risque est la sécheresse : c’est ce qui s’est produit cette année. La deuxième période possible est la fin de l’été et jusqu’au 15-20 septembre. Si l’on privilégie cette deuxième période, « plus tôt c’est levé, mieux ça repart au printemps », indique Laurent Fritzinger. Dans cette optique, pour que les espèces semées supportent un gel hivernal, il faudrait qu’elles atteignent le stade 3 feuilles pour les graminées et le stade 3 feuilles trifoliées pour les légumineuses.

Une fois la période déterminée se pose la question du choix des espèces à semer (cf. tableaux). Le conseiller de la CAA recommande de choisir un mélange de quelques graminées et d’une ou plusieurs légumineuses, adaptées au sol et à la destination (fauche ou pâture). « Il faut des choses qui s’implantent vite pour éviter la concurrence : des espèces agressives comme du ray-grass, que ce soit du ray-grass italien, du ray-grass hybride ou du ray-grass anglais. » Attention aux espèces qui n’aiment pas les terrains séchants et à celles qui présentent une pérennité insuffisante. « Semer quelque chose qui tient trois quatre ans maximum, ce n’est pas ce qu’on recherche pour une prairie naturelle. » Le dactyle aime les sols séchants et tient entre cinq et huit ans, mais il met du temps à lever. La fétuque élevée est la graminée la plus pérenne, elle est plus adaptée à la fauche qu’au pâturage mais les semenciers ont fait des efforts pour proposer des fétuques à feuilles plus souples, qui conviennent pour le pâturage. La fétuque des prés a une très bonne valeur alimentaire, mais elle est plutôt adaptée aux fonds de vallée qu’aux sols séchants. La fléole, quant à elle, convient bien aux terrains frais et en altitude.

Dans la famille des légumineuses, même si les trèfles n’ont pas une durée de vie très longue - deux trois ans pour les trèfles incarnat ou violet, un peu plus pour le trèfle blanc - « ils ramèneront toujours quelque chose dans un mélange », assure le conseiller de la CAA, citant à la fois les bénéfices pour la qualité du fourrage et la fourniture d’azote. La luzerne, quant à elle, est plus délicate que le trèfle car elle met du temps à s’installer et risque donc d’être étouffée par les espèces en place.

Semis à pleine dose

Le semis se fait à pleine dose, exactement comme sur un sol nu, soit entre 25 et 30 kg/ha, « car on a beaucoup plus de pertes à la levée ». Il se fait sur une végétation rase. « On peut travailler la prairie avec une herse étrille pour gratter d’abord, puis on sème avec un semoir à disque ou à la volée et on rappuie une ou deux fois au rouleau pour mettre la graine en contact avec la terre », indique Laurent Frintzinger. On peut aussi remettre les vaches sur la parcelle pendant deux à trois semaines après le sursemis pour favoriser le piétinement et les ressortir quand les graines commencent à germer. « Dans tous les cas, on ne fertilise pas, insiste le conseiller. Car on boosterait la végétation en place et on augmenterait la concurrence. » Autre conseil : récolter tôt, pour remettre de la lumière dans le couvert le plus tôt possible.

 

 

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