Auteur

Anny Haeffelé

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Industries agroalimentaires alsaciennes

Aria Alsace : ça déménage !

Vie professionnelle

Publié le 09/07/2018

« Depuis deux ans, nous cherchions une adresse pour le Food Studio, accélérateur de l’innovation de l’industrie agroalimentaire alsacienne, explique Manou Heitzmann Massenez, présidente de l’Association régionale des industries alimentaires d’Alsace (Aria). Frédéric Bierry nous a proposé ce plateau de 300 m2. Un endroit magnifique qui offre l’avantage de la proximité avec le Laboratoire départemental d’analyses (LDA) dont nos industries ont grand besoin pour exporter, car il nous délivre des certificats d’analyses conformes aux exigences des différents pays. »

Cette inauguration a servi de cadre à la signature d’une convention de partenariat visant à favoriser les synergies entre l’Aria et le Conseil départemental. Un partenariat qui affiche plusieurs objectifs. Le premier étant de garantir la sécurité sanitaire et la qualité des aliments grâce aux contrôles effectués par le LDA67. Il veut également favoriser l’accès à l’emploi des allocataires du RSA - les entreprises membres de l’Aria Alsace s’engageant à transmettre des offres d’emploi et de formations au Département, en charge de ces publics -, et l’accès aux stages pour les collégiens. Ce partenariat doit également faciliter l’accès à l’alimentation des bénéficiaires des épiceries sociales et développer la pédagogie nutritionnelle à travers des ateliers nutrition santé, des actions d’information, des séances de dégustation, des cours de cuisine. « Le Food Studio est désormais accueilli au LDA, ce qui facilite ces synergies. »

L’agroalimentaire est un pôle fort de la dynamique économique alsacienne, se félicite Frédéric Bierry. « Cette convention nous permettra de renforcer nos liens pour être en soutien de votre démarche, que ce soit à l’international ou au niveau local, par exemple en développant les produits agroalimentaires alsaciens dans la restauration collective. Merci de travailler avec nous sur les enjeux de l’emploi, de lever les obstacles pour coller à la demande des entreprises. » Le président du Conseil départemental ajoute : « Vous avez porté haut les marques Savourez l’Alsace et Savourez l’Alsace Produits du terroir, qui rassemblent aujourd’hui près de 4 000 produits. »

Alsace Qualité

« Composons notre futur, tous ensemble ! »

Vie professionnelle

Publié le 09/07/2018

« À Alsace Qualité, nous avons la force de nos - et de vos - convictions. Notre but est d’anticiper les évolutions pour vous entraîner au mieux vers le futur, un futur que nous pouvons composer, tous ensemble », a indiqué le président Jean-François Vierling en ouvrant l’assemblée générale d’Alsace Qualité, le jeudi 21 juin à Schiltigheim.

Fin 2017, Alsace Qualité comptait 164 adhérents. Un chiffre en constante ascension depuis l’an 2000. Plusieurs collaborateurs, Stéphane Droit, Julie Baehrel et Catherine Wibert, ont rappelé les missions d’Alsace Qualité : accompagner les filières et des entreprises agricoles et agroalimentaires dans leur démarche qualité, mettre en place les cahiers des charges et animer les filières, venir en appui aux structures agricoles PFI et Terra Vitis et œuvrer pour la valorisation des filières et des produits sous signe officiel de qualité. Plus récemment, une nouvelle mission s’est ajoutée : gérer la marque Savourez l’Alsace Produits du terroir.

Alsace Qualité met l’accent sur la communication : conférences, newsletter, magazine permettent aux adhérents d’accéder aux informations essentielles. Elle déploie également les plans d’action qualité au sein des entreprises, organise des formations collectives, ainsi que des audits et des visites conseil. « Nous avons développé un outil d’analyse des risques concernant la protection des aliments contre les actes frauduleux. » À la demande des entreprises, Alsace Qualité intervient également sur des points spécifiques, comme l’étiquetage, le contrôle quantitatif, les allergènes, etc. « 200 demandes ont été enregistrées l’an dernier. »

Améliorer la performance est une préoccupation constante des entreprises agroalimentaires. « Le réseau Reaqi a bien fonctionné : 39 entreprises y ont participé en 2017, soit 24 % des adhérents. » Un chiffre en forte progression. Six nouvelles entreprises ont été habilitées l’an dernier, et d’autres sont sur les rangs cette année. L’accompagnement semi-collectif a porté sur la performance industrielle et les économies de ressources en partenariat avec l’Ademe pour identifier les gaspillages et établir un diagnostic.

Alsace Volaille : deux nouveaux labels rouges

L’animation des filières va de la gestion des comptes à la mise en place des cahiers des charges, en passant par les opérations de communication. Alsace Qualité assure ainsi l’animation de plusieurs ODG (organismes de défense et de gestion) : les Pâtes d’Alsace (IGP et CCP), l’Association pour la valorisation de la charcuterie d’Alsace et l’Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace. Cette dernière a déposé une demande de reconnaissance en IGP (indication géographique protégée) qui a été homologuée au niveau français et qui devrait être reconnue très prochainement au niveau européen.

Alsace Qualité intervient également en appui aux ODG Miel d’Alsace et Alsace Volaille. « Le fait marquant est l’obtention d’un nouveau label rouge pour Alsace Volaille : le poulet jaune fermier élevé en plein air, homologué le 26 avril 2018. » L'obtention du label rouge poulet noir fermier élevé en plein air est elle aussi imminente.

L’association vient aussi en appui à différentes structures agricoles : pour PFI (production fruitière intégrée), elle assure le suivi du cahier des charges Globalgap et Vergers écoresponsables. Elle organise l’opération de communication « Verger ouvert » en août, ainsi que le lancement de la pomme en septembre, en partenariat avec l’Ifla. Pour Terra Vitis, elle réalise notamment des contrôles internes. « Terra Vitis vient de lancer une démarche collective HVE (Haute valeur environnementale).

