Auteur

Anny Haeffelé

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Festival de l'élevage de Brumath

Une tendre parenthèse 

Élevage

Publié le 17/06/2016

Cette année, les spectateurs sont gâtés, avec pas moins de neuf prestations. Venus de l'EARL de la Colline à Dauendorf. Alexandre, 9 ans, évoque la crise du lait et le dépôt de bilan de Copvial, avec sa sœur Élise, 4 ans. Accompagnés de Madona, un veau de 2 mois, ils font la promotion des produits Alsace Lait et offrent un pot de fromage blanc à Rémy Bierbaum, animateur de cette présentation.

Victor, 4 ans, et Emma 8 ans, viennent de l'EARL du Vieux Moulin-Muller à Hirschland. Ils présentent Miss Red, et ils l'affirment tout de go : « Avec un prix du lait à 273 €/1 000 l, ce n'est pas possible ! »

 La prestation suivante prend des allures de cousinade : un groupe de cinq enfants du Gaec Wilt à Dachstein, avec à leur tête Baptiste, 8 ans, tenant le drapeau français. Normal, avec les deux confrontations européennes du mois de juin, celle des footballeurs et des vaches. « Nous les filles, on préfère les vaches. On s'est entraînées à promener notre préférée, Banania, on l'a tondue et préparée. » « Nous, les garçons, on veut encourager l'équipe de France avec notre tenue et une pizza pour les soirées canapé. » Rendez-vous est donné à Colmar pour soutenir les vaches françaises...

Mathilde Goos, 9 ans, de Blaesheim, présente Malice, née le 11 mars dernier. « Si aujourd'hui, elle fait l'actrice, j'espère qu'elle sera bonne productrice ». Cette cow girl en herbe – son revolver à la ceinture en témoigne - finit sa présentation en faisant faire du saut d'obstacle à Malice, une vraie bête de rodéo.

Julien, Elsa, Leo et Louis, de l'EARL Herzog d'Ettendorf, présentent Magique et Madison, le tout en chanson. Venus de l'EARL Schwartz de Hochstett,  Bastien et Alicia présentent Mafia, un veau de race brune des Alpes, Il faut bien mettre un peu de couleur dans ce concours !

Clara, 7 ans, Elena, 4 ans, deux nièces de Nicolas Strasser d'Oberroedern accompagnent Magnolia, 2 mois. Elles racontent une charmante histoire au public, très attentif. Alexia, Joséphine et Jules sont accompagnés de Cat Manon, un veau montbéliard de l'Esat du Sonnenhof à Bischwiller. Puis Robin Schleifer de Bitschhoffen du Gaec des Deux Collines et son acolyte présentent Maïs, en combinaison verte.

 

Concours de la race simmental

Ibiza est la plus belle vache du jour

Élevage

Publié le 05/06/2016

Pour juger les animaux en concours, Jean Bernhard, président de la race simmental, a fait appel à Thomas Klenk, éleveur dans le Bade-Wurtemberg. Son troupeau de 130 bovins, dont 80 vaches laitières, des simmental naturellement, affiche une moyenne d'étable de 9 000 à 9 500 kg de lait. Il est venu avec son acolyte, Hugo Kurtz. La traduction était assurée par Rémy Bierbaum, technicien Élitest, son collègue, Claude Ettlinger, animateur de la race simmental du Bas-Rhin, assurant le placement des animaux dans le ring.

Une seule section de génisses était inscrite au programme. « La gagnante est donc la championne génisse du concours », précise Rémy Bierbaum. « Nous nous sommes décidés pour Jelina, du Gaec Bernhard à Wœrth, une génisse tout en longueur et en harmonie, indique Thomas Klenk. Ein tolles Rind ! » À sa suite, Idole, de l'EARL Herzog à Ettendorf, « très élégante et longue, avec de beaux aplombs. Elle n'est pas aussi bien tondue que la gagnante, c'est pourquoi elle ne paraît pas aussi jolie. » La troisième est Juvamine, du Gaec Bernhard. « Élégante et moderne, elle a un seul défaut, des trayons surnuméraires. »

Il y a deux sections de vaches en première lactation. Dans la première, c'est Ibiza, du Gaec Bernhard, qui est sortie du lot. « Grande et longue, elle produit plus de 30 kg de lait. Quand elle aura deux veaux, ce sera une belle vache simmental. » Le juge apprécie sa belle mamelle, compacte et bien implantée. « Les trayons sont suffisamment longs pour favoriser la traite automatisée. » Ces qualités lui valent d'être classée meilleure mamelle jeune vache. La deuxième, Irène, du Gaec de la Source à Wickersheim, a elle aussi une belle mamelle, mais un peu moins harmonieuse que la première : « Son attache avant est un peu trop prononcée. » Cassi, de l'EARL Engel à Buhl, se classe troisième. « C'est une belle vache, très productive, avec un beau bassin, un modèle de vache mixte. Comme elle a vêlé depuis longtemps, sa mamelle est un peu moins en état », souligne le juge.

Doublé pour Ibiza

Dans la deuxième section, les juges ont eu du mal à sélectionner la plus belle vache dans le duo de tête. Ils ont finalement préféré Huître, de l'EARL Marzolf à Nehwiller-près-Woerth. « C'est une jeune vache très harmonieuse, très longue, avec de beaux aplombs, garants d'une belle longévité. Sa mamelle n'est pas aussi belle mamelle que celle de la deuxième, mais les attaches sont bonnes, ce qui lui vaut cette première place. » La deuxième, Hôtesse, de l'EARL Fichter à Uhrwiller, a une très belle mamelle, longue et équilibrée. Elle est sacrée meilleure mamelle de sa section. « C'est une très belle vache. » En troisième position, Ibiza, de l'EARL Herzog, est une belle vache, très équilibrée, « mais sa mamelle ne peut pas rivaliser avec les deux premières ».

Décidément, Ibiza a tapé dans l'œil des juges. Sacrée championne mamelle jeune vache, elle décroche dans la foulée le championnat jeune vache. « C'est la vache la plus en forme de ce quatuor. » Ce choix ravit l'éleveur qui affiche un grand sourire. La championne réserve est Irène, du Gaec de la Source, « une très belle vache avec une superbe mamelle, bien irriguée, mais avec des trayons un peu trop écartés. »

Chez les vaches en deuxième lactation, le juge relève un lot de vaches relativement complet, reflet de l'expression de la race. Homelit, de l'EARL Engel, s'arroge la première place. Les qualificatifs ne manquent pas pour la décrire : « Très élégante, très complète, très grande, très fine, elle a une belle profondeur et une mamelle régulière avec quatre beaux trayons ». Une bête en devenir : elle a produit plus de 7 000 litres de lait en première lactation. La deuxième, Harmony, est elle aussi très élégante, très fine. Elle a été sacrée meilleure mamelle de cette section. La troisième est Herasmu, du Gaec de la Source, « une belle vache laitière, très longue, mais avec une mamelle un peu trop pleine ». Thomas Klenk a une mention spéciale pour Hebee, du Gaec Bernhard, « une simmental très en état, la plus « viande » de cette confrontation ».

