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David Lefebvre

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48e Grand concours des vins d’Alsace de Colmar

La révolution...

Vigne

Publié le 24/05/2019

Il n’y a pas que le Civa qui connaît une profonde transformation portée par la nouvelle équipe. Le Grand concours des vins d’Alsace aussi, observe une profonde mutation. L’équipe du Civa au grand complet était à pied d’œuvre mercredi 22 mai pour l’organisation pratique des dégustations. Une organisation méthodique pour reconquérir le cœur des consommateurs. Le tandem Gilles Neusch-Philippe Bouvet à la manoeuvre a accueilli les 250 à 300 dégustateurs. Fait notoire et preuve que quelque chose se transforme dans le vignoble, aucune des places de jury n’était vacante. « On a procédé à deux changements de fond : un jury qui décernera des coups de cœur, et on implique dans les dégustations plus de professionnels de l’aval, restaurateurs, sommeliers, cavistes », introduit le directeur du Civa.

 

 

Autre fait notoire : Le nombre d’entreprises inscrites augmente de 7 %, «surtout des vignerons indépendants». Et le nombre d’échantillons progresse. Il repasse la barre des 1000 vins en lice. Gilles Neusch y voit un signe fort. « L’objectif, c’est de remettre les vins d’Alsace à la place qu’ils méritent », explique Philippe Bouvet. Mais le vignoble a besoin de se « transformer », car la consommation mondiale de vin stagne. Elle régresse même au plan national.

Mais Philippe Bouvet veut voir dans le vin blanc et les alsaces en particulier des raisons d’espérer. Avec des arguments de fraîcheur, de buvabilité, et un haut de gamme des alsaces (avec les chenins de Loire) beaucoup plus référencé que toutes les autres appellations dans les grands restaurants. Mais il s’agit de « reconquérir les cœurs, avec un impératif de cibler un public plus large, qui connaît les vins d’Alsace de nom, mais ne les achète pas. » Et ceci, sans raison particulière pour 40 % d’entre eux. (Chiffres validés auprès d’un échantillon de 2000 consommateurs)

« Reprendre du grip auprès des consommateurs »

Pour y remédier, Philippe Bouvet recommande de « reprendre du grip » auprès de ces indécis. Cela passe par le story telling. « L’onde de choc » que doit constituer la nouvelle campagne de communication partira du Grand Est, dans des villes, quartiers, lieux emblématiques qui ont une très forte influence et affluence. Avec notamment comme support 4 nouveaux visuels portés sur l’authenticité. Une valeur immatérielle en forte recrudescence auprès de la jeunesse. Un attrait des affiches qui suggère l’importance de la dimension humaine dans les vins d’Alsace, en lien avec des vins de caractère et de forte personnalité. L’élégance des rieslings, la puissance et la délicatesse des gewurztraminers, la brillance des crémants, et la verticalité des grands crus.

Et s’agissant du grand concours des vins, il verra 10 coups de cœur attribués « qui valoriseront ce que la filière fait de mieux. Et on le fera savoir par une campagne d’affichage en Alsace qui mettra en lumière les vignerons et vigneronnes lauréats. On finalise le plan média, ce n’est pas anodin», annonce le directeur marketing du Civa.

Agriculture urbaine

Une ferme en aquaponie au Port du Rhin

Technique

Publié le 21/05/2019

La méthanisation présente une vertu étonnante et inattendue : elle stimule la créativité et l’esprit d’entreprise des agriculteurs. Ils sont poussés par la recherche de valorisation de la chaleur co-générée en parallèle de l’électricité. Certains font du séchage en prestation, d’autres chauffent des bâtiments, d’autres encore s’en servent pour produire de la spiruline, une algue aux grandes vertus nutritives. À Butten, en Alsace Bossue, la mise en service de l’unité de méthanisation de Jean-Philippe Weinstein et Rémy Gilgert a incité Pierre Weinstein, frère de Jean-Philippe, à réfléchir à de nouvelles valorisations de la chaleur.

Cette réflexion l’a conduit à répondre à un appel à manifestation d’intérêt (AMI) de l’Eurométropole et du Port autonome de Strasbourg. Il propose un projet de ferme aquaponique, combinant l’aquaculture et la production végétale en hydroponie (voir encadré). Pour l’aider dans son chantier, Félix Haget, de la société Bioponi, consultant et formateur en aquaponie. L’appel à projet formulé par l’Eurométropole vise à reclasser la friche industrielle des anciennes forges navales de Strasbourg, qui jouxte la centrale à biomasse d’Électricité de Strasbourg sur le Port autonome. D’un côté une réhabilitation de friche. De l’autre, la valorisation de « chaleur fatale », issue des déperditions de la centrale à biomasse qui chauffe le quartier de l’esplanade à Strasbourg. Trois autres projets étaient en lice : la production de microalgues pharmaceutiques, la production végétale et d’insectes et un autre projet d’aquaponie.

