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David Lefebvre

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Cave de Pfaffenheim

« Pfaff », une sexagénaire en forme

Vigne

Publié le 18/06/2017

Pour ses 60 ans, la cave de Pfaffenheim réussit la double performance de glaner à l’international une belle série de médailles remarquées au Decanter Wine World Awards, et de faire progresser très sensiblement son chiffre d’affaires, notamment à l’export : + 58 % entre 2014 et 2016, précise le directeur Frédéric Raynaud.

Une triple performance même, puisque cette réussite s’inscrit « dans une période de turbulences climatiques et économiques », que traverse le vignoble alsacien, notamment avec « une concurrence internationale de plus en plus pressante, dans un contexte de faibles disponibilités des vins d’Alsace », précise-t-il. D’où cet appel du pied du directeur de « Pfaff » et de son président, Jean-Luc Hanauer, au vignoble pour l’inciter à « innover, à aller plus loin dans la recherche de nouveaux produits, mais en s’inspirant de la tradition ». En gardant toujours bien à l’esprit l’objectif de « créer de la valeur ajoutée, de valoriser les vins tout en poursuivant l’amélioration de la rentabilité ». Tout ceci pour rémunérer ses viticulteurs, résume Frédéric Raynaud.

Une volonté de coller au marché

Le dernier investissement en date, pour 2 millions d’euros (M€), concerne « une chaîne de mise en bouteille ultramoderne, entièrement inertée, pour obtenir des vins plus frais, une meilleure persistance aromatique, et de l’élégance, ce que veulent les consommateurs… », précise le directeur. Il traduit cette volonté d’« innover pour être performant en prenant en compte les attentes des marchés ». Il fait suite à l’automatisation de l’encaissage et la palettisation en 2014, pour 700 000 €, afin de « fiabiliser la chaîne logistique et la gestion des flux par flashage ». Et en 2013, à l’achat d’un pôle logistique de 3 000 m2 sur Colmar. Au total, ce sont pas moins de 15 M€ qui ont été investis. Des investissements particulièrement orientés sur le service export, comme la capsule à vis, « sans renier ses savoir-faire ancestraux et la tradition ». De fait, la cave de Pfaffenheim exporte aujourd’hui 60 % de sa production au Japon, Canada, Russie, Israël, Islande et Brésil.

La coopérative : un modèle d’entreprise

Cet anniversaire était aussi l’occasion pour Jean-Luc Hanauer de réaffirmer les valeurs coopératives qui président aux destinées de la cave de Pfaffenheim. « Bien plus qu’un regroupement de moyens techniques, la coopérative est un modèle d’entreprise démocratique et durable, fondée sur des valeurs éthiques de responsabilité, de solidarité et de transparence. C’est un acteur du développement économique et social », a-t-il souligné. Rappelant aussi que l’histoire de la cave coopérative n’a pas toujours été un long fleuve tranquille, la fusion avec la cave de Gueberschwihr en 1968, ou encore « les turbulences des années 1980 ».

De 40 hectares lors de son lancement en 1957, la cave compte aujourd’hui 320 ha et 153 adhérents. Jean-Luc Hanauer a rappelé l’œuvre de ses prédécesseurs, Arthur Boesch, « l’artisan de la fusion », René Burn qui « a pris le destin de la cave à bras-le-corps », puis Aimé Roeslé, président de 1996 à 2009. Mais également celle de Michel Kueny, le chef de cave qui, pendant 45 ans, a contribué à sa réussite pour faire de « Pfaff » une référence qualitative. En « clin d’œil aux jeunes », le président Hanauer a enfin dit sa « fierté de transmettre des valeurs humaines et professionnelles, et de redonner du sens à la profession en leur indiquant le chemin ». Et de conclure sur un mot de Descartes : « Apprendre, comprendre et transmettre, c’est exister. »

Fermes d’avenir tour 2017

Étape à Obernai ce jeudi 22 juin

Vie professionnelle

Publié le 16/06/2017

Le 1er Tour de France de l’Agroécologie est organisé par l’association Fermes d’Avenir soutenue par de nombreux experts dans le domaine et personnalités du monde politique, associatif et artistique. Il se déroule du 15 juin au 16 septembre, en 30 relais étapes en France, dont 3 villes étapes en Alsace : Schopperten, Obernai et Ungersheim. Et c’est la ville d’Obernai qui a été choisie pour le lancement officiel au niveau national de cet événement.

