Auteur

Anny Haeffelé

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Banque alimentaire du Bas-Rhin

Donnez, collectez !

Pratique

Publié le 28/11/2018

En 2017, la collecte nationale avait permis à la Banque alimentaire du Bas-Rhin de récupérer 346 tonnes de denrées alimentaires. Vendredi 30 novembre et samedi 1er décembre, 160 points de collecte sont organisés dans les supermarchés et hypermarchés alsaciens. Au total, 6 000 bénévoles sont mobilisés pour assurer la collecte et le tri de ces aliments. « Nous cherchons encore des bénévoles dans certains magasins. Il suffit de nous téléphoner pour être orienté vers le point de collecte le plus proche. »

« Cette collecte nationale est fondamentale pour nous, indique Constant Reibel, le nouveau président de la Banque alimentaire du Bas-Rhin. Elle représente 15 % des 2 600 tonnes que nous avons reçues l’an dernier. Mais surtout, nous essayons de préciser aux donateurs les produits dont nous manquons le plus : conserves de légumes, de viande, de poisson, huile, vinaigre, cacao, miel… »

Les denrées collectées tout au long de l’année par la Banque alimentaire représentent environ 5 millions de repas. Elles sont redistribuées à 42 000 personnes à travers 92 associations. Mais d’où proviennent-elles ? Outre la collecte nationale, 1 600 t de produits sont sauvés chaque année de la destruction grâce à la récupération auprès des magasins (1 100 t), des industriels (300 t) et des agriculteurs (165 t). L’Union européenne y pourvoit également, à travers le FEAD (550 t). La Banque alimentaire ne se contente pas de collecter et distribuer des denrées alimentaires. Elle organise aussi des ateliers cuisine pour mettre en valeur les produits distribués par les associations partenaires, ainsi qu’un chantier d’insertion, avec l’appui du Conseil départemental et de l’État.

Frédéric Bierry, président du Conseil départemental du Bas-Rhin, précise : « On ne meurt plus de faim en Alsace, grâce à l’engagement des associations caritatives. C’est relativement récent ! C’est parce que les forces vives du territoire se sont mobilisées et structurées. » De nombreux conseillers départementaux seront sur le terrain vendredi et samedi prochains, aux côtés des bénévoles, souligne-t-il. « Nous sommes fiers d’accompagner ces personnes dans une démarche de bienveillance responsable. » Lui-même participera à un match de football de solidarité à Schirmeck, samedi matin. En Alsace, 122 000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté. Un phénomène particulièrement criant à Strasbourg. « Cela explique sans doute l’exaspération de nos concitoyens, qui se traduit dans le mouvement des gilets jaunes. »

Le district d’Alsace de football participe à cette opération, indique son président, René Marbach. « La générosité fait partie de l’ADN du footballeur amateur. Nous sommes présents dans de nombreux magasins. Et nous avons lancé une opération pour encourager l’utilisation des réseaux sociaux avec bienveillance : nous avons demandé à nos membres de poster des photos de leur participation à la collecte nationale. »

Les étudiants se mobilisent eux aussi, ajoute Marie George, de l’association étudiante AFGES. Car la pauvreté est un réel fléau dans le milieu étudiant. « Certains vivent la galère tous les jours. Pour leur permettre de s’alimenter régulièrement, nous avons ouvert des Agoraé, des épiceries sociales où ils peuvent s’approvisionner à des prix très bas. » Ces épiceries sont aussi des lieux de vie, où les étudiants souvent isolés peuvent participer à des ateliers, des soirées.

Service élevage de la Chambre d'agriculture d’Alsace

La chevalière Michèle

Vie professionnelle

Publié le 14/11/2018

Pour la remise de la croix de chevalier du Mérite agricole à Michèle Gerst, toute la famille, les amis et les collègues se sont réunis à la Maison de l’agriculture de Schiltigheim, le vendredi 9 novembre. Denis Ramspacher, premier vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, leur a souhaité la bienvenue. Il a souligné la présence des responsables professionnels agricoles, en particulier des présidents des syndicats d’élevage, venus nombreux pour rendre hommage à la récipiendaire. « Michèle est la personne vers laquelle on se tourne spontanément lorsqu’on a un problème, a déclaré Denis Ramspacher. Elle trouve toujours une solution. »

« Ta gentillesse et ton sourire font merveille »

