Assemblée générale de la FDSEA du Bas-Rhin
Pour de meilleures relations commerciales
Assemblée générale de la FDSEA du Bas-Rhin
Vie professionnelle
Publié le 09/02/2018
Inverser la formation des prix. C’est le deuxième point de la charte signée le 14 novembre entre les syndicats agricoles et la grande distribution dans le cadre des États généraux de l’alimentation. Il invite les signataires à mieux tenir compte des coûts de production des agriculteurs dans l’établissement du prix de vente en rayon. Un principe qui doit assurer aux paysans un revenu décent. Finie la casse des prix ?
« Non. » Réponse sans appel d’Olivier De Bohan, vice-président de Coop de France, à la tribune de l’assemblée générale de la FDSEA du Bas-Rhin, lundi 5 février. Trois mois après la ratification de l’accord, tous les professionnels dressent un même constat. Les enseignes de grande distribution (GMS) ne jouent pas le jeu. « Certaines vont jusqu’à délocaliser les lieux de négociation pour échapper aux nouvelles règles », lâche exaspéré celui qui est aussi président de Cristal Union.
Pire. La GMS demanderait des baisses de 2 à 8 % sur de nombreux produits. Les négociations commerciales débutées en novembre sont si difficiles que Christiane Lambert a tapé du poing sur la table. Les agriculteurs ont beau brandir la charte d’engagement, « les distributeurs disent qu’ils s’assoient dessus », a déploré la présidente de la FNSEA lors de ses vœux à la presse, le 9 janvier.
Mettre fin à la guerre des prix bas
Mais comment obliger la GMS à respecter ses engagements ? À la tribune de Kurtzenhouse, Marie-Thérèse Bonneau demande un cadre légal contraignant. « Il faut des règles et des pénalités pour ceux qui ne les respectent pas », défend la vice-présidente de la Fédération nationale des producteurs de lait. Légiférer donc.
Stéphane Travert, le ministre de l'Agriculture, a présenté son projet de loi au Conseil des ministres du 31 janvier. Le texte devrait relever le seuil de revente à perte de 10 %. Soit le prix d’achat du produit plus les coûts logistiques. Il devrait aussi limiter les promotions à 34 % de la valeur d’origine du produit, et 25 % du volume annuel. Des mesures destinées à mettre fin à la guerre des prix bas que se livrent les géants de la distribution et dont les agriculteurs font les frais.
Un problème européen
Pourtant, la GMS ne porte qu’une partie des responsabilités, selon Michel Dantin, eurodéputé spécialiste des questions agricoles. « Mes équipes ont détecté plus de 41 modes de concurrence déloyale en Europe », explique-t-il devant les adhérents du syndicat bas-rhinois. Pour l’élu, il s’agit là d’un problème européen. Et les États généraux de l’alimentation n’ont apporté qu’une partie de la solution, car trop centrés sur la France.
Il se tourne aussi vers l’Europe pour trouver des solutions. Il a par exemple salué l’accord européen sur le règlement Omnibus. Le texte modifie certaines doctrines financières, notamment en matière agricole. Ainsi, il augmente la flexibilité de répartition de la valeur par rapport aux contrats commerciaux signés en début d’année. En d’autres termes, les bonnes années, les agriculteurs pourront demander à recevoir une partie des marges supplémentaires dégagées par la distribution.
De plus, depuis le 1er janvier, les organisations de producteurs sont considérées comme un outil économique. Elles peuvent intervenir sur tous les aspects d’une relation commerciale. Tarifs, planification, condition de livraison… Les agriculteurs sont invités à se rassembler pour peser plus lourd dans la balance.
Pour Marie-Thérèse Bonneau, les paysans font surtout face à un problème de fond. Les acheteurs, industriels comme particuliers, ne respectent pas la valeur de leur travail. « Il reste un mois de négociations commerciales, à nous de mettre la pression pour faire reconnaître notre travail. »