Pendant 3 mois, plus de 200 personnes sillonneront la France, à vélos et en bus. Avec à chaque étape, un prétexte pour agir et fédérer localement :

  • faire découvrir les produits du terroir : un espace restauration (bio, local) sera installé à chaque étape, à l’attention des participants au Tour mais aussi des visiteurs et curieux.
  • verdir la ville-étape : une opération ‘Guerilla Gardening commando’ sera organisée à chaque étape pour planter 500 à 1 500 plants de fruits/légumes dans l’espace public
  • éviter le gaspillage : une disco-soupe permettra de valoriser les invendus des supermarchés locaux – aider les porteurs de projet : à chaque étape sera organisé un chantier participatif dans une ferme, idéalement dans l’espace-test – sensibiliser : un micro-village présentera les actions des partenaires.

Mais également s’initier et s’informer sur la permaculture, sur l’installation des agriculteurs, la plantation de verger, le poulailler, le paillage, la conversion à l’agroécologie.

Sous un chapiteau, et des expositions, jeudi 22 juin, dressé sur le Parking des Remparts, l’on pourra déambuler à partir de 12 h 30, dans ce village éphémère des Fermes d’Avenir Tour. Avec au programme :

  • 12 h 30 : déjeuner bio-local
  • 14 h 30 : visite de la ferme Saint Blaise à Valff (Route de Meistratzheim, 67 210 Valff) et d’une parcelle de houblon de la ferme du lycée agricole d’Obernai en conversion bio
  • 16 h 30 : Conférence de presse de lancement national du Fermes d’avenir Tour 2017 avec Maxime de Rostolan (coordinateur de Fermes d’Avenir), Lucie Lucas (1er rôle de la Série TV Clem TF1), comédienne engagée, Maurice Meyer, l’organisateur partenaire de l’étape d’Obernai, et Bernard Fischer, Maire d’Obernai.
  • 20 h : Nuit de l’Agroécologie sur le thème « L’Agroécologie sur le territoire d’Obernai », sous le chapiteau, avec Bernard Fischer, Thierry Girodot, proviseur du Lycée Agricole d’Obernai, Freddy Merckling, directeur de la ferme du Lycée Agricole d’Obernai – premier producteur de houblon bio en France, David Lefebvre, journaliste à l’Est Agricole et Viticole et au Paysan du Haut-Rhin, Clément Ritter, Responsable Communication Grand Est, Suez environnement, en charge de la gestion de l’eau et de l’épuration du territoire et Maurice Meyer, agriculteur bio et directeur fondateur du salon BiObernai.
  • 21 h 30 : concert surprise (Chapiteau)
  • Vendredi 23 juin à 14 h La Spiruline du Moulin : visite sur la production de spiruline (attention 25 km de Obernai).
  • Projections toute la journée du vendredi 23 juin 2017

Gestion écologique du cavaillon, sous le rang de vigne

Partage d’expérience autour de la piloselle

Vigne

Publié le 07/06/2017

La piloselle est cette petite plante rampante aux vertus allélopathiques, c’est-à-dire qui empêcherait la levée des graines d’autres herbes. Ces propriétés sont mises à profit par des vignerons qui la plantent sur le rang de vigne. Installée durablement, mais non sans une certaine pratique à acquérir, elle permet d’éviter d’avoir recours aux herbicides ou aux techniques de buttage et débuttage. En Alsace, cette piloselle a fait l’objet d’essais à plus ou moins grande échelle, individuels ou collectifs.

Quelques techniciens-conseils en viticulture, promoteurs de la piloselle depuis le début des années 2010 étaient réunis autour d’une table le 24 mai dernier au Petit Wettolsheim chez Jean-Marc Buecher, avec quelques viticulteurs alsaciens, qui ont testé ou testent la piloselle - Michel Ottermann des domaines Schlumberger, Pierre Isner, Jean-François Lallemand, Frédéric Schermesser, pour le GIEE de Westhalten, ainsi que Jean Masson, un chercheur de l’Inra. Ils ont partagé leur expérience, avant et après avoir visité les parcelles plantées de piloselle sur le rang de vigne.

Motivés par des alternatives écologiques

« Il y a cinq ans, on avait tenté de trouver une solution pour ne plus avoir à désherber ou tondre le cavaillon, dans des terrains inaccessibles et les vignes en espalier », introduit Michel Fritsch, technicien conseil d’AB2F. « Aujourd’hui, le retour technique nous l’avons, mais il nous manquait un regard comparatif global. Et c’est l’Inra, avec le GIEE de Westhalten, qui serait capable de nous donner ces données chiffrées objectives, servant de base de réflexion à des viticulteurs intéressés par la piloselle, et nous permettant de continuer de proposer des solutions », poursuit-il.