 

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La ferme aquaponique couvrira 9 000 m2 de serres. Elle produira 130 tonnes de productions végétales et 60 t de produits aquacoles par an, à partir de 1 500 MWh/an récupérés. Soit 3 500 t de CO2 économisés. L’investissement devrait oscilller entre 1,4 et 2,2 millions d’euros. La production devrait occuper 12 emplois à temps plein. Plusieurs fermes aquaponiques de cette envergure se montent en Europe, indique Félix Haget, de la société Bioponi. Citons : 4 000 m2 à Berlin, 4 000 m2 à Bruxelles où l’implantation se situe dans un ancien abattoir, 3 ha (soit 30 000 m2) dans les Flandres. « La demande explose », souligne l’expert.

L’agriculture regagne des terres

Plusieurs aspects vertueux ont retenu l’attention des représentants de l’Eurométropole. Le volet pédagogique, l’aspect développement du marché local de produits d’aquaculture et la récupération de chaleur fatale liée à l’exploitation de la centrale de biomasse d’ÉS. « Nous sommes dans l’avant-projet sommaire ; il reste à finaliser le protocole d’accord. Il faut regarder le marché, valoriser les circuits courts », indique Robert Herrmann, président de l’Eurométropole de Strasbourg. Autre point fort du projet : la réhabilitation d’une friche industrielle en zone d’activité agricole. « C’est assez rare pour être souligné quand l’agriculture regagne des terres », a observé Denis Ramspacher, président de la Chambre d’agriculture Alsace, dont les services accompagnent le projet.

Parce qu’elles sont hors sols, les deux productions aquacoles et végétales ne sont pas certifiables en bio. Toutefois, par sa nature en circuit fermé utilisant des productions généralement bioindicatrices de la qualité de l’environnement comme le cresson, et donc sensibles aux pollutions, les conditions de productions en aquaponie s’avèrent plus exigeantes. Le cycle aquaculture/hydroponie apporte aux cultures une fertilisation naturelle à partir des déjections de poisson et ne nécessite aucun produit phytopharmaceutique. Une marque « produit d’aquaponie » est en cours d’élaboration. On notera que les productions sous serre entre 15 et 18°C autorisent des cultures à forte valeur ajoutée (vanille, gingembre, fruits de la passion, fraises, physalis, aloe vera…).

Si tout va bien, la ferme aquaponique devrait produire ses premiers saumons de fontaine en 2020.

 

Voie verte Rosheim Saint-Nabor

Visite de la construction du belvédère à la métallerie Nouyrit

Vie professionnelle

Publié le 20/05/2019

À peine les travaux d’aménagement de la voie verte Rosheim Saint Nabor s’achèvent-ils que les cyclistes et promeneurs ont déjà pris possession des lieux. Il y avait foule ce dimanche. Deux ouvrages d’art important restent cependant à construire : le belvédère à l’avant des carrières de Saint Nabor et la passerelle sur l’Ehn à l’entrée d’Ottrott.

 

 

Actuellement en construction à la métallerie Nouyrit à Furdenheim, ce pont devrait être posé mercredi 22 mai. Une passerelle de 14 tonnes, avec ses poutrelles et garde-corps, qui sera posée d’un seul morceau ! Plus impressionnant encore, le belvédère en est encore au stade de découpe et assemblage. Il sera installé après l’ouverture du 1er juillet et avant l’inauguration officielle du premier week-end d‘octobre, annonce Michel Herr, maire de Rosheim et président de la communauté de communes des portes de Rosheim. Si les portes déjà dressées à Boersch pèsent 9 tonnes, là l’ouvrage dépassera les 45 tonnes.

Il s’agit de son « plus important chantier de l’année », explique Nicolas Tassart, associé et qui reprendra la métallerie Nouyrit en janvier prochain. Son entreprise est qualifiée par les Monuments historiques pour restaurer des ouvrages de renom : « la flèche de la cathédrale de Strasbourg, les châteaux, un pont-levis du Haut-Koenigsbourg, le Palais du Rhin, le Palais des Rohan », énumère François Nouyrit, le directeur. L’entreprise furdenheimoise est sollicitée sur l’ensemble du Grand Est, comme pour l’hôtel de ville de Besançon, avec ses « compagnons métalliers » qui construisent des escaliers, rampes, portail et toute sorte de menuiserie métallique. Parallèlement, François Nouyrit a fondé EuroCorten, « premier grossiste en France » de cet acier dont la richesse de l’alliage en cuivre lui confère une patine inaltérable au temps. « pourvu que celui-ci alterne entre le sec et l’humide. Les stagnations d’eau sont donc à éviter », poursuit le compagnon métallier.

