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Bérengère de Butler

Bérengère de Butler est journaliste à l'Est agricole et viticole.

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Sébastien Baur à Huttenheim

Le cheval de trait poitevin par passion

Élevage

Publié le 25/07/2018

Sébastien Baur a une passion : le cheval de trait poitevin. Si bien qu’il place cette race au cœur de son projet de reprise de l’exploitation familiale. Son ambition ? Créer un atelier d’élevage de chevaux de trait poitevins. D’abord pour produire des poulains et les vendre à 6 mois, après le sevrage. Dans un second temps, il souhaite développer la production de lait de jument. Mais il lui faut d’abord trouver un débouché. Avec 50 ha de SAU et 11 ha d’herbe, ce n’est pas la surface qui manque pour mener à bien ce projet, mais bien le débouché. Car Sébastien Baur a une âme d’éleveur, de producteur, pas de transformateur, et il ne se voit pas transformer le lait lui-même. « Je cherche un débouché pour vendre le lait de mes juments. L’évolution de la taille du troupeau sera fonction de ce débouché », indique-t-il. Pour l’instant Sébastien Baur élèves six juments, qu’il a achetées auprès d’autres éleveurs situés dans le berceau de la race du côté de La Rochelle, La Roche sur Yon… Avec quelques difficultés, notamment liées à la fertilité, et à la fragilité des poulains jusqu’à un âge avancé. Vacher depuis dix ans, Sébastien Baur est bien placé pour savoir que la production de lait de vache et de jument, c’est le jour et la nuit. Les mamelles de ces dernières ont en effet une capacité à stocker le lait bien inférieure. Résultat, elles doivent être traites toutes les deux heures. Et leur poulain doit être à proximité pour que l’éjection du lait se fasse. « Par contre, note Sébastien Baur, si un jour on n’a pas la possibilité de traire, il suffit de laisser la jument avec son poulain. » Et le tour est joué.

Un patrimoine génétique à sauvegarder

Au-delà de la production, l’autre objectif de Sébastien Baur, c’est de maintenir un patrimoine génétique. C’est pourquoi il participe à une opération de sauvegarde qui passe par la congélation d’embryons. Il est également membre de l’association des races mulassières du Poitou. C’est par ce truchement que ses juments ont été fécondées par Pepito, un étalon que l’association lui prête pour 450 €/an, plus les frais d’entretien. Cette année, Pepito a bien travaillé : toutes les juments sont pleines. Mais, pour éviter la consanguinité, il va falloir trouver un plan B. Sébastien Baur a déjà une idée : « La blanche là-bas n’a aucun lien de parenté avec les autres. Si elle a un poulain, il pourra remplacer Pepito. » Mais il faudra patienter. Quatre ans. Le temps que le futur étalon soit agrémenté. Car, pour que ses futurs poulains aient de la valeur, leur géniteur doit avoir reçu le bon « schtampfel ». Alors, un mâle de 6 mois se négocie autour de 1 200 - 1 500 €, et une femelle du même âge autour de 1 500 - 2 000 €.

Rendez-vous le 29 juillet à Huttenheim

Pour mieux se faire connaître ainsi que sa race de prédilection, Sébastien Baur a inscrit une de ses juments à la commission de tri pour participer à la présentation de la race qui aura lieu au salon Equita’Lyon fin octobre. Il organise aussi un concours de modèles et allures le 29 juillet au plan d’eau de Huttenheim. Ses animaux et ceux d’autres éleveurs seront soumis à l’appréciation de Yohann Brisson, un juge venu des Deux Sèvres. Pour l’éleveur, ce concours constitue une étape importante puisqu’il doit permettre de qualifier certains de ses animaux pour participer au concours national de la race qui aura lieu fin août à Dampierre sur Boutonne, près d’Aulnay, en Charente-Maritime. « Il y aura aussi des ânes du Poitou », précise Sébastien Baur. Le concours aura lieu le matin, et la remise des prix l’après-midi. Il se greffe au marché aux puces de Huttenheim, qui sera ouvert au public de 9 h à 17 h. Buvette et petite restauration sur place.

Une culture peut en cacher une autre

Technique

Publié le 23/07/2018

Implanter des légumineuses sous couvert d’une céréale d’hiver permet d’optimiser l’effet de l’engrais vert. Il s’agit d’une forme de semis sous couvert, terme qui recouvre différentes techniques, comme l’implantation d’une culture dans une autre, la conduite simultanée de deux cultures, ou encore la conduite d’une culture avec une plante compagne. « En agriculture biologique, un des freins à lever, c’est l’azote, indique Benoît Gassmann, de la Chambre d'agriculture d’Alsace. C’est pourquoi il est fréquent d’implanter des légumineuses en interculture, comme un trèfle, après la récolte de la céréale. Sauf qu’à cette époque, le sol est souvent sec, et le trèfle a du mal à démarrer. » C’est pour remédier à cet écueil que l’idée de semer le couvert dans la céréale a germé. « On peut semer la légumineuse soit à l’automne, soit en sortie d’hiver, au stade tallage, en profitant d’un passage de herse étrille », indique Benoît Gassmann. Il précise : « En bio, on sème souvent les céréales d’hiver assez tard, car on effectue des faux semis avant, donc il est parfois trop tard pour semer du trèfle et il vaut mieux le faire au stade tallage. » La technique est bien adaptée au blé, à l’orge, à condition de choisir des variétés pas trop couvrantes, mais moins à l’épeautre, trop étouffante. Autre élément important : la légumineuse ne doit pas devenir une adventice du blé. Différents types de légumineuses ont donc été testés. Verdict : les trèfles annuels, à croissance rapide, poussent trop vite et peuvent concurrencer la céréale, jusqu’à obtenir un enchevêtrement inrécoltable ; les trèfles pluriannuels, qui poussent plus lentement, s’avèrent plus adaptés. « Nous avons obtenu les meilleurs résultats avec le trèfle blanc. Le trèfle violet convient aussi, même s’il est un peu plus agressif. » Une fois que le trèfle a démarré, il est possible d’effectuer un broyage, pour le stimuler. Ensuite, il n’y a plus qu’à laisser pousser. Et, après la récolte de la céréale, à laisser le trèfle couvrir le sol avant de le détruire, en automne par un labour, voire au printemps : « Tout dépend du suivant, du type de sol… », conclut Benoît Gassmann.

Peau, troubles musculo-squelettiques (TMS), etc.

La MSA fait de la prévention

Technique

Publié le 22/07/2018

Ces moyens de prévention ont fait l’objet de différents ateliers lors d’une manifestation organisée à l’initiative des élus de l’échelon local de Molsheim de la MSA d’Alsace, en partenariat avec la Caisse d’assurance accidents agricole (CAAA), jeudi 12 juillet au domaine viticole Hubert Reyser à Nordheim. « Le public visé est plutôt viticole », précise Christelle Eyder. Mais les ateliers sont aussi fréquentés par des agriculteurs, également confrontés à l’exposition au soleil, aux produits phytosanitaires et aux gestes répétitifs, par exemple lors de la traite. Le public est composé de salariés, mais aussi de chefs d’entreprise, à la satisfaction de Christelle Eyder. Par contre, la moyenne d’âge est assez élevée : « On aimerait réussir à mobiliser davantage les jeunes pour conserver notre régime indépendant », indique la présidente.