La valorisation des filières et produits sous signe officiel de qualité passe par la présence dans plusieurs foires et salons, notamment le salon de l’agriculture de Paris et la Foire européenne de Strasbourg, ainsi que l’organisation du concours Jeunes talents et produits de qualité qui a vécu sa 11e édition.

Savourez l’Alsace Produits du terroir : une marque qui fédère

De nouvelles références sont entrées dans la démarche Savourez l’Alsace Produits du terroir. Parmi elles, l’association Agneau Terroir d’Alsace, le raifort nature et l’Elsass moutarde d’Alélor, les jus de pomme bio de la ferme Burger, les tourtes Festein d’Alsace, la choucroute de la choucrouterie Angsthelm, les sirops Klein et Wanner, les bretzels bios d’Alsace de Bretzel Burgard et les miels d’Alsace IGP. Des opérations de communication grand public ont eu lieu tout au long de l’année. Par ailleurs, un site internet dédié (www.terroir.alsace) a été mis en ligne en juillet.

Pour 2018, les perspectives sont bonnes. Le nombre de références accréditées ne cesse d’augmenter : à ce jour, 22 références ont rejoint la marque. Soit au total 900 références, pour 24 entreprises. Au chapitre communication, signalons qu’une soirée blogueuses a été organisée récemment. Par ailleurs, une présence accrue à la foire européenne est prévue. « Mettre en avant le produit 100 % alsacien, tel est le but de Savourez l’Alsace produits du terroir », explique Philippe Boehmler, responsable de la marque. Pour lui, le manger local primera demain dans l’acte d’achat. « Il faudra accélérer le développement des filières pour que la plus-value créée revienne en partie vers nos fermes. »

La profession est unanime pour soutenir la démarche Savourez l’Alsace produits du terroir, a indiqué Denis Ramspacher, vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace. « C’est essentiel pour maintenir la diversité et mettre en valeur nos productions agricoles locales. » Il a félicité Alsace Qualité pour le travail considérable qu’il accomplit pour l’accompagnement, l’animation et la valorisation des filières.

Patrick Bastian, président de la commission agricole de la Région Grand Est, l’a affirmé : « Nous ferons tout, au niveau de la région Grand Est, pour qu’Alsace Qualité puisse poursuivre sa mission et développer une production locale de qualité. Cela permet aux entreprises de se développer et de créer des emplois. »

L'assemblée générale s'est poursuivie par l'intervention d'Agathe Mathey, déléguée générale de LaFoodTech sur le thème « La (r)évolution numérique FoodTech de la fourche à la fourchette ».

Les pommes de terre primeur sont arrivées

Succombez à la tentation !

Cultures

Publié le 05/07/2018

Commercialisée sans délai pour garantir son extrême fraîcheur, la pomme de terre primeur a une peau claire et fine qui s’enlève facilement, sans épluchage, une chair fondante et une saveur délicate. « A Bombomele », selon les propres termes de Roland Schweitz qui produit 110 ha de pommes de terre sous la marque La Bruchoise. C’est sur son exploitation, à Duttlenheim, qu’a été donné le top départ de la saison, mardi dernier, en présence des producteurs, des grossistes et des distributeurs de la région.

Conditionnées en sacs de 1,5 kg et 2,5 kg, les pommes de terre primeur sont reconnaissables à leur emballage différenciant, arborant le logo Fruits et Légumes d’Alsace. Bonne nouvelle, elles sont moins caloriques que leurs cousines, les pommes de terre de conservation : récoltées avant maturité, elles se composent de 85 % d’eau.

La campagne a pourtant mal démarré. L’hiver pluvieux a retardé le début de la campagne : en Alsace, les plantations ont commencé avec 15 jours de retard. Le temps plutôt frais de la mi-mai à la mi-juin n’a pas permis d’obtenir la précocité espérée et les précipitations abondantes de début juin ont obligé les producteurs à arracher les premières pommes de terre primeur à la main. Mais dès la mi-juin, défaneuses et récolteuses sont entrées en action, indique Denis Jung, conseiller spécialisé en pommes de terre de la Chambre d'agriculture d'Alsace.

Une période de commercialisation très courte

Récoltées le matin, les pommes de terre primeur sont lavées et conditionnées dans la foulée pour être livrées aux acheteurs dans l’après-midi. Leur prix plus élevé est amplement justifié, estime Denis Jung, car elles demandent plus d’opérations que les pommes de terre classiques, comme le prégermage, la plantation - et parfois la récolte - manuelle, et ont des rendements inférieurs, variant de 15 à 25 t/ha.

Reste à présent à les mettre en avant dans les étals des magasins et des supermarchés, pour qu’elles puissent pleinement jouer leur rôle dans la saga des produits de l’été. Compagnon idéal des barbecues, « la pomme de terre primeur rassure le consommateur : c’est un légume festif, annonciateur des beaux jours ensoleillés, explique Frédéric Kiehl, président de l’association de promotion de la pomme de terre d’Alsace. Et pour les producteurs, elle contribue à dynamiser l’intercampagne, en attendant la nouvelle récolte de pommes de terre de conservation. »

Afin d’annoncer l’arrivée de la pomme de terre primeur, l’association lance une campagne de communication radiophonique sur deux radios régionales, du 6 au 13 juillet, avec le soutien de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace et la Région Grand Est, indique Frédéric Kiehl. Ces spots régionaux sont accompagnés par une mise en avant des pommes de terre primeur dans les magasins partenaires de l’Ifla, avec affichage, distribution de fiches recettes et animations.