 

 

slowUp de la route des vins d’Alsace

Une 7e édition marquée par le retour du Civa

Vigne

Publié le 18/05/2019

La route des vins d’Alsace, la plus belle et pittoresque route des vins du monde, accueillera le 2 juin prochain la 7e édition du slowUp. Un circuit routier de 38 km sera entièrement réservé au slow-upeurs : vélos, marcheurs, trottinettes, gyropodes, VTT et vélo électriques. Au départ de Sélestat, Bergheim, et désormais de Dambach-la-Ville, les slow-upeurs pourront réaliser plusieurs boucles de différentes distances sur un parcours total de 38 km.

Une occasion unique de redécouvrir la plus belle route des vins du monde, sans voiture, en prenant le temps de flâner et de déguster des vins d’Alsace, dans une ambiance nature, détendue, déconnectée du train-train quotidien. Mais pas du train, puisque la Région Grand Est affrète cinq trains spéciaux au départ de Strasbourg jusque Sélestat entre 9 h et 12 h 30 et de 14 h 50 à 18 h 07 pour le retour.

La première manifestation en fréquentation en Alsace

Initiée par Alsace Destination Tourisme (ADT) en 2013, la première édition avait attiré 16 000 slow-upeurs. L’interprofession alsacienne avait alors soutenu la manifestation pour le 60e anniversaire de la route des vins d’Alsace. Entre-temps, cette manifestation, qui nécessite une organisation d’envergure pour la sécurité, le balisage, les multiples animations dans les villages traversés, s’est considérablement étoffée avec 44 000 slow-upeurs l’an dernier. L’occasion pour Marie-Reine Fischer, conseillère régionale de rendre hommage au « travail structurant d’ADT ». Car aujourd’hui, le slowUp de la route des vins d’Alsace est devenu la première manifestation en termes de fréquentation sur une journée en Alsace, observe Vincent Debès, président d’ADT. Le Conseil départemental a confié l’organisation aux acteurs locaux réunis au sein d’une association présidée par Olivier Sohler, maire de Scherwiller, l’une des communes traversées. Mais ADT gère toujours la communication et la promotion.

La grande nouveauté de cette édition 2019, c’est l’extension du circuit aux communes de Dieffenthal et de Dambach-la-Ville, nécessaire aussi pour absorber la croissance de fréquentation. Le slowUp fait donc son entrée dans l’intercommunalité du pays de Barr-Bernstein, note le maire Claude Hauller, assurant que sa commune et ses vignerons seront au rendez-vous des animations.

« Une pierre à l’édifice de la reconquête des vins d’Alsace »

Parmi les inconditionnels soutiens du slowUp, celui de Batorama à Strasbourg, partenaire de la première heure, pourrait paraître surprenant. Mais Yann Quiquandon, le directeur de la flotte de bateaux-mouches strasbourgeoise, se dit convaincu que le tourisme en Alsace est une affaire commune à tous. Autre partenariat, celui de Meteor et sa Villa Meteor, véritable vitrine de l’art de vivre en Alsace. Pour Édouard Haag, ce sont aussi les notions de nature et d’environnement qui paraissent importantes à travers cet événement.

Enfin l’interprofession des vins d’Alsace, le Civa, a décidé de s’impliquer davantage, en affichant son parti pris résolu en faveur du « tourisme de qualité sur ses propres terres », observe Philippe Bouvet, directeur marketing. L’idée de faire redécouvrir la route des vins a également séduit la profession viticole alsacienne, actuellement en recherche d’un second souffle pour « se réinventer », « reconquérir sa clientèle locale ». « C’est une pierre à l’édifice de la reconquête du marché local pour les vins d’Alsace », a résumé le nouveau directeur marketing du Civa.

Nouvelle campagne des Vins d’Alsace

Opérationnelle pour reconquérir le marché intérieur

Vigne

Publié le 17/05/2019

L’interprofession viticole alsacienne vit une révolution « rock’n’roll ». C’est un conseil interprofessionnel très opérationnel qui s’est présenté aux metteurs en marché de vins d’Alsace, jeudi soir à Ribeauvillé, en dévoilant la nouvelle stratégie de campagne de comm.