« Des vaches que l'on a plaisir à regarder »

Abordant le classement des vaches de trois lactations et plus, le juge ne boude pas son plaisir : « De belles mamelles, de belles pattes… Ce sont des vaches que l'on a plaisir à regarder. » C'est Émeraude, de l'EARL Fichter qui se place en tête de cette section. Elle affiche une moyenne de plus de 9 000 kg. « Elle a aussi la plus belle mamelle de sa section, et ce malgré cinq veaux, une belle performance ! » Gouille, du Gaec Bernhard se classe en deuxième position, suivie de Danoise, de l'EARL Herzog. « Très productive, elle a déjà fait cinq veaux et produit 8 000 kg de lait. »

Coup de chapeau du jury à la plus vieille vache de ce concours, Crissy, appartenant à l'EARL Engel. « Bien qu'elle ait fait sept veaux, elle marche encore très bien. C'est toujours sympa d'avoir une telle vache dans son étable, une vache facile à vivre, facile à travailler. »

La tension monte d'un cran à l'approche de l'attribution des titres de championnes. Le championnat meilleure mamelle est remporté par Émeraud, fille de Barnum, qui produit régulièrement 9 000 kg de lait et cumule de très bons taux. Elle a eu cinq veaux, mais elle a la plus belle mamelle, la plus équilibrée. « Une mamelle qui aurait encore été mieux mise en valeur si elle avait été mieux tondue », souligne Hugo Kurtz. Cerise sur le gâteau, Émeraud s'arroge aussi le titre de championne adulte. « Si elle revient dans cinq ans, elle sera toujours parmi les meilleures », pronostique le juge. La réserve est Homelit, de l'EARL Engel.

Pour briguer le titre de grande championne de ce concours simmental, trois vaches étaient en lice, la championne génisse, la championne jeune vache et la championne vache adulte. C'est Ibiza, fille d'Illuminati, qui remporte le titre. C'est la plus belle vache du jour, selon Thomas Klenk. « Très bien tondue, sa mamelle est bien mise en valeur. Très équilibrée, elle donne une bonne idée de la longévité de cette vache. Un animal vraiment super ! »

Le juge prédit un bel avenir à Jelina, du Gaec Bernhard : « C'est à cela qu'une simmental doit ressembler. Mais comme elle n'a pas encore de mamelle, elle ne peut pas être sacrée championne. »

Vient ensuite l'heure de choisir le plus beau lot d’ensemble. Le Gaec de la Source Hatt l'emporte sur l'EARL Engel et le Gaec Bernhard. En conclusion, le juge apprécie l'effort consenti par les éleveurs pour mettre en avant leurs animaux malgré le faible prix du lait.

Crédit Agricole Alsace Vosges

« La saga des Sander ne fait que commencer »

Vie professionnelle

Publié le 01/06/2016

On le sait, les « retraités » ont un calendrier très chargé. Si bien qu'il a fallu attendre fin mai pour pouvoir organiser une cérémonie en l'honneur du président sortant de la Caisse de Crédit Agricole Alsace Vosges… Fidélité au monde agricole, solidarité, engagement, ce sont les trois qualités qu'Henri Buecher a utilisées pour décrire son prédécesseur. Alsacien de naissance et de cœur, Jean-Marie Sander n'est « pas du tout alsacien par son caractère. Il est tout le contraire du Hans im Schnokeloch. » Son parcours exceptionnel prouve, effectivement, qu'il sait ce qu'il veut…

Depuis 1971, cette marche en avant n'a jamais cessé : Jean-Marie Sander gravit tous les échelons du syndicalisme agricole pour devenir président de la FDSEA en 1987. En 1989, il est élu président de la Chambre régionale d'agriculture d'Alsace. Au côté des grandes figures de l'agriculture alsacienne, Joseph Daul, Eugène Schaeffer et Jean-Paul Bastian, il est de tous les combats (on les surnomme d'ailleurs « les Mousquetaires alsaciens »). Pionnier de la relance de la production de houblon en Alsace, il s'investit pour la modernisation et la structuration de la filière.

« Ta réussite ne doit rien au hasard »

Même parcours au sein du Crédit Agricole : président de la Caisse locale de Bischwiller en 1984, il entre au conseil d'administration de la Caisse régionale en 1991, avant d'en prendre la présidence deux ans plus tard. Jean-Marie Sander est l'artisan de la fusion avec les Vosges, une belle réussite. « Sous ta longue présidence, la Caisse régionale s'est renforcée pour devenir un acteur bancaire majeur dans la région. »

L'énergie qu'il déploie, sa détermination, lui valent d'accéder à de grandes responsabilités nationales. Il accède à la présidence de la Fédération nationale du Crédit Agricole en 2003, avant de devenir président du conseil d'administration de CASA en 2010, poste qu'il occupe jusqu'en 2015. Une période difficile, marquée par la crise de la Grèce et des dettes souveraines. « Ton rôle a été déterminant pour remettre le groupe sur la bonne voie, grâce à ton courage et ta diplomatie. » Henri Buecher a poursuivi : « Ta réussite ne doit rien au hasard, mais à ta volonté et ton engagement au service de tes valeurs. Simple et facile d'accès, tu es un président attentif et respectueux des autres, humaniste de culture rhénane par tes valeurs et tes actions. »

Sera-t-il un peu plus disponible pour sa famille ? Rien n'est moins sûr : il préside la Confédération internationale du Crédit Agricole, ainsi que la Fondation Grameen Crédit Agricole, et vient de prendre la présidence du Crédit foncier de Monaco… Une famille qui l'a toujours soutenu dans son engagement professionnel et mutualiste : son épouse Angèle, ses enfants, Anne et Franck. Des enfants « qui sont source de fierté et de bonheur », puisque l'une est députée européenne, l'autre président de la FDSEA du Bas-Rhin, et qu'ils leur ont apporté de nombreux petits-enfants. « La saga des Sander ne fait que commencer », a prédit Henri Buecher.