Avec beaucoup d’humour, André Jacob, directeur de la Chambre d'agriculture d’Alsace, a retracé le parcours de Michèle. Originaire d’une famille d’agriculteurs de Wolschheim, elle est l’aînée d’une fratrie de quatre enfants, son frère Benoît ayant repris la ferme familiale. Aide comptable - une formation qu’elle approfondit plus tard avec un bac pro comptabilité -, elle occupe plusieurs emplois dans le privé. Après son mariage avec Patrick Gerst, en 1985, elle donne naissance à un fils, Nicolas, en 1988. La même année, elle est embauchée comme animatrice au Centre départemental des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, l’ancêtre des JA 67, sous la présidence d’Éric Klethi. Cinq ans plus tard, elle intègre la FDSEA du Bas-Rhin, où elle travaille en binôme avec Mireille, sous la présidence de Jean-Paul Bastian, qui a en quelque sorte été son mentor. « Ta gentillesse et ton sourire font merveille pour encaisser les cotisations. Tu deviens rapidement un pilier indispensable pour la FDSEA », a affirmé André Jacob.

Lorsqu’un poste se libère au service élevage de la Chambre d'agriculture (EDE), elle pose sa candidature sur les conseils de Jean-Paul Bastian. Candidature rapidement acceptée par Philippe Caussanel, directeur de l’EDE. C’est dans ces fonctions que Michèle révèle la pleine mesure de ses talents. Elle est l’interlocutrice incontournable des présidents des syndicats d’élevage, qui lui confient sans hésiter l’organisation de leurs assemblées générales, de leurs concours d’élevage. Sans parler du festival de l’élevage de Brumath, dont elle est l’un des piliers de l’organisation, au côté bien sûr du président, Jean Bernhard puis, plus récemment, de Marc Schneider.

C’est Jean Bernhard, ancien président du service élevage et du festival de Brumath, que Michèle a choisi comme parrain. Lui aussi a fait référence à Jean-Paul Bastian : « Il y a bien longtemps, je me suis retrouvé avec lui dans le bureau de Michèle. Ce jour-là, il me dit : « Je constate que toi aussi, pour un travail vite et bien fait, et parfois même délicat, tu viens chez Michèle ». » Quelques années plus tard, Jean-Paul Bastian appuie la candidature de Michèle au poste vacant à l’EDE en ces termes : « On ne peut pas trouver mieux pour dynamiser le service ». « Je pense que tous les présidents de syndicats de race sont d’accord avec moi. » Réunions, voyages d’études, assemblées générales sont vraiment bien préparés et organisés jusque dans les moindres détails. À tel point que lorsqu’on lui demande de préparer une brochure, un dossier, elle répond : « C’est déjà fait, président » !

L’organisation du festival de l’élevage n’a plus de secrets pour Michèle, qu’il s’agisse de passer les commandes, de faire les réservations, de gérer les relations avec les sponsors. À la foire européenne de Strasbourg, elle témoigne du même dynamisme, que ce soit pour organiser la présence de l’élevage, accueillir les visiteurs, ou même nettoyer les animaux, s’il le faut. « Michèle sait aussi mettre en avant le collectif, un sens qui se perd de nos jours, estime Jean Bernhard. Tes capacités d’organisation, ta fibre syndicale et ton esprit coopératif auraient fait de toi une excellente présidente d’OPA. » Avant de lui remettre cette haute distinction, Jean Bernhard a émis un souhait : « J’espère que l’agriculture alsacienne bénéficiera encore longtemps de ton dynamisme ».

Malgré une émotion palpable, Michèle Gerst ne s’est pas laissé démonter. Après avoir remercié son parrain pour « son discours en forme d’éloge », elle a insisté sur les moments forts de sa vie professionnelle, le festival de l’élevage, mais aussi les Terres à l’envers. Toute l’équipe de L’Est Agricole et Viticole adresse à Michèle ses plus sincères félicitations pour cette noble distinction.

Concours national charolais allemand

Thierry Kolb remporte le prix d’honneur génisses avec Numismatique

Élevage

Publié le 13/11/2018

Trois éleveurs de charolais alsaciens ont participé au concours national charolais allemand à Alsfeld : la famille Boehmler (Gaec du Domaine des Charolais à Forstfeld) avec cinq animaux, Ernest Hoeffel (Domaine de Walbourg) avec deux animaux, et Thierry Kolb (EARL Thierry et Hubert Kolb à Riedseltz) avec deux animaux. Ils se sont plutôt bien débrouillés, en particulier les descendants d’Espion, le taureau acheté en commun par le syndicat charolais et l’Association des jeunes éleveurs de charolais en 2014.

Traditionnellement, ce concours est réservé aux jeunes animaux. Mais comme il s’agissait de la 30e édition, les organisateurs ont décidé d’élargir le concept et d’en faire un salon national complet avec toutes les catégories d’animaux (taureaux, vaches avec veaux et génisses). Le jury était composé d’un duo de juges très expérimentés avec Friedrich Averbeck, directeur des races à viande chez Masterrind et responsable du livre généalogique, et Wilfried Zachert, éleveur et président sortant du Verband Deutscher Charolais Züchter e.V. (association nationale des éleveurs charolais).