« Cela fait 12 ans que je vais à des assemblées, c’est la première fois que je vois le vignoble applaudir spontanément à l’unanimité », constate un directeur de grande coopérative vinicole, au sortir de l’assemblée plénière du Civa. Il y a longtemps que la profession viticole alsacienne n’avait pas connu une telle ferveur, le sentiment unanime d’une ligne directrice avec un véritable projet pour la mise en marché des vins d’Alsace : « reconquérir les places qu’on mérite », souligne son directeur marketing Philippe Bouvet. De l’avis unanime, ça bouge au Civa !

Le dévoilement « de la campagne de comm du Civa » est le point d’orgue d’une révolution interne impulsée par le trio managérial : Didier Pettermann, le président, Gilles Neusch, le directeur et Philippe Bouvet, le directeur marketing. « Nous avons transformé l’institution en entreprise de services », car le vignoble a besoin de se « sortir de sa torpeur », avec des chiffres de ventes de vins d’Alsace orientés à la baisse. Mais le tableau n’est pas si sombre et Didier Pettermann souligne les atouts des vins d’Alsace : la référence en vin blanc, le vignoble le plus vert de France.

 

Si d’un point de vue macroéconomique c’est compliqué, les chiffres démontrent que les vins d’Alsace « surperforment » sur certains secteurs de vente, par exemple dans les restaurants étoilés, mais pas seulement, analyse Philippe Bouvet, chiffres à l’appui.

D’où une orientation stratégique totalement revue, avec une méthode définie par le comité de direction sous l’impulsion de Philippe Bouvet. Et de nouveaux outils à disposition du vignoble comme l’enquête prix en GMS, CHR et cavistes qui permet à chacun de mieux comprendre son positionnement prix par rapport à la moyenne du vignoble. « On ne part plus de mythes, on part de réalité. Mieux comprendre comment mieux commercialiser et plus. Ça nous amène au fait qu’on doit être plus présents », explique Philippe Bouvet.

Les vins d’Alsace entendent désormais agiter « l’écosystème complexe qu’est le consommateur de vin, sur des réseaux et circuits de distribution tout aussi complexes ». Cela va se traduire pour les équipes du Civa et les metteurs en marché alsaciens, par une intensification des opérations de dégustations, promotions, story-telling, repas, rencontres B to B, dans tous les secteurs de distributions. Autre objectif : élargir la cible consommateurs. « Il est temps de nous reconnecter à nos consommateurs. 71 % d’entre eux nous connaissent mais ne nous achètent pas ».

Alsace Rocks

D’où le concept Alsace Rocks, visant à « réveiller le consommateur, avec des temps forts ». L’idée est de reconquérir le marché français qui représente ¾ des volumes, « c’est une priorité. On va créer des ondes de choc, reconquérir des zones stratégiques, avec un investissement sur les grandes villes du Nord Est, dans les lieux, cafés, bars, restos emblématiques ».

Mais le Civa est décidé à « ne s’interdire aucun circuit de distribution ». Et la guerre des prix ? « Il y a une schizophrénie de la GD de casser les prix et en même temps chercher de la valorisation, reconnaît Philippe Bouvet. Mais si on ne va même pas les voir, nous interpro, pour leur porter un message, un discours - ce qu’on n’a pas fait jusqu’ici - on leur laisse appliquer leur règle du jeu : le prix ».

Donc sur ce terrain aussi, le Civa entend occuper l’espace : « On ne va pas aller voir les services achat, mais les services marketing, image-management, et leur raconter notre belle histoire, tourner les données à notre avantage et parler d’autre chose que du prix ».

Difficile de citer tous les projets argumentés présentés lors de cette soirée. Mais citons encore l’œnotourisme, « c’est clé pour l’Alsace, vecteur d’émotion et de marge, c’est un métier à part ». Là aussi le Civa a établi un plan stratégique pour « saisir l’occasion du label Vignobles et découvertes de la route des vins d’Alsace » qui vient d’être attribué. Une évolution à mesurer lors du prochain slow-up de la route des vins d’Alsace le 2 juin.

