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Bérengère de Butler

Bérengère de Butler est journaliste à l'Est agricole et viticole.

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Concours des prairies fleuries

Écologiques, prolifiques, bénéfiques

Cultures

Publié le 27/06/2016

Les 9 et 10 juin, c'étaient 11 prairies des vallées de la Bruche et de Villé qui étaient soumises à l'expertise d'un jury. Nous les avons rejoints sur une parcelle située le long de la route qui serpente dans le col d'Urbeis. L'herbe est haute, le sol est humide, glissant, mais le soleil est radieux et la température idéale. Une aubaine en ce printemps calamiteux !

Les membres du jury (lire en encadré) sont à l'œuvre. Ils ont déterminé une diagonale représentative de la parcelle et se déplacent en file indienne le long de celle-ci, les yeux rivés au sol. Ils sont à la recherche de plantes indicatrices révélatrices de la richesse spécifique de la prairie. Pour chaque tiers de la diagonale, ils doivent en trouver au moins quatre, sinon, la parcelle ne répond pas à ce critère de base. Ils en profitent aussi pour estimer le potentiel fourrager de la parcelle. La prairie en question franchit cette première étape avec succès.

Le jury se rassemble à l'ombre d'un arbre pour passer à la suite de la notation, qui consiste à évaluer la fonctionnalité agricole, la productivité, la valeur alimentaire, la souplesse d'exploitation, la fonctionnalité écologique, la valeur apicole, le renouvellement de la diversité végétale. Enfin, la notation de la cohérence des usages, en lien avec les objectifs de l'agriculteur et le contexte du territoire, fait l'objet d'une ultime discussion.

Pour mener à bien leur mission, les jurés s'appuient sur une fiche détaillant les pratiques de l'exploitation et les interventions qui ont été effectuées sur la parcelle. Cette première parcelle est jugée assez hétérogène, ce que le jury relie à un différentiel de fertilisation entre le haut et le bas de la pente, où coule un cours d'eau. En effet, l'agriculteur y apporte du lisier entre deux coupes d'herbe, et uniquement sur le haut de la parcelle. Malgré ces précautions, une partie du jury estime cette pratique préjudiciable à la qualité de l'eau du ruisseau. Un point qui joue donc en la défaveur de la parcelle.

Mais la plupart des autres critères donnent satisfaction. Il est notamment souligné que la parcelle contribue à l'ouverture du paysage, même si quelques arbres masquent une partie de l'ouverture paysagère. En outre, elle abrite une rigole intéressante d'un point de vue patrimonial puisqu'elle représente un système d'irrigation issu d'un savoir-faire ancestral que l'agriculteur contribue à maintenir. Enfin, le jury reconnaît que la parcelle, pentue, mal exposée, n'est pas facile à entretenir. « Il pourrait aussi ne pas le faire ». Et donc, rien que pour ça, cette prairie a le mérite d'exister !

Un bien commun

Le jury s'engouffre ensuite dans un minibus et file en direction de la prochaine parcelle. Cet îlot, qui court sur les bans de Bassemberg et de Lalaye, est la propriété d'une association foncière pastorale qui gère une quarantaine d'hectares disséminés sur dix sites. La parcelle est exploitée par des éleveurs ovins, qui savent l'apprécier car elle est « à la fois grande, clôturée et proche du siège de l'exploitation ». La parcelle est donc régulièrement pâturée par tout ou partie de la troupe.

Cette parcelle séduit tout particulièrement Régis Ambroise, le spécialiste du paysage. En effet, la prairie abrite des haies, et plusieurs arbres, sculptés par l'abroutissement topiaire, c'est-à-dire l'action du bétail qui broute les feuilles basses des arbres. Ces arbres sont non seulement isolés, mais aussi et surtout alignés le long de talus : « Cela rend leurs troncs bien visibles, ils participent donc mieux à la structuration de l'espace que des arbres isolés, tout en procurant de l'ombre aux animaux. » Le spécialiste poursuit : « Le problème, quand on veut ouvrir les paysages, c'est qu'on a tendance à tout couper. Ici il reste des arbres, c'est une force énorme. Cela donne à voir et justifie que les prairies soient aussi considérées comme un bien commun qui profite à tout le monde ».

Plus loin, il s'arrête devant un mur de pierres sèches, héritage d'un mode d'exploitation qui a abouti à un paysage particulier, le peigné vosgien : « Dans les pentes, des talus avec des bandes de terre planes étaient aménagés afin de cultiver des pommes de terre, des céréales… En général, les murs de pierre étaient réservés aux parcelles cultivées, car le passage des animaux les détériore. La présence de ce mur indique donc que cette parcelle était autrefois cultivée. » Aujourd'hui, l'ensemble de la parcelle est dédié à la production d'herbe, mais l'ancien système agraire est resté en mémoire, « et sa fonction anti-érosive n'est pas perdue ».