« Les familles Hoeffel et Boehmler y participent depuis des années. Pour ma part, j’y suis allé pour la première fois il y a trois ans avec une génisse sans cornes, Ludique SC, qui avait remporté le prix d’honneur junior au concours charolais de Wiwersheim. Elle a été désignée réserve championne (Reserve Sieger). » Dans la foulée, elle a décroché le prix d’honneur génisses et remporté le challenge sans cornes au dernier concours Eurogénétique organisé à Épinal. L’an dernier à Alsfeld, Thierry Kolb a emmené trois veaux, dont Nevada, grand prix d’honneur mâle, et Numismatique, grand prix d’honneur femelles au concours charolais de Mietesheim. Les deux ont été sacrés champions à Alsfeld. « Ils ont gagné chez nous, ils gagnent aussi le concours national en Allemagne. » Numismatique a récidivé cette année : après avoir raflé les récompenses à Niederaltdorf (lire l’encadré), elle s’est à nouveau distinguée à Alsfeld en remportant le prix d’honneur génisses. Opium, le deuxième animal présenté par l’élevage Kolb et également fils du taureau Espion, a remporté le prix d’honneur réserve dans la catégorie très disputée des veaux mâles.

L’élevage Boehmler a décroché le prix d’honneur taureau avec Mr Ouille et un premier prix de section dans la catégorie des génisses gestantes avec Lara, une autre fille du taureau Espion. Quant à Ernest Hoeffel, il a présenté Merlin SC, un taureau génétiquement sans cornes de 2 ans qui avait remporté le prix d’honneur junior à Niederaltdorf. Il s’est classé deuxième de sa catégorie. « Les bêtes sans cornes rencontrent un succès grandissant, outre-Rhin, bien plus encore que chez nous, explique Thierry Kolb. Ils représentaient la moitié des animaux participants, cette année. Dans l’ensemble, les animaux cornus sont encore meilleurs en morphologie, mais certains sans cornes n’ont rien à leur envier. »

Cette 30e édition du concours national a donc été une belle vitrine pour la production d’Espion qui est toujours disponible à l’insémination pour les éleveurs alsaciens. Avec un peu de recul, Philippe Boehmler et Thierry Kolb peuvent juger sa production : « Chez nous, il a bien produit. On s’est rendu compte qu’il faut le croiser sur des vaches présentant une certaine finesse de viande et des qualités de race pour apporter potentiel de croissance et développement squelettique à sa descendance. Par contre, sur les vaches très typées élevage, il ne croise pas bien. »

Anciens exploitants du Bas-Rhin

La vieillesse, ça se prépare !

Vie professionnelle

Publié le 13/11/2018

Le maintien à domicile des personnes âgées est l’une des priorités du schéma départemental d’autonomie, mis en place par le Conseil départemental du Bas-Rhin. « Nous voulons participer à ce débat », déclare Paul Schiellein, président de la Section départementale des anciens exploitants (SDAE) du Bas-Rhin, lors de la récente réunion des délégués cantonaux. Pour ce faire, les membres du bureau de la SDAE ont rencontré la directrice de la Maison de l’autonomie, Bénédicte Autier. Un dialogue constructif qui a débouché sur la décision de constituer un groupe de travail spécifique pour les agriculteurs et les ruraux. Cette rencontre s’est poursuivie par la visite du Cep-Sicat à Eckbolsheim. Un espace ouvert qui, sur plus de 1 000 m2, présente une gamme complète de matériels nécessaires pour réaménager le logement afin de préserver l’autonomie de la personne âgée ou en situation de handicap.

Trois priorités ont émergé des réflexions menées jusqu’ici, explique Christiane Bernard, membre du bureau de la SDAE, en charge de ce dossier. Tout d’abord, la prévention et l’adaptation du logement au handicap. « La question qu’il faut se poser est : comment ma maison vieillira-t-elle avec moi ? ». Ensuite, l’aide au répit des aidants : « Comment accompagner ceux qui s’occupent de parents dépendants ? ». Et enfin, la nécessité de mener des actions de sensibilisation et d’information. Du pain sur la planche, donc…

Christiane Bernard s’est également attaquée au dossier veuvage, présenté lors d’une précédente réunion des anciens exploitants. À charge pour les différentes organisations professionnelles agricoles (Mutualité sociale agricole d’Alsace, Crédit Agricole Alsace Vosges, Groupama Grand Est, etc.) d’apporter leur contribution à ce dossier, sous forme de fiche synthétique.

