Auteur

Anny Haeffelé

Retrouvez ses derniers articles ci-dessous :

Au centre des congrès du Bischenberg

Labels rouges et indications géographiques en vedette

Pratique

Publié le 10/07/2016

L’une des missions de la Fédération label rouge, IG et STG (FedeLIS) consiste à suivre l’activité législative et réglementaire au niveau français et européen. « Nous avions un grand espoir avec le projet de loi sur l’ancrage territorial de l’alimentation », a indiqué Henri Baladier, président de FedeLIS. Le but de ce projet, proposé l’an dernier par la parlementaire Brigitte Allain, était d’encourager l’approvisionnement de la restauration collective publique et territoriale en produits issus d’une agriculture durable, notamment ceux bénéficiant d’un signe officiel de qualité. Malheureusement, députés et sénateurs ont fortement affaibli l’intérêt de ce projet de loi en première lecture. « Je suis heureux d’apprendre que le gouvernement reprend à son compte ces préoccupations. »

Des œufs label rouge au Brésil

Autre chantier réglementaire en cours, la Commission européenne a annoncé sa volonté de simplifier la politique qualité de l’Union européenne, en supprimant les différences entre les réglementations sur le vin et les produits agroalimentaires, mais aussi entre les signes de qualité (IGP/AOP).

Mais la mission prioritaire de FedeLIS est la défense des produits bénéficiant d’un label rouge, d’une Indication géographique (IG) ou d’une Spécialité traditionnelle garantie (STG). Cela passe par exemple par des actions sur la protection des Signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine (Siqo) ou des actions ponctuelles contre les utilisations abusives ou trompeuses. « Nous sommes intervenus quatre ou cinq fois au cours de l’année écoulée, notamment pour la protection du label rouge, très convoité à l’étranger », ont indiqué les animatrices de FedeLIS, Marie Guyot et Célia Pasquetti. Ainsi une action a été menée sur l’usurpation du label rouge pour des œufs au Brésil. L’Inao a obtenu la protection communautaire du label rouge en 2015. La protection est en cours de finalisation dans quatre pays tiers, le Japon, la Russie, la Chine et Singapour. Une démarche dont FedeLIS se félicite.

La concurrence des marques régionales

La fédération s’inquiète par contre de la multiplication des bannières et marques territoriales. « Ces bannières ne doivent pas empiéter sur les signes de qualité officiels, pour ne pas générer de confusion chez les consommateurs. Les collectivités sont peu réceptives à cette demande, car elles sont en pleine restructuration », a cependant admis Henri Baladier.

FedeLIS est très investie dans les travaux de l’Inao : elle suit de près le processus de simplification des notices techniques, des cahiers des charges et des plans de contrôle, simplification demandée depuis longtemps par les filières pour une plus grande flexibilité. « Demain, il n’y aura plus de notice technique : chaque cahier des charges sera constitué de conditions de productions communes et de conditions de production spécifiques », a indiqué l’animatrice de FedeLIS.

Le ministre de l'Agriculture a annoncé récemment la possibilité d’intégrer dans les cahiers des charges des dispositions concernant les performances agroécologiques des productions sous Siqo, une avancée importante demandée depuis longtemps. La commission environnement de l’Inao est en train de rédiger un cahier de mesures qui pourront être reprises par les Organismes de défense et de gestion (ODG) : préservation de la biodiversité, maîtrise de la fertilisation, réduction des phytosanitaires, meilleure gestion de l’eau. Si elle appuie cette démarche, la FedeLIS estime qu’elle doit rester volontaire.

Un dossier « Évaluation et suivi de la qualité supérieure (ESQS) » doit désormais faire partie du dossier de chaque produit label rouge auprès de l’Inao. Ce dossier n’est pas simple et les ODG ont besoin d’être accompagnés. FedeLIS a mené durant trois ans un projet Casdar sur ce sujet, pour tester des méthodes innovantes d’évaluation et de suivi de la qualité supérieure. Mais, souligne Henri Baladier, « la qualité supérieure ne peut se résumer à des tests organoleptiques comparatifs avec les produits standards, il faut tenir compte du respect de l’environnement, des savoir-faire. »

En attendant, les projets ne manquent pas. FedeLIS a déposé un projet Casdar sur la capacité des Siqo (label rouge et IGP) à générer de la valeur ajoutée pour les agriculteurs et leurs filières en répondant aux enjeux sociétaux et environnementaux. Objectif : renforcer l’attractivité des Siqo, répondre aux attentes sociétales. « Toutes les personnes en phase avec ce projet doivent le soutenir pour qu’il soit parmi les lauréats », a affirmé le président. Par ailleurs, trois fédérations membres de FedeLIS, Fil rouge (viandes label rouge), Sylaporc (porc et charcuteries label rouge) et Synalaf (volailles et œufs label rouge) ont monté un projet de communication ambitieux sur le label rouge au niveau français et européen pour la période 2017-2019. Sept pays sont ciblés (France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède et Danemark), pour un budget total de 3 millions d’euros par an pendant trois ans, avec un cofinancement de l’UE. La réponse de la Commission européenne est attendue pour novembre 2016.

Une boîte à outils pour les collectivités

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a fait passer quelques messages par vidéo interposée. Il a réaffirmé son engagement pour les filières sous signe officiel de qualité et rappelé qu’un accord a été signé au Salon international de l’agriculture pour intégrer la démarche agroécologique dans les cahiers des charges.

La reconnaissance par la Chine de près de quarante appellations d’origine bordelaises est une avancée importante, selon le ministre. Elle met en lumière l’importance des accords commerciaux entre l’Europe et ses partenaires commerciaux, même si les négociations en cours avec les États-Unis soulèvent de grandes inquiétudes dans le milieu agricole.

