Dans une autre vie, Francine Mancel était vigneronne à Bandol. La voici désormais devenue créatrice d’un jeu autour du vin qu’elle a conçu, dessiné et réalisé. Installée en Alsace depuis deux ans, elle réfléchissait à un support ludique participatif qui permette de sortir des discours hermétiques, convenus et autorisés sur le vin. Elle lance donc « Les subtilités et mystères du vin », un coffret avec fiches de dégustations et cartes de sémantique œnologique pour la description complète du vin, le tout agrémenté par deux personnages en bande dessinée, César et Cerise. « Je donne des cours de dégustation. Et je voulais que les soirées œnologiques entre amis ne se résument pas à l’objet dégusté. Mais souvent, les dégustateurs manquent de mots pour décrire le vin », explique la créatrice du jeu.
Le principe ? Un vin est emmailloté. Il s’agit alors de remplir une fiche de dégustation sur la base de cartes disponibles avec du vocabulaire pour décrire le portrait du vin - 317 cartes au total. Avec comme métaphore descriptive, le portrait physique, psychologique d’un personnage. Le dégustateur est accompagné par les deux personnages. Enfin, il peut comparer son portrait à celui proposé par des sommeliers, grâce à l’application en ligne du jeu, sur le site www.portrait-du-vin.fr. Le tout a été imaginé et conçu par Francine Mancel. Le coffret sera disponible chez les cavistes, et en librairie. C’est encore Francine qui va assurer la diffusion commerciale du jeu.
Et elle prépare des déclinaisons du jeu par région. Bientôt donc un « Subtilités et mystères du vin d’Alsace », chez les cavistes de la région.
Le retour de l’emblématique tracteur JDS est né de la rencontre entre l’industriel de la chaudronnerie, Fabien Guillet, et Louis Dromson, le concepteur du châssis de ce tracteur vigneron, le plus court et le plus bas sur pattes du marché. Les feu Établissements Dromson avaient réussi, grâce au châssis unique et génial du JDS, la difficile équation étroitesse - 1,05 mètre de large - et stabilité extraordinaire. Le tout doté d’un moteur John Deere, assez puissant et nerveux pour se sortir des passes délicates dans les pentes les plus raides des vignobles. Seul tracteur vigneron équipé de ce moteur, le JDS avait ses vignerons inconditionnels. Jusqu’à cette fatidique année 2008 où les ateliers de montage Dromson ont cessé leur activité.
Des soudeurs compagnons du devoir
« Écoutes, il y a un parc d’environ 800 tracteurs qui tournent. C’est dommage de laisser tomber ! », lui dit un jour Louis Dromson. L’Alsacien Fabien Guillet et ses équipes de soudeurs à façon, dont certains sont compagnons du devoir, sont des adeptes des défis industriels « made in France » dans leurs réalisations chaudronnières. Capables de répondre à des demandes plus extraordinaires les unes que les autres, comme des charpentes pour la Tour Eiffel, ou des échafaudages scéniques pour les concerts de Johnny Haliday. L’industriel de Duppigheim en Alsace (100 salariés, 13 millions d’euros (M€) de chiffre d’affaires) envisage alors de re-fabriquer ce tracteur de légende à l’heure où bon nombre de constructeurs outre-Rhin comme Holder, Sauerburger ou Bergmeister, arrêtent cette activité.
Il n’y avait plus d’équivalent au JDS sur le marché
« Certains abandonnent sous l’effet de l’évolution normative et des faibles marges. Chez nous, le tracteur s’inscrira dans une production globale faite de fabrications ponctuelles et régulières. D’autant que nous avons le savoir-faire dans les engins motorisés » hautement normés. Si la production d’un tel tracteur colle à son projet d’entreprise, Fabien Guillet a aussi vu qu’il y a un marché à prendre. « Les vignerons se font peur dans les vignes et ça a été de pire en pire, car il n’y avait plus d’équivalent au JDS sur le marché », résume-t-il.