Comme l’a indiqué Pierre Lammert, président de l’Ifla, ce lancement officiel est un moment important, car il contribue au succès de la commercialisation de ce produit 100 % frais, 100 % local. « La qualité est là », a-t-il assuré. Pour sa part, Fabien Digel, directeur de l’Ifla, a invité les producteurs, les grossistes et les distributeurs à venir nombreux, en tant qu’exposants ou visiteurs, au premier salon Passion de nos terroirs, qui se déroulera le mardi 18 septembre à Sélestat.

Choucroute d’Alsace

La reconnaissance européenne, enfin !

Cultures

Publié le 04/07/2018

La rumeur enflait depuis plusieurs jours. Ça y est ! L’IGP choucroute d’Alsace a obtenu la reconnaissance européenne. Le Journal officiel de l’Union européenne a publié mardi dernier le règlement d’exécution (UE) 2018/938 de la Commission du 20 juin 2018 enregistrant la dénomination « Choucroute d’Alsace IGP » dans le registre des indications géographiques protégées.

Jean-François Vierling se félicite de la décision de l’Union européenne qui couronne la persévérance des choucroutiers alsaciens. Cela fait vingt ans que les membres de l’Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace (AVCA) se battent pour obtenir le blanc-seing européen, les autorités françaises ayant homologué le dossier IGP en 2012. « L’obtention d’une IGP européenne permettra de valoriser le savoir-faire régional et de maintenir la production en Alsace », indique le président d’Alsace Qualité.

Laurent Heitz, président de l’Association des producteurs de chou à choucroute, est « heureux de cette reconnaissance européenne qui nous permettra d’augmenter les volumes de production et, à terme, les prix. Heureux aussi de pouvoir proposer au consommateur un produit de qualité avec un cahier des charges et une traçabilité exemplaires. »

Projet Muscari

Prenez-en de la graine !

Cultures

Publié le 04/07/2018

Les travaux scientifiques sur la biodiversité fonctionnelle et l’intérêt des bandes fleuries se multiplient, mais leurs résultats sont difficilement accessibles aux producteurs. C’est dans ce contexte que les chercheurs du projet Muscari (Mélanges botaniques utiles aux systèmes de culture et auxiliaires permettant une réduction des insecticides) ont réalisé une série de suivis sur des espèces botaniques pour élaborer des mélanges adaptés aux conditions pédoclimatiques locales et évaluer les services qu’elles rendent aux cultures.

Encourager agriculteurs, viticulteurs, arboriculteurs à ensemencer les bords de champs, de vignes ou de vergers pour créer des bandes fleuries, telle est la finalité du projet Muscari, présenté par François Warlop, du Groupe de recherche en agriculture biologique. Mais attention, pas avec n’importe quelles fleurs ! Dans ces mélanges, pas de place pour les espèces d’ornement, comme le cosmos ou le pavot de Californie : « Ils n’ont aucun intérêt écologique ». Il s’agit au contraire de privilégier des espèces autochtones, comme le coquelicot, le bleuet, l’achillée, la carotte sauvage, la féverole, la luzerne, etc. « Nous cherchons des écotypes sauvages, plus proches de la nature et plus écologiques car ils attirent les pollinisateurs et les ravageurs des cultures. »

Cinq mélanges différents ont été étudiés dans le cadre du projet Muscari qui a démarré en 2015. Au total, 14 sites expérimentaux ont été mis en place, essentiellement sur la côte Ouest. Les chercheurs ont comparé leur comportement botanique, fait un suivi des insectes dans les bandes fleuries et étudié leurs effets sur les cultures adjacentes. D’une durée de trois ans, ce projet s’achève ce mois-ci par un séminaire à Paris. Une page internet (https://wiki.itab-lab.fr/muscari) permet d’accéder facilement aux résultats de ces recherches et de mieux en comprendre les enjeux. « Nous allons également diffuser une brochure pour expliquer le fonctionnement des bandes fleuries et le résultat de ce projet. »

« Pas juste pour faire beau ! »

« Notre but est de développer des bandes fleuries efficaces, pas juste des mélanges pour faire beau. » L’objectif étant de contribuer à remplacer les produits phytosanitaires en attirant les prédateurs et les parasites des cultures voisines, comme la cicadelle verte de la vigne ou le puceron en grandes cultures et maraîchage. « L’offre de semences fleuries est abondante, mais il s’agit souvent d’espèces exotiques, qui n’ont pas beaucoup d’intérêt écologique, explique François Warlop. Nous avons voulu travailler avec les semenciers pour proposer des mélanges approuvés par les scientifiques. » Des mélanges fleuris « maison », dont les chercheurs ont étudié la vitesse d’installation, le comportement botanique dans différentes conditions pédoclimatiques, avant de faire une évaluation agroécologique.

Les mélanges testés se composent de différentes plantes pour cibler une diversité de phytophages et fournir des habitats stables, des ressources alimentaires et des proies alternatives aux auxiliaires. « Nous avons associé plusieurs familles botaniques, avec une majorité d’espèces pérennes. Des espèces vivaces qui se tiennent dans le temps pour faciliter l’entretien, dont la floraison s’étale sur toute l’année. » On y trouve essentiellement des ombellifères (carotte sauvage, achillée), mais aussi des légumineuses (féverole, luzerne) qui attirent des pucerons spécifiques. Ces mélanges ont été installés à côté immédiate des cultures pour évaluer comment la bande fleurie impacte la culture.

« À partir des résultats obtenus, nous travaillons avec des semenciers régionaux, comme Nungesser Semences dans le Grand Est, pour proposer des mélanges régionaux, labellisés végétal local. » L’un des mélanges testés se détachait du lot. « Nous aimerions encore améliorer ce mélange qui nous semble performant. En collaboration avec Nungesser Semences, nous allons intégrer certaines espèces qui correspondent mieux au Nord Est et en supprimer d’autres. Par la suite, il serait bon que les agriculteurs intéressés puissent bénéficier de subventions pour implanter des bandes fleuries. »

Groupama Grand Est

« Nous voulons jouer notre rôle d’OPA responsable »

Vie professionnelle

Publié le 04/07/2018

Une évolution importante est intervenue au niveau national, annonce le directeur général, Olivier Larcher. « Notre organe de tête va redevenir une entité mutualiste. Notre stratégie est d’être un assureur mutualiste, un statut qui nous permettra d’accueillir des petites mutuelles, confrontées aux exigences de Solvabilité II, pour consolider le pôle mutualiste en France. » Jean Yves Dagès a été réélu à la présidence, François Schmitt, président de Groupama Grand Est, étant réélu président délégué.

