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Bérengère de Butler

Bérengère de Butler est journaliste à l'Est agricole et viticole.

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Concours de présentation ouvert à tous les âges et toutes les races

La valeur n'attend pas le nombre des années

Élevage

Publié le 26/05/2016

Pour ce concours de présentateurs ouvert à tous les âges et toutes les races, les candidats ont défilé en trois sections. Comme à la maternelle, il y avait les petits, les moyens et les grands. Petite parmi les petits, Alicia Gutzwiller, 8 ans, a impressionné le juge et le public par sa concentration et sa volonté. Visiblement bien préparée et entraînée, elle a mené sa génisse de main de maître. Des efforts qui ont été récompensés puisqu'Alicia Gutzwiller termine première de cette section, devant Laura Winckel de Hochfelden et Émilie Wendling de Lupstein. « Première de section à 8 ans, on peut dire que la relève de cette dynastie d'éleveurs est assurée ! », a commenté Rémy Bierbaum, technicien à Élitest et animateur en chef du festival de l'élevage.

Chez les moyens, « il y a vraiment beaucoup de très bons présentateurs », a constaté Bruno Toussaint, le juge de ce concours. Une nouvelle fois, il distingue Maryange Risacher, de Staffelfelden, en la désignant première de cette section. « J'adore sa manière de travailler », a-t-il commenté. Puis il récompense Amandine Hubert de Wittersdorf, moins nerveuse que la troisième, Céline Bourst de Haegen, dont « le positionnement des bras est bon mais qui devrait être plus rapide dans le changement de position des pattes ».

Enfin, chez les grands, âgés de 26 ans et plus, Bruno Toussaint a savouré « le professionnalisme et la qualité des présentations ». Il distingue plus particulièrement le savoir-faire de Sébastien Toledo, présentateur venu de Haute-Marne, qui a toujours su mettre en valeur sa génisse malgré sa tendance à creuser le dos. Il est suivi par Salomé Vieux de Weislingen et Jean-Bernard Genelot de Wittelsheim. Enfin, lorsque les deux premiers de chaque section sont revenus dans le ring afin de consacrer le grand champion, Bruno Toussaint a désigné Sébastien Toledo champion et Alicia Gutzwiller sa réserve.

Concours des jeunes présentateurs

Place aux travaux pratiques

Élevage

Publié le 25/05/2016

C'est en trois sections de sept génisses que les jeunes ont défilé dans le ring sous l'œil expert de Bruno Toussaint, juge venu de Belgique pour partager son savoir avec les jeunes présentateurs alsaciens. Âgé de 34 ans, Bruno Toussaint est commercial en doses d'insémination, une activité qui l'amène aussi à donner des conseils en accouplement. Clippeur depuis 15 ans, Bruno Toussaint a acquis une certaine renommée dans ce domaine. Samedi soir à Brumath, il a scruté à la fois les génisses, les meneurs et les couples qu'ils formaient. Et non seulement il a départagé les meilleurs, mais il a aussi prodigué des conseils aux jeunes pour qui ce concours constituait une forme d'apprentissage.

Dans la première section, le meilleur clippeur est une meilleure clippeuse. Il s'agit de Typhaine Brunner, d'Illfurth. Le juge souligne l'exécution de son travail, à la fois efficace et discret, notamment sur les pattes, la tête et la ligne de dos : « Il s'agit d'un très bon travail pour une jeune qui débute ». D'autant que Typhaine Brunner se classe aussi première lorsque le juge classe les jeunes en fonction de leurs aptitudes à la présentation : « Son licou est bien positionné, le placement des pattes est bon et s'effectue rapidement ». C'est notamment cette réactivité qui la distingue de Louis Frischinger de Tagsdorf, deuxième, et d'Amandine Hubert de Wittersdorf, troisième. Un trio de tête entièrement haut-rhinois pour cette première section.

Marche avant ou marche arrière ?

Alors que la deuxième section entre dans le ring, le juge explique quelques-unes des règles de présentation : « Pour rentrer dans le ring, les meneurs doivent marcher en marche avant. Une fois que tous les candidats sont dans le ring ils doivent aller en marche arrière. Ils doivent veiller à ce que la génisse ait toujours la patte en arrière du côté où je me place. » Il explique aussi pourquoi il touche les animaux : « Je vérifie les caractères de la holstein, par exemple l'ouverture de côtes ».

Dans cette section, le meilleur clippeur est Bastien Beyer de Wittisheim, qui est parvenu à une tonte très nette, sans traces de coups de tondeuse. Le juge n'a pas eu de mal à identifier la gagnante de cette section. Il s'agit de Maryange Risacher de Staffelfelden. « C'est elle que j'ai le moins prise en erreur, elle était toujours en harmonie avec sa génisse. » Elle est suivie par Bastien Berger de Wittisheim et Romain Dudt de Printzheim. Lors du défilé de cette section, Laura Winckel de Hochfelden est victime d'un coup de pied de sa génisse. Elle quitte le ring, et revient pour défiler dans la troisième section avec une autre génisse, plus petite.