Michel Ottermann, des domaines Schlumberger, souhaitait pour sa part installer la piloselle notamment sur les talus du domaine, lourds à gérer, et sur des vignes en dévers, également techniquement très contraignantes. L’objectif pour Pierre Isner était cependant de répondre aux prescriptions d’Écophyto, de réduction en herbicides, trouvant que l’alternative du désherbage mécanique dégrade le bilan carbone, représente une « contrainte de temps, d’énergie et de coûts ». Quant à Jean-François Lallemand, il s’agissait surtout « de retenir la terre du cavaillon en forte pente ». En effet, quand la bande désherbée un peu large se conjugue au passage de la roue, peuvent alors survenir des érosions par ravines au niveau du passage de roues, explique-t-il. Enfin, Jean-Marc Buecher à Wettolsheim, en bio sur son domaine, cherchait un mode de conduite écologique du cavaillon, notamment sur ses vignes en espalier du grand cru Hengst, dont la gestion en dévers, requiert extrêmement de technicité.

Une mise en œuvre précautionneuse

Michel Ottermann, assisté du technicien-conseil Stéphane Freyermuth, a été l’un des tout premiers en Alsace à installer la piloselle sur ses talus. S’il se montre satisfait, en revanche pour les cavaillons en dévers, ça a été plus compliqué.

La piloselle s’installe par plantation : « L’expérience montre qu’on peut implanter une vingtaine d’ares à deux planteurs en une matinée, plus un préparateur de plants, puis c’est un îlot qu’il faut entretenir », explique Jean-François Lallemand. « Il faut se donner les moyens d’y arriver. Une fois le tapis obtenu, c’est plus cool », poursuit-il. Puis « l’entretien consiste à extirper les adventices résiduelles, tels les géraniums. Contre le trèfle, le meilleur moyen c’est la fauche. » « Si la zone n’est pas propre, la plante s’installe mais ne prend pas le dessus. En talus, on est moins exigeant sur la propreté. On a planté à une densité de 50 cm en quinconce », ajoute Michel Ottermann.

Une synthèse et un guide à venir

La réussite de la colonisation des cavaillons par la piloselle a connu plus ou moins de réussites et d’échecs, résume Jean Masson, qui a suivi le groupe de vignerons à Westhalten, dont le ban comprend à ce jour 16 hectares implantés de piloselle. « On a mesuré la vitesse de colonisation sur l’ensemble des parcelles. En fonction de conditions pédoclimatiques, on peut arriver jusqu’à 80 % de colonisation en 18 mois. Cependant, les parcelles qui accusent un retard de colonisation - entre 20 et 40 % de couverture à 18 mois - peuvent le récupérer. » Ensuite, poursuit-il, pour atteindre de 80 à 95 % de surface du cavaillon colonisée, « c’est là qu’interviennent les soins apportés avec la fauche et en extirpant les quelques adventices ». Une fois cette attention apportée en troisième année, la piloselle est installée durablement. Le groupe de vignerons de Westhalten a même adapté un outil de fauche à rotofil constitué de satellites, à l’assiette inclinable pour les cavaillons en dévers…

L’ensemble de ces expériences, partagées dans le GIEE de Westhalten, font l’objet de rédaction d’une synthèse des échecs et réussites sur l’implantation de la piloselle, et de la rédaction d’un guide de pratiques, explique Jean Masson.

À Wettolsheim, Jean-Marc Buecher, plus esseulé, mais parmi les précurseurs, a procédé différemment en tentant quelques innovations personnelles avec son fils Steeve, qui avait imaginé un ingénieux système de semis de graines enrobées et épandues en voie liquide sur le rang : « Notre objectif était de garder le sol propre le temps que la graine de piloselle germe et s’installe. On avait identifié l’outil, et on avait même testé différents enrobages. » L’idée étant qu’il est toujours moins fastidieux de semer que de planter des plants. Car, « c’est pénible à planter », prévient Jean-François Lallemand. Quant au taux de germination, il est bas et aléatoire, d’où le risque d’une colonisation irrégulière… « On avait différents essais avec différents terreaux, avec des échecs et des réussites. »

Aujourd’hui, si les principaux obstacles techniques ont été levés, subsistent encore quelques interrogations et des volontés d’innovation, par exemple pour développer une planteuse de piloselle, peut-être par transfert de techniques d’outils implantation utilisés en maraîchage… Ou encore d’apprécier l’effet de concurrence de la piloselle sur la vigne en d’autres situations pédoclimatiques. C’est en partageant que les vignerons de Westhalten se sont rassurés…

Une viticulture qui ose, mais qui veut s’appuyer sur des résultats

Il est bien possible que le sujet de la piloselle aurait été abandonné s’il n’y avait pas eu « au départ dans ce projet une vocation de partage », et la volonté de co-construire « de l’innovation à partir de savoirs et de mobilisation des acteurs au sens large dans leur diversité de pensées, explique Jean Masson. On est en présence d’une viticulture qui ose, mais elle est confrontée à un besoin de confirmation, de vérification, de reconnaissance de résultats chiffrés pour aller plus avant dans le changement de pratiques… »

Un sujet innovant comme la piloselle, requérant de la technicité et de l’observation, était au départ constitué de bouts d’informations. L’écueil réside dans « l’assemblage illégitime d’informations qui aboutit à faire prendre un risque à celui qui réunit les informations pour expérimenter dans sa parcelle. Si ça marche, tout va bien, si ça ne marche pas, alors on aurait dit que la piloselle c’est nul ! C’est ce que nous vivons en permanence sur bien d’autres sujets », explique Jean Masson.