Centre de gravité surbaissé
Mais ressusciter le JDS n’a d’intérêt que si le nouveau tracteur conserve tous les ingrédients de sa réussite : outre ses dimensions courtes, son centre de gravité surbaissé et son moteur John Deere, une mécanique simple et fiable, sans ambages technologiques. Problème : entre 2008 et 2018, pour arriver aux normes Tier5, les moteurs se sont entourés d’un ensemble de nouveaux composants pour la dépollution des gaz (filtres catalyseurs) encombrants. « La conception a été un purgatoire ! », confie Fabien Guillet, pour loger tout sous le capot.
À l’heure où le vigneron doit plaire au grand public
Le capot : un sujet qui d’ailleurs prête à interrogation… Qu’on ne se méprenne pas sur le travail de l’industriel. Il a bien fait appel à un designer. Avec une ligne de signature plutôt rétro que futuriste, « les vignerons ne l’apprécient pas beaucoup pour l’instant », admet Fabien Guillet. Mais, à l’heure où les vignerons doivent plaire pour vendre leur vin, le look assumé de ce tracteur « est fait pour plaire au grand public », assure-t-il. D’ailleurs, « les couleurs seront déclinées selon le souhait des vignerons à l’identité du domaine viticole. Et nous conservons la marque JDS qui est la signature ». Ce JDS pourra également admettre une cabine catégorie 4, à l’atmosphère pressurisée et filtrée sur charbon.
Homologué en février prochain
« C’est un défi industriel. Nous ne sommes pas soutenus, mais je veux prouver que nous sommes capables de le faire. » Au plus fort, il sortait 100 JDS par an des usines Dromson. Fabien Guillet espère pour sa part en sortir 50 unités par an. « La vocation du JDS sera d’être fort en France pour être exportable, j’espère du soutien », réaffirme l’industriel, et « un certain chauvinisme, car c’est un produit à 70 % français, et à 90 % européen ».
Mécénat Fondation de l’Œuvre Notre Dame - Cave du Roi Dagobert
Démembrée, et ayant perdu sa crosse, l’imposante statue de Saint-Arbogast - 800 kg, 2,60 mètres de hauteur - avait été ôtée de sa niche sur la façade sud du transept de la cathédrale de Strasbourg en 1897. 120 ans après, c’est avec les financements participatifs collectés auprès de la population et de mécènes, par la Fondation de l’Œuvre Notre Dame, chargée de l’entretien et de la restauration de l’édifice, que la statue du saint évêque de Strasbourg, qui aurait vécu au VIe siècle, sera à nouveau visible en février prochain. La dépose des échafaudages laissera alors apparaître également des cadrans solaires dorés à la feuille d’or, « marquant un début de polychromie de la cathédrale », a précisé le premier adjoint chargé du patrimoine, Alain Fontanel. Ainsi qu’une balustrade parfaitement restaurée.
Parmi les généreux mécènes, la cave du Roi Dagobert à Traenheim qui, en 2015, a élaboré la cuvée du Millénaire et la cuvée de la Cathédrale : pour chaque bouteille vendue 1 euro est reversé à la fondation. C’est donc un chèque de 14 500 € qui a été remis à la fondation, mercredi 25 octobre. Au total, la vente des cuvées par la cave du Roi Dagobert a généré 52 000 € de dons. « Fort est de constater que nous avons manqué d’ambition. Les 10 000 bouteilles ont été vendues en quelques mois », a indiqué Luc Anstotz, président de la cave, qui en appelle aux restaurateurs et cavistes strasbourgeois afin qu’ils soutiennent cette opération de mécénat en proposant les vins de la cave sur leur carte.
Ce mécénat n’est qu’un épisode dans les liens séculaires qu’entretiennent la Fondation de l’Œuvre Notre Dame et le vignoble alsacien. Pour mener à bien sa mission de conservation patrimoniale, la fondation détient d’ailleurs 12 hectares de vignes exploités par des viticulteurs de la cave du Roi Dagobert.