Affirmer le style laitier

Alors que les derniers candidats entrent dans le ring, Bruno Toussaint poursuit ses explications : « Les meneurs doivent toujours avoir un œil sur la génisse et un autre sur le juge, pour bien répondre à ses instructions. Ils doivent tenir le cou de la génisse pour lui donner de l'encolure afin d'affirmer son style laitier. » Dans cette section, c'est Élodie Pinheiro, de Colmar, formatrice au lycée agricole de Rouffach, qui remporte le prix de la meilleure clippeuse. Le juge désigne Céline Bourst de Haegen comme championne de cette catégorie : « Elle fait preuve d'une très belle harmonie avec sa génisse. Elles marchent exactement au même pas et son museau est toujours à la bonne hauteur. » Le juge a plus de mal à départager la deuxième, Laura Winckel, et la troisième, Mélanie Klein de Geiswiller.

Les deux premiers de chaque section reviennent dans le ring pour que le juge puisse désigner le grand gagnant de ce concours de présentation. Afin de mieux cerner les qualités de chaque meneur, il leur fait changer d'animal, pour observer comment chacun se comporte avec une bête dont il n'a pas l'habitude. La concentration est à son comble… Enfin, Bruno Toussaint désigne les grandes championnes : il s'agit de Maryange Risacher et de Céline Bourst, qui ont été récompensées chacune par un prix remis par Jean-François Dintinger, président du Syndicat de la race prim'holstein du Bas-Rhin.

Mais le concours ne s'arrête pas là. Une dernière section entre dans le ring : celle des formateurs de l'école des jeunes présentateurs. Pour cette présentation un peu particulière, Bruno Toussaint est équipé de cartons jaunes et rouges qu'il distribue en fonction des erreurs qu'il observe. Olivier Wilt est éliminé dès le début, pour être entré en marche arrière. Peu à peu le ring se vide de ses candidats. Bientôt il n'en reste plus que deux : Claudia Kreiss et Salomé Vieux. Finalement, Bruno Toussaint désigne Salomé Vieux comme championne parce que le dos de sa génisse était mieux placé que celui de celle de Claudia Kreiss, qui était plus voûté. Le diable est dans les détails !

École des jeunes présentateurs

Danse avec les vaches

Élevage

Publié le 19/05/2016

Mettre la patte droite en avant, ou la gauche, selon une partition que seuls les initiés peuvent déchiffrer, marcher doucement, faire un tour, se positionner correctement… Présenter des vaches ou des génisses lors d'un concours de race requiert une somme de connaissances insoupçonnées. Pas tout à fait un art, « c'est un sport », estime Nicolas Brodbeck, enseignant en mathématique bilingue au collège de Zillisheim, qui pratique ce sport comme d'autres pratiquent le badminton, par exemple. Un sport où la compétition est rude et où rien ne doit être laissé au hasard pour figurer sur le podium. Il ne suffit pas que la candidate soit belle, il faut aussi savoir le montrer, donc valoriser ses atouts et masquer ses défauts. Les 9 et 10 avril, dans l'enceinte du Gaec Wilt à Dachstein, pas moins de 10 formateurs (Olivier Wilt, Nicolas Brodbeck, Alexandre Wintzenrieth, Bruno Dietmann, Philippe Hofstetter, Guillaume Hofstetter, Perrine Ludwig, Salomé Vieux, Claudia Kreiss, Jean-François Dintinger et Daniel Schwartz) sont intervenus pour initier 21 jeunes alsaciens à la présentation d'animaux aux concours de race. En ligne de mire : leur participation au concours des jeunes présentateurs qui aura lieu ce samedi à Brumath dans le cadre du festival de l'élevage.

Objectif panse ronde

Tout commence au moment du choix de l'animal qui sera présenté. Car il faut que son potentiel soit bon à la base. Les animaux présentant des défauts rédhibitoires sont donc écartés. Il s'agit ensuite de choisir ceux qui ont le moins de défauts. Et, comme l'animal parfait n'existe pas, ceux dont les quelques défauts pourront être le plus facilement masqués par une préparation soignée. Pour aider les élèves à comprendre comment choisir un animal, les formateurs ont procédé avec eux au classement de plusieurs animaux. Un exercice qui leur a permis de se mettre dans la peau d'un juge, de mieux appréhender leurs critères de hiérarchisation. L'animal une fois sélectionné, il faut l'éduquer à certaines particularités propres aux concours : manger dans un seau, marcher doucement et calmement, manger de la pulpe de betterave pour avoir une panse bien ronde… Eh oui, parce que contrairement à nos miss qui doivent afficher un ventre plat, les génisses, elles, doivent avoir une panse ronde !

