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Bérengère de Butler

Bérengère de Butler est journaliste à l'Est agricole et viticole.

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Implanter un maïs en non labour

Des essais pour y voir plus clair

Cultures

Publié le 14/07/2020

Un mois jour pour jour après la fin du confinement en France, le 11 juin donc, la Chambre d'agriculture d’Alsace a organisé sa première visite d’essai sur le terrain post-confinement. Au programme : l’implantation du maïs en non labour. Un sujet qui a attiré une bonne trentaine d’agriculteurs.

La précédente journée de démonstration « s’était déroulée dans de mauvaises conditions », a rappelé Rémy Michaël, conseiller à la Chambre d'agriculture d’Alsace. L’hiver qui a suivi n’a pas arrangé les choses, avec des pluies abondantes qui ont conduit à une prise en masse des sols. Là-dessus est arrivé un vent du nord, qui a engendré la formation d’une croûte de terre sèche en surface. Résultat dans les champs aujourd’hui : toutes sortes de situations, avec des maïs bien avancés, d’autres beaucoup moins. Enfin, les températures hivernales ne sont guère descendues en dessous de 0 °C, ce qui ne suffit pas à détruire les couverts.

Avant de passer les différentes modalités de travail du sol en revue, Olivier Rapp, conseiller à la Chambre d'agriculture d’Alsace, a rappelé le principal objectif des Techniques culturales sans labour (TCSL) : « Laisser des résidus en surface pour freiner le ruissellement ». Il précise aussi que, sur toutes ces modalités, il n’y a eu aucune reprise au printemps. Les préparations de sol à l’automne ont donc été suivies du semis, effectué le 24 avril avec la variété DKC4670 semée à 89 000 grains/ha à l’aide d’un semoir plutôt lourd, donc bien adapté aux semis directs, avec un pourcentage de perte à la levée compris entre 5 et 10 % quelles que soient les modalités.

Attention aux conditions de passage des outils

La première modalité, un passage de cracker effectué à 20 cm de profondeur, a permis de conserver 30 % de résidus en surface. Avec la deuxième modalité, un passage de Cultimer à 10 cm de profondeur, les pertes à la levée ont été plus importantes, sans que les techniciens sachent expliquer pourquoi. Quoi qu’il en soit, au 26 mai, le peuplement est d’un peu plus de 75 000 pieds/ha. Olivier Rapp constate tout de même : « Lorsque nous avons effectué le passage de Cultimer en octobre 2019 nous sommes passés sur des zones tassées. Il y en avait déjà eu par le passé, ce qui avait entraîné un décompactage et l’implantation d’un couvert pour pérenniser la porosité créée par la dent, en 2018. Mais l’épandage de boues de station d’épuration au printemps 2019 a pu redensifier le sol sous les passages de roue. » Ce qui l’amène à ce commentaire : « Dans chaque système il y a des impondérables mais il faut toujours essayer d’intervenir dans des conditions qui permettent de faire le moins de dégâts possible. Et garder en tête que la porosité biologique est bien plus résistante au tassement que la porosité créée par une dent. »

La troisième modalité, un passage de strip-tiller à 18 cm de profondeur, a bien plu aux renards : « Passé en conditions très humides, le strip-tiller a créé des galeries dans le sol, propices à la biodiversité. Du coup les renards ont creusé sous la ligne de semis pour s’en nourrir », rapporte Olivier Rapp. Le peuplement est donc un peu limite, à 75 000 pieds/ha. Néanmoins, un coup de bêche permet de constater que l’effet pot de fleurs, généré par un passage de strip-tiller en conditions humides sur sols argileux, est limité : « La colonisation du sol par les racines est correcte, tant horizontalement que verticalement », constate Rémy Michaël, qui y voit les effets bénéfiques du non labour pratiqué sur la parcelle depuis 18 ans. Enfin, dans la quatrième modalité, sans travail du sol, le peuplement atteint 79 000 pieds/ha, ce qui constitue le deuxième meilleur peuplement de l’essai. Par contre, il semble qu’il y ait un peu plus de pieds chétifs que dans les autres modalités.

Plus de résidus après un couvert

Dans une deuxième partie de l’essai, un couvert a été implanté entre les deux maïs et a été laissé en place tout l’hiver. Composé de féverole, pois fourrager, vesce commune et moutarde, il a été semé fin octobre selon diverses modalités, et détruit le jour du semis du maïs à l’aide d’un rouleau.

Comme sur tout le reste de la parcelle, un désherbage chimique a été effectué trois jours après, le 27 avril, ce qui a permis de compléter l’effet du roulage, qui n’aurait pas été suffisant seul, estiment les techniciens. Ce désherbage a été effectué sans glyphosate, avec un mélange d’Adengo Xtra et de Camix. Premier enseignement de cet essai : « Il aurait fallu semer le couvert plus tôt, avant le 15 octobre. Fin octobre c’est un peu tard pour qu’il puisse bien se développer. Du coup le maïs suivant a été semé assez tard, pour laisser le couvert se développer au printemps ».

Parmi les modalités d’implantation, deux sont très proches. Elles ont été effectuées le même jour, le 1er novembre, avec soit un passage de herse rotative, soit un passage de chisel et de herse rotative avant le semis. Et pourtant, les densités de peuplement obtenues sont sensiblement différentes (en faveur du double passage d’outil), sans qu’une explication évidente puisse être avancée. Lorsque le couvert a été semé en direct dans les résidus de culture, les conditions n’étaient pas idéales, et le semoir bourrait. Ce qui explique sans doute en partie que c’est cette modalité qui affiche le pourcentage de perte le plus élevé. C’est aussi là que le maïs est le moins avancé mais qu’il y a le plus de résidus en surface. Entre les modalités sans et avec couvert, une différence est constante : « Le maïs semé dans le couvert a poussé moins vite au départ, car les résidus de couverts font que le sol se réchauffe moins vite », indiquent les techniciens. Par contre, niveau résidus en surface, les modalités avec couvert sont toujours meilleures que les autres.

Allier mécanique et chimie

La troisième et dernière partie de l’essai est dédiée à la destruction chimique du couvert, avec des modalités avec ou sans passage de rouleau faca, des destructions de pré-levée, de post-levée, avec différents produits et dosages… Principales conclusions : le roulage n’a pas été suffisamment efficace pour attendre que le maïs atteigne le stade deux feuilles et effectuer un traitement unique de désherbage et de destruction complète du couvert. Avec cette stratégie, le couvert a eu le temps de reprendre, et le maïs a patiné. Les techniciens conseillent donc de compléter la destruction mécanique par une dégradation chimique.

Trop lever le pied sur le glyphosate - si c’est la solution de destruction choisie pour un couvert développé de dicotylédones - n’est pas non plus recommandé car la végétation risque de ne pas être suffisamment affectée. « Un couvert de seigle ou d’avoine aurait très probablement réagi différemment à l’application de glyphosate », précise Olivier Rapp. Or, pour les techniciens, une chose est sûre : « La réalisation du semis doit signifier la mort du couvert, sinon la concurrence pour la lumière et l’eau est trop vive. »

La préfète de la Région Grand Est sur le terrain

Une immersion dans l’agriculture alsacienne

Vie professionnelle

Publié le 10/07/2020

L’agriculture alsacienne est multiple. Une journée pour en prendre le pouls, cela exige un timing millimétré. Aussi la journée de rencontre entre Josiane Chevalier et la profession agricole a été menée tambour battant par la FDSEA et les JA du Bas-Rhin. Après une matinée consacrée à des visites d’exploitations (lire en encadrés), la pause déjeuner, partagée à la cave du Roi Dagobert à Traenheim, n’a eu de pause que le nom puisque de nombreux responsables professionnels ont pris la parole.