Dominique Orth, l'agronome du jury, se déclare satisfaite de la valeur agronomique de la prairie : « Il y a beaucoup de fétuque ovine et rouge, du dactyle, de l'avoine jaunâtre. La biomasse n'est pas très abondante, mais il y a beaucoup d'espèces aromatiques, comme de l'achillée et surtout du thym », indique-t-elle en désignant un véritable tapis de cette espèce si délicieusement odorante… De là à se figurer un bon gigot enrobé de thym, il n'y a qu'un pas !

Groupe Comptoir agricole

Les « pro » parlent aux « pro »

Technique

Publié le 10/06/2016

Le salon qui se tenait à Rouffach était une première pour le groupe Comptoir agricole qui avait un espace pour chacune des entreprises du groupe. L’objectif étant de permettre à chaque structure de présenter ses spécificités et ses offres pour les adhérents et clients du groupe. Gustave Muller était mise en avant du fait de la tenue du salon dans le Haut-Rhin et Comptoir agricole et Viti.com étaient également présents. L’espace dédié au groupe présentait les chiffres et les actions portées à ce niveau, et un espace lounge faisait le lien entre toutes les structures. À cette occasion, le groupe voulait insister sur son engagement régional tant au niveau de l’innovation que des filières biologiques en Alsace.

Côté Comptoir agricole, les activités de la coopérative relatives à l’innovation, les filières bios et les services étaient déclinés au fil d'une enfilade de panneaux : l'approvisionnement en fourniture pour l'entretien des espaces verts et le déneigement ; le Guide technique, un ouvrage de référence qui fête cette année ses 33 ans ; les axes de recherche de la coopérative ; ses chiffres clés ; l'offre de service Comptoir du futur, récemment étoffée de la marque Comptoir AgroSphère, qui regroupe les services agronomiques et environnementaux. L'occasion pour Matthieu Luthier, responsable développement et communication du Comptoir agricole, de présenter le logo de cette nouvelle marque : « Il s'agit d'une main, qui représente l'homme, qui aide le végétal à pousser, dans un environnement en forme de sphère qui représente l’écosystème de la plante avec les couleurs bleue, jaune et brune qui représentent l'eau, le soleil et le sol ». Le salon Agriculture de demain était d'ailleurs pour le Comptoir agricole l'occasion d'inviter ses adhérents à l'événement « Comptoir AgroSphère - Les rencontres », un nouveau format de réunion technique qui sera la vitrine de l'innovation agronomique et technologique de la coopérative et qui aura lieu cette année le 23 juin à Bietlenheim.

Les partenaires du Comptoir agricole en matière d'innovation que sont OptiSat, Latitude GPS et Airinov prenaient part à ce salon pour présenter qui ses GPS et ses consoles, qui ses drones et les multiples services qu'ils peuvent rendre aux agriculteurs. Et un espace était dédié au groupe Comptoir agricole, à ses thématiques de recherche pour accompagner ses adhérents vers l'agroécologie, les filières bios, l’innovation, et la masse salariale qui y est consacrée…

Éts Schell à Ebersheim

L'irrigation nouvelle génération

Technique

Publié le 09/06/2016

Les Établissements Schnell ne sont en retard d'aucune innovation. Alors, au salon Agriculture de demain, ils sont venus avec ce qu'ils proposent de mieux en matière de matériels agricoles innovants : un pulvérisateur Tecnoma avec autoguidage et coupure de tronçons de rampe par GPS, un épandeur Sulky avec guidage et modulation de la dose par GPS, du matériel d'irrigation de la marque Irtec, dont ils sont distributeurs en Alsace. Du matériel qui a d'ailleurs été soumis à l'épreuve du terrain puisque des démonstrations d'enrouleur ont permis de mesurer et comparer les performances de différents modèles, tant en termes de pression, que de consommation d'énergie, ou encore de répartition de l'eau par les buses des canons d'arrosage. « L'objectif, c'est d'avoir la meilleure répartition de l'eau en consommant le moins d'énergie », résume Raymond Schnell, gérant de l'entreprise familiale où évolue également son fils, Matthias. « Nous présentons aussi des groupes d'arrosage avec des pompes à axe vertical, des pompes électriques immergées que l'on peut déplacer de puits en puits en fonction des besoins, un groupe diesel déplaçable qui anime une génératrice reliée à un treuil qui permet de descendre une pompe de 10 à 50 mètres, une station électrique avec une variopompe », détaille Raymond Schnell. De quoi irriguer, sans se ruiner, ni s'épuiser !