La restauration de Saint-Arbogast a coûté quelque 40 000 €, chiffre incluant la restauration de la balustrade. L’action de mécénat va se poursuivre, a indiqué Luc Anstotz, qui se dit ouvert à « d’autres formes créatives de mécénat ». De son côté, la fondation engage la numérisation du fonds photographique sur verre, soit 6 749 clichés sur plaques de la cathédrale et de Strasbourg vue des hauteurs de la cathédrale, dont les premiers exemplaires remontent à 1860. Ces photos servent notamment à documenter la restauration de l’édifice avec le souci de rester fidèle aux œuvres originales. C’est d’ailleurs sur cette base qu’a été restaurée la façade du transept sud.
InVinoTech cherche actuellement à rassembler les forces vives du vignoble alsacien pour « mettreen place les nouveaux leviers de valorisation de la filière vitivinicole alsacienne par l’action, l’innovation et le numérique », explique la meneuse du projet Nadia Lelandais.
À la genèse du projet Fondé en mars 2017 par Nadia Lelandais, Thomas Cruzol,Coralie Haller, Mathieu Lasnevilloing, Arnaud Tarry et Catherine Mosser, il y a la volonté de créer « un écosystème d’apporteurs d’idées à la filière viticole ». « La méthode est extrêmement pragmatique. Elle consiste tout simplement à mettre de concert toutes les énergies de ce vignoble pour résoudre des problèmes quels qu’ils soient. »
Le groupe a depuis organisé cinq réunions dont la dernière avait lieu le 14 octobre dernier dans les locaux de l’Institut national des sciences appliquées (Insa) de Strasbourg où se déroulait un hackathon. Qu’est-ce ? Des développeurs dans différents domaines du design, informatique, robotique, commercial, etc.se réunissent l’espace de deux jours pour répondre à des problématiques posées.
La méthode pour accélérer le processus de création et d’invention est celle du TRIZ, acronyme russe qui signifie Théorie de Résolution de Problèmes d’Invention. Et qui se pratique à l’Insa sous l’impulsion de professeur tel que Denis Cavalucci, chercheur au (LGeco), Laboratoire de génie de la conception à l’Insa. Dont l’objet est de « faire évoluer les pratiques des ingénieurs d’un mode routinier vers un mode inventif ».
Exemple de sujet qui pourrait être abordé : « Dans le cadre de la nouvelle organisation du Civa, des groupes de réflexion travaillent notamment sur l’identité de l’Alsace. L’ensemble de la viticulture alsacienne devrait être consultée sur cette réflexion d’identité des alsaces. Et les nouveaux outils d’aide à la décision devraient nous apporter des précisions sur le profil du consommateur de vins d’alsace en France et à l’étranger, et de demain. Mais notre gros challenge est de mettre en place un outil efficace permettant de mieux valoriser le vin d’Alsace. Et lui donner une image qui devrait être celle du plus grand vin blanc du monde. Il a été défini tout un ensemble de strates qui correspondent aux piliers différenciants du vin d’Alsace », explique Pierre Bernhard, président du Synvira.
« InVinoTech rassemble à ce jour plus de 25 acteurs dynamiques de tous horizons autour du monde du vin, interprofessions, représentations locales, avec la connaissance des acteurs du numérique, de l’industrie, de la recherche et de l’université, du marketing et du financement. Tous sont mobilisés et engagés pour inventer ensemble un meilleur futur de la filière vitivinicole. »
Nichoirs, potences à rapaces, semis de couverts mellifères de plantes autochtones, hôtels à insectes pollinisateurs, réaménagement des murets et des lisières : c’est un vaste projet en faveur de la biodiversité qui est actuellement conduit sur le ban viticole de Ribeauvillé. Et pour ce faire, l’ensemble des groupes constitués et institutionnels s’associent : le syndicat viticole local, les sources Carola, la ville de Ribeauvillé et la Chambre d’agriculture d’Alsace (CAA).