Gare aux coups de chaud

Les trois premiers ateliers concernent la peau. Un organe à part entière. Et une barrière de 2 m2 contre les agressions extérieures. Elle doit donc rester efficace, même si elle est en première ligne face à de nombreux dangers. Le docteur Pascale Herbrecht, médecin du travail, développe les effets du soleil sur la peau, et de la chaleur sur l’organisme, « avec un discours adapté aux personnes travaillant en extérieur, et en contact avec des produits phytosanitaires, puisque la majorité des contaminations par ces produits se fait par voie transcutanée. » Elle rappelle les précautions à prendre par cette frange de la population davantage exposée au soleil, donc au risque de développer un cancer de la peau : porter un chapeau, des lunettes, s’hydrater, porter de préférence des vêtements clairs, amples et couvrants, sinon mettre de la crème solaire. Une stratégie de protection que Pascale Herbrecht propose avec quelques réserves : « Tous les produits ne sont pas suffisamment efficaces. Et il faudrait penser à en remettre régulièrement. Ce qui est rarement le cas. » Elle sensibilise aussi le public au risque lié à la chaleur dégagée par le soleil et qui peut provoquer des coups de chaleur quand l’organisme ne parvient plus bien à réguler sa température interne par la transpiration. Ce qui peut arriver lorsqu’on fournit un effort physique par de fortes chaleurs. L’élévation exagérée de la température corporelle se traduit par des maux de tête, des vomissements, etc. « Il est possible de tomber dans le coma, voire de faire un malaise mortel », prévient Pascale Herbrecht. Il est donc important de se mettre immédiatement à l’ombre, se reposer, boire…

Le dermato, c’est comme le contrôle technique

Elsa Hauger, infirmière, fait remplir un questionnaire aux participants. Les questions portent sur le type de peau, les antécédents, le comportement face au soleil, et contribuent à élaborer une note finale. En fonction d’elle, il est conseillé soit de rester prudent, soit de demander les conseils d’un dermatologue, soit de changer ses habitudes et de consulter rapidement un dermatologue. « Ça devrait être comme un contrôle technique : il faut y aller régulièrement, même si tout va bien », compare Elsa Hauger, qui rappelle qu’une journée de dépistage est organisée par la MSA au mois de mai, avec des dermatologues disponibles dans tous les échelons locaux. Elle conseille aussi de boire avant d’avoir soif car cette sensation marque le début de la déshydratation, et est moins bien ressentie avec l’âge. Autre astuce : mouiller les manches de ses vêtements…

Le bon vêtement de sécurité, c’est celui qu’on porte

Des vêtements, Régis Pierre en proposait toute une collection dans son atelier dédié à la peau et aux produits chimiques. Pas forcément seyants, mais au moins fonctionnels, du moins censés l’être. C’était justement l’objet de cet atelier : faire le point sur l’offre existante, et aider les professionnels à choisir les bons équipements. « Tous les équipements destinés à protéger d’une contamination par les produits chimiques doivent présenter un logo en forme de bécher. » Les gants doivent être choisis en fonction de leur indice de perméation. Et, surtout, il s’agit d’avoir « des mains propres dans des gants propres ». Il est donc important de pouvoir se laver les mains avant d’enfiler des gants : « Ce sont des nids à bactéries, et les pores de la peau ont tendance à s’ouvrir dans leur ambiance chaude et humide. » Côté masque, Régis Pierre préconise la version jetable. Le plus important, « c’est que le masque réponde à la norme de filtration A2P3 ». Pour les yeux, le must, c’est une visière qui présente l’avantage de protéger le visage, d’être compatible avec le port du masque, et me port de lunettes correctrices. Pour le reste du corps, il s’agit de mettre des bottes en caoutchouc et une cote spécialement conçue pour la manipulation de produits chimiques, en tissu déperlant. Ces derniers résistent à un certain nombre de passages en machine (l’idéal étant de les laver à part) et sont plus ou moins confortables. Régis Pierre préconise aussi de porter un tablier par-dessus la cote lors de la préparation de la bouillie. Celui-ci va éliminer une grosse partie des contaminations, il est lavable au jet, et l’utilisateur peut garder la cote lors de l’application au champ, pour être protégé en cas d’intervention sur le matériel de pulvérisation. Denis Litt, conseiller en prévention à la CAAA du Bas-Rhin, présentait d’autres équipements de protection, et distillait quelques conseils de bon sens : « Équipez-vous de différentes paires de gants, adaptés à chaque activité et lavez-les, changez-les, ou optez pour des gants jetables. Demandez des outils dont la taille est adaptée à votre morphologie, idem pour les chaussures… »

Etireo : le savoir-faire des sportifs au monde du travail

Un écran plat qui projette des images d’un type qui fait de la gym : l’atelier suivant dénote de prime abord. Mais lorsqu’Éric Gignet décrit l’activité d’Etiréo, sa présence à cette manifestation fait sens : « Etireo est une entreprise en cours de formation, portée par différents partenaires : Solivers, La fabrique des Territoires Innovants et Siel Bleu, une entreprise qui met à disposition le savoir-faire de sportifs auprès de personnes âgées, en convalescence, pour éviter chutes et récidives. L’objet d’Etireo, c’est d’étendre ce savoir-faire au monde du travail, en proposant des programmes d’échauffement, d’étirement, de pause active, adaptés aux postes de travail. » Un service qui doit permettre de prévenir l’apparition de TMS, ou d’en atténuer les symptômes. L’échauffement se pratique avant la prise de poste. La pause active se pratique environ toutes les heures, à raison de deux minutes de séquences de mouvements appropriés destinés à éviter raideurs, lombalgies. Selon la taille des entreprises, Etireo propose différentes solutions : un coach physique ou digital, via une application, une animation web ou un écran interactif. En viticulture, Etireo peut permettre d’échauffer les salariés avant une journée de travail, histoire de gagner en souplesse, d’échauffer le dos, les chevilles… « Nous proposons des séquences différentes pour varier les mouvements et cibler les parties du corps à travailler en fonction des tâches à effectuer. Par exemple le coude avant une journée de taille », précise Éric Gignet. Etireo fonctionne par abonnement. Contact : 03 88 38 15 65, contact@etireo.eu.