Le clippage, le contouring version bovin

Avant de défiler, les candidates sont mises en beauté. Elles seront d'abord lavées pour préparer le poil, afin qu'il soit beau et bien blanc. Puis les animaux seront soumis à une séance de tonte façon contouring : le clippage. L'objectif de cet exercice consiste à mettre en valeur les atouts des animaux, leur caractère laitier ou viandeux selon les races, en affinant certaines zones et en en mettant d'autres en relief. Les mauvais ouvriers ayant toujours de mauvais outils, les participants à la formation ont appris à bien choisir leur tondeuse : bon peigne, bon contre-peigne, bon lubrifiant, bon réglage de la tondeuse, reconnaissable à son bruit régulier. Application sur une génisse : au niveau de la tête et du bas des pattes, on tond tout. « En affinant les pattes, on cherche à affirmer le caractère laitier de la génisse », explique Alexandre Wintzenrieth, responsable d'un troupeau à Moernach, qui animait l'atelier clippage avec Bruno Dietmann et Guillaume Hofstetter. Aussi, même si ces zones sont très sensibles et que ça chatouille les candidates, pas de quartier, l'épilation doit-elle être nickel. Sur les flancs, on tond tout sauf 10 cm autour de la ligne de dos ni le ventre : il s'agit d'obtenir un dégradé plus ou moins plongeant. Et la queue dans tout ça ? Elle est également tondue, sauf son extrémité, valorisée façon plumeau. Pour obtenir le meilleur résultat, les formateurs ont conseillé aux élèves de commencer par dégrossir le travail avec une grosse tondeuse et de l'affiner avec une tondeuse plus petite, plus précise. Durant la deuxième journée de formation, l'atelier clippage a été quasiment exclusivement consacré à la préparation de la ligne de dos, qui doit s'effectuer avec la plus grande précision.

Pose avantageuse

Enfin, il faut connaître les règles et les gestes de présentation des animaux. Un des principaux objectifs, c'est de faciliter le travail du juge, qui officie selon un rituel bien établi. Lorsque tous les animaux entrent en marche avant sur le ring, le juge va regarder rapidement tous les animaux. La marche doit alors être la plus douce possible pour laisser au juge le loisir d'apprécier chaque animal. Puis, lorsqu'ils sont tous alignés, il va regarder chaque animal en détail, bassins, largeurs aux ischions… Il faut donc lui laisser suffisamment de place entre les animaux, deux ou trois mètres environs, pour qu'il puisse en faire le tour, se baisser, prendre un peu de recul. À l'arrêt, la position des pattes doit être avantageuse pour l'animal par rapport à la position du juge. La génisse doit paraître la plus longue possible. C'est au présentateur de savoir quelle patte la vache doit mettre en avant et de le lui faire savoir en appliquant une pression sur la patte concernée. Le présentateur doit aussi en permanence veiller à ce que la ligne de dos soit bien droite, quitte à remettre la queue de l'animal en place. Les formateurs ont également appris aux élèves à se positionner dans le ring en fonction du classement proclamé par le juge parfois d'une manière très discrète qu'il faut savoir interpréter.

Coulées d'eau boueuse

Le pire a - presque - été évité

Cultures

Publié le 17/05/2016

Plusieurs communes ont été touchées par des pluies abondantes ayant entraîné débordements des cours d'eau et coulées d'eau boueuse mercredi et jeudi dernier. Du nord au sud, citons, dans la région de Saverne, les communes de Landersheim, Saessolsheim, Dettwiller et Lixhausen. Un peu plus au sud, le secteur de Geudertheim, Brumath, Kriegsheim, Weitbruch ainsi que celui de Gougenheim, Rohr, Gimbrett. Les communes plus centrales d'Erstein, Colmar et Sélestat ont également été impactées.

Dans le Haut-Rhin, Soultz, Jungholtz, Wuenheim et plusieurs communes situées dans la couronne mulhousienne ont également subi des dommages, notamment Pfastatt, Zillisheim, Steinbrunn-le-Haut, Steinbrunn-le-Bas, Brunstatt, Rantzwiller et Flaxlanden. C'est sans doute dans ces trois dernières que les dégâts ont été les plus importants (lire en encadré).

Des cultures encroûtées dans les sédiments

Dans la plupart des cas, les dégâts « civils » sont restés relativement mesurés : il s'agit surtout de caves et de locaux inondés, de rues et de routes immergées et qu'il a parfois fallu débarrasser de la couche de boue charriée par les coulées d'eau boueuse. Mais les dégâts sont aussi agricoles. En effet, ces pluies se sont abattues sur des sols tout juste semés ou travaillés, entraînement du ravinement, de la perte de terre, d'engrais, un tassement des sols, la formation d'une croûte de battance que les plantules auront du mal à percer… Et encore, « heureusement qu'il n'y a pas eu de grosses chaleurs mais plutôt de légères précipitations tout de suite après ces épisodes : ça a permis de retarder la formation de la croûte et donc aux plantules de passer au travers », constate Rémy Michaël, conseiller spécialisé en érosion à la Chambre d'agriculture d'Alsace.

Quant à François Alvès, son homologue dans le Haut-Rhin, il estime que certaines parcelles devront être ressemées au niveau des zones d'accumulation des sédiments, notamment en bas de pente, ce qui ne sera pas toujours techniquement réalisable en fonction des configurations des parcelles concernées. L'ampleur des dégâts est entre les mains de la climatologie : « S'il continue à faire froid, les sols tassés en surface resteront froids plus longtemps, auront du mal à respirer, ce qui se traduira par des maïs bleus, des levées hétérogènes. Mais les adventices, elles, vont continuer à pousser et il sera impossible d'intervenir tant que les sols n'auront pas suffisamment ressuyé », prévient Rémy Michaël.

