Frédérique Zeidler, accompagnatrice en montagne
« La marche n’apporte que des bienfaits »
Frédérique Zeidler, accompagnatrice en montagne
Pratique
Publié le 25/07/2021
Elle a grandi près de Strasbourg, mais c’est dans le massif des Vosges que Frédérique Zeidler s’est établi : « Je suis à un quart d’heure des pistes de ski de Gérardmer. De chez moi, je peux partir en raquette, en VTT ou à pied, selon la saison. On peut tout faire dans les Vosges. » Accompagnatrice en montagne, elle parcourt le massif depuis plus de dix ans avec des adultes de tous âges et de toute condition physique, des enfants, des groupes. Pendant quelques heures ou quelques jours, elle les emmène marcher. À la découverte des paysages vosgiens, de la faune et de la flore, ou pour le plaisir de s’aérer, tout simplement. « Il n’y a pas de contre-indication à la marche, s’amuse Frédérique. Au contraire, elle n’apporte que des bienfaits. Et à moins d’être privé de ses jambes, tout le monde peut marcher. »
Après sept années passées à travailler pour des organisations agricoles, dont le Groupement de défense sanitaire des Vosges, la jeune ingénieure agricole décide de prendre un autre chemin : elle pratique déjà la randonnée et possède un brevet d’accompagnatrice en montagne, préparé sur son temps libre dans l’idée d’en faire un jour une activité à temps partiel. Une rupture conventionnelle et les quelques mois de flottement qui suivent l’amènent à tenter l’aventure à temps plein.
Pour des publics divers
Au départ, Frédérique intervient en renfort de collègues accompagnateurs en montagne pour encadrer des scolaires ou des groupes, aussi bien dans les Vosges que dans d’autres massifs montagneux, voire à l’étranger. Mais elle décide bien vite de développer sa propre clientèle. « J’ai créé mon site internet. Je me suis laissé deux à trois ans et c’est comme ça que j’ai fait mon petit bonhomme de chemin. » Elle se rapproche des offices de tourisme et des propriétaires de gîtes vosgiens, ce qui lui permet, progressivement, de recentrer son activité sur son massif d’adoption.
« Actuellement, je travaille beaucoup à la journée ou à la demi-journée, mais d’une année sur l’autre, les demandes changent. Je peux accompagner des familles avec de jeunes enfants comme des personnes très âgées qui ont du mal à marcher et qui souhaitent juste faire une sortie d’une heure ou deux. » Frédérique accompagne également des classes dans leurs sorties de fin d’année, des centres de vacances, des comités d’entreprises, voire - hors période Covid - des participants à des séminaires, les Vosges offrant toutes les commodités pour ce type de rencontres.
Sorties chamois et bains de forêt
Cette diversité des publics lui permet d’exercer son activité toute l’année : à pied en été, en raquettes en hiver. « Le fil conducteur, c’est la randonnée. Ensuite, je développe des thématiques différentes selon les personnes que j’accompagne. Pour les scolaires, je propose des sorties sur le cycle de l’eau, sur les tourbières… Pour les vacanciers, je prévois des choses un peu plus ludiques, comme des chasses au trésor, des sorties chamois, sur les cascades ou sur les plantes aromatiques et médicinales. » Frédérique propose aussi des « bains de forêt », sortes de déambulations sous les cimes assorties d’ateliers permettant d’exercer ses cinq sens. Elle s’est formée spécialement à cette activité ce qui lui vaut d’être labellisée « Forêt l’effet Vosges », un label du Conseil départemental des Vosges.
Sa parfaite connaissance du territoire, versant vosgien et alsacien, est appréciée : elle la peaufine lors de multiples repérages et sorties effectués tout au long de l’année. Mais pour satisfaire la curiosité de son public, il lui faut pouvoir parler aussi bien du patrimoine local que de la gastronomie ou de la route des Crêtes pendant la Grande guerre. Autant de sujets qui nécessitent « beaucoup d’apprentissage personnel. »
« Certains de mes collègues font des randonnées plus sportives, des trails. Moi, je suis assez polyvalente. Quand j’accompagne un groupe (pas plus de 15 personnes en général), je m’adapte au plus faible. » En hiver, quand les pancartes du Club vosgien disparaissent sous la neige ou que les itinéraires sont noyés dans le brouillard, elle veille particulièrement à la sécurité des personnes qu’elle accompagne. Encore plus s’il s’agit d’une sortie nocturne. « C’est une vraie valeur ajoutée que nous apportons, nous, les accompagnateurs en montagne. En hiver, la vigilance est de mise. Il faut avoir deux cerveaux pour rester concentré à la fois sur l’itinéraire et sur les clients », dit celle qui ne sort jamais sans un équipement minimum composé d’une carte, d’une boussole, d’un altimètre et de plus en plus d’un GPS. Car en montagne, les aléas météo peuvent obliger à tout moment à changer d’itinéraire.
Rendre la montagne accessible à tous
L’accompagnatrice a à cœur de rendre la montagne accessible à tous. Y compris aux personnes handicapées moteur, qu’elle emmène en sortie en joëlette, fauteuil spécialement conçu pour la randonnée, ou en snoëlette, l’équivalent monté sur des skis. Ces sorties nécessitent un repérage préalable et la présence d’au minimum deux personnes par fauteuil, voire trois pour tracter, équilibrer et freiner l’attelage. Frédérique dispose aussi d’une pulka, petit traîneau permettant de tracter des enfants, valides ou handicapés, lors des sorties hivernales. Elle participe régulièrement à l’encadrement de séjours organisés par l’association Handi Cap Évasion : comme en juin, où elle a pris part, pendant une semaine, à une traversée de la réserve naturelle des hauts plateaux du Vercors avec quatre joëlettes. Loin des Vosges mais toujours avec la même philosophie : que le groupe prenne du plaisir.