Opération Fermes ouvertes - Made in viande

En mode selfie avec les vaches

Élevage

Publié le 09/06/2016

Se prendre en selfie avec une vache, il n'y a guère que dans une ferme que cet exploit est réalisable ! Les élèves de CM1-CM2 de l'école élémentaire de la gare de Geispolsheim ne s'en sont pas privés, dégainant qui son smartphone, qui son appareil photo numérique, pour s'immortaliser, hilares, entre amis, et avec une vache. Mais passé ce moment d'intense excitation, les élèves ont peu à peu remballé leurs appareils pour écouter les explications de Caroline Schwoob : « Nous élevons des vaches allaitantes, qui vont produire des veaux, et que nous pouvons garder une dizaine d'années. Et des génisses, soit des vaches qui n'ont pas encore eu de veaux, que nous achetons à 8-10 mois et que nous engraissons jusqu'à 30 mois. Ces animaux partent ensuite à l'abattoir, pour donner de la viande. » Les élèves auraient été curieux de visiter aussi l'abattoir, mais « il n'est pas à nous, précise Caroline Schwoob. Il ne se situe pas très loin, à Holtzheim. »

Elle ajoute que l'exploitation agricole abrite aussi des chevaux : « Le cheval ça peut se manger, mais pas les nôtres. Ce sont des chevaux destinés aux loisirs. » Parmi les bovins, l'agricultrice désigne ceux qui arborent une robe noire : « Ce sont des black angus, ils sont destinés à la reproduction, à la production de veaux. Il y a aussi des charolaises, des limousines, des blanc-bleu belges, qui sont engraissées. » Les questions des élèves fusent : « Comment est-ce que les vaches entrent dans les parcs ? Pourquoi elles se montent dessus ? » Les cornes, notamment, font l'objet de diverses observations : Caroline Schwoob explique que certaines races ont des cornes, d'autres pas, que les bovins sont parfois écornées, et que cela réussit plus ou moins bien, ce qui explique que certaines vaches ont des formes de cornes biscornues. Elle en profite pour glisser que si les vaches ne mordent pas, « il faut se méfier des coups de cornes ».

Ainsi va la vie…

À un élève qui s'inquiète de savoir si les vaches peuvent s'échapper, Caroline Schwoob répond : « Non, elles ne s'échappent pas, elles habitent ici, et nous aussi, nous ne sommes pas très loin ». Elle précise également que « les bovins destinés à l'engraissement ne sortent pas. Ils restent à l'étable, pour bien grossir. Alors que les vaches allaitantes peuvent sortir au printemps et en été. »

Une élève s'inquiète de voir l'étable arriver à saturation, s'il y a toujours de nouveaux veaux qui naissent. Caroline Schwoob la rassure en rappelant que certains animaux s'en vont aussi, à l'abattoir notamment, et que d'autres meurent, de vieillesse ou de maladie. Une information qui suscite des interrogations quant aux rituels d'enterrement des vaches : cercueil ou pas, croix ou pas… Caroline Schwoob rétablit la vérité : « Les animaux morts sont ramassés par un équarrisseur et incinérés ».

Herbe, foin, ensilage…

Devant la mélangeuse, l'agricultrice explique : « C'est une sorte de grand mixeur pour mélanger les aliments des vaches qui sont nourries avec de l'herbe enrubannée, du foin, de l'orge aplatie que nous produisons ». Plus tard, face aux faneuses, elle détaille la différence entre le foin et l'ensilage d'herbe : « Le foin c'est de l'herbe qui est fauchée avec une faucheuse, éparpillée plusieurs fois avec un faneur pour qu'elle sèche bien, remise en andain avec un andaineur avant d'être pressée en balles rondes ou carrées. L'ensilage d'herbe c'est aussi de l'herbe, qui est fauchée, mais qui est moins séchée. On ne passe qu'une fois le faneur et, après avoir été pressées, les bottes sont enfermées dans un film plastique avec une enrubanneuse pour mieux conserver cette herbe plus humide. »

Un métier de passionné

« Pourquoi vous avez choisi ce métier ? », demande un élève. « Par passion », répond sans hésiter Caroline Schwoob. « Et qu'est-ce que vous préférez dans ce métier ? », interroge un autre. « Le contact avec les animaux », déclare l'éleveuse. « Et vous travaillez beaucoup ? », s'enquiert encore un autre. « Ça dépend des périodes, mais quand il faut récolter les fourrages comme en ce moment, on se lève tôt et on se couche tard. C'est dur mais on aime le faire. Et puis on peut prendre des vacances, comme tout le monde. » « Et vous êtes bien payés ? », sonde un écolier. « C'est un peu compliqué en ce moment », concède l'éleveuse. Éric Schwoob prend alors le relais pour expliquer que le prix de la viande varie en fonction des saisons, de la demande, et qu'en ce moment il est très bas, c'est pourquoi il vend sa viande en direct aux particuliers, boucheries, supermarchés, « sinon, on ne s'en sortirait pas ».