L’ambiance est cordiale mais n’empêche pas quelques étincelles lorsque les sujets qui fâchent sont abordés. Et c’est le retard dans le traitement des dossiers des Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) qui ouvre le bal : « Trente dossiers sont en souffrance, dont certains depuis 2017, c’est honteux », lance Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin. « On ne peut pas se permettre de bloquer ainsi l’économie », renchérit Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin. La préfète s’est engagée à demander à la Draaf d’aider la DDT à traiter rapidement ces dossiers. Dans le registre des tracasseries administratives, Gérard Lorber cite le cas d’agriculteurs qui ne toucheront pas de prime à l’assurance récolte parce qu’ils n’ont pas renvoyé un courrier à temps, la complexité des transferts de DPB, l’intransigeance de l’administration face aux erreurs de saisie dans les déclarations Pac, se traduisant par des pénalités : « Déjà qu’on ne roule pas sur l’or, un peu de souplesse, un peu d’humanité », plaide-t-il. Des griefs entendus par Christophe Fotré, directeur départemental des territoires du Bas-Rhin, qui rappelle qu'« en droit communautaire, le droit à l’erreur n’existe pas ». Autrement dit, si les contrôles menés par l’Europe révèlent des irrégularités, les sanctions tombent. Julien Koegler, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin enchaîne sur d’autres dossiers perdus dans les arcanes administratifs : « Le solde des DJA (dotations jeunes agriculteurs) n’arrive pas dans les fermes. Nous en sommes à quinze mois de retard ! »

Les représentants de la viticulture alsacienne décrivent une filière très fragilisée par les conséquences du Covid-19. Dans une région où 20 % des ventes se font en direct, ce sont 10 millions de bouteilles qui n’ont pas été vendues : « Des exploitations ont le couteau sous la gorge. Et l’État ne répond pas », déplore Jérôme Bauer, président de l’Ava. Son vice-président, Didier Pettermann, liste une série de mesures qui permettraient d’apaiser la situation : « défiscalisation des stocks, enveloppe pour accompagner une distillation de crise, exonération de charges ».

 

 

Retraites agricoles : victoire et désappointement

Après 17 ans de négociations, Paul Schiellein, président de la section des anciens exploitants de la FDSEA du Bas-Rhin, peut se féliciter d’une victoire : la revalorisation des retraites agricoles actuelles et futures à 85 % du Smic. Une victoire ternie par un oubli qui provoque un haussement de sourcil mi-surpris mi-désappointé chez la préfète : le texte adopté exclut les conjoints d’agriculteurs, dont la pension minimum reste fixée à… 555 €/mois. Une discrimination pour Paul Schiellein qui plaide aussi pour que la réforme soit mise en place dès 2021 au lieu de 2022, et que « la solidarité nationale joue son rôle ».

Si Alsace Lait a passé la crise sans trop d’encombre, son président Michel Debes exprime tout de même quelques craintes, car les cours restent bas, et comme le prix du pétrole est bas, les gros pays importateurs de lait, qui sont aussi les pays producteurs de pétrole, en importent moins. Le Comptoir agricole a également pu continuer à travailler, malgré quelques affréteurs qui ne s’approvisionnaient plus en Alsace. À long terme, Marc Moser est préoccupé de constater que les grandes cultures « ne sont jamais soutenues et sans cesse décriées. Ce que nous récoltons au quotidien, ce sont des contraintes réglementaires alors que nous sommes confrontés aux prix et aux marchés mondiaux ». À court terme, les craintes de la coopérative concernent surtout le houblon. Bernard Ingwiller, président de l’association générale des planteurs de houblon de France (AGPH), évoque les conséquences du Covid-19 : le surcoût de main-d’œuvre et la perspective de voir la récolte ne pas trouver preneur. « J’ai l’espoir que les brasseries françaises privilégient le houblon français. Sinon, l’interprofession explosera. »

David Herrscher, président de la MSA d’Alsace, rappelle ce qui a été mis en œuvre pour accompagner les agriculteurs face à la crise sanitaire. Joseph Lechner, président de la commission Emploi à la FRSEA Grand Est, fait de même sur les diverses initiatives pour la main-d’œuvre. Il évoque un point de désaccord entre la Direccte et les employeurs agricoles portant sur une majoration du travail du dimanche qui n’est pas inscrite dans la convention collective. La préfète s’est engagée à examiner ce point. Rémy Losser, président de la fédération Alsace de Groupama, souligne que les assureurs ne peuvent pas financer à eux seuls les pertes d’exploitations liées au Covid-19, mais qu’ils contribuent au fonds créé par l’État à cette fin. En outre, il souligne la difficulté pour Groupama de trouver des mesures d’accompagnement qui soient équitables entre les différents profils d’adhérents. L’abattement de deux mois sur la cotisation tracteur mis en place pour tous les exploitants agricoles en est l’illustration : « Elle est insuffisante et discriminante », concède Rémy Losser. Mais elle a le mérite d’exister, en attendant les résultats d’une étude menée au niveau national qui doit apporter un éclairage sur « ce qu’il y a lieu de faire, au regard de la très grande disparité des situations ». Il évoque aussi un nécessaire réarbitrage des produits d’assurance multirisques climatiques (MRC).

 

 

Compensations environnementales : revoir la copie

Jean-Michel Schaeffer, président d’Anvol, l’interprofession de la volaille de chair, s’appuie sur l’exemple de cette filière pour souligner que la vente directe, si elle est « une chance », ne constitue pas un moteur de croissance : « Les ventes de viande de volaille n’augmentent que dans le secteur de la RHD. » Aussi, plaide-t-il notamment pour des mécanismes permettant de privilégier les produits français dans les restaurants scolaires. Pascal Wittmann, président de la FDSEA du Haut-Rhin, regrette que le renouvellement des MAEC (Mesures agroenvironnementales et climatiques) montagne pour cinq ans soit bloqué parce qu’il manque les fonds de l’État, alors que les autres partenaires ont tenu leurs engagements. Véronique Klein, vice-présidente de la Chambre d'agriculture Alsace, souligne que les produits issus de l’agriculture biologique ont encore gagné des parts de marché durant la crise : « Il faut répondre à cette demande. Les agriculteurs doivent s’adapter et ne pas laisser passer le train. » Autre point positif évoqué par Dominique Daul, membre du bureau de la FDSEA : le chantier du grand contournement ouest de Strasbourg, qui avance bien. Les indemnités sont versées, les tas de terre diminuent et les aménagements fonciers avancent. Seule ombre au tableau : les compensations environnementales. Plutôt que de boiser des terres agricoles, les responsables agricoles s’interrogent : pourquoi ne pas allouer ces sommes aux forestiers pour investir dans la forêt existante qui en a bien besoin ?