TMS : quand la douleur empêche de faire

Après le sport, un petit jeu de cartes. Sur le stand suivant, le docteur Marie-Claude Croce Knab et Jessica Bach utilisent la voie ludique pour parler d’un problème grave : celui des TMS, un trouble qui constitue la première cause de maladies professionnelles et engendre des séquelles handicapantes pour les victimes, voire une inaptitude au poste de travail. « Les causes des TMS sont multiples, introduit Marie-Claude Croce Knab. Il y a des facteurs mécaniques, liés aux gestes répétitifs, des facteurs psychosociaux, comme le stress, des facteurs liés à la charge de travail, à son organisation, et des facteurs personnels, comme l’âge, le sexe, la pratique d’une activité sportive… ». Jessica Bach invite une participante à tirer une carte sur un thème. Elle choisit celui de la douleur. « C’est le thème le plus souvent choisi », souligne le médecin du travail. Ce qui démontre l’impact des TMS sur la qualité de vie des victimes. Les professionnels de santé préconisent de procéder à des échauffements, des étirements, qui « devraient faire partie intégrante du travail », évoquent aussi la charge mentale, le stress… Des conseils entendus, malgré une certaine forme de fatalité : « Quand je dois tirer un fil (NDLR : de vigne), il doit être tiré, il n’y a pas d’alternative, je ne vais pas le faire avec mon nez, ou mon pied… »

Des outils pour soulager

Transition toute trouvée avec l’atelier animé par Anthony Metzger, conseiller en prévention à la CAAA du Haut-Rhin. S’il ne propose pas encore de bras bionique, il présente des outils qui ont été développés pour soulager le corps humain lors de la réalisation de certaines tâches. Par exemple un « harnais trompe d’éléphant », qui permet de porter un outil en soulageant les épaules, des genouillères, ou encore des Ergosièges, qui permettent de soulager un opérateur en position agenouillée (disponible en trois tailles sur securama.fr), un harnais d’aide au maintien du dos Corfor, un gilet rafraîchissant… L’acquisition de ces outils peut faire l’objet d’une prise en charge partielle par la CAAA, précise Anthony Metzger.

Remise de prix aux élèves méritants de l’enseignement agricole du Bas-Rhin

Une distinction bien méritée

Pratique

Publié le 16/07/2018

La remise des prix aux élèves méritants de l’enseignement agricole du Bas-Rhin « a l’âge d’être une institution, après 42 années d’existence », a indiqué Christian Schott, président du service formation-emploi à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Coupe du monde de football oblige, son discours a filé la métaphore entre football et monde professionnel agricole. Il a d’abord souligné l’importance des compétences nécessaires pour faire partie des professionnels : « Dans le sport, comme dans toute la vie professionnelle, c’est le terrain qui révèle les talents, les limites, les envies ou les coups de pompe de chacun. En fêtant votre mérite, nous voulons vous donner la motivation de croire en vos talents et celle de traverser vos périodes de doute. Vous ne partez pas de rien, vos formateurs ont œuvré avec talent pour vous y préparer. »

Il a également évoqué les atouts du travail d’équipe : « Ce qui fait la force d’une équipe, c’est la combinaison subtile des différences. Dans un monde de compétition internationale, comme l’est de plus en plus l’agriculture, sachons nous inspirer les uns des autres, nous fédérer, défendre, et gagner par la qualité des produits et de nos relations. » Un propos qu’il a illustré par l’alliance récente de deux équipes « que tout sépare sur le papier : WWF et la FNSEA ». Les deux organisations ont en effet signé le 29 juin une déclaration commune « pour promouvoir un combat positif, pérenne et pluridisciplinaire pour une agriculture innovante, durable et humaine ». Elles disent aussi partager le fait « que l’agriculture est au cœur des solutions » et plaident pour une « indispensable transition agricole qui fera appel à l’ensemble des modes de production ». Christian Schott a commenté : « Il n’est plus question d’opposer des opinions, mais de proposer des passerelles. Ce qui démontre que, quand nous jouons en équipe, la compétition devient composition, et ouvre des perspectives de victoire commune ». Enfin, Christian Schott a invité ceux qui, dans leur future vie professionnelle, vont activement participer à la construction d’une nouvelle agriculture, à avoir confiance en l’avenir, à innover, imaginer. « Il y a de nombreux métiers à consolider ou à inventer, des outils à concevoir, de nouveaux produits et services à proposer. »

Joëlle Clouchoux, responsable d’antenne du service formation à la Direction régionale de l’agriculture, retenue par des jurys, avait fait parvenir un message aux lauréats : « L’obtention d’un diplôme, c’est toujours une réjouissance, mais c’est d’abord le fruit d’un travail, d’un engagement, d’un investissement personnel largement aussi précieux que le diplôme. Vous n’avez pas seulement obtenu cette distinction d’élève méritant, vous l’avez méritée. Forts de cela, vous pouvez aborder vos années futures avec confiance », avait-elle écrit.

Julien Koegler, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, a procédé à la remise des lots (des alsatiques), accompagné des représentants de chaque établissement. « Le diplôme que vous avez obtenu n’est qu’une étape dans un métier qui se professionnalise de plus en plus, et qui nécessite de continuer à se former, à se remettre en cause pour avancer. C’est à nous, aussi, de montrer comment nous travaillons, dans le respect de l’environnement grâce à des pratiques agricoles de plus en plus respectueuses », a-t-il déclaré, avant de se lancer dans la distribution de 60 paires de bises !

Accidents climatiques

La saison des orages joue les prolongations

Cultures

Publié le 12/07/2018

Mercredi 4 juillet, vers 17 h, un violent orage a éclaté dans le secteur de Bouxwiller. Théo Kuhm, technicien élevage laitier à la Chambre d'agriculture d’Alsace et agriculteur à Obermodern, témoigne : « Il est tombé quelque 30 mm en assez peu de temps, c’était assez violent. Il y a eu énormément de grêlons, dont quelques gros, de l’ordre du centimètre de diamètre. » Il estime que la cellule orageuse faisait 3 km de large. Elle s’est formée au-dessus de Bouxwiller et s’est dirigée vers le sud, vers Bosselshausen, Wickersheim… Pour heureusement arrêter sa course quelques kilomètres plus loin, vers Hohatzenheim. Localement, les dégâts sur les cultures sont importants. Surtout sur les colzas, qui étaient prêts à être moissonnés. Une parcelle de colza de Théo Kuhm a été expertisée. Verdict : détruite à 75 %. Les blés aussi ont perdu des grains, mais dans une moindre mesure. « Chez moi, les dégâts sont estimés à 10 % », rapporte Théo Kuhm. Et il y a eu des feuilles de maïs lacérées, ce qui ne devrait néanmoins pas porter à conséquence sur la fin de cycle de la culture.

Comptoir AgroSphère - Les Rencontres

L’agriculture du futur esquissée

Technique

Publié le 08/07/2018

Une agriculture plus respectueuse de l’environnement, des aliments toujours plus sains et qualitatifs à un tarif abordable, c’est ce qu’exigent les consommateurs d’aujourd’hui. Pour répondre à cette demande, la profession agricole envisage deux principaux leviers : la précision et la diversification. Car, mis en synergie, ils devraient permettre de réaliser des économies substantielles d’intrants, sans forcément perdre en productivité, donc en préservant le revenu des agriculteurs. Mais il s’agit d’une nouvelle manière de faire, qui exige tâtonnements, ajustements et acquisition de méthodes nouvelles. Cette transition ayant été amorcée depuis maintenant plusieurs années, les résultats sont là. Et c’est ce que les visiteurs de Comptoir AgroSphère - Les Rencontres ont pu constater.

Du maïs, et tant d’autres

La diversification de l’agriculture alsacienne, où la prépondérance du maïs fait l’objet de fréquentes critiques, est en marche. Cette culture, particulièrement rentable dans le contexte pédoclimatique alsacien, reste la culture phare de la région. Mais, lors de Comptoir AgroSphère - Les Rencontres, un seul atelier lui était spécifiquement dédié. Sinon, il était question de blé (lire dans notre prochaine édition), de production de semences fourragères, d’agriculture biologique, de robots de désherbage… « Nous avons la volonté de montrer que nous ne faisons pas que du maïs et que nous sommes capables d’accompagner nos adhérents qui veulent diversifier leur assolement », confirme Christian Lux, responsable du service agronomie du Comptoir agricole, tout en rappelant qu’historiquement, l’outil industriel du Comptoir agricole a plutôt été conçu pour gérer de grosses quantités de quelques céréales qu’une multitude de petits lots. Et que des ajustements de l’outil industriel devront donc être envisagés.

