Auteur

Anny Haeffelé

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Cristal Union

Erstein se lance dans le sucre de betterave bio

Cultures

Publié le 09/10/2020

Alors que la campagne sucrière vient de démarrer à l’usine d’Erstein, de nombreux producteurs se demandent pourquoi Cristal Union s’est lancé dans la production de sucre de betterave bio. Stanislas Bouchard, directeur commercial du groupe Cristal Union, explique : « Notre objectif est de répondre à la demande de nos clients industriels et grand public qui sont intéressés par un sucre de betterave bio, naturel et de qualité, produit localement. Nous avons aussi souhaité répondre à la demande des agriculteurs bio qui nous sollicitent pour développer cette nouvelle culture et enrichir leur assolement. »

Cristal Union est le premier groupe sucrier à avoir lancé une production de sucre de betterave bio en France, indique-t-il. Après une phase d’expérimentation à grande échelle dès 2018, avec 25 producteurs sur 150 ha de betteraves en mode bio, le groupe a produit en 2019 plus de 3 000 t de sucre bio provenant de 450 ha de betteraves à Corbeilles-en-Gâtinais, la première usine du groupe certifiée pour la production de sucre bio. « En 2020, nous avons doublé les surfaces de betteraves bio avec près de 1 000 ha. »

Les perspectives de marché pour le sucre de betterave bio sont prometteuses. La demande est croissante, les clients cherchant à limiter leurs achats de sucre bio importé de très loin pour privilégier le sucre blanc de betterave produit en France et dans certains autres États européens. « Outre le sucre bio, nous constatons également une forte demande en alcool bio, notamment pour des applications cosmétiques, mais aussi en pulpes surpressées pour l’élevage. Notre objectif est donc d’augmenter progressivement la production de betteraves bio. »

Une surface minimum de 250 ha pour démarrer

L’Alsace est concernée au premier chef par cette décision stratégique. Dès la prochaine campagne, les agriculteurs alsaciens pourront à leur tour se lancer dans cette production porteuse d’avenir, indique Laurent Rudloff, responsable agrobetteravier de l’usine d’Erstein. Le démarrage d’une production de sucre bio à l’usine d’Erstein nécessite une surface d’au moins 250 hectares certifiés AB. Cette production permettra en outre un élargissement de la gamme Erstein, avec du sucre bio.

« Nous nous adressons à tous les agriculteurs ayant déjà une partie de leur exploitation certifiée bio et qui souhaitent diversifier leur assolement avec une nouvelle culture de printemps, indique Laurent Rudloff. En mode bio, la valorisation du sucre nous permet d’allonger le rayon d’approvisionnement jusqu’à 150 km, en France comme en Allemagne. »

Tous les betteraviers se posent une question : la rémunération des betteraves bio sera-t-elle différenciée pour compenser le risque encouru ? Oui, répond Bruno Labilloy, directeur agricole de Cristal Union. Le prix d’achat des betteraves bio est constitué d’un prix à la tonne à 16° livrée, assorti d’une prime fixe à l’hectare pour un engagement pluriannuel. Pour 2020, ce prix d’achat est de 80 €/t, auquel s’ajoutent 200 €/ha pour la prime pluriannuelle.

Les candidats à la production de betteraves bio devront bien sûr se familiariser avec de nouvelles techniques culturales. Mais ils pourront compter sur l’expertise des experts agronomiques pour les épauler. « Le service de R & D agricole du groupe dispose déjà de plus de trois années d’expérience en conduite bio pour délivrer les meilleurs conseils et accompagner les planteurs tout au long de l’itinéraire cultural », indique Michel Butscha, qui suit de près les expériences menées en Champagne et dans le sud de Paris.

Maîtriser l’enherbement, un point clé

Comme pour la plupart des cultures en mode bio, la maîtrise de l’enherbement est le point le plus exigeant de la culture de betteraves bio. Cependant, les techniques de faux semis et de désherbage mécanique permettent de limiter le désherbage manuel. Les experts agronomiques du groupe ont expérimenté plusieurs matériels de désherbage mécanique à différents stades de développement des betteraves (herse étrille, bineuse à moulinets) qui se sont avérés efficaces. Le groupe a également investi pour expérimenter un prototype de désherbage mécanique sur le rang. « Pour la gestion des bioagresseurs, nous disposons de variétés tolérantes parmi un choix de variétés conventionnelles non traitées », indique Michel Butscha.

Les enjeux de cette nouvelle filière sont cruciaux. « La production de sucre de betteraves bio est complémentaire à la production de sucre en mode conventionnel, explique Bruno Labilloy. Chaque hectare compte pour alimenter la sucrerie et faire en sorte qu’elle reste compétitive dans la concurrence internationale exacerbée depuis la fin des quotas. À ce titre, l’essor d’une production de sucre bio permettra de conforter la production de la sucrerie d’Erstein, d’allonger sa durée de campagne, et donc d’accroître sa compétitivité. » La pérennité de l’usine d’Erstein est à ce prix.

Laurent Rudloff annonce que Cristal Union organisera prochainement des réunions sur le terrain, en lien avec ses partenaires pour présenter cette nouvelle production, son importance stratégique et ses aspects techniques. Ce sera l’occasion, pour tous les agriculteurs bio intéressés, d’explorer cette piste de développement.

 

 

 

En cette période estivale

Les arrêtés sécheresse pleuvent

Pratique

Publié le 16/08/2020

2020 est la quatrième année consécutive de sécheresse dans notre région, du fait de la faiblesse des précipitations qui perdure depuis le mois de mars. Conséquence, dès la fin juillet, la préfecture du Bas-Rhin a placé l’ensemble des unités hydrographiques du département (en dehors du Rhin) en état de vigilance.

Malgré les récentes précipitations, le niveau des cours d’eau devient alarmant dans certains bassins hydrographiques du Bas-Rhin. Le département, explique Guillaume Pfrimmer, animateur de la FDSEA 67 chargé du dossier irrigation, est divisé en quatre bassins hydrographiques : « Bruche, Ehn, Andlau, Giessen et Liepvrette », « Sarre », « Lauter, Sauer, Moder et Zorn » et « Ill aval ». Actuellement, c’est le bassin hydrographique de la Bruche qui soulève le plus d’inquiétudes. D’où la décision du préfet de le placer en alerte renforcée dès le 7 août, suite à la réunion du comité sécheresse du mercredi 5 août. Le reste du département reste en alerte, précise le communiqué de la préfecture.

« Il y a cinq seuils : normal, vigilance, alerte, alerte renforcée et crise, explique Patrice Denis, conseiller spécialisé irrigation à la Chambre d'agriculture Alsace. Nous devrions vraisemblablement atteindre le seuil de crise d’ici la fin de la semaine », pronostique-t-il. La réunion du comité sécheresse du mercredi 12 août devrait prendre cette décision lourde de conséquences pour les irrigants. Cela signifie en effet que les prélèvements dans les cours d’eau seront interdits, sauf pour les cultures maraîchères. « Ce n’est que la deuxième fois que cela se produit depuis la mise en place du comité sécheresse. »

Comment ça marche ?

Mais sur quelles bases sont prises ces décisions ? « Tous les mardis, la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, N.D.L.R) fait parvenir à l’ensemble des organismes concernés les données concernant les débits des différentes rivières. Le comité sécheresse se réunit suite à l’invitation de la DDT (Direction départementale des territoires) et décide de la stratégie à adopter de semaine en semaine », explique Patrice Denis. L’arrêté préfectoral imposant des mesures spéciales dans certains bassins hydrographiques est pris suite à cette réunion, poursuit Guillaume Pfrimmer. Le comité sécheresse inclut tous les gestionnaires qui ont affaire à l’eau : la profession agricole, les industriels, les distributeurs d’eau potable comme le SDEA (Syndicat des eaux et de l’assainissement Alsace Moselle), les associations de pêcheurs, VNF (Voies navigables de France), le SDIS (Service départemental d’incendie et de secours), la Région Grand Est, la Dreal, l’OFB (Office français de la biodiversité), la DDT, Alsace Nature, etc.

 

 

Au plus fort de l’été, le comité sécheresse se réunit toutes les semaines. La rencontre débute par une présentation de la situation climatique par Météo France, un état des nappes et des cours d’eau par l’OFB et une étude des besoins des différentes filières. Des informations qui permettent de faire une projection sur la situation à venir. S’engage ensuite un débat sur la nécessité de prendre des mesures, de renforcer les mesures déjà en place, voire de les lever si la situation s’améliore. L’administration tranche sur une position commune qui ne satisfait pas forcément toutes les parties en présence, souligne Guillaume Pfrimmer. L’arrêté sécheresse signé par le préfet fixe les mesures imposées dans les différents bassins hydrographiques.

Une certaine confusion règne souvent dans l’opinion publique, générant des incompréhensions. Ces arrêtés sécheresse ne concernent en effet que les prélèvements en eaux superficielles et l’utilisation des eaux issues de ces prélèvements. Les eaux distribuées par les réseaux d’adduction en eau potable (AEP) qui ont pour origine les nappes profondes ne sont donc pas concernées. « Les communiqués publiés par la préfecture pouvaient parfois prêter à confusion. En fonction du secteur où il se trouve, tout particulier qui utilise l’eau de la nappe pouvait continuer à arroser. » Entre-temps, les conditions se sont durcies dans le bassin hydrographique de la Bruche. « Mais nous avons plaidé pour que les particuliers puissent continuer à arroser leur jardin potager », indique Patrice Denis.

« Chacun doit y mettre du sien »

L’irrigation à partir des eaux superficielles est régie par une procédure bien établie. Dès le mois de décembre, les agriculteurs doivent se signaler auprès de la Chambre d'agriculture et remplir une demande d’autorisation de prélèvement en cours d’eau. Après étude des besoins des irrigants, la Chambre définit un référentiel de partage de l’eau. « Nous établissons un planning d’utilisation pour toute la période. Ainsi, dès le départ, l’exploitant connaît les règles du jeu, quel que soit le seuil. À chaque nouvel arrêté, la Chambre d'agriculture d'Alsace et le Syndicat des Irrigants Ried Sud lui envoient un SMS pour l’informer du niveau d’alerte de son bassin hydrographique », indique Patrice Denis.

« Nous avons découpé chaque cours d’eau en tronçons et nous établissons une liste des irrigants sur chaque tronçon », indique Guillaume Pfrimmer. Des règles de gestion sont établies en fonction du nombre de pompes. « Auparavant, nous raisonnions en tours d’eau. Mais cela s’est avéré problématique. Aujourd’hui, nous nous basons sur les prélèvements. Ainsi, si un tronçon comprend quatre pompes de 30 m3/heure, le débit sera réduit en fonction de ce que le cours d’eau est capable de donner, par exemple deux pompes à 30 m3/h ou quatre pompes à 15 m3/h, voire une seule pompe si la situation est vraiment grave. » À charge, pour les irrigants d’un même secteur, de se concerter pour établir leur planning dans le respect de ces restrictions. « L’an dernier, cela avait bien fonctionné, l’OFB était satisfait du résultat. Aussi avons-nous décidé de reproduire le même schéma cette année », indique Patrice Denis.

Là encore, de nombreuses incompréhensions subsistent sur le terrain. « Tous les ans, nous subissons des critiques par rapport à l’irrigation en journée. Or, les pertes dues à l’évapotranspiration sont très limitées, de l’ordre de 5 à 10 % selon différentes études. »

« Notre objectif est de défendre les intérêts des exploitants, précise Guillaume Pfrimmer. Nous revendiquons une réflexion globale incluant l’ensemble des utilisateurs de l’eau, et pas seulement les agriculteurs qui ont des règles de gestion bien établies. Les prochains comités risquent d’être âpres », admet-il. Patrice Denis confirme : « La profession agricole ne doit pas être la variable d’ajustement. Chaque usager doit y mettre du sien. »

 

 

Dans le canton de Soultz-sous-Forêts

Hunspach est LE village préféré des Français 2020 : les agriculteurs se réjouissent

Pratique

Publié le 30/07/2020

Sur le ban de Hunspach, on recense deux agriculteurs à temps plein et huit agriculteurs pluriactifs, souligne le président local de la FDSEA, Michel Weingaertner. Les principales productions sont les céréales, les moutons et les bovins. On y trouve aussi quelques chevaux de trait ardennais, pour tirer la calèche qui effectue chaque jour des promenades dans les rues du village. Hunspach compte également un éleveur de chevaux de course réputé, Martin Lehmann. « Je suis très content pour la commune, même si personnellement, cela ne me rapporte pas beaucoup », indique ce dernier.

Un agriculteur allemand s’est récemment installé au cœur du village. Il élève des poules, des cochons et des vaches, et transforme son lait en yaourts et en fromages, explique Michel Weingaertner. Lui-même était à la tête d’un cheptel de moutons jusqu’à son départ à la retraite. Ses neveux, Laurent et Nicolas, ont repris le flambeau mais il leur prête encore main-forte. Le troupeau se compose d’une centaine de brebis de race charolaise et suffolk en plein air. « Être élu Village préféré des Français est pour nous une réelle fierté, affirme Michel Weingaertner. Cela nous complique un peu la tâche, parfois. Sortir le tracteur ou les engins agricoles lorsque les rues sont noires de monde, ce n’est pas une mince affaire. Mais on s’adapte… »

 

 

Rendez-vous le dimanche 2 août

« Hunspach ne possède ni ferme auberge, ni magasin de vente directe », explique Didier Braun, vice-président de la FDSEA du Bas-Rhin et maire d’une commune voisine de Hunspach. Les retombées en termes économiques sur l’agriculture locale sont donc limitées. Mais les hébergements touristiques, eux, profitent pleinement de l’afflux de visiteurs : au Village de gîtes de Hunspach, qui regroupe 35 équipements, les réservations commencent à abonder. Paul Schiellein, son président, s’en félicite.

« C’est énorme, ce qui se passe à Hunspach, estime-t-il. Maintenant, nos clients nous demandent si nous sommes bien situés par rapport au Village préféré des Français… Avec Maurice Waltsburger, président du Relais départemental du tourisme rural, nous avons réalisé un flyer à l’attention des propriétaires de gîtes et de chambres d’hôtes, pour qu’ils puissent présenter à leurs hôtes les charmes de Hunspach. Il faut battre le fer tant qu’il est chaud… » L’office de tourisme de l'Alsace Verte, quant à elle, a installé un chalet sur la place de la Mairie pour accueillir le flux de visiteurs. Et tous les week-ends, une association s’occupe de la buvette et du repas de midi - des plats traditionnels et des tartes flambées. Le dimanche 2 août, ce sera au tour des propriétaires de gîtes d’Alsace du Nord. La cave de Cleebourg s’installera sur la place de la Mairie et la Musique Vogesia de Cleebourg donnera un concert de 15 h 30 à 17 h 30.

 

 

Anciens exploitants agricoles

Joseph Daul et sa vision de l’avenir de la Pac

Vie professionnelle

Publié le 08/04/2020

Lorsque la Commission européenne a dévoilé en mai 2018 ses propositions pour le budget européen 2021-2027, elle espérait un accord des États membres avant les élections européennes de mai 2019. Près de deux ans plus tard, les pays de l’UE affichent toujours de profondes divergences, et sont donc loin d’être parvenus à un accord. Le problème, c’est que la réforme de la Pac est elle aussi au point mort. « L’an dernier, avec l’ancien Parlement européen, nous aurions pu trouver un accord sur cette réforme, indique Joseph Daul. Mais Emmanuel Macron voulait tout changer. Je lui avais pourtant conseillé de sécuriser un accord pour cinq ans, quitte à y apporter des modifications en cours de route. Maintenant, nous sommes devant une situation compliquée, où personne ne sait ce qui peut arriver ».

Plusieurs difficultés mettent à mal l’équilibre européen. À commencer par la crise turque. « Cinq millions de réfugiés syriens sont aux portes de l’Europe, suite au chantage exercé par Erdogan, le président turc. » À cela s’ajoute la crise sanitaire provoquée par la pandémie du coronavirus. Joseph Daul fait le parallèle avec la crise de la vache folle qu’il a eu à gérer lorsqu’il était président de la Fédération nationale bovine. Une autre source d’inquiétude est, selon Joseph Daul, l’augmentation des dettes de nombreux pays. « Les grands de ce monde cherchent une solution pour gérer ces dettes ».

« Aucun État membre ne veut augmenter le budget européen pour lutter contre le flux migratoire et la crise sanitaire. Inévitablement, c’est la Pac qui trinquera ». L’urgence est désormais de faire adopter le budget européen pour les sept années à venir « et de voir ce que l’on en fait ».

Le commissariat à l’agriculture a été confié à un Polonais, preuve, selon Joseph Daul, du désintérêt des États membres pour la réforme de la Pac. Il voit une lueur d’espoir dans le fait que Phil Hogan, le commissaire au commerce, est un passionné d’agriculture et qu’il saura conseiller utilement le commissaire polonais. « J’espère qu’Angela Merkel restera aux manettes pour quelques mois encore. L’Allemagne assurera la présidence du Conseil de l’Union européenne au deuxième trimestre 2020. Si elle est encore là, on pourra peut-être voter le budget européen et sauver la ligne agricole ».

Pour Joseph Daul, « les tourbillons se multiplient au niveau géopolitique et on assiste à une grande déstabilisation. Erdogan et Poutine ont un seul objectif, détruire l’Union européenne. Mais je ne crois pas qu’ils arriveront à nous déstabiliser. Les pères de l’Europe ont accompli une œuvre incroyable que même le Brexit n’a pas réussi à mettre à mal ».

Syndicat de la race montbéliarde du Bas-Rhin

De cinq à sept

Élevage

Publié le 31/03/2020

Le prix du lait connaît une légère amélioration depuis 2019. Cette tendance devrait se poursuivre en 2020, a indiqué Jean-Marie Schoenel lors de l’assemblée générale du 6 mars à Batzendorf. « Le président de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait), Thierry Roquefeuille, a insisté récemment sur le fait que la grande distribution doit se baser sur nos coûts de production pour fixer le prix de vente du lait. Les éleveurs doivent signaler à la FNPL les enseignes qui ne jouent pas le jeu pour faire pression sur elles. »

Cette assemblée générale a permis de mieux cerner les performances des élevages montbéliards bas-rhinois, avec un effectif moyen de 56,7 vaches, en recul de 11 vaches par rapport à 2019, une production de lait brut de 7 281 kg, relativement proche de la moyenne alsacienne, toutes races confondues, qui est de 7 952 litres. Les chiffres avancés par José Estève, du Contrôle laitier, font état d’un recul de 864 l de la production de lait à 7 %, à 7 081 l, imputable à la mauvaise qualité du fourrage. Le taux cellulaire s’est amélioré, à 129 000 cellules, et reste très inférieur à la moyenne alsacienne (182 000 cellules). Le rang moyen de lactation est de 2,7 contre 2,5 en moyenne, l’intervalle vêlage-vêlage s’est rallongé de 14 jours, mais est toujours plus bas que celui des autres races : 408 contre 418. La complémentation des vaches s’est renchérie, là encore du fait de la mauvaise qualité du fourrage. Le prix du concentré est en baisse, sous l’effet de la croissance des concentrés fermiers. Le produit lait hors complémentation a augmenté de 14 € par tonne de lait.

Un renouvellement important de l’offre

L’offre montbéliarde a été profondément renouvelée, a indiqué Pierre Élie Richard, technicien montbéliard à Élitest. Il a remercié les éleveurs bas-rhinois pour leur participation au schéma de sélection. « Un veau mâle de l’élevage Reinhardt à Menchhoffen issu du partenariat Umotest a intégré ce schéma. Par ailleurs, une génisse de l’élevage Gerber à Ingolsheim est entrée récemment à la station de donneuses d’embryons d’Épinal. Nous la rendrons gestante à son propriétaire pour qu’elle poursuive sa carrière de laitière à la ferme. »

Joanie Lutz, du GDS Alsace, a fait le point sur la lutte contre l’IBR (rhinotrachéite infectieuse bovine), une maladie virale très contagieuse provoquée par un herpès virus bovin. Suite à une surveillance très stricte, d’énormes progrès ont été accomplis en Alsace qui recense 25 cheptels en assainissement, treize cheptels comptant moins de cinq bovins positifs et huit cheptels avec plus de 19 bovins positifs.

Des changements sont à venir dans le programme de lutte contre la BVD (diarrhée virale bovine), une maladie infectieuse due à un pestivirus. « Actuellement, nous sommes en phase de bouclage et d’élimination des IPI (infecté persistant immunotolérant). La proportion de veaux positifs est relativement stable, tout comme le nombre de cheptels infectés qui se situe en dessous de la moyenne de la zone. Nous devrions passer prochainement en phase de surveillance sérologique », a annoncé Josie Lutz. Des tests sont en cours dans quatre secteurs alsaciens : Drulingen, La Petite Pierre, Bischwiller et Guebwiller. Pour autant, cette méthode ne fait pas l’unanimité. Ainsi, Jean-Marie Schoenel est favorable au maintien du système de bouclage, même s’il est plus onéreux, car il a fait ses preuves. Les éleveurs mosellans, qui expérimentent depuis deux ans la surveillance sérologique, rencontreraient quelques difficultés.

Viser la neutralité carbone d'ici 2050

Dans le Grand Est, la mutualisation des services élevage se poursuit, a annoncé le directeur adjoint du service élevage de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Laurent Clarys, qui devrait succéder prochainement à Philippe Caussanel. Les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin, de la Haute-Marne et de la Moselle, qui ont lancé la démarche en 2017, ont été rejoints par trois autres départements, depuis lors. « L’objectif est de mettre en commun nos moyens et de travailler sur l’innovation dans les services. Cela se traduit notamment par une montée en compétences des agents de pesée, afin d’accentuer leur mission de collecte de données d’élevages, et par l’accroissement de l’expertise des conseillers ».

L’impact environnemental des élevages a souvent fait l’actualité, au cours des derniers mois. L’empreinte carbone d’une vache laitière est estimée à 0,87 kg en CO2 par litre de lait. Les principaux responsables des émissions de gaz à effet de serre sont la fermentation entérique, les intrants et la gestion des effluents. Mais il ne faut pas oublier, a souligné Laurent Clarys, que l’élevage bovin préserve 5,7 millions d’hectares et qu’une ferme laitière compense 14 % de ses émissions de carbone.

La filière laitière est investie depuis plusieurs années dans l’adaptation au changement climatique et la réduction de l’empreinte carbone du lait. Après le programme LIFE Carbon Dairy, l’Idele lance la démarche « Ferme laitière bas carbone », un projet qui vise à réduire de 20 % les émissions de GES par litre de lait d'ici 2025. « L’empreinte carbone est un critère de plus en plus important pour les consommateurs. Notre stratégie consiste à viser la neutralité carbone d'ici 2050. Un label bas carbone a été créé en 2018, avec un système de crédit carbone géré par France Carbon Agri », a indiqué Laurent Clarys.

Sur la base d’un diagnostic carbone initial de l’exploitation, un projet de réduction de l’empreinte carbone est mis en place. Il s’agit d’activer des leviers d’action pour faire des gains de carbone donnant droit à des crédits carbone. « En Alsace, une ingénieure a été formée, elle est en train de réaliser les premiers diagnostics ».

 

Lire aussi : Des élevages peu nombreux mais performants

 

 

Plan bâtiment : bilan et perspectives

Une nouvelle dynamique

Technique

Publié le 24/01/2020

Jamais le Plan bâtiment n’a connu un tel succès. Pour Daniel Brua, conseiller d’entreprises à la Chambre d’agriculture Alsace et responsable du dossier IMBE, deux nouveautés sont à l’origine de cet engouement. « Pour la première fois en Alsace, les bâtiments et silos de stockage en plaine étaient éligibles à l'aide aux investissements pour la modernisation des bâtiments d’élevage (IMBE). C’était une attente des éleveurs qui souhaitaient augmenter leur capacité de stockage pour améliorer leur autonomie fourragère. » Par ailleurs, les éleveurs qui avaient déjà déposé un dossier par le passé pouvaient en présenter un deuxième, à condition d’avoir soldé le premier dossier.

Conséquence de ces décisions, un bilan très dynamique. « Nous avons déposé 87 dossiers, le plus fort nombre depuis le début du plan actuel en 2015. » Sur ces 87 dossiers, 47 sont liés au stockage de fourrage, précise Daniel Brua. 61 dossiers ont été recensés dans le Bas-Rhin, 26 dans le Haut-Rhin. Les bovins lait constituent toujours le gros des troupes, avec 42 dossiers. Mais les investissements dans les poulaillers continuent, principalement dans le Bas-Rhin. Les autres dossiers concernent les ovins, les porcs et les bovins viande, avec là aussi de nombreux projets de stockage de fourrage.

Montant moyen d'investissement : 261 000 €

« Sur les deux ou trois premières années, on déposait de nombreux dossiers proches de 1 million d’euros. Tous ceux qui voulaient investir dans le lait l’ont fait à ce moment-là, explique le conseiller. Aujourd’hui, les projets concernent plutôt l’installation d’un robot de traite, la construction d’une nurserie, d’un bâtiment vaches taries et de silos ou bâtiments de stockage des fourrages. On est plutôt dans l’amélioration des conditions d’élevage. » Le montant moyen des investissements le prouve. Il s’élève à 261 000 €, générant 53 200 € d’aides. Au total, les investissements prévus atteignent 22,70 M€, soit un montant d’aides de 4,60 M€. La répartition de ces aides est inchangée : 53 % proviennent des fonds européens (Feader), 47 % étant abondés par l’État, la Région Grand Est et l’Agence de l’eau.

2019 a connu deux périodes de dépôt des dossiers : du 7 février au 11 mars, le comité technique chargé de leur validation s’étant réuni le 28 mai, et du 17 juin au 31 juillet, la réunion du comité technique ayant eu lieu le 12 novembre 2019. « Tous les dossiers complets ont été retenus. Il en est ainsi depuis 2015, date d'entrée en vigueur du plan IMBE actuel, précise le conseiller. Mais ce ne sera peut-être pas le cas en 2020, dernière année du Plan bâtiment. »

 

Lire aussi le dossier Bâtiment de 2019, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

Le plan IMBE en 2020

Attention, une seule période de dépôt des dossiers

Technique

Publié le 24/01/2020

Première bonne nouvelle, le montant des aides reste inchangé, de même que les taux de subvention. Les différents postes éligibles sont identiques, eux aussi, y compris l’extension stockage de fourrage en plaine. Le montant minimum d’investissement éligible est fixé à 50 000 € HT, excepté pour les filières d’élevage ovin, caprin, porcin AB, volaille AB et lapin AB pour lesquelles le montant minimum est abaissé à 15 000 € HT. Les montants et les taux d’aide sont fixés en fonction du montant éligible du projet, de la présence ou non d’un JA, de la localisation du projet (montagne ou plaine) ou de l’engagement que prennent les candidats à mettre en œuvre des actions améliorant la durabilité de l’exploitation en matière de gestion des effluents, d’autonomie fourragère, de transformation, et de bien-être animal.

Pour sa dernière année, le plan bâtiment connaît un certain nombre d’adaptations. « En raison des contraintes budgétaires, les financeurs ont limité le dépôt des dossiers à une seule période car toutes les demandes d’aides doivent être bouclées avant le 31 décembre sur le plan administratif. » La période de dépôt des dossiers a débuté le 15 janvier et s’achèvera le 30 avril, avec une prolongation pour les JA jusqu’au 28 mai. Il n’y aura donc pas de possibilité de déposer un projet en été ni en automne. Les éleveurs intéressés doivent donc réagir rapidement car la sélection se fait sur la base d’un dossier complet, comprenant notamment l’accord de permis de construire, les devis et une étude globale d’évolution de l’exploitation.

Un budget plus contraint, mais une certaine souplesse

Face à ces nouvelles contraintes, la Chambre d'agriculture d’Alsace a réussi à négocier plusieurs aménagements. Les dossiers concernant l’installation d’un jeune agriculteur disposeront d’un délai supplémentaire d’un mois, la date limite étant reportée au 28 mai. Par ailleurs, pour les projets qui nécessitent l’octroi d’un permis de construire, il suffira de joindre au dossier le récépissé du dépôt de demande en mairie, l’accord définitif devant être joint au dossier avant le 30 juillet.

Daniel Brua attire l’attention sur un élément fondamental. « En cette fin de plan, le contexte financier est plus compliqué. Certains financeurs ont pioché dans l’enveloppe financière au cours des années précédentes pour honorer tous les projets présentés. Aussi se réservent-ils le droit de fixer des ordres de priorité si cette enveloppe s’avérait insuffisante. » Dans ce cas, précise Daniel Brua, les dossiers qui concernent les jeunes agriculteurs, l’environnement (élevage biologique, exploitations herbagères, gestion des effluents), ainsi que les éleveurs qui déposent un projet pour la première fois devraient être prioritaires.

Le comité technique se réunira en septembre prochain. « Nous lui présenterons tous les dossiers complets qui nous seront soumis, mais nous préviendrons les éleveurs qu’ils devront attendre le feu vert des autorités pour être sûrs de bénéficier des subventions. » La délibération des financeurs interviendra avant la fin de l’année, avec éventuellement une grille de priorisation des demandes. Une fois la décision d’attribution des aides accordée, les travaux doivent impérativement commencer dans les douze mois suivants et être achevés dans un délai de 24 mois à compter de la date de déclaration de démarrage des travaux. « Nous nous attendons à un nombre de dossiers proche de celui de 2019 », estime Daniel Brua.

Les éleveurs souhaitant déposer une demande de subvention peuvent bénéficier de l’accompagnement d’un conseiller. Ils peuvent contacter les conseillers d’entreprise des Adar dans le Bas-Rhin ou téléphoner à Irène Bronnenkraut (03 89 20 97 30) dans le Haut-Rhin. À noter que la Chambre d’agriculture propose une prestation bâtiment, qui comprend la réalisation du permis de construire.

Un régime transitoire

Que se passera-t-il après 2020 ? « Normalement, un nouveau plan IMBE Grand Est aurait dû voir le jour en 2021. Mais comme les négociations sur la réforme de la PAC s’enlisent, et que l’avenir du plan bâtiment est étroitement corrélé à celui de la PAC, il ne sera pas prêt à temps. On se dirige vers une reconduction du système actuel, comme ce fut déjà le cas en 2014, à l’issue du précédent plan. En toute logique, nous allons vers un système transitoire qui reprendra les conditions du plan IMBE actuel. » Pour Daniel Brua, il n’est pas concevable que tout s’arrête brutalement. « Il n’y aura pas d’année blanche, estime-t-il. personne ne sera laissé au bord du chemin. »

 

Lire aussi le dossier Bâtiment de 2019, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

Viande bovine

Caractère d’Alsace joue la proximité

Vie professionnelle

Publié le 04/10/2019

Depuis bientôt dix ans, la marque Caractère d’Alsace fait les beaux jours des rayons viande des grandes surfaces alsaciennes. Dès son lancement, le groupe Bigard, dont fait partie la société Charal, est parvenu à convaincre ses clients du bien-fondé de cette démarche basée sur un partenariat gagnant-gagnant, principalement pour la valorisation des jeunes bovins engraissés en Alsace. De fait, deux « Caractère d’Alsace » différents se côtoient : le premier, reconnaissable à la couleur rouge de son logo, distingue la viande provenant d’élevages laitiers ; le second, de couleur noire, est réservé aux élevages plus spécialisés qui engraissent et élèvent des animaux de races à viande.

Pour aller plus loin dans la satisfaction des consommateurs et redonner de la valeur aux produits élevés et engraissés en Alsace, l’idée a germé de lancer une marque Caractère d’Alsace encore plus proche des étals. Pour ce faire, Charal s’est rapproché de Socobeval, acteur bien implanté sur le marché alsacien, pour rechercher des élevages voisins des lieux de consommation. « Aux quatre coins de l’Alsace, nous avons listé les élevages implantés à proximité des magasins avec lesquels nous travaillons, explique Daniel Dreyfuss, président du syndicat des marchands de bestiaux d’Alsace et collaborateur de Socobeval. Outre la réduction du temps de transport, cela permet aux consommateurs de visiter les fermes impliquées dans cette démarche. On trouve le Caractère d’Alsace + partout en Alsace. Cette démarche est assortie d’une plus-value sympathique pour l’éleveur, afin qu’il soit mieux rémunéré et arrive à vivre décemment de son travail. Un travail qui devient de plus en plus contraignant, car chaque jour s’ajoutent des charges supplémentaires. »

« Les génisses, que du bonheur ! »

Patrick Bastian, du Gaec des Voyageurs à Zehnacker, a tout de suite saisi l’intérêt de cette démarche. « De plus en plus, les consommateurs veulent connaître l’origine des aliments, ils recherchent la proximité. Quand on connaît le producteur, c’est mieux. » Lorsqu’il a arrêté la production laitière, Patrick Bastian s’est lancé dans l’engraissement de taurillons, mais ce mode de production ne lui convenait pas. « Mon bâtiment laitier n’est pas adapté à ce type d’élevage et les bagarres étaient fréquentes. J’ai donc cherché une production moins contraignante que nous pouvions mener tout seuls, moi ou mon fils, qui s’est installé récemment. »

Il ne regrette pas son choix. « Depuis que je me suis reconverti dans l’élevage de génisses, ma vie a changé. Je peux tout faire tout seul, je suis beaucoup plus tranquille et, économiquement parlant, je ne me plains pas. Ma ferme, qui compte 60 % d’herbe, est particulièrement adaptée à ce type d’élevage. Les génisses valorisent bien l’herbe. Et nous avons commencé à implanter de la luzerne, pour arrêter progressivement tout achat extérieur. Avec les génisses, c’est possible. Je réponds à la demande des consommateurs, à leur exigence de qualité, et j’apprécie ce style de vie. Nous avons installé un pont-bascule et un quai de chargement pour faciliter l’enlèvement, et du même coup notre travail. » Patrick Bastian précise : « Lorsque l’on élève des génisses, il faut travailler avec un professionnel qui a les marchés pour écouler les animaux quand ils sont prêts. Daniel Dreyfuss passe régulièrement chez moi pour faire le tri des génisses selon les différents marchés. »

Groupe Armbruster

Les céréales ont la clim !

Cultures

Publié le 09/09/2019

L’idée a germé au début de l’année, explique Christophe Armbruster. « Nous étions à la recherche d’une alternative aux traitements appliqués jusqu’ici pour assurer la bonne conservation des céréales dans les silos de stockage. » Une température de stockage réduite empêche les céréales stockées de développer des moisissures, ou les insectes d’y proliférer, précise-t-il.

Cette option a été prise pour deux raisons. « Nous voulons poursuivre la démarche de développement durable engagée depuis plusieurs années. De toute manière, la sensibilité sociétale fait que les consommateurs ne veulent plus entendre parler de traitements chimiques. » Par ailleurs, la liste des produits autorisés de traitement insecticide de stockage se réduit comme peau de chagrin. Certes, des solutions alternatives apparaissent sur le marché mais, pour l’instant, elles sont encore en phase d’expérimentation, indique Christophe Armbruster.

Une solution innovante

La solution choisie par l’organisme stockeur consiste à conserver les céréales par le froid. Le système de réfrigération, situé à l’extérieur, est branché sur les gaines de ventilation afin d’injecter du froid à l’intérieur du silo pour abaisser la température des céréales qui y sont stockées. « Le but est de faire descendre la température sous les 15 °C. » La température à l’intérieur des cellules est contrôlée par un système de sondes.

Cette technologie est particulièrement adaptée aux céréales à paille. « Le blé arrive généralement au silo à une température de 30 à 35 °C. Or la température de conservation idéale se situe à moins de 15 °C. » À cette température, les insectes ne peuvent pas proliférer, ni les moisissures se développer. Ce système de réfrigération sera aussi utilisé pour le maïs, à terme, même s’il est moins sensible aux attaques d’insectes, en raison de son passage dans le séchoir.

« Lorsque nous vendons des grains à un meunier, la vente se fait « sans insectes ». Les silos du groupe Armbruster sont déjà équipés d’un système de ventilation qui permet de livrer des céréales sans insectes. Mais en cas de risque, nous étions obligés de fumiger des insecticides qui ont une efficacité de six mois. »

La technologie Granifrigor, développée par la société FrigorTec, implantée dans le Bade-Wurtemberg, est déjà utilisée dans le monde entier, mais l’installation des premiers appareils en France est relativement récente. « Nous sommes le premier gros organisme stockeur - et la première société en Alsace - à investir dans cette technologie, précise Christophe Armbruster. Notre objectif à terme est de ne plus recourir aux insecticides, mais de trouver des solutions alternatives pour la conservation du grain en silo. La technique du froid en fait partie. »

Thierry Kolb, président du syndicat de la race charolaise d’Alsace

Concours charolais : « Participer permet de s’étalonner »

Élevage

Publié le 20/08/2019

« C’est un petit concours en termes de nombre d’animaux présentés, malgré un nombre d’éleveurs au-dessus de la moyenne », précise Thierry Kolb, président du syndicat de la race charolaise d’Alsace, l’un des piliers de l’organisation de ce concours régional. La qualité, elle, sera au rendez-vous, avec plusieurs animaux primés lors de précédents concours, comme la multichampionne Numismatique. « Les animaux sont assez bien répartis entre les différentes catégories : il y aura moins de veaux que lors des précédentes éditions, et il y aura notamment quatre taureaux et quatre vaches. » Une nouveauté est au programme : un challenge sans cornes intersexe, qui récompensera le meilleur animal génétiquement sans cornes du concours.

Thierry Kolb regrette qu’il n’y ait pas plus de participants : « C’est toujours une bonne opportunité de se confronter aux autres pour continuer à avancer, à s’améliorer. À la maison, nous avons tous les meilleurs animaux du monde… Mais il y en a de bons ailleurs aussi ! Et inversement, il y a des bons animaux chez des éleveurs qui ne le soupçonnent peut-être même pas. Participer permet de s’étalonner ! »

« L'essentiel est de participer »

Il est vrai que les éleveurs ont de moins en moins de temps disponible pour préparer les bêtes. « Par préparer, j’entends dresser et toiletter, pas forcément nourrir. Certaines catégories d’animaux ne nécessitent pas d’alimentation spécifique. Les femelles, par exemple. Si elles disposent d’une herbe de qualité au pâturage, elles sont naturellement en état et même fleuries, selon le jargon consacré. Pour les mâles, c’est un peu différent. Ce sont des catégories à besoins plus élevés, qui nécessitent donc une alimentation plus riche. Et n’oublions pas que l’année 2019 est - à nouveau - compliquée. En fonction de l’origine géographique des éleveurs et de leur mode de conduite du troupeau, il y aura des différences d’état et de préparation assez importantes. Mais l’œil du vrai connaisseur saura faire la part des choses. En tout cas, l’essentiel est de participer ! »

Quoi qu’il en soit, explique le président du syndicat, les bêtes présentées donnent une bonne image du cheptel de chaque participant. « L’élevage continue de vivre une période tourmentée, comme jamais auparavant, peut-être, mais il n’est pas mort ! Il doit évoluer, les éleveurs doivent devenir plus professionnels, plus connaisseurs ! J’invite tous les éleveurs à venir nous voir, en profitant du concours pour aiguiser leur œil. » Ils pourront également profiter de la présence de l’inspecteur racial qui prodiguera des conseils à longueur d’après-midi, donnera des explications et fera de la pédagogie !

Les concurrents seront jugés par Laurent Vignol, éleveur à Beaumont en Argonne, dans les Ardennes. Son exploitation, l’EARL Beaulieu, réalise chaque année 160 vêlages. Tous les animaux de son cheptel sont inscrits au herd-book, précise Thierry Kolb.

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