Reste désormais à savoir si « la partie production » du vignoble va suivre : « La balle est dans votre camp », a conclu Didier Pettermann. « Faites vivre ce projet ! Aux entreprises de se l’approprier, de l’adapter, d’adopter et accélérer cette dynamique, de la compléter et d’en faire le meilleur usage. »

Label Vignobles & Découvertes

La route des vins d’Alsace obtient le sésame

Vigne

Publié le 15/05/2019

La route des vins d’Alsace vient d’être labellisée Vignobles & Découvertes. C’est la troisième obtention après Cœur d’Alsace du Mont Sainte Odile au Haut-Koenigsbourg et Terre et vins au pays de Colmar. Créé en 2009, le label Vignobles & Découvertes facilite l’organisation de séjours œnotouristiques et oriente les clients sur des prestations qualifiées, notamment par une plaque signalétique. Attribué par Atout France, sur recommandation du Conseil supérieur de l’œnotourisme, ce label s’adresse aux destinations à vocation touristique et viticole.

Les promoteurs du dossier étaient Alsace Destination Tourisme (ADT), le Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace (Synvira) et le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa). « C’est un label qui stimule le travail en réseau, permettant aux différents acteurs de l’œnotourisme de mieux se connaître », introduit Clémence Wagner, l’une des chevilles ouvrières du dossier, en charge notamment de l’œnotourisme au Synvira, qui a « accompagné l’ADT dans la préparation du dossier. « On a souhaité introduire un critère supplémentaire au règlement d’usage qui encadre la procédure d’attribution : que les restaurateurs bénéficiaires du label jouent le jeu des vins locaux avec au minimum 40 % de vins d’Alsace sur leur carte », ajoute-t-elle. Tous les caveaux de vignerons pourront également bénéficier du label « s’ils sont chartés ». Or 70 % des caves peuvent y prétendre avec la charte d’accueil du Synvira.

De son côté la charte « Accueil en cave d’Alsace », mise en place par le Civa, reprend les mêmes critères de qualité de prestation et c’est le même organisme certificateur qui valide, explique Anne Freyder, chargée du dossier œnotourisme au Civa. Cette charte d’obédience interprofessionnelle s’adresse plus largement aux caves coopératives et négociants. Elle a recueilli pour l’instant 37 adhérents. Aux derniers décomptes, ce sont donc 110 caves toutes familles confondues, qui se sont engagées dans ce processus de garantie qualité sur l’accueil au caveau de dégustation. « Le label Vignobles & Découvertes va inciter de nouveaux metteurs en marché à s’engager », indique Anne Freyder. Car il consacre « une montée en qualification de l’accueil dans les caves, les hôtels, restaurants, gîtes et entreprises de loisirs » avec une garantie sur la qualité des prestations et un suivi qualité.

C’est désormais à chaque destination œnotouristique de communiquer. La plaque signalétique, Vignobles & Découvertes devrait bientôt orner les devantures de la route des vins.

CAC Ampélys et Verralia

Neuromarketing : des erreurs à ne pas commettre

Pratique

Publié le 04/05/2019

CAC Ampélys et Verallia ont invité Gordy Pleyers, de la société Mind Insights, pour présenter le neuromarketing. La discipline prisée des grands groupes industriels consiste à appliquer les connaissances en sciences cognitives au marketing et à la communication. La conférence se tenait au château de la Confrérie Saint Etienne, mercredi 24 avril.

 

Aujourd'hui, des études neurologiques, physiologiques, psychologiques et comportementales permettent de mieux comprendre les processus de l'esprit et de la pensée. L’observation de l’activation d’aires du cerveau par IRM (imagerie médicale) est plutôt compliquée à mettre en œuvre sur le terrain. Mais devant un linéaire de bouteilles, des caméras et des capteurs multispectraux peuvent facilement scruter la dilatation de la pupille, des microsudations de l’épiderme, le mouvement oculaire, le rythme cardiaque ou le comportement des muscles faciaux. Et en psychologie non-consciente, des « méthodes incroyables » permettent d’activer des phénomènes subliminaux.

Un secteur classé « top secret »

Il s’agit là d’un secteur d’activité hautement stratégique. Les entreprises tiennent à conserver leurs petits secrets : « Je vous demande de ne pas enregistrer et de ne pas prendre de photos », introduit Gordy Pleyers. L'expert en neuromarketing s’apprête à présenter des résultats d’études que lui ont confiées des majors de l’industrie du luxe pour « façonner les perceptions des consommateurs ».

Quelques tendances globales peuvent tout de même être communiquées. En matière de neuromarketing, les conseils pourraient se résumer surtout à des erreurs à ne pas commettre et à considérer « la cohérence globale » contenu – contenant – étiquette. Afin d’éviter de placer le consommateur dans une situation d’inconfort visuel. Par exemple, le fonctionnement latéral du cerveau pour traiter l’information suppose de placer les images à gauches et les logos à droite. « Dans le vin, ce qui est important, c’est la croyance qu’on va activer », explique le neuromarketeur.