Des mesures qui portent leurs fruits

Certes les dégâts occasionnés par ces épisodes de pluies printanières violentes sont toujours aussi impressionnants, mais Rémy Michaël relativise leur ampleur : « Dans le secteur de Brumath, comparé à l'intensité de l'épisode pluvieux, il y a eu relativement peu d'habitations touchées. Une telle quantité de pluie aurait pu faire bien plus de dégâts. » Le conseiller y voit le résultat des mesures qui ont été appliquées pour maîtriser des coulées d'eau boueuse, devenues récurrentes dans les années 2000, notamment « les assolements concertés et l'augmentation de la part des céréales d'hiver ». En effet, ces dernières étant suffisamment développées lorsque surviennent les orages printaniers, elles agissent comme un frein hydraulique, freinant le débit de l'eau et retenant les particules de terres arrachées dans les parcelles encore nues ou tout juste semées. Ainsi, alterner les parcelles de cultures d'hiver et de printemps, mettre en place des bandes enherbées, permet de réduire l'intensité des coulées d'eau boueuse.

Rémy Michaël a aussi pu constater l'efficacité du travail du sol simplifié qui, en laissant des résidus de culture en surface, procure aussi une couverture protectrice aux sols. La technique du strip-till, également envisagée, semble peut-être un peu moins efficace : « Un agriculteur m'a rapporté le cas d'une de ses parcelles où il y a eu du ravinement sur la partie travaillée ». « Nous sommes sur la bonne voie », estime donc Rémy Michaël, tout en constatant que « la proportion de terres labourées est encore largement dominante ». Pourquoi ? « C'est essentiellement une question d'habitude. Les agriculteurs aiment avoir un sol bien travaillé au printemps, qui réchauffe vite. Les techniques culturales simplifiées requièrent plus de patience, d'observation, de technicité. Mais ceux qui ont pris le pas ne reviennent pas en arrière. Et quand ils peuvent comparer, comme en ce moment, le comportement de leurs parcelles avec des parcelles labourées, ils doivent se dire qu'ils ont fait le bon choix ! »

Prairies multispécifiques

Valoriser les atouts de chaque espèce

Cultures

Publié le 17/05/2016

Didier Bauer, son fils Ludovic et son épouse Sylvie sont associés au sein du Gaec du Rebberg depuis le 1er avril 2015. Ludovic s'est installé en janvier 2012, après une formation agricole au lycée de Courcelles-Chaussy. Le Gaec emploie aussi un salarié et un apprenti. Le troupeau laitier se compose de 80 vaches prim'holstein et d'une quinzaine de brunes, qui produisent en moyenne 7 600 litres de lait bio, pour un volume total contractualisé avec Unicoolait de 710 000 l.

À force d'échecs

La conversion de l’exploitation agricole à l'agriculture biologique en 2009 a entraîné une baisse de la surface dédiée aux céréales, autoconsommées, au profit des prairies temporaires. Ces dernières sont gérées en fonction du type de sol et de leur durée d'exploitation, elle-même dictée par la rotation et la sécurisation de l'approvisionnement en fourrage du troupeau. « Parmi les prairies destinées à être exploitées pendant trois ans, je distingue les sols calcaires - sur lesquels j'implante un mélange de dactyle et de luzerne - des sols argileux, sur lesquels je privilégie un mélange de trèfle blanc, de trèfle violet et de ray-grass anglais, ou encore de trèfle blanc, de trèfle violet et de ray-grass hybride », indique Didier Bauer.

Dans les terres plus superficielles, « blanches », qui se travaillent bien, et après la moisson des céréales, en interculture, les éleveurs privilégient des mélanges plus hâtifs, comme un mélange de ray-grass italien et de trèfle d'Alexandrie, un mélange de ray-grass italien et de trèfle incarnat, ou encore un mélange de ray-grass italien, de trèfle incarnat et de trèfle d'Alexandrie. « Pour implanter les intercultures, nous effectuons un passage de herse lourde pour ameublir le sol en surface et obtenir un minimum de terre fine, puis nous semons dans les chaumes et nous roulons », précise Ludovic Bauer. Pour trouver les mélanges adaptés à leurs parcelles, les éleveurs n'ont pas utilisé de boule de cristal : « Nous les avons élaborés à force d'échecs », constate Didier Bauer.

Affouragement en vert

L'élevage a la particularité de récolter une partie de ses fourrages en vert grâce à une autochargeuse acquise en Italie suite à un voyage de Didier et Sylvie dans ce pays. D'une capacité équivalente à deux bottes d'ensilage, cet outil permet de faucher l'herbe, de la charger et de la décharger, sans descendre du tracteur. Une facilité d'utilisation qui a su séduire les éleveurs, si bien que l'alimentation s'effectue en vert sept mois sur douze, à hauteur de 60 % de la ration totale durant la période estivale. « Nous essayons de privilégier les parcelles les plus proches de l'exploitation pour ce type de récolte, pour limiter les déplacements, mais il nous arrive aussi d'aller récolter plus loin si c'est nécessaire », détaille Didier Bauer. Pour l'affouragement en vert, ce sont les mélanges de ray-grass hybride, de trèfle blanc et de trèfle violet ainsi que les intercultures qui sont privilégiés : « Ce sont des mélanges riches et les intercultures sont difficiles à sécher à l'automne. »