« Nous avons choisi de mener à bien ce projet à Ribeauvillé car le groupe de viticulteurs y est très dynamique notamment avec la pose des capsules de confusion sexuelle », explique Frédéric Schwaerzler, technicien conseil à la CAA. Fait notoire, les décisions d’aménagement ont été définies conjointement avec les naturalistes de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et Bufo pour les mammifères, batraciens, reptiles, qui ont d’abord effectué un état des lieux. La présence du hibou grand-duc a notamment été identifiée.
Les abords des parcelles seront aménagés de divers nichoirs, potences à rapaces, posés avec naturalistes. Le projet intègre également des moyens donnés aux viticulteurs pour restaurer et entretenir les murs en pierre sèche du vignoble. Une formation assurée par le Parc des ballons sera proposée aux exploitants et salariés.
Des lisières de forêt réaménagées
Un sujet concerne aussi les lisières de forêts qui sont toujours des lieux de forte biodiversité, par exemple pour les oiseaux cavernicoles. Entre la vigne et la forêt, une bande de 50 mètres sur la zone de l’Altenholtz, va consister à ouvrir le paysage, tout en laissant les arbres remarquables et en replantant des essences locales.
Enfin, les sources Carola, qui envisagent de nouveaux captages, ont conduit une étude sur les abeilles, leur mortalité en lien avec la pression insecticide, le varroa mais également le bol alimentaire qui se fait rare à l’automne. D’où l’intérêt pour les viticulteurs et les apiculteurs de réintroduire des mélanges mellifères de plantes autochtones. Il a été fait appel à la maison de semences Nungesser à Erstein, qui depuis deux ans conduit un projet de ce type de semences, notamment avec le conservatoire des sites alsaciens et dans le cadre du projet Repère à Westhalten. « Le financement des semences est assuré aux trois quarts par la ville, Carola et le syndicat viticole », indique Frédéric Schwaerzler. Pour l’heure, cette facette du projet engage 16 viticulteurs. « L’idée est d’étendre ces semis à l’impluvium, mais le comportement des mélanges sera avant étudié, avec un suivi agronomique assuré par Chantal Rabolin et Christian Bockstaller de l’Inra ».
Pour fêter la reine des vins, rien de tel qu’une cuvée dédiée. Et c’est donc en hommage à leur fille Justine, pour fêter son sacre de reine des vins d’Alsace 2017, que Bernard et Catherine Schmitt proposeront une cuvée spéciale. Et comme à Ottrott, c’est le cru communal du rouge d’Ottrott qui a la faveur des vignerons et des amateurs de vins, c’est forcément vers un pinot noir local vinifié en rouge qu’allait se porter le choix pour la cuvée de la reine des vins d’Alsace 2017.
Mais une vinification un peu particulière… Comme cela se faisait autrefois, quand il n’y avait pas encore de cuves en matériaux modernes : le pinot noir était encuvé en foudre. Il n’y a pour ainsi dire plus qu’au pays des rouges d’Ottrott que l’on se risque à cette épreuve physique. Imaginez : 60 hectolitres de raisins se pressant derrière la porte de l’immense foudre. Comment l’ouvrir en fin de cuvaison pour décuver le raisin qui a macéré pendant trois semaines ou plus ? « Au cric », répond Bernard Schmitt… C’est donc avec un cric qu’il a forcé l’ouverture du foudre pour sortir les marcs.
Au final, le rouge d’Ottrott millésime 2017 du domaine Fritz-Schmitt, cuvée de la reine des vins d’Alsace, se présentera sous des notes fruitées très généreuses. Justine, actuellement sommelière au Sofitel de Strasbourg, aura à cœur de faire découvrir ce rouge d’Ottrott familial, écoulé à la sueur du front de son papa, Bernard, de son frère, Antoine, et de l’équipe du domaine à Ottrott.
Découvrez cette scène de décuvage peu ordinaire à travers notre vidéo.