« À travers les lois d’avenir et d’ancrage territorial de l’alimentation, nous voulons favoriser une alimentation locale et de qualité. On y reviendra. Dès cet été, nous sortirons une boîte à outils permettant aux collectivités territoriales de choisir des produits locaux ayant une démarche de qualité. » Concernant les marques régionales, le ministre estime qu’il faut cadrer les choses. « J’ai confié à Jean-Luc Dairien, directeur de l’Inao, une mission de prospective pour mieux encadrer les démarches d’origine des produits sans défavoriser les signes de qualité. Les deux sont compatibles. »

Après la reprise de l’abattoir par Jean-Paul Bigard

Reconstruire une coopération forte en Alsace

Élevage

Publié le 06/07/2016

« Cette réunion est un point d’étape, pour faire le bilan et se projeter dans l’avenir. Nous sommes conscients du séisme financier, de la perte de confiance, de la peur de l’avenir que cette affaire a provoqués. Notre rôle de responsables professionnels est d’être à vos côtés pour gérer ce dossier extrêmement délicat. » Jean-Paul Bastian l’avoue, c’est le dossier le plus compliqué de toute sa carrière. Mais, prévient-il, « le sauvetage de l’abattoir n’est qu’une étape. Nous avons besoin d’unité pour nous en sortir. »

Un constat s’impose : le liquidateur judiciaire, Me Weil, a tenu ses engagements. « Tous les animaux livrés jusqu’à aujourd’hui seront payés à J + 10. Les animaux livrés à partir de lundi seront payés par Bigard », précise Jean-Paul Bastian. Il faut maintenant organiser l’avenir. « Nous avons fixé un ordre de priorités. » La première était de continuer à faire fonctionner l’abattoir. Jean-Paul Bastian a remercié les éleveurs qui ont accepté de livrer leurs animaux, les techniciens qui se sont occupés de la collecte. La baisse d’activité a été limitée à 10 %, les ventes se sont poursuivies et les stocks ont été résorbés. « Cela nous a permis de continuer à travailler sur ce dossier. »

Le nouveau patron est arrivé

La deuxième priorité était de trouver un repreneur. Si plusieurs personnes se sont intéressées au dossier, en particulier Thierry Schweitzer, une seule a déposé une offre, Jean-Paul Bigard. « C’est sans nul doute la reprise de l’abattoir par un grand groupe qui est la solution la plus viable, car il faudra avoir les reins solides financièrement. » Cette affaire a un goût de déjà-vu : le groupe Bigard était partie prenante dans la construction de l’abattoir et, il y a quelques années, il a été approché par Copvial pour un éventuel partenariat.

Jean-Paul Bigard a accompagné son offre de reprise à l’euro symbolique d’un engagement de poursuivre l’abattage des porcs et des bovins et d’injecter 15 millions d’euros (M€) dans la modernisation de l’outil. Ses objectifs sont d’abattre 3 000 cochons et 500 bovins par semaine et de rapatrier progressivement ses trois sites de découpe de Strasbourg, Sélestat et Sarrebourg à Holtzheim. « À terme, quand tout sera opérationnel, il devrait y avoir 160 salariés à Holtzheim. »

Vu l’onde de choc engendrée par cette affaire, il était difficile de demander aux éleveurs de s’engager par écrit à continuer à approvisionner l’abattoir et Jean-Paul Bigard n’a pas posé cette exigence. « Mais nous nous sommes engagés à ce que les éleveurs jouent le jeu. » L’abattoir est à présent géré par Socopa, filiale du groupe Bigard, et dirigé par le directeur de l’abattoir de Metz, arrivé sur le site la semaine dernière. « Nous allons le rencontrer dans les prochains jours », indique Jean-Paul Bastian.

Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, ajoute : « Imaginez-vous s’il n’y avait plus d’abattoir ! Il fallait tout faire pour assurer la pérennité de l’abattoir et garantir l’avenir de la filière, notamment de l’élevage de porcs. Pour qu’une exploitation puisse investir, se développer, installer un jeune, si le marché le permet, il faut offrir des perspectives. » Ces perspectives sont des plus encourageantes : le groupe Bigard est le premier transformateur de viande en France et il détient le plus de labels rouges en viande…

Son homologue de la FDSEA du Haut-Rhin, Denis Nass, ajoute : « Nous voulons construire ensemble une filière viande avec des fondations solides. Mais si vous avez des questions plus personnelles, il ne faut pas hésiter à échanger avec vos responsables professionnels, vos comptables, vos banquiers. »

« À l’initiative du groupe jeunes, les éleveurs de porcs ont décidé la semaine dernière de faire confiance au groupe Bigard », indique Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin. Pour lui, le développement de la filière viande repose sur le maintien d’un outil de proximité. Il a remercié le Comptoir agricole qui a consenti un effort important pour permettre de construire l’avenir.

« Nous avons accompagné les difficultés de Copvial il y a sept ans pour permettre à l’élevage alsacien de conserver un outil d’abattage et de développer sa production, rappelle Marc Moser, président du Comptoir agricole. Cela n’a pas suffi et les partenaires de la SCI ont fait un effort considérable pour soutenir cette filière en difficulté. »

Un éleveur s’est inquiété du devenir des parts sociales souscrites par les éleveurs auprès de la coopérative Copvial. « Une entreprise ne peut pas rembourser des parts sociales si elle a un capital négatif, explique Jean-Paul Bastian. Depuis lundi, Copvial n’existe plus. Il faudra créer une nouvelle organisation de producteurs et choisir de nouveaux représentants. » La reprise du centre d’allotement de Brumath se pose aussi car on aura besoin d’un tel outil pour bien fonctionner, indique Denis Fend, directeur général de la coopérative.

« Cloé est notre future structure aval »

La priorité actuelle est de mettre en place une nouvelle organisation pour assurer la collecte et la commercialisation des animaux à Socopa, poursuit Denis Fend. Socopa poursuivra l’abattage de bovins et de porcs sur le site de Holtzheim et achètera les animaux à Cloé qui s’appuiera sur les coopératives de base pour les relations avec les éleveurs. « Concrètement, cela signifie la création d’une section élevage au sein du Comptoir agricole et de la Coopérative agricole de céréales (CAC) et, dans la foulée, l’adhésion des deux coopératives à Cloé », explique Denis Fend. Mais il n’est pas exclu que le Comptoir agricole gère l’activité porc en direct car Cloé, spécialisée dans les bovins, n’a pas de réseau en porcins.

Cloé s’occupe du planning des animaux, des annonces, du transport, de l’allotement et des ventes aux abattoirs régionaux, et même au-delà selon les débouchés. Les animaux sont payés à la coopérative régionale (Comptoir agricole ou CAC) qui se charge de la rémunération de ses adhérents. Les coopératives de base s’occupent des techniciens et de l’animation du groupement. Les interlocuteurs des éleveurs seront donc les techniciens des coopératives. « Nous devrons obtenir un agrément de collecteur et un agrément de groupement de producteurs. Mais pour cela, nous devons attendre que la liquidation de la coopérative soit prononcée. » Reste la question des services. « La vente d’aliments humides pour les porcs a déjà été reprise par Lorial. Et nous pouvons assurer la vente de matériel d’élevage », précise Denis Fend. Il faudra aussi veiller à la continuité des prestations vétérinaires, en reprenant l’agrément PSE (Programme sanitaire d’élevage).