Biodiversité

Le hamster, un rongeur moteur

Cultures

Publié le 09/06/2016

Le hamster qui disparaît, c'est la partie émergée de l'iceberg. C'est un signe palpable de l'appauvrissement de la biodiversité. Ainsi, toutes les mesures mises en œuvre pour préserver le grand hamster peuvent également s'avérer bénéfiques pour tous les insectes et micro-organismes, plus discrets, mais indispensables au bon fonctionnement des écosystèmes. L'objectif des partenaires du projet Life Alister, c'est « de développer l'agriculture de demain, une agriculture qui permette de préserver les espèces et la rentabilité de la production agricole, qui ne doit pas s'arrêter », indique Julien Eidenschenck, chef de projet hamster à l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). En effet, en lui procurant le gîte et le couvert, « les agriculteurs sont potentiellement les meilleurs amis du hamster ».

Reste à identifier les pratiques agricoles qui correspondent à ces objectifs. De 2014 à 2018, plusieurs pistes vont être étudiées sur 12 hectares cultivés en blé et maïs. Au total, une vingtaine d'agriculteurs sont engagés dans l'expérimentation de ces pratiques. Parmi elles, les Techniques culturales simplifiées (TCS) qui, en perturbant moins le sol, préservent la microfaune. Ou encore le sous-semis de trèfle dans le blé, technique qui doit permettre de remédier à l'absence de couvert et d'alimentation après la moisson du blé. Moisson qui intervient en outre en pleine période de reproduction du rongeur. En effet, la présence d'un couvert de trèfle devrait éviter que les hamsters ne quittent une parcelle moissonnée puisque ce trèfle représente un couvert protecteur et une source de nourriture riche en protéine, bienvenue à l'heure de la reproduction. La technique du sous-semis devrait permettre d'éviter la non-récolte des céréales qui est aujourd'hui pratiquée autour des terriers identifiés. Une technique qui fonctionne bien pour le hamster, mais moins bien pour les agriculteurs pour qui il est difficile de ne pas récolter ce qu'ils ont semé ! Reste que cette technique est assez difficile à mettre en œuvre. Elle nécessite du matériel spécifique, dont les agriculteurs disposent en commun au sein de la Cuma de la Plaine.

La météo déterminante

Une autre technique testée c'est l'implantation du maïs au strip-tiller directement dans un couvert en place, ce qui permet de ne travailler que la zone semée. D'ores et déjà, les partenaires de Life Alister ont pu constater que le succès de ces pratiques est dépendant de la météo : « L'année dernière, les conditions sèches ont fait que le trèfle a complètement grillé dans le blé. Cette année, les conditions sont plus favorables, le trèfle s'est bien développé. » Aussi les quatre années d'expérimentation inscrites dans le cadre du projet Life Alister apparaissent-elles d'ores et déjà bien courtes… Mais les partenaires se disent prêts à poursuivre les investigations au-delà de 2018 afin de mieux cerner l'effet de ces techniques sur l'évolution des populations.

Au-delà du hamster

La zone d'expérimentation est divisée en deux parties. L'une est dédiée aux techniques « améliorées », l'autre aux techniques « classiques ». La Chambre d'agriculture d'Alsace compare les rendements, les intrants utilisés, le matériel, le temps de travail nécessaire à la mise en œuvre des diverses pratiques. Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), le Groupe d'étude et de protection des mammifères d'Alsace (Gepma) et l'ONCFS ont en charge d'étudier l'impact des pratiques sur le hamster, mais aussi sur la microfaune du sol, grâce à divers indicateurs, comme les collemboles, des invertébrés qui compostent les matières végétales dans le sol. « L'objectif, c'est d'élargir l'intérêt de ces pratiques, de montrer qu'il est global et pas uniquement réservé aux hamsters », souligne Julien Eidenschenck. En effet, il faut se rappeler que le hamster était autrefois considéré comme un nuisible. Si les agriculteurs sont conscients que ces pratiques ont d'autres bénéfices, ils seront peut-être plus enclins à les adopter. Laurent Fischer, agriculteur et président de l’association Agriculteurs et faune sauvage Alsace (Afsal), a témoigné avoir abandonné le labour il y a dix ans et avoir depuis constaté que ces parcelles résistent mieux à l'érosion, sont moins sujettes à la stagnation d'eau et que les cultures y résistent mieux au manque de précipitations. Par contre, il a dû investir dans du matériel adapté pour y parvenir.

Caroline Habold, chercheur au CNRS, participe au projet Life Alister. Elle étudie l'impact des pratiques innovantes sur la microfaune du sol : « Nous avons comparé des prélèvements provenant de parcelles innovantes et de parcelles conventionnelles. Les populations de collemboles, bons indicateurs de la qualité des sols, ont été étudiées. Ce qui a permis de mettre en évidence une augmentation des collemboles sur les parcelles innovantes, tant en termes de nombre d'individus que de nombre d'espèces. » En parallèle, le CNRS mène des études en milieu contrôlé. Ainsi, différentes variétés de trèfles et leurs effets sur la reproduction du hamster ont permis d'identifier des variétés moins riches en phytoestrogène, plus adaptées au hamster.