À l’heure où les vignerons élaborateurs de bulles se rassemblent dans les allées du Millésium d’Épernay à l’occasion du Viteff, c’est l’occasion de prendre le pouls de la viticulture champenoise. Le prix du raisin payé aux producteurs champenois a connu pour 2017 une flambée sous l’impulsion de Moët & Chandon. Le plus grand opérateur de Champagne force ainsi le destin de la Champagne et oblige l’ensemble des opérateurs à plus de rigueur dans la recherche des valeurs ajoutées. Le prix du kilo de raisin était jugé déjà très élevé en 2016, avec une moyenne allant de 5,50 €/kg jusqu’à 6,26 €/kg pour la cote des blancs.
Le coût de la matière première, évalué en 2016 entre 6,60 et 7,51 € par col de 0,75 l, a encore augmenté pour le millésime 2017. Conséquence : plus que jamais, en Champagne, le prix du raisin élevé fixe des obligations pour les opérateurs à valoriser et cultiver la bonne image de marque. Et les oblige à dégager des marges bénéficiaires.
Si les grands opérateurs de la place peuvent réaliser des économies d’échelle, le petit négoce est en revanche condamné à ne pas brader ses champagnes. Et à trouver des marchés à plus grande valeur ajoutée que la grande distribution en métropole. Les ventes de champagne en France accusent une baisse, le grand export connaît une progression de 14 % au premier semestre 2017.
La Champagne reste le premier exportateur mondial en valeur et se taille la part du lion avec 55 % des échanges en valeur du marché des effervescents. Le marché allemand est très dynamique (+ 5 % en volumes). C’est pourquoi le Viteff proposait un focus sur la consommation des champagnes Outre-Rhin appelée à évoluer très favorablement.
Chiffre d’affaires : de record en record
Au final, le chiffre d’affaires des ventes de champagne est en hausse de 3,4 % sur le premier semestre 2017. La Champagne consolide ses résultats, après que les ventes de 2015 et 2016 ont renoué avec le record historique de 2007. Mais en 2007, il s’était vendu 339 millions de cols (Mcols), alors qu’actuellement il en est à 312 Mcols.
Dans ces conditions, le salon du Viteff constitue un lieu d’effervescence où les tendances de l’innovation technologique et en marketing s’expriment fortement. Point notable, la robotique est déjà bien implantée dans les grandes unités vinicoles.
La robotique s’introduit aussi dans les petites unités et même chez les vignerons indépendants avec par exemple Universal Robots, leader mondial des robots collaboratifs : « Notre cible, ce sont les TPE. C’est un robot très simple à programmer. L’UR 3 - 5 ou 10 porte respectivement 3, 5 ou 10 kg avec un rayon d’action de 500, 850 ou 1 350 mm », explique Nicolas Bouhet, directeur commercial d’HMI-MBS.
Ce robot permet de soulager les tâches répétitives et lourdes comme placer les bouteilles dans un carton. L’organe préempteur de ces robots qui prennent les bouteilles par une, deux ou beaucoup plus, c’est une ventouse. À l’usage, la mécanique est très sollicitée par le poids des bouteilles translatées. C’est pourquoi Duguit Technologies, avec sa filiale Allians Robotics, propose l’impression 3D dans un alliage à base de titane de certaines des pièces du robot très sollicitées. Thimotée Duguit et Olivier Magnien ont reçu pour cela le prix de l’innovation 2017 du Viteff.
Piles à combustibles : l’assurance électrique
Mais pour faire fonctionner ces robots, il faut être sûr de la qualité de son alimentation électrique. Les micro-coupures peuvent causer bien des dommages sur les circuits électroniques, et subitement interrompre un robot qui alors peut lâcher les bouteilles. Gencell équipe les chais d’une pile à hydrogène de 5 kW par module, dont le temps de réactivité répond à cette problématique qui peut causer de lourds dommages à l’entreprise. « Gencell est un groupe électrogène super-réactif et extrêmement performant sur le plan environnemental », témoigne Christophe Labruyère qui distribue la pile.
