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David Lefebvre

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Horsch, les journées de La Lucine

Pour une géopolitique du blé forte

Cultures

Publié le 24/09/2017

Dans l’univers du machinisme agricole, le concepteur et constructeur d’outils Horsch affirme une éthique agronomique extrêmement engagée et même courageuse, sous l’impulsion de son PDG Mickaël Horsch. Dont les propos décoiffants tranchent avec la ligne classique de la céréaliculture. Et c’est ce qui fait que les agriculteurs viennent nombreux chaque année sur la ferme expérimentale Horsch à La Lucine, près de Châteauvillain en Haute-Marne, où se tiennent concomitamment des démonstrations et des débats, sur l’agriculture en général.

Cette année, Sébastien Abis était invité par la maison Horsch. Directeur du Club Demeter, une association qui regroupe plus d’une cinquantaine d’entreprises et d’opérateurs de l’agriculture et du secteur agroalimentaire, Sébastien Abis déplore l’hégémonie des débats sur l’agriculture biologique au regard de la proportion qu’elle représente en amont et en aval. Il estime que l’idée selon laquelle le bio serait meilleur pour la santé est une « imposture scientifique ». Car « le problème est que cela induirait la réflexion selon laquelle les produits conventionnels seraient mauvais pour la santé ». Et il déplore le décalage des débats en France sur le sans gluten, le sans OGM, le sans viande, le sans pesticide, par rapport aux préoccupations premières des pays en voie de développement : « Ils nous prennent pour des fous, ils ne comprennent pas nos orientations ». Conseiller scientifique pour le groupe Futuribles international, Sébastien Abis rappelle que le secteur agricole est le deuxième poste des exportations françaises : « Quand vous expliquez à Bercy qu’avoir une industrie de défense c’est très bien, mais que finalement les céréales sont beaucoup plus compatibles avec les messages de la diplomatie économique. Il y a un certain malaise. »

60 % du blé français est exporté. « On ne peut pas avoir qu’un raisonnement circuit court sur le cas du blé », soutient-il. Il déplore l’absence d’une véritable géopolitique du blé : « La Pac - on annonce une Pac 2024, Brexit et hésitations obligent - doit-elle être une Pac de verdissement, de réglementation et d’entretien du rural ? Ou cela et en plus, une véritable politique stratégique pour maintenir la sécurité alimentaire sur le continent européen et contribuer aux équilibres alimentaires du voisinage de l’Europe ? Car les besoins explosent aux voisinages de l’Europe. »

Mais pour l’heure, le monde céréalier est frappé d’un « double malaise par rapport au revenu, à la trésorerie, à la reconnaissance politique et sociale et un manque de rémunération », et en même temps frappé « d’une déconsidération territoriale ». Or « cette France périphérique est dynamique sur le plan agricole et c’est celle qui crée de la valeur ajoutée sur ces territoires périphériques ». S’agissant des États généraux de l’alimentation, il s’agit de prendre garde « de ne pas enfermer le débat dans des raisonnements trop locaux, qui pénaliseraient à long terme la politique stratégique de l’agriculture ».