Le conseiller régional Patrick Bastian conclut en annonçant une inévitable réduction des aides régionales mais aussi la volonté du président Jean Rottner de soutenir l’agriculture. Enfin, Josiane Chevalier s’engage à organiser des réunions sur les dossiers les plus urgents (ICPE, DJA, MAEC, dégâts de gibier) et à plaider en faveur des viticulteurs alsaciens et d’une revalorisation des retraites des conjoints d’agriculteurs au niveau national.

 

 

Parcelle de houblon à Stutzheim

Devant la plus vieille houblonnière d’Alsace, les représentants de la filière houblon ont exposé à la préfète les difficultés de cette production, lundi après-midi. Située sur le ban de Stutzheim, elle a été érigée en 1964, explique Olivier Holveck, qui s’est installé en 2017 en hors-cadre familial avec deux autres associés sur une exploitation de polyculture diversifiée. Implanter 1 ha de houblon requiert un investissement de 20 000 €, explique Bernard Ingwiller. Il faut prendre soin de la culture tout au long de la saison, ce qui nécessite de la main-d’œuvre et des produits de traitement. Or les planteurs de houblon ont du mal à trouver des saisonniers et sont de plus en plus limités quant au choix des produits : pour lutter contre le mildiou, illustre Sébastien Holtzmann, producteur à Wingersheim, ils doivent demander chaque année une dérogation car aucun produit n’est homologué.

Lorsqu’il est mûr, le houblon doit être récolté très rapidement, sinon sa qualité se dégrade. D’où la nécessité d’investir dans du matériel coûteux, qui ne tourne que trois semaines dans l’année, souligne Jean-Paul Ulrich, président de l’association des planteurs de houblon d’Alsace. Ces difficultés, ajoutées au manque de visibilité quant à l’avenir, compromettent le renouvellement des générations. À Josiane Chevalier, la filière réclame un « coup de pouce », en particulier que les houblonniers puissent émarger à l’enveloppe prévue par FranceAgriMer pour aider les agriculteurs à adapter leur matériel de pulvérisation pour traiter les parcelles aux abords des habitations.

 

 

Gaec de l’Hirondelle à Duttlenheim et viande bovine

 

Nicolas Heckmann du Gaec de l'Hirondelle à Duttleheim, est l’un des derniers jeunes à s’être installé et à avoir investi dans la production de viande bovine en construisant un bâtiment dédié à l’élevage de taurillons. C’était en 2015. Un an plus tard, en 2016, la filière alsacienne vacillait. « Depuis, elle a bien rebondi », note Franck Sander. S’il confirme qu’une certaine sérénité a été retrouvée en matière d’achats d’aliments, d’enlèvement des animaux, il reste que « les producteurs n’arrivent pas à répercuter leurs coûts de production sur le prix de vente des animaux, et que cela ne permet pas de dégager du revenu », note Dominique Daul, président de Comptoir élevage, graphique à l’appui. En outre, le Covid-19 a entraîné une baisse des prix, déjà bas, du fait de la baisse des exportations, de l’arrêt de la restauration hors domicile… « Au lieu de 15 jours à 3 semaines de stock, nous sommes face à un mois et demi de stock d’animaux, qui restent sur les bras des éleveurs, et la demande ne suit pas », décrit l’éleveur. Aussi plaide-t-il auprès de la préfète pour une intervention du médiateur de l’État afin de « remettre l’interprofession en route ». En effet, pour lui, la filière souffre d’un manque d’organisation, mais certains secteurs de marché sont porteurs d’espoir. Ainsi, à côté des charolaises, Nicolas Heckmann élève des jeunes bovins montbéliards, pour lesquels il y a un marché.

 

Association générale des producteurs de houblon de France (AGPH)

La filière s’organise et s’étoffe

Cultures

Publié le 07/07/2020

Jeudi 25 juin, l’association générale des producteurs de houblon de France (AGPH) était réunie en assemblée générale. Pour son président, Bernard Ingwiller, cette réunion a été l’occasion de rappeler que l’association œuvre à la défense des producteurs de houblon. Et, cette année en particulier, il y a eu du pain sur la planche. Les houblonniers sont en effet confrontés à l’harmonisation des règles d’utilisation de produit de protection de plantes au niveau européen, à la nécessité de pouvoir déployer le recours à l’irrigation des houblonnières, et au respect des Zones de non-traitement (ZNT). En outre, du fait de l’épidémie de coronavirus, les coûts de production sont attendus en forte hausse cette année. En effet, les houblonniers ont dû avoir recours à une main-d’œuvre locale, donc plus chère, afin de réaliser en temps et en heure les travaux dans les houblonnières.

Antoine Wuchner, secrétaire général de l’association, a présenté la situation du houblon en France et à l’international. La baisse de la consommation de bière, conséquence de la fermeture des bars, restaurants et de l’annulation des festivals et autres évènements, fait craindre pour les négociants un report de consommation de houblon au niveau mondial avec un impact négatif à prévoir sur les prix, si les volumes de récolte prévus en hausse venaient à se concrétiser en septembre. En France, les surfaces de houblon ne cessent d’augmenter. L’Alsace reste le premier producteur avec 475 ha, vient ensuite le Nord, avec 35 ha. « La culture progresse surtout en dehors des régions historiques et dans toutes les régions. La France compte à ce jour 530 ha de houblon, avec une tendance haussière », a précisé Antoine Wuchner. La demande en houblon bio ne cesse d’augmenter. La progression de la surface de houblonnière bio est impressionnante en Alsace : elle a été multipliée par quatre en trois ans, pour atteindre 80 ha en 2022. En outre, les projets de culture de houblon hors régions historiques concernent à 90 % du houblon bio.

Cette extension de la production de houblon hors des zones historiques se traduit par la création de nouveaux groupements de producteurs. Quatre structures ont demandé à rejoindre l’AGPH : Hopen Terre de Houblon (Sud-Ouest), l’association de Houblons de Normandie, La Bière de Provence (Sud-Est) et Houblons de France. Des adhésions qui ont été validées par le Conseil d’administration de l’AGPH et qui devraient donner lieu à un séminaire de travail fin août, afin de définir la vision de l’AGPH à l’horizon 2022.

 

 

Recyclage des plastiques agricoles

Des déchets ? Où ça ?

Pratique

Publié le 28/06/2020

La filière Agriculteurs, distributeurs, industriels pour la valorisation des déchets agricoles (Adivalor) est née en 2001 à l’initiative de l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP). Elle regroupe de nombreux partenaires (lire encadré), qui œuvrent à la collecte et au recyclage des plastiques agricoles. Son fonctionnement est financé par les fabricants et importateurs de plastiques, produits phytopharmaceutiques, engrais, semences certifiées et produits d’hygiène destinés à l’agriculture au moyen d’une écocontribution intégrée dans le prix de vente du produit neuf. En vingt ans, la filière a considérablement progressé. Au départ, les plastiques collectés étaient essentiellement incinérés. Mais, progressivement, non seulement la quantité de plastiques agricoles collectée a augmenté, mais en plus la part de recyclage s’est significativement accrue. « Actuellement, 90 % des plastiques collectés sur la ferme France sont recyclés », indique François Alvès, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture Alsace, en charge de ce dossier. La France est devenue la référence européenne en la matière.