Le Comptoir agricole propose d’appliquer à l’élevage le même schéma que pour le houblon ou la pomme de terre, en créant une commission élevage où toutes les productions animales seront représentées. Mais attention, prévient Denis Fend, « chaque filière doit assurer son équilibre financier et les comptes seront présentés en toute transparence. » Marc Moser ne le cache pas, les débats étaient assez houleux au sein du conseil d’administration de la coopérative, qu’il s’agisse de l’abandon des créances de la SCI ou du rôle que peut jouer le Comptoir agricole au sein de l’élevage alsacien. « Le schéma lorrain fonctionne bien, nous avons décidé de le copier. » En s’appuyant sur le premier transformateur français de viande, l’union de commercialisation Cloé, le sérieux des coopératives céréalières, l’élevage alsacien a encore de belles années devant lui, estime le président du Comptoir agricole.

Le vice-président de la CAC, Jean-Michel Habig, est sur la même longueur d’onde. « Nous sommes prêts à accompagner les éleveurs, dans le Haut-Rhin comme dans le Bas-Rhin. Le projet n’est pas totalement finalisé, il faut encore l’améliorer, en s’inspirant d’une méthodologie qui a fait ses preuves. Un gros travail a été fait pour maintenir l’abattoir, à vous de voir ce que vous voulez en faire. » À l’avenir, prévient Jean-Paul Bastian, il faudra que les éleveurs s’engagent, fassent vivre les organisations de producteurs, représentent les producteurs au sein de Cloé.

« Nous allons nous bagarrer jusqu’au bout »

« Il y a encore beaucoup de choses à régler, poursuit Franck Sander. Tout au long de l’été, nous continuerons à nous voir, à discuter, pour faire avancer les dossiers et reconstruire l’avenir. » Et bien sûr trouver une solution au problème des créances des éleveurs. Elles seraient de l’ordre de 2 M€, dont la moitié concernerait les producteurs de porcs. « Je comprends que les éleveurs qui ont des impayés importants soient préoccupés. Mais les choses ne sont pas calées. Nous avons un certain nombre d’engagements et nous avons besoin de confiance réciproque », affirme Jean-Paul Bastian.

L’ensemble des responsables agricoles se mobilisent pour permettre aux éleveurs concernés de passer le cap. Il faut actionner tous les leviers, les pistes les plus sérieuses étant l’État et la Région. « Le président, Philippe Richert, a dit qu’il ne laissera pas tomber les éleveurs », rappelle Jean-Paul Bastian. Il espère que le Conseil départemental soutiendra lui aussi la filière, même s’il n’a plus la compétence économique. En attendant, un financement transitoire a été négocié avec les banques. Trente producteurs ont des créances importantes, précise-t-il. « Il faudra trouver une solution pour chaque cas. Aucun producteur ne doit être obligé d’arrêter son exploitation à cause de ces impayés. » Pour compléter ce dispositif, la création d’un fonds de solidarité professionnelle est même envisagée.

« Je peux comprendre l’inquiétude des éleveurs, dans un contexte où les trésoreries sont au plus mal, ajoute Denis Nass. Mais nous avons réussi à sauvegarder l’abattoir, les éleveurs ont accepté de continuer à livrer et la structuration de la collecte est en cours. Nous allons nous bagarrer jusqu’au bout. » Bruno Colin a fait passer un message : « Nous avons connu une expérience similaire à la vôtre, il y a quelques années en Lorraine, et nous avons trouvé une solution car tout le monde a adhéré au projet. Vous n’y arriverez que si vous partez tous ensemble. Il faut préserver l’unité des éleveurs. »

Bruno Colin, président de Cloé

Organiser la collecte des animaux alsaciens

Élevage

Publié le 06/07/2016

« Nous avons vécu exactement la même situation en Lorraine, il y a quelques années, explique Bruno Colin. Il y avait dans chaque département une coopérative spécialisée impliquée dans l’aval. Deux d’entre elles n’ont pas survécu. » CAPV et CAPVL ont décidé en 2002 de créer une union commerciale pour travailler sur la convergence commerciale et technique.

« En 2008-2009, CAPV (Moselle) a traversé les mêmes difficultés que vous » : elle a investi dans un abattoir à Sarreguemines et perdu 18 millions d’euros (M€). La coopérative céréalière Lorca a alors décidé de créer une section d’élevage ; 95 % des éleveurs y ont adhéré. « Nous nous sommes ensuite rapprochés de la CAL. » Sur les quatre départements lorrains, Cloé travaille avec plusieurs abattoirs : Metz, Verdun, Sarrebourg (groupe Bigard) et Mirecourt (Elivia). « Nous gérons la logistique ; les deux centres d’allotement, qui appartiennent à nos coopératives de base, nous permettent d’alloter les femelles, les broutards et les animaux vifs. »

Depuis 2012, Cloé s’est spécialisée dans les bovins et réalise 65 M€ de chiffre d’affaires. Les coopératives de base (CAL et Lorca) gèrent les relations avec les adhérents et sont reconnues comme organisations de producteurs, Cloé s’occupant de la relation aval. L’abattage des animaux constitue le gros de l’activité. « Nous avons aussi une activité broutards, veaux et reproducteurs. » Avec 19 000 jeunes bovins, 5 000 génisses, 1 000 bœufs et 8 500 vaches, Cloé fait environ le double de l’activité de Copvial. 60 % des animaux vont sur la Lorraine, 40 % hors région. « Bigard constitue 34 % de nos débouchés, indique Bruno Colin. Il est connu pour être dur dans les négociations, mais il sait s’adapter au marché. Il est reconnu par ses pairs européens pour son excellence. Il saura vendre de la viande et de la charcuterie en Alsace. »

Concrètement, comment cela va-t-il se passer ?