« L’âme du projet n’était pas de proposer une solution clé en main. Maintenant on aboutit à des résultats et on voudrait les partager. La profession pourrait en profiter, surtout pour ne pas reproduire les erreurs que nous avons commises », estime Jean-François Lallemand. « Aujourd’hui, nous avons cinq ans de recul, il sera un peu plus aisé de communiquer sur la piloselle avec une certaine confiance. Et il nous semble qu’elle peut répondre à des problématiques viticoles précises », résument Michel Fritsch et Éric Baumer.

Les Plumes Bio du Grand Est

Un élevage de poulet bio à taille humaine à Siewiller

Élevage

Publié le 27/05/2017

La filière d’élevage de poulets de chair bios d’Alsace ne fait pas face à la demande en croissance exponentielle. Bloquée par les démarches administratives, notamment dans le cadre notamment du Plan bâtiment, la dizaine de projets de création d’ateliers d’élevage de poulet bio, initiée à l’automne 2015, commence à peine à sortir de terre. Parmi eux, l’atelier de quatre poulaillers de Damien Klein et sa famille à Siewiller entre seulement en production en ce mois de mai 2017.

La famille Klein accueillait le 10 mai dernier sur son exploitation de nombreux agriculteurs et les acteurs de cette filière naissante : les éleveurs, la minoterie Dornier, fournisseur d’aliments, les Couvoirs de l’Est à Willgottheim, les abattoirs Siebert à Ergersheim et Meyer à Wingersheim, la Chambre d’agriculture d’Alsace (CAA), l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba), et Michel Schaff, constructeur des bâtiments à Mirecourt.

Structurer l’aval et l’amont

La filière écoule actuellement 2 000 poulets bios par semaine, elle espère très rapidement arriver à 4 500 poulets/semaine, indique Francis Humann, représentant de la filière à l’Opaba, et lui-même éleveur. Le souci pour la jeune filière en pleine croissance est de se structurer en aval, face à des GMS très centralisées qui savent organiser la surproduction pour dicter leurs prix. Objectif : « Assurer à l’éleveur un revenu de base de 1 euro de marge brute par poulet, avant impôt et MSA », explique Thomas Kelhetter l’animateur de la filière.

Une nécessité de structuration également en amont : « Il faut accompagner pendant cinq ans l’animation, le développement, la structuration et la communication de la filière, explique Francis Humann. Avec 120 000 poulets bios, on ne peut pas se payer d’animateur. Avec 250 000 poulets par an, à raison de 5 centimes prélevés sur chaque poulet, on autofinancera un temps complet, réparti entre la CAA, l’Opaba, etc. Il faut songer que 1 € injecté dans cette filière, c’est 20 € générés en retour dans la filière. »

Race cou nu à pattes jaunes

C’est Thomas Kelhetter, l’animateur, qui présentait ce nouvel atelier. Constitué de quatre bâtiments mobiles avec chacun 40 ares clôturés, chaque poulailler peut admettre 1 200 poulets. Des poulets en plein air, « pour la vitamine D, le soleil, la verdure, pour une meilleure coloration, et un gras persillé par l’exercice et le repos ». Les poulets bios sont prêts en 84 jours, après quoi le bâtiment est déplacé de sa dalle pour le vide sanitaire, la surface reçoit un traitement à la chaux. Avec la période de couvoir, le vide sanitaire dure en réalité 8 à 9 semaines.

S’agissant de l’alimentation bio, c’est la maison franc-comtoise Dornier, opérateur historique, qui prélève les céréales de la ferme, et fournit l’aliment bio (lire l’encadré ci-dessus). « On demande à l’éleveur de pouvoir subvenir à hauteur de 40 % à l’alimentation pour rester cohérent avec l’idée locale », explique Francis Humann.

Aujourd’hui, « le bio change d’échelle, constate-t-il. On réfléchit à un autre type de bâtiment en fixe de 4 800 m2, avec un jardin d’hiver. » Pour bien identifier les poulets, les éleveurs ont fait le choix de la race cou nu à pattes jaunes, qui se différencie par la couleur et le goût, et se distingue immédiatement dans les abattoirs bios certifiés, et les linéaires.