La précision aussi entre bien dans les mœurs. Tous les agriculteurs pilotent leur fertilisation azotée, raisonnent les traitements en fonction de la pression en maladie, parfois de manière simple, parfois de manière très fine, en utilisant des logiciels, des images satellites… Cette quête de précision et d’économies d’intrants entraîne la robotisation de certaines tâches. Les robots désherbeurs ne relèvent plus de la fiction. S’ils ne se sont pas encore démocratisés, c’est qu’il reste encore quelques freins à lever, en termes de coût, d’énergie… Mais ce n’est qu’une question de temps ! En attendant, place à la technique !

Dino, Oz… la binette nouvelle génération

Après le désherbage manuel, chimique, mécanique, l’ère du désherbage robotique est amorcée. Matthias Carrière, directeur commercial de Naïo Technologies, l’entreprise toulousaine qui développe Oz, Dino, et désormais Ted, raconte : « Nous avons commencé à développer des robots de désherbage pour répondre à la problématique de maraîchers qui manquaient de main-d’œuvre pour pratiquer du désherbage mécanique. » En 2014, le premier prototype d’Oz voit le jour. Aujourd’hui ils sont une centaine à tourner en France. Décrit comme « un assistant polyvalent », Oz carbure à l’électricité et se repère grâce à un système de lasers et de caméras : « En maraîchage, on part souvent de plants, moins de semis, donc ça ne pose pas de problème », indique Matthias Carrière. Il suffit de lui placer des piquets pour lui indiquer où faire ses demi-tours en bout de parcelle. Oz peut biner jusqu’à 5 cm de profondeur. « Ce n’est pas vraiment le but d’aller plus en profondeur, note Matthias Carrière, puisqu’il revient plus souvent qu’une bineuse classique. » En outre, biner n’est pas la seule fonctionnalité d’Oz, il est aussi capable de transporter des outils, voire un homme : « Certains maraîchers l’utilisent pour récolter les haricots verts », illustre Matthias Carrière. Avec une autonomie de 3 à 10 h selon les outils et le sol, et un débit de chantier de 1 000 m linéaire/heure, pour un investissement de 25 000 €, Oz reste néanmoins un robot adapté au maraîchage, beaucoup moins aux grandes cultures.

Naïo Technologies a ensuite développé Dino, un robot enjambeur de planches légumières. Il carbure toujours à l’électricité mais est guidé par RTK. L’investissement est plus important, 100 000 €, mais la vitesse d’avancement est améliorée (3 à 4 km/h contre 1,5 km/h pour Oz), donc le débit de chantier aussi, puisqu’il atteint 3 à 5 ha/jour. « La plus grosse contrainte reste le coût de l’énergie », indique Matthias Carrière. Dino a une autonomie de 8 h. Mais son temps de charge est de 12 h. Il est possible de l’équiper d’un chargeur qui réduit le temps de charge à 2 h, mais qui a un coût, ou d’investir dans un jeu de différentes batteries, ce qui a un coût encore plus élevé.

Dans le Grand Est, six robots Oz sont en service, avance Matthias Carrière. Ils sont distribués par Thierart Agri. Contact : Mathieu Deiss, commercial robotique : m.deiss@thierart-agri.fr.

Produire des semences fourragères : une piste de diversification

Parmi ses adhérents, le Comptoir agricole compte une dizaine de producteurs de semences d’espèces fourragères : trèfle violet, luzerne et vesce. Pour Olivier Kempf, cela permet d’insérer dans la rotation des cultures alternatives. Non sans intérêt agronomique. Le trèfle violet peut se cultiver seul, il est alors semé en août-septembre, et récolté en septembre de l’année suivante. Il peut aussi être cultivé sous couvert de tournesol. Il est alors semé en mars-avril, un jour après ou le même jour que le tournesol. Une association qui fonctionne bien : « Il y a une bonne symbiose pour le désherbage entre les deux espèces, la fertilisation azotée du tournesol peut être réduite… » Après la récolte du tournesol, le trèfle est laissé en place pour poursuivre sa croissance. La culture de trèfle semence présente quelques exigences particulières : « La culture est soumise à des ravageurs particuliers, desquels il faut la protéger, sans éradiquer les pollinisateurs spécifiques du trèfle violet que sont les bourdons. » Le trèfle est peu concerné par les maladies cryptogamiques, mais il s’agit néanmoins de rester vigilant car « il existe peu de produits curatifs sur le marché ».

Le Comptoir agricole s’est lancé dans la production de semences de luzerne en 2015. La culture peut rester en place deux ans de suite, mais difficilement plus. L’implantation se fait en août-septembre. Le désherbage peut être chimique et mécanique, ce qui peut faciliter la levée. « Une fauche peut être réalisée afin d’harmoniser les stades, ce qui facilite la récolte, mais il s’agit alors de la dégager au plus vite pour ne pas impacter le rendement et risquer d’augmenter la pression en maladies », indique Olivier Kempf. Moins rigide, la vesce est une culture sujette à l’affaissement. Il s’agit donc d’être vigilant par rapport aux maladies. Et quelques insectes particuliers sont à surveiller. Mais pas très longtemps : le cycle de la vesce est très court, de mars à juillet. Quelle que soit l’espèce, les producteurs doivent respecter un cahier des charges strict. Qui comporte deux grandes contraintes : l’isolement (10 m pour la vesce, 50 à 300 m pour la luzerne ou le trèfle) ; et la propreté (certaines graines d’adventices sont tolérées, d’autres sont interdites).

De nouveaux débouchés en bio

Les produits issus de l’agriculture biologique ont les faveurs d’un nombre croissant de consommateurs. Pour accompagner cette évolution, le Comptoir agricole adapte sa gamme, et recherche des partenariats afin d’assurer des débouchés économiquement intéressants pour ses adhérents. Justine Deloge a été embauchée au sein de la coopérative pour accompagner cette transition. Elle explique : « Nous avons enrichi notre gamme avec des semences adaptées, des produits de biocontrôle, des engrais organiques… Et nous sommes à même de gérer la collecte de produits bios grâce à des caissons qui assurent l’isolement et la traçabilité des produits. » En 2017, 500 t de produits bios ont été récoltés : blé, épeautre, maïs grain, sarrasin, seigle, avoine…

Et plusieurs partenariats ont été noués. Pour élaborer des bretzels bios et locaux, Bretzel Burgard a besoin de blé tendre bio que lui fournit le Comptoir agricole. Une association qui est amenée à évoluer, puisque l’entreprise souhaite lancer une gamme de malicettes bios locales, ce qui suggère aussi un approvisionnement local en colza bio. Certaines brasseries ont la volonté de brasser des bières bios avec des ingrédients locaux, ce qui requiert la production de houblon et d’orge brassicole bios. Enfin, la société Heimburger a lancé une gamme de pâtes au blé dur produit localement. « Les retours de l’industriel sont encourageants », informe Justine Deloge. De quelques hectares l’année passée, la production est donc amenée à évoluer dans les années à venir. Il faudra donc aussi améliorer les itinéraires techniques afin de sécuriser la teneur en protéines, et améliorer la lutte contre les maladies.