« Cloé organise le transport, la logistique et la commercialisation des animaux. Les éleveurs nous présentent les stocks tous les vendredis, nous enlevons les animaux la semaine suivante. En fin de semaine, nous gérons la facturation et payons les éleveurs le vendredi suivant. Nous payons à 18-19 jours, alors que les abattoirs paient à 21 jours. C’est ce que nous vous proposerons dès lundi matin. Dans un avenir proche, nous espérons travailler avec une ou plusieurs coopératives, qui assureront la relation adhérent. »

Cloé est une structure légère - elle emploie 15 salariés - afin de travailler au moindre coût. « La fonction technique et développement est assurée par Cloé qui connaît les attentes du marché. » Elle est intervenue auprès des éleveurs alsaciens pour commercialiser tous les animaux pour le compte de l’administrateur judiciaire et les approvisionner en broutards ou en veaux de 8 jours. Il ne lui a fallu que quelques jours pour organiser la collecte des animaux en Alsace, avec une méthode très proche de celle de Copvial.

Il y a sur le territoire national 52 coopératives et 3 000 négociants. Avec un tiers de parts de marché, Cloé se situe dans la moyenne nationale de la coopération. « Dans le Grand Est, il y a 200 négociants face à Cloé, Copvial hier et EMC2 élevage, explique Bruno Colin. Cloé est le premier apporteur de l’abattoir de Mirecourt et le deuxième de l’abattoir de Metz. Ce qui est déterminant, c’est de produire en fonction des besoins du marché. De ce point de vue, l’Alsace, avec ses nombreux consommateurs, a une vraie carte à jouer.. »

Couronne d'or

Le vignoble de Strasbourg tient salon à Osthoffen

Vigne

Publié le 06/07/2016

Un cadre de rêve pour un salon des vins qui s'annonce exceptionnel. Du 9 au 11 septembre, l'Association des vignerons de la Couronne d'or prendra ses quartiers dans l'enceinte du château d'Osthoffen, à 20 minutes de Strasbourg. Avec l'office de tourisme de la Porte du vignoble et la commune d'Osthoffen, elle propose trois jours de dégustations, de conférences, de rencontres avec les vignerons, d'expositions et d'animations pour les enfants, sans oublier un marché du terroir.

Le vignoble de la Couronne d'or fédère 19 membres et compte 19 communes viticoles. D'où l'idée d'aller à la rencontre des amateurs en leur proposant 19 rendez-vous tout au long du week-end. « Cette année, on met le paquet », confient Jean-Jacques Muller, vigneron à Traenheim, et Xavier Léon Muller, vigneron à Marlenheim.

Cet événement œnotouristique est aussi un clin d'œil à la commune d'Osthoffen qui s'apprête à intégrer l'Eurométropole de Strasbourg, le 1er janvier 2017. « La ville de Strasbourg et l'Eurométropole ont accepté d'être partenaires de ce projet », indiquent les organisateurs.

Du rire en grappes

Après l'inauguration, le vendredi 9 septembre à 18 h, aura lieu l'un des temps forts de cette manifestation, une soirée spectacle. Intitulée « Du rire en grappes », elle sera animée par Patricia Weller et Denis Germain, alias Bernadette et Jean-Claude, et se poursuivra par une dégustation de fromages qui s'accompagnera des vins présentés par chaque vigneron de la Couronne d'or. « Cyril Lohro, meilleur ouvrier de France, et son épouse Christelle présenteront une quarantaine de fromages », explique Jean-Jacques Muller. Cette soirée se déroulera sous un chapiteau dressé dans les jardins du château (sur réservation, prix 49 €).

Samedi 10 septembre, les portes du château d'Osthoffen ouvriront à 10 h. Pour la somme de 7 €, chaque visiteur aura accès au salon des vins, muni d'un verre pour lui permettre de déguster les produits présentés. Il pourra également découvrir le marché du terroir, ouvert aux artisans locaux, et visiter l'exposition de barriques peintes et sculptées. Un concours récompensera les plus jolies barriques.

Afin de faciliter l'accès à la manifestation, un grand parking a été aménagé à l'arrière du château. Et pour permettre aux amateurs de profiter en toute sérénité de cette parenthèse enchantée, les organisateurs ont prévu une série d'animations pour les enfants durant le week-end. Outre une vingtaine de jeux en bois, ces derniers pourront participer aux ateliers organisés dans une roulotte. Chaque jour, quatre ateliers gratuits seront proposés par une animatrice, à raison de 20 enfants par atelier.

L'après-midi, le programme s'annonce dense. Il débute à 15 h par une visite commentée du château par le baron Philippe de Grouvel. Le château d'Osthoffen est un château fort du 12e siècle embelli et transformé au fil de l'histoire. L'actuel occupant est un héritier du général François Grouvel qui a acquis le château en 1806 et l'a entièrement reconstruit.

Par ailleurs, une initiation à la dégustation est programmée à 15 h avec Cyril Treuillet, sommelier de la maison Arthur Metz. À 16 h, Daniel Ansen présentera les projets de « premiers crus » dans la Couronne d'or, en compagnie de vignerons et d'un géologue. À 17 h, Claude Muller, directeur de l'Institut d'histoire d'Alsace, donnera une conférence sur « les splendeurs viniques d'Alsace à travers les âges ». Elle sera suivie par la remise des prix du concours de barriques.

Brunch au château

Dès 10 h, le dimanche 11 septembre, on pourra à nouveau parcourir le salon des vins et le marché du terroir. Le deuxième temps fort de cette manifestation démarrera à 11 h les vignerons ont en effet décidé d'organiser une animation originale, un brunch au château, avec animation musicale. Prix : 39 € par personne, 19 € pour les moins de 16 ans (sur réservation, inscription avant le 26 août).

À 15 h, le baron Philippe de Grouvel fera à nouveau visiter son château, tandis que l'œnologue Didier Lobre proposera une initiation à la dégustation. L'après-midi se poursuivra avec une conférence de Charles Brand, coprésident de la Tribu des gourmets, sur « la dualité du vin d'Alsace ». C'est en poésie qu'elle s'achèvera, avec une pièce autour du vin de Jean-Marie Collet.

Xavier-Léon Muller insiste sur le fait que pour la soirée du vendredi 9 septembre, le nombre de places est limité à 150 personnes. « Les premiers inscrits seront les premiers servis. »

Abattoir de Holtzheim

Le groupe Bigard emporte le morceau

Élevage

Publié le 30/06/2016

L'heure était au soulagement, à l'issue de l'audience au palais de justice de Strasbourg. « Soulagement, car il y aura encore une filière locale de production demain », a indiqué Laurent Ulrich, éleveur de porc à Kleinfrankenheim.