Un tri à la source

Ce qui fait le succès de cette filière, c’est notamment son organisation. En effet, pas moins de 1 200 opérateurs*, dont 80 % de coopératives et négociants agricoles, assurent la collecte des plastiques agricoles, selon un calendrier coïncidant avec les travaux agricoles. Premier rendez-vous, début mai, pour la collecte des Films agricoles usagés (FAU), soit les ficelles, films d’ensilage, d’enrubannage. Mi-juin, suit une collecte axée sur les grandes cultures, qui comprend les sacs de semences, les big bag d’engrais, les bidons de produits phytosanitaires vides. S’ensuit une autre campagne du même type en septembre, dans le Bas-Rhin, et, en novembre, dans le Haut-Rhin (pour des raisons d’habitudes bien rodées, les dates historiques ont été conservées dans les deux départements). L’année se termine sur une seconde collecte des FAU en novembre. Enfin, une collecte s’adresse plus spécifiquement aux viticulteurs, avec une collecte des ficelles de palissage, qui a lieu cette année du 12 octobre au 11 décembre. À ces dates de collecte bien précises, s’ajoute la possibilité de ramener leurs Produits phytosanitaires non utilisables (PPNU) : « Chaque distributeur a un site dédié qu’il s’agit de contacter afin de préciser la nature et la quantité de PPNU à collecter afin de prendre un rendez-vous », précise François Alvès. À l’heure actuelle, les PPNU sont, quant à eux, incinérés. Grâce à ce tri à la source effectué par les agriculteurs, vingt types de déchets sont valorisés. « Le fait qu’ils soient correctement triés, propres et bien conditionnés contribue au succès et à la pérennité de la filière », insiste Thomas Jung, responsable logistique dépôts au Comptoir agricole. D’ailleurs, les déchets qui ne respectent pas les règles de présentation sont refusés.

Des bons et des mauvais déchets

Une fois les déchets collectés chez les distributeurs de fournitures agricoles, une demande d’enlèvement est effectuée auprès d’Adivalor, qui missionne les entreprises de collecte de déchets référencés par ses soins. En Alsace, il s’agit principalement de STIS International (entreprise de transport spécialisée vers l’Europe de l’Est) dans le Bas-Rhin, ainsi que de Coved (filiale du groupe Paprec, spécialisée dans les métiers de la collecte, du tri, du traitement, du stockage et de la valorisation des déchets) et de Hemmerlin (entreprise de transport et de logistique) dans le Haut-Rhin. En France, ce ne sont pas moins de 110 entreprises qui sont mobilisées pour transporter les déchets sur près de 100 plateformes de prétraitement, où ils font l’objet d’un compactage, d’un broyage… Ensuite, ils sont à 90 % expédiés vers des sites de recyclage en France (à 75 %) ou dans l’Union européenne.

Une fois recyclés et reconditionnés, ces plastiques sont rachetés par des industriels, qui leur donnent une seconde vie. Comme tous les marchés, celui des déchets est régi par l’offre et la demande, souligne Thomas Jung, c’est-à-dire qu’un recycleur peut aussi bien payer cher un déchet s’il se recycle facilement et s’il y a un débouché derrière, que demander à être payé pour prendre en charge un déchet difficile à traiter et à valoriser. L’objectif est donc de trouver les bons recycleurs, les bons débouchés… En outre, le marché des déchets est soumis à des aléas. Ainsi, « lorsque la Chine a fermé ses frontières aux déchets étrangers, cela a déstabilisé le marché », illustre Thomas Jung.

Seconde vie

Selon leur nature, le devenir des déchets collectés diffère. Les bidons de produits phytosanitaires deviennent des tubes et gaines techniques pour l’industrie. Les big bags et sacs d’engrais revivent sous forme de cagettes plastiques et éléments de construction. Les films plastiques deviennent des sacs-poubelles. Les sacs en papier ayant contenu des semences se transforment en couche de protection des cloisons de plâtre. Les ficelles et filets sont transformés en raccords plastiques ou en… ficelles. « Ces plastiques se valorisent bien car ils sont propres. Au contraire, les films de paillage font partie des plastiques difficiles à valoriser, essentiellement parce qu’ils sont maculés de terre », explique Thomas Jung. Pour lever ce frein, Adivalor a lancé en 2019, le projet Cleanflex, avec le soutien du Comité français des plastiques en agriculture (CPA), qui vise à créer une unité de prétraitement (broyage et nettoyage) dédiée à la régénération des films de paillage. Cette unité, localisée en Occitanie, devrait être opérationnelle fin 2021. Sa capacité nominale devrait permettre de recycler plus de 10 000 t/an de films souillés. Dès lors, 100 % des films plastiques agricoles devraient être recyclés à partir de 2022. La consolidation de l’industrie européenne du recyclage apparaît cruciale. Adivalor appuie donc les initiatives qui tendent à dynamiser la demande en matière plastique recyclée par rapport aux autres matières premières, à leur garantir des débouchés.

Collecte en hausse constante

En Alsace, la filière fonctionne plutôt bien, pilotée par un comité qui se réunit une fois par an pour ajuster les modalités pratiques de la collecte. Les quantités de plastique agricole collectées ne cessent d’augmenter. Et la tendance devrait se poursuivre, puisque régulièrement d’autres déchets rentrent dans la filière de recyclage. C’est le cas des Équipements de protection individuelle (EPI), collectés depuis deux ans : « Pour l’instant les volumes collectés sont encore faibles, mais cela doit entrer dans les habitudes. Pour les emballages de produits phytosanitaires, la dynamique était la même : après des débuts poussifs, les volumes collectés augmentent chaque année », indique François Alvès. En 2019, d’autres déchets ont encore intégré la filière : les emballages vides de produits œnologiques et d’hygiène de la cave dans les régions viticoles, ainsi que les gaines souples d’irrigation pour le maraîchage. Les pneus usagés ne font pas partie des déchets valorisés par Adivalor : la gestion de ces déchets relève de la responsabilité élargie des producteurs. Enfin, souligne Thomas Jung, le meilleur déchet est celui qui n’est pas produit. Là aussi, le monde agricole est précurseur, puisque la vente en vrac - d’engrais, par exemple, livré directement dans la benne - se pratique depuis les années 1980.

Malgré le succès de cette filière, les agriculteurs ont plus une image de pollueur que de recycleur. Si les bonnes performances du secteur en matière de recyclage sont méconnues, c’est parce qu’elles ne sont pas suffisamment mises en avant ni valorisée par des opérations de communication, reconnaissent François Alvès et Thomas Jung.