Pots de yaourt et papier jauni

Autre exemple : la saturation de la pigmentation. En clair l'intensité des couleurs. Plus elle augmente, plus elle capte l’attention. Mais elle nous écarte de l'impression de qualité, d’authenticité et d’émotion. De même que la couleur du verre. Plus elle est foncée, plus elle fait ressortir l’idée de confiance, de prestige et de qualité. La forme du verre a un « effet très irrationnel ». Elle influence la perception gustative. « L’angularité accroît la perception d’intensité. » En d'autres termes, un yaourt disposé dans un pot cubique donnera le sentiment d'être plus savoureux que dans un pot rond.

Selon Gordy Pleyers, un visage sur un support de communication est « ce qu’il y a de plus puissant pour activer des stimuli ». On y décèle 35 paramètres donnant lieu à des perceptions. Les affiches de communication introduisent après modification/retouche sur les photos un pourcentage de masculinité et de féminité, afin de mieux atteindre la cible souhaitée. Le choix de la typographie a aussi une importance sur la cohérence d’ensemble. Comme les techniques d’impression et le type d’encre et de papier. Gordy Pleyers a montré une étude sur deux types d’étiquettes. L’une très stable dans le temps et l’autre dont le papier est sujet à dégradations biologiques et physiques du temps, comme les UV (papier jauni) ou les champignons de cave. Deux choix qui agissent sur l’impression de modernité, de perfection, de tradition, d’authenticité, d’élégance, de confiance…

Les préconisations ne se limitent d’ailleurs pas à la bouteille, mais également au caveau (musique et lumière d’ambiance, couleur et matériaux), aux autres supports de communication, catalogues, site web, etc.

Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace

Pourquoi les alsaces sont-ils de moins en moins achetés ?

Vigne

Publié le 23/04/2019

La capacité de mise en marché des vins blancs d’Alsace se détériore depuis les années 90. Particulièrement en métropole où les volumes de vins tranquilles vendus ont été divisés par deux. La percée des crémants d’Alsace ne compense désormais plus cette érosion du marché. D’où des volumes globaux vendus qui oscillaient fin des années 2000, autour de 1,1 – 1,2 Mhl (million d’hl), et qui se situent désormais plus près de 900 000 hl (909 000 hl en 2018). Bien en dessous de la capacité de production du vignoble. La part de l’export (24 %) elle n’a pratiquement pas bougé, en dépit des fonds du Civa affectés ces dernières années à la promotion dans les pays tiers de l’UE. Leur doublement avec des subsides européens, a représenté plusieurs millions d’euros annuels saupoudrés dans de multiples pays.

« Sous pression », souligne Gilles Neusch, le directeur du Civa, le vignoble cherche des explications et des solutions. Désaffection, manque de présence sur les marchés, visibilité… « Nous avons réuni un tour de table, le club des 5000, qui représente toutes les entreprises mettant en marché plus de 5 000 hl, auquel participent également le Synvira et Coop de France », indique Didier Pettermann, le président de l’interprofession. 19 des 25 opérateurs réalisant plus de 5 000 hl étaient présents à la première réunion.

Seuls 49 % des restaurants alsaciens proposent des alsaces

Les études font ressortir que seuls 31 % des CHR (cafés, hôtels, restaurants) de France, proposent au moins une référence en Alsace sur leur carte. Une présence en baisse qui place l’Alsace en mauvaise position : Les bordeaux sont leader sur les cartes, avec 60 % des CHR, viennent ensuite les languedocs avec 48 %, les vins du Rhône 54 %, les bourgognes avec 40 %. Et si l’on considère la présence dans chaque région : tandis que les bordeaux sont présents sur 95 % des cartes de leur secteur du Sud-Ouest, et que globalement les autres régions sont hégémoniques sur leurs terres de prédilection, on ne trouve des vins d’Alsaces que dans 49 % des cartes des restaurants du Nord Est et dans 29 % des cartes en île de France. Problème logistique d’appro, d’investissement commercial ou de désir d’Alsace ?

Pour Didier Pettermann, il y a là un sujet à travailler : « Les hôteliers restaurateurs ne veulent pas de stocks. Et le travail avec la restauration implique d’intégrer dans le prix de vente, la messagerie livraison franco, des tarifs différenciés et une construction tarifaire cohérente, avec des frais de gestion. » Mais s’agit-il là d’une problématique interprofessionnelle ? « On se doit d’apporter des outils de gestion aux entreprises, par exemple de conseil en cohérence tarifaire. Et parallèlement nous allons travailler avec le syndicat des hôteliers-restaurateurs sur des événements promotionnels et la formation du personnel de restauration », répond le président du Civa.