Établissements Henri Beyler-vinicole à Barr

Lavinox, une nouvelle cuve de pigeage

Vigne

Publié le 22/09/2017

L’investissement pour la vinification des pinots noirs en Alsace est toujours un sujet délicat au regard de la quantité relativement faible vinifiée, souvent une ou deux cuves de pinot noir par domaine viticole. Les vignerons recherchent donc du matériel qui n’engage pas trop d’investissements, mais qui présente toutes les garanties d’une vinification de qualité, et qui n’altère pas la structure phénolique par des process d’extraction trop agressifs.
C’est cette réflexion qui a conduit les établissements Henri Beyler, à Barr, à proposer une nouvelle cuve de pigeage. « Il fallait qu’elle soit compacte, car la place disponible dans les chais est souvent limitée, et qu’elle soit robuste, mais peu onéreuse », explique Patrick Beyler. Les Ets Henri Beyler proposent donc la cuve Lavinox qui est d’ores et déjà en service à l’EARL Jean-Charles Kieffer à Itterswiller, où Gérald, le fils, teste cette année l’outil.
La cuve Lavinox est de fabrication slovène, avec une finition de soudure précise, tandis que l’inox est d’origine allemande. En version 30 hl ou 55 hl, cette cuve cylindrique à plat en inox 316L extrêmement robuste et d’épaisseur de paroi généreuse, comprend un axe central horizontal équipé de pales. L’axe est branché sur un motoréducteur contrôlé par programmateur. Le temps et la fréquence de rotation sont programmables à volonté, l’objectif étant de remuer le marc doucement, souligne Gérald Kieffer, soucieux de ne pas forcer l’extraction. Les parois latérales sont doublées d’un échangeur thermique d’une surface optimale et la cuve dispose de sondes internes pour s’autoréguler.
Les pales centrales sont disposées de manière à permettre, en fin de cuvaison, une évacuation des marcs par le boitard prévu à cet effet. La cuve dispose également d’une vanne pour le délestage ou le remontage des jus s’il est nécessaire de les aérer. Il faut compter 15 500 € HT pour la 55 hl, annonce Patrick Beyler.

Cuma Terre et Prés

Pour développer l’agronomie environnementale et les échanges organiques entre exploitations

Technique

Publié le 19/09/2017

Cuma Terre et Prés rassemble pour l’instant sept agriculteurs et viticulteurs des environs d’Obernai, dont la ferme du lycée agricole d’Obernai, et des cantons limitrophes du nord du Haut-Rhin. La dynamique de cette Cuma, qui avait été lancée par Raymond Durr à Boofzheim, retrouve un nouveau souffle grâce à l’impulsion des deux agriculteurs, Francis Humann et Maurice Meyer, qui peuvent compter sur un groupe d’agriculteurs tels Pierre Beinert et Freddy Merkling, bien décidés à co-investir dans du matériel agricole à vocation agroenvironnementale.

Du matériel bien souvent très spécifique d’une culture, mais dont les vertus agronomiques sont éprouvées. Exemple. Récemment, chez Kévin Adam, de la ferme-restaurant la Coccinelle à Witternheim, les membres de la Cuma ont assisté à la démonstration de ce qui allait être leur premier investissement : une écimeuse Meneguzzo, dont le principe est d’écimer les adventices qui dépassent des cultures avant qu’elles montent à graine. Un outil en 12 mètres qui peut servir aussi bien pour les betteraves, pommes de terre, que contre les vulpins ou la folle avoine des céréales.

Le groupe ambitionne d’acquérir en outre plusieurs outils tels qu’une défanneuse thermique pour pommes de terre, un retourneur d’andains pour compost. Il estime qu’il y aurait beaucoup de débouchés locaux s’il investissait dans une unité mobile de triage et de séchage des graines de semences ou destinées à alimentation. De même, un récupérateur de menue paille aurait la double vertu de constituer une litière nourrissante pour des élevages de volailles ou autres, pour ensuite être compostée ou méthanisée. Mais dans un premier temps, après l’écimeuse dont l’investissement est éligible au PVE (Plan végétal environnemental), le groupe réfléchit à la location d’un tracteur en commun, dont les besoins se font sentir en appoint dans les exploitations agricoles.

À moyen terme, la Cuma jouerait un rôle de passerelle pour les échanges de matières organiques valorisées entre les exploitations qui en produisent et les exploitations qui l’utilisent, par exemple entre les élevages et la viticulture.

Civa - 4e contrôle de maturité

La ligne 2015

Vigne

Publié le 14/09/2017

Démarrées avec un potentiel d’acidité supérieur à 2015, et assez remarquable au regard de la précocité, les courbes d’accumulation des sucres et de baisse d’acidité ressemblent désormais au millésime 2015, tant pour les pinots gris que pour les rieslings. Ou même pour les pinots noirs et blancs. Cependant, comparé à 2015, les pH s’affichent à des niveaux bien bas, à l’exception de quelques gewurztraminers dans certaines communes. Ce qui laisse désormais un peu de temps pour vendanger les raisins à vins tranquilles, sauf risques sanitaires de fin de cycle.
Les rieslings atteignent à ce stade autour de 11° d’alcool potentiel acquis avec toujours des acidités de pH autour de 3. Excepté quelques prélèvements où la maturité s’attarde. Tandis que nombre de pinots gris affichent 13° ou plus avec des pH à 3,2-3,3 : la garantie de vins de grande fraîcheur se confirme.
Les mesures d’anthocyanes et de polyphénols des pinots noirs font apparaître également des teneurs sensiblement équivalentes au millésime 2015, légèrement plus de couleur qu’en 2014, mais nettement moins qu’en 2013.