 

 

Semis de variétés mélangées

Diversifier pour diluer le risque

Cultures

Publié le 22/06/2020

C’est suite à un épisode de gel que Marius Rhinn s’est lancé dans les mélanges variétaux. Après la chute du mercure, le constat avait été sans appel : certaines variétés résistent au froid et sont reparties, d’autres pas du tout. Il a fallu trouver un plan B. Alors, pourquoi pas semer un mélange de variétés, dont certaines résistent au gel, et d’autres moins. Des variétés qui ont d’autres avantages ? « Je suis en zone hamster, donc je suis obligé de faire du blé, je ne peux pas remplacer du blé gelé par du maïs. Il faudrait que je fasse du blé de printemps, donc recommencer les semis et tout le reste, pour finalement avoir de toute manière moins de rendement. En semant un mélange de variétés, on risque d'en perdre un certain nombre, mais celles qui vont résister vont taller, et cela peut sauver le rendement », argumente Marius Rhinn. En plus, poursuit-il, « la coopérative demande rarement des variétés pures, elles sont de toute façon mélangées dans les silos, donc pourquoi se priver ? Je veille juste à ne pas choisir des variétés dont ils ne veulent pas ».

Ça tombe bien, c’est aussi auprès de sa coopérative, le Comptoir agricole, que Marius Rhinn fait son marché pour concocter son mélange. Mais, au préalable, il étudie avec soin catalogues variétaux et résultats d’essais, pour que son mélange corresponde à ses objectifs et contraintes. Son principal objectif est la résistance aux maladies, notamment la septoriose et la fusariose, vectrice de mycotoxines, d’autant plus qu’il n’est pas rare que Marius Rhinn implante ses blés en semis direct derrière un maïs, ce qui constitue un facteur de risque pour l’expression des mycotoxines. Un autre critère de choix est la résistance au froid. Enfin, l’agriculteur essaie de choisir des variétés de précocité équivalente, afin de pouvoir les semer en même temps. Sachant qu’au final, la date de semis sera calée sur la précocité des variétés qui apportent le plus de résistance aux maladies.

Un mélange de quatre variétés

La sélection faite, Marius Rhinn achète des doses des heureuses élues, et les implante d’abord séparément pour les tester. Celles qui ne lui conviennent pas sont entièrement récoltées pour être vendues. Une partie de la récolte de celles qui donnent satisfaction est prélevée dans une benne spécifique pour créer le futur mélange : « On prélève un peu de la variété A, de la variété B, de la C, de la D, dans une même benne, on l’amène au Comptoir agricole, où la semence est triée et nettoyée, c’est-à-dire séparée des cailloux, de la paille, des grains cassés. Un traitement de semences est effectué et je récupère mon mélange de quatre variétés conditionné en big bag, prêt pour les prochains semis », décrit Marius Rhinn.

Tous les ans, l’agriculteur teste de nouvelles variétés pour améliorer son mélange. Cette année, quasiment toute sa surface en blé - sauf les parcelles dédiées aux tests des nouvelles variétés - est couverte d’un mélange composé des variétés tenor, foxyl, fructidor et filon. Elles ont été choisies pour lutter préventivement contre les maladies cryptogamiques en répartissant le risque : « Si une variété se fait attaquer, les autres prendront le dessus », indique Marius Rhinn, qui résume la stratégie : « Plus on diversifie la génétique, plus on dilue le risque entre variétés tolérantes et celles qui resteront sensibles ».

Houblon & co

Dans l’expectative

Cultures

Publié le 16/06/2020

Avec 487 ha de houblonnières en Alsace, la surface dédiée à la production de houblon est stable. Sur ces 487 ha, 455 sont en production, la trentaine d’hectares restant étant en repos temporaire pour être replantée à l’automne avec de nouvelles variétés, précise Christian Lux, responsable agronomie et environnement au Comptoir agricole. En effet, la phase de reconversion variétale, amorcée afin de répondre aux attentes du marché avec de nouvelles variétés aromatiques, se poursuit. De même, pour répondre à l’importante demande en houblon bio, trois planteurs sont en cours de conversion à l’agriculture biologique, soit 42 ha de houblonnières. La surface de houblon bio en Alsace devrait donc passer de 33 ha actuellement à 75 ha en 2022. L’Alsace compte actuellement quarante producteurs de houblon, un chiffre assez stable mais le Comptoir agricole en voudrait davantage : « Nous continuons à chercher des jeunes prêts à se lancer dans la culture de houblon », souligne Christian Lux.

La pénurie de main-d’œuvre évitée

Le confinement engendré par la Covid-19 a été source d’inquiétude pour les producteurs : « Il coïncidait avec le démarrage d’opérations qui requièrent de la main-d’œuvre, comme la taille, l’ébroussage, et c’est aussi à ce moment qu’on termine normalement la campagne de recrutement pour la mise au fil… », rapporte Sébastien Holtzmann, producteur à Wingersheim. Traditionnellement, ce sont souvent des Roumains ou des Polonais qui sont embauchés à cette fin. Sauf que les faire venir en France s’annonçait compliqué. Finalement, suite aux appels au renfort de la main-d’œuvre locale lancés par la profession, et à l’autorisation d’embaucher des personnes au chômage partiel, la pénurie de main-d’œuvre ne s’est pas concrétisée. Certes, « il y a eu pas mal d’apprentissage à faire, et le rendement horaire s’en ressent mais, globalement, on s’en sort bien », constate Sébastien Holtzmann.

Du vent dans les lianes

La compaction du sol, engendrée par un hiver pluvieux et sans gel a été source de quelques difficultés, notamment pour la taille, qui s’est faite « moins facilement », rapporte Christian Lux. La sécheresse printanière n’a pas spécialement affecté les plants, sauf les plus jeunes, qu’il a fallu arroser, « alors que tous les producteurs ne sont pas forcément encore équipés », pointe Sébastien Holtzmann. Le vent du nord et la faible hygrométrie ont pour corollaire une situation sanitaire très saine pour le moment. Mais, suite au retour des précipitations, « il va falloir être vigilant et notamment surveiller la progression du mildiou », prévient Christian Lux. Et, s’il chasse les champignons, le vent a aussi tendance à empêcher les lianes de s’enrouler correctement au fil. Résultat, les houblonniers passent actuellement beaucoup de temps à remettre les lianes aux fils. Si on ajoute à cela les effets du confinement, la note en termes d’heures de travail s’annonce assez salée cette année : « Au moins les houblonnières sont belles, espérons que ça dure », souhaite Sébastien Holtzmann.

Moins de bière consommée, moins de houblon utilisé

D’un point de vue conjoncturel, le marché du houblon est bien évidemment marqué par l’épidémie de coronavirus, qui a entraîné dans son sillage la fermeture des bars, restaurants, ainsi que l’annulation des festivals et autres rencontres sportives estivales… autant d’occasions de consommer de la bière qui se sont évaporées : « Ces mesures ont eu un impact très négatif sur la consommation de bière, impact qui s’est répercuté sur le marché de ses matières premières, dont le houblon », indique Antoine Wuchner, responsable de l’activité houblon au Comptoir agricole. Moins de bière consommée, c’est moins de bière fabriquée, donc moins de houblon utilisé. Les brasseurs se retrouvent donc avec des stocks de houblon sur les bras. Aussi, Antoine Wuchner s’attend à des reports sur les contrats passés avec certains clients : « L’ampleur de ces reports va dépendre de la dynamique de réouverture des bars et restaurants », estime-t-il. Mais, quoi qu’il en soit, le marché sera pénalisé. Ne serait-ce que parce que les festivals estivaux, eux, sont bien morts et enterrés. Le comble serait une récolte de houblon abondante : « Comme les brasseurs ont du stock de houblon qui s’accumule, la nouvelle récolte arrivera sur un marché spot, c’est-à-dire hors contrat, caractérisé par des prix bas. »

Bref, la situation n’est pas rose. Mais Antoine Wuchner pointe quelques éléments positifs. Le premier, c’est que ce phénomène est mondial, donc que tous les pays producteurs de houblon sont embarqués dans la même galère. En outre, « l’Alsace est mieux armée que lors de la dernière crise houblonnière qu’elle a eue à traverser, parce qu’elle a étoffé sa gamme de variétés, parce que la production de houblon bio se développe, et que le schéma de commercialisation a été diversifié et travaillé. » Enfin, la demande en houblon bio reste soutenue, et la production française, même si elle augmente, ne couvre pas encore les besoins.

