Alsace crus et terroirs, DiVINes, Vignerons bios
Trois « off » de Millésimes Alsace, et deux réussites
Alsace crus et terroirs, DiVINes, Vignerons bios
Vigne
Publié le 18/06/2016
« Une invitation comme ça, ça ne se refuse pas. On vient vous chercher devant chez vous », explique Patrick Bottcher, blogueur belge bien connu, fondateur du salon Vini Ribelli, le salon des « vins rebelles » à Bruxelles à l’orientation très « nature ». Pour la troisième édition de Millésimes Alsace, l’interprofession alsacienne a fait le maximum pour faire venir à Colmar tout ce que la planète du vin compte de journalistes, blogueurs et prescripteurs, tout frais payés, et qui viennent parfois de loin : Canada, États-Unis, Suède, Asie… Certains d’entre-eux resteront toute la semaine et compléteront ce voyage de presse par des visites plus personnelles chez des opérateurs du vignoble. De la prise en charge des transports pour venir en Alsace, de la logistique pour déplacer les invités dans le vignoble, ainsi que de l’annonce du programme des événements, dépendent la réussite des différentes manifestations satellites, et des éventuelles retombées médiatiques qui peuvent en découler.
En préliminaires de Millésimes Alsace qui se tenait lundi, se déroulaient dimanche trois manifestations « off » proposées par les groupes ACT (Alsace crus et terroirs), les DiVINes et les vignerons bios d’Alsace. Les vignerons entendaient ainsi saisir un tant soit peu l’opportunité de cette manne journalistique en terre alsacienne. Les deux premiers événements, organisés par ACT et les DiVINes, ont complètement rempli les objectifs qu’ils s’étaient assignés. Le groupe ACT, revendiquant une volonté de faire redécouvrir « des grands vins d’Alsace authentiques, exprimant leur terroir, taillés pour la garde », a réussi à faire venir à lui, au musée Unterlinden, les prescripteurs de revues de vin dites influentes - Robinson, Bettane, Burtschy…- pour une dégustation de magnums de riesling des 19 vignerons du groupe, après une contemplation du retable d’Issenheim de Grünewald en guise de métaphore avec les vins présentés comme autant de chefs-d’œuvre. Soirée privée à l’auberge de l’Ill ensuite, avec quelques vignerons et une brochette de journalistes, triés sur le volet.
Dimanche soir également, le très dynamique groupe des DiVINes proposait dans la cour et les caves du domaine Adam à Ammerschwihr, un parcours gastronomique renvoyant une image moderne et distinguée des vins d’Alsace. Ces deux manifestations ont bénéficié de l’appui interprofessionnel, ou de membres de l’interprofession à titre personnel, assure le vice-président du Civa Didier Pettermann.
Baisse d'affluence au salon des vignerons bios
Le salon des vignerons bios, qui se tenait au Cref, n’a en revanche - et pour la première fois - pas connu l’affluence qu’il avait quand il se déroulait le 1er mai au château de Kientzheim, lieu de rassemblement traditionnel du vignoble d’Alsace pour ses manifestations de prestige. Tout au plus une centaine de visiteurs, contre 500 à 700 depuis 10 ans au château de la confrérie. Si le Cref n’offre pas à proprement parler un cadre pittoresque prédisposant à la dégustation des alsaces, il donne toute satisfaction pratique pour organiser le salon, estime Joseph Weissbart, directeur de l’Opaba : « On a de l’espace, et il n’y a pas d’escaliers et d’étages pour transporter les bouteilles ». Cette treizième édition du salon des vins bios a mobilisé 40 domaines ou caves pour 120 vins proposés à la dégustation, deux conférences sur l’histoire par Claude Muller et Jacky Rigaux, et une dégustation d’accords mets et vins orchestrée par le sommelier Pascal Léonetti et le restaurant L'atelier de Raphaël.
Retombées médiatiques inéquitables
Mardi, c’était au tour des gestions locales de grands crus d’accueillir la cohorte de journalistes. Une douzaine de gestions locales s’est mobilisée, et 18 au total par extension de grands crus locaux adjacents, ont proposé des visites (pluvieuses), des dégustations et des accords mets et vins. Au Frankstein à Dambach, par exemple, le dynamique groupe de vignerons a proposé quelques originalités gustatives après avoir procédé à l’inauguration du nouveau sentier viticole. 25 « invités Civa » étaient présents, une quinzaine pour l’Eichberg d’Eguisheim, et trois pour le Goldert de Gueberschwihr où il y avait finalement plus de vignerons et d’amateurs locaux pour écouter les conférences en histoire, géologie et sur la minéralité du cru. « Nous aurions dû lancer nos invitations nous-mêmes », résume Vincent Gross. Un peu esseulé, Wilson Kwok, arrivé de Hong-Kong depuis le vendredi, a néanmoins apprécié la proposition des vignerons de Gueberschwihr, et leurs muscats d'âge, si singuliers.
Reste le salon Millésimes Alsace qui a connu une forte affluence, et qui s’inscrit pour sa troisième édition comme le rendez-vous international des vins d’Alsace. Dans les rangs du vignoble, on s’agace, comme Serge Fleischer, de captations médiatiques inéquitables. « Nous ferons un débriefing le moment venu », assure Didier Pettermann, globalement satisfait de la manifestation qui anime le vignoble.