« Des propos aussi élogieux sont généralement prononcés quand l'intéressé ne les entend plus, a souligné Jean-Marie Sander avec sa modestie habituelle. J'ai eu beaucoup de chance : j'étais au bon endroit au bon moment. » Sous la houlette de Mariette Siefert, Jean-Paul Hammann, André Wicker, « nos prédécesseurs aux JA », une équipe de jeunes agriculteurs s'est formée et s'est retrouvée aux postes clés… Jusqu’à aujourd'hui. « Notre organisation agricole a toujours été admirée, et même enviée, par les autres structures économiques, une organisation pyramidale permettant de former une génération de jeunes dirigeants et de procéder à une répartition intelligente des responsabilités. » De cette longue expérience, il tire un adage : « Dans le département, on discute, au niveau régional on se met d'accord, au niveau national on parle d'une seule voix et au niveau européen on est solidaire de l'Alsace ». Avis à ses successeurs !

Jean-Marie Sander a adoré son « épisode Cesa ». « Président de cette assemblée pendant dix ans, j'ai eu la possibilité de m'exprimer sur tous les sujets, de chercher le consensus, de travailler auprès des présidents du Conseil régional, Adrien Zeller d'abord puis Philippe Richert. C'était un plaisir de fédérer les agriculteurs et les écologistes, le Medef et la CGT, preuve que l'eau et le feu peuvent se conjuguer. »

« Même en rêve, je n'aurais pu y croire ! »

« Mes responsabilités au Crédit Agricole, même en rêve je n'aurais pu y croire ! En 1993, j'ai pris la présidence d'une Caisse fragilisée par la crise immobilière. Puis j'ai poussé à la fusion avec les Vosges à laquelle personne ne croyait et qui est une réussite. Merci au conseil, au bureau et aux directeurs généraux successifs de m'avoir soutenu. Je suis ensuite « monté à Paris », comme on dit en Alsace, pour prendre la présidence de la FNCA. Une période magique, pleine d'expansion, d'acquisitions. Quels magnifiques projets et quelles belles bagarres, avec par exemple l'ouverture du livret A à toutes les banques ! » Autre responsabilité qu'il a assumée, faire l'unité sur le projet des 39 Caisses régionales. « En 2010, je pensais que le moment était propice de m'engager, car le Crédit Agricole était en pleine crise, au fond du gouffre, pensions-nous. » Après la crise des subprimes, il y a la crise économique puis la crise des États. « Il a fallu se séparer de certaines acquisitions, remettre le navire à flot, changer de modèle. J'ai le sentiment d'avoir fait mon job. »

Jean-Marie Sander est fier de son métier d'agriculteur. « Malgré les difficultés, j'encourage toujours ceux qui ont envie de s'installer, d'entreprendre. » Il a remercié son épouse Angèle, « souvent seule comptable et seule à table ». Ses enfants, aussi : « Nous pensions qu'ils ne voulaient pas de cette vie-là, nous nous sommes trompés. Le fruit ne tombe jamais très loin de l'arbre… » Il n'a pas oublié ses cinq petits-enfants, « une grande satisfaction ». Et de conclure : « Pour ce qui est probablement ma dernière intervention, j'ai été un peu long… »

Pour Philippe Richert, président du Conseil régional du Grand Est, le parcours de Jean-Marie Sander est une vraie success story. « C'est l'histoire de la réussite d'un homme, de ses talents et de ses compétences, une histoire de solidarité agricole. C'est aussi l'histoire de la réussite d'une grande institution bancaire qui a su garder ses racines mutualistes, avec un président issu du monde agricole. » Lorsque Jean-Marie Sander a pris la présidence du groupe, la situation était très compliquée. « Cela semble loin aujourd'hui, mais à l'époque, on nous prédisait l'effondrement du système bancaire français, à l'image de ce qui s'est passé dans d'autres pays européens. C'est dans ce contexte que tu as pris la barre. Les pouvoirs publics ont pris les bonnes décisions, la France et l'Allemagne se sont serré les coudes, les dirigeants de banques étaient de qualité », a souligné Philippe Richert. Il a ajouté : « Nous avons encore besoin de toi dans la région pour donner de l'avenir au bon sens ».

Cérémonie inaugurale

Les élus dans le ring

Élevage

Publié le 28/05/2016

En l'absence du maire de Brumath, Étienne Wolf, c'est son adjoint, Jean-Pierre Jost qui a accueilli les nombreux invités venus assister à l'inauguration du festival de l'élevage. « On voit rarement une si belle brochette d'élus », a-t-il indiqué en leur souhaitant la bienvenue. Jean Bernhard, président de l'Union des syndicats d'élevage du Bas-Rhin, a salué la présence de Pascal Cormery, président de la Caisse centrale de la Mutualité sociale agricole, Frédéric Bierry, président du Conseil départemental du Bas-Rhin, Patrick Bastian, conseiller régional, et de nombreux représentants des organisations professionnelles agricoles. Il a évoqué la crise que traverse l'élevage, une crise économique, mais aussi morale, et déploré les caprices de la météo : après la sécheresse de l'an dernier, les pluies de ce printemps compliquent les chantiers agricoles. À cela s'ajoutent les difficultés de Copvial SA. « Si l'abattoir disparaît, la filière viande risque d'être affaiblie. »

Les éleveurs viennent à Brumath pour travailler, se rencontrer, discuter, mais aussi pour faire la fête et apprendre à se connaître, a-t-il ajouté. « C'est ce qui fait que le festival connaît un bel essor ces dernières années, comme le prouve le nombre grandissant de participants. Sous l'impulsion du nouveau président du Syndicat de la race prim'holstein du Bas-Rhin, Jean-François Dintinger, nous avons innové, avec un concours de génisses d'ampleur régionale. Hier soir, 35 jeunes étaient dans le ring pour toiletter leurs animaux. Cela faisait plaisir à voir ! » Jean Bernhard a remercié les nombreux partenaires qui contribuent au succès de cette manifestation : Chambre d'agriculture, Élitest, Costal, Groupama, Crédit Agricole, Crédit Mutuel, L'Est Agricole et Viticole et Radio Liberté, partenaire de longue date.

« Nous devons continuer à y croire »

S'exprimant au nom des organisations professionnelles agricoles Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, a remercié les élus pour leur présence, et leur soutien au quotidien. Malgré une conjoncture difficile et un manque de visibilité, « nous devons continuer à y croire, a-t-il souligné. Cette journée montre l'unité des éleveurs autour de leur métier, cela nous rassure et nous montre que la filière a de l'avenir. » Pour lui, le succès du plan bâtiment est la meilleure preuve : 130 dossiers ont consommé l'ensemble de l'enveloppe. « Toutes les collectivités doivent faire un effort financier pour répondre aux attentes des éleveurs », a-t-il affirmé.