Groupe jeunes du Synvira

Soirée ciné-débat sur la transmission

Vie professionnelle

Publié le 12/09/2017

L’idée émane d’une rencontre entre Yann Durrmann, vigneron à Andlau, et l’équipe associative de La toile du Ried, présidée par Jacky de Montigny, qui gère le ciné Rex de Benfeld. Le groupe jeunes du Synvira a organisé une soirée ciné-débat-dégustation avec la projection du dernier film du réalisateur Cédric Klapisch, Ce qui nous lie. Le scénario se déroule dans un domaine viticole bourguignon et retrace toutes les difficultés qu’éprouvent deux frères et une sœur à réussir la transmission du domaine et la transition de génération, suite au décès inopiné du père. Le trio doit faire face à une taxation de succession causant beaucoup d’incertitudes sur le devenir du domaine familial.

Les jeunes représentants de six domaines viticoles ont répondu présent à cette soirée qui a fait salle comble (170 places) : Jean Huttard à Zellenberg, Roth à Soultz, Hubert Metz à Blienschwiller, Marcel Deiss à Bergheim, André Durrmann à Andlau et Beck-Hartweg à Dambach-la-Ville.

Question évidente posée par les spectateurs aux jeunes vignerons : le film reflète-t-il bien la réalité sous différents aspects, l’entente entre les frères et sœurs et intergénérationnelle, les difficultés d’assumer le coût de la succession d’un domaine viticole, les relations de voisinage entre viticulteurs ?

Pour Florian Beck-Hartweg, « l’intrigue principale autour de la succession, les relations dans l’entreprise, avec les employés, les parents, le voisinage » permet de montrer que « derrière un domaine, il n’y a pas que des choix techniques et financiers, mais il y a un aspect humain et relationnel très fort. Une facette du métier que l’on vit souvent dans notre intimité mais qui a une influence énorme sur le domaine et ses vins ». Même propos pour Céline Metz, jeune viticultrice à Blienschwiller, qui s’est identifiée au cas de Jean, le personnage principal, joué par Pio Marmaï, et de Juliette, joué par Ana Girardot. « Ayant fait des études en Australie et étant revenue sur le tard au domaine, je me suis retrouvée dans les personnages sous différents aspects, confrontée à des gros challenges. C’est une fiction très réaliste sur les difficultés de poursuivre face aux accidents de la vie. »

Le coût de la succession a en particulier interpellé Mathieu Deiss et Victor Roth : « Au-delà de notre attachement à la terre, il faut être à la hauteur de ce que l’on nous transmet. Ça s’organise. Et ce sont des questions de budget. » Et un problème crucial se pose à la viticulture, ont expliqué Victor Roth et Yann Durrmann : celui de la taxation des successions. « Nos terres sont taxées comme une richesse, or c’est un bien de production. »

Moulin de Dusenbach

La gestion confiée aux Grands Chais de France

Vigne

Publié le 11/09/2017

Les Grands Chais de France obtiennent l’exploitation et la gestion du domaine du Moulin de Dusenbach à Ribeauvillé (26 ha). Mais la famille Schwebel reste partie prenante dans la propriété du domaine par l’intermédiaire d’un groupement foncier viticole, dont le tour de table n’a pas été communiqué.