Des fûts sur les bras

Lorsque le confinement a été instauré en France, le 17 mars, les brasseurs qui privilégient les cafés, hôtels, restaurants (CHR), festivals et autres festivités estivales pour écouler leur production se sont retrouvés avec leur stock de fûts prêts pour la saison sur les bras, « dans des proportions assez diverses selon la part réservée aux CHR, aux grandes et moyennes surfaces (GMS…)», précise Éric Trossat, président du syndicat des brasseurs d’Alsace. Or, dans les CHR, la majeure partie des volumes de bière est écoulée au cours des deuxième et troisième trimestres, la consommation étant notamment boostée par l’ouverture des terrasses. Cette année, elles sont restées vides jusque très récemment. « Ce volume de bière qui n’a pas été vendu est définitivement perdu », constate Éric Trossat. Tout comme celui qui aurait été absorbé par les manifestations sportives et culturelles qui n’auront pas lieu cet été. Pour le reste, « la vente de bouteilles a plutôt bien fonctionné », tempère le président du syndicat des brasseurs d’Alsace. Avec, même, un engouement pour les produits locaux, que les GMS ont accompagné. En outre, certaines microbrasseries, peu ou pas référencées en GMS, ont fait preuve d’imagination pour écouler leur marchandise, mettant en place des drives, de la livraison à domicile…

Gérer l’écoulement des stocks pour limiter les pertes

Reste que, durant tout le confinement, et face à leur stock, rares sont les brasseurs à avoir produit des fûts. Depuis, certains ont recommencé à brasser, d’autres attendent encore, comme à la brasserie Uberach où Éric Trossat, son dirigeant, « attend de voir » comment l’activité des CHR reprend. « De toute manière, ils vont commencer par écouler les fûts qu’ils ont en cave », constate-t-il. L’objectif, pour les brasseurs, est donc désormais de gérer l’écoulement de leur stock pour subir le moins de perte possible. Car la bière est un produit sensible, dont les qualités organoleptiques s’altèrent avec le temps. Par exemple, l’amertume des bières IPA, obtenue grâce à une teneur en houblon importante, s’estompe avec le temps. L’impact de l’épidémie de coronavirus sur la filière brassicole est donc désormais suspendu à la dynamique de la reprise de l’activité des CHR : « Tout n’est pas foutu mais il faut que ça reparte », résume Éric Trossat. Hop, tous en terrasse - dans le respect des gestes barrières.

 

Tabac

Les surfaces en baisse

Cultures

Publié le 11/06/2020

La plantation de tabac est achevée sur le territoire de la Coopérative tabac feuilles de France (CT2F). Globalement, elle a été effectuée dans de bonnes conditions (lire en encadré) et, surtout, le plan de production tel que prévu sur la base des intentions de plantation des tabaculteurs, a été respecté. Un bon point pour la France, puisque dans les autres pays producteurs de tabac européens, la situation est différente. En Allemagne, en Pologne ou en Italie, les surfaces implantées s’avèrent inférieures aux intentions émises en hiver. En cause : l’épidémie de coronavirus, qui a menacé l’accès à la main-d’œuvre étrangère dont ces pays sont tributaires pour la production de tabac. « Pour la plantation, cette main-d’œuvre était non seulement moins disponible, mais aussi moins bien acceptée par la population locale, notamment en Allemagne, par crainte qu’elle ne représente un vecteur de diffusion du virus. Et puis un certain nombre de planteurs ont aussi eu peur de planter du tabac et de ne pas pouvoir le récolter si les restrictions de mouvement des populations devaient perdurer. Ils ont donc préféré être prudents en réduisant leur surface, voire en faisant une année blanche », indique Rémy Losser, tabaculteur à Mussig et président de la CT2F. Le bilan global de cette tendance à la réduction des surfaces en Europe n’a pas encore été dressé, mais Rémy Losser avance très prudemment quelques chiffres : « -10 % en Italie, - 20 % en Allemagne… » En Pologne, à la pénurie de main-d’œuvre s’ajoute une sécheresse marquée, aggravée par le manque d’infrastructures dédiées à l’irrigation. Si la France, confrontée aux mêmes problématiques d’accès à la main-d’œuvre, parvient à remplir les objectifs de son plan de production, c’est essentiellement parce que la culture du tabac, et notamment sa récolte, y est significativement plus mécanisée : « C’est clairement un atout, commente Rémy Losser, car cela relativise le besoin en main-d’œuvre étrangère. »

La consommation de tabac à chicha impactée par le coronavirus

Parallèlement à cette réduction de la mise en production de tabac en Europe, ce début d’année 2020 est marqué par une baisse de l’activité commerciale sur le marché du tabac à chicha. Une baisse qui est d’une part liée au ralentissement global du trafic maritime suite à l’épidémie de coronavirus : « Pendant six à huit semaines, tout a été suspendu, les ports étaient bloqués, il y a eu une pénurie de conteneurs… le commerce était donc ralenti mais il y avait du stock », décrit Rémy Losser. Et puis, contrairement à la consommation de cigarettes, qui a peu été impactée par l’épidémie, « il y a eu une baisse significative de la consommation de tabac à chicha, de - 30 à - 40 %, durant plusieurs semaines, notamment dans les pays du Moyen-Orient », indique Rémy Losser. En effet, contrairement à la consommation de cigarette, individuelle, le tabac à chicha se consomme généralement de manière conviviale, en groupe, dans des bars à chicha qui ont pour la plupart fermé leurs portes au plus fort de l’épidémie. « À ce jour, l’ambiance est plutôt rassurante et, si la tendance reste à une reprise de la consommation de tabac à chicha, l’épidémie de coronavirus devrait se traduire par une baisse de la consommation de 10 % sur l’année », estime Rémy Losser.

Baisse historique des surfaces en France

Bien que le plan de production de la CT2F soit rempli, la surface de tabac qui relève de la coopérative affiche une baisse de 20 %. « L’année 2019 a été celle de la restabilisation de la filière française, tant au niveau des capacités d’écoulement que des prix, des volumes et de la qualité des tabacs », indique Olivier Riedinger, directeur de la CT2F. Malgré cela, cette baisse de surface, « la plus importante depuis l’arrêt des soutiens européens à la production de tabac en 2014 », était attendue. Olivier Riedinger et Rémy Losser y voient plusieurs raisons. Pour le directeur, les années 2017 et 2018, compliquées, ont laissé des traces. En outre, « certains producteurs n’ont pas su transformer le virage vers la mécanisation de la production, ou ne l’ont carrément pas pris. Ils se sont alors retrouvés confrontés à des coûts de main-d’œuvre trop importants. » L’arrêt définitif de la production de Burley a aussi joué. Olivier Riedinger estime qu’en Alsace, cette mesure a poussé une quinzaine de producteurs avec leurs 50 ha de tabac vers la porte de sortie en deux ans.