Concernant l'abattoir de Holtzheim, la recherche d'un repreneur suit son cours. « À nous de créer un groupement pour collecter les animaux et garantir la continuité de l'approvisionnement. » En ce qui concerne les pertes financières subies par les éleveurs, Franck Sander a indiqué que tout devait être mis en œuvre pour en réduire l'impact. Les garanties de paiement seront respectées a-t-il assuré. « Même si les temps sont durs, à nous de faire en sorte d'assurer la continuité de la chaîne, du producteur au consommateur. »

Patrick Bastian, conseiller régional, reconnaît que le dossier de l'abattoir est de loin le plus délicat. « J'espère qu'on trouvera rapidement un repreneur pour cet outil indispensable pour assurer la pérennité de la filière. La Région sera au côté du repreneur, mais aussi des éleveurs qui ont subi des pertes financières. » Le Conseil régional a signé un pacte sur la ruralité, autour de plusieurs axes : le haut débit, un chantier qui est en train de démarrer ; les céréales, avec les investissements qui seront réalisés dans le port de Metz ; les circuits courts ; l'installation des jeunes. « 2016 a été l'addition des budgets régionaux. En 2017, nous irons vers une convergence pour insuffler du dynamisme à cette grande région agricole. » Concernant le plan bâtiment Patrick Bastian s'est félicité qu'il y ait encore une envie d'investir. « La Région s'efforcera de régler les dossiers les plus urgents. »

L'agriculture fait partie de l'ADN de l'Alsace, a affirmé Frédéric Bierry. « Nos compétences ont changé, nous n'avons plus le droit d'aider l'agriculture en direct. Nous souhaitons continuer à soutenir la Chambre d'agriculture dans ses projets, nous trouverons les moyens d'être vos partenaires malgré un contexte budgétaire différent. Nous avons la chance d'avoir des jeunes qui veulent investir, qui y croient, nous trouverons des solutions pour être à leurs côtés. » Tous les partenaires doivent se serrer les coudes pour trouver une solution pérenne pour l'abattoir, a-t-il déclaré en ajoutant : « La filière agroalimentaire alsacienne est géniale. Nous avons des producteurs de talent, des professionnels des métiers de bouche de haut niveau, des industries agroalimentaires dynamiques. Il faut tout faire pour continuer à soutenir cette dynamique partenariale. »

Domaine Pierre et Frédéric Becht

Dédicace à Lætitia

Vigne

Publié le 25/05/2016

« Nous ouvrons nos portes tous les trois ou quatre ans, dans l'objectif de faire découvrir nos vins sous l'aspect accord mets-vins, indique Frédéric Becht. Nos clients connaissent nos vins, mais ils ne savent pas toujours comment les accorder. » Samedi 21 mai, par une magnifique journée, le domaine Becht a aménagé un parcours gourmand dans ses chais, en partenariat avec deux fermes bas-rhinoises, le Gaveur du Kochersberg-Nonnenmacher à Woellenheim et la ferme Vogelgesang-Jost à Dorlisheim, ainsi que le chocolatier Théo Schreiber, qui a pignon sur rue à Strasbourg mais dont l'atelier est à Dorlisheim. Plusieurs ateliers ont ainsi permis de déguster les crémants, les vins de cépages, les vins de terroir et les « douceurs », en association avec des produits du canard, des fromages, des chocolats, etc.

L'occasion était idéale pour présenter officiellement « Dédicace à Lætitia », la cuvée spéciale de la reine des vins qu'une poignée de privilégiés avaient pu vendanger en septembre dernier sur les hauteurs de Mutzig. C'est un assemblage de muscat, de riesling et de gewurztraminer, indique Lætitia, employée au domaine Pierre et Frédéric Becht où elle assure la réception des clients au caveau et la préparation des commandes. « Sur la base du commentaire de dégustation que nous avons réalisé, l'imprimerie Freppel a conçu une étiquette spéciale, avec trois couleurs - jaune, vert et rose - qui reflètent les trois cépages. » Il a été embouteillé dans une bouteille transparente pour mettre en valeur sa couleur, particulièrement belle.

Un crémant Divine Sensation

D'autres « trouvailles » étonnantes émaillaient ce parcours gustatif. À commencer par une série de bulles, dont un crémant extra-brut à base de chardonnay, et une cuvée Divine Sensation. « Pour élaborer ce crémant, nous récoltons les raisins à 12,5 ou 13 °, donc avec une acidité et des arômes plus mûrs, explique Frédéric. Nous arrêtons la fermentation dès qu'il reste 22 g de sucre pour la prise de mousse. La fermentation continue après la mise en bouteille, sans ajout de sucre. Cela nous permet de faire un élevage plus long, en général de 36 mois. » Avec au final un crémant plus gras, plus riche, plus gastronomique car il est plus facile à accorder avec des plats. « Nous en faisons depuis 2009, mais pas forcément tous les ans. » Autre nouveauté à découvrir, le pinot gris Clémence, du nom de la fille de Frédéric et Christine Becht. « Nous cherchons aussi à mettre en avant les lieux-dits, comme le Stierkopf de Mutzig, dans l'objectif d'obtenir un classement en appellation premier cru », ajoute Pierre Becht.

Le domaine Pierre et Frédéric Becht exploite 22 hectares de vigne en production. Outre le patron de l'entreprise, Frédéric, il emploie cinq salariés. « Mes parents sont à la retraite, mais ils sont toujours très actifs », confie Frédéric. En 2009, le domaine s'est équipé de pressoirs entièrement pneumatiques De Franceschi. « Nous venons aussi d'acquérir un nouveau filtre lenticulaire. Auparavant, toutes les opérations de filtration se faisaient avec un filtre kieselgur. Avec le filtre lenticulaire, nous pouvons filtrer des vins plus chargés, plus troubles, et faire des élevages sur lies beaucoup plus longs. C'est un filtre que nous avons fait faire sur mesure par la maison Gauthier, pour qu'il soit facile à utiliser et que la qualité de filtration soit supérieure à ce que nous avions auparavant », explique Frédéric.

Concours régional de génisses prim'holstein

C'est qui la championne ? C'est Wilt Quiqui !

Élevage

Publié le 24/05/2016

« Nous accueillons les membres du Club Holstein 68 avec leurs génisses, et nous leur rendrons la pareille au mois d'octobre à Habsheim avec nos vaches », explique Rémy Bierbaum, technicien à Élitest, qui anime ce concours. Jean-François Dintinger, président du Syndicat de la race prim'holstein du Bas-Rhin, a demandé à Bruno Toussaint, éleveur belge, de départager les concurrents.