Crise agricole

FDSEA et JA rencontrent les parlementaires

Vie professionnelle

Publié le 08/06/2016

Le rendez-vous était fixé à Kleingœft, au Gaec de la Prairie, une exploitation laitière. Devant une assemblée constituée de responsables des filières agricoles locales, de syndicalistes, d'élus à la Chambre d'agriculture d'Alsace, de représentants de l'administration et de parlementaires, Thierry Willem, l'un des associés du Gaec créé il y a 22 ans, raconte : « J'ai créé ce Gaec avec un couple qui est aujourd'hui parti à la retraite ». Pour les remplacer, Jacques Adloff s'est installé en hors cadre familial en 2005, après avoir suivi un cursus agricole. Une installation qui, pour être durable, s'est accompagnée de la reprise d'une autre exploitation agricole. La quantité de travail a donc elle aussi augmenté. Elle est abattue par Jacques Adloff, Thierry Willem, son épouse salariée, un autre salarié à temps partiel. « Nos enfants nous donnent aussi un coup de main, ce qui n'est pas négligeable », précise Thierry Willem.

Pour vivre de la production de lait, le Gaec a mis en œuvre plusieurs actions pour limiter ses charges. Thierry Willem est ainsi président de la Cuma de la Zorn, ce qui lui permet de mutualiser les charges de mécanisation avec les 13 autres membres du groupement. Les associés travaillent aussi à l'amélioration de l'autonomie alimentaire du troupeau : « Nous avons augmenté la part des prairies dans l'assolement, et nous cultivons du méteil, un fourrage très riche en protéines du fait de la présence de légumineuses comme le pois, la féverole ou la vesce. Mais ce n'est pas toujours facile à réussir. » Durant sa carrière, Thierry Willem a régulièrement investi dans ses bâtiments d'élevage avec en ligne de mire « le bien-être animal et nos conditions de travail ». Dans l'étable, équipée d'une salle de traite en 2 x 8 avec décrochage automatique, les vaches laitières sont réparties en deux lots. D'un côté les vaches fraîchement vêlées, de l'autre les vaches en fin de lactation. Les deux lots reçoivent des rations adaptées à leur potentiel de production, afin d'optimiser le coût de l'alimentation. L'étable est équipée d'un système de raclage automatique pour récupérer les effluents d'élevage qui transitent par un séparateur de phase. Les éleveurs obtiennent d'un côté une phase liquide plus facile à épandre, de l'autre une phase solide, recyclée comme litière dans les logettes, avec des économies de paille à la clé.

Prix du lait : intégrer les coûts de production

Le Gaec de la Prairie a optimisé tout ce qui pouvait l'être. Et pourtant, comme tant d'autres éleveurs, Thierry Willem est inquiet : « Le prix du lait est catastrophique. On ne sait pas comment va se terminer l'année… » Thierry Willem livre son lait à la coopérative Unicoolait, sous contrat avec Lactalis. En 2015, la coopérative a pu revaloriser le prix payé par Lactalis de 20 € pour 1 000 litres, pour atteindre 320 €/1 000 l. Mais actuellement ce prix est passé à 270 €, un prix inférieur au prix de revient, et est annoncé à 260 € pour l'été. « Lactalis a un comportement inacceptable, ce sont eux qui paient le moins bien le lait », dénonce Denis Ramspacher, vice-président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), qui estime que le prix d'équilibre, qui permettrait aux éleveurs de continuer à investir pour rester compétitifs se situerait plutôt à 350 €.

Didier Braun, responsable du groupe lait à la FDSEA du Bas-Rhin, ne mâche pas non plus ses mots envers Lactalis : « Cet industriel est un des leaders mondiaux de la transformation du lait. Il devrait donc être exemplaire sur la répartition des marges. Mais on a l'impression que son développement s'est fait sur le dos des producteurs. » « Dans la construction du prix de lait, il faut partir des coûts de production et légiférer en ce sens, car nous ne sommes pas en position de force face aux centrales d'achat qui imposent leurs règles du jeu », renchérit Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, ouvrant le bal des revendications énoncées face à Guy-Dominique Kennel et Claude Kern, sénateurs ; Laurent Furst, Antoine Herth et Patrick Hetzel, députés ; et Anne Sander, députée européenne. Car l'objectif de cette rencontre, c'était bien de faire passer quelques messages avant que les parlementaires débattent notamment de la loi Sapin II, qui encadre les relations entre les producteurs et les metteurs en marché, et de la loi biodiversité, « qui nous impose un certain nombre de choses qui pourraient fragiliser nos filières ».

À quand une compensation agricole ?