Pour Rémy Losser, la baisse de la surface tabacole n’est pas tant liée à des questions de manque de rentabilité ou de perspective, qu’à la restructuration de certaines exploitations. Il illustre : « Dans des départements comme la Vienne ou les Charentes, quand une exploitation en reprend une autre, il n’est pas rare qu’elle double sa surface. Or, quand on passe de 150 ha de SAU dont 15 ha de tabac à 300 ha de grandes cultures à gérer, cela remet en question la pertinence d’un atelier de production de tabac. » Et puis il y a aussi - et c’est le cas en Alsace - des agriculteurs qui préparent leur départ à la retraite sans perspective de succession. Pour continuer à assurer la rentabilité de l’atelier de production de tabac, il leur faudrait investir mais, à quelques années de la retraite, ils préfèrent arrêter. À raison de 15-20 ha perdus par-ci par-là, les raisons de cette baisse de surface de 20 % sont rapidement élucidées.

Avec cette baisse des surfaces, le volume de tabac produit en France devrait lui aussi significativement reculer. Pour commercialiser le tabac de ses adhérents, la CT2F va contractualiser au courant du mois de juin avec ses quatre metteurs en marchés (NDLR : Alliance One, CNT, Mella et German Tobaco) : « Nous allons repartir sur les mêmes bases qu’en 2019, avec quelques ajustements de curseur entre les différents opérateurs », avance Rémy Losser.

Chou à choucroute

Ça part mal

Cultures

Publié le 10/06/2020

La plantation des choux à choucroute se termine doucement, et elle n’a pas été une mince affaire. Comme pour l’implantation des autres cultures de printemps, les producteurs ont été confrontés à des conditions de travail du sol difficiles, suite à un hiver doux. L’heure de la plantation venue, l’absence de précipitations a entraîné un recours quasi systématique à l’irrigation pour assurer la reprise des plants, « alors que c’est quelque chose qui ne se faisait jamais », note Anaïs Claudel, conseillère alliacées, choux et navets salés à Planète Légumes. Puis, les choux sont assez bien partis, mais malheureusement, les ravageurs ont eux aussi profité de la chaleur et du soleil. « Nous avons été confrontés à de très grosses et très précoces attaques de pucerons, sur des choux à peine plantés, alors que normalement elles ne débutent que mi-juin. Avec, en parallèle, des attaques d’altises », décrit Anaïs Claudel. Une situation sanitaire compliquée donc, qui a imposé d’effectuer des traitements pour protéger les cultures, en plus des tours d’eau. « Les choux ne meurent pas suite aux attaques de pucerons mais leur salive contient une toxine qui décolore les feuilles de chou. Ceux-ci sont affaiblis et, à la pommaison, il peut y avoir des déformations, qui peuvent entraîner le développement de pourritures », décrit la conseillère. Mal partie, la campagne 2020 de production de choux à choucroute pourrait donc s’avérer compliquée jusqu’au bout, surtout si, comme le redoutent les producteurs, l’été devait à nouveau être chaud et sec, les obligeant à enchaîner les tours d’eau à un rythme soutenu.

Jean Rottner sur le terrain

Rebondir après la crise

Vie professionnelle

Publié le 29/05/2020

Médecin urgentiste de profession, le président de la Région Grand Est Jean Rottner a été à son affaire lorsqu’il a fallu gérer dans l’urgence les multiples conséquences de l’épidémie de Covid-19. Désormais (soyons optimistes), c’est l’après qui se prépare. Et là aussi, il y a urgence. Il ne s’agit plus de sauver des vies, mais des entreprises, en leur donnant les moyens de se relever d’un ralentissement voire d'un arrêt total de leur activité. Si les agriculteurs, qui répondent au besoin vital de se nourrir, ont pu continuer à exercer leur activité, ils ont aussi subi les effets collatéraux de l’épidémie. Celle-ci a, par exemple, mis en évidence la dépendance de l’agriculture française à la main-d’œuvre étrangère. Quand celle-ci s’est trouvée bloquée par les restrictions de mouvement des populations, la question de savoir qui allait ramasser les asperges, les fraises et autres premières productions printanières s’est brutalement imposée. La profession agricole a réagi en faisant appel à la bonne volonté des Français privés de leur activité professionnelle et en mesure d’en embrasser une autre le temps du confinement. Un appel qui a été entendu, mais qui n’a pas suffi à remplacer complètement le contingent de bras venus de l’étranger.

Main-d’œuvre : moins, c’est mieux que rien

Le cas de la ferme Lux, située à Pfettisheim, est symptomatique de cette situation. Quelques chiffres suffisent à comprendre la problématique. L’EARL, dirigée par Dominique Lux, consacre 35 % de son assolement 2020 aux asperges en production, soit 34 ha. Le reste est dédié aux grandes cultures, et 15 % sont amputés par la construction du GCO. Ces 34 ha d’asperges représentent normalement 87 % du chiffre d’affaires de la ferme. L’an dernier, 100 % de la surface avait été récoltée, avec 140 t d’asperges à la clé. Cette année, seuls 15 ha ont pu être récoltés manuellement, 5 ha mécaniquement (les agriculteurs ont investi en urgence via la Cuma Asperges d’Alsace dans une récolteuse mécanique à 80 000 € en début de confinement), et 18 ha ne seront pas récoltés par manque de main-d’œuvre. Forcément, la production va chuter - Dominique Lux l’estime à 55 t - et le chiffre d’affaires aussi. Normalement, les asperges sont récoltées par un contingent de 70 saisonniers, quasiment tous étrangers. Cette année, ils ne sont que 58, dont seize Polonais. Les autres sont français, de tous horizons. Beaucoup viennent du monde de la restauration, un milieu pas si éloigné que ça de l’agriculture, mais d’autres viennent de beaucoup plus loin, comme cette jeune femme, qui travaillait dans le marketing à San Francisco, et qui a préféré rentrer au bercail le temps de l’épidémie… Les aspergeraies semblent être devenues un joyeux melting-pot : il fait beau, il fait chaud, des éclats de rire fusent entre les buttes, le short est de rigueur, les masques et les T-shirt, eux, sont optionnels.

 

 

« Par rapport aux inquiétudes que les agriculteurs ont pu avoir, le système a fonctionné, la main-d’œuvre est au rendez-vous et cela permet de sortir la production quand même. En outre, la grande distribution a pas mal joué le jeu de l’approvisionnement local », estime Jean Rottner. Une analyse que partage en partie Dominique Lux : « Nous avons eu énormément d’appels de gens qui souhaitaient venir ramasser les asperges. » Cet élan de la population vers les champs a été salvateur pour les agriculteurs : « Si on n’avait pas pu récolter, on perdait dix années de résultats », a calculé Dominique Lux. Aussi, même s’il a fallu former toutes ces bonnes volonté à la récolte des asperges, que certains étaient parfois trop éloignés du monde du travail et depuis trop longtemps pour être autonomes et efficaces, c’est mieux que rien du tout.