Jean-Paul Bigard, patron du groupe Bigard, et son fils Mathieu ont fait le déplacement à Strasbourg, en compagnie de leurs avocats, pour plaider leur dossier devant la juge de la chambre commerciale du tribunal de grande instance. À leur côté, Jean-Paul Bastian, vice-président de la Chambre d'agriculture d'Alsace, Franck Sander, président, et Patrick Bastian, vice-président de la FDSEA du Bas-Rhin et conseiller régional, Laurent Ulrich, responsable du groupe porc, Mathieu Schneider, porte-parole des éleveurs de porc chez les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, et Laurent Klein, éleveur de porc à Griesheim-sur-Souffel. « C'était une demande de l'administrateur judiciaire, Me Claude-Maxime Weil, pour témoigner de la volonté des éleveurs alsaciens d'assurer la poursuite d'une activité d'abattage dans la région », indique Frank Sander. La juge les a entendus : elle a validé l'offre de reprise de l'abattoir de Holtzheim (terrains et bâtiments) par le groupe Bigard, au prix d'1 € symbolique. Le nouveau propriétaire prendra possession des lieux le 4 juillet prochain.

Optimiser l'outil

Démarrer petit pour grandir vite, telle est l'ambition de Jean-Paul Bigard. D'ici deux ans au plus tard, il veut arriver à une cadence de 3 000 porcs et de 400 à 500 bovins par semaine, à comparer avec la production d'avant la crise, qui était de 2 000 à 2 500 porcs et de 150 à 200 bovins. « L'abattoir devrait atteindre rapidement sa pleine capacité qui est de 30 000 tonnes », estime Patrick Bastian, le patron du groupe Bigard n'ayant pas souhaité s'exprimer devant la presse. « Le nouveau patron veut démarrer à bas régime, et même arrêter certaines chaînes pour les moderniser. Si tout se passe bien, d'ici deux ans, le nombre de salariés devrait être équivalent à celui d'aujourd'hui. »

En attendant, le groupe Bigard a annoncé son intention de recentrer son activité sur le site de Holtzheim, en rapatriant notamment les activités de sa filiale ABG, basée au marché gare de Strasbourg et spécialisée dans la découpe de viande de porc. « Il veut aller plus loin dans la découpe, précise Patrick Bastian. Selon son avocate, il a même l'intention de construire un nouveau bâtiment sur le site. » « Nous ne lui avons pas déroulé le tapis rouge, précise Laurent Ulrich avec son franc-parler habituel. Mais ce sera pour nous un nouveau partenaire. » « Il ne nous a pas demandés d'engagement écrit, il nous fait confiance », insiste Franck Sander.

Dans l'intérêt des éleveurs, des salariés et de la filière viande locale, tout a été mis en œuvre pour que le groupe Bigard puisse reprendre l'abattoir, souligne Franck Sander. « Tous les partenaires du monde agricole se sont montrés raisonnables et certains, comme les membres de la SCI Synergie, ont accepté de faire d'importantes concessions, en cédant les 4 hectares de terrains et les bâtiments pour l'euro symbolique. »

L'enjeu, il est vrai, était de taille : la disparition de l'outil aurait sonné le glas de la production locale, estime Frank Sander. « Il n'y aurait plus eu de filière courte. C'est encore plus vrai pour la viande de porc, l'abattoir le plus proche se situant à Orléans. Avec la reprise par le groupe Bigard qui a clairement exprimé sa volonté d'investir dans cet outil, tous les éleveurs alsaciens pourront envisager de se développer. »

Patrick Bastian ajoute : « La commune de Holtzheim et le Conseil régional d'Alsace ont investi beaucoup d'argent dans cet outil, c'était important d'assurer sa pérennité. Philippe Richert, président de la Région Grand Est, et son vice-président, Philippe Mangin, ont demandé personnellement à Jean-Paul Bigard de venir étudier le dossier. Sinon, il n'y aurait pas eu de repreneur. »

« La dette des éleveurs, c'est le sujet majeur »

La prochaine étape consiste à trouver une solution pour les éleveurs qui ont essuyé des pertes financières suite au dépôt de bilan de Copvial SA. « Le président de Région s'est engagé à venir en aide aux éleveurs, même si les modalités de ce soutien n'ont pas encore été arrêtées », indique Patrick Bastian. « Les collectivités territoriales veulent nous aider à trouver une solution », poursuit Mathieu Schneider. Outre le soutien de la Région, nous avons obtenu celui du Conseil départemental du Bas-Rhin. Et Robert Herrmann, président de Strasbourg Eurométropole, nous a affirmé lors de l'opération La Ferme en ville qu'il se sentait très concerné par ce dossier, d'autant que l'abattoir se trouve sur le territoire eurométropolitain. C'est le moment de démontrer qu'au-delà des discours, le « manger local » est une vraie préoccupation des élus locaux. »

« La dette des éleveurs est notre préoccupation majeure, confirme Franck Sander. Nous avons obtenu que les banques accordent des prêts à court terme, à un taux d'intérêt très faible, aux éleveurs concernés pour nous permettre de trouver des solutions. Nous consacrerons l'été au règlement de ce dossier. » Laurent Ulrich précise : « Pour les éleveurs de porc, l'ardoise correspond à un mois de production. Dans la conjoncture actuelle, c'est juste pas possible. »

Un autre chantier s'ouvre aux responsables professionnels pour garantir la pérennité des élevages alsaciens. Il s'agit de structurer durablement la collecte des animaux. De fait, les adhérents de Copvial n'ont pas attendu le dépôt de bilan de la coopérative, intervenu le 27 juin, pour s'organiser. Ils se sont rapprochés de l'union de commercialisation Cloé, en Lorraine, pour assurer la continuité de l'activité de collecte.

Rendez-vous vendredi 1er juillet à Schiltigheim

La phase suivante consistera à créer, au sein du Comptoir agricole, une section élevage qui reprendra certaines prestations assurées jusqu'ici par Copvial, comme le conseil, la vente d'aliments, l'achat de broutards. C'est cette structure qui sera l'interlocuteur de Cloé, à l'avenir. Pour faire le point sur l'ensemble de la situation, une réunion d'information est organisée ce vendredi 1er juillet à 20 heures à la Maison de l'agriculture de Schiltigheim, à l'invitation de la FRSEA, des Jeunes Agriculteurs et de la Chambre d'agriculture d'Alsace. En présence de Bruno Collin, président de l'union de coopératives Cloé, les modalités pratiques de la poursuite de l'activité de collecte, d'abattage et de paiement des animaux seront présentées aux éleveurs. De son côté, le Comptoir agricole en dira plus sur la création de la section élevage.

Patrick Bastian, conseiller régional

Un pacte pour la ruralité

Vie professionnelle

Publié le 27/06/2016

La Région Grand Est vient d'adopter le budget primitif 2016, le premier de son histoire. Il s'élève à 2,5 milliards d'euros (Md€), dont 800 millions d'euros (M€) consacrés aux dépenses d'investissement. Au lendemain de ce véritable marathon budgétaire, Patrick Bastian prévient : il ne faut pas s'attendre à faire des économies. « C'est un budget d’harmonisation des politiques des trois anciennes Régions. Dans cette phase de mise en place de la nouvelle région, il fallait partir d'un socle commun. Il reste beaucoup de travail à accomplir pour lancer cette grande machine. »

Dans cette grande région, la déprise médicale et hospitalière est flagrante, a indiqué Patrick Bastian. « Même si la santé n'est pas de la compétence de la Région, c'est un problème auquel nous devons nous atteler d'urgence, en renforçant l'attractivité de nos territoires », indique le conseiller régional. L'Alsace est une région très peuplée et au niveau de vie plus élevé, mais dans des départements comme la Meuse ou la Haute-Marne, il est très difficile d'attirer de jeunes médecins. « 30 % des médecins vont partir à la retraite prochainement. Si on ne trouve pas de financement pour inciter les médecins à s'installer, on court à la catastrophe. C'est aussi cela, le pacte de la ruralité : faire en sorte que les jeunes médecins formés aujourd'hui aient envie de s'installer à la campagne. »

Renforcer le budget de l'agriculture

Sur un budget de 2,50 Md€, c'est la formation et les transports qui constituent les postes les plus importants. 23 M€ sont injectés tous les ans dans l'agriculture, l'agroalimentaire et la forêt. « C'est l'un des plus petits budgets, et je le regrette, car il est amplifié par le Feader. C'est notre rôle d'élus agricoles de faire augmenter ce budget. Nous sommes l'une des premières régions agricoles françaises, avec près de 50 000 exploitations agricoles. En y ajoutant l'industrie agroalimentaire, nous constituons la première puissance économique de cette région. » Patrick Bastian a évoqué le Plan bâtiment, dont le budget n'est pas suffisant. « Nous nous devons d'accompagner les exploitants entreprenants. Nous avons bon espoir de doubler le budget pour pouvoir satisfaire au moins 70 dossiers en Alsace. »

Patrick Bastian est satisfait que le premier pacte signé par les nouveaux conseillers régionaux soit celui de la ruralité. Le but est de rendre les territoires ruraux plus accessibles. « Notre premier chantier est celui du numérique. À l'horizon 2020, toute l'Alsace devra être couverte. »

La bataille sur le marché mondial reste primordiale. « La Région ne doit pas oublier qu'une grande partie de notre développement passe par l'exportation. Dans le même temps, nous devons développer les circuits courts, notamment dans la restauration hors foyer - pas seulement les restaurants de collectivités, mais aussi les restaurants d'entreprise. » Dans ce domaine, « on n'est pas bon », estime Patrick Bastian : l'agriculture n'est pas toujours en mesure de fournir les quantités demandées. « Il faut mettre des moyens afin d'organiser l'offre et de répondre à la demande. Cela marchera à une seule condition, qu'on accepte de revaloriser le prix de ces repas pour que le producteur s'y retrouve. »

Patrick Bastian veut s'efforcer de dégager des moyens supplémentaires pour l'installation des jeunes. « Si on n'y prend garde, l'agrandissement des exploitations empêchera l'installation des générations futures. Pour cette année, c'est trop tard, mais il faut être prêt pour le débat sur les orientations budgétaires de 2017 qui aura lieu prochainement. » Concernant le dossier Copvial, Patrick Bastian a rassuré les agriculteurs : « La Région répondra présent lorsqu'il s'agira d'aider le repreneur et de soutenir les éleveurs sinistrés. Ces aides dépendront de la solution retenue. »

Conclusion de Paul Schiellein : « Tant qu'il y aura des personnes compétentes pour s'approprier des dossiers et qu'on y ajoute un peu de passion à la Bastian, on ne peut qu'être optimiste ».

Clinique Électro Diesel à Sélestat

Trente ans au service de la clientèle viticole

Vigne

Publié le 26/06/2016

Créée par Jean-Marie et Patrick Beck en 1980, la Clinique Électro Diesel était à l'origine implantée à Dambach-la-Ville. Cet atelier était spécialisé dans l'électro diesel et la rénovation de moteurs diesel. En 1984, Clinique Électro Diesel s'installe à Sélestat, à la sortie de l'autoroute A 35, sur le site actuel de la rue de la Maison-Rouge. Deux ans plus tard, elle reprend l'activité agricole Holder des Éts Gerber à Scherwiller, avec son commercial Joseph Friess, bien connu dans le monde viticole. Bruno Bronn lui succède en 1994.

« Depuis cette reprise, nous avons vendu 290 tracteurs Holder », indique le commercial. « En 1987, nous avons reçu l'agrément pour commercialiser le matériel viticole Grégoire. Depuis, nous avons vendu 60 machines à vendanger Grégoire. » Au fil des années, de nombreuses marques de matériel agricole se sont ajoutées à la liste, Provitis-Euroviti, Ero, Kuhn, Gimbre, Favaro, Röll, Electrocoup, Alpego, Clemens, Sauerburger, Avidor, Gerber H et M, Flath...

L'entreprise ne cessant d'accroître son activité, elle s'est lancée en 1989 dans un nouveau chantier pour agrandir le magasin et l'accueil et construire un hall de 400 m2 pour les équipements de freinage et la sécurité poids lourds. En 2008, les anciens bâtiments sont démolis et les ateliers reconstruits aux normes Mercedes.

Plus de 30 salariés travaillent actuellement sur l’ensemble des trois sites de Sélestat, Scherwiller et Colmar. Quatre personnes sont affectées à l'atelier de réparation de machines agricoles. « L'activité agricole représente environ 30 % de notre chiffre d'affaires », indique Corine Boehler, responsable comptable Clinique Électro Diesel - Étoile 67. « Nos clients, essentiellement des viticulteurs, nous sont fidèles car nous leur apportons une réponse adaptée dans le domaine des machines viticoles mais aussi des camionnettes utilitaires », ajoute Bruno Bronn.

Le mal-être des agriculteurs

Identifier la détresse en amont

Vie professionnelle

Publié le 22/06/2016

C'est bien connu, les agriculteurs ont les pieds sur terre. Mais il arrive un moment où même le chêne le plus solidement enraciné finit par trembler sur ses bases lorsque les éléments se déchaînent. Alors que les attaques médiatiques contre le monde agricole se multiplient, la crise de l'élevage et les déboires de l'abattoir régional provoquent chez certains un sentiment d'impuissance, voire de désarroi. Parfois aussi, la colère devant tant d'infortune se double d'un profond mal-être.

Les agriculteurs sont généralement bien entourés par une famille qui les chérit, qui comprend mieux que personne leurs difficultés puisqu'elle les partage au quotidien. Ils peuvent aussi compter sur la solidarité du monde agricole qui n'est pas un vain mot. Cependant, dans certaines situations, on se sent seul - à tort ou à raison - et on se referme sur soi-même, plutôt que d'appeler à l'aide.

Éviter le passage à l'acte désespéré

Pourtant, tout un dispositif a été mis en place pour épauler les agriculteurs en détresse. Un dispositif dont la Mutualité sociale agricole est le pivot central. Sensible au mal-être des agriculteurs, la MSA d'Alsace a ouvert un numéro dédié au signalement des situations de détresse, le 03 88 81 75 95, ces appels aboutissant chez des professionnels formés à l'écoute. Mais elle va beaucoup plus loin, comme elle l'indique dans la plaquette résumant l'ensemble des mesures mises en place.

En plus des aides financières pouvant être accordées (lire en encadré), élus et salariés de la MSA d'Alsace se mobilisent pour identifier les situations de détresse et accompagner les adhérents en grande fragilité. Ils mettent tout en œuvre pour apporter un soutien moral et psychologique aux agriculteurs en souffrance. « Notre ancrage dans la ruralité est notre force de frappe », affirme David Herrscher, président de la MSA d'Alsace. 1 200 adhérents ont ainsi pu être accompagnés ces derniers mois par les conseillers sociaux.

L’un des enjeux majeurs est d’identifier le plus précocement possible les adhérents en difficulté, afin d’agir au plus vite et d’éviter des drames. C’est pourquoi la MSA mise sur tous ses réseaux pour signaler les situations de détresse. Élus, partenaires agricoles et leurs techniciens, centres de gestion, personnels MSA, tous sont mobilisés et à l’écoute des adhérents sur le terrain. Un incendie, des propos inquiétants, une situation financière délicate sont autant de points de vigilance et d'alerte. Dès qu’une situation de fragilité est repérée et confirmée, l’adhérent est orienté vers les conseillers sociaux de la MSA afin de bénéficier d’un accompagnement et, si nécessaire, d’aides financières.

Un accompagnement à plusieurs dimensions

En 2011, la MSA a mis en place un plan de prévention du suicide des agriculteurs. Elle a créé des cellules spécialisées, composées de médecins et de travailleurs sociaux pour prendre en charge les situations de détresse. En 2014, un numéro d’écoute téléphonique national s’est ajouté au dispositif, Agri-écoute.

Le n° 09 69 39 29 19 d'Agri-écoute est disponible 7 jours/7 et 24 h/24 et apporte aux appelants un premier soutien par une écoute anonyme et confidentielle, quel que soit le moment de la journée ou de la nuit, face au découragement, lorsque l’on ressent le besoin de parler à quelqu’un, d’être écouté ou de se libérer d’une étreinte d’angoisse. Faites connaître ce numéro autour de vous ! Ce service d’écoute permet d’éviter un éventuel passage à l’acte et peut faire office de premier sas vers une démarche d’accompagnement plus approfondi.

Depuis la crise de 2015, la MSA d’Alsace a créé en plus une cellule locale « filière en crise ». Cette cellule permet de prendre en charge immédiatement l’adhérent, de l’informer et de déclencher une coordination pluriprofessionnelle pour rechercher des solutions concertées et personnalisées. Le cas échéant, de soutien financier, de soutien psychologique et d’accompagnement vers le changement. Un exemple probant de l’intérêt du guichet unique MSA.

La MSA propose en outre des aides spécifiques à caractère social et familial pour accompagner de manière plus personnalisée ses adhérents : pour des dépenses de santé particulières, l’aide aux études ou aux vacances des enfants ou bien pour financer un service de remplacement, ou avec un service de médiation aborder les conflits au sein de la famille ou entre associés… De même, pour faciliter la rencontre avec des professionnels de santé et d’accompagnement psychologique, elle peut prendre en charge des consultations chez un psychologue ou un psychothérapeute, un professionnel à l'écoute qui fera des propositions de prise en charge en fonction des besoins et des attentes.

Cette crise s’enracine, mais le conseil d’administration de la MSA compte aller de l’avant. Il œuvre pour que soit réinstauré un système de préretraite pour les exploitants en fin de carrière confrontés à des difficultés insurmontables. Il renforce les partenariats avec les acteurs locaux et agricoles pour partager l’information et répondre le plus justement aux besoins des adhérents. Il travaille notamment étroitement avec les centres de gestion pour conseiller au mieux leurs clients et identifier rapidement les situations préoccupantes. David Herrscher l’affirme : « Il faut que le partenariat et les échanges d’information entre OPA fonctionnent encore plus en 2016. Pas de partenariat sans solidarité. »

Les anciens exploitants à la Maison de la Région

« Ce n'est pas aux actifs de financer les promesses du gouvernement »

Vie professionnelle

Publié le 20/06/2016

« Presque tous les présidents cantonaux sont présents », a indiqué Paul Schiellein. Il a salué la présence de Patrick Bastian, le conseiller régional « agricole », Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, et Christelle Jamot, directrice générale de la MSA d'Alsace, ainsi que des deux vice-présidents de la section haut-rhinoise.

La préoccupation majeure des anciens exploitants est, encore et toujours, l'amélioration de leur retraite. Suite à la pétition qu'ils avaient lancée en 2011, les anciens exploitants avaient reçu l'engagement du candidat François Hollande, en avril 2012, de revaloriser les retraites agricoles. « Ces promesses de campagne ont été votées dans le cadre de la réforme des retraites de 2014, l'une des mesures phares étant l’attribution de points gratuits de retraite complémentaire obligatoire (RCO). À l’issue de cette revalorisation, étalée sur trois ans, la retraite des chefs d'exploitation à carrière complète atteindra 75 % du Smic net au 1er juin 1977. »

« Ce n'était pas l'engagement de départ ! »

Le poids de ces droits gratuits a généré 7 milliards d’euros de dépenses supplémentaires qui devaient initialement être compensées par « les marges de manœuvre financières dégagées par la baisse du nombre de retraités agricoles », dixit le gouvernement. Mais celui-ci n'est pas allé au bout de sa promesse, obligeant les agriculteurs en activité à régler la facture.

Selon un rapport de la Caisse centrale de MSA, mandatée pour gérer la RCO, cette augmentation met en danger la pérennité financière du régime de retraite complémentaire obligatoire. Les réserves du régime seraient ainsi épuisées dès 2017. C'est pourquoi l'État prévoit d'augmenter les cotisations sociales RCO de 3 % à 4,65 %. « Ce n'était pas l'engagement de départ ! Nous refusons que nos retraites soient financées par une augmentation de la cotisation RCO des actifs, alors que l'État a baissé les cotisations sociales de deux points en raison de la crise. » Pour Paul Schiellein, il n'y a pas d'échappatoire : « Le gouvernement doit tenir ses engagements. Ce n’est pas aux actifs de financer des mesures de revalorisation promises aux retraités. »

Pour sortir de l'impasse, les pouvoirs publics misent sur une taxation des importations d'huile de palme, « mais elle est actuellement bloquée au Sénat », explique Paul Schiellein. Il insiste sur la gravité de la situation et annonce son intention de remettre aux parlementaires, lors de la mobilisation nationale du 7 juin, un texte pour les sensibiliser à « cette situation inepte ».

« On ne peut pas traiter l'agriculture de cette façon ! »

Christelle Jamot le confirme, « d'ici 2017, le régime de la RCO n'aura plus de réserves si rien n'est fait. L'augmentation de la cotisation des actifs agricoles de 1,3 % serait contre-productive et incohérente. » Christiane Bernard ajoute : « Nous avions déjà tiré la sonnette d'alarme en 2014 quand la décision de revaloriser les pensions de réversion avait été prise. On ne peut pas financer la retraite de base en puisant dans les réserves de la RCO. On finance déjà la retraite de base avec un prêt cautionné par l'État ! C'est inadmissible de traiter l'agriculture de cette façon ! »

Un point de vue partagé par Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin. « Ce n'est pas en augmentant les charges sociales que nous parviendrons à améliorer la compétitivité des agriculteurs. La réduction de la cotisation MSA est une réelle avancée, d'autant qu'il s'agit d'une mesure structurelle et non conjoncturelle. Un taux de 35 %, c'est bien, mais à condition de ne pas augmenter d'autres cotisations par ailleurs… » À l'avenir, les outils fiscaux devront permettre aux agriculteurs de lisser leurs revenus, d'accuser les chocs à la hausse, mais aussi à la baisse, souligne Franck Sander.

Niess Agriculture à Dambach-la-Ville

Le Niess Viti Démo Tour dans les starting-blocks

Vigne

Publié le 19/06/2016

Chez Niess Agriculture à Dambach-la-Ville, les préparatifs du Niess Viti Démo Tour 2016 vont bon train, expliquent Olivier Meintzer, directeur commercial, et Gérard Jacquat, commercial viticole.

« Dans le Bas-Rhin, la route des vins est très longue : il y a 120 km de Châtenois à Cléebourg. Lorsque nous organisons une journée de démonstration en Centre-Alsace, nous n'attirons pas forcément les viticulteurs de l'Outre-Forêt. D'où l'idée d'une caravane itinérante qui sillonnera le département durant quatre jours », explique Gérard Jacquat.

C'est, souligne-t-il, l'aboutissement d'un projet né en août dernier, lors de la soirée fournisseurs de la foire aux vins de Colmar. « Depuis l'ouverture de la base de Dambach-la-Ville, spécialisée dans la viticulture, Niess Agriculture organise chaque année une ou deux démonstrations de matériels. Lors de cette soirée fournisseurs, nous avons lancé l'idée de montrer les matériels en fonctionnement durant la période où ils sont effectivement utilisés dans les vignes. Depuis l'an dernier, je travaille sur ce projet… » Il a fallu contacter les différents partenaires, choisir les matériels, convaincre les vignerons, choisir les vignes, arrêter le programme définitif, régler les problèmes logistiques.

C'est ainsi que les viticulteurs pourront voir en situation réelle, sur les sept parcelles de vigne inscrites au programme, outre sept tracteurs New Holland, les pulvérisateurs Berthoud Fischer, la rogneuse et l'effeuilleuse Binger Seilzug Ero, la tarière planteuse Nicolas Rogier, le matériel de travail du sol et la faucheuse intercep Clemens, etc. Au total, une dizaine de machines en démonstration. Pendant qu'elles seront au travail, les viticulteurs pourront découvrir d'autres matériels exposés sur le podium Niess Agriculture, en statique, explique Olivier Meintzer. Sur chaque site, ils trouveront une machine à vendanger New Holland équipée d'une cellule de pulvérisation de Berthoud, tandis que la société Felco leur présentera son nouveau sécateur pour la vigne.

Des conditions spéciales seront accordées pour toute affaire conclue durant cette opération, précise Gérard Jacquat. « Nous organisons en outre une tombola dotée de lots qui permettront aux gagnants de passer un moment de détente avec leur épouse, dans l'esprit de convivialité de la maison Niess - un week-end espace détente, une journée de croisière, un repas gastronomique - ainsi que de nombreux autres lots offerts par les fournisseurs », ajoute Olivier Meintzer. Des tee-shirts Niess Viti Démo Tour 2016 ont été créés spécialement pour l'occasion.

« Cette tournée est un événement vraiment exceptionnel, insiste le directeur commercial. C'est l'aboutissement de notre implantation dans le secteur viticole en 2013 qui a, depuis cette date, essaimé à Marlenheim et à Hoffen. Comme l'an dernier, nous serons présents sur le parc de la foire aux vins d'Alsace de Colmar. »

Les vidéos