Concernant la loi Sapin II, les responsables professionnels agricoles souhaitent que les parlementaires fassent en sorte qu'elle impose davantage de transparence aux metteurs en marché, « par exemple en étant plus contraignante sur la publication de leurs comptes », demande Didier Braun qui exige aussi « davantage de transparence sur l'origine des produits entrant dans la fabrication des plats transformés ». Fabien Metz, vice-président de la FDSEA du Bas-Rhin, s'est exprimé sur la loi biodiversité : « Nous vivons de la nature et de la biodiversité, mais nous estimons aussi que cette loi ne doit pas tout mettre sous cloche, ni figer des situations qui feront que nous serons confrontés à des dégâts. »

Le principe de non-régression de la biodiversité, qui n'a d'ailleurs pas été adopté par le Sénat, inquiète en premier les agriculteurs, car il sous-tend le principe de compensation, qui veut que si une zone naturelle est artificialisée, l'équivalent de trois à cinq fois cette surface doive être renaturé ailleurs. Des surfaces qui sont généralement prises au monde agricole : « La construction d'une éolienne équivaut à 2 ha de terres à renaturer, qui seront prises à l'agriculture. Mais comment la perte que cela représente est-elle compensée auprès de l'agriculteur ? On n'en parle jamais. » Or l'accès au foncier reste un dossier brûlant, comme le rappelle Laurent Fischer, trésorier de la FDSEA du Bas-Rhin, qui regrette de voir 1 700 ha de terres agricoles acquises par des investisseurs étrangers dans le Berry, et des zones d'activité se construire alors que d'autres sont à l'abandon à Lingolsheim, La Vigie ou encore au Port-du-Rhin. En outre, le principe de non-régression pourrait avoir des conséquences économiques directes sur les exploitations, d'ores et déjà confrontées à des difficultés à gérer certaines espèces : « Quand les dégâts sont trop importants, il faut avoir le courage de revoir le classement des espèces pour qu'elles soient considérées comme nuisibles. »

Redonner un cap à l'agriculture

Les parlementaires se sont montrés sensibles aux arguments des agriculteurs, ont posé des questions sur les leviers d'action à manœuvrer, mais ont aussi insisté sur les difficultés à faire bouger les lignes face à une « majorité fragile et divisée, qui a donc du mal à laisser l'idéologie et les symboles s'effacer devant le pragmatisme, analyse Antoine Herth. Ainsi, le dossier des néonicotinoïdes est l'otage de la volonté politique de montrer que le gouvernement se préoccupe d'écologie ». Patrick Hetzel confirme, par exemple, que le lobby anti-néonicotinoïde a été « considérable » et qu'en matière de protection phytosanitaire il y a « un travail collectif de communication à mener afin de faire passer le message de leur utilisation de plus en plus raisonnée ». Conscient de la gravité de la situation - « 14 % des exploitations agricoles seraient à la limite du dépôt de bilan » -, Antoine Herth exhorte les agriculteurs à « se projeter dans l'avenir, à élaborer une stratégie de reconquête ». Pour sa part, il appelle de ses vœux qu'un cap soit enfin redonné à l'agriculture.

Betteraves sucrières

Une année à petites bêtes

Cultures

Publié le 05/06/2016

Les betteraves se portent globalement plutôt bien. Si elles semblent un peu stagner en ce moment, Michel Butscha, technicien au service agronomique de la sucrerie d'Erstein, rappelle que c'est parce que « les betteraves font d'abord leur système racinaire. Ce qui leur permet de réagir comme un ressort à une hausse des températures : elles peuvent doubler de volume en 15 jours ».

Des irrégularités de développement peuvent cependant être observées, liées à des problèmes parasitaires (tipules, scutigerelles, blaniules) et à des dégâts de gibier (lièvres, chevreuils). « Les blaniules remontent autour des racines pour absorber de l'oxygène et consommer les racines. Du coup les betteraves stagnent car elles doivent refaire leur système racinaire », décrit Michel Butscha. C'est un ravageur qui se rencontre surtout les années humides. 2016 lui est donc favorable, et certaines parcelles ont dû être ressemées face à l'ampleur des dégâts. Mais tant qu'il n'y a pas de perte de pied, les betteraves sont capables de se rétablir.

Autres facteurs favorisant ces ravageurs : la présence d'un lit de résidus et l'absence de travail du sol en été qui permet d'éliminer les œufs et les larves. Aussi Michel Butscha a-t-il incité les planteurs à trouver un compromis, selon le type de sol, entre la volonté de semer les engrais verts le plus tôt possible et se laisser la possibilité de travailler régulièrement le sol en été : « Semer les engrais verts fin août, voire début septembre, c'est aussi envisageable. Réglementairement un couvert doit rester en place au moins deux mois »

Leçon d’agronomie

Côté maladies cryptogamiques, la sucrerie d'Erstein teste un fongicide efficace contre le rhizoctone brun en traitement de semences. « Il devrait permettre de protéger la racine de la betterave jusqu’en juin et éviter un traitement en végétation », indique Michel Butscha. Pour l’instant aucun symptôme de rhizoctone brun n’est visible en plaine, malgré un cumul de 400 mm de pluie depuis janvier (un record). Le dernier printemps humide remonte à 2013 avec des rendements catastrophiques et de fortes attaques de rhizoctone brun dans les secteurs à sols hydromorphes. Cependant Michel Butscha distingue les deux contextes : « L'automne 2015 a été sec, contrairement à l'automne 2012 qui avait été très humide. Du coup les labours 2015 ont été réalisés sans enfouissement de terre et de résidus détrempés et sans tassement. Et ça fait toute la différence ! Car ce sont les conditions automnales du labour qui sont déterminantes pour l'évolution de la maladie. L’absence d'hydromorphie dans le fond de labour permet l’évacuation des excès de pluie et l’oxygénation du sol et des racines, et cela devrait éviter le développement du rhizoctone brun cette année. » Ces observations sont le grand enseignement de l’année et elles remettent en avant l’importance du soin à apporter au labour et aux travaux de l’automne.