Groupama Grand Est

Des objectifs ambitieux après des fondamentaux restaurés

Vie professionnelle

Publié le 23/05/2017

Comme beaucoup d’entreprises de services, l’assureur mutualiste de l’agriculture Groupama Grand Est (GEE) - 1 530 salariés, 3 740 élus, 179 agences et 401 000 sociétaires - entrevoit des bouleversements de son modèle économique dans les toutes prochaines années, avec l’arrivée de l’économie partagée, des nouvelles technologies comme l’automobile connectée, où l’assurance auto n’ira plus de soi.

Avec l’arrivée d’Olivier Larcher à la direction générale en 2012, il était urgent pour le premier assureur de l’agriculture de se mettre en ordre de marche pour affronter ces défis : c’est le plan GGE 2020. Les fondations sont bonnes : « Nous avons montré que notre modèle est résistant, malgré la sinistralité élevée de 2016. On a stabilisé notre chiffre d’affaires (CA) qui se redresse même avec 2 000 nouveaux clients gagnés à fin avril ». GEE réalise 576 millions d’euros (M€) de chiffre d’affaires en 2016, et arrive à dégager 17,70 M€ de résultat net. Le même qu’en 2015 certes, mais avec les événements climatiques qui ont sensiblement pesé sur les comptes, rappelle le président, François Schmitt. Pour mémoire, ce résultat net s’élevait à - 7 M€ en 2012.

Sinistres climatiques : 5 000 dossiers

Pour l’agriculture, « on s’est mobilisé, la charge de sinistre climatique a représenté plus de 5 000 dossiers, pour 48 M€ de sinistres indemnisés - dont 10 M€ dans le Bas-Rhin, 10 M€ en Côte d’Or, et dont 5 M€ en viticulture. » Le président de GGE rappelle que, face à ces 48 M€ d’indemnités, 26 M€ de cotisations multirisques climat ont été encaissés. « On devrait se situer avec un rapport indemnités/cotisations à 75 %, on est régulièrement à 200 %. À ce rapport-là, ce n’est plus de l’assurance c’est de la subvention à la production ! », commente le président.

Fort heureusement, l’offre Groupama se partage notamment entre l’assurance automobile, 26,8 % du CA, l’assurance à la personne, 28,6 % du CA, incendie et dommages pour 21 % du CA. Le rapport sinistres à cotisations global s’établit à 75 % soient 428,20 M€ d’indemnisations, il est dégradé de 5,1 points par rapport à 2015. Mais le résultat net est maintenu grâce à une amélioration significative des frais de gestion, du coût des sinistres et une bonne protection de la réassurance. « Cela coûte cher mais ça protège bien GEE contre les sinistres excédentaires, ce qui protège in fine le compte de résultat. »

« Nous sommes au rendez-vous de la rentabilité »

Un indicateur de cette santé retrouvée : le ratio combiné qui est le rapport de la somme des frais de gestion et coûts de sinistres sur le total des primes encaissées. Il est de 98,3 %, ce qui laisse 1,7 % de marge. En tenant compte de la sinistralité, « nous sommes au rendez-vous de la rentabilité », souligne François Schmitt. Un préalable pour investir dans les hommes… « On a restauré les fondations et les équilibres techniques », ajoute Olivier Larcher. L’objectif étant de se situer à 2 % de marge, « pas plus, car au-delà on dégrade la qualité de service face à la concurrence. »

Ajouté à ces bons résultats, le succès des certificats mutualistes, qui sont des titres émis par GEE, reconstitue les fonds propres. Sur un objectif de 45 M€ de titres, 26 M€ avaient été collectés au 31 décembre dernier et 40 M€ à ce jour. Ainsi les ratios de solvabilité permettent à GEE de faire face à de gros imprévus et d’« encaisser tous les chocs », explique François Schmitt.

De nouveaux produits orientés sur les services à la personne

Mais la meilleure satisfaction, selon les dirigeants de Groupama, c’est le taux de clients « très satisfaits » porté à 23 %, contre 17 % en 2013. L’objectif est de se situer parmi les meilleurs des Caisses régionales.