L’hydrogène provient de l’électrolyse de l’eau. Une pile équipe actuellement la maison de Champagne Billecart-Salmon (3 Mcols/an), dont le directeur de production Éric Coelho, a témoigné l’intérêt. Il faut compter 800 €/mois pour cette pile génératrice, qui constitue en quelque sorte une assurance sur des productions où l’informatique et la robotique deviennent prééminentes et où la charge du réseau de distribution va devenir incertaine.
Au chapitre des tendances, signalons aussi la recherche à la diminution des sulfites, impulsée peut-être par la mouvance nature pour répondre à une demande, mais plus institutionnellement par le CIVC.
Au total, cette édition du Viteff a enregistré plus de 22 000 entrées.
« C’est la première fois qu’on voit ça », s’exclame M. Wolfensperger, viticulteur de la cave de Beblenheim. Lui et son équipe ont vendangé mardi 17 octobre les pinots gris vendanges tardives du lieu-dit Héring, en tenue d’apiculteur. « Et tous les viticulteurs ce matin sont dans le même cas. Il y a environ quatre à cinq abeilles par grappe ». Les raisins titrent 18,5° d’alcool potentiel, et c’est le sucre qui attire probablement les butineuses.
Si la présence des abeilles semble rassurer le vigneron sur la santé environnementale de sa parcelle de vigne, en revanche ce comportement apparaît comme plus inquiétant aux yeux des apiculteurs. Tim Tucker, apiculteur, président de la Fédération américaine d’apiculture, avait expliqué que les abeilles peuvent récolter n’importe quel sucre disponible si les fleurs viennent à manquer, ou en cas de sécheresse. Or, avec les chaleurs inhabituelles de ce mois d’octobre en Alsace, les abeilles redoublent d’activité, sauf que la réserve en fleurs est à cette époque bien maigre. Elles se reportent donc sur toutes les ressources sucrées à leur disposition, dont les raisins de vendanges tardives.
Fait œnologique remarquable, contrairement aux baies altérées par des piqûres de guêpe ou de drosophile suzukii, les abeilles semblent avoir un rôle thérapeutique sur les raisins : les parcelles ne sentent pas la piqûre acétique, tel que cela se produit avec des attaques de guêpes. C’est peut-être que les abeilles assurent le service de nettoyage après l’attaque de guêpe. Ou bien, pense M. Wolfensperger, il faut attribuer l’absence de pourriture acétique à la présence du botrytis noble qui exerce un effet antagoniste contre les bactéries acétiques. En tout état de cause, l’observation des abeilles montre qu’elles ne butinent que les baies déjà percées par les guêpes.
« J’essaie de convaincre les communes viticoles, mais cela ne prend pas partout, et pourtant c’est mieux que le béton coulé », explique Frédéric Schwaerzler, technicien conseil à la Chambre d’agriculture d’Alsace. Depuis plusieurs années, il tente de convaincre le vignoble que les dalles béton à gazon présentent de multiples intérêts écologiques, économiques, environnementaux et paysagers. Elles seraient même plus simples à mettre en place que les dalles classiques. Mais les pratiques ont la vie dure, observe le technicien qui voudrait convertir tous les chemins du vignoble qui vont être refaits avec ce matériau. « Ça se pose en plaques de 40 sur 60 cm. Quand c’est bien préparé, un chargeur est nécessaire et il suffit de déposer les plaques. Il faut songer à la durabilité, et les dalles peuvent s’enlever facilement, comparées au macadam ou au béton coulé. » Mais au-delà, les dalles à gazon présentent notamment l’avantage de casser la vitesse d’écoulement de l’eau, lors de précipitations intenses, et d’éviter ainsi la formation de ravines. À Beblenheim, Serge Birckel, premier adjoint et vice-président de la cave vinicole confirme : « C’est très stable, l’herbe repousse. Nous avons posé 400 mètres linéaires en une demi-journée. La vitesse de l’eau est brisée, nous n’avons plus de coulées. » Et quelques années après, le gazon s’installe, laissant un parterre vert bien plus agréable à la vue que des chemins en béton.
