Philippe Bernhard, nouveau président d’Alsace Lait
Vie professionnelle
Publié le 21/05/2024
Vous venez d’être élu à la présidence d’Alsace Lait. Pouvez-vous vous présenter ?
Philippe Bernhard (PB) : Je suis éleveur laitier à Woerth, dans un Gaec avec mon frère, aidé par un salarié et mes parents retraités. Nous produisons environ 1 million de litres de lait. Je suis membre du conseil d’administration d’Alsace Lait depuis 2017 et vice-président depuis 2020 et donc président depuis peu. Mon parcours est un peu atypique car je me suis installé assez tardivement, en 2011, à 32 ans. Après mon diplôme d’ingénieur en agroalimentaire, j’ai fait mes armes pendant 8 ans dans l’entreprise Nespresso en tant que responsable qualité de l’usine de production de capsules. C’est dans cet environnement stimulant que j’ai compris l’importance d’une filière qui va du consommateur aux producteurs de matières premières, le café en occurrence. Sur un plan plus personnel, je suis en couple et l’heureux père de deux garçons de 10 et 12 ans.
Vous prenez les rênes d’une coopérative en bonne santé, mais qui a connu des passes plus difficiles. Quels sont les principaux défis à relever, quelle direction voulez-vous donner à cette entreprise ?
PB : J’étais complètement impliqué dans l’élaboration de la stratégie actuelle en tant que vice-président. Il n’y a donc aucune raison de tout chambouler à l’heure actuelle. Des adaptations seront à faire dans les mois à venir mais la direction donnée à l’entreprise est maintenue. Notre stratégie est claire et doit permettre d’aligner les demandes des consommateurs et les intérêts des producteurs coopérateurs. C’est un équilibre indispensable dans une filière complète et c’est ce qui fait l’essence même d’Alsace Lait. Notre coopérative doit être fière de la qualité des produits qu’elle propose. Nous sommes reconnus sur plusieurs segments tels que le fromage blanc, les crèmes et beurre. La fidélité de nos consommateurs est un bien précieux dont nous devons prendre soin au quotidien. Ils rachèteront nos produits s’ils ont trouvé du plaisir à les consommer. C’est la base de nos métiers, que nous avons tendance à oublier avec l’avalanche d’injonctions et de demandes périphériques. Notre premier objectif est donc de développer la marque Alsace Lait sur la gamme existante ainsi qu’en l’élargissant. Nos prochains lancements, prévus en automne, seront destinés aux plus jeunes avec une gamme assez large de produits pour les enfants. Cela permettra également d’attirer de nouveaux consommateurs. D’autre part nous nous devons d’améliorer encore notre compétitivité. En améliorant l’efficacité de nos opérations à tous les niveaux, notamment grâce à des investissements cohérents avec la stratégie, ainsi qu’en augmentant, dans une certaine mesure, les volumes transformés. Nous pouvons également compter sur nos filiales Savoie Yaourt et Maison Riviera, tant sur plan d’échanges de savoir-faire que sur la consolidation financière du groupe. Nous avons récemment fixé les objectifs à moyen et long termes pour ces deux entités et nous avons là aussi défini des stratégies ambitieuses, basées sur les thèmes de la gourmandise, la qualité, la proximité et la santé. Sur le plan amont, le principal défi, c’est le revenu de nos éleveurs, que nous souhaitons préserver. Mais d’autres défis se situent dans le renouvellement des générations d’éleveurs, nos engagements RSE, tels que le bien-être animal, et la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).