Le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de près de 14 milliards d’euros (Md€), dont 5 Md€ à l’international, et dégagé un résultat de 292 M€. « En 2011, notre ratio de solvabilité était trop faible. Désormais, il est de 315 %. Avec près de 9 Md€ de fonds propres, nous avons les moyens de nos ambitions stratégiques. »

« Élargir notre capacité d’assureur »

Les événements climatiques ont pesé lourd dans l’activité du groupe. Grêle sur véhicules, inondations, coulées de boue, dégâts sur cultures, la sinistralité climatique a été très forte. « Il y a eu plus de 300 catastrophes naturelles dans le monde pour un coût de plus de 117 Md€ pour les assureurs (source Le Figaro). Une question se pose : pourrons-nous, demain, continuer à assurer des cyclones comme Irma et Maria aux Antilles, sachant que le réchauffement climatique va augmenter la fréquence de tels événements ? »

Une réflexion est en cours pour revoir le socle climatique de l’assurance récolte, avec les services de l’État. « Établir un socle commun à tous les assureurs permettra d’éviter les bagarres commerciales, estime Olivier Larcher. J’espère que cette initiative pourra être déployée dès la campagne 2019-2020. »

Groupama Grand Est se porte bien. « Nous avons amélioré notre résultat de développement de 12 M€, 2 000 nouveaux clients nous ont fait confiance l’an dernier. » L’assureur a réalisé un résultat net de 24,4 millions d’euros (M€) en 2017. Sa marge technique atteint 159 M€, « un résultat qui dépasse nos objectifs. Du coup, nous avons fait évoluer nos offres : nous avons enrichi notre contrat d’assurance automobile, sans augmentation de tarif. Lors de la location d’un véhicule, Groupama Grand Est prend en charge la différence entre la franchise du loueur qui s’applique en cas d’accident et la franchise du contrat Groupama. »

Bonus à l’irrigation

Bonne nouvelle, Groupama Grand Est va faire évoluer l’assurance multirisque climatique pour les agriculteurs irrigants. « Jusqu’ici, il n’y avait pas de modèle permettant d’isoler tel ou tel péril dans la MRC. Mais dès cette année, nous concéderons une réduction tarifaire de 10 % sur les maïs irrigués. C’est un premier pas pour tenir compte de l’effort de prévention consenti par les agriculteurs. »

Groupama Grand Est est également en discussion avec les caves coopératives. « Dans une logique gagnant-gagnant, nous allons tester un système de participation aux bénéfices. En fonction des résultats des années précédentes, nous appliquerons une réduction de 10 % sur la prime d’assurance. Ces sommes seront réinjectées dans des mesures de prévention. Nous allons tester ce système avec cinq coopératives. S’il donne satisfaction, nous pourrons l’améliorer et l'étendre. Nous voulons jouer notre rôle d’OPA responsable. »

Sinistres climatiques : un coût élevé

Les événements climatiques survenus l’an dernier en Alsace ont coûté 34,20 M€ à Groupama Grand Est. Un chiffre en recul de 28 M€ par rapport à 2016, indique Matthieu Freysz, responsable de la coordination du marché agricole. Le rapport sinistres/cotisations s’élève à 50,1 %, soit 40 points de mieux qu’en 2016. En Alsace, les dommages aux vignes représentaient 60 % du coût climatique sur cultures en 2017 (gelées noires). En grandes cultures, les sinistres sont principalement liés au gel d’avril et à la sécheresse de juillet-août.

Dans le Bas-Rhin, 10 588 hectares de grandes cultures étaient assurés en contrat grêle en 2017 et 63 035 ha en MRC, soit un recul de 4,2 %. Dans le Haut-Rhin, les surfaces assurées atteignaient 14 700 ha en contrat grêle et 48 000 ha en MRC, soit une baisse de 7,3 %. « Certaines exploitations se désengagent du contrat MRC pour se tourner vers l’assurance grêle, en raison de la baisse des rendements historiques et du retard dans le versement des subventions. »

En viticulture, on assiste aussi à une diminution des surfaces assurées. Dans le Bas-Rhin, 336 ha étaient assurés en grêle en 2017, 2 955 ha en MRC. Dans le Haut-Rhin, on relevait 189 ha en grêle, 3 666 ha en MRC. Des chiffres également en diminution. « On constate chaque année une évolution vers les contrats grêle, en raison de la diminution du rendement historique. »

La délicate gestion des viticulteurs mixtes

Des retards importants sont survenus dans le versement de l’aide à l’assurance récolte viticole pour les années 2016 et 2017. Les dossiers 2016 n’ont été traités par les DDT qu’à partir de février 2018, suite à la livraison d’un nouvel outil de gestion. C’est alors qu’elles se sont rendu compte qu’elles ne pouvaient pas verser l’aide à l’assurance récolte aux viticulteurs mixtes. « Afin de permettre aux viticulteurs concernés de pouvoir bénéficier de la subvention, nous leur avons proposé une requalification de leurs contrats, en basculant vers des contrats avec une appellation, de manière à compatibles avec les exigences réglementaires. » Les aides 2016 ont été versées récemment, celles de 2017 le seront durant l'été.