Après le domaine Klipfel à Barr (25 ha), c’est le deuxième domaine en moins de deux ans dont l’exploitation est confiée à LGCF, par l’intermédiaire de sa filiale alsacienne Arthur Metz. À Barr, la reprise foncière de la maison Klipfel, a été effectuée par l’intermédiaire de deux GFV (groupements fonciers viticoles) constitués par le groupe financier La Française, filiale du Crédit Mutuel Nord Europe : le GFV Clos Zisser et le GFV André Lorentz. Dans le cas du Moulin de Dusenbach, la famille Schwebel reste partie prenante dans l’affaire avec le GFV Schiefferberg, dont on ne sait si des établissements financiers sont partie prenante.

Avec ses centres de collecte et de pressurage bien répartis sur l’ensemble (Scharrachbergheim – Epfig – Colmar), la maison Arthur Metz peut rationaliser la logistique des vendanges et de l’exploitation viticole, là où le Moulin de Dusenbach éprouvait quelques difficultés, le foncier étant réparti sur 15 communes.

La reprise du Moulin de Dusenbach, n’a finalement été officialisée qu’à la veille des vendanges, au prix de longues tractations. Jean Schwebel avait acheté ce domaine en 2008 à Bernard Schwach, qui avait cependant conservé 4 ha de vigne. La famille Schwebel escomptait dégager des synergies avec son activité de production de foie gras Feyel-Artzner, mais l’exploitation de ce domaine avait finalement plongé toute la maison de foie gras dans la difficulté, jusqu’au redressement judiciaire. Une solution de reprise a finalement été trouvée cet été avec la SAS Franciade qui conserve 69 des 98 salariés du site de Schiltigheim.

Troisième contrôle de maturité

Les guêpes aux aguets

Vigne

Publié le 10/09/2017

Les vendanges battent leur plein dans le vignoble alsacien. Et pour l’heure, les données de maturité, collectées par le Civa et mises en ligne, témoignent d’une très bonne acidité (qui a cependant fort baissé), tout en résistant remarquablement à l’évolution de la maturité.

Les toutes dernières données datent de prélèvements effectués le vendredi 1er septembre. Entre Orschwihr et Ribeauvillé, les pinots blancs et les auxerrois affichent entre 10,5 et 11,5° d’alcool potentiel pour des pH oscillant entre 2,9 et 3,2, à la faveur de belles concentrations en acide tartrique. Au 30 août, les données de gewurztraminer indiquent quasiment toutes une maturité très avancée pour ce cépage, souvent supérieure à 13° et même proche de 14°. Après la quantité très faible, c’est l’état sanitaire des gewurztraminers qui préoccupe avec beaucoup de piqûres de guêpes et des baies tuilées et contenant des larves de drosophiles.

Il en va de même pour nombre de parcelles de pinot noir et de pinot gris, qui ont eu à subir des attaques d’hyménoptères et de drosophiles, conduisant les viticulteurs à réviser leur organisation habituelle des vendanges, et devant récolter des pinots noirs de cuvaison avant les crémants. Les grappes extrêmement agglomérées et la finesse des pellicules accentuent ces nouveaux risques sanitaires de fin de cycle, conférés par les insectes. S’ajoutent à cela, des populations de pince-oreilles extrêmement élevées dans certaines parcelles.

L’évolution des rieslings reste en revanche très modérée, comparée à celle des pinots, avec des titres alcoométriques potentiels se situant autour de 9,5°/10,5° du nord au sud du vignoble au 28 août, des pH à 2,8/2,9 et une acidité totale se situant le plus souvent entre 7 et 8 g/l en équivalent sulfurique, ce qui rappelle le millésime 2013 ou 2008.

Laboratoire Gresser

Vers des réductions du sulfitage sur vendange

Vigne

Publié le 28/08/2017

« On est sur une réflexion globale de réduction du SO2 », introduit Stéphane Gresser. Entre l’hyper protection contre l’oxydation, technique de type australienne, et l’hyper oxydation pratiquée en son temps par Müller Spath, le laboratoire Gresser cherche à en comprendre les effets gustatifs. Des recherches à l’aulne du succès grandissant des vins peu ou pas sulfités, et en tout cas, non sulfités à la vendange.