La vigilance concernant la cercosporiose est d'ailleurs aussi de mise en cette année très humide, encore plus que 2013, année où la pression avait été très importante. La surveillance par l’outil d’aide à la décision est maintenant opérationnelle et permettra de prévoir et de détecter précisément l’arrivée de la maladie.

Céréales

Un risque cryptogamique élevé

Cultures

Publié le 04/06/2016

Cela faisait longtemps que la septoriose n'avait pas été aussi virulente en Alsace : « Le niveau de risque est très élevé, partout et quelle que soit la date de semis », indiquait Laurent Fritzinger, conseiller à l'Adar des Deux Pays à Bouxwiller, lors de la réunion de bout de parcelle du jeudi 26 mai à Hochfelden. La plupart des agriculteurs ont donc déjà effectué un traitement qui, selon le stade végétatif auquel il a été appliqué, a permis de protéger toute la plante ou pas : « Si toutes les feuilles n'étaient pas encore sorties lors de ce traitement, celles qui sont sorties depuis ne sont pas protégées des contaminations qui progressent du bas vers le haut de la plante à la faveur des éclaboussures occasionnées par les précipitations ». Or pour limiter les pertes de rendement générées par la septoriose, la F1 et la F2 doivent être protégées et rester saines jusqu'à la récolte.

Guetter les étamines

À la date à laquelle se tenait cette réunion, les parcelles de blé les plus en avancées commençaient à fleurir. Laurent Fritzinger a donc rappelé les règles de décision qui doivent dicter la conduite à tenir en matière de protection contre la fusariose. Il y a d'abord un risque climatique : « Le risque de contamination est très élevé s'il pleut pendant la floraison ». Mais s'il ne pleut pas durant cette période, le risque de voir la fusariose se développer est quasiment nul car les portes d'entrée du champignon se referment après la floraison. À ce risque climatique s'ajoute le risque agronomique, lié au précédent, au type de travail du sol, et à la sensibilité variétale : « Le risque est le plus élevé après un maïs grain, sans labour et sur une variété sensible ».

Pour optimiser la protection, le premier levier, c'est la date d'application : « Le stade de traitement optimal, c'est le début de la floraison, dès que les premières étamines sont visibles au centre de l'épi. Car c'est à ce moment-là que les glumes sont ouvertes et que la matière active peut donc le mieux pénétrer dans l'épi. » Et puis surtout, il faut traiter avant les pluies contaminatrices. Car après le champignon est entré dans l'épi, le mal est fait, on ne peut plus l'atteindre.

Le second levier c'est le produit. Laurent Fritzinger conseille d'opter pour un produit complet, efficace à la fois sur la septoriose et la fusariose, de ne pas prendre les mêmes matières actives que celles utilisées lors du premier traitement afin de limiter le risque d'apparition de résistances, de ne pas trop - voire pas du tout - réduire les doses, et de ne pas lésiner sur le volume de bouillie : « Il faut traiter à au moins 150 litres/hectare afin de bien mouiller l'épi car on a affaire à une cible verticale, pas facile à atteindre », confirme son collègue David Kraemer, conseiller à l'Adar des Deux Pays.

Rouille brune et rouille jaune

Septoriose et fusariose sont les deux maladies cryptogamiques du blé les plus fréquentes en Alsace. Mais d'autres ont tendance à se faire de plus en plus courantes, comme la rouille jaune et la rouille brune. Cette dernière est plutôt une maladie de fin de cycle, qui se développe à la faveur de conditions chaudes et humides et qui se traduit par la formation de monticules de poudre de couleur rouille sur les feuilles de blé. Disséminé par le vent, le champignon contamine en général des parcelles entières.

La rouille jaune, elle, se traduit par des pustules jaunes parfois orangées alignées entre les nervures et plus petites que celles de la rouille brune. Assez présente en Alsace depuis deux trois ans, elle est favorisée par des températures douces et un ciel couvert car elle est sensible au rayonnement solaire. Contrairement à la rouille brune, elle se propage par foyers.