Du côté des cavistes, il y a là aussi « des marges de progression » selon le directeur du Civa. Si 94 % d’entre eux proposent des alsaces, la filière se singularise là aussi avec trop peu de références par caviste comparé aux autres AOP : 9,7 références en moyenne, contre 17,2 pour la Loire. Et le prix moyen des alsaces y est de 16 € contre 23 € pour les AOP blanches en moyenne.

Pour les dirigeants du Civa, il y a dans tout cela matière à re-flécher les budgets de façon plus cohérente : moins de saupoudrage en somme, pour donner plus de visibilité sur le marché français.

8,4 millions d’acheteurs de vins d’Alsace

Car sur les 50 millions de Français en âge de consommer de l’alcool, et sur les 38 millions qui disent consommer du vin, 29 millions disent connaître les vins d’Alsace. Sauf que de l’intention à l’acte d’achat, il y a une marge de 71 % ! C’est-à-dire que les 8,4 millions d’acheteurs de vins d’Alsace « ne représentent en réalité que 29 % de ceux qui nous connaissent », observe Gilles Neusch.

Alors qu’elle est la raison du « non-acte d’achat » en vin d’Alsace des 20 millions de Français consommateurs potentiels ? « 39 % n’invoquent pas de raison particulière, et 70 % expriment une intention neutre ou positive, le pourquoi pas… », informe Gilles Neusch.

Pour le Civa, il va falloir conjuguer ces données, les attentes des entreprises et la demande du marché. « On est là pour parler de vignoble. On présente l’état des lieux du marché. On fournira un socle de communication commun sur lequel chaque entreprise peut greffer sa stratégie. À chacun ensuite de prendre ses responsabilités pour y répondre », commentent les deux dirigeants du Civa. « Notre rôle est de rendre les consommateurs réceptifs, après c’est le rôle des entreprises d’assumer. » Par exemple, Didier Pettermann souligne la nécessité d’être plus proactif sur les salons, en résumé de ne pas se contenter d’attendre le client… Le Civa lancera d’ailleurs une nouvelle campagne de communication en mai. L’interprofession entend bien « occuper les esprits des consommateurs et le terrain ».

Bilan des gelées

Acte I sur la façade Atlantique, acte II sur les terres intérieures

Vigne

Publié le 16/04/2019

Les vignobles français viennent de subir coup sur coup deux vagues de gelées. Premier épisode les 4 et 5 avril où les vignobles du Pays Nantais (3 des 4 derniers millésimes ont été touchés), les vignobles du centre Ouest comme le Thouarsais dans les Deux-Sèvres, et d’Anjou ont été touchés avec un thermomètre qui s’est éternisé à -1 °C. Et jusqu’à -4 °C localement. Dans certains secteurs, les dégâts sont chiffrés à 80 %, mais plus généralement entre 20 et 70 %, comme les vignobles de Bourgueil et de Chinon.

 

 

À Saumur, les 15 jours d’avance de débourrement ont causé d’importants dégâts. Les chenins également bien avancés autour du Layon ont subi d’importantes pertes. Plus vers la Touraine, comme chez François Chidaine à Montlouis sur Loire, les chenins au stade début de feuille étalée avaient bien résisté jusqu’à vendredi 12 avril au matin. Plus au sud dans le Bordelais, la vague de froid n’aurait finalement pas eu beaucoup de répercussions. Mais l’intérieur des terres du pourtour méditerranéen est déjà touché par des gelées sévères, comme dans l’Hérault et le Gard, dans la vallée de l’Orb notamment. Par ailleurs, des dégâts de grêle sont déjà à déplorer à Pic Saint Loup avec 10 cm de grêlons. En Bourgogne, cette première alerte a causé plus de peur que de mal en Côte de Beaune, mais en Côte châlonnaise, Mâconnais et Beaujolais, certaines parcelles conjuguant exposition et précocité ont été touchées.

Le deuxième épisode, dans les deux nuits de samedi 13 et dimanche 14 avril, a été plus sévère à la faveur d’une bise de Nord-Est faiblissante, entraînant la remontée d’humidité de l’air. Le réveil est froid dimanche 14 avril en Franche-Comté avec, -2,7 °C à Besançon ou encore -2,4 °C à Arbois, en Lorraine avec -4,3 °C à Luxeuil et en Champagne avec -9 °C à Mourmelon-le-Grand ou encore -5 °C à Auberive en Haute-Marne.

Dès vendredi, c’était donc le branle-bas de combat en Bourgogne, dans le Jura, en Champagne, en Touraine, avec l’ensemble des moyens disponibles : hélicoptère, chaufferette et bougie, aéro-générateur, aspersion et feu de paille. À Montlouis sur Loire, les équipes de François Chidaine se préparaient vendredi à une nuit blanche, après avoir disposé le matériel en Cuma sur l’ensemble du vignoble, ainsi que des ballots de paille. Côté Champagne dimanche matin, les systèmes d’aspersion des bords de la Marne laissaient apparaître un vignoble féerique pris dans sa gangue de stalactites de glace. En Bourgogne, des images de drone montraient un vignoble illuminé de toute part. Ce lundi matin, les efforts semblaient avoir été récompensés. En Champagne, les vignerons affichaient lors des « Champagne’s week » un sourire serein, tranquillisé par la réserve qualitative, notamment constituée en 2018. En Chablisien, Dominique Detolle, vigneron, observe pour sa part que « les dégâts ont été limités » grâce aux bougies et à des aérogénérateurs d’air chaud, et ce malgré -5°Celsius.

Ordre œnophile de Marlenheim et de la Couronne d’or

Florent Heckmann succède à Xavier Muller

Vie professionnelle

Publié le 12/04/2019

Personne ne contestera à Xavier Muller son mérite dans l’idée de rassembler les vignobles de la grande périphérie strasbourgeoise sous l'étiquette de la Couronne d’or. Il en résulte aujourd’hui un sentiment d’appartenance identitaire des vignerons. Cela leur permet de proposer des manifestations viniques à succès comme la fête des vendanges ou d’être bien présents et bien identifiés sur les très prisés marchés de Noël de la capitale européenne.

Mais au-delà de leur dynamisme, il manquait à ces vignerons de la Couronne d’or un conseil des sages et des jeunes. Garant des traditions viniques et des identités. Et bien représentatif de l’ensemble des bans viticoles de la grande périphérie de Strasbourg. Situé à mi-chemin entre la confrérie de la Corne à Ottrott et la confrérie des Quatre bans à Cleebourg, l’Ordre œnophile de Marlenheim a décidé de s’ouvrir davantage à la Couronne d’or, sous l’impulsion de son nouveau grand chancelier, Florent Heckmann.

Dans ce monde feutré des associations viniques philanthropiques, les choses évoluent avec sagesse. Après 20 années de présidence de l’ordre, Xavier Muller a jugé bon de passer le flambeau à Florent Heckmann. C’est ce vigneron, jeune retraité de Kirchheim, particulièrement investi, tant dans sa commune qu’au service de la profession viticole et agricole, qui a été élu à l’unanimité des membres de la confrérie. « Tous les sociétaires de la Couronne d’or sont les bienvenus à la confrérie », annonce Florent Heckmann, qui compte également sur les jeunes vignerons pour être force de proposition et acteurs de la confrérie.

Une gouvernance à deux têtes

Mais une confrérie vinique n’est jamais aussi performante dans sa vocation philanthropique de partager les connaissances œnologiques que quand elle accueille à bras ouverts de simples œnophiles de la société civile. En ce sens, Florent Heckmann a souhaité une gouvernance bicéphale, avec d’un côté l’homme de l’art vigneron qu’il représente, et de l’autre un fin connaisseur des arcanes de la société civile : « François Jehl, c’est un homme très informé », pointe Florent Heckmann, à propos du maire d’Odratzheim. « Sous l’égide de Saint Vincent », saint patron des vignerons, le nouveau tandem entend « miser sur la cohésion », pour porter haut les couleurs des vignerons de la Couronne d’or.

C’est que Florent Heckmann, lui aussi, dispose d’une solide expérience en matière de représentation professionnelle. Dans un parcours qui n’a pas toujours été facile, il a toujours su jouer de sagesse et de diplomatie. L’épisode le plus sensible a sans doute été d’accompagner les associations de producteurs de l’Unidal (Union des producteurs d’Alsace), dont il en était vice-président, et de l’UVVA, lors de la transition de la maison Laugel à Marlenheim, d’abord reprise par Rémy Pannier, puis cédée à Joseph Helfrich, PDG des Grands Chais de France. Il s’agissait à l’époque de négocier la reprise « avec une récolte et demie en suspens », rappelle Florent Heckmann. Ensemble, avec Xavier Muller et François Bernhard, assistés de juristes, les négociations ont finalement abouti pour donner aujourd’hui le tandem Univa - maison Arthur Metz, l’un des trois grands opérateurs en vins d’Alsace, bénéficiant de la puissance logistique des Grands Chais de France.

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