Dès lors, Olivier Larcher assigne plusieurs objectifs à travers son plan GGE 2020. L’évolution souhaitée consiste à porter la part de chiffre d’affaires dédiée à l’assurance des personnes à 40 %, contre 28 % actuellement, et celle dédiée aux dommages aux biens à 60 %. « On ne sera jamais intermédié sur l’homme, si on assure son avenir, on sait qu’on devient maître de notre destin », assure Olivier Larcher. Et la marge réalisée sur l’assurance des biens est appelée à se réduire. « On va de moins en moins acheter et de plus en plus louer, cela a une incidence par exemple sur l’assurance des véhicules. »

Des agences virtuelles aux côtés des 175 agences

Pour y faire face, Olivier Larcher compte s’appuyer sur les hommes et femmes de son entreprise. Pour suivre cette évolution, il va falloir faire évoluer les forces vives de GEE, investir dans le savoir, le savoir-faire et le savoir être. Il rappelle que GEE est une entreprise de services. « Il faudra développer l’agence virtuelle capable d’apporter le même service. » Le métier de souscripteur va semble-t-il également évoluer vers « plus de commercial, d’expertise contrat, de gestionnaire de contrat ». Le directeur entend également rééquilibrer la question des « recours réciproques entre compagnies » qui est pour l’heure défavorable à hauteur de 52 %, « ce qui signifie qu’on paie plus qu’on émet ». Il préconise enfin des expertises climatiques plus précises, face aux enjeux financiers importants qu’elles représentent. Enfin, les 175 agences vont être maintenues et modernisées pour en faire des lieux de rencontre avec de nouveaux canaux de communication, des bornes interactives, salle de visioconférence pour permettre une relation directe entre l’expert, le commercial et le client.

Ceci suppose donc, un « changement profond » dans l’entreprise. À cette fin, Campus, « une université interne » a été créée, avec à sa tête Patrick Lefevre, directeur de GGE 2020.

Bienvenue à la ferme chez Bernard Becht à Dorlisheim

Des vins précis et soignés pour le bonheur des visiteurs

Vigne

Publié le 22/05/2017

Bernard Becht, retraité actif et très dynamique, avec sa fille Nathalie, son œnologue Igor Monge, et avec Michel Kraus qui vient de rejoindre l’équipe pour la partie viticulture, ont accueilli quelques centaines de visiteurs dominicaux. L’occasion de découvrir une gamme de vins au style rationnel et précis, avec « la typicité de cépage », à laquelle se montrent attachés les auteurs. Le tout se traduisant en deux gammes « authentique » et « exception », d’un côté des vins plutôt secs, sur le fruité du cépage, et de l’autre, des vins plus complexes, avec parfois plus de maturité et donc de sucres résiduels, tirés des terroirs Husarain, Finkenberg, ou le prolongement du coteau du Stierkopf. Œnologue formé à Changins en Suisse, qui a rejoint la famille il y a quatre ans, Igor Monge apprécie de ne pas trop bousculer les vins et préfère des filtrations douces sur plaque. Le domaine Bernard Becht propose pas moins de quatre crémants, rosé, chardonnay, blanc de noir et classique, aux styles particulièrement précis, et appréciés notamment en Belgique.

Le domaine propose bon an mal an 40 000 bouteilles de vins d’Alsace. Elles sont écoulées en grande partie en vente directe sur une douzaine de salons dans l’hexagone. Estampillé Vigneron Indépendant, c’est néanmoins dans le cadre du réseau Bienvenue à la ferme qu’étaient proposées ces portes ouvertes avec pas mal d’animations : des promenades en calèche, de la restauration et sans oublier bien sûr la dégustation des vins du domaine. Tout le matériel viticole, récuré, rutilant et aligné dans la partie « vigne » donnait au domaine une fière allure de concessionnaire de machine viticole, avec Michel Kraus pour expliquer chaque usage.

Syndicat des Vignerons Indépendants d’Alsace (Synvira)

Des fêtes œnotouristiques pour valoriser l’image

Vigne

Publié le 19/05/2017

C’est à l’hôtel Sofitel de Strasbourg « où beaucoup de vignerons indépendants sont mis en avant » que le président du Syndicat des Vignerons Indépendants d’Alsace (Synvira), Pierre Bernhard, a souhaité faire un point d’actualité syndicale et annoncer les opérations œnotouristiques à venir, que sont l’Apéro gourmand, le Pique-nique du Vigneron Indépendant.

« Sur nos parcelles touchées - pour l’instant les contre-bourgeons n’ont pas redémarré -, il faut encore attendre les chaleurs pour voir si ça repousse, a introduit Pierre Bernhard. Et cela fait deux années de suite que nous avons des dégâts de boarmie. »

Une situation qui fait augmenter le coût de la bouteille au vu de l’importance des charges fixes. « Ce qui est clair, c’est que beaucoup de domaines sont en difficultés suite à ces problèmes climatiques récurrents. Il risque d’y avoir des regroupements pour faire face à des situations de trésorerie difficiles. On a des phénomènes climatiques qu’on n’avait pas il y a 15 ans : sécheresses, grêles, gelées, vents, tempêtes. Tel que c’est parti aujourd’hui, avec des récoltes qui font le yo-yo, la situation devient compliquée. »

18 doléances

Les vignerons craignent de se « retrouver dans la situation délicate que vivent d’autres filières de l’agriculture ». Ils viennent d’adresser aux pouvoirs publics un cahier de 18 doléances notamment sur le poids des réglementations et les successions, « pour permettre de pérenniser les domaines ». Et ils attendent toujours de l’Europe qu’ils puissent expédier librement du vin aux particuliers, sans démarches administratives douanières qui découragent tout commerce. Et ils souhaiteraient aussi ne pas être freinés dans leurs projets œnotouristiques, actuellement plafonnés à 50 000 € ou 30 % des bénéfices agricoles.

