Crédit Agricole Alsace Vosges
Beau succès pour une conférence-débat sur la méthanisation
Crédit Agricole Alsace Vosges
Technique
Publié le 14/03/2019
De très nombreux exploitants agricoles ont répondu à l’invitation des Caisses de Crédit Agricole locales de Saverne, Pfaffenhoffen et Hochfelden, pour une conférence-débat intitulée « La méthanisation : une solution énergies renouvelables (ENR) à la portée des entreprises agricoles ».
Devant une salle communale bien remplie sont intervenus Christophe Gintz, conseiller ENR à la Chambre d’agriculture, Denis Mécrin, chef de projet biométhane Grand Est pour GRDF, Arthur Masson, spécialiste méthanisation et financement pour le Crédit Agricole Alsace Vosges, Pierre Flandrois, directeur commercial de Utilities Performances, spécialisé dans la maîtrise d’œuvre en méthanisation.
Accueillis par Sonia Richert, présidente de la Caisse locale de Saverne-Marmoutier, Gérard Krieger, maire de Gottesheim, Josiane Walter, directrice des agences de Dettwiller et Hochfelden, les agriculteurs sont très vite entrés dans le vif du débat animé par Michel Freyss, responsable de la filière agri-viti au Crédit Agricole Alsace-Vosges (CAAV), après la présentation générale de Christophe Gintz, les témoignages de Gilbert Weinstein, éleveur-méthaniseur en Alsace Bossue, et la présentation du projet SAS ABH à Wittersheim, réunissant 15 agriculteurs représentés par Christian Suss et Jean-Luc Santer.
Parlons chiffres : sur la vingtaine de méthaniseurs en service, financés en Alsace et dans les Vosges, un seul a connu des déboires financiers, pour des raisons de conception. Un rapide calcul de projection d’amortissement des investissements sur 13 ans fait apparaître un excédent brut d’exploitation de 950 € par kWe installé et par an, estime Patrick Brandt, responsable des engagements au CAAV. Ceci pour une installation de puissance moyenne de 250 kWh.
Ne s’improvise pas
Toutefois, l’importance des investissements fait que les dossiers de financement sont étudiés dans les moindres détails. Il faut pour ainsi dire parler d’accompagnement rapproché sous tous ses aspects : technique, statutaire, administratif, assurances, afin que le montage financier soit au final le plus adapté au projet. Bref, « cela nécessite de la technicité financière et une expertise dédiées », résume Arthur Masson. Et pour que le tout se tienne, le Crédit Agricole dispose désormais d’une base de données nationale permettant de mieux évaluer chaque projet, des données mises en commun par les spécialistes méthanisation que chaque Caisse régionale a missionné.
La valorisation du biogaz par injection directe dans le réseau de gaz naturel assure actuellement la rentabilité optimale, puisqu’il n’y a pas de déperdition de chaleur cogénérée. Denis Mécrin, chef de projet biométhane Est pour GRDF, a annoncé qu’une trentaine d’unités de méthanisation devraient injecter à l’horizon 2020 dans le Grand Est, pour quatorze actuellement. Il y a même 118 « réservations », un développement porté par les nouvelles dispositions légales de la Commission de régulation de l’énergie, obligeant in fine les opérateurs à renforcer le réseau de gaz. Des systèmes de rebours (re-compression du gaz du réseau de distribution vers le réseau de transport), ainsi que l’augmentation du maillage du réseau et du stockage, devraient à terme assouplir les possibilités d’injection. Seul bémol à l’horizon : le plan de programmation pluriannuelle de l’énergie actuellement en débat et les orientations pour la méthanisation qui sont en discussion. « Mais la filière se mobilise… »
Bref, le CAAV voit dans la méthanisation « un levier de développement et de diversification des exploitations agricoles », a résumé Katia Ebersold. Il a consacré en Alsace et dans les Vosges pas moins de 35 millions d’euros de capitaux à la méthanisation agricole sur les 98 M€ affectés aux énergies nouvelles, avec 20 unités en service, 19 en construction et 35 à l’étude.