Une fois encore, c'est à force d'erreurs que Didier et Ludovic Bauer sont parvenus à élaborer la ration idéale : « Après six années de tâtonnements, nous sommes parvenus au compromis d'une ration sèche pour la nuit, avec du foin et de l'enrubanné, et d'une ration en vert pour la journée. Auparavant, nous avons essayé une alimentation 100 % en vert, mais il y a trop d'azote soluble, ce qui entraîne une hausse des cellules, et donc une baisse du prix du lait. » Une chose est sûre, les vaches, elles, adorent ça : « Elles sont comme nous, elles préfèrent mettre les pieds sous la table qu'aller faire les courses et tout préparer, sourit Ludovic Bauer. Quand elles sont nourries en vert, elles ont tendance à rester à l'étable et ne sortent quasiment que la nuit. » Autre avantage : l'absence de refus.

Lait de chèvre bio

Des perspectives de développement en Alsace

Élevage

Publié le 12/05/2016

Martin Buhl, gérant de la fromagerie Monte Ziego, située à Teningen, à 20 km outre-Rhin de Marckolsheim, ne tarit pas d'éloges sur les chèvres. Pourquoi faire du lait de chèvre ? Il ne manque pas d'arguments : « C'est une opportunité économique. Le lait de chèvre bio est une matière première recherchée. Et notre projet est d'envergure local. » Ce projet, Martin Buhl l'explique courbe de production de lait de chèvre à l'appui : « Nous devons composer avec un pic de production en été, et une sous-production en hiver. Pour nous affranchir de ces manques de production et aboutir à une production de fromages la plus constante possible, nous voulons accroître notre collecte. » Le surplus estival va donc s'accroître également.

Or désormais, les fabricants de poudre de lait infantile sont autorisés à intégrer de la poudre de lait de chèvre dans leur recette. La poudre de lait de chèvre bio est donc devenue une matière première qui intéresse au plus haut point le fabricant Holle « qui est à l'alimentation infantile bio ce que Weleda est à la cosmétique bio », compare Pierre Ott, en charge du développement de ce projet en France. Le surplus de lait collecté en été sera donc absorbé par ce nouveau débouché. Pour ce faire, la société Biopulver GmbH a été créée. La fromagerie Monte Ziego en détient la majorité, et ce sont pas moins de 9 M€ qui ont été investis dans l'outil de production de poudre de lait. Le fabriquant Holle l'achètera via des contrats de livraison établis sur le long terme.

Un prix attractif

En termes de rémunération, l'avantage comparatif du lait de chèvre bio est indéniable : Martin Buhl annonce un prix moyen de 0,86 €/l. Il détaille : « 0,86 €/l, c'est le prix moyen. Le prix de base est de 0,83 €/l, auquel s'ajoutent des primes en fonction de la qualité, liée à la teneur en protéines et en matières grasses. » En outre du fait de la saisonnalité de la production, la laiterie pratique un prix d'hiver, plus élevé, et un prix d'été. Une chose est sûre : « Le prix du lait de vache est très bas et risque de baisser encore, alors que le prix du lait de chèvre a plutôt tendance à augmenter. »

Des investissements réduits

Et Martin Buhl a encore d'autres arguments dans sa besace, des plus accessoires - « les chèvres sont de super animaux qui ne sentent pas mauvais », aux plus sérieux : « Ce sont des animaux robustes, faciles à traire et qui développent très rarement des mammites. » Les investissements relatifs à leur élevage sont relativement réduits. D'une part parce que moyennant quelques aménagements, les étables à vaches laitières peuvent être réutilisées. D'autre part parce qu'il est possible de faire beaucoup de choses en auto-construction. Enfin, la fromagerie propose un service de conseil aux producteurs, allant du plan de conversion au projet d'adaptation des bâtiments, en passant par le montage du troupeau, jusqu'à la phase de production : « Nous sommes à l'écoute, nous disposons de références, nous pouvons organiser des visites chez des producteurs… » La fromagerie dispose notamment d'un outil informatique permettant de réaliser des analyses économiques assez poussées.

Enfin, Martin Buhl promet aux éleveurs « un partenariat équitable, une coopération à long terme, avec des contrats sur trois ans et des prix discutés de manière transparente. Je veux des producteurs heureux et satisfaits de leur métier, car c'est dans notre intérêt de pouvoir compter sur eux à long terme. »

Blé

La septoriose gagne du terrain

Cultures

Publié le 10/05/2016

Pour ces réunions de Tour de plaine, les agriculteurs étaient invités à ramener le matériel végétal nécessaire à la réalisation des analyses pour piloter le 3e apport d'azote sur blé. Mercredi 4 mai à Hohengœft, Pierre Geist, conseiller grandes cultures à la Chambre d'agriculture d'Alsace, et Matthieu Bihler, stagiaire, enchaînaient donc les analyses N-Tester, qui consistent à mesurer optiquement la teneur en chlorophylle d'une quarantaine de dernières feuilles étalées de maîtres brins, celle-ci étant fortement corrélée à l'état de nutrition azotée de la plante. La valeur moyenne obtenue est renseignée sur le site internet du constructeur de l'outil électronique, de même que l'identité de l'agriculteur, la variété semée, le stade de la culture, la quantité d'azote déjà apportée et la quantité d'azote à apporter obtenue par la méthode du bilan.