Pour la récolte 2018, Groupama Grand Est a proposé aux viticulteurs mixtes de passer d’un contrat à l’exploitation à un contrat avec une appellation, éligible aux subventions. « 60 % ont choisi le contrat avec une appellation », indique Olivier Larcher. Les autres ont préféré rester au contrat à l’exploitation, au risque de ne plus être éligibles à la subvention. « Cette remise à niveau tarifaire n’est pas de notre fait, c’est un problème réglementaire. »

Rémy Losser enchaîne : « Le système est loin d’être parfait. Des schémas d’assurance revenus, basés sur les cours de marché, sont dans les tuyaux, mais leur coût est beaucoup plus important. » Groupama Grand Est a travaillé avec Dijon Céréales pour élaborer un contrat garantissant les variations de prix. « Nous garantissons les fluctuations de prix à la baisse, dans une fourchette déterminée par la coopérative. Ce contrat est en cours de test dans plusieurs coopératives françaises », explique Olivier Larcher.

Atténuer les fluctuations de revenus

Autre contrat en cours de réflexion, un contrat socle national qui viendrait se substituer aux contrats existants. « Il pourrait y avoir une obligation de s’assurer à ce contrat socle, pour élargir la base assurée et diluer les risques pour les assureurs. » Pour Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, il est important de réfléchir à un système assurantiel permettant d’atténuer les hauts et les bas en matière de prix, afin de minimiser les risques.

D’autres points ont été abordés au cours de cette réunion, comme le renforcement du maillage des conseillers sur le terrain, l’utilisation des nouvelles technologies pour la prévention des risques, comme la sonde à fourrage Haytech, ainsi que l’assurance des installations de méthanisation. « Nous nous sommes organisés en interne pour répondre à ce nouveau risque, a indiqué Stéphane Receveur, responsable développement pour le Bas-Rhin. Nos conseillers agricoles ont été formés sur le sujet et nous avons mis en place un référent expert méthanisation et des conseillers prévention spécialisés. » Rémy Losser poursuit : « Nous avons souhaité apporter les réponses appropriées à ces nouveaux risques et nous sommes leaders sur ce domaine en matière d’assurance. »

Agriculteurs et faune sauvage Alsace (Afsal)

Un nouveau plan hamster en préparation

Cultures

Publié le 04/07/2018

Une nouvelle gouvernance s’est mise en place suite aux changements de statuts adoptés l’an dernier : l’association est désormais régie par un conseil d’administration élargi, représentatif de toutes les zones protégées. Ses membres se sont réunis cinq fois l’an dernier pour se pencher sur la mise en œuvre de la nouvelle MAE et des mesures compensatoires, l’organisation des réunions d’assolement, la prime « terrier », la rémunération de la luzerne, les lâchers de hamsters, les résultats des comptages de terriers. Mais les deux dossiers majeurs étaient le paiement du solde des années passées et de l’acompte 2017, ainsi que le nouveau plan national hamster.

Dans le même temps, une soixantaine de réunions ont été organisées sur le terrain, a indiqué Philippe Osswald, chargé d’animer la mise en œuvre des mesures agricoles. « Sept territoires engagés ont basculé vers le nouveau cahier des charges MAE Hamster, ce qui impliquait la possibilité, pour les agriculteurs, de redéfinir le périmètre d’application de la mesure. » Seules quelques modifications sont intervenues : Altorf a revu son périmètre à la baisse, Dorlisheim et Jebsheim l’ont élargi. Dans les communes de Stutzheim, Offenheim et Hurtigheim, une zone de 476 hectares exclusivement dédiée aux mesures compensatoires (COS) se met en place, de même qu’à Oberschaeffolsheim, où la zone couvre 200 ha. Dans les territoires engagés en mesures collectives, le taux de cultures favorables est relativement stable, à 33 %. « Certains territoires sont plus fragiles que d’autres, comme Dorlisheim, Entzheim, Krautergersheim et Obernai qui frôlent les 25 %. » La vigilance est de mise…

Autre bonne nouvelle, le solde des aides 2015 et 2016 a été versé aux agriculteurs au cours de l’été 2017. Quant au paiement de l’acompte 2017, il est intervenu entre le 9 et le 16 mai. « C’était moins laborieux que les années précédentes. J’espère qu’un tel retard ne se reproduira plus à l’avenir. » Thomas Blum, trésorier d’Agriculteurs et faune sauvage Alsace (Afsal), a indiqué : « Avec les nombreux versements de l’État pour solder les années 2015 et 2016, des sommes importantes ont transité par nos comptes l’an dernier, et nous avons décidé d’externaliser la gestion comptable, avec un suivi par un commissaire aux comptes. »

Dans les prochains mois, le programme s’annonce chargé. Le premier chantier consistera à finaliser l’engagement administratif des territoires qui basculent dans la nouvelle MAE, la mesure Hamster 01 venant d’être validée par la Commission européenne. « Les territoires engagés dans les nouvelles mesures devront semer prochainement un couvert d’interculture composé au minimum d’une graminée, d’une légumineuse et de tournesol, et ce avant le 1er août », a ajouté Annabelle Revel-Mouroz, conseillère à la Chambre d’agriculture d'Alsace (CAA) chargée du projet Life Alister. Elle a présenté les résultats d’un essai à grande échelle de semis précoce de couverts mené l’année dernière, qui montre un intérêt agronomique à cette pratique. « Plus on sème tôt, plus le couvert produit de biomasse et potentiellement d’azote disponible pour les cultures suivantes. » En outre, des suivis sur les parcelles avec des couverts ont montré qu’elles hébergent davantage de carabes, insectes auxiliaires des cultures qui sont des prédateurs des limaces. « Nous avons été étonnés de voir que certaines espèces de carabes capturées sur les parcelles sont très rares ailleurs en France, et que les parcelles agricoles suivies par le projet Alister présentaient un grand nombre d’espèces différentes, ce qui indique une bonne qualité de milieu. »