C’est heureux pour le vignoble, un groupe de 32 producteurs-négociants en vins d’Alsace s’est fédéré autour d’un même projet de communication ambitieux et « porteur d’image valorisante » : des dîners gastronomiques d’exception en présence des producteurs-négociants et du sommelier Pascal Leonetti. « Il fallait rebooster la maison, déjà se faire connaître en Alsace », introduit Pierre Heydt-Trimbach, président des Grandes Maisons d’Alsace, c’est la nouvelle dénomination des producteurs-négociants en vins d’Alsace.
Il s’inscrit dans un mouvement général de constitution de groupes professionnels dans le vignoble alsacien (ACT, DiVINes, Jeunes vignerons du Synvira) qui unissent leurs forces pour porter haut les couleurs du vin d’Alsace. Avec une certitude : « Globalement la qualité des grands vins d’Alsace est actuellement sous-valorisée », constate Pierre Heydt-Trimbach. Le groupe a confié au sommelier Pascal Leonetti le soin de « redonner aux vins d’Alsace des lettres de noblesse » à la hauteur des accords gastronomiques qui seront proposés dans ces « dîners d’exception avec Les Grandes Maisons d’Alsace ».
Une formule gastronomique à prix attractif
La formule de chaque soirée a de quoi séduire : un grand restaurant choisi pour les efforts qu’il consacre à sa carte des vins, un repas gastronomique, et à chaque fois quatre Grandes Maisons d’Alsace représentées pour commenter leurs vins et les commentaires didactiques du sommelier pour les accords. Le tout pour 50 euros. À ce tarif-là, cet événement gastronomique va jouer à guichets fermés… « Nous visons aussi les jeunes générations, et c’est un plaisir de rendre accessibles certaines cuvées à ces occasions », ajoute Laure Adam, membre du groupe. Un premier dîner de lancement s'est déroulé à la Taverne Alsacienne du chef Jean-Philippe Guggenbuhl, à Ingersheim.
Les producteurs-négociants ne cachent pas non plus leur ambition de « faire du lobbying auprès des restaurateurs », locaux dans un premier temps, car « combien de fois je vais dans des restaurants où les sommeliers nous proposent autre chose que du vin d’Alsace », déplore Pierre Heydt-Trimbach. « Même les Alsaciens de Strasbourg et de Mulhouse ne connaissent pas les vins d’Alsace », confirme Pascal Leonetti pour qui, Strasbourg notamment « devrait être une évidence pour le vignoble ». Et globalement, « les Alsaciens n’ont pas conscience des trésors qu’il y a dans leur région. Collectivement, il y a quelque chose à faire régionalement », observe Jacques Cattin Jr.
S’inscrire dans la durée
Puis la formule de ces dîners d’exception avec Les Grandes Maisons d’Alsace devrait s’exporter dans d’autres villes, Paris, New-York… : « On souhaite prendre le temps avant de monter en puissance, mais notre action s’inscrit dans la durée, il s’agit de faire parler de nous, de créer de l’émulation », explique la secrétaire générale du groupe des Grandes Maisons d’Alsace, Marie-Paule Sturm-Gilardoni. Qui ne fait pas mystère de formuler le vœu que d’autres groupes professionnels constitués du vignoble fassent de même.
Quant au groupe des Grandes Maisons d’Alsace, il dispose d’un nouveau logo, d’une nouvelle plaquette, il projette également d’autres manifestations d’envergure. « Il y a un sentiment d’appartenance à une famille professionnelle. Cette initiative du groupe communication marque la volonté forte de promouvoir les vins d’Alsace dans une démarche humble et généreuse », explique Jacques Cattin Jr.