« Un juge, un ring man, un coup d'œil, un signe de la main… Les éleveurs ont les yeux rivés sur le juge et font tout pour mettre en valeur leur animal », ajoute l'animateur. Au côté des routards de cette activité, on trouve des jeunes qui en veulent. Les explications du juge sont précieuses, car elles permettent aux concurrents de savoir pourquoi leur animal n'est pas parmi les premiers de la section.

Ce sont les génisses de 5 mois qui ouvrent le défilé. Le juge relève « le très bon niveau de cette série de jeunes génisses, qui présentent toutes un style laitier ». Deux animaux se détachent aisément du lot, « avec beaucoup de longueur ». La première est Louisa du Neuhof, une génisse haut-rhinoise appartenant au Gaec Gutzwiller de Michelbach-le-Haut. Elle se distingue pour « la solidité de son dessus, l'harmonie de son épaule, une meilleure position de ses membres, la profondeur de sa côte arrière ». Sa présentatrice, la jeune Alicia, « a fait une superprestation la veille », souligne Rémy Bierbaum. La deuxième de cette première section est Romane, du Gaec Wilt de Dachstein. Lucky Faith, de l'EARL Schwartz de Hochstett, se classe troisième.

Dans la deuxième section, le juge repère un très beau trio de tête. La première est Lilou, de l'EARL Schwartz. Le juge lui trouve un style laitier, une belle longueur dans toutes ses parties. « Je la préfère à la génisse en deuxième position, Lumineuse du Neuhof, du Gaec Gutzwiller, même s'il y a plus de force et de largeur dans cet animal ». Lumineuse présente à son tour plus de taille, de longueur, de solidité du dessus que la troisième, Lorelei du Neuhof, du même élevage. Précision de Rémy Bierbaum : « Le père de Lorelei est le taureau Yorick, dont la semence est actuellement disponible dans la cuve des inséminateurs ».

806, championne junior

Dans la troisième section, les animaux se caractérisent par la finesse de leur ossature, une ouverture de côte supérieure, la finesse de leurs membres, le dégagement de leur encolure. Linda, du Gaec Butsch de Ranspach-le-Haut, « une génisse mouchetée », prend la tête du classement par la qualité de son déplacement, son ouverture de côte, la finesse de son ossature. Prinz Arkansas, de l'EARL Prinz à Hausgauen, arrive deuxième. « Elle se déplace bien, a un très bon positionnement. » Et une maman hyperproductive, ajoute Rémy Bierbaum, puisqu'elle a donné 15 000 kg de lait en troisième lactation. À la troisième place, on trouve Love, du Gaec de la Mossig à Wangen, que le juge apprécie pour sa grande puissance.

Dans la quatrième section, les animaux arrivés en tête ont plus de dimension, d'ouverture de côte, de finesse dans l'ossature, précise Bruno Toussaint. La 806, du Gaec de Wittelsheim, à Wittelsheim, est « la gagnante facile de cette section : elle est laitière du bout de son museau jusqu'à l'arrière de sa queue ». Elle a de bons membres, une belle ouverture de côte, de la longueur dans toutes ses parties, de la largeur dans l'avant-main, une belle finesse dans l'ossature, de la dimension et de la puissance. La deuxième est une génisse rouge, Prinz Tornade, de l'EARL Prinz, la troisième est Lydie, de l'EARL Schwartz.

Huit génisses sont revenues dans le ring pour prétendre au titre de championne junior. « Trois animaux ont dominé le championnat, des animaux comme je les aime avec assez de dimension et de puissance et beaucoup de caractère laitier. » Ce trio de tête s'appelle 806 (« beaucoup de longueur, style laitier, bonne inclinaison de bassin, beauté des ischions »), Linda (« beaucoup d'harmonie, largeur dans son avant-main, solidité du dessus ») et Louisa du Neuhof (« dimension, finesse dans toutes ses parties, profondeur de côte, dégagement dans l'encolure »). Le juge a fait durer le plaisir, avant de désigner 806 comme championne junior et Linda comme réserve.

Avec la section 5, on passe dans la classe senior. Avec un très beau trio de tête, une fois encore. Des génisses un peu différentes, mais qui survolent cette section. Wilt Anastasia, du Gaec Wilt à Dachstein, se classe première. Elle se détache par une belle longueur dans ses parties, sa supériorité au niveau de son épaule, mieux soudée. « Il y a énormément de morphologie dans cet animal-là. » Derrière elle, 797, du Gaec de Wittelsheim, dont la mère a produit près de 13 000 kg de lait en troisième lactation. « Un très grand bravo pour Lavande, du Gaec Goos à Blaesheim, qui arrive troisième. Une exploitation qui, pour sa première sortie, fait tout de suite un podium », souligne Rémy Bierbaum.

Doublé gagnant pour l'élevage Wilt et le Gaec de la Cigogne

L'après-midi se poursuit avec « des animaux bien avancés, beaucoup de largeur, de dimension ». Deux animaux survolent cette sixième section : Wilt Quiqui et Wilt Lisa. « Wilt Quiqui a beaucoup de dégagement, de largeur dans son cou, de longueur dans son avant-main. » C'est un animal qui combine morphologie et production : sa mère a pratiquement produit 10 000 kg en deuxième lactation, précise Rémy Bierbaum. Wilt Lisa se distingue par sa solidité du dessous. Son père est un taureau né dans l'élevage Wilt, Wilt Leader. En troisième position, on trouve DLC Léonie, appartenant au Gaec de la Cigogne à Wolfisheim, « une génisse très longue et très puissante ».

La septième section se caractérise par une plus grande hétérogénéité, au niveau de l'état de chair, de la qualité des membres, souligne Bruno Toussaint. Encore un doublé gagnant, cette fois-ci pour le Gaec de la Cigogne, avec DLC Jolidy et DLC Jorrie. Jolidy « se distingue par sa longueur de corps, sa force au niveau de l'avant-main, son style laitier ». Chez Jorrie, le juge relève « la puissance, la largeur, la profondeur de côte, la longueur, la force ». En troisième position, on trouve Jenny TH, du Gaec du Tilleul à Traubach-le-Haut, « une génisse très ouverte ».

Dans la section 8, Jasmina, de l'EARL Schwartz, a « beaucoup de longueur, de dimension, de style laitier ». Jessie de l'EARL des Cigognes-Winckel à Hochfelden, se détache par la longueur dans son cou, la finesse de l'ossature, et Jolie, du Gaec Dintinger de Weislingen, est une génisse très puissante qui s'était arrogé le championnat l'an dernier.