Car de nombreux vignerons abandonnent le sulfitage au pressoir ou sur moût. Ils constatent que les vins gagnent en buvabilité. En effet, le sulfitage, à ce stade, laisse ensuite apparaître des duretés une fois la fermentation accomplie. Duretés souvent rédhibitoires. Tout l’enjeu pour le laboratoire Gresser est de comprendre d’où viennent ces duretés, pour tout de même continuer à profiter des effets protecteurs des sulfites, sans s’exposer à ces désagréments gustatifs.

Des vins plus stables, plus résistants et plus harmonieux

« On a toujours peur de perdre des arômes avec des moûts brunis par l’oxydation, explique Stéphane Gresser. Mais on se rend compte avec l’oxydation des moûts qu’on y gagne. On a des vins plus stables, plus résistants et plus harmonieux au palais. » Cependant, poursuit-il, « une oxydation trop intense peut déshabiller un vin, faire apparaître des notes végétales de type hexanal. » Entre l’oxydation contrôlée ou le sulfitage, la question pour le laboratoire Gresser est de trouver le « juste milieu », de « raisonner telle ou telle technique. Pourquoi est-elle intéressante sur certains vins et pas d’autres ? »

Le laboratoire a donc analysé en 2016 de multiples vins ayant connu différents process. Le constat : ce qui différencie les vins sulfités à la vendange des vins non sulfités, c’est la quantité de polyphénols oxydables, qui varie du simple au double quand il y a sulfitage de la vendange. Cette fraction de polyphénols, telle que les acides phénols, est réputée très amère. Et selon la littérature œnologique, le SO2 sur moût aurait la fâcheuse faculté de les combiner pour les maintenir solubles jusqu’après les fermentations. En clair, si la vendange est pourvue en acides phénols, le SO2 a la faculté de les rendre solubles pour les maintenir dans le vin, même après la fermentation. Et a contrario, une oxygénation du moût fait précipiter ces précurseurs d’amertume.

Évaluer les polyphénols oxydables

Le laboratoire Gresser réalise donc ses analyses au spectrophotomètre pour évaluer sur moût les quantités de polyphénols oxydables. Mais l’amertume n’est pas seulement liée à cet effet solubilisateur des polyphénols par le SO2 : il y a aussi par exemple la trituration de la vendange. Toute la difficulté est d’ôter ces amertumes sans faire perdre à la vendange toute sa matière phénolique car, explique Stéphane Gresser, « les polyphénols restent cependant le support principal de la matière, de la consistance du vin : systématiquement les vins trop faibles en Indice de polyphénols totaux (IPT) sont qualifiés de petite matière. » D’ailleurs, « cet IPT est bien plus parlant que l’extrait sec réduit. Mais quand on a l’IPT, le tout est de savoir si c’est dû à la trituration ou du fait de la concentration naturelle de la matière. » Car d’un côté, les polyphénols oxydables s’éliminent naturellement en présence d’oxygène et en absence de SO2. Quant à l’amertume issue des triturations de vendanges, il faut avoir recours à des colles protéiques pour ces tanins durs et amers.

Pour mieux caractériser la matière, le laboratoire a donc renforcé ses outils d’analyse afin de bien identifier l’amertume potentielle de la matière. Ajouté à l’indice de polyphénols totaux, il propose l’indice de pouvoir tannant, et l’indice de polyphénols oxydables, ce qui permettra ainsi de bien évaluer les risques d’amertumes et leurs sources.

Face à cela, il propose des outils raisonnés au type de vendange ou de fraction de pressurage, comme l’oxygénation contrôlée, de manière à précipiter sélectivement ces polyphénols oxydables. L’idée est de faire évoluer les vignerons vers la diminution de soufre, telle que souhaitée par la société civile, mais le tout en comprenant ce qui se passe. Telle est la politique du laboratoire Gresser.

Chambre d’agriculture d’Alsace

Pulvérisateurs : vers le confinement des applications

Vigne

Publié le 08/08/2017

Beaucoup de monde et de pulvérisateurs le 20 juillet dernier à Eichhoffen. Avec en premier, un pulvérisateur de marque Friuli. Cet appareil italien, à panneaux récupérateurs traînés du constructeur italien Agricolmeccanica. Les panneaux sont ajourés, l’air est filtré avec captation des produits sur lamelles. Friuli annonce au moins 40 % de récupération et jusqu’à 90 %. L’ajustage des panneaux est autonome avec l’adaptation de ces derniers à l’écartement de la vigne et la largeur du feuillage.

