Région Grand Est
L’agriculture en force
Région Grand Est
Vie professionnelle
Publié le 16/11/2017
Un jeu de chaises musicales géant à la Région. Le 20 octobre, Jean Rottner est élu à la tête du Grand Est. L’ex-maire de Mulhouse crée alors une vice-présidence à l’agroalimentaire et à la bioéconomie qu’il confie à Philippe Mangin, en charge de l’agriculture jusque-là. Pascale Gaillot, alors cheffe de la commission agricole, profite de cet appel d’air et prend les rennes de la vice-présidence à l’agriculture et à la ruralité. Enfin, Patrick Bastian lui succède aux manettes de la commission agricole.
Ouf ! Plus qu’un simple changement d’organigramme, cette nouvelle donne confère un poids plus important aux agriculteurs, selon les élus. Avec déjà de premières victoires. Patrick Bastian a ainsi annoncé une hausse du budget de l’agriculture pour 2018. La somme allouée devrait ainsi passer de 19 à 21 millions d’euros (M€). « Il faut ajouter à cela les aides européennes qui augmentent de manière proportionnelle, confie-t-il en marge d’une réunion à Strasbourg. Au final, on dépassera les 40 M€ pour l’année prochaine. » Si cette annonce doit encore être confirmée par un vote en séance plénière le 21 décembre, elle constitue déjà un tour de force pour celui qui a pris ses fonctions en pleines négociations sur le budget.
Haro sur les minimis
Et ce n’est pas tout ! L’aide régionale à l’installation du centre de conditionnement d’œufs Bureland, à Brumath, est sur le point de se concrétiser. Un dossier qui tient à cœur à l’élu alsacien. Des contacts ont été pris l’an dernier, mais un obstacle administratif a empêché le déblocage des finances. « On a trouvé une solution en avril et la subvention devrait être soumise au vote de l’assemblée en décembre », annonce le conseiller régional.
Enfin, l’éleveur de Zehnacker compte accélérer l’arrivée des fonds de soutien aux vergers endommagés par le gel de printemps. « Le plan de calamité sera reconnu début décembre, à ce moment-là nous pourrons faire les dossiers et débloquer l’argent au plus vite. » Mais quand ? Pas avant 2018. Le responsable regrette ces délais de traitement et, pour les raccourcir, il propose de faire sauter la règle des minimis. Il s’agit d’une règle européenne qui plafonne les avances de trésorerie à 15 000 € par exploitation, en l’absence de plan calamité. En passant outre cette règle, la Région pourrait ainsi dédommager les agriculteurs avant d’être remboursée par l’État, plus lent dans la gestion des crises.
Un trio complémentaire
Mais le nouveau patron de la commission agricole tient à rendre à César ce qui appartient à César. Selon lui, ces avancées sont le fruit d’un travail d’équipe. « Le trio que nous formions avec Pascale Gaillot et Philippe Mangin a bien fonctionné et continuera », assure-t-il. Voire se renforcera, à en croire la nouvelle vice-présidente. « On est tous les trois issus du milieu agricole, ça crée une certaine proximité, note cette Ardennaise. Ce sont des appels quotidiens, des réunions très régulières. » Une complémentarité qui va jusqu’à la géographie puisque les trois élus représentent les anciennes régions du Grand Est.
Une répartition sur le territoire que le triumvirat compte bien utiliser. Les conseillers vont bientôt sillonner les départements et sonder les OPA. « Nous expliquerons l’action de la Région et collecterons les attentes des organisations professionnelles », décrit ainsi Pascale Gaillot. Une enquête satisfaction géante en somme.
L’investissement, clé de voûte du budget
Pour l’avenir, le trinôme veut investir en masse. Recherche, aides à la rénovation des vergers, soutien aux plans d’irrigation, les projets sont dans les tuyaux. Avec un mot-clé, les investissements partagés. La recherche agricole, secteur transversal s’il en est, sera financée à partir de différents budgets. Comme celui du commerce, de l’innovation ou pourquoi pas du rayonnement international. Et pour ça, Pascale Gaillot veille au grain. « En tant que vice-présidente, mon rôle est aussi de vérifier la cohérence de l’action des commissions vis-à-vis de l’agriculture. » Et de trouver des financements partout où c’est possible !