La consécration pour Wilt Quiqui

Huit animaux étaient en lice pour le sacre de la championne génisse senior. « Les trois animaux qui se démarquent allient longueur, dimension, style laitier, comme je les aime. Elles se déplacent avec de très bons membres. » L'occasion de mettre à l'honneur le Gaec Wilt, qui réalise un très beau triplé. Wilt Quiqui l'emporte grâce à sa longueur, son ouverture de côte, la solidité de son dessus, de son épaule, sa largeur globale, son style laitier. Elle est suivie de Wilt Anastasia, un animal au style laitier, et Wilt Lisa, « une génisse blanche que j'aime beaucoup ».

Puis vient le moment tant attendu d'élire la grande championne. Le trophée, offert par Prim'Holstein France, revient à Wilt Quiqui. « Une belle largeur de bassin, une grande ouverture de côte ont fait la différence entre les deux demoiselles », explique Bruno Toussaint. Le Gaec de Wittelsheim remporte le titre de championne réserve avec 806. Commentaire du juge à l'issue de cette confrontation : « Je savais que j'allais trouver de bons animaux, je n'ai pas été déçu ! »

Chambre d'agriculture d'Alsace

SIA 2016 : l'heure du débriefing

Vie professionnelle

Publié le 22/05/2016

C'est sur le plus ancien site brassicole français, la brasserie Meteor à Hochfelden, que les exposants alsaciens se sont réunis, à l'invitation de Stéphane Janus, responsable communication de la Chambre d'agriculture d'Alsace. Plusieurs représentants de la Région Grand Est se sont joints à eux, en particulier Pascale Gaillot, présidente de la commission agriculture, forêt et agroalimentaire de la Région Grand Est. Elle a exprimé la satisfaction des élus du Conseil régional, à commencer par le président Philippe Richert, de voir comment les exposants ont véritablement joué le jeu de la nouvelle région. « Quand je suis arrivée le samedi soir, j'ai été frappée par la bonne ambiance qui régnait entre vous, Alsaciens, Lorrains et Champenois, et ravie que vous ayez trouvé, pour certains d'entre vous, des complémentarités. »

« Construire ensemble 2017 »

Désormais, il faut « aller plus loin dans l'illustration de ce qu'est la région Grand Est », estime Pascale Gaillot. La région compte 2 000 entreprises agroalimentaires qui méritent d'être accompagnées, mises en avant, développées, à des échelons divers. « Cela fait partie de la stratégie du Conseil régional, et en particulier de la commission agriculture, forêt et agroalimentaire. Le vice-président en charge de l'agriculture, Philippe Mangin, et tous les élus agricoles, Patrick Bastian, Laurent Wendlinger et Daniel Gremillet, sont animés de la même volonté de développer l'agroalimentaire. »

Mélanie Rideau, directrice des ventes de Comexposium, organisateur de salons en France et Isabelle Seck, responsable commerciale pour les Régions de France et d'Outre-Mer, ont fait le bilan de cette édition 2016 qui a accueilli 1 050 exposants. Les treize pavillons des Régions de France ont regroupé 433 exposants, dont 19 exposants alsaciens. Le Salon international de l'agriculture 2016 se caractérise par d'énormes retombées de presse, une cinquantaine de visites officielles et une communication digitale accrue par rapport à 2015.

Particularité de cette édition 2016, les Régions de France étaient réparties dans deux halls, le hall 3 et le hall 7.1. « En 2015, toutes les régions étaient réunies dans le hall 3, mais cela avait engendré des problèmes de circulation dans les allées. » Une partie des régions a donc été transférée dans le hall 7.1 qui était en travaux. « Des passages ont été aménagés entre les deux halls pour faciliter la circulation des visiteurs. » Mais apparemment, cela n'a pas suffi…

Voir les animaux, se divertir, découvrir de nouveaux produits

Dressant un profil des visiteurs, Isabelle Seck a indiqué que 59 % sont venus de la région Île de France, 39 % du reste de la France et 2 % de l'étranger. 50 % ont visité le salon en famille, 45 % d'entre eux étant accompagnés par des enfants. Fait intéressant, 53 % des visiteurs ont fait des achats pour un panier moyen de 91 €, en nette augmentation. Pour 41 % d'entre eux, c'était leur première visite au salon de l'agriculture. 39 % des visiteurs avaient préparé leur visite sur le site web du SIA. Le taux de satisfaction des visiteurs est élevé : 97 % se déclarent satisfaits, dont 55 % très satisfaits. 82 % d'entre eux pensent revenir visiter le salon en 2017. 86 % viennent pour voir les animaux, 84 % pour se distraire, 97 % sont satisfaits de l'ambiance générale.

Avant de présenter les résultats de l'enquête de satisfaction des exposants, Isabelle Seck a précisé que la moitié des personnes ayant répondu au questionnaire sont des exposants des régions. 66 % sont satisfaits, dont 17 % très satisfaits. 75 % sont satisfaits de l'organisation et ont l'intention de revenir sur le salon. 80 % sont satisfaits de la qualité des visiteurs, mais seulement 57 % du nombre de visiteurs sur leur stand. Pourquoi participent-ils à ce salon ? Les exposants viennent globalement pour renforcer leur image, leur notoriété (70 %). 59 % des exposants communiquent sur leur participation au SIA à travers leur site internet, 47 % envoient des invitations au SIA à leurs clients. « L'an prochain, nous envisageons d'aménager une entrée spécifique pour les visiteurs professionnels et nous avons créé un fichier spécial pour eux, avec la possibilité de se faire enregistrer à l'avance », a indiqué Mélanie Rideau.

L'organisation générale a respecté le nouveau découpage des régions, a souligné Stéphane Janus. « Tout en matérialisant le contour de la nouvelle région Grand Est, nous avons fait le choix de conserver des chartes graphiques distinctes pour chaque territoire. » La coordination a été assurée par les référents historiques des trois régions. Certains exposants ont cependant exprimé le souhait qu'une personne clairement identifiée soit chargée de la coordination, à l'avenir. Du fait de la répartition des exposants sur deux halls, les flux de visiteurs ont été revisités. Plusieurs faits marquants sont à souligner : la réalisation par Champagne-Ardenne d'une plaquette Région Grand Est avec l'ensemble des exposants des trois territoires, un restaurant aux Saveurs du Grand Est mariant les produits des trois terroirs et, sur le stand Alsace, la venue d'un nouvel exposant, la choucrouterie Claude de Chavannes-sur-l'Étang.

En une série de photos, Stéphane Janus a fait un tour d'horizon de cette édition 2016 sur l'espace Grand Est. Le passage de la reine des vins d'Alsace sur l'ensemble des stands a suscité beaucoup d'intérêt. L'animation de l'espace a été assurée par un animateur micro secondé par trois professionnels, un vigneron sommelier champenois, un fromager vosgien et un restaurateur alsacien. Différentes animations ont été organisées : un parcours olfactif ouvert tout au long du salon, une découverte des bières pour présenter les savoir-faire brassicoles et la prestation du groupe folklorique de Berstett. Les élèves du lycée hôtelier Eiffel ont travaillé en tandem avec les animateurs, un partenariat très fructueux, a confirmé Stéphane Janus qui a souligné l'implication de l'équipe enseignante.