 

 

Orienter les politiques publiques à bon escient

La visite de la ferme a été suivie d’une réunion avec un certain nombre de responsables professionnels agricoles (Chambre d'agriculture, FDSEA, JA). « C’est le moment de se poser les bonnes questions pour orienter les politiques publiques en matières agricoles », pose Patrick Bastian, président de la commission Agriculture et Forêt de la Région Grand Est. Pour lui, comme pour d’autres, l’agriculture alsacienne aurait tout à gagner à s’orienter davantage vers la production de fruits et légumes. La densité de population élevée, et l’artificialisation des terres qui en découle, sont source de force et de faiblesse. Une force parce que tous ces habitants consomment. Une faiblesse parce que le parcellaire alsacien ne sera jamais celui de la Beauce. Par contre, les terres sont riches et, moyennant quelques investissements, l’eau est accessible en abondance via la nappe phréatique et l’irrigation. Jean Rottner rappelle que la Région travaille sur un plan irrigation, qui balaie aussi bien les systèmes d’irrigation à privilégier, que les conditions de création de bassins de rétention : « C’est un enjeu d’avenir », commente-t-il.

 

 

« L’épidémie de Covid-19 a mis en évidence un certain nombre de dysfonctionnements de l’agriculture française et européenne », constate Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, en préambule de cette réunion. Il s’agit donc d’en tirer les conclusions afin de repositionner les stratégies agricoles, notamment en matière d’emploi et de souveraineté alimentaire. « Mais attention à ne pas confondre souveraineté et autonomie alimentaire. Il s’agit de sécuriser l’approvisionnement en nourriture de la population, tout en préservant la vocation exportatrice de l’agriculture française », précise Franck Sander. Il estime aussi nécessaire d’avancer plus vite sur un dossier qui est sur la table depuis plusieurs années : l’approvisionnement en produits locaux de la restauration collective, ce qui implique de pouvoir privilégier les fournisseurs locaux dans la passation des marchés publics, mais aussi de travailler en amont pour proposer une offre en produits locaux qui réponde aux besoins de la restauration collective, par exemple des fruits et légumes déjà épluchés, découpés…

 

 

Accélérer la modernisation de l’agriculture

D’autres questions ont été évoquées durant cette réunion : la possibilité d’explorer une troisième voie entre agriculture biologique et conventionnelle ; les leviers à actionner pour améliorer la situation de l’élevage en Alsace, et plus particulièrement le fonctionnement du secteur de l’abattage, trop concentré aux mains de quelques-uns ; les moyens à mettre en œuvre pour soutenir la viticulture et la filière brassicole, fortement impactées par la Covid-19, citent pêle-mêle les participants à la réunion. En outre, face au défi climatique à relever, l’agriculture a des solutions à mettre en œuvre (photovoltaïque, petite méthanisation…), et les agriculteurs seront d’autant plus prêts à s’en saisir qu’ils seront soutenus par des politiques d’investissements publics efficaces et cohérentes.

Il n’y aura pas d’annonce fracassante de la part du dirigeant de la Région. Ce jour-là, il est venu pour écouter les praticiens de l’agriculture avant de prendre des décisions - une méthode qui a fait ses preuves mais que certains décideurs semblent oublier - et rassurer : « En mettant en lumière l’utilité des agriculteurs, la crise a incité les consommateurs à les regarder à nouveau avec les yeux de l’amour. Elle a aussi montré que la relocalisation commence à côté de chez soi, un élan que nous voulons encourager. » Il constate aussi que, dans le cadre du Business act post-Covid, engagé par la Région afin de relancer l’économie, « on en vient à parler d’agriculture dans tous les groupes de travail car elle est en lien avec des pans entiers de l’économie, comme la bioéconomie ; il faut donc accélérer sa modernisation ».

 

Libres cueillettes de fraises

La liberté révisée

Cultures

Publié le 20/05/2020

Le printemps estival a bien profité aux fraises d’Alsace. Lilian Boullard, conseiller fraises à Planète Légumes, décrit une floraison groupée, abondante et très précoce : « Nous avons deux semaines de précocité. Une de plus que l’année dernière, qui affichait déjà une semaine d’avance par rapport à une année normale. » Conséquence : il y aura sans doute beaucoup de fraises, mais pas très longtemps. Lilian Boullard estime que la saison devrait durer au plus tard jusqu’au 15 juin. En outre, qui dit floraison abondante, dit souvent petit calibre.

Lundi 11 mai, jour du déconfinement, deux libres cueillettes avaient ouvert leurs portes dans le Bas-Rhin : la cueillette Hartmann à Berstheim et la cueillette Krieger à Haguenau. Elles avaient même pu accueillir les premiers libres cueilleurs quelques jours avant, puisque la préfecture du Bas-Rhin avait autorisé l’ouverture des libres cueillettes avant le déconfinement, moyennant le respect des règles de sécurité, contrairement à la préfecture du Haut-Rhin (lire encadré). Une chose est sûre, le déconfinement tombe bien, car les fraises arrivent doucement mais sûrement à maturité.

 

 

Enfin, sûrement, c’est vite dit : interrogé lundi 11 mai, Olivier Grinner, président de l’association des producteurs de fraises d’Alsace et propriétaire de libres cueillettes à Nordhouse et Erstein, attendait avec angoisse de voir à quel point le mercure allait descendre dans la nuit : « Ça va définir la saison. À ce stade, s’il gèle trop fort, on peut perdre jusqu’à 80 % de la récolte », déclarait-il alors que le vent et la pluie empêchaient certains producteurs de mettre en place des mesures de protection. Au final, « le sud de l’Alsace a été plutôt épargné, grâce à une couverture nuageuse et parce que certains producteurs ont eu la possibilité de couvrir les fraisiers », décrit Lilian Boullard, qui estime que le nord de l’Alsace a pu être davantage affecté. De son côté, Olivier Grinner n’aura finalement eu à déplorer que de « légers » dégâts.

Des fraises et du gel

Reste que les cueillettes ouvrent cette année dans un contexte particulier, alors que la menace d’une deuxième vague de l’épidémie de Covid-19 plane sur une France qui se déconfine : « Chaque cueillette a son propre fonctionnement pour faire respecter les gestes barrière », indique Olivier Grinner. Chez lui, des panneaux rappellent les règles de base, comme le fait de se laver les mains avant d’aller à la cueillette et en rentrant chez soi, de respecter un mètre de distance avec les autres personnes… « Le port du masque est recommandé, et le personnel en est équipé. Une signalétique de déplacement autour des caisses évite aux gens de se croiser, et du gel hydroalcoolique est à disposition », détaille-t-il.

Les premiers producteurs à avoir accueilli du public ne constatent aucun changement dans les habitudes des libres cueilleurs. Pas de ruée, mais pas de désertification non plus. Principal changement : les libres cueilleurs avancent désormais masqués.

 

 

Rendez-vous ici pour trouver des libres cueillettes proches de chez vous : fraise-alsace-libre-cueillette.fr

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