« Il faut aussi choisir la méthode de calcul, car il y en a deux : une pour sécuriser le rendement, une autre pour sécuriser le rendement et la teneur en protéines », précise Pierre Geist. En général, une dizaine d'unités d'azote supplémentaires par rapport à la méthode « classique » sont conseillées pour assurer la teneur en protéines. Après huit jours d'analyses, Pierre Geist constate : « La méthode N-Tester conseille d'apporter encore de 0 à 70 unités d'azote. » L'impasse concerne surtout des agriculteurs qui ont déjà apporté 200 unités. C'est plutôt la fourchette haute qui étonne Pierre Geist : « Au stade où sont les blés, nous ne conseillons pas d'apporter encore 70 unités, parce que les valoriser risque d'être compliqué. Et puis les températures vont augmenter, le sol va minéraliser et libérer de l'azote. Il vaut donc mieux se limiter à 40 unités. »

Des blés prometteurs, malgré la septoriose

Côté maladie, la septoriose gagne du terrain, avec une intensité variable selon les variétés, plus ou moins sensible, les parcelles et les dates de semis : « Dans les parcelles semées début octobre, on voit des blés dont la F3 est déjà contaminée. Ces parcelles ont déjà dû être traitées. Dans les parcelles semées fin octobre, le profil sanitaire est encore bon et il est moins urgent de traiter. Si possible, il faut attendre que la dernière feuille soit bien étalée pour la protéger au maximum », déclare Pierre Geist, le 4 mai. Mais les contaminations vont progresser au rythme des précipitations et une deuxième intervention trois semaines après la première lui semble quasiment inéluctable : « Cette année, on aura du mal à faire moins que deux ou trois traitements de protection ». Par contre, le potentiel est là, l'état des blés est assez prometteur, la qualité et la quantité de la moisson dépendent désormais essentiellement des conditions météorologiques du mois de juin.

Asperges, arboriculture, apiculture

Le gel printanier a fait des dégâts

Cultures

Publié le 05/05/2016

Les nuits glaciales de la semaine dernière et les pluies froides ont quasiment stoppé la production d’asperges d’Alsace fin avril. En effet, les températures très basses, le vent du nord de la journée du mercredi 27 avril ont refroidi les buttes en profondeur. Or, pour que l’asperge puisse pousser, elle a besoin de 12 °C au plateau, c’est-à-dire à 30 cm de profondeur. Sans chaleur, il n’y a pas d’émission de bourgeons, qui formeront par la suite les turions. Pour certains producteurs, le début de saison est donc catastrophique en termes de rendement. Certains n’ont quasiment rien récolté à ce jour. Cette situation est identique pour toute la région Grand Est. Les prévisions météo étaient plus optimistes pour la suite. Mais en tout état de cause, il faudra patienter quelques jours avant que la production ne redémarre. Durant le mois de mai, l’asperge peut encore faire des miracles en termes de production et l’asperge d’Alsace se trouvera sans aucun problème dans le commerce. Une chose est sûre : le manque de volume au niveau national et européen devrait favoriser une certaine fermeté au niveau des prix. Cette pression sur les prix baissera dès que les conditions météorologiques seront favorables à des volumes de production importants.

Arboriculture : sur le fil du rasoir

Froides durant quelques jours, les températures sont même passées sous la barre fatidique des - 2 °C un peu partout en Alsace dans la nuit du 28 au 29 avril : « C'est inquiétant. Les fleurs résistent encore à de telles températures mais, hormis les pommiers, la plupart des espèces avaient atteint le stade des petits fruits qui supportent mal les températures négatives », rapporte Hervé Bentz, responsable de la station expérimentale du Verexal. Il se veut rassurant : « Cela faisait quelques jours qu'il faisait froid, on peut donc se dire que le choc a été moins soudain, moins brutal, que si le gel était arrivé après une période de douceur. » Reste que la zone critique est atteinte. Dans quelques jours, l'ampleur des dégâts pourra être estimée : « Les symptômes des dégâts de gel sont un noircissement du pistil sur les fleurs ainsi qu'un noircissement partiel à total des petits fruits, qui s'accompagne de craquelures. » Les dégâts risquent donc d'être qualitatifs : les craquelures constituent un facteur de risque de contamination par les maladies cryptogamiques, et si elles cicatrisent mal, les fruits atteints seront difficilement valorisables en fruits de table. Les dégâts pourraient aussi s'avérer quantitatifs car les fruits les plus sévèrement touchés vont tomber, « surtout si la sève des arbres, qui circulait au ralenti à cause du froid, se remet à circuler trop soudainement », précise Hervé Bentz. Heureusement, cet épisode a été suivi d'un week-end pluvieux. Or s'il pleut, il ne gèle pas ! « La récolte ne sera donc pas aussi pléthorique qu'on pouvait l'espérer, mais elle ne sera pas non plus catastrophique », estime prudemment Hervé Bentz le 29 avril. De toute manière, la balle est dans le camp de la nature, les arboriculteurs ne peuvent pas faire grand-chose pour protéger les vergers du gel, à part les arroser ou les réchauffer avec des braseros. Il ne reste donc plus qu'à essayer de limiter les dégâts, en mettant les arbres dans de bonnes conditions, par exemple en les alimentant avec des engrais foliaires, en les soutenant avec des stimulateurs de défense naturelle…