Pour compléter cet atelier, Justine Deloge présentait une vitrine de cinq espèces qui bénéficient toutes de débouchés en agriculture biologique et qui sont donc valorisables par le Comptoir agricole. En outre, il s’agit de cultures de printemps, intéressantes pour casser les cycles de certaines adventices. Le tournesol oisellerie constitue une bonne fin de rotation car il est capable d’aller chercher de l’azote en profondeur. Ce qui explique aussi qu’il vaut mieux éviter de le placer avant un blé, au risque d’impacter rendement et teneur en protéines de ce dernier. À prendre en compte également : une récolte qui peut être tardive, et de possibles frais de séchage. Le lin fait partie de la famille des linacées, une famille par ailleurs peu présente dans les rotations, ce qui constitue un atout agronomique puisque la culture vient casser le cycle des maladies et des adventices. « Il y a notamment un effet dépressif sur la pression en vulpin », précise Justine Deloge. Les graines de lin sont utilisées en meunerie, en particulier pour agrémenter les pains spéciaux. La lentille verte peut être semée seule ou en association. Le sarrasin pèche par un potentiel de rendement peu élevé, mais possède des avantages agronomiques qu’il s’agit aussi de prendre en compte. Le sorgho peut aussi être récolté en grain pour la meunerie. Il permet de fabriquer une farine sans gluten.

Des variétés de blé améliorantes

Parmi les variétés de blé proposées sur le marché figurent des variétés dites améliorantes, ou de force (BAF), qui correspondent à un marché de niche : « Il s’agit de blés qui sont utilisés pour améliorer la qualité de la farine issue d’autres blés », explique Brigitte Poitout, du Comptoir agricole, qui distingue les blés BPS, qui ont une teneur en protéines supérieure à 11,5 %, et ces blés BAF, qui ont une teneur en protéines supérieure à 14 %. Il s’agit souvent de variétés assez rustiques, mais dont le potentiel de rendement est assez limité. Il faut compter de 10 à 15 % de rendement en moins par rapport à un blé BPS classique. Une perte qui doit être compensée par la qualité et le prix puisque ces blés donnent lieu à une prime comprise entre 10 et 30 €/t. Reste que « la demande pour ces blés est relativement limitée », et que « le cahier des charges est très exigeant. » Ces blés requièrent notamment une fertilisation azotée adaptée. Il est généralement admis qu’il faut 3 unités d’azote pour faire un quintal de blé, mais avec les blés BAF, il faut plutôt compter 3,4 unités par quintal. En outre, il est conseillé de piloter la fertilisation avec un outil d’aide à la décision. Sans oublier que les autres critères de qualité (PS, teneur en mycotoxines…) restent importants, donc que la protection contre la fusariose est indispensable. Rebelde est la variété améliorante la plus cultivée en France. De nouvelles variétés BAF, avec davantage de potentiel, et plus adaptées au climat alsacien vont arriver sur le marché. À l’image de Colmetta, un blé correcteur à bon potentiel.

Au rayon des variétés de blé

Cette année, pas de nouveauté qui améliore le rendement à signaler, mais du mieux en fusariose.

  • Solindo est une variété très précoce à réserver aux semis tardifs pour la protéger du gel. Elle a une productivité moyenne mais très régulière. Son principal atout est son très bon comportement fusariose qui en fait une bonne candidate après maïs. Il s’agit d’une variété de blé panifiable (BP).
  • Filou se caractérise par un bon PMG. Elle se comporte bien vis-à-vis des maladies du feuillage mais est sensible à la fusariose. Elle est donc déconseillée dans les situations à risque.
  • Pilier est une variété demi-précoce, sensible à la rouille jaune mais très bien notée pour son comportement face à la fusariose et sa faible disposition à accumuler les DON.
  • LG Abasalon a un bon comportement septoriose mais est sensible à la fusariose. Par contre elle n’exprime pas beaucoup les mycotoxines. Et elle a un bon potentiel de rendement.
  • RGT Sacramento combine une bonne note fusariose et du potentiel de rendement.
  • Chevignon est une variété très productive, avec un bon comportement vis-à-vis des maladies du feuillage.
  • Macaron est censée avoir un bon comportement fusariose mais présente néanmoins des symptômes en Alsace, ce qui peut s’expliquer par le fait que le blé vient souvent après un maïs.
  • Invictus est un blé hybride qu’il convient de ne pas semer trop dense car il talle beaucoup et a un potentiel de rendement intéressant. Sensible aux maladies du feuillage, il exprime peu les mycotoxines.

Fractionner l’azote pour combiner rendement et protéines

Ces dernières années, la teneur en protéine des blés tendres français a eu tendance à s’éroder, menaçant la compétitivité de la filière. C’est pourquoi ses acteurs ont mis en place un « Plan protéines blé tendre ». Entré en vigueur en juillet 2014, il a pour objectif d’améliorer la teneur en protéines dans les blés tendres jusqu’à atteindre un taux moyen national d’au moins 11,5 %. Un objectif qui exige un certain niveau de technicité de la part des producteurs, qu’il convient de rémunérer. Et c’est justement là que le progrès achoppait jusqu’à présent, puisque les protéines n’étaient pas spécialement mieux rémunérées. Pour lever ce frein, la Comptoir agricole a révisé sa grille de rémunération : « En dessous de 12 % de protéines il n’y a pas de changement, mais au-dessus de 12 % le bonus a été réévalué de manière à ce que plus la teneur en protéines et le rendement soient importants, plus l’impact économique est grand », décrit Clément Weinsando, du Comptoir agricole. Une manière d’inciter les adhérents à bien fractionner les apports d’azote, pour combiner à la fois rendement et protéines. « C’est la variété qui fixe le taux de protéines au départ, hiérarchise Clément Weinsando. Le second levier c’est la fertilisation, et en premier lieu la dose. » Pas de révolution à ce niveau-là : il s’agit d’apporter la dose calculée par la méthode du bilan, et de la fractionner, en réservant une quarantaine d’unités d’azote à apporter en fin de montaison pour sécuriser la teneur en protéines. Après 4 ans d’essais, Clément Weinsando peut affirmer que « réduire de 40 unités la dose d’azote totale calculée ne joue pas sur le rendement, car la méthode est sécurisante. Par contre, en diminuant la dose totale d’azote apportée, on perd en protéines et de manière très linéaire. » Dès lors, le fractionnement apparaît comme un levier supplémentaire pour combiner rendement et protéines.

Un fractionnement de précision avec Farmstar

Optimiser ce fractionnement, c’est justement l’une des applications du service Farmstar. Grâce à des mesures satellitaires de biomasse et du statut azoté de la plante, cet outil est capable de fournir des conseils pour la fourniture azotée à l’échelle intraparcellaire. Au départ, la dose prévisionnelle est calculée en fonction de la méthode du bilan et du potentiel de rendement estimé de la parcelle. De la dose totale calculée, il s’agit de mettre en réserve une certaine dose d’azote, plus ou moins importante en fonction de la capacité de la variété à faire de la protéine. Farmstar intervient ensuite en mesurant la biomasse et la teneur en chlorophylle, ce qui renseigne sur la croissance du blé et son statut azoté. Le potentiel de rendement peut alors être réévalué si nécessaire, et l’utilité de faire un troisième apport et à quelle dose peut dès lors être appréciée.