L’association veut également redéfinir, avec les services de l’État, les mesures et les tarifs des conventions « compensation » à renouveler, pour une meilleure harmonisation. Il faudra en outre prospecter de nouveaux territoires pour mettre en œuvre de nouvelles mesures compensatoires. « Ces mesures compensatoires sont axées dans les zones où les porteurs de projet sont amenés à détruire un milieu favorable au hamster », a souligné Régis Huss, de la CAA. Vu le nombre de projets concernés, l’Afsal se retrouve avec un nombre croissant de compensateurs à gérer. « Cela nous a obligés à nous rapprocher des services de l’État pour mettre en place le même cahier des charges et le même niveau de compensation du nord au sud de l’Alsace et que ce soit pour des mesures compensatoires ou des mesures volontaires de type MAE. Depuis 2018, on va vers un mix entre mesures extensives et intensives, ce qui augmente la demande de surfaces en gestion intensive. » Il s’agit d’engagements sur des îlots de 8 à 20 ha, qui sont entièrement indemnisés à hauteur de 750 €/ha pour mettre en place un assolement diversifié, sans maïs et avec une bande de couvert type « faune sauvage » tous les 72 mètres. Une cinquantaine d’hectares ont été mis en place en 2018 et les financements pour 60 ha supplémentaires sont disponibles pour 2019. Avis aux candidats.

Sur une courbe ascendante

C’est la 19e année que le protocole de comptage des terriers a été mis en œuvre, a rappelé Julien Eidenschenck, de la mission hamster de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). « Une quarantaine de communes ont été prospectées (en priorité dans les zones de protection stricte). Au total, 685 terriers de hamsters ont été comptabilisés. C’est le plus grand nombre de terriers observés depuis 2001 ! Le hamster est ainsi présent sur 2 000 ha. La tendance est nettement en augmentation, il faudra attendre les prochaines années pour voir si cela se confirme » (lire l’article paru dans notre édition du 1er juin 2018, n° 22, page 8).

Le début de l’année 2018 a été marqué par le marathon des réunions de rédaction du futur plan national (PNA) hamster, avec une approche très participative. « J’espère que la voix des agriculteurs, qui ont participé massivement à ces réunions, sera entendue lors de la rédaction de ce plan », a insisté Laurent Fischer. « La rédaction de ce plan, qui couvre la période 2018-2028, est actuellement en phase d’affinage, a expliqué Marie-Cécile Virion, de la Dreal Grand Est. Le 28 juin, une réunion fera le point sur le financement du PNA, avec une estimation du coût de chaque action, avant la validation par le CNPN en septembre. » Pour l’instant, 21 actions sont répertoriées, contre 32 précédemment. Elles se répartissent autour de cinq axes : poursuivre la recherche de pratiques agricoles innovantes pour la biodiversité de la plaine d’Alsace, continuer les expérimentations du projet Life + Alister, préserver et améliorer l’habitat agricole, préserver et renforcer les populations fragiles, et enfin faire connaître l’espèce et les enjeux de sa protection. « La Chambre d'agriculture est copilote, avec le CNRS, de l’axe 1 qui est le plus innovant. » Il consiste à mettre en œuvre des pratiques culturales innovantes favorables au hamster, d’estimer la viabilité économique de ces mesures et leur impact sur la biodiversité. Par ailleurs, elle poursuivra tout le travail d’animation des mesures agri-environnementales.

« La concertation, une stratégie gagnante »

« Grâce à l’implication des agriculteurs, le dossier hamster est sorti du contentieux européen, a déclaré Franck Sander, président de la FDSEA. Ceux qui pensaient qu’une fois que le dossier serait sorti du contentieux européen, les agriculteurs relâcheraient leurs efforts se sont lourdement trompés. Les acquis obtenus, notamment la progression du nombre de terriers, devraient permettre de négocier une position plus souple de l’administration. » Franck Sander a évoqué les tracasseries qu’ont subies les agriculteurs qui ont déposé un permis de construire pour une sortie d’exploitation dans les zones protégées.

Laurent Darley, directeur régional adjoint de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement Grand Est, reconnaît une certaine pesanteur de l’administration dans ce domaine. « Nous allons mettre en place une automaticité pour le traitement de ces dossiers. » Par contre, il s’est félicité des bonnes nouvelles concernant les résultats des comptages et la structuration des filières. « La concertation avec les agriculteurs était une stratégie gagnante. Le travail que vous avez fait a été reconnu, au niveau de l’Union européenne et de la Direction de l’eau et de la biodiversité. » La nouvelle durée du plan de dix ans est une démarche pragmatique, a estimé le directeur régional adjoint. « Cela nous donne de la visibilité et nous permet d’appliquer la stratégie mise en place. » Pour autant, il ne faut pas crier victoire : « Le seuil de viabilité de cette espèce protégée n’a pas encore été atteint ».

Christophe Fotré, directeur départemental des territoires, a renchéri : « En quelques années, vous êtes passés d’une poignée d’agriculteurs convaincus à une collectivité de 150 agriculteurs. La dynamique dans la mobilisation collective et dans la gouvernance pour mettre en place le PNA me semble originale. Originale sur le plan contractuel et opérationnel. »

Station expérimentale fruitière Verexal

Un dragon dans le verger

Cultures

Publié le 04/07/2018

« Nous avons un dragon dans le verger. » Alors qu’une équipe de scientifiques est partie à la recherche du monstre du Loch Ness, à Obernai, c’est une étrange machine qui suscite la curiosité des arboriculteurs. Qu’on se rassure : il s’agit d’une machine permettant de se prémunir des dégâts de gel, explique Hervé Bentz, directeur de la station expérimentale. Le « dragon de brouillard » est équipé d’une chaudière à biomasse alimentée par une botte de paille. L’air chaud produit par la combustion est alourdi en eau et pulvérisé dans le verger. « Cela produit un brouillard chaud (65 °C) qui stagne dans le verger et fait une couverture thermique. » Deux vergers se sont équipés de ce matériel dès cette année, l’un dans les Vosges, l’autre en Allemagne. « Cela leur a permis de sauver leur récolte d’abricot et de pêche. » Et les commandes pleuvent : « La moitié des vergers se sont équipés avec l’aide de la Région Grand Est. »