Il était possible d'accueillir des prospects sur l'espace Prestige, avec des vins d'Alsace, des champagnes et des vins de Lorraine. Lors de la journée officielle, les allées du stand étaient noires de monde, avec les délégations des trois régions. Côté presse, « les nouveautés et les médailles ont été très bien perçues. » Une veille presse a permis de vérifier que 6 chaînes de télévision ont réalisé 29 reportages, 6 journaux 63 articles, 2 chaînes de radio 8 reportages, et 1 chaîne web 1 reportage. Au total, 101 reportages ont couvert la participation de l'Alsace au SIA.

Préserver l'identité de chaque territoire

94 % des exposants alsaciens ont répondu à l'enquête de satisfaction réalisée par la Chambre d'agriculture d'Alsace. On constate une nette érosion de l'indice de satisfaction globale. 55 % des exposants sont moyennement satisfaits de cette édition 2016, alors qu'ils étaient plutôt satisfaits en 2015. 72 % d'entre eux n'ont pas atteint leur objectif de chiffre d'affaires. « L'emplacement des stands a eu une incidence forte, cette année » : les espaces au cœur des territoires ont eu plus de mal à avoir une bonne activité économique, ceux qui étaient situés en périphérie ont beaucoup mieux marché. Stéphane Janus a relevé le taux élevé de satisfaction concernant l'organisation : 89 % pour la Chambre d'agriculture, 83 % pour le montage Rhin'nove. « Quelques points d'amélioration ont été identifiés. »

Pour 2017, les exposants ont été unanimes : les régions qui ont une proximité géographique devraient être situées l'une à côté de l'autre. Le fait de garder l'identité du terroir est primordial aux yeux de la grande majorité des exposants alsaciens (89 %). Il est important de garder cette identité pour un salon grand public, a insisté un exposant. Le soutien de la Région a été globalement bien apprécié, a conclu Stéphane Janus.

Les exposants vont-ils participer au salon l'an prochain ? « 33 % ont confirmé leur participation, 1 a dit non, 61 % réservent leur réponse. » En attendant, tout le monde s'est donné rendez-vous pour cette édition 2017, qui aura lieu du 25 février au 5 mars.

Horticulture Schwarz à Geudertheim

Des fleurs pour le député

Vie professionnelle

Publié le 22/05/2016

C'était l'effervescence, vendredi 6 mai, dans les serres de l'horticulture Schwarz à Geudertheim. Elles bruissaient comme une ruche, en cette belle journée printanière. Profitant du pont de l'Ascension, les passionnés de fleurissement étaient venus nombreux pour faire le plein de végétaux en vue de fleurir leurs jardins et leurs terrasses. « Nous réalisons 50 % de notre chiffre d'affaires en deux mois, au printemps », explique le patron de l'entreprise, Stéphane Schwarz, au député Claude Sturni, venu visiter les lieux en compagnie de son attachée parlementaire, Aurélia Drif, et de plusieurs élus, Christiane Wolfhugel, conseillère départementale, Denis Riedinger, maire de Hœrdt et président de la communauté de communes de la Basse-Zorn, Pierre Gross, maire de Geudertheim, et Étienne Wolff, maire de Brumath.

Créée en 1949 par le grand-père de l'actuel dirigeant, l'entreprise fournit 32 communes pour le fleurissement estival, dont une commune « 4 fleurs » et une dizaine de communes « 3 fleurs ». Un grand motif de fierté pour Stéphane Schwarz : « Nous préparons 5 000 vasques pour les collectivités », indique-t-il. La vente aux collectivités représente 40 % de son chiffre d'affaires, 50 % provenant de la vente au détail et 10 % de la vente en gros.

Du géranium à la décoration de Noël

Au total, quelque 600 références sont proposées par l'horticulteur tout au long de l'année. « 90 % des végétaux que nous vendons sont produits par nos soins, y compris les sapins de Noël. » Les décorations de Noël sont une autre spécialité de la maison Schwarz. « Nous fournissons de nombreuses collectivités, notamment la ville de Strasbourg, mais aussi des particuliers. »

Dans la famille Schwarz, la passion de l'horticulture se transmet de père en fils. « Lorsque j'ai repris l'entreprise en 1999, mon père avait 1 000 m2 de serres. Aujourd'hui, il y en a 10 000 m2. » Neuf personnes travaillent toute l'année sur ce site de 2 hectares, certains depuis fort longtemps, à l'image d'Ernest qui va prendre sa retraite après 46 ans d'activité. « J'ai déjà formé une vingtaine d'apprentis », explique Stéphane Schwarz, avec une certaine fierté.

Rien ne se perd…

Le chauffage des serres est assuré par une chaudière bois, alimentée par toutes sortes de déchets : vieux bois, bois de démolition, palettes, sapins de Noël, à raison de 2 000 m3 par an. Quant aux déchets végétaux, ils sont broyés et stérilisés, puis mélangés au terreau, un terreau venu tout droit des tourbières de Finlande. « Nous en utilisons 500 m3 par an. » L'eau, quant à elle, était puisée dans la Zorn jusque dans les années 1990, mais la présence d'une bactérie nuisible pour les solanacées a entraîné une interdiction de pompage, ce qui a poussé l'entreprise à forer un puits.

Mais tout ceci risque bien de changer. Une querelle de voisinage oppose en effet le dirigeant de l'entreprise à sa voisine, Doris Glassen, qui a saisi le tribunal de grande instance de Strasbourg. Outre des dédommagements financiers, elle demande la démolition des serres de vente qui ont pourtant fait l'objet d'une demande de permis de construire dans les règles de l'art. Le TGI de Strasbourg n'a pas accepté la demande de la voisine, mais l'affaire a été portée devant le tribunal de grande instance de Colmar. « Si je suis amené à démonter mes serres, je me verrai dans l'obligation de licencier une partie du personnel, voire de fermer définitivement l'entreprise », car celle-ci ne serait plus viable.

Ce dimanche au plan d'eau de Brumath

Les jeunes éleveurs ont la fibre des concours

Élevage

Publié le 19/05/2016

Que pensez-vous de la nouvelle version du festival de l'élevage ?