Apiculture : une première miellée tronquée

Les températures fraîches vont avoir trois conséquences majeures sur la suite de la campagne apicole : « Pendant qu'il faisait froid, les abeilles ne sont pas sorties, donc elles ont puisé dans leurs réserves au lieu d'aller collecter du nectar pour faire du miel. Certains apiculteurs ont même dû apporter du sirop aux ruches pour les aider à passer ce cap », rapporte Alexis Ballis, conseiller apicole à la Chambre d'agriculture d'Alsace. Résultat, la première miellée, celle produisant du miel « toutes fleurs », est en partie compromise. Et puis avec le froid, la reine s'est arrêtée de pondre, occasionnant un « trou de ponte » qui se traduira dans quelques semaines par un déficit dans la population d'abeilles. Enfin, comme les abeilles sont restées cloîtrées dans la ruche, le retour du beau temps a entraîné un fort essaimage afin de réduire la population des ruches les plus peuplées : « L'ancienne reine part en emmenant avec elle une partie de la population et en laissant derrière elle une nouvelle reine pour la ruche. »

Comptoir agricole

Rencontre avec les élus

Cultures

Publié le 28/04/2016

Guy-Dominique Kennel en a fait un rituel. Régulièrement, par territoire, il organise des rencontres avec les élus. Des rencontres qui débutent par la visite d'une entreprise du territoire en question et qui se poursuivent par des échanges entre élus : « Je leur explique ce que je fais au Sénat, ils me font remonter les difficultés qu'ils rencontrent dans la gestion de leur commune, notamment en lien avec la baisse des dotations qu'ils subissent », explique le sénateur. Originaire de Hochfelden, Guy-Dominique Kennel connaît bien les locaux du Comptoir agricole pour être passé devant à de multiples reprises, mais beaucoup moins les activités de la coopérative. Marc Moser, président de la coopérative, s'est donc fait un devoir de les expliquer : « Notre activité principale consiste en la collecte de céréales », explique-t-il aux élus réunis dans un silo sécheur d'une capacité de 40 000 tonnes, encore à moitié plein d'un maïs destiné à l'amidonnerie et qui quitte actuellement le silo à raison d'un train de 21 wagons par mois, ce qui représente 1 300 t de céréales chargées en un peu plus de 3 h.

La qualité, c'est le revenu

« Bon an mal an, le Comptoir agricole collecte 700 000 à 1,2 million de tonnes de céréales », poursuit Marc Moser, qui illustre les subtilités de cette activité en comparant les collectes 2015 et 2014. En 2015, les rendements ont été catastrophiques, mais la qualité était correcte. En 2014, la quantité était au rendez-vous, mais pas la qualité puisque les seuils des teneurs en mycotoxines des céréales destinées à l'alimentation humaine ont été largement dépassés en moyenne. Or l'alimentation humaine, c'est le principal débouché des céréales collectées par la Comptoir agricole. « Quand on a zéro tonne qui correspond aux exigences du marché valorisé et visé, il faut rompre les contrats, payer des indemnités de rupture de contrat, trouver de nouveaux clients, quitte à baisser les prix », détaille Marc Moser. Et c'est ce que le Comptoir agricole a été contraint de faire pour vendre son maïs. On peut estimer que ce défaut de qualité sanitaire a engendré une décote moyenne de 10 €/t pour le Comptoir agricole et l'ensemble de l'agriculture du bassin rhénan, qui s'est répercutée sur le revenu des producteurs.

Plaidoyer pour le maïs

Le maïs, c'est la principale céréale collectée par la coopérative, pour qui elle représente donc un enjeu stratégique. Or cette culture, et surtout son hégémonie, sont fréquemment décriées par la société civile. Marc Moser et Matthieu Luthier, responsable développement et communication du groupe, ont rappelé pourquoi le maïs est si présent en Alsace. « Le maïs est une plante au potentiel de rendement très important, qui n'est jamais atteint en raison des facteurs limitants. Mais en Alsace, grâce à la climatologie et la pédologie, le maïs exprime très bien son potentiel de rendement, qui continue d'ailleurs de croître, alors que celui du blé stagne depuis plusieurs années », indique Matthieu Luthier. Si bien que « neuf années sur dix, on produit du maïs de qualité en quantité suffisante en Alsace ». Une sécurité dans un approvisionnement en matière première de qualité qui a attiré de nombreux industriels en Alsace pour la transformer sur place.