Il faut dire que le gel printanier de 2017 a sévèrement impacté le verger expérimental d’Obernai, explique Pierre Barth, président de Verexal. « Nous avons pu continuer à approvisionner le magasin de vente en faisant appel à nos collègues moins sinistrés. » Hervé Bentz, directeur de Verexal, précise : « Nous avons dû acheter près de 50 tonnes de pommes. De plus, certaines variétés que nous avons produites nous-mêmes n’étaient pas commercialisables, car elles se sont gâtées très rapidement. Cela nous a permis de voir quelles sont les variétés les plus résilientes, les plus rustiques. »

« Alors que FranceAgriMer fait défaut, la Région nous aide énormément »

« Notre station expérimentale fonctionne grâce au magasin de vente », ajoute Pierre Barth. Il permet en tout cas de réduire la dépendance vis-à-vis des aides de FranceAgriMer, de la Ville d’Obernai, de la Région Grand Est, du Département du Bas-Rhin et de la Chambre d'agriculture d’Alsace, à l’heure où certains financeurs veulent réduire la voilure. « Obtenir des aides de FranceAgriMer s’avère de plus en plus compliqué », indique le président.

Le directeur renchérit : « La technique de dépôt des dossiers FranceAgriMer a changé : il faut désormais présenter des programmes nationaux. Nous avons déposé quatre projets, mais un seul a été retenu. » Cela aura forcément un impact sur le budget de Verexal. « Nous prévoyons aussi une baisse des subventions de FranceAgriMer. Par contre, les autres partenaires devraient maintenir leur niveau d’aides en 2018. »

Pourtant, la station d’expérimentation fruitière est plus utile que jamais, alors que de nombreux produits phytosanitaires - néonicotinoïdes, glyphosate - sont sur la sellette. « Le Verexal est l’outil sur lequel se reposent les techniciens pour conseiller les arboriculteurs. Nous travaillons par exemple sur la sharka, l’éclaircissage et la lutte contre le campagnol. » Verexal s’investit également dans l’agriculture biologique. « La production fruitière bio se développe, indique Philippe Barth. Un verger est en cours de plantation à Innenheim. »

« Heureusement, nous avons le soutien entier de la Région Grand Est qui encourage la diversification vers des cultures à forte valeur ajoutée et les circuits courts. Nous menons notamment un programme avec la station lorraine de l’Association régionale d’expérimentation fruitière de l’Est (Arefe) pour la limitation des IFT ou la réduction de l'usage des produits phytosanitaires par des produits de biocontrôle. » Un plan de filière ambitieux a été mis en place par la Région pour soutenir les producteurs de fruits et légumes, indique Pierre Barth. « Nous en avons besoin pour installer de nouveaux vergers, qui prennent du temps pour entrer en production. » Quant au Conseil départemental, grâce à l’appui de Bernard Fischer, il continue à soutenir les expérimentations menées par la station.

Le programme Interreg sur les parasites invasifs (sharka et suzuki) arrive à son terme, souligne Hervé Bentz. « C’est un dossier complexe en termes de gestion administrative, mais enrichissant au niveau des échanges et des contacts extérieurs. Nous devrions arriver à des résultats intéressants en matière de lutte contre la sharka, mais plus décevants pour la drosophile. »

Des projets d’investissement

« Nos bâtiments sont trop petits et nos machines vieillissantes », poursuit Hervé Bentz. Aussi Verexal se lance-t-il dans un projet de mise aux normes et d’agrandissement de ses locaux. Il prévoit également de procéder à l’entretien des matériels existants et d’investir dans du matériel de désherbage.

Heureusement, l’exercice 2017 s’achève sur un résultat positif de 25 800 €. Une première depuis la création de la station ! De plus, l’emprunt contracté par Verexal pour construire la deuxième chambre froide se termine cette année. « Cela nous permet d’envisager l’agrandissement du bâtiment. » Les investissements prévus en 2018 portent sur une plateforme de remplissage commune à Verexal et Planète Légumes, ainsi que sur l’extension des bâtiments. « Nous projetons d’agrandir la partie la plus récente et de construire une extension de l’ancien bâtiment afin de faire de la place pour Planète Légumes, l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) et l’Adar. » Patrick Bastian, président de la commission agricole de la Région Grand Est, enchaîne : « Nous sommes prêts à vous soutenir dans vos projets d’agrandissement et de construction d’une aire de lavage ».

Les professionnels ont rendez-vous le mardi 10 juillet de 9 h à 16 h au verger expérimental d’Obernai. La thématique portera sur les solutions alternatives aux désherbants chimiques, avec en arrière-plan la réduction des IFT, indique Hervé Bentz. « La disparition des produits de contact va poser des problèmes techniques aux arboriculteurs, les produits racinaires étant sujets au lessivage. » Certes, il existe des solutions alternatives, comme le désherbage thermique au gaz, à la vapeur, à la mousse chaude, ou le travail du sol avec des outils interceps. « La suppression annoncée du glyphosate a suscité une recrudescence de nouvelles machines dont il faut d’abord vérifier l’efficacité avant de se lancer dans un achat », avertit Hervé Bentz. Au programme de cette journée d’information, des démonstrations de pulvérisateurs et d’outils de désherbage, mais aussi des résultats d’essais et un retour d’expérience en ZNA. « Nous découvrirons également des produits alternatifs à base d’acide pélargonique, comme le Beloukha. »

Au conseil d’administration, plusieurs sièges étaient à pourvoir : Daniel Mutschler, Jean-Luc Rott, Christophe Utz, Dominique Wicker, Richard Strub et Régis Rueher ont été réélus. Patrick Bastian, pris par ses autres fonctions, a souhaité mettre un terme à son mandat.