Intempéries

De multiples dégâts agricoles

Cultures

Publié le 01/06/2016

Les orages ont été particulièrement violents au nord de Strasbourg, dans les secteurs de Wasselonne et du Kochersberg notamment. À l'Adar du Kochersberg, Pierre Geist décrit des dégâts généralisés sur le secteur. De Schnersheim à Wœllenheim, mais aussi du côté de Landersheim, Friesenheim, de fortes précipitations, des inondations et des parcelles érodées provoquant localement des coulées d'eau boueuse sont à déplorer. Des agriculteurs ont enregistré des précipitations de l'ordre de 50 mm à Berstett, ou encore 70 mm à Hohengœft.

Dans ces secteurs, les orges et les blés ont localement versé, « ce qui va affecter le remplissage du grain car la sève circule moins bien dans ces tiges abîmées », et accroître encore le risque de maladies cryptogamiques. En outre ces précipitations intenses sont intervenues alors que la floraison des blés était bien entamée. Le risque de contamination par la fusariose est donc assez élevé, si les autres facteurs de risque (précédent, variété, travail du sol) sont également réunis. La plupart des agriculteurs avaient protégé leurs cultures face à ce risque, note Pierre Geist, mais « peut-être un peu trop tôt ».

Certaines prairies, notamment le long des cours d'eau, qui n'avaient pas encore été fauchées, sont désormais couchées à terre et maculées de boue. Récolter ou broyer, il faudra aviser au cas par cas. De nombreux bouts de parcelle, notamment les bas de pente et le long des cours d'eau, étaient encore sous les eaux en début de la semaine. Enfin, Pierre Geist cite l'exemple d'une aspergeraie de Wœllenheim, qui a été inondée par le cours d'eau qui la borde et où le niveau d'eau a dépassé celui des buttes. Les bâches de paillage y ont été arrachées.

Grêle dévastatrice

À Truchtersheim, du côté de Pfettisheim, les précipitations se sont mues en grêle, mettant à nu une houblonnière et hachant menu les feuilles de parcelles de maïs, de betterave, d'échalotes. La grêle a causé des dégâts similaires un peu plus loin, dans le secteur de Pfettisheim, Pfulgriesheim, Griesheim-sur-Souffel. « Les cultures endommagées vont émettre de nouvelles feuilles, faire des ramifications, mais le potentiel de rendement est amputé. » Des demandes d'indemnisation des pertes au titre des calamités agricoles seraient envisagées.

Soirée Vache'ment jeunes

Vachement inspirés

Élevage

Publié le 27/05/2016

Le premier groupe avait imaginé un sketch intitulé « Question pour un Bur », inspiré par le jeu télévisé « Question pour un champion ». Les trois candidates étaient Germaine de Lupstein, une célibataire endurcie, Ludivine de Paris, une snob un brin prétentieuse, et Jacqueline, une espèce de hippie, elle aussi célibataire, qui affirme d'entrée de jeu avoir repéré quelques jeunes gens dans le public. Munies chacune d'un buzzer symbolisé par des enfants émettant des cris d'animaux différents, les trois candidates sont soumises à une série de questions. L'occasion d'évoquer en vrac la confrontation européenne holstein, la région Grand Est, le prix du lait, et notamment celui payé par Alsace Lait.

Le second groupe avait été inspiré par l'Euro 2016. Ses protagonistes ont investi le ring déguisés en supporter de foot et muni d'une pancarte où l'on pouvait lire « A lait les bleus ». Ils ont comparé le travail des agriculteurs - « qui se lèvent aux aurores pour nourrir les autres et le font par passion » - et celui des footballeurs - « qui courent après un ballon pour gagner des millions ». Un sketch dans lequel ils ont eux aussi réussi à glisser une allusion à la confrontation européenne holstein qui aura lieu du 17 au 19 juin, et dont la finale verra s'affronter « des vaches rouges et des vaches noires ».

Le dernier groupe a fait remonter une partie du public dans le temps : ceux qui ont suivi une formation de BTS Acse à Obernai. Les acteurs sont arrivés avec des accoutrements plus farfelus les uns que les autres, ont disposé des tables et des bancs et ouvert un pack de bières, visiblement peu disposés à écouter le cours dispensé par une prof quelque peu dépassée par ses élèves dissipés. Elle est rapidement interrompue par un retardataire, qui se justifie en invoquant un accident de camion de viagra… Un élève dort, un autre commence à faire la quête pour sauver Copvial. Lorsque la prof évoque l'autonomie fourragère, un élève au look rasta est très fier d'annoncer que pour sa part il a atteint l'autonomie fourragère en brandissant une pochette remplie d'une substance verte… Enfin, lorsque la prof les menace d'un contrôle, ils quittent la salle en déclarant : « Il est dix heures et quart, c'est l'heure du Ricard », et de souhaiter une bonne soirée à tous au festival de l'élevage… Espérons pour le corps enseignant que ces anciens élèves ont un peu forcé le trait !

En tout cas le jury a été également séduit par les trois prestations et les trois groupes ont terminé ex aequo et sont repartis avec des entrées au cinéma offertes par le Crédit Mutuel.

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