Auteur

Anny Haeffelé

Retrouvez ses derniers articles ci-dessous :

Direction régionale de l’entreprise, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi du Grand Est

Lutter contre les fraudes au travail détaché

Vigne

Publié le 25/09/2016

Régulièrement, l’équipe de la Direccte effectue des contrôles inopinés pour vérifier les conditions d’emploi et d’hébergement des salariés détachés, en particulier dans le bâtiment, les transports, l’agriculture ou la forêt. Depuis le 1er janvier 2016, un millier d’interventions ont déjà été réalisées dans la région Alsace Champagne-Ardenne Lorraine et une centaine d’amendes administratives ont été prononcées.

Les enjeux de ces contrôles sont importants, expliquent Thomas Kapp, responsable de l’unité départementale du Bas-Rhin de la Direccte, et Caroline Decleir, responsable de l’unité régionale de contrôle contre le travail illégal. Car il s’agit à la fois de protéger les travailleurs et de lutter contre une forme de concurrence déloyale entre les entreprises.

Depuis l’ouverture des vendanges, plusieurs contrôles ont eu lieu dans le vignoble : en Champagne la semaine dernière, en Alsace cette semaine, et bientôt dans le Toulois. Mardi dernier dans le secteur de Cléebourg, une équipe d’inspecteurs du travail était à pied d’œuvre dès les premières heures de la matinée. Après avoir expliqué le motif de leur intervention au chef d’exploitation - qui n’était pas averti de leur passage -, les agents de contrôle se sont engagés simultanément dans les différentes rangées pour relever l’identité des vendangeurs et vérifier leurs conditions d’embauche. « Nous avançons toujours par deux pour des raisons de sécurité. » Malgré la proximité de la frontière allemande, ils n’ont pas trouvé de salarié en détachement ce jour-là.

Mais cela ne se passe pas toujours aussi bien : « Dans un autre secteur d’activité, nous avons trouvé des salariés d’origine ukrainienne ou colombienne, détachés par des entreprises européennes en toute illégalité. Ils étaient payés 3 €/h et logés à dix dans une caravane… », explique Pierre Lalanne, responsable de la communication externe à la Direccte. Ces dernières années, aucune situation aussi dramatique n’a été découverte en Alsace, en particulier dans le secteur agricole. Mais on se souvient de cet agriculteur allemand qui produisait 17 ha de fraises en Alsace et employait 50 saisonniers étrangers aux conditions sociales allemandes, qui a été lourdement sanctionné…

Journée des maires du Bas-Rhin

« La responsabilité écrasante des maires »

Pratique

Publié le 25/09/2016

Créée le 10 octobre 1946, l’association des maires du Bas-Rhin est présidée durant treize ans par Désiré Brumbt, maire de Haguenau. Au lendemain de la guerre, les préoccupations majeures sont les dommages de guerre, la reconstruction des habitations et des infrastructures, le ravitaillement. Aux difficultés du « retour à la vie normale » s’ajoutent, pour les maires du Bas-Rhin, le changement de législation, le retour des milliers de « Malgré Nous » et l’usage du dialecte dans les mairies, l’État voulant imposer la langue française. « On est loin du slogan de l’Office pour la langue et la culture d’Alsace, Elsässichischbombisch ! »

Au cours de la décennie suivante (1956-1965), les revendications des maires portent sur la fiscalité et les finances locales. Le statut des élus locaux fait débat, les maires réclamant une revalorisation de leurs indemnités face à la complexité croissante de leur mandat.

Les maires et la construction européenne

« Je ne serais pas complet si je n’évoquais pas l’action des maires dans la construction européenne, a poursuivi Claude Kern. Ils ont été les acteurs du rapprochement des peuples, des cultures et des échanges », grâce aux nombreux jumelages.

En 1960, Pierre Pflimlin, maire de Strasbourg, est élu à la présidence de l’association. Il affirme : « C’est en regardant par la lunette des maires que l’on arrive à mieux connaître la réalité locale ». L’intercommunalité est à l’ordre du jour : dans la foulée de l’État, le bureau de l’AMBR incite à la création de syndicats intercommunaux dans le domaine de l’eau, de l’assainissement, de la gestion des forêts.

Sujet d’actualité à la fin des années 1960, les rythmes scolaires. Les maires discutent de la modification de la semaine scolaire, avec la suppression des cours le samedi après-midi, mais aussi de la création d’équipements sportifs et de l’organisation de garderies.

La loi Marcellin de juillet 1971 sur les fusions et les regroupements de communes provoque un tollé général. « Cette loi échoue en raison de sa nature autoritaire, a constaté Claude Kern. Au contraire, le processus de création d’une commune nouvelle issue de la loi Pelissard de mars 2015 respecte davantage l’identité de chaque commune et l’élaboration d’un projet territorial supra communal. » Quatre nouvelles communes ont ainsi été créées récemment dans le Bas-Rhin et une cinquième, la nouvelle commune de Hochfelden, verra le jour en 2017.

Si les finances locales sont un thème récurrent dans les années 1970, la sécurité, l’urbanisme (multiplication des lotissements), l’environnement (pollution du Rhin, élimination des déchets) mobilisent l’attention des maires. « Il est recommandé aux maires de souscrire une assurance de responsabilité personnelle. » En 1975, le bureau de l’association se prononce favorablement sur le projet de premier code des communes car il prend en compte les spécificités de l’Alsace et de la Moselle.

Une nouvelle fois, la concentration des communes est à l’ordre du jour : la commission Guichard veut réorganiser administrativement la France, créer 5 000 grosses intercommunalités et signer la fin des petites communes…

En 1983, la loi de décentralisation donne lieu à un vaste débat. Cette année-là, Daniel Hoeffel accède à la présidence de l’association des maires, poste qu’il occupe jusqu’en 2004. Il cède la place à Joseph Ostermann qui préside l’association pendant dix ans. Parmi les dossiers phares, ce dernier a évoqué le partenariat avec l’Université Robert Schuman pour la formation des élus locaux, la sauvegarde du grand hamster d’Alsace et la refonte de la carte intercommunale du Bas-Rhin : « En quelques années, le nombre d’EPCI est passé de 34 à 23 », a-t-il indiqué. Par ailleurs, il a regretté l’échec du projet de conseil unique d’Alsace.

Pour l’avenir, les chantiers sont nombreux, a souligné Claude Kern. À commencer par celui des intercommunalités. « Des projets de fusion menés tambour battant, des transferts de compétence décidés par la loi NOTRe… Notre association réclame une pause dans les réformes », a-t-il indiqué. En matière de sécurité, la donne a changé avec la montée du terrorisme : « Chaque maire doit prendre conscience que les écoles, les manifestations organisées dans sa commune peuvent être une cible ». Le chantier de la simplification des normes avance péniblement. Enfin, le président a annoncé que les statuts de l’association sont en cours de modernisation. Le projet sera soumis lors de l’assemblée générale du 2 décembre.

« Nous avons besoin de votre expertise »

« Nous avons besoin de votre expertise du terrain, de votre connaissance de la réalité de nos concitoyens, a déclaré Frédéric Bierry, président du Conseil départemental du Bas-Rhin. Vous êtes ceux qui inspirent confiance à nos concitoyens. » Selon certains élus, le Département ne sert plus à rien. « Ce sont des propos ingrats, a affirmé le président. Le Département est le partenaire privilégié des communes au quotidien. » Mais, fortement impacté par la baisse des dotations comme toutes les collectivités, il a recherché des sources d’économie afin de dégager des marges de manœuvre permettant de financer les besoins dans les territoires, développer une dynamique nouvelle. Pour construire ensemble cette politique dans les territoires, le Département organise, le 19 novembre prochain, l’événement « Faire équipe pour nos territoires ». « À ceux qui veulent la querelle des collectivités, j’opposerai l’alliance des territoires. Travaillons collectivement pour faire vivre l’excellence alsacienne. »

Évoquant la réforme territoriale, Frédéric Bierry a ajouté : « Cette réforme tend à faire de l’Alsace une périphérie française, alors que nous sommes le cœur européen de la France. Il n’est pas possible de se satisfaire de cette situation. Il faut tout faire pour que l’Alsace redevienne une réalité institutionnelle. »

Recentrer le débat

« Les opposants d’hier au Conseil d’Alsace sont ceux qui le réclament aujourd’hui, a fait remarquer Philippe Richert, président de la Région Grand Est. La décision de créer la Région Grand Est est venue du niveau national, le Parlement en a décidé ainsi. Je suis fier d’être le président de cette grande région et je ferai tout pour qu’elle puisse continuer à se développer. » 75 % des chefs d’entreprise pensent que c’est une bonne chose, a-t-il souligné. « Depuis le 1er janvier 2016, nous avons intégré de nouvelles compétences et mis en place une organisation territoriale sur une région qui fait deux fois la Belgique, en faisant tout pour que Strasbourg soit reconnue capitale de cette nouvelle région. » L’une de ces compétences nouvelles est le transport interurbain et scolaire. « Nous avons décidé de transférer les deux au 1er janvier 2017, avec le transfert des moyens correspondants. Nous allons mettre en place un système reprenant la situation actuelle avant d’harmoniser les pratiques. »

Le préfet de la région Grand Est, préfet du Bas-Rhin, Stéphane Fratacci, a insisté sur « la responsabilité écrasante des maires, essentielle dans la proximité de la construction de la République ». Pour lui, il faut aller plus loin dans l’information sur la réalité de la délinquance et les enjeux de la radicalisation. « Lors de l’organisation d’événements attirant un large public, il faut bien évaluer les risques et les dispositifs de prévention et de sécurité à mettre en place. » De gros efforts ont été consentis pour rendre la rentrée scolaire la plus sûre possible, a-t-il ajouté.

Élevage Ernwein à Oberhausbergen

Pleins feux sur la race charolaise

Élevage

Publié le 23/09/2016

« Nous avons décidé de vendre nos meilleurs veaux en direct aux éleveurs pour leur permettre d’acheter une bonne génétique sur place, expliquent les éleveurs. Jusqu’ici, nos meilleurs veaux étaient sélectionnés et envoyés à la station d’évaluation de l’Union Charolais Croissance à Migennes. Ces futurs reproducteurs étaient ensuite vendus aux enchères à l’issue de la phase d’évaluation. » Mais voilà, la déroute du groupe Copvial est passée par là !

La station de Migennes appartient à la coopérative Union Charolais Croissance, explique Jacques Ernwein. « Elle ne rémunère pas directement les éleveurs : l’argent transitait par Copvial. L’an dernier, nous avons envoyé cinq veaux à Migennes et nous n’avons jamais été payés… De ce fait, la plus-value que nous retirons de notre travail de sélection nous est passée sous le nez. » Jacques Ernwein a donc décidé de ne plus envoyer de veaux à la station d’évaluation tant que le dossier ne sera pas réglé. « C’est un peu notre riposte pour faire bouger les choses, même si je sais que d’autres éleveurs alsaciens ont une ardoise beaucoup plus lourde. Nous préférons vendre ces futurs reproducteurs directement aux éleveurs de la région. »

Testage à la ferme

Jacques et Anne Ernwein pratiquent le testage en ferme : l’évaluation des jeunes taureaux se fait sur l’exploitation, qui adhère au contrôle de performances. « Nous participons ainsi à leur évaluation. » C’est sur la base de cette évaluation qu’est défini l’index des taureaux disponibles à l’insémination artificielle. Les veaux qui naissent de ces accouplements sont pesés. « Quant aux génisses, elles sont conservées jusqu’au sevrage de leur premier veau, l’objectif étant de tester l’aptitude au vêlage et la production laitière, entre autres critères », explique l’éleveur.

Jacques Ernwein a recours aux nouvelles technologies : « Avec Élitest, nous faisons des transplantations embryonnaires sur les meilleures vaches afin d’avoir davantage de descendants des bonnes souches. » Les mères à taureaux sont sous contrat avec Charolais Univers. La sélection des jeunes mâles, mais aussi des femelles, se fait de plus en plus grâce à la génomique : « Dès l’âge de quelques mois, nous effectuons un prélèvement de cartilage qui est analysé en laboratoire. » La génomique permet une prédiction immédiate de la valeur génétique de l’animal. « Même si la fiabilité des résultats reste à améliorer, c’est l’outil de sélection du futur. »

Lors de ces portes ouvertes, Jacques et Anne Ernwein présenteront une sélection de veaux mâles - dont certains sans cornes -, ainsi que des veaux qui ont des index génomiques élevés et qui sont issus de mères à taureaux avec de très grosses morphologies. « Certaines d’entre elles ont un poids à quatre chiffres ! » C’est un peu la marque de famille de l’élevage Ernwein : « J’aime les grosses vaches, bien grandes », explique-t-il.

Le couple d’éleveurs espère que ces portes ouvertes seront l’occasion d’échanger avec d’autres éleveurs. « À ceux qui achèteront un veau ce jour-là, nous leur offrirons un embryon. Quant aux autres, ils sont aussi les bienvenus. » Il conclut : « Nous sommes fiers de ce que nous sommes arrivés à faire en 21 campagnes, même si cela n’est pas toujours facile. Notre passion nous permet de surmonter les mauvais moments. »

Un nouveau plan de communication

Le tabac recrute

Cultures

Publié le 23/09/2016

« Le plan de communication que nous avons imaginé se déroule en plusieurs phases, explique Olivier Riedinger, directeur de la coopérative CT2F. Il y a quinze jours, nous avons envoyé un flyer personnalisé à 1 800 agriculteurs du territoire de la coopérative, soit 26 départements. » Le thème de cette campagne est : « Cette production sera-t-elle la vôtre demain ? »

Olivier Riedinger poursuit : « Nous avons acheté un fichier d’agriculteurs qui sont soit céréaliers, soit producteurs de légumes et qui emploient plus de deux salariés. Grâce à un code d’accès personnalisé, nous leur avons donné accès au tout nouveau site CT2F, qui n’est pas encore ouvert au grand public. » Une quarantaine d’agriculteurs se sont déjà connectés et une demi-douzaine d’entre eux a demandé des renseignements plus précis, essentiellement dans les Pays de Loire.

Un plan de communication en quatre phases

« D’ici quinze jours, nous lancerons la deuxième phase de notre plan de communication », poursuit Olivier Riedinger. Une plaquette de format double A4 paysage, à la présentation particulièrement soignée, sur la coopérative Tabac Feuilles de France sera envoyée aux Chambres d’agriculture, aux FDSEA, aux Jeunes Agriculteurs et aux CER, mais aussi aux banques et aux assurances des 26 départements ciblés. « L’objectif est de nous faire connaître des prescripteurs de conseils de ces départements, pour qu’ils soient en mesure de conseiller utilement les agriculteurs au moment de l’installation ou de la recherche d’une diversification. » Les responsables de CT2F, leur président Rémy Losser en tête, sont persuadés que le tabac représente une véritable opportunité pour de nombreuses exploitations. « Tous les ans, du matériel tabacole part à l’étranger, suite à des cessations d’activité, alors qu’il pourrait être utilisé dans des exploitations françaises. »

Cette campagne de communication se poursuivra par l’envoi d’un dossier de presse aux journaux agricoles des 26 départements, dans lequel ils pourront puiser une foule d’informations pour rédiger des articles, précise Olivier Riedinger. La mise en ligne du site internet CT2F constituera la quatrième phase de ce plan, « portail d’entrée pour un site intranet qui sera lancé l’an prochain ». Ce site, précise le directeur, se veut facile d’accès et fournit des explications simples sur le tabac, une culture d’avenir.

Rendez-vous lundi prochain à Weyersheim

Mais les responsables de la coopérative en sont conscients, cette communication n’est pas adaptée à l’Alsace où les surfaces tabacoles sont en baisse. « C’est l’un des seuls départements où la production recule. Partout ailleurs, elle se maintient, voire augmente, notamment dans le Poitou. » C’est pourquoi les techniciens de la filière tabac ont proposé d’organiser une opération ferme ouverte sur l’exploitation de Nicolas Zilliox, au Gaec du Kestlerhof, à Weyersheim. Elle aura lieu lundi 26 septembre et se déroulera en trois temps. « De 16 h à 18 h, nous accueillerons les salariés des organisations professionnelles agricoles. Puis, de 18 à 20 h, ce sera au tour des Jeunes Agriculteurs, mais aussi des responsables cantonaux de la FDSEA du Bas-Rhin, des élus de la Chambre d'agriculture et des responsables politiques. Enfin, à partir de 20 h, nous inviterons l’ensemble de nos planteurs pour faire avec eux, le point sur la campagne en cours. »

Trois interventions sont prévues : Nicolas Zilliox présentera son exploitation, sa démarche, puis un jeune tabaculteur témoignera de son expérience, et enfin Rémy Losser, président de France Tabac et de CT2F, évoquera les perspectives d’avenir de la filière tabacole. Car la coopérative Tabac Feuilles de France offre à ses adhérents de réelles opportunités de développement, à l’image d’autres filières alsaciennes qui ont le vent en poupe, insiste Olivier Riedinger.

Idhéa à Hochfelden

Toujours une innovation d’avance

Pratique

Publié le 21/09/2016

« Nous avons organisé une séance de créativité au sein de l’entreprise. Nous cherchions un mot prononçable dans toutes les langues. » C’est ainsi qu’a fusé le nom d’Idhéa. « Cela traduit bien ce que nous sommes, une entreprise pleine d’idées, le A faisant référence à notre activité, l’agroalimentaire, le H à notre histoire. Idhéa est la somme de deux entreprises qui ont chacune quarante années d’histoire », souligne Marianne Fritz, présidente d’Idhéa.

La société fabrique et conditionne des sauces émulsionnées froides et des épices à destination de l’industrie agroalimentaire et de la restauration. « Nous avons défini une stratégie de marques claire : la Case aux épices pour l’offre épices, Saveurs & Sauces pour l’offre sauces, deux marques connues et reconnues dans leur domaine d’activité. »

Ces deux sociétés travaillaient à une échelle très différente. La Case aux épices est réputée pour ses dosettes. Elle produit chaque année un milliard et demi de dosettes de ketchup, de mayonnaise, de moutarde, de sel et de poivre, omniprésentes dans le monde de la restauration collective et commerciale. Saveurs & Sauces propose des conditionnements allant du seau de 5 kg au conteneur d’1 tonne, les principaux clients étant les industriels, les fabricants de salades, les fabricants de sandwichs triangles.

« Entre les petits conditionnements de la Case aux épices et les grands conditionnements de Saveurs & Sauces, nous étions complémentaires. » C’est ce qui a décidé Marianne Fritz, déjà propriétaire de Saveurs & Sauces, à reprendre la Case aux épices lorsque Cristal Union l’a mise en vente en 2013. L’année suivante, elle a fusionné les deux entreprises et regroupé toute l’activité sur le site de Hochfelden, dans des bâtiments de 11 000 m2. « C’était une fusion d’entreprises qui avait du sens, d’autant que nous étions situés à 20 km de distance. Cela s’est bien passé au niveau social : la plupart des collaborateurs nous ont suivis, ce qui nous a permis de garder les savoir-faire. » Aujourd’hui, Idhéa emploie 110 salariés.

Des séances de créativité

Trois personnes s’occupent de la recherche-développement. « La fabrication de nos produits nécessite un savoir-faire aussi bien en fabrication qu’en conditionnement. Mais la distinction se fait sur l’innovation : nous cherchons constamment à améliorer la performance des machines en usine, nous organisons des séances de créativité avec les différents services, au cours desquelles les commerciaux font remonter les tendances du marché, explique Marianne Fritz. La R & D nous donne des idées qui partent dans tous les sens, elles sont ensuite canalisées par la production. »

Ketch’oh légumes est la parfaite illustration de cette chaîne de créativité. « Nous voulions proposer une alternative au ketchup, en remplaçant la tomate par d’autres légumes. » Cette innovation repose sur un double constat. Le Plan national nutrition et santé recommande de manger davantage de légumes et de diversifier son alimentation. Par ailleurs, le marché du burger se développe à grande vitesse : les nouvelles enseignes foisonnent et aiment se démarquer de leurs concurrents.

Récompensé par un Snacking d’or

« Les commerciaux ont fait remonter la tendance de la consommation de légumes, la R & D a voulu jouer sur les couleurs. » Quatre compositions, aux notes épicées et aux saveurs sucrées, sont nées de ce brainstorming, carotte-cumin, petit pois-menthe, potiron-curry, céleri-livèche. Le graphisme est attirant, les couleurs varient selon les légumes qui les composent. « On a de super-retours. C’est un produit qui plaît, car c’est une vraie innovation de rupture », souligne Marianne Fritz. Primé l’an dernier par Alsace Innovation, Ketch’oh légumes a reçu le trophée Snacking d’or en mars dernier à Paris. « Les restaurateurs le trouvent génial. Nous sommes assez fiers. » Pour autant, ces innovations doivent rester accessibles, en termes de coût : « Les dosettes sont données gratuitement dans les restaurants. Le restaurateur accepte de payer un certain prix, mais pas plus. »

En deux ans, il y a eu beaucoup de changements en interne, confie Marianne Fritz. Une nouvelle équipe a été mise en place et la stratégie développée commence à porter ses fruits. « On a toujours une innovation d’avance. On est sur une belle dynamique d’innovation et on se fait plaisir, en plus. 31 lignes de conditionnement, cela nous donne une force vis-à-vis du client. Nous pouvons lui proposer un panel très large de formats. » Un beau dynamisme à laquelle la présidente n’est pas étrangère. Elle a d’ailleurs été récompensée par le trophée de la femme chef d’entreprise en 2015. « Ce n’est pas évident de fusionner deux entreprises de taille très différente. Mais aujourd’hui, on vit vraiment une belle aventure. »

Mutualité sociale agricole d’Alsace

Arrêt de travail longue durée : quels droits ?

Pratique

Publié le 20/09/2016

Bien souvent, les personnes victimes d’un arrêt de travail consécutif à une maladie ou à un accident du travail se sentent déboussolées, ne connaissant pas les aides auxquelles elles peuvent prétendre, les démarches à suivre ou les personnes à contacter. C’est pour les informer que Colette Bievelot, assistante sociale à la Mutualité sociale agricole d’Alsace, a animé une réunion d’information le 6 septembre à la MSA Écospace de Molsheim. « Nous avons invité toutes les personnes étant en arrêt de travail depuis plus de six semaines, que ce soit pour cause de maladie ou d’accident du travail », a-t-elle expliqué. Une dizaine de personnes ont répondu à l’invitation, certaines d’entre elles témoignant d’une grande souffrance, physique ou morale.

Quelle indemnisation ?

Les conditions d’indemnisation diffèrent selon qu’il s’agit d’un arrêt de travail consécutif à une maladie ou à un arrêt de travail. En cas de maladie, il faut avoir cotisé 150 heures dans le trimestre précédant l’arrêt de travail, ou avoir cotisé 1 015 fois le taux horaire du Smic dans les six mois précédant l’arrêt. Si l’arrêt de travail dure plus de six mois, il faut être immatriculé depuis douze mois, avoir effectué 600 heures de travail au cours des douze mois précédents et avoir cotisé 2 030 fois le taux horaire du Smic dans les douze mois précédent l’arrêt. L’indemnité journalière (IJ) de base, versée par la MSA, correspond à la moitié du gain journalier moyen. Elle peut éventuellement être complétée par une IJ complémentaire versée par une caisse de prévoyance (à vérifier sur la fiche de paie). En cas de maladie classique, le salarié peut prétendre au maximum à 360 jours d’IJ sur une période de trois ans. S’il s’agit d’une affection longue durée, la durée d’indemnisation peut aller jusqu’à 3 ans maximum.

En cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, l’indemnisation démarre dès le premier jour, sans délai de carence. Les IJ sont calculées sur la base du dernier mois de salaire et sont versées jusqu’à la consolidation ou la guérison par la Caisse d’assurance accidents agricole (CAAA). Les dépenses de médicaments et les soins liés à l’accident du travail sont remboursés à 100 % par la CAAA. « Les frais médicaux en lien avec l’accident sont payés même à la retraite », a précisé Colette Bievelot. Le salarié concerné percevra 60 % du salaire journalier de base durant les 28 premiers jours d’arrêt, puis 80 % à partir du 29e jour. Là aussi, des IJ complémentaires peuvent éventuellement être versées.

Si les indemnités journalières sont trop faibles, le salarié en arrêt de travail peut, sous certaines conditions de ressources, prétendre au RSA (Revenu de solidarité active). Il peut également bénéficier, dans certains cas, d’une aide à domicile versée par la complémentaire santé, notamment suite à une hospitalisation ou à un traitement lourd. « Après trois mois, l’assurance peut prendre en charge les échéances du prêt immobilier. »

La reprise du travail, un moment clé

La reprise du travail est un moment clé. « Pensez à informer votre employeur le plