Auteur

Anny Haeffelé

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Lycée professionnel agricole privé Schattenmann de Bouxwiller

L’attrait de la soixantaine

Vie professionnelle

Publié le 31/05/2019

L’aventure commence en 1954, avec la création d’un centre d’enseignement ménager pour jeunes filles. L’idée est de scolariser les jeunes filles dès 13 ans, une ou deux journées par semaine, explique Marie-Jeanne Nussbaum, directrice du Lycée Schattenmann. « À Bouxwiller, le centre était situé à côté d’une école de couture. La décision a été prise de fusionner les deux structures. Mais le fonctionnement était chaotique, car très souvent, les filles étaient retenues par les travaux des champs. »

La Mutualité sociale agricole du Bas-Rhin s’investit de plus en plus dans le financement du centre et en 1959 devient le partenaire numéro un. L’école de couture et d’enseignement familial rural s’installe en 1962 au premier étage du tribunal cantonal. Dans les années 1970, l’établissement est reconnu par le ministère de l’Agriculture. En 1975, il change de nom : il devient l’école privée d’enseignement ménager agricole. Deux ans plus tard, la MSA achète l’ensemble du bâtiment de l’ancien tribunal et aménage une cuisine pédagogique et un laboratoire, ainsi qu’une salle de TP en sous-sol.

Une réorganisation de l’enseignement agricole intervient en 1984. En 1986, plusieurs nouveautés : création du Bepa Dicopa, introduction de la mixité et introduction des premiers ordinateurs pour les élèves. Par la suite, de nouveaux espaces sont aménagés au grenier : deux salles de classe - elles deviendront plus tard la comptabilité et la salle informatique -, le CDI et une réserve.

L’Unrep Est prend le relais

En 1992, l’école change une nouvelle fois de dénomination et devient le lycée professionnel agricole privé Schattenmann, du nom de Charles Henri Schattenmann, enfant de Bouxwiller. C’est aussi l’année du lancement du partenariat avec la Hongrie, qui dure 25 ans. Lorsque la MSA décide de se retirer, un partenariat est conclu entre l’Unrep Est (Union nationale rurale d’éducation et de promotion) et le ministère de l’Agriculture. Il prend effet le 1er septembre 1995.

Grand tournant dans les années 2000. Le service à la personne a le vent en poupe mais il devient de plus en plus difficile de loger les élèves chez les habitants de Bouxwiller. La décision est prise de construire un internat à quelques mètres de l’établissement. Une extension est construite dix ans plus tard : elle accueille l’internat des garçons. Dernière nouveauté en date, la création d’une classe de 4e Initiative pour mieux accompagner les élèves « dys » (dyslexie, dyspraxie…) ou ayant des troubles de l’apprentissage. « Et depuis la rentrée, nous sommes un lycée 4.0 », souligne Monique Nussbaum.

Mais le Lycée Schattenmann ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. « Nous comptons sur vous pour nos projets futurs, comme l’ouverture d’un BTSA Services en milieu rural, le développement de la formation continue dans le cadre du CFP Nord Alsace récemment créé et la mise en place d’une section européenne en bac pro », annonce Myriam Schott, présidente de l’association gestionnaire du lycée. Et pour conserver les souvenirs de ses soixante ans d'existence, l'équipe va rédiger les « mémoires » du lycée.

Présentation des veaux par les enfants

Un petit brin de fantaisie

Élevage

Publié le 15/05/2019

De l’imagination, les enfants n’en manquent pas. Ils l’ont prouvé lorsqu’ils ont défilé dans le ring, pour la plus grande joie du public. Le premier groupe, venu tout droit de la SCEA Moulin Fleuri (Adloff, Carnevali, Kuhn) de Stutzheim, présente Prima, un veau né en avril. Superhéros ou danseuse ? L’avenir nous le dira. Les enfants de la famille Ott, de l’EARL de l’Étincelle à Mommenheim, interprètent Hans em Schnokeloch. Les enfants du Gaec Wilt à Dachstein présentent Wilt Oulette. Alicia et Léo, avec le veau Salta de l’EARL Schwartz Hochstett, racontent une belle comptine.

« Jetzt langt’s ! Cela fait trois ans que je répète la même chose à Brumath : le prix du lait est trop bas », invective Élise, de l’EARL de la Colline à Dauendorf. Elle présente Parfaite, « même si le prix du lait n’est pas parfait ».

Petit moment de dépaysement avec Plage, un veau de race normande, présenté par Emma, Victor et Mathilde, du Gaec du Vieux Moulin à Hirschland, en Alsace Bossue. Puis un petit clown nommé Arthur et son frère Jules, du Gaec Cousandier à Rœschwoog, présentent Pirouette, un veau simmental. Dans le rôle du modérateur, Rémy Bierbaum.

Concours de génisses prim’holstein

Une génisse lorraine, championne incontestée

Élevage

Publié le 15/05/2019

« La féminité dans la génisse, c’est ce que je recherche aujourd’hui », indique le juge luxembourgeois, Pit Bosseler, en désignant la gagnante de la 1re section, Riedill Oréal (n° 9), de l’EARL Wollenburger de Bindernheim. La n° 6, Wilt Oulette, du Gaec Wilt de Dachstein, et la n° 2, Ducket Tequila, une copropriété de l’EARL Schwartz de Hochstett et du Gaec Wilt, occupent les deux places suivantes.

Dans la 2e section, la première est Hamant-Peltre Odaia (n° 26), du Gaec Hamant-Peltre de Guermange en Moselle. Le juge est séduit par « sa finesse, son caractère laitier, la qualité de ses membres inférieurs ». À sa suite, Oda du Neuhof (n° 18), de l’élevage du Neuhof à Michelbach-le-Haut, et Opérette (n° 24), du Gaec des Sources à Lupstein-famille Wendling.

Dans la 3e section, le jugement est très serré. « La première est plus fine et plus développée pour son âge. » Il s’agit de Wilt Eldéna (n° 29), du Gaec Wilt. Viennent ensuite Odie (n° 37), du Gaec Thiebaut à Craincourt en Moselle, et HMP Adonis (n° 35), du Gaec Hoffstetter à Largitzen.

Dans la 4e section, le public peut admirer des génisses soigneusement clippées, certaines d’entre elles faisant montre de fantaisie, avec une crête à l’iroquoise. La première est Octavie (n° 42), du Gaec Thiébaut. « Une génisse spéciale, sans doute l’une des plus complète du concours. Elle exprime bien le caractère laitier. » HMP Sylvie (n° 39), du Gaec Hoffstetter, se classe deuxième ; et Orchidée (n° 45) de la SCL Boos à Blaesheim, termine troisième. Très pédagogique, le juge explique aux autres éleveurs pourquoi leur animal n’a pas été choisi.

« Prête pour gagner »

Huit animaux sont en concours pour le championnat junior. C’est la génisse n° 26, Hamant-Peltre Odaia, qui l’emporte. « Elle était prête pour gagner aujourd’hui. Elle est menée par un jeune présentateur tout aussi talentueux. » Riedill Oréal (n° 9) est réserve championne.

Dans la section 5, HMP Hélène (n° 52), du Gaec Hoffstetter, se démarque par la qualité de ses pattes et de ses membres. La deuxième est Oriane (n° 53), du Gaec Thiébaut, la troisième Odessa (n° 57), du Gaec Losser à Mussig.

Dans la section 6, c’est Riedill Opéra (n° 61) de l'EARL Wollenburger qui l’emporte. « Elle est fine dans ses os et son bassin laisse augurer une très bonne vache. » Sa féminité et son caractère laitier ont séduit le juge. Derrière elle, Faithemy (n° 67) de l'EARL Schwartz à Hochstett et Orianered (n° 64) de l’EARL Guth à Littenheim.

La section 7 est dominée par Oleostar du Saulnois (n° 76), du Gaec du Saulnois à Remilly en Moselle. « Elle était prête pour le concours », estime Pit Bosseler. Viennent ensuite deux vaches sous numéro, 86 (n° 83 dans le catalogue) et 102 (n° 78), appartenant toutes deux au Gaec de Wittelsheim.

Dans la section 8, les affaires se corsent. « C’est plus serré qu’avant », lance le juge. La première place revient à DLC Noudy (n° 92), du Gaec de la Cigogne à Wolfisheim. « Elle n’est pas aussi bien préparée pour les concours que les autres, mais elle a une très belle ligne de dos. » À la deuxième et troisième place, Wilt Yvetta (91), du Gaec Wilt et Nohl Lyana (n° 93), une vache en copropriété appartenant au Gaec Wilt, à l’EARL Schwartz, à Mathieu Urban et à la Ferme intense, un élevage canadien.

À l’heure du championnat senior, le juge opère un premier tri et cinq génisses restent dans le ring pour le sprint final. Et quand il tape sur le flanc de la génisse portant le n° 61, Riedill Opéra, sa meneuse pousse un hurlement de joie. Oléostar du Saulnois est classée championne réserve.

Une rouge au nom étrange

C’est une vache au nom peu banal, Ok. Taper. T - prononcer OK t’as pété - (n° 49) qui remporte le championnat rouge, une vache de l'EARL des Troènes à Baudrecourt. « Sa ligne de dos est vraiment belle. » Derrière elle, on trouve Ombre Red TH (n° 38), du Gaec du Tilleul à Traubach-le-Bas, et Orianered (n° 64), de l’EARL Guth.

Moment intense pour les meneurs et les spectateurs, le sacre de la grande championne de ce concours de génisses. C’est un élevage mosellan qui remporte la distinction suprême, avec Hamant Peltre Odaia (n° 26), du Gaec éponyme. Décidément, les éleveurs lorrains n’auront pas fait le déplacement pour rien !

C’est un concours de jeunes pousses, souligne le juge. « 70 jeunes ont présenté des génisses, c’est formidable et c’est l’avenir de notre métier. » Il a eu une pensée pour tous ceux qui, dans l’ombre et souvent durant la nuit, ont clippé les animaux. Jean-François Dintinger, président du Syndicat de la race prim’holstein, clôt ce concours.

Festival de l’élevage de Brumath

Un spectacle multiracial

Élevage

Publié le 14/05/2019

Le spectacle a commencé dès le matin dimanche dernier au plan d’eau de Brumath, avec la ronde des simmental. Michael Schmidt, éleveur à Wittelshofen en Allemagne, œuvre comme juge de ce concours, en compagnie de Paul Sperr. Dans le ring, un signe manifeste du dynamisme de l’élevage alsacien : de nombreux jeunes meneurs, avec une importante participation féminine.

Tiercé dans l’ordre pour la 1re section (génisses) : n° 1 au catalogue, Océanie, du Gaec Bernhard de Wœrth arrive en tête, suivie du n° 2, Nouba, du même propriétaire, et du n° 3, Nougatine, du Gaec Cousandier de Rœschwoog.

Souffle de fraîcheur dans la 2e section (vaches en 1re lactation) : la vache n° 13, Menthe, du Gaec Cousandier de Rœschwoog, se classe première. « Beaucoup de longueur, une belle mamelle, des pattes solides », de l’avis du juge qui relève également ses qualités bouchères. Elle précède la n° 15, Mareva, du Gaec Bernhard, et la n° 17, Justine, de l’EARL Engel de Buhl. La meilleure mamelle de la section appartient à la n° 16, Jinna, de l’EARL Herzog d’Ettendorf : « Une mamelle longue, une implantation très correcte des trayons ».

Les vaches sont un peu récalcitrantes, en ce dimanche matin. « C’est mieux que la salle de sport », s’exclame un éleveur ! Mais le spectacle continue et, dans la 3e section (vaches en 2de lactation), la n° 19, Laguiole, du Gaec Bernhard, est à la pointe. Une vache harmonieuse avec « une belle longueur d’attache arrière, une puissance dans le corps. » Elle est meilleure mamelle de sa section. En 2e position, la n° 23, Jeunesse, du Gaec Pfennig de Zutzendorf, suivie de la n° 25, Jalina, de l’EARL Herzog. La n° 24, Joueuse, du Gaec Pfennig, se distingue pour ses qualités bouchères.

Les n° 16 et 19 sont en concours pour la meilleure mamelle jeune. C’est la plus jeune, Jinna, qui l’emporte par la beauté de son attache avant, la régularité et la solidité de la mamelle. La plus âgée, Laguiole, n’a pas démérité, le juge trouvant sa mamelle « absolument parfaite ».

Pour le championnat jeunes vaches, le juge hésite entre Menthe et Laguiole. C’est encore la plus jeune qui l’emporte. « C’est un plaisir de voir une si belle jeune vache évoluer dans le ring avec style et aisance. » Cette génisse du Gaec Cousandier, fille de Justin, a produit 27,6 kg de lait lors de son meilleur contrôle, indique Rémy Bierbaum. « Un excellent animal, très complet. »

La belle Image

Les animaux de la 4e section (vaches en 3e lactation) impressionnent le juge par leur longueur et leur puissance. La vache n° 26, Image, de l’EARL Marzolf à Nehwiller près Wœrth, s’impose avec un excellent bassin et une belle mamelle à l’attache haute. Elle est d’ailleurs classée meilleure mamelle de sa section. La n° 29, Dande, de l’EARL Engel, et la n° 28, Jocelyne, de l’EARL Herzog, sont respectivement 2e et 3e. La meilleure bouchère, c’est la n° 27, Ixina, de l’EARL Herzog.

Et nous voilà à la section 5 (vache en 3e lactation et plus). « La qualité de ces vaches vaut bien quelques applaudissements », estime le juge qui souligne leur longévité et leur belle mixité (lait, viande). La n° 31, Hutte, du Gaec Cousandier, se classe première. « Une vache énorme à tous les points de vue. » C’est la digne fille de son père, le taureau Énorme, ajoute Rémy Bierbaum. En 4e lactation, elle a produit 8 361 kg de lait. Elle est également meilleure mamelle de sa section. Derrière elle, Impératrice (n° 30), du Gaec Bernhard, et Gaya (n° 36), de l’EARL Engel.

La meilleure mamelle adulte est Hutte. Elle a tout pour plaire : « Distance plancher-jarret parfaite, très bonne implantation de trayons, mamelle très bien intégrée au corps ».

Après un peu de suspense, c’est officiel ! Image remporte le championnat vaches adultes. Régularité et style, qualités de bassin et de membres ont fait pencher la balance. La meilleure bouchère est Impératrice, « la perfection dans la mixité ». Elle a de nombreux atouts : « Son âge, preuve de sa durabilité, son développement, son excellent bassin et ses très bons membres ». Dans la foulée, le juge désigne la grande championne du concours, Image. « Cette vache m’a impressionné par son style, sa longueur, la qualité de son bassin et de sa mamelle », admet-il.

Le show se poursuit par la présentation par lots. « La crème de l’élevage simmental », selon Rémy Bierbaum qui a traduit fidèlement les commentaires du juge tout au long du concours. « Des lots fabuleux, très harmonieux », confirme Michael Schmidt. Ce qui, de la part d’un juge allemand, est un sacré compliment ! Les élevages Cousandier et Engel sont en lice pour la première place. C’est finalement l’élevage Cousandier qui l’emporte, avec « des vaches puissantes, au bassin exceptionnel ».

Frédéric Bernhard, nouveau président du Syndicat d’élevage de la race simmental d’Alsace, a remercié les juges pour leur efficacité, le sourire des éleveurs prouvant qu’ils sont satisfaits de leur classement.

Les palmarès

Race simmental

Section I : n° 01 Océanie (2534) appartenant au Gaec Bernhard, Wœrth ; n ° 02 Nouba (2457) appartenant au Gaec Bernhard, Wœrth ; n° 03 Nougatine (0805) appartenant au Gaec Cousandier, Rœschwoog

Section II - 1re lactation : n° 13 Menthe (9450) appartenant au Gaec Cousandier, Rœschwoog ; n° 15 Mareva (4052) appartenant au Gaec Bernhard, Wœrth ; n° 17 Justine (7885) appartenant à l’EARL Engel, Buhl. MM n° 16 Jinna (3469), appartenant à l’EARL Herzog, Ettendorf

Section III - 2e lactation : n° 19 Laguiole (6395) appartenant au Gaec Bernhard, Wœrth MM ; n° 23 Jeunesse (2251) appartenant au Gaec Pfennig, Zutzendorf ; n° 25 Jalina (7093) appartenant à l’EARL Herzog à Ettendorf

Meilleure mamelle jeune : n° 16 Jinna (3469), appartenant à l’EARL Herzog, Ettendorf ; Championne jeunes vaches : n° 13 Menthe (9450) appartenant au Gaec Cousandier, Rœschwoog

Section IV - 3e lactation : n° 26 Image (5454) appartenant à l’EARL Marzolf, Nehwiller près Wœrth MM ; n° 29 Dande (5135) appartenant à l’EARL Engel, Buhl ; n° 28 Jocelyne (5203) appartenant au Gaec Bernhard, Wœrth

Section V - 4e lactation et plus : n° 31 Hutte (6884), appartenant au Gaec Cousandier, Rœschwoog ; n° 30 Impératrice (2222), appartenant au Gaec Bernhard, Wœrth ; n° 36 Gaya (6715), appartenant à l’EARL Engel, Buhl

Meilleure mamelle adulte : n° 31 Hutte (6884), appartenant au Gaec Cousandier, Rœschwoog ; Meilleure bouchère : n° 30 Impératrice (2222) appartenant au Gaec Bernhard, Wœrth ; Championne vache adulte : n° 26 Image (5454) appartenant à l’EARL Marzolf, Nehwiller près Wœrth

Grande Championne : n° 26 Image (5454) Appartenant à l’EARL Marzolf, Nehwiller près Wœrth ; Meilleur lot : Gaec Cousandier, Rœschwoog.

Race montbéliarde

Section I : n° 01 Cat Orélie (4287) appartenant au CAT du Sonnenhof, Bischwiller ; n° 04 Cat Oasis (4273) appartenant au CAT du Sonnenhof, Bischwiller ; n° 02 Cat Orphé (4278) appartenant au CAT du Sonnenhof, Bischwiller

Section II : n° 03 Cat Oléane (4274) appartenant au CAT du Sonnenhof, Bischwiller ; n° 06 Natoo (7112) appartenant à la SCL Goos, Blaesheim

Grande championne : n° 03 Cat Oléane (4274) appartenant au CAT du Sonnenhof, Bischwiller

Race jersiaise

Section I : n° 01 RG Obligée (4326) ; n° 02 Olala (4288), toutes deux appartenant au Gaec de Rosen-Guth à Dettwiller

Section II : n° 05 RG Marilou (0913) ; n° 04 RG Naïve (6847), toutes deux appartenant au Gaec de Rosen-Guth à Dettwiller.

Inauguration

« Montrer ce que l’on sait faire avec le cœur, avec les tripes »

Vie professionnelle

Publié le 14/05/2019

Petite séquence nostalgie : « Il y a quarante ans, il y avait des concours d’élevage dans chaque canton, a rappelé Denis Ramspacher, président de la Chambre d'agriculture d’Alsace. Et chaque année en septembre, c’était à la foire européenne de Strasbourg que se rencontraient les éleveurs, avec des présentations d’animaux de toutes races (porcs, moutons, chevaux, vaches). Lorsque la foire européenne a réduit la surface dédiée à l’espace agricole pour céder la place aux institutions européennes, nous avons cherché un nouvel emplacement. La municipalité de Brumath nous a proposé son plan d’eau. » Depuis, cette manifestation n’a cessé de s’étoffer.

Saluant les invités dans le ring d’élevage, à la mi-journée, Denis Ramspacher a relevé la présence importante d’élus, sénateurs, députés, députée européenne, conseillers départementaux et régionaux, maires et présidents d’organisations professionnelles agricoles.

L’occasion était rêvée, pour Marc Schneider, président du festival de l’élevage, d’évoquer les dossiers qui préoccupent la filière élevage. « Les prix du lait et de la viande ne sont pas assez rémunérateurs, surtout après la sécheresse de l’an dernier qui nous a obligés à acheter du fourrage à des prix élevés. Mais le plus pénible, c’est sans conteste la stigmatisation dont nous sommes victimes dans les médias. Et ce, bien que nous fassions de notre mieux pour produire dans les meilleures conditions. » Il a remercié sponsors et bénévoles pour leur contribution à la réussite de ce festival.

« L’élevage est une solution pour la planète »

« Depuis 36 ans que je suis au conseil municipal, j’ai pu vivre l’évolution de ce festival, a souligné Étienne Wolf, maire de Brumath. C’est une belle vitrine pour l’élevage. Elle permet au grand public de mieux cerner la réalité de votre métier. »

« Voyez comme l’élevage est capable de mobiliser et d’attirer les foules, s’est exclamé, Xavier Lerond, secrétaire adjoint de la Chambre régionale d’agriculture du Grand Est (Crage). Je reste farouchement persuadé que l’élevage est une solution pour l’avenir de la planète. Les manifestations qui se sont déroulées en marge du G7 de l’environnement, la semaine dernière à Metz, nous ont permis de l’affirmer haut et fort. Nos pratiques s’améliorent dans tous les domaines. C’est vrai dans nos élevages comme dans nos abattoirs, malgré les affirmations des spécistes. » L’élevage est un élément clé de la stratégie des chambres consulaires du Grand Est, a-t-il affirmé. « C’est un peu le ciment de leur action, une base de solutions. » Remerciant le président de la Région Grand Est, il a souligné : « Nous continuerons à vous faire des propositions. Merci du geste que vous avez fait l’an dernier pour les éleveurs. Nous avons souffert, parce que nos animaux ont souffert. C’est l’origine de notre mal-être. »

Se projeter dans l’avenir

Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, le concède, « l’agriculture, et l’élevage en particulier, souffre d’un problème d’image et de manque de reconnaissance. Mais la présence nombreuse des élus à notre manifestation est rassurante. Notre responsabilité c’est de nous projeter dans l’avenir. Serons-nous en mesure de répondre aux attentes de nos concitoyens en matière de proximité, de respect de l’environnement ? Oui, le monde agricole est capable de répondre à ces enjeux. Mais il faut l’aider à investir, à explorer de nouveaux débouchés sur le plan local et à l’export, à réussir la transition environnementale. Et veiller à ne pas amplifier les distorsions de concurrence, au niveau national et européen. »

Le défi climatique touche les éleveurs de plein fouet, comme l’a prouvé la sécheresse de l’an dernier, a poursuivi Franck Sander. « Merci pour les 8 millions d’euros que vous avez débloqués pour nous permettre de la surmonter. Nous vous encourageons à nous accompagner sur ces changements climatiques. » Une piste d’avenir : « Le monde agricole devrait s’ouvrir davantage aux services rendus à la société. J’ouvre la réflexion : le service rendu pour l’amélioration de la qualité de l’eau, la production d’énergie renouvelable, le stockage du carbone doit être reconnu, afin de garantir un meilleur revenu aux agriculteurs. »

« Je suis pour une politique régionale »

Jean Rottner, président du Conseil régional Grand Est, en est persuadé, « la meilleure manière de lutter contre l’agribashing, c’est de montrer ce que l’on sait faire avec le cœur, avec les tripes. C’est la première démonstration que l’on peut faire, que ce soit à Paris, à Sedan, à Brumath. Il y a un point qui fait consensus, quelle que soit notre sensibilité politique, c’est d’être au rendez-vous en situation de crise. Les aléas climatiques qui surviennent de manière régulière nous montrent que nous savons y répondre, des dispositifs rapides et simples ont été imaginés avec les organisations professionnelles et les conseils départementaux. » 3 030 dossiers seront soutenus par la Région Grand Est, a indiqué Jean Rottner. Mais elle voit au-delà : « Nous sommes en train de travailler sur l’irrigation du futur, sur l’installation des jeunes. Et si nous évoluons dans un cadre national, nous savons qu’il existe une force régionale tirant parfois dans un sens différent. Parce que le Cantal, ce n’est pas le Kochersberg ou le Sundgau. Nous sommes la première région agricole française. Sachons être leaders, mais différenciants si nécessaire. Méfions-nous de la tendance à la recentralisation. Ensemble, menons le même combat. »

Certaines filières agricoles sont en difficulté, comme la betterave à sucre. « Grâce au boulot que nous avons fait, nous avons pu maintenir la sucrerie d’Erstein. » Un travail d’équipe, a ajouté le président. Le contrat d’objectifs élevage a été signé. « Nous devons maintenant travailler sur les abattoirs. Nous sommes concurrencés par la Belgique et l’Allemagne. Nous devons trouver une vraie stratégie à l’échelon régional pour conserver la compétitivité de nos outils régionaux. »

Évoquant le grignotage des terres agricoles, Jean Rottner s’est prononcé pour une saine régulation de la consommation foncière, l’objectif étant de maintenir le développement économique des territoires. « Petit à petit, on arrive à une position d’équilibre qui satisfait tout le monde. La consommation foncière ne doit pas être brutale. Les routes doivent se construire dans le respect de l’économie agricole. Nous devons protéger les terroirs que nous aimons. »

Très heureux d’être allé à la rencontre du monde de l’élevage à #Brumath

✅ Pour confirmer notre engagement de 8M€ dans le cadre du plan sécheresse
✅ Pour assurer notre soutien fort à cette filière de qualité

‼️ Pour dire ma fierté d’être 1 Region agricole par excellence !! pic.twitter.com/ENlPsTxEXY

— Jean ROTTNER (@JeanROTTNER) 12 mai 2019

Caisse d’assurance accidents agricole du Bas-Rhin

Une collaboration accrue entre les trois Caisses de l’Est

Vie professionnelle

Publié le 06/05/2019

« La mission première de notre caisse est d’indemniser les accidents du travail et les maladies professionnelles des salariés et non-salariés du régime agricole », a expliqué Denis Ramspacher, président de la Caisse d’assurance accidents agricole du Bas-Rhin, lors de l’assemblée générale du vendredi 3 mai à Schiltigheim. Pour la deuxième année consécutive, le nombre d’accidents est reparti à la hausse. 1 266 dossiers ont été enregistrés en 2018, contre 1 249 l’année précédente, soit une hausse de 1,36 %.

Cette hausse concerne surtout les salariés. Le nombre de dossiers des non-salariés est, à une unité près, le même que l’an dernier. « Fort heureusement, les accidents s’avèrent moins graves qu’en 2016. » Pour le président, le nombre d’accidents mortels, au nombre de deux, reste préoccupant. Ils ont frappé un stagiaire de 17 ans écrasé par une grume et un non-salarié retraité de 67 ans décédé d’une hémorragie interne suite au renversement de son tracteur.

Taux de cotisation inchangé en 2019

Le comité directeur a décidé de maintenir au 1er janvier 2019 les taux de cotisations foncières au même niveau que les deux années précédentes. « Nous avons le souci d’adapter nos ressources à nos besoins de financement des accidents du travail et maladies professionnelles (AT/MP), indique le président. Cela a permis une baisse de plus de 14 % sur les dix dernières années, preuve de la saine gestion de notre établissement. »

Parmi les chantiers évoqués par le président, la dématérialisation des flux via la carte Vitale. « Six ans après son lancement, un tiers de nos dépenses en nature est liquidé via cet outil. Tout fonctionne donc correctement, mais nous aimerions que l’utilisation de la carte Vitale se développe davantage. »

La collaboration avec les caisses du Haut-Rhin et de la Moselle se poursuit avec, désormais, un seul outil informatique et un service informatique mutualisé. Des défis importants restent à relever : finaliser la mise en œuvre de la déclaration sociale nominative (DSN), mettre en application le nouveau TESA, intégrer le prélèvement à la source et mettre en place les factures dématérialisées. Cette coopération se traduit également au niveau des actions de prévention : les trois caisses ont harmonisé leurs aides financières incitatives et mis en œuvre de manière coordonnée avec la MSA le plan Santé sécurité au travail 2016-2020.

Gestion maîtrisée

Pascal Jan, le directeur de la caisse a présenté le programme de prévention de la CAAA 67. Les moyens consacrés à la prévention atteignent 215 000 €. 108 000 € d’aides financières ont été accordées, ainsi que 57 000 € d’aides exceptionnelles. Les dépenses liées à la formation à la sécurité se sont élevées à 17 000 €. Plus de cent sessions de formation ont ainsi été dispensées, elles ont permis de toucher 893 personnes. À cela s’ajoutent les 262 heures de cours dispensées aux élèves de l’enseignement agricole.

Philippe Barbier, président de la Fnaropa

Quand retraité rime avec maltraité

Vie professionnelle

Publié le 05/04/2019

« Oisifs », « nantis », « coûteux »… Les seniors sont régulièrement montrés du doigt. « Face à cette stigmatisation, nous voulons que les hommes politiques prennent conscience de la place que nous occupons dans la société, la cellule familiale, la politique », indique Philippe Barbier, président de la Fédération nationale des associations de retraités d’entreprises et d’organismes professionnels agricoles.

Petit rappel : le montant moyen de la retraite est de 1 288 €/mois en France. « Près de 45 % des retraités touchent moins de 1 200 €/mois. On est très loin de l’opulence ! » Par contre, concède Philippe Barbier, les Français sont les champions d’Europe du temps passé à la retraite. « Nous avons la meilleure espérance de vie de l’Union européenne, avec 88,6 ans pour les femmes et 84,3 ans pour les hommes. » Et l’âge du départ à la retraite est fixé à 62 ans en France, contre 65 dans la plupart des pays européens. « En moyenne, nous passons six ans de plus à la retraite que nos voisins européens. » Lorsqu’elle a été créée, en 1945, la durée moyenne de la retraite était de cinq ans. Aujourd’hui, elle est de 25 ans. « D’où l’urgence de réformer le système. »

Avec l’allongement de la durée de vie, un nouveau phénomène de société est en train d’apparaître. « Nous sommes une génération pivot. Il n’est pas rare de voir coexister quatre générations, nos parents, nous, nos enfants et nos petits-enfants. » Un retraité sur deux s’occupe d’ailleurs de ses parents - il y consacre plus de 5 h par semaine. Sur les 11 millions d’aidants familiaux que compte la France, 4,3 millions sont des retraités. Seules 44 % des familles font appel à une aide extérieure.

Les retraités sont aussi disponibles pour les petits-enfants. L’âge moyen d’arrivée du premier petit-enfant est de 55 ans. 75 % des plus de 65 ans ont en moyenne 5,2 petits-enfants. « Ils leur consacrent chaque année 23 millions d’heures de garde. Autant que les assistantes maternelles. » Et nombre de retraités exercent un nouveau « métier ». Chauffeur de taxi, pour amener leurs petits-enfants aux cours de musique, de danse, de sport, etc. La valeur des prestations fournies par les grands-parents, y compris les aides financières, est chiffrée à 30 milliards d’euros par an.

« En retraite, mais pas en retrait »

Les 9 millions de grands-mères et les 6 millions de grands-pères sont des porteurs de mémoire et des témoins du passé. Ils transmettent l’histoire familiale, les traditions, la langue régionale. Ce sont aussi des passeurs de savoir-faire - cuisine, jardinage, bricolage, couture, etc. Mais surtout, ce sont des acteurs engagés de la vie de la cité. « En retraite, mais pas en retrait », insiste Philippe Barbier. 87 % des retraités ont voté aux dernières élections présidentielles, soit 7 % de plus que le reste de la population. Et ils occupent des postes clés : l’âge moyen des maires est de 57 ans et près de 30 % des conseillers municipaux ont plus de 60 ans.

Et que dire de leur implication dans le milieu associatif ? 48 % des associations françaises sont présidées par des retraités. Ils jouent un rôle moteur dans le fonctionnement des associations caritatives, comme les Restos du Cœur, la Banque Alimentaire, la Croix Rouge. Un retraité sur deux est bénévole dans une association - il effectue en moyenne 110 h/an de bénévolat. Cela fait un milliard d’heures, dont on peut estimer le coût à 10 milliards d’euros par an.

Le poids des plus de 50 ans dans l’économie française est très important. « Ils pèsent pour 54 % des dépenses de consommation. Avec une particularité : ils achètent de préférence français. » 33 % d’entre eux possèdent une tablette et achètent en ligne, précise Philippe Barbier. Ils dépensent trois fois plus pour leur santé et sont créateurs de milliers d’emplois (services à la personne et aide à l’autonomie).

Conscients de la performance de leur modèle social, les seniors sont aussi créateurs de lien social et promoteurs du changement. Ils sont lanceurs d’alerte sur la perte d’autonomie. En 2030, 25 % des + de 65 ans seront dépendants. La perte d’autonomie et sa compensation deviennent un enjeu majeur. Mais les retraités ne peuvent pas se mettre en grève. Leur seul poids est électoral. « Soyons organisés pour agir et peser dans les débats qui s’ouvrent. »

Comptoir agricole

Dérèglement climatique : l’ère de la résilience

Cultures

Publié le 08/01/2019

Se morfondre sur les méfaits de la sécheresse est une chose. Se redresser pour trouver des parades en est une autre. La solution miracle n’existe pas - pas encore ? Mais des perspectives se dégagent. Le Comptoir agricole a organisé une table ronde avec d’éminents spécialistes pour faire le point sur ce sujet qui préoccupe l’agriculture alsacienne au premier chef : Alain Weissenberger, responsable de la filière maïs semences, Didier Lasserre, ingénieur chez Arvalis-Institut du végétal, Gérard Lorber, président du syndicat des irrigants d’Alsace, et Christian Lux, responsable agronomie et environnement au Comptoir agricole (de droite à gauche sur la photo).

Deux constats, tout d’abord : après les années 1970, plutôt froides, notre climat n’a cessé de se réchauffer. L’évapotranspiration maximale (ETm) a augmenté de 55 mm en trente ans. « Cela correspond à deux tours d’irrigation supplémentaires », souligne Didier Lasserre. Et les récoltes de maïs sont de plus en plus précoces. « Les cycles sont de plus en plus courts. » 2018 constitue, à cet égard, une année extrême, soulignant bien cette tendance à la précocité. Dans le futur, tout laisse penser que le nombre de jours où la température dépasse les 30 °C risque encore d’augmenter. Si, de 1961 à 1990, il était de 3 à 11 jours, il devrait s’établir entre 9 et 22 jours de 2021 à 2050, et entre 37 à 39 jours de 2071 à 2100. « Il y aura de plus en plus de jours chauds, il faudra s’y adapter. »

Question subsidiaire : la sécheresse occasionne-t-elle vraiment des pertes de rendement en maïs ? La période la plus compliquée pour le maïs se situe entre juin et août. C’est la phase d’élaboration des grains. Il faut au moins 200 mm d’eau pour permettre le remplissage des grains et assurer le rendement, comme le montrent les meilleures années. Un constat à nuancer, toutefois, au vu des rendements de 2018, somme toute honorables : ils s’établissent à 96-100 q/ha, alors qu’ils n’étaient que de 82 q en 2003, autre année de grande sécheresse. Comment expliquer cette différence ?

Le progrès génétique est la première piste avancée par Christian Lux. Pour confirmer ses dires, il souligne que le maïs a connu d’excellents rendements en 2017, alors que les précipitations étaient inférieures à 200 mm. Didier Lasserre apporte de l’eau à son moulin. « Nous avons atteint un rendement de 199,89 q sur une microparcelle expérimentale en 2018. L’agriculteur a fait une moyenne de 180 q sur l’ensemble de la parcelle. »

Irriguer pour sécuriser le revenu

Christian Lux évoque aussi une combinaison gagnante… « Nous avons eu de la chance en 2018. Nous avions de l’avance sur le cycle par rapport à la date de floraison et suffisamment de réserve hydrique jusqu’en juin. » Et bien sûr, il y a eu l’effet irrigation. « L’irrigation est sans doute la meilleure assurance revenu de l’agriculture alsacienne », estime Gérard Lorber. Mais peut-on la généraliser à l’ensemble du territoire ? « Techniquement, on peut irriguer partout en Alsace. » Mais le coût de l’installation peut s’avérer prohibitif : il peut atteindre 3 000 €, voire 4 000 €/ha selon la profondeur de l’eau. Jusqu’ici, l’irrigation n’a jamais été subventionnée en Alsace. « Il y a quelques années, nous avons demandé à la Région de nous soutenir financièrement. Elle nous a suivis. » Le retour sur investissement est long en agriculture. Heureusement, le matériel d’irrigation a une durée de vie très longue. « Certaines installations ont plus de 30 ans. »

Investir dans l’irrigation est un projet qui a du sens. « C’est particulièrement vrai pour les exploitations dont le modèle économique repose sur une culture spéciale », ajoute Gérard Lorber. Ce n’est pas Alain Weissenberger qui le contredira. « Nous nous sommes rendu compte que l’irrigation est une composante essentielle du rendement du maïs semences. En 2017, nous avons observé un différentiel de production de 15 % entre les parcelles irriguées et non irriguées. »

Dans certains secteurs, l’accès à l’eau reste difficile, rétorque Christian Lux. Il en veut pour preuve que seules 20 % des surfaces bas-rhinoises sont irriguées. D’où l’importance du choix variétal. « Nous avons mis en place le réseau Agroperformance pour suivre des zones sensibles comme le piémont et les sols sableux. L’adaptation et le comportement des variétés aux situations les plus difficiles nécessitent de l’expérimentation. »

L’influence de la génétique face au stress hydrique est évidente. Dans les situations de stress moyen, les gains de productivité s’élèvent à 7 q entre les variétés demi-précoces et les variétés tolérantes. Ces gains de productivité vont jusqu’à 10 q dans les situations de stress fort, comme dans le secteur de Reichstett. Alors, existe-t-il une variété de maïs à privilégier dans ces situations ? « La variété P9234 de Pioneer a montré un excellent comportement en situation de stress hydrique et des rendements plus importants en année favorable », admet Christian Lux.

Nouvelles technologies

La Ferme du futur by Comptoir agricole

Technique

Publié le 02/01/2019

Le Comptoir agricole 4.0 est en marche, indique Mathieu Walter, spécialiste de l’agriculture connectée. La coopérative a listé les besoins des agriculteurs pour être en phase avec leurs attentes, explique-t-il. Le constat est édifiant : outils de pilotage pour superviser l’ensemble des opérations, géolocalisation des parcelles, télédétection pour savoir ce qui se passe à l’intérieur des parcelles, capteurs au champ, objets connectés embarqués dans les machines pour mémoriser les actions menées, cartographie des sols et de leur potentiel, robotique pour que la machine puisse travailler en totale autonomie, réseau de communication, applications numériques, conseils connectés, etc.

Un agriculteur est un professionnel mobile et connecté par définition, poursuit Mathieu Walter. « Partant de ce constat, nous avons construit la Ferme du futur by Comptoir agricole. » Deux solutions sont déjà proposées aux adhérents. Le service Farmstar, commercialisé par la société Airbus, facilite le pilotage de la fertilisation azotée pour apporter la bonne dose au bon moment. Il évalue la biomasse des parcelles de céréales pour estimer les besoins des plantes au sein même de la parcelle. Cette information peut être utilisée par la machine pour piloter la fertilisation au mètre près. Pour ce faire, l’agriculteur peut s’appuyer sur la précision du signal RTK. « 160 agriculteurs sont déjà équipés du signal RTK, ce qui fait du Comptoir agricole le leader en la matière. »

D’autres solutions sont en test actuellement, comme Défisol qui permet de cartographier les parcelles pour connaître les caractéristiques et le potentiel des sols. « Ce logiciel évalue le potentiel de chaque zone à l’intérieur d’une parcelle donnée. » Autre solution à l’étude, la modulation de la densité de semis : deux sources d’information - la carte de rendement et la carte de densité de semis - sont superposées pour affiner la productivité de chaque zone.

« Si les résultats sont concluants, nous les proposerons à nos adhérents, indique Mathieu Walter. Si vous avez envie de découvrir ces nouvelles technologies, contactez Grégory Ledien, chargé des innovations en agroéquipements et en agriculture de précision. »

Conseil départemental du Bas-Rhin

La dignité humaine, une priorité

Pratique

Publié le 29/12/2018

Le terrorisme s’est invité à la séance plénière du Conseil départemental du Bas-Rhin, jeudi 13 décembre. « Nous nous sommes posé la question de reporter cette séance, a déclaré Frédéric Bierry dans son discours d’ouverture. Nous avons finalement choisi de la maintenir. Le propre du terrorisme, c’est de vouloir affaiblir notre vie démocratique. Je crois donc essentiel que nous poursuivions la mission qui nous a été confiée. »

Le président a exprimé son soutien aux élus de la ville et des cantons de Strasbourg. « En s’attaquant à Strasbourg, c’est tout à la fois au berceau de l’humanisme rhénan, à la capitale européenne et à la capitale des droits de l’homme qu’on a voulu porter atteinte. Le marché de Noël marque la préparation d’un temps de festivités. Il devient pour nous le temps du deuil. Ce deuil ne doit pas nous détourner des valeurs démocratiques et républicaines qui fondent notre société. Il doit, au contraire, nous inciter à les défendre sans cesse contre tous les fanatismes et tous les extrémismes. »

Mardi 11 décembre, le cimetière juif de Herrlisheim a été profané. Plusieurs tombes et le monument commémoratif de la Shoah ont été dégradés. « Ces faits, d’une rare violence, sont inacceptables. » Une motion a été proposée, au cours de cette séance, pour condamner toute forme d’antisémitisme et de xénophobie. « Dans une période d’incertitude où le sentiment d’impuissance face aux bouleversements qui touchent nos sociétés semble s’imposer, notre responsabilité sera de redonner confiance. C’est le rôle de notre Département et sa plus belle mission. C’est le sens du budget voté aujourd’hui. »

Contenir la pression fiscale

« Je n’ai pas été surpris par le mouvement des Gilets jaunes, expliquait quelques jours plus tôt Frédéric Bierry, lors d’une conférence de presse à Strasbourg. Cela fait un moment que je ressens ce climat insurrectionnel et ce désarroi. « Faut arrêter de nous taxer », telle est leur principale revendication. C’est pour moi le premier enjeu : ne pas prendre plus d’argent dans la poche des Bas-Rhinois. Depuis trois ans, nous n’avons pas augmenté les impôts. Nous allons même baisser la fiscalité l’an prochain : le taux de la taxe foncière sur les propriétés bâties baissera à 13,7 %. » Une baisse symbolique : c’est le premier acte fort en direction de la future collectivité Alsace. « Nous nous alignons sur le Département du Haut-Rhin. Un alignement vers le bas, pour une fois, qui nous fera entrer dans le club des dix départements français à la fiscalité la plus faible. Cela montre la direction dans laquelle nous voulons inscrire la Collectivité européenne d’Alsace. »

La dette du Département a, quant à elle, été réduite de 170 millions d’euros (M€) : elle est passée de 714 à 540 M€. « Le fait de baisser la dette nous octroie des moyens d’action supplémentaires. C’est important pour ne pas hypothéquer l’avenir. » Par contre, les dépenses sociales continuent à augmenter, notamment celles liées à l’autonomie, à l’éducation. « Mais nous faisons des efforts sur toutes les autres dépenses. Nous allons réintégrer l’ADT 67 (Agence de développement touristique du Bas-Rhin) dans les locaux du Conseil départemental. » Le Département investit également dans le domaine immobilier pour éviter de payer des loyers ad vitam aeternam. « Nous nous attaquons aussi aux racines de la dépense sociale pour éviter une explosion de ces dépenses. »

Un accompagnement humain inconditionnel

L’enjeu de la dignité humaine est l’une des grandes revendications du mouvement des Gilets jaunes, souligne le président du Conseil départemental. « Nous devons être plus humains dans la façon dont nous menons les politiques. » À titre d’exemple, il indique que les lettres de la MDPH (maison départementale des personnes handicapées) ont toutes été récrites. « Nous veillons aussi à l’accessibilité des services publics pour les personnes qui travaillent, en instaurant, si besoin, des horaires décalés. » De l’avis de Frédéric Bierry, le Département est l’un des derniers remparts contre la désertification des services publics. « Le Département du Bas-Rhin a fait de la proximité et de l’accueil humain inconditionnel une priorité. » L’illectronisme n’est pas un vain mot, poursuit-il. « Nous allons mettre en place un service d’écrivains publics. » La dignité humaine se joue aussi dans la lutte contre le chômage, la pauvreté, la précarité. « Nous travaillons toujours plus avec le tissu associatif. »

Il faut donner du sens à l’action publique tout en tenant compte des contraintes budgétaires, estime Frédéric Bierry. « Nous devons imaginer de nouveaux modes d’accompagnement, notamment pour le grand âge, revaloriser le travail social, en faisant évoluer ces métiers pour les rendre plus attractifs. Le plan de lutte contre la grande précarité nous dotera de moyens supplémentaires : nous avons été retenus parmi les territoires expérimentaux. Après l’enjeu fiscal, la dignité humaine doit être au cœur de nos préoccupations. »

Il faut également veiller à la dynamique des territoires, estime le président du CD67. « Les contrats départementaux ont pour but de valoriser les potentialités de chaque territoire. Il faut renforcer cette dynamique en aidant aussi les petites communes ayant de faibles moyens. 110 projets de développement et d’attractivité sont en cours de construction. »

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