L'idée est très bonne car elle séduit davantage les jeunes. Nous attendons une trentaine de participants pour le concours des jeunes présentateurs du samedi soir. Il est ouvert à toutes les races, même si la prim'holstein tient la vedette. De nombreux jeunes se sont formés à l'école des jeunes présentateurs organisée sur la ferme Wilt à Dachstein. En seconde partie, le concours sera élargi aux candidats libres qui pourront venir avec leur propre génisse ou s'en procurer une sur place. Les inscriptions se feront le samedi soir avant le début des festivités.

L'autre bonne idée, c'est que cette épreuve est ouverte aux candidats haut-rhinois. Cela permettra aux éleveurs des deux départements d'apprendre à mieux se connaître, à travailler ensemble, à quelques semaines de la confrontation européenne holstein de Colmar. 

Nous laisserons aux jeunes présentateurs le choix de la tenue. Par contre, ils seront jugés sur la préparation de la génisse et la façon de la faire défiler dans le ring. La plupart des candidats ont passé beaucoup de temps à apprendre à leur génisse à marcher au licol, à la tondre, à la pomponner. Nous allons donner un tour festif à ce concours, en organisant une finale « à la Sébastien Loeb », quitte à faire mousser le crémant.

Avoir un grand nombre d'animaux et d'éleveurs dans le ring est un vrai challenge. On en revient à l'essence même de cette manifestation, un concours d'élevage qui met en avant l'éleveur, surtout le jeune. La passion des concours est une vocation qu'il faut susciter dès le plus jeune âge.

Pourquoi un concours régional de génisses ?

C'était une évolution inévitable. D'année en année, de moins en moins de candidats participaient au concours de la race. C'est pourquoi les éleveurs bas-rhinois ont fait le choix d'aller avec leurs vaches à la foire Simon et Jude de Habsheim. En contrepartie, les éleveurs haut-rhinois viennent avec leurs génisses au festival de l'élevage de Brumath. L'essentiel est que les éleveurs n'hésitent pas à présenter des animaux.

Crise de l'élevage, risque de fermeture de l'abattoir, les problèmes du moment ne risquent-ils pas de plomber l'ambiance ?

Au contraire ! En cette période d'incertitude, c'est une bonne chose de se rencontrer, d'échanger. Il faut souligner que les adhérents d'Alsace Lait ne connaissent pas trop la crise, car le prix du lait reste correct, même s'il est en baisse. Et les éleveurs laitiers ne sont pas trop impactés par les problèmes de l'abattoir, contrairement aux éleveurs allaitants ou aux engraisseurs.

Pour autant, les difficultés que traverse Copvial nous inquiètent. Tout doit être fait pour sauver l'abattoir. L'Alsace est une région qui compte énormément de transformateurs. Il serait préférable que les animaux soient abattus à proximité, plutôt que de parcourir des centaines de kilomètres. Et n'allez pas croire que la disparition de l'abattoir est une bonne chose pour la filière : une bonne concurrence est toujours très saine.

Y a-t-il d'autres nouveautés à signaler ?

Nous avons souhaité impliquer davantage les jeunes du lycée agricole d'Obernai. Ils vont venir avec un bus entier pour nous donner un coup de main. Certains d'entre eux participeront au concours de pointage, le dimanche après-midi. Ils ont eu droit à une formation, sous l'impulsion de leur professeur de zootechnie, Marie-Laure Couvet. C'est un challenge motivant : chaque finaliste d'une race est invité, tous frais payés, à la finale nationale, durant le salon de l'agriculture de Paris.

Unicoolait et le lait biologique

« Un créneau intéressant et incontournable »

Élevage

Publié le 12/05/2016

Le lait bio représente un peu plus de 16 % de la collecte totale d'Unicoolait. Une production qui a été fortement impactée par la sécheresse de l'été 2015, a indiqué Véronique Klein, vice-présidente d'Unicoolait lors de l'assemblée générale de la coopérative. Les prairies ont souffert du manque d'eau et de la canicule, rendant les pâturages difficiles. De ce fait, les livraisons de lait bio ont baissé jusqu'à - 8 % en septembre. Les stocks de fourrage réservé pour l'hiver ont été entamés bien avant l'heure. Certaines exploitations ont même été contraintes d'acheter du foin bio dans les régions voisines. À l'heure où les silos et hangars étaient presque vides, la mise à l'herbe était attendue avec impatience…

Il a fallu parcourir 141 809 km pour le ramassage des 24,25 millions de litres (Ml) de lait bio, soit une densité de 171,1 l/km, en progression de 1,7 %. Même si la densité de collecte reste inférieure à celle du lait conventionnel, elle est très bonne pour la filière bio. La qualité du lait bio reste correcte en 2015, avec près de 98 % de lait en catégorie A. 59,5 % du lait avait un taux inférieur à 200 000 leucocytes et 56,67 % inférieur à 800 spores butyriques.

Le prix de base du lait bio s'est élevé à 431 €/1 000 l, soit un différentiel de 133,90 € par rapport au lait conventionnel. Malgré un coup de pouce du groupe Lactalis pour augmenter la prime bio, le prix du lait a baissé de 22 € par rapport à 2014. « Certes, la baisse est inférieure à celle du prix du lait conventionnel, mais le contexte est difficile, du fait des charges supplémentaires pour assurer l'alimentation de nos vaches », a souligné Véronique Klein.

Entretenir une dynamique chez les producteurs en place

Le marché du lait bio poursuit sa progression. En France, sur un marché du lait de consommation en baisse, le lait bio progresse de 7,3 % en volume et de 5,7 % en valeur. « Comme tous les autres produits laitiers, le lait bio souffre de la guerre des prix entre les enseignes de la grande distribution. » Les prix d'achat par les clients de la grande distribution sont en baisse de 1 à 3 %, à l'exception de l'ultrafrais qui est étale.

Le lait bio représente 2,2 % de la production de lait française, mais atteint 9 % de part de marché du lait longue conservation en volume. « L'évolution de la demande fait des produits bios un créneau intéressant et incontournable, a affirmé Véronique Klein. Nous comptons sur le groupe Lactalis pour rester le leader sur le marché bio, mais aussi le leader de la rémunération de notre lait. Car les contraintes du cahier des charges et la fragilité du système fourrager face aux aléas climatiques nécessitent une compensation indispensable pour l'avenir de la production. »

L'aide à la conversion de 30 €/1 000 l pour accompagner les nouveaux candidats est certes une bonne chose, a-t-elle poursuivi. Mais il faut veiller à entretenir une dynamique chez les producteurs bios en place. Aux futurs candidats, Véronique Klein a conseillé de contacter Unicoolait et les Chambres d'agriculture, pour la réalisation du diagnostic de faisabilité. « Une reconversion ne se limite pas à la prise en compte de la prime bio, c'est un virage technique pour tout le système d'exploitation. »

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