Autre sujet abordé lors de cette réunion, les directives anticipées. Un sujet dont on entendra souvent parler dans les prochains temps. Toute personne majeure peut, si elle le souhaite, faire une déclaration écrite appelée directives anticipées pour préciser ses souhaits concernant sa fin de vie. Elle peut en particulier demander de limiter ou arrêter les traitements en cours, d’être mise sous respiration artificielle, de subir une intervention chirurgicale, ou bien d’être soulagé de ses souffrances même si cela a pour effet de mener au décès. Ce document aidera les médecins, le moment venu, à prendre leurs décisions sur les soins à donner, si la personne ne peut plus exprimer ses volontés. Ces directives ont une durée illimitée. Elles peuvent cependant être modifiées ou annulées à tout moment. Les anciens exploitants y consacreront une réunion pour en débattre, en présence du professeur Marc Berthel. Elle aura lieu le lundi 10 décembre à 14 h à la Maison de l’agriculture de Schiltigheim.

Opération solidarité paille

De la paille de maïs pour les éleveurs d’Alsace Bossue

Vie professionnelle

Publié le 02/11/2018

Tout est parti d’un coup de fil passé lundi soir, la semaine dernière. Christian Schneider, président de la FDSEA du canton de Seltz-Lauterbourg, propose à Mathieu Moog, président cantonal JA, de mettre à disposition une parcelle de 90 hectares de maïs récolté récemment pour presser la paille et l’envoyer aux éleveurs d’Alsace Bossue. Rapidement, tout se met en place. Une poignée de JA du canton, épaulés par leurs aînés, réunissent le matériel nécessaire, contactent les Ets Rudolff de Diemeringen qui leur fournissent un tracteur, le groupe Kuhn de Saverne qui leur prête une presse à balles rondes et le transporteur mosellan Kuechly qui leur accorde un tarif préférentiel. Dès le mercredi, les premières bottes sont pressées, avant d’être rassemblées sur des plateaux et chargées sur des camions avant d’être expédiées. Au total, 600 bottes sont ainsi acheminées vers une quinzaine de fermes d’Alsace Bossue et du secteur de Saverne.

Jeudi dernier, la FDSEA et les JA ont invité les médias à Roppenheim pour relayer l’information. En présence de Didier Braun, vice-président de la FDSEA 67, Guillaume Pfrimmer, animateur FDSEA, Christophe Haas, trésorier des JA 67, et d’une demi-douzaine de jeunes agriculteurs, les responsables de l’opération en ont expliqué les tenants et les aboutissants. « Comme j’ai récolté plus tard que mes collègues, les cannes de maïs sont bien conservées, a expliqué Christian Schneider. J’ai donc mis ma parcelle à la disposition de la FDSEA du Bas-Rhin qui avait lancé un appel à solidarité dans les colonnes de L’Est Agricole et Viticole ». Une solidarité qui va de soi, selon lui. « Nous ne voulions pas que les éleveurs d’Alsace Bossue soient exploités par les marchands de fourrage », a-t-il ajouté.

Christian Schneider a souligné la réactivité des Jeunes Agriculteurs qui, immédiatement, ont répondu présent. « Aujourd’hui, il est là avec cinq autres membres. C’est remarquable dans un canton où il y a peu d’agriculteurs. » Au total, une dizaine de JA se sont mobilisés pour presser, rassembler et charger les bottes de paille. « Cette paille de maïs vient remplacer celle de blé dans les litières », a indiqué Patrick Dietrich, président de la FDSEA du canton d’Alsace Bossue. La sécheresse ayant fortement affecté la production d’herbe et de fourrages dans ces régions herbagères, les éleveurs vont utiliser la paille de blé pour nourrir leurs animaux.

Anciens exploitants du Bas-Rhin

« La retraite à 85 % du Smic reste notre objectif »

Vie professionnelle

Publié le 02/11/2018

Saluant la présence de Jean-Paul Obrecht, président de la SDAE 68, qui était accompagné de Gabrielle Rolli et de René Quintlé, Paul Schiellein, président de la Section départementale des anciens exploitants du Bas-Rhin (SDAE 67), souligne que ces revendications concernent aussi bien les futures retraites que les retraites en cours.

Une proposition de loi en date du 21 décembre 2016 visait à porter de 75 % à 85 % du Smic le niveau minimum des retraites agricoles, rappelle le secrétaire de la section départementale, Philippe Wolff. Quand elle a été examinée par les sénateurs, le 7 mars 2018, le gouvernement a reporté cette augmentation à 2020, arguant que « l’amélioration des petites pensions agricoles ne peut être envisagée indépendamment des autres évolutions qui affectent notre système de retraite ». Le 16 mai 2018, les sénateurs ont repris la discussion, en dénonçant la dure réalité du montant des retraites agricoles. Une fois encore, cette proposition de loi, qui bénéficiait pourtant d’un large consensus, n’a pas pu aboutir, le gouvernement ayant demandé un « vote bloqué », comme l’y autorise la loi.

En dessous du seuil de pauvreté

Devant le blocage persistant du gouvernement, la problématique des faibles retraites agricoles n’a toujours pas trouvé de solution viable, déplorent les anciens exploitants. C’est un mauvais signe envoyé à l’agriculture, estiment-ils. « Qui, aujourd’hui, peut trouver normal après une vie de travail, d’avoir une si faible pension de retraite, dont le niveau moyen est le plus bas de tous les régimes (730 €/mois en moyenne) pour une carrière complète, montant inférieur au niveau vieillesse (803 €/mois) et au seuil de pauvreté (1 015 €/mois) ? »

Autre sujet qui fâche : jusqu’à 2019, les pensions versées aux retraités étaient en principe revalorisées tous les ans sur la base de l’inflation, afin qu’ils puissent conserver leur pouvoir d’achat au fil des ans. Ce principe a été remis en cause par le gouvernement : en 2019 et 2020, le taux de revalorisation sera de 0,3 %. Un indice bien inférieur à l’inflation, estimée entre 1,5 % et 2 %. Pour couronner le tout, la loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2018 a décalé la date annuelle de révision des retraites du 1er octobre 2018 au 1er janvier 2019. Il n’y a donc pas de revalorisation prévue en 2018…

Les anciens exploitants du Bas-Rhin exigent que les retraites inférieures à 1 300 € par mois (moyenne des retraites incluant les complémentaires en France) soient revalorisées du montant de l’inflation et non du taux fixe de 0,3 %. À l’unanimité, ils ont adopté la motion proposée par leurs homologues du Grand Est.

« Pour les retraites futures, nous sommes en parfaite harmonie avec la FDSEA et la FNSEA, souligne Paul Schiellein. Nous demandons que toutes les retraites agricoles atteignent au moins 85 % du Smic, une augmentation qui doit être financée par la collectivité, pas par les actifs actuels. Et qu’elles soient calculées sur les 25 meilleures années de la carrière professionnelle, pour une plus grande équité avec les autres régimes de retraite. » Paul Schiellein espère que le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, prendra en compte ces revendications, qu’il juge d’ailleurs très pertinentes.

La réforme portée par Emmanuel Macron prévoit l’instauration d’un régime de cotisation par points. Philippe Wolff se veut prudent. « Il faudra juguler les effets de revenu : prévoir une assiette minimum de cotisation pour se garantir un minimum de points et de trimestres durant les années difficiles et un accès à une retraite par capitalisation pour les meilleures années. » On le voit, le débat est loin d’être clos…

Sur la ferme Arnaud Metzger à Stattmatten

À la découverte de l’oignon d’Alsace

Cultures

Publié le 12/10/2018

C’est la première fois que l’interprofession organise une journée de promotion de l’oignon sec, « une production peu connue et pourtant importante en Alsace », souligne Pierre Lammert, président de l’Ifla. C’est en 2003 qu’Arnaud Metzger se lance dans la culture de l’oignon, sur une surface de 4 ha. À l’époque, il travaille avec un conditionneur. Cette collaboration s’arrête en 2008. Arnaud Metzger et son père décident alors de fusionner leurs exploitations en créant l’EARL Metzger Arnaud et de conditionner eux-mêmes leur production. Une production qui monte en puissance au fil des ans. La création d’un logo en 2017 marque un tournant : il permet à l’entreprise de se démarquer sur ce marché concurrentiel, mais avide de produits locaux, et ainsi de nouer de nouveaux partenariats. Prochaine étape, la construction d’un bâtiment de conditionnement et de stockage. « Nous sommes à la recherche d’un terrain pour concrétiser notre projet. »

Le saviez-vous ? Il existe deux types d’oignons, les oignons de jours courts et les oignons de jours longs. Les premiers sont semés fin août pour être récoltés début juin. Les seconds sont semés fin février, début mars et sont récoltés de mi-juillet à début septembre. Les oignons de jours longs sont des oignons de conservation qui permettent de faire la jonction jusqu’à la récolte suivante. « Plus les variétés sont tardives, mieux elles se conservent », souligne Arnaud Metzger.

Une bonne bulbaison, clé de la réussite

Les oignons sont semés en planches de quatre à six rangs, souvent en doubles rangs, à une profondeur de 2 cm, précise Anaïs Claudel, conseillère de Planète Légumes qui assure le suivi de cette culture tout au long de l’année. Ils ont un système racinaire superficiel, ce qui rend l’irrigation indispensable. « Il faut obtenir un appareil foliaire suffisamment important pour permettre une bonne bulbaison et assurer ainsi une récolte abondante. » À ce titre, la campagne 2018 s’est révélée particulièrement compliquée. « Nous avons fait douze tours d’irrigation », indique Arnaud Metzger. Et pour implanter la future récolte, l’agriculteur a dû arroser la parcelle à deux reprises, afin de pouvoir préparer le sol et semer les graines dans de bonnes conditions. Du jamais vu, foi de producteur…

Les besoins en azote de l’oignon sont estimés à 200 unités. Les apports sont fractionnés pour apporter l’engrais au bon moment, en particulier au stade 4-8 feuilles et à la bulbaison. Le calcul des doses à apporter se fait sur la base du bilan sortie d’hiver, précise Anaïs Claudel.

Le désherbage est une période très délicate, car l’oignon ne couvre pas le sol et est très sensible à la concurrence des adventices. Les consommateurs étant de plus en plus attentifs à la réduction des produits phytosanitaires, tout est fait pour réduire le recours au désherbage chimique : « Nous préconisons un désherbage alternatif, combinant des interventions chimiques et mécaniques », indique la conseillère. Les principales maladies contre lesquelles doit lutter le producteur d’oignons sont le mildiou, le botrytis, la fusariose. « Ils peuvent détruire complètement une parcelle. » Il existe d’autres maladies comme le thrips. « Dans notre région, la mouche de l’oignon est moins problématique. »

La récolte est entièrement mécanisée. Une fois sortis de terre, les bulbes sont acheminés vers le hangar où ils sont effeuillés, puis triés en trois catégories, avant d’être stockés jusqu’à leur conditionnement en sacs à bande en filet tricoté au logo de la famille Metzger. « Nous employons quatre à cinq saisonniers », précise l’agriculteur.

Programme Life Alister

Mobilisation générale en faveur du grand hamster

Cultures

Publié le 11/10/2018

Conclusion de cinq années de suivi Life Alister : la monoculture, quelle qu’elle soit, n’est pas favorable au grand hamster. Une diversité à l’échelle de la parcelle et à l’échelle du paysage est nécessaire. Mais alors, peut-on continuer à cultiver du maïs en zone hamster ? Pour Laurent Fischer, président d’Agriculteurs et faune sauvage Alsace (Afsal), la réponse est oui. « Nous avons démontré que le maïs, s’il n’est pas en monoculture, est conciliable avec la survie du hamster. » C’était une des grandes revendications de départ, rappelle-t-il. « Notre objectif était de maintenir des productions comme la betterave à sucre, le chou à choucroute, la pomme de terre. La forte plus-value qu’apportent ces cultures est indispensable à la pérennité de nos exploitations qui font en moyenne 40 ha. Or elles exigent des rotations longues. Il faut donc du blé et du maïs dans la rotation. »

Ce qui est remarquable, c’est que tout s’est fait sur la base du volontariat, souligne Laurent Fischer. « Il n’y a pas eu de taxation, pas d’interdiction. » Un tournant dans la gestion de la biodiversité. Pour lui, c’est extrêmement important pour les actions futures : « Plutôt que de stigmatiser les agriculteurs, il faut travailler avec eux ». Au début, pourtant, il a fallu vaincre les réticences. Jeune agriculteur à Krautergersheim, au pays du chou à choucroute, Vivien Ehrhart en a fait l’expérience. Dans son village, le climat était parfois tendu : « Nous sommes dans une zone où le hamster est bien ancré. Mais le refus de le voir se développer persiste chez une minorité d’agriculteurs. Les anciens étaient payés pour éliminer le hamster, aujourd’hui on nous paie pour le sauvegarder, ils trouvent cela un peu aberrant. Il faut avoir du cran pour supporter le regard des autres : je contribue au développement du hamster qui est une espèce nuisible… Heureusement, en tant que JA, nous sommes sensibilisés au maintien de la biodiversité… »

Pas toujours évident !

Il n’est pas toujours facile de concilier production agricole et sauvegarde du hamster. Les essais menés sur le maïs en 2015 l’ont démontré. « Nous avons implanté un semis sous couvert avec de l’avoine, explique Viven Ehrhart. Elle a pris le dessus et le rendement du maïs a été catastrophique. Les railleries ont fusé ! » Mais, souligne-t-il, la majorité des agriculteurs est consciente de l’importance de la préservation de l’espèce et suit avec intérêt les pratiques qui donnent de bons résultats.

Annabelle Revel-Mouroz, conseillère spécialisée en protection des milieux à la Chambre d'agriculture d’Alsace, en convient. « Durant les cinq années du programme, nous avons subi de plein fouet le changement climatique qui a mis à mal les conclusions de nos expérimentations d’une année sur l’autre. Il faut continuer à tester différentes techniques pour les ajuster en fonction des conditions météorologiques, étudier les ajustements à apporter en cas de sécheresse ou de trombes d’eau. » Vivien Ehrhart ajoute : « L’agriculteur ne peut pas lutter contre le changement climatique. J’ai semé des engrais verts le 15 juillet, mais la levée ne s’est produite que deux mois plus tard, laissant les sols nus durant l’été. Il n’y a pas vraiment de solution. »

Pour Anne Gautier, cheffe du service Agriculture de la Direction départementale des territoires (DDT), le maillage de cultures et la diversité des pratiques vont dans le sens d’une meilleure résilience, face aux excès d’eau et de chaleur. « Il faut sortir de la philosophie de la monoculture de certains doubles actifs. »

Le zonage hamster facilite la conversion

Le changement de pratiques a eu un effet induit, souligne Francis Humann, agriculteur biologique. Selon lui, la présence de luzerne et la multiplicité des cultures dans l’assolement facilitent la conversion. « En agriculture biologique, il faut des rotations longues sur huit ans, explique-t-il. Nous n’avons pas attendu la MAE hamster pour nous préoccuper de la qualité des sols. Le semis de Cipan permet d’améliorer le taux de matière organique, nous en avons pleinement conscience, encore plus en agriculture biologique où nous ne pouvons pas apporter d’engrais de synthèse. »

Dès mars 2019, les conclusions du programme Life Alister seront mises à la disposition des autres pays européens, dans la perspective de trouver des solutions permettant de concilier biodiversité et activités humaines, annonce Bernard Gerber, vice-président de la commission environnement de la Région Grand Est. « Cet animal emblématique ne doit pas rester un symbole local, mais au contraire illustrer tous les combats que nous avons à mener pour la biodiversité. »

La Chambre d’agriculture d’Alsace est un partenaire incontournable, souligne Laurent Darley, directeur régional adjoint de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement. « Nous avons besoin du monde agricole pour mettre en place des itinéraires culturaux et poursuivre la sensibilisation à la sauvegarde de l’espèce. Alors que la fin du programme européen se profile, il faut continuer à faire vivre cette communauté de travail. L’espèce se stabilise, les résultats des comptages sont plutôt bons, mais il faut poursuivre les actions pour augmenter la population, notamment dans le cadre du Plan national d’action (PNA) qui sera validé dans les prochaines semaines. Pour la suite, il faudra se tourner vers nos voisins européens. » Un colloque Hamster Work Group, réunissant des chercheurs de toute l’Europe, était d’ailleurs organisé le soir même à l’initiative du CNRS.

Le futur PNA aura une ambition renouvelée, ajoute Laurent Darley. « Il devra être prolongé par un programme financier ambitieux. Je formule le vœu qu’ensemble, avec un outil financier à bâtir, nous poursuivions la sauvegarde de cette espèce particulièrement attachante. »

Pour éviter la prédation à la sortie du passage à faune

Vive l’hamstéroduc !

Pratique

Publié le 11/10/2018

Concilier activité humaine et grand hamster, tel était le thème du deuxième atelier, animé par Yves Handrich et Odile Petit, chercheurs au CNRS. L’urbanisation galopante, la densité du réseau routier et ferroviaire entraînent une fragmentation de l’espace. Elle est l’une des causes du recul de la biodiversité, avec la qualité de la biodiversité végétale. L’Alsace est particulièrement concernée, en raison de sa densité humaine.

Comment remédier à cette fragmentation du paysage qui perturbe le domaine vital du hamster ? L’une des solutions est de placer, pendant la construction des autoroutes, des passages à petite faune qui traversent ces ouvrages pour permettre à ces animaux de gagner l’autre côté de ces ouvrages infranchissables pour eux et très mortifères. « Dans les zones sensibles, on place des grillages petite faune, à l’image des grillages grande faune. » Mais dans les passages à petite faune, circulent toutes sortes d’animaux, parmi lesquels des prédateurs. « Certaines espèces se sont spécialisées pour attendre les rongeurs à la sortie. »

Dans le cadre d’un projet autoroutier, une réflexion a été engagée pour éviter la prédation à la sortie du tunnel. « La Dreal route nous a demandé de participer à cette réflexion. Nous avons proposé d’enrichir les passages à petite faune d’un dispositif anti-prédation pour les micromammifères et les hamsters. » Un tube en plastique ajouré tous les 50 cm placé dans le passage à petite faune et baptisé hamstéroduc. « Il a fallu le tester en laboratoire pour trouver la taille idéale, puis vérifier les résultats en milieu naturel, dans un vrai passage à faune. »

Ce tube anti-prédation permet aux hamsters d’augmenter leur probabilité de passage. Curieusement, les mâles sont plus enclins à l’utiliser que les femelles. « Les individus acclimatés à un stage « nature » répondent mieux. » Autre constatation faite par les chercheurs, les micromammifères utilisent volontiers le tube anti-prédateur… mais les hermines et les belettes aussi ! « Ce dispositif, peu coûteux et simple d’entretien, doit être installé dans tous les passages à faune des zones à hamster et dans les passages inférieurs agricoles », concluent les chercheurs.

Échelon local de Strasbourg

Bientôt un nouveau directeur à la MSA d’Alsace ?

Vie professionnelle

Publié le 08/10/2018

Joindre l’utile à l’agréable. C’est ce qu’ont fait les délégués de l’échelon local de Strasbourg en se réunissant dans les locaux de la coopérative de producteurs Hop’là, le 20 septembre. Ils ont été accueillis par Patrick Messer, président de la coopérative Hop’la, et Daniel Grandemange, responsable des ventes, qui leur ont fait visiter le magasin avant de leur expliquer la genèse de ce projet innovant. Des installations accueillantes, des produits de qualité et un personnel souriant, les visiteurs ont été conquis.

Comme le rappelle Patrick Messer, quatorze exploitants agricoles se sont associés dans une structure coopérative pour créer ce magasin collectif. « Sept ans de gestation ont été nécessaires pour faire aboutir le projet, avec l’aide de consultants extérieurs. Nous avons dû nous former, apprendre à travailler ensemble, à communiquer », explique-t-il. La philosophie de départ est simple et elle n’a jamais changé : « Paysans avant tout, nous ne commercialisons que nos propres produits ».

La structure, par contre, a évolué depuis sa création : aux membres fondateurs se sont ajoutés des dépôts-vendeurs. « Nous allons passer le cap des 50 agriculteurs et viticulteurs », précise Patrick Messer. Cette activité a généré la création d’une cinquantaine d’emplois, dans le magasin et sur les différentes exploitations. « Notre fierté est d’avoir pu installer deux jeunes agriculteurs qui n’auraient pas pu revenir sur l’exploitation familiale sans le canal de la vente directe. »

« Ça bouillonne à Hop’là ! »

Le challenge est permanent : « Nous avons dû remettre en cause notre manière de faire, apprendre à gérer la saisonnalité, la rupture… et l’expliquer à nos clients, avec lesquels nous avons des liens très forts ». Au fil du temps, l’offre s’est étoffée afin de proposer aux clients une gamme plus large de produits locaux et saisonniers. Avec une exigence de qualité irréprochable et de maîtrise sanitaire pour entretenir la confiance. « Nous faisons des audits dans les exploitations qui veulent nous rejoindre. » Dans le même esprit, la coopérative a engagé un chargé de communication pour « éduquer le consommateur, lui expliquer la saisonnalité, répondre à ses interrogations. »

Le conseil d’administration se réunit tous les mois pour valider les orientations stratégiques - la présence de tous les associés est obligatoire. De même, l’agriculteur doit participer à la vente : « La vie du magasin doit être portée par les agriculteurs. Les clients veulent voir du paysan. » Et ça marche ! « Nous avions 200 clients par jour à l’ouverture du magasin, ils sont trois fois plus aujourd’hui. » Déjà, un nouveau projet prend forme : « Nous aimerions aider les exploitants dans la gestion des ressources humaines. Car demain, on ne pourra plus se passer du salariat dans nos exploitations. »

Christelle Jamot monte à Paris

À la MSA d’Alsace, l’actualité est marquée par le départ de la directrice, Christelle Jamot, qui rejoint la Caisse centrale de MSA à Paris le 1er novembre prochain. C’est l’actuelle directrice adjointe, Sylviane Fargeon, qui assurera l’intérim jusqu’à l’arrivée du nouveau directeur, explique Nhan Ton Ta, administrateur de la MSA d’Alsace. Le recrutement est en cours, mais aucun des candidats qui ont été sélectionnés n’a reçu l’aval du conseil d’administration de la MSA d’Alsace. Un nouvel appel à candidatures a été lancé dans l’optique de trouver un candidat dont le profil ferait consensus au sein du conseil d’administration.

Quel est l’avenir de la MSA après la suppression du RSI et la volonté affirmée du gouvernement de tendre vers un régime universel ? De l’avis de tous les délégués, le cas de la MSA est différent, car le régime agricole est apprécié par une grande majorité de ses adhérents. Les arguments en faveur du maintien du régime agricole sont nombreux : guichet unique, fort ancrage territorial, services faciles à contacter, proximité des bureaux décentralisés. Le régime local agricole est également un fort atout, car il est à la fois solidaire et performant.

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