Mais le Synvira dispose de forces vives en réserve, et notamment son groupe des Jeunes - une cinquantaine sur un potentiel de 90 -, « courageux, qui veulent avancer, et qui croient au succès des vins d’Alsace. Prenons garde de ne pas les écœurer ! », s’exclame Pierre Bernhard.

Filière des vins d’Alsace : - 11 % de chiffre d’affaires

Quand on regarde les chiffres du vignoble alsacien au 15 mai (- 7,1 % sur 12 mois, avec des disponibilités en progression de 12 %), « les baisses significatives de ventes affectent moins les vignerons indépendants », précise Pierre Bernhard. Mais plutôt certains gros marchés d’entrée de gammes, « confrontés à la concurrence des pays limitrophes qui ont des coûts de production moindre », analyse le Synvira. Explication : « J’ai vu à Prowein des pinots blancs en flûte rhénane, étiquetés pinot blanc en français. Nous ne sommes pas capables de vendre ces vins à 2,50 € la bouteille. » Clairement, la mise d’origine en flûte et la mention du cépage ne sont plus des éléments identitaires du vin d’Alsace. « Les derniers chiffres montrent que la filière des vins d’Alsace a perdu 11 % de chiffre d’affaires sur un an (NDLR : évalué en 2015 à 540 millions d’euros). Il semble que les vignerons indépendants sont moins affectés, car ils se situent sur des micromarchés. »

Pour sortir de l’ornière, les Vignerons Indépendants comptent bien justifier leurs efforts de qualité et valoriser leurs vins avec la « hiérarchisation », c’est-à-dire l’obtention d’une reconnaissance des vins de terroirs, notamment en premier cru. « La notion de premier cru est déjà bien connue même à l’export, c’est très clair pour l’acheteur, ça va nous aider à mieux positionner nos vins, explique Pierre Bernhard. À la foire aux vins, nous faisons goûter les vins par terroir, ce qui attise la curiosité des consommateurs. »

Premiers crus : éviter le cas Vallée noble

Une première étape a été franchie avec le vote en assemblée générale de l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA). « Le schéma nous convient, mais des ajustements restent à faire, sur la strate communale et futur premier cru. Nous souhaitons que la différence du terroir soit reconnue et que ça ne dépende pas de divers critères de recevabilité, tels que le nombre minimal de vignerons, la surface minimale, le type de cépage autorisé sur le lieu, etc. La commission d’enquête a compris notre démarche », explique Bernard Jantet, directeur du Synvira.

« On ne souhaiterait pas que des lieux-dits connaissent la même destinée que l’appellation communale Vallée noble (2004) : finalement aujourd’hui il n’y a pratiquement plus de maisons qui la revendiquent, parce que les critères définis sont trop restrictifs. » Il sera également important aux yeux des Vignerons Indépendants d’adapter « la communication à la strate et par rapport aux terroirs ».

En attendant, le Synvira poursuit son activité en soutenant les opérations œnotouristiques que sont l’Apéro gourmand le 26 mai prochain, et le Pique-nique du Vigneron Indépendant, les 3, 4 et 5 juin, au même moment que le slowUp de la route des vins, de quoi passer un superbe week-end œnotouristique en Alsace.

3e Auto Rétro Vino à Ingersheim

Des courbes, du coffre, de la puissance et de l’élégance

Vigne

Publié le 19/05/2017

Le petit groupe d’étudiants du lycée d’Erstein désormais émancipé, à l’origine d’Auto Rétro Vino, propose la 3e édition de cet événement autour du vin d’Alsace et des voitures anciennes. Auto Rétro Vino devient itinérant et se tiendra le dimanche 21 mai sur la place d’Ingersheim, avec le soutien de vignerons. Tandis que la cave Jean Geiler ouvrira pour l’occasion son musée. Pas moins de 150 automobiles sont attendues, des Jaguar, Bugatti, Peugeot, un tacot, 2 cv, des 4 L, des Cox et Combi, Bentley, Rolls-Royce, Ford A… De quoi allier les courbes des belles carrosseries à celles du vin. Et ce d’autant que les étudiants réunis autour d’Adrien Faber ont prévu une journée particulièrement bien fournie en animations autour du vin et des voitures anciennes pour garantir une ambiance des plus distinguées.