À Strasbourg et à Reichstett

Les manifestants lèvent le camp

Vie professionnelle

Publié le 14/06/2018

« Les premiers manifestants se sont fait déloger ce matin par les forces de l’ordre. À certains endroits, ils se sont retrouvés face à 1 500 CRS. Ce n’est pas le cas ici et nous aurions aimé poursuivre le mouvement, car nous estimons que le compte n’y est pas. » À l’issue de plusieurs heures d’entretien téléphonique avec Christiane Lambert et Jérémy Décerlé, Franck Sander, président de la FDSEA 67, Julien Koegler (JA 67), Étienne Losser (JA Grand Est), et Victorien Lambert (JA 88) ont organisé un débriefing en fin de matinée. Objectif : présenter les (rares) avancées obtenues, à l’issue d’une seconde réunion avec le ministre de l'Agriculture qui s’est prolongée jusque tard dans la nuit.

Le ministre de l'Agriculture a accepté d’écrire noir sur blanc les engagements obtenus, dans un courrier qui n’était pas encore signé au moment du bouclage de cette édition. La plus porteuse d’espoir est, aux yeux des syndicalistes, la remise en route du Corena (comité de rénovation des normes en agriculture) pour étudier l’impact économique des nouvelles normes sur les exploitations, une première réunion étant fixée au 13 juillet. Autre avancée, une meilleure « lisibilité » du volet agricole du grand plan d’investissement de 5 milliards d’euros, avec « un fléchage vers les exploitations agricoles et pas seulement vers les entreprises agroalimentaires ». FNSEA et JA ont aussi obtenu la reconnaissance qu’il existe des distorsions sur les produits, mais aussi sur les conditions de production, dans le cadre des accords commerciaux bilatéraux. « Ils s’engagent à être moteur à Bruxelles sur ce dossier. »

Côté biocarburants, les syndicalistes ont négocié une intervention plus dynamique de la France pour faire baisser les plafonds européens d’importation d’huile de palme dans le cadre de la révision en cours de la directive Red 2, ainsi que la prolongation de 3 à 5 ans des exonérations de taxes sur les biocarburants. Des ouvertures ont également été faites sur la modernisation de la fiscalité agricole, ainsi que sur la relance du crédit CICE d’ici l’automne.

Une belle solidarité !

En revanche, les syndicats n’ont pas obtenu satisfaction sur les charges du travail saisonnier. « Le fait que le gouvernement n’ait pas voulu lâcher de lest sur cette mesure, qui ne représente pourtant que 30 millions d’euros, est symptomatique de la position très dure de Bercy. Les négociateurs se sont retrouvés face à un mur ». Pas d’avancée non plus sur les modifications réglementaires induites par les États généraux de l’alimentation en matière de produits phytosanitaires - glyphosate, néonicotinoïdes, taxes supplémentaires sur les produits phytopharmaceutiques, séparation de la vente et du conseil -, « ce qui induira des impasses techniques et des charges supplémentaires sur nos exploitations. Heureusement qu’on a le contrat de solution - pas de suppression de molécule tant qu’il n’y a pas de solution alternative. »

À sa suite, Julien Koegler, Étienne Losser et Victorien Lambert ont remercié les manifestants pour leur investissement sans faille. « Nous sommes prêts à recommencer, dès demain si nécessaire. Nous pouvons être fiers de la manière dont nous avons réussi à nous mobiliser, au niveau des agriculteurs du Grand Est. »

Au port du Rhin à Strasbourg

Les agriculteurs du Grand Est bloquent le dépôt de carburant

Vie professionnelle

Publié le 11/06/2018

Dans toute la France, des raffineries ont été bloquées, à l’appel de la FNSEA et des JA. À Strasbourg, les agriculteurs ont investi les abords du dépôt de carburants, rue de Rouen. En fin d’après-midi, les tracteurs ont afflué vers le site sous l’œil vigilant des forces de l’ordre. Ils se sont installés aux abords du rond-point qui mène au dépôt de carburant et à la déchèterie. Leur mission était de mettre en place les barrages filtrants pour interdire l'accès du dépôt de carburant aux camions citernes.

Pendant que les aînés montaient la garde à l’abord du site, les plus jeunes ont monté deux grands chapiteaux, qui serviront de dortoir et d’abri en cas d’intempéries. Un campement, certes, mais 4 étoiles. Les agriculteurs ont confectionné un matelas avec les bâches utilisées pour couvrir les tas de betteraves en automne, qu’ils ont ensuite rempli de paille… Côté restauration, tout est prévu également : un barbecue géant, des boissons, et même des fruits et légumes du terroir. Sans oublier le four à tartes flambées, histoire de permettre aux agriculteurs venus des autres départements de déguster cette spécialité alsacienne.

Cette mobilisation nationale a pour objectif est de pointer les incohérences du gouvernement et les distorsions de concurrence dont sont victimes les agriculteurs. Parmi les revendications, on trouve l’interdiction d’importer tout produit ne correspondant pas aux standards de production française, la volonté qu’aucune loi ni évolution réglementaire ne génèrent de nouvelles charges, un allégement du coût du travail et enfin un ciblage du volet agricole du grand plan d’investissement pour accompagner la mise en œuvre des plans de filières dans les exploitations.

Comme l’a asséné Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, lors du congrès des JA : « Commercer oui, exporter oui, importer oui, mais dans des conditions loyales. Et non aux distorsions ! Osons le dire aux consommateurs, n’importez pas l’agriculture que vous ne voulez pas dans vos assiettes. » Jérémy Decerle, président des JA, a étayé ses propos : « Un marché ouvert, c’est bien si les règles du jeu et les charges sont les mêmes pour tous les joueurs ».

 

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