Pour illustrer son propos, Clément Weinsando a guidé les visiteurs dans un essai compilant diverses modalités de fertilisation azotée. Même pour un quidam, la chute du potentiel de rendement du témoin saute aux yeux : « Il y a quelque 110 épis par mètre carré en moins par rapport aux autres modalités », précise Clément Weinsando. Pour le reste, les différences sont visuellement plus ténues. Le blé qui a reçu une dose d’azote plus importante que celle calculée par la méthode du bilan semble plus vert que les autres, ce qui aura certainement un impact sur le rendement et la teneur en protéines. « L’impasse sur le premier apport entraîne un décrochage de la densité d’épis », indique Clément Weinsando. Néanmoins « apporter une dose importante au premier apport ne sert pas à grand-chose. Sauf à augmenter le risque de verse. » Pour lui, le fractionnement en 4 apports et le pilotage par Farmstar sont les deux modalités qui semblent les plus intéressantes. Mais un bon compromis consiste à apporter 60 unités tôt au premier apport, à mettre 40 unités en réserve pour le troisième apport, à apporter au deuxième apport la dose qui permet d’atteindre la dose totale calculée, et à n’apporter les dernières unités que si l’utilisation d’un outil d’aide à la décision confirme l’utilité de cette intervention.

Au port autonome de Strasbourg

Un projet d’activité agricole en lien avec la centrale thermique

Pratique

Publié le 08/07/2018

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Le projet d’une implantation d’activité agricole ou agroalimentaire chauffée par la chaleur de récupération de la centrale biomasse du Port autonome de Strasbourg illustre à merveille le premier principe de la thermodynamique.

Au cours des différentes étapes du process de transformation de la biomasse en électricité et en chaleur, la centrale thermique de cogénération produit de la chaleur sous forme de vapeur qui n’est pas valorisée. Or valoriser cette énergie de récupération est envisageable. Car, à moins de 500 m de la centrale, se situe un terrain disponible d’1,3 ha appartenant au Port autonome de Strasbourg (PAS). Une trop belle opportunité pour ne pas être saisie. « Car l’Eurométropole cherche à créer des cercles vertueux et a pour objectif d’exploiter l’ensemble du potentiel énergétique de son territoire », avance Robert Herrmann, président de l’Eurométropole.

Durable, innovant, solidaire

« Ce projet croise plusieurs problématiques », constate Jeanne Barseghian, conseillère de l’Eurométropole déléguée à l’économie sociale et solidaire. Il devra avant tout être économiquement viable, pour assurer la longévité de la démarche de valorisation de la chaleur. Car l’Eurométropole s’est engagée dans une démarche volontaire visant à atteindre 100 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2050 sur son territoire : « Pour y parvenir, il faut utiliser l’ensemble des opportunités », constate Alain Jund, vice-président de l’Eurométropole en charge de la transition énergétique. Ensuite, le terrain présente certaines contraintes (pollution résiduelle, alimentation en eau) qui obligent à une activité agricole de type hors-sol, et devra donner lieu à des innovations, « par exemple en matière de dépollution de friches, d’économie d’eau… », illustre Jeanne Barseghian. L’enjeu c’est donc aussi d’innover en matière d’agriculture urbaine pour « arriver à optimiser un espace contraint sur un territoire où se côtoient d’autres activités économiques, industrielles… » Enfin, il s’agit d’un projet d’économie circulaire et solidaire, qui devra être créateur d’emploi sur le territoire, en particulier pour les personnes en difficultés ou en phase de retour à l’emploi. Mieux, il pourrait même constituer un support pour développer de nouvelles qualifications professionnelles, des parcours de formation, pour aider les demandeurs d’emploi à accéder à de nouveaux métiers.

Robert Hermann conclu cette présentation du projet en constatant un changement de paradigme : « Auparavant on cherchait à détruire les déchets, aujourd’hui on cherche à les valoriser ». Ce prototype est amené à essaimer, car il existe d’autres projets de production d’énergie renouvelable et d’agriculture urbaine sur le territoire. Robert Hermann évoque notamment le projet d’unité de cogénération géothermique de Vendenheim qui devrait dégager suffisamment de chaleur pour chauffer jusqu’à 26 000 logements, ou 70 ha de serres agricoles, ou encore une ferme piscicole…

Chambre d'agriculture d’Alsace - Arvalis - institut du végétal

Des leviers pour du blé encore plus durable

Cultures

Publié le 07/07/2018

Cette année, la plateforme blé était installée à Kintzheim, sur une parcelle de l’EARL Kohler. « Le semis a été effectué le 20 octobre, trois jours après un labour, avec la variété RGT Venezio. Il y a eu un premier apport d’azote le 27 février, à raison de 17 uN de sulfate d’ammoniaque et 46 uN d’urée, suivie par un second apport, le 29 mars, de 117 uN d’ammonitrate. Le 3 avril, un régulateur a été appliqué. Il y a eu un traitement herbicide, le 11 avril, avec du kart à 1,2 l. Puis deux tours d’eau, le 5 et le 19 mai, à raison de 35 mm à chaque fois, et enfin un fongicide le 19 mai, soit au stade début floraison, avec du Sakura à 1 l », décrit Marielle Stimpling, conseillère agricole à l’Adar d’Obernai.

Irrigation : pour la croissance et pour l’azote

« L’irrigation du blé se pilote en fonction des périodes de sensibilité au stress hydrique, qui est la plus élevée aux stades levée et montaison », rappelle Jonathan Dahmani, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA). Mais aussi en fonction des besoins en eau pour valoriser les apports d’azote. En agrégeant les besoins en eau pour la croissance et pour la valorisation de l’azote, la période d’irrigation s’étend potentiellement du stade deux nœuds jusqu’à 20-25 jours après l’épiaison. « Des études ont montré qu’il convient d’arrêter l’irrigation lorsque la longueur du grain a dépassé 75 % de la glumelle », précise Jonathan Dahmani. Cette année, le premier tour d’eau a généralement été positionné au stade deux nœuds, soit vers le 20-25 avril, avec quelques difficultés en raison du vent. Le deuxième tour d’eau se justifiait non seulement pour valoriser l’azote mais aussi parce qu’il coïncidait avec une période de forts besoins, avec une ETP importante, et en l’absence de précipitation. Un troisième tour a pu être réalisé du 20 au 27 mai. Puis le retour des précipitations a marqué la fin de l’irrigation.

Changement climatique : des adaptations à anticiper

Année après année, il apparaît de plus en plus certain que le changement climatique va conduire à des adaptations des pratiques agricoles. Pour les anticiper, la CAA a développé un outil qui permet de simuler le climat à l’échelle locale. « Nous avons commencé à effectuer des simulations sur trois périodes de 30 ans, de 1960 à 1990, de 2020 à 2050 (futur proche) et de 2070 à 2100 (futur lointain) », indique François Lannuzel, conseiller agricole à la CAA. Ces simulations reposent sur un scénario d’évolution des émissions de gaz à effet de serre médian, c’est-à-dire où les besoins énergétiques mondiaux sont couverts grâce à un mix d’énergies fossiles et renouvelables, permettant d’aboutir à une augmentation des températures limitée. Deux indicateurs climatiques ont été utilisés pour caractériser le futur climat de Haguenau, Altkirch et Sélestat : la température annuelle, et le cumul des précipitations annuelles.

