Colloque InvaProtect
Sharka, mauvais karma…
Colloque InvaProtect
Cultures
Publié le 14/12/2017
Identifiée dans les années 1910 en Bulgarie, la sharka est un virus endémique, pour lequel le seul moyen de lutte efficace réside dans l’utilisation de variétés tolérantes de fruitiers. L’alerte a été déclenchée en Alsace en 1985. D’abord introduit par des plants contaminés, le virus a ensuite été éradiqué, puis réintroduit. Il est désormais bien présent avec des foyers dans tous les secteurs de production de quetsches : Obernai et Westhoffen en 2011, Thanvillé et Marckolsheim en 2013, Hindisheim et Wissembourg en 2014, Kriegsheim et Altwiller en 2015, etc. Idem pour le Haut-Rhin, avec une forte répartition spatiale et temporelle, et à un degré plus inquiétant sur le plateau lorrain. La maladie est identifiée souvent sur prunes, quetsches, amandiers, plus rarement sur mirabelliers, jamais sur cerisier. Mais le virus s’y serait attaqué en Russie.
On dénombre neuf souches variantes du Plum pox virus, dont l’agressivité de certaines est à craindre. Le vecteur de ce virus est le puceron vert du pêcher, notamment. La sharka est classée parasite de quarantaine. La détection d’un foyer engendre des mesures coercitives de lutte dans un rayon de 1 km. Si plus de 10 % des arbres sont touchés, la destruction du verger doit être totale. En 2017, sur 19 000 arbres contrôlés, 120 individus ont été détectés positifs. La maladie peut encore être contrôlée grâce à une surveillance rapprochée.
L’usage de variétés de prunus tolérantes pour contourner la maladie pose néanmoins le problème des risques potentiels de dissémination qu’elles présentent en tant que porteurs sains. Ce qui impose une rigueur sanitaire sur la circulation des bois de greffon et de porte-greffe.
Le virus est détectable par indexage, mais depuis, les techniques ont permis d’améliorer la rapidité de la réponse avec le test Elisa, puis la PCR et désormais le Flashkit© qui consiste in situ à tremper une bandelette dans des végétaux broyés, ce qui donne une réaction colorimétrique. Sûr et facile d’usage, ce kit est en outre peu onéreux.
Pour l’avenir de la lutte, il faudra néanmoins compter avec les nouvelles variétés tolérantes. Si l’abricotier possède des réserves génétiques dans le compartiment sauvage, il n’en est pas de même pour le pêcher. Les études portent actuellement sur la modélisation géographique des souches virales pour mieux piloter la prospection. Et il s’agit de voir si le mirabellier, pour l’instant épargné, n’est pas un porteur asymptomatique. Enfin, l’usage du Flashkit avant plantation sur racines est un autre aspect des études en cours pour prévenir l’expansion de la maladie.