Au programme de 9 h 30 à 18 h : l’exposition des voitures anciennes, dégustations et visites guidées du Letzenberg et du Florimont, une balade en bus ancien, les expositions d’artistes dont les œuvres de Laurent Bessot et ses peintures au vin rouge, les photos aériennes de Tristan Vuano, des jeux, une tombola avec les étudiants de BTS et du CFA de Rouffach, des démonstrations de la tonnellerie Berger, sur les stands, des cours de mécanique, expositions et échanges de voitures miniatures, et toute la journée, buvette et restauration sur la place d’Ingersheim. Et du shooting photo pour voitures anciennes. Objectif pour Adrien Faber, le coordinateur, et son équipe : 2 000 visiteurs.

VertigVineux à Ostheim

400 entrées pour une première

Vigne

Publié le 17/05/2017

Si la mention « naturel » apposée sur les vins n’a toujours rien d’officiel et autorise pour l’heure beaucoup d’exploitation marketing, les vignerons du salon VertigVineux, qui se réclament tous de la mouvance « nature » en fort développement actuellement, ont en commun le souci de vinifier les vins sans sulfites et aucun autre intrant œnologique ajoutés au cours de la vinification. Exception faite pour quelques vins de 2 g de sulfites à la mise en bouteille. Si pour l’heure, aucun cadre œnologique n’est fixé par l’Inao, le fait est que ces vins attirent une foule nouvelle d’amateurs que l’on ne rencontre pas dans les autres manifestations viniques.

À l’origine du salon VertigVineux, Jean Baltenweck et Yannick Mignot, du domaine Clé de Sol à Ribeauvillé, et les bénévoles qui les ont aidés, avaient le souci de proposer un panel de vignerons des quatre coins de France, relativement discrets, issus de terroirs très souvent pentus où la mécanisation s’avère difficilement envisageable. Des vignerons qui avaient à cœur chacun de raconter leur parcours singulier, comme ce couple, formé de Thierry de Marne, ex-vigneron aubois, qui a rejoint Sandrine Courjan, initialement dans le prêt-à-porter, pour fonder dans le Minervois le domaine de Ventajou. Ou encore Romuald Valot, du domaine éponyme en Beaujolais, par ailleurs chef de culture à Chambolle Musigny, qui travaille ses vignes au treuil pour éviter le tassement. Vu le succès du salon et la grande satisfaction de ses organisateurs, VertigVineux est appelé à devenir un salon annuel.

Fête du vin d’Andlau

Des premiers crus très républicains

Vigne

Publié le 16/05/2017

Les vignerons andlauviens n’oublient pas que si le vignoble alsacien se gère localement, c’est à Paris, à l’Inao, dans l’arène vigneronne de toutes les appellations françaises, que se font reconnaître les terroirs. En clin d’œil peut-être aux élections présidentielles qui se déroulaient ce dimanche, ils ont fait procéder à l’élection du grand cru préféré des festoyeurs qui ont répondu en nombre à l’invitation de l’association Anim’Andlau pour assister à la fête du vin et des plaisirs gastronomiques.

À la géologie très tourmentée par les failles et l’activité volcanique, le ban d’Andlau recèle un concentré de diversité rarement égalé : des argiles sur grès rose sur le Duttenberg en haut du Mœnchberg, des éboulis gréseux sur le Gesetz à l’est du Wiebelsberg, du granite à deux micas sur le Rebbuehl qui, dans sa version recuite et comprimée en cornéenne donne du schiste de Steige sur le Kastelberg, du schiste de Villé sur le Rebberg qui, enrichi en alluvion à l’embouchure de la vallée donne le Saint André. Et enfin, de l’argilo-calcaire sur le Brandhof. Une occasion rare de comprendre l’influence de la géologie des terroirs sur le goût du vin avec des vignerons qui assument leurs choix viticoles.

L’inauguration a été l’occasion d’un passage de présidence entre Raphaël Wach et Yann Durrmann à la tête d’une équipe de jeunes vignerons très dynamiques : Oscar Wohleber, Matthieu Schlosser, Hervé Klein et Pierre Wach. Raphaël Wach a été particulièrement félicité pour ses huit années de présidence, par Didier Pettermann, président du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace, le député Antoine Herth, Alfred Becker et le premier édile Fabien Bonnet. Lesquels n’ont pas manqué également de rendre hommage à Michel Durand, président d’Anim’Andlau, et à Christelle Kern, humoriste et artiste locale, principale cheville ouvrière du réputé festival Clair de nuit. Quant à Raphaël Wach, il a simplement glissé en cette veille d’élection quelques messages d’appel au devoir civique… et républicain.

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