Résultats : « Il faut s’attendre à une hausse importante des températures moyennes dans le futur proche (+ 1,3 °C) et lointain (+ 3,1 °C) », annonce François Lannuzel. Par contre, les températures annuelles continuent à évoluer selon les mêmes amplitudes. Les précipitations annuelles seront marquées par une plus grande variabilité, avec davantage d’années sèches ou humides, et qui le seront de manière plus marquée : « On va vers des extrêmes », résume François Lannuzel. Qui détaille : les précipitations mensuelles tendent à augmenter en hiver, et à diminuer en été. En outre, le nombre de jours sans précipitations entre le 1er mars et le 30 juin, soit la période de sensibilité du blé au stress hydrique, augmente. Et le nombre de jours où les températures dépassent 30 °C du 10 mai au 30 juin, soit durant la floraison et le remplissage du blé, augmentera fortement dans le futur lointain. Ce qui suggère soit de développer l’irrigation, soit d’opter pour des variétés, des espèces moins sensibles au stress hydrique. En tout cas d’exacerber les pratiques qui vont dans le sens d’une gestion rigoureuse de l’alimentation hydrique des cultures.

Face à ces premiers résultats, la CAA a la volonté de créer un groupe d’agriculteurs afin de travailler de concert sur la définition d’indicateurs agronomiques, de faire des projections qui permettent d’identifier des impasses, des leviers pour s’adapter, par exemple en modifiant les itinéraires techniques. Mais aussi en réfléchissant à des actions qui permettraient d’atténuer ce changement climatique. Les référents de ce dossier sont François Lannuzel et Jonathan Dahmani. Les agriculteurs motivés pour participer à ce groupe de travail sont invités à les contacter.

Variétés : cumuler les atouts

Fructidor, SY Moisson et Cellule forment le trio variétal de tête en Alsace. Mais il en existe tant d’autres qu’identifier les bonnes relève d’un choix cornélien ! Thomas Munch, d’Arvalis-Institut du végétal, a évoqué quelques critères de choix variétaux. Le débouché d’abord. Le principal débouché des blés alsaciens étant la meunerie, les variétés de classe BPS sont à privilégier. La précocité des variétés est un critère de choix important. Il faut distinguer la précocité à la montaison de la précocité à l’épiaison. « Une variété précoce à montaison redémarrera plus tôt en sortie d’hiver et s’exposera donc à un risque de gel tardif. » La précocité à épiaison reflète la capacité de la variété à finir son cycle. Elle est recherchée dans les milieux stressants en fin de cycle. Sinon, des variétés plus tardives à l’épiaison permettent de valoriser leur plus longue période de végétation. D’autres critères sont à prendre en considération, comme l’alternativité, qui correspond au besoin en froid en hiver pour taller et monter ; la tolérance aux maladies ; la teneur en protéines ; la tendance à accumuler les mycotoxines… Il précise : « La dilution de la teneur en protéines par le rendement est une réalité qu’il convient de nuancer, car certaines variétés ont une meilleure capacité à valoriser l’azote en fin de cycle. » C’est le cas d’orloge, une variété qui affiche une très bonne note GPD. « En Alsace, le critère à privilégier reste la fusariose, car il n’existe que des traitements préventifs qui ne sont pas toujours faciles à placer », estime Fabienne Boizet-Noël, conseillère agricole à la CAA. Et mieux vaut composer un bouquet variétal varié afin de cumuler les atouts de chaque variété.

Biocontrôle : encore trop onéreux

Les produits de biocontrôle sont définis comme « des agents et des produits utilisant des mécanismes naturels dans le cadre de la lutte intégrée contre les ennemis des cultures », a rappelé Didier Lasserre, d’Arvalis-Institut du végétal. Ils comprennent en particulier les macro-organismes et les produits phytopharmaceutiques qui sont composés de micro-organismes, de médiateurs chimiques, ou de substances naturelles d’origine végétale, animale ou minérale. « Les strobilurines copient une substance produite par un champignon, mais comme un processus chimique est mis en œuvre pour leur synthèse, elles ne peuvent pas être considérées comme un produit de biocontrôle », précise Didier Lasserre. Idem pour les pyréthrinoïdes. Pour l’instant, les produits de biocontrôle ont surtout été développés pour les cultures à haute valeur ajoutée. Il y en a moins en grandes cultures, où le coût de leur mise en œuvre reste encore souvent rédhibitoire, hormis quelques exceptions, comme les trichogrammes utilisés pour lutter contre la pyrale du maïs. Ou encore le Success 4 (Spinosad), composé d’un extrait de bactéries, utilisable pour lutter contre la chrysomèle du maïs, ou contre la drosophile suzukii, mais qui reste cher (80 €/ha). Et d’autres solutions sont en passe de se démocratiser, à l’instar d’un nématode tueur de chrysomèle, dont il parasite les larves, et qui est d’ores et déjà homologué en Autriche. Didier Lasserre prévient : « Biocontrôle ne veut pas dire bio. Certains de ces produits sont toxiques, notamment pour les abeilles ».

Lucile Pligot, d’Arvalis-Institut du végétal, a présenté deux essais qui sont en cours pour évaluer l’efficacité de produits de biocontrôle sur la fusariose et la septoriose et qui sont menés en réseau, dans le cadre d’un projet européen, avec un protocole commun. Différentes solutions de biocontrôle y sont testées seules, à différentes doses, associées à d’autres solutions… Pour l’instant, avance Lucile Pligot, le niveau d’attaque, évalué en déterminant le nombre d’épillets touchés, est similaire quelles que soient les modalités sur le site de Kintzheim. Le même essai est mené à Colmar, avec des conditions très favorables au développement des maladies, ce qui permet de mieux discriminer les différentes modalités.

Comptoir agricole

Explosion de Silorins : bilan et perspectives

Pratique

Publié le 07/07/2018

EAV. Comment se portent aujourd’hui les quatre victimes de l’accident ?

Denis Fend. Trois personnes ont regagné leur domicile et Ali est toujours dans un état grave. Nos pensées vont d’abord à lui, qui travaille depuis 20 ans au Comptoir agricole, et à sa famille. Ensuite, je tiens à remercier les salariés qui travaillaient ce jour-là sur le site, dans un autre bâtiment et qui sont intervenus très rapidement pour secourir leurs collègues. Ils les ont aidés à quitter le bâtiment, ont eu les bons gestes et le courage de les prodiguer.

EAV. Une enquête a été diligentée pour déterminer les causes de l’accident. Quelles en sont les conclusions ?