Chez Berthoud, la régulation du Twist’air est de type DPM proportionnelle au régime moteur. L’orientation des canons est manuelle ou électrique. Berthoud a prévu un rince-bidon dans le tamis filtre d’incorporation des poudres ou liquides, la filtration des bouillies s’effectue à l’aspiration et au refoulement. Chez Léon Durrmann, on propose un système d’adaptation des rampes à la largeur pour être au plus près du feuillage.

À noter également que Sika offre la possibilité d’adapter un capteur de mesure de pression et de débit, donnant les volumes/ha en temps réel. Le boîtier adaptable sur tout appareil transmet les données sur smartphone par wifi. Les informations en temps réels sont ensuite cartographiées.

Le pulvérisateur Idéal Bora dispose d’un réservoir lave-mains et d'un réservoir de rinçage du circuit. Il n’y a pas de cardan. Le volume appliqué est de 110 litres. L’inclinaison des canons est réglable électriquement, « idéal » quand on a des alternées, et des écartements différents.

40e Nuit du crémant

Blienschwiller vit ses plus belles heures

Vigne

Publié le 08/08/2017

À l’époque, le maire, Jean Sperry, confie à son premier adjoint, Roger Muckensturm, le soin de créer une animation. Celui-ci demande alors à Jean-Marie Sohler, chef de corps de l’amicale des sapeurs pompiers, ainsi qu’à l’association Le Club 77, de prêter main-forte à l’organisation d’une petite foire aux vins. Elle se tient alors dans la petite école, laissée vacante pendant d’été. Puis, la fête connaît peu à peu un succès grandissant avec les présidents successifs de l’amicale, Étienne Wassler, Pierre-Yves Meyer et aujourd’hui Serge Schwartz.

Rebaptisé en 1986 Nuit du crémant, l’événement a aujourd’hui « le vent en poupe », constate avec une grande satisfaction Roger Muckensturm, pour qui cette fête s’inscrit dans l’épopée de ce village vigneron depuis le XIIe siècle. « Au XVIe siècle, il est attesté qu’un médecin bâlois fait l’éloge des vins de Blienschwiller, dont certaines barriques étaient transportées à Sélestat pour être exportées. » Comptant 25 exploitations viticoles pour 335 habitants, Blienschwiller est probablement le village où le nombre de vignerons rapporté au nombre d’habitants est le plus élevé, fait remarquer le maire, Jean-Marie Sohler. C’est aussi le village du « double rendez-vous des saveurs, initié par Jérôme Meyer, une mini-randonnée gastronomique qui se déroule toujours à guichets fermés », ajoute-t-il.

Un millésime du même cru qu’en 1947 ?

L’inauguration a été l’occasion de donner un coup de projecteur sur le millésime 2017. « Une récolte impactée par le gel, mais qui promet une très belle qualité », souligne Didier Pettermann, président du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa). « Il fait penser au millésime 1947, le plus grand du siècle dernier », fait-il remarquer. Il n’a pas été contredit en cela par Jean-Marie Sohler, puisque « c’est l’année de ma naissance » !

La commune a aussi profité de cette quarantième fête pour inaugurer la nouvelle mairie - école qui abrite aussi la bibliothèque et la salle associative. Le nouveau bâtiment ultramoderne à l’intérieur reste paré de colombages à l’extérieur, ce qui a occasionné de véritables prouesses architecturales pour se conformer aux prescriptions des Bâtiments de France.

Le député Antoine Herth a rappelé toute l’importance qu’il attache à la réserve parlementaire, cette somme dont disposent les députés pour aider les communes dans leurs projets. Mais le responsable politique fraîchement réélu a surtout incité la profession viticole à s’impliquer dans les États généraux de l’alimentation. « Il faudra que la profession participe à la discussion pour rappeler le rôle culturel de la viticulture française et son poids dans la balance commerciale du pays. »

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