De Roquette à Syral en passant par Costimex, le maïs génère 2 000 emplois directs en Alsace. Une particularité qui permet de bien rémunérer le maïs alsacien. Certes, le maïs est haut et crée un effet muraille dans le paysage, mais s'il était remplacé par du blé, moins occultant, la plaine d'Alsace serait couverte de chaumes durant les mois les plus chauds de l'été, alors que le maïs permet d'absorber du CO2 et de rejeter de l'oxygène grâce à la photosynthèse, argumente encore Marc Moser. En outre, le maïs est une culture qui requiert relativement peu de produits phytosanitaires, en tout cas moins que d'autres cultures. Enfin, du point de vue logistique, « la distance moyenne qui sépare une parcelle d'un port est de 20 km. Les 40 % de maïs alsacien qui ne sont pas transformés par les industries locales sont donc acheminés vers Rotterdam par voie fluviale, uniquement grâce au courant du fleuve », souligne Marc Moser. Autant de particularités qui permettent de payer correctement les producteurs de maïs - en temps « normal » - et donc de maintenir une agriculture familiale sur le territoire.

Ramener de la plus-value

À part les céréales, le Comptoir agricole collecte et commercialise d'autres denrées agricoles. Du houblon d'abord, et de plus en plus, car après une grave période de crise, la filière redémarre, tant et si bien que le Comptoir agricole a besoin que de nouvelles houblonnières soient érigées pour honorer ses contrats.

Il y a aussi la pomme de terre, dont les 130 ha permettent de produire 6 000 à 7 000 t de tubercules, qui ne couvrent pas la consommation alsacienne, à 95 000 t. Plus récemment, la coopérative s'est lancée dans la production de semences de maïs, une culture qui permet de dégager un chiffre d'affaires de 4 000 à 5 000 €/ha, contre 1 500 à 2 000 €/ha pour le maïs de consommation. Ce faisant, la coopérative a pleinement rempli sa mission, qui consiste « à dynamiser le territoire et à ramener de la plus-value à ses 4 000 adhérents ».

École des jeunes présentateurs

21 jeunes formés à la présentation d'animaux

Élevage

Publié le 26/04/2016

Présenter des vaches ou des génisses lors d'un concours de race requiert une somme de connaissances insoupçonnées. Pas question d'arriver avec un animal pas très bien préparé, ni entraîné et mis en valeur. Tout un art que 21 jeunes passionnés ont pu aborder dans le cadre de l'école des jeunes présentateurs, organisée par le Club Holstein 68 et le Syndicat de la race prim'holstein du Bas-Rhin, et qui s'est déroulée les 9 et 10 avril dans l'enceinte du Gaec Wilt à Dachstein. Pas moins d'une dizaine de formateurs (Olivier Wilt, Nicolas Brodbeck, Alexandre Wintzenrieth, Bruno Dietmann, Philippe Hofstetter, Guillaume Hofstetter, Perrine Ludwig, Salomé Vieux, Claudia Kreiss, Jean-François Dintinger et Daniel Schwartz) sont intervenus pour initier ces jeunes alsaciens, âgés de 17 à 20 ans, aux arcanes des concours de race. Pour la plupart, il s'agissait d'élèves de l'enseignement agricole, ou de jeunes installés ; des enfants d'éleveur, ou des jeunes qui nourrissent une passion pour l'élevage. Suffisamment pour y consacrer un week-end entier durant les vacances scolaires.

Magnifier les animaux

Durant les deux jours de formation, les participants ont tourné entre trois ateliers. Le premier était consacré à la sélection et à la préparation des animaux en amont d'un concours. Il faut en effet savoir repérer les animaux qui ont le meilleur potentiel, et dont les défauts peuvent être corrigés par une préparation soignée. L'animal sélectionné, il faut l'éduquer à manger dans un seau, à marcher doucement et calmement, et lui concocter une ration adaptée.

Le deuxième atelier était réservé au clippage, une discipline qui consiste à savoir mettre les animaux en valeur en les lavant pour préparer le poil, puis en les tondant de manière à affiner certaines zones et à en mettre d'autres en relief. Ainsi, la seconde journée de formation a été presque exclusivement consacrée à la préparation de la ligne de dos, qui doit s'effectuer avec la plus grande précision.

Le troisième atelier a permis aux élèves de se familiariser avec les règles et les gestes de présentation des animaux. Un des principaux objectifs, c'est de faciliter le travail du juge. Et puis les animaux doivent être positionnés de la manière la plus avantageuse possible par rapport au juge. Les génisses doivent paraître les plus longues possible. La position des pattes relève donc d'une grande importance, et c'est au présentateur de savoir quelle patte la vache doit mettre en avant, et de le lui faire savoir en appliquant une pression sur la patte concernée. Le présentateur doit aussi en permanence veiller à ce que la ligne de dos soit bien droite, quitte à remettre la queue de l'animal en place.

Les organisateurs tiennent à remercier Copvial et Alsace Lait qui leur ont fourni de quoi préparer les repas pris en commun au cours du stage, ainsi que le lycée agricole d'Obernai, où les participants étaient logés pour la nuit du 9 au 10 avril.

Rendez-vous samedi 21 mai au plan d'eau de Brumath pour voir évoluer ces 21 jeunes présentateurs avec leurs génisses et constater les bénéfices de cette formation un peu particulière.

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