DF. L’enquête n’est pas encore terminée. Plusieurs scénarios sont envisagés. Mais le plus probable est qu’il y ait eu une interaction entre des opérations de maintenance et des opérations de nettoyage concomitantes mais séparées de plus de 20 m. Avant tous travaux sur les circuits et appareillages, il faut les nettoyer, pour éliminer un maximum de poussière, justement afin de diminuer le risque d’explosion. Et, dans les procédures, il est effectivement stipulé qu’il est interdit de procéder à des opérations de nettoyage à proximité de zones de travaux. Dans le but d’éviter de remuer et soulever des poussières potentiellement inflammables, par exemple par une étincelle générée par des travaux de maintenance. Toute la question est de savoir ce qu’on entend par proximité. Les deux types d’opérations étaient distants de plus de 20 m, qui plus est à des étages différents. Le silo était à l’arrêt, donc il n’y avait plus d’aspiration… Du fait de la distance qui séparait les deux opérations, nos équipes n’ont pas envisagé qu’il pouvait y avoir un danger. Il n’y a pas eu de faute. Mais c’est arrivé quand même, malgré la distance. Nous avons pris la décision qu’il n’y aurait plus d’opération de nettoyage et de maintenance concomitantes sur un même site. Même si c’est logistiquement compliqué à gérer.

EAV. Quelles sont les répercussions pratiques de cet accident pour la coopérative ?

DF. Nous avons perdu 56 000 t de capacité de stockage. Nous passons donc de 800 000 t à 744 000 t de stockage, soit une baisse de 7 %. C’est donc relativement peu. Et nous allons le gérer en accélérant la cadence de dégagement, si nécessaire. En effet, tout dépendra des rendements, que nous espérons bons, et de l’emblavement dédié au maïs, qui ne cesse de diminuer : - 15 % depuis 2012… Nos besoins de dégagement pour 2018 ne sont donc pas du tout fixés pour le moment. Et, de toute manière, en année « normale », nous collectons de l’ordre de 1 Mt de céréales pour une capacité de stockage de 800 000 t, donc nous travaillons avec un besoin de dégagement structurel, qui sera peut-être juste plus important cette année.

Par contre, adossées au silo Silorins, il y avait aussi des installations de séchage qui ne seront pas fonctionnelles cette année. Il faudra donc reporter de la marchandise vers d’autres séchoirs, sur d’autres sites, que ce soit à Strasbourg, Lauterbourg, ou Erstein, ce qui engendrera quelques frais de transport supplémentaires.

Enfin, il restait 24 000 t de maïs dans les cellules de Silorins. Cette marchandise est en cours d’échantillonnage pour être requalifiée. En effet, des débris amiantés du toit sont retombés dessus. Cette marchandise n’est plus commercialisable en l’état. Mais, à ce jour, nous ne savons pas encore quelle sera son issue. Nous sommes accompagnés par des experts, par l’administration, notamment la Direction départementale de la protection des populations (DDPP), et par notre assurance, qui prend en charge les frais engendrés par l’accident, avec une certaine franchise.

EAV. Et pour vos adhérents ?

DF. Pour nos adhérents il n’y a aucune conséquence. L’accident n’a aucun impact sur la collecte du blé. Et, même pour le maïs, tout fonctionnera comme d’habitude. Nos adhérents pourront continuer à livrer leur marchandise à leur silo habituel.

EAV. Que vont devenir les installations endommagées ?

D.F.  A priori, elles seront reconstruites. Les installations ne sont qu’à moitié détruites. Et les infrastructures les plus onéreuses à mettre en place, comme la tour de manutention, le silo béton, les séchoirs ne sont pas beaucoup abîmés. Il y a surtout de la charpente à refaire. C’est techniquement faisable pour l’été 2019. Tout dépendra de la durée des travaux de désamiantage, de la validation du projet par l’administration…

EAV. Allez-vous profiter de ces travaux pour augmenter vos capacités de stockage, les réorganiser ?

DF. Avec 28 cellules différentes, Silorins était déjà un silo qui était bien conçu pour faire de l’allotement. Et, si nous devons augmenter nos capacités de stockage, Strasbourg n’apparaît pas comme la solution la plus stratégique, du fait de l’engorgement du trafic, de l’important bassin de population à proximité… Donc, a priori, la reconstruction se fera à l’identique. Mais ses modalités dépendront de l’expertise finale de l’état des infrastructures, et des assurances.

Bilan de campagne

Un PMG menacé par les fortes chaleurs

Cultures

Publié le 05/07/2018

« La mise en place des blés s’est effectuée dans des conditions favorables », indique Jean-Louis Galais, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Le mois de septembre humide a provoqué quelques inquiétudes, mais il faisait suite à une année 2017 très sèche. Donc l’humidité n’a finalement pas posé de problème. Au contraire. Les sols se sont rechargés en eau et les semis ont été effectués dans des conditions favorables, avec de très bonnes levées. L’hiver a été relativement doux, ce qui a joué en faveur du tallage. Jean-Louis Galais rappelle que ce processus est lié à la somme des températures : « Il faut 80 à 90 °C pour faire une feuille, donc plus il fait doux, plus l’émission de feuilles est rapide. Et, toutes les trois feuilles, il y a émission d’une talle. » Le mois de janvier a été particulièrement humide, ce qui, en fonction des types de sols, a pu pénaliser les blés dans certains secteurs. Les températures fraîches, voire froides, du mois de février n’ont pas été pénalisantes. Le mois de mars a été sec et maussade. Puis il a fait relativement doux, ce qui pouvait laisser penser que les blés allaient prendre de l’avance. « C’était sans compter sur le verrou de la photopériode, qui a freiné le développement des blés », explique Jean-Louis Galais. Du coup, le stade épi 1 cm a été atteint à la période « normale », soit vers le 1er avril. Une fois que le verrou de la photopériode est levé, les facteurs climatiques ont beaucoup plus d’importance. Or, le mois d’avril a été marqué par des températures très douces, voire chaudes. Et les stades du blé se sont emballés.

L’azote mieux valorisé par l’irrigation

Durant toute la montaison, le manque de précipitations a compliqué la valorisation du deuxième apport d’azote. Comme le reliquat azoté en sortie d’hiver était assez faible, le pilotage de la fertilisation azotée a fréquemment conduit à réaliser des troisièmes apports relativement importants. Jean-Louis Galais rappelle que l’azote apporté va dans les organes en croissance soit, à ce stade, les épis et les futurs grains, et non les feuilles. Donc l’azote, même s’il a été apporté tard, a été valorisé. Les parcelles qui pouvaient être irriguées ont gagné à l’être car cela a permis de mieux valoriser le second apport, donc, théoriquement, d’économiser sur le troisième. En mai, les températures clémentes ont permis de prendre de l’avance : une dizaine de jours en général. « Les traitements contre la fusariose, qui sont appliqués avant la floraison, l’ont été autour du 17 mai, soit avec une quinzaine de jours d’avance », illustre Jean-Louis Galais.

Le remplissage des grains s’est fait en conditions chaudes. « Celui-ci s’opère en deux phases, précise le conseiller. Il y a d’abord la formation des grains, qui conditionne leur taille, et qui est optimale à 14 °C alors qu’il a fait en moyenne 19 °C. Vient ensuite la phase de remplissage, dont l’optimum se situe toujours à 14 °C, et qui s’est effectué à une température moyenne de 21 °C. » D’où des inquiétudes quant à l’impact de ces fortes chaleurs sur le PMG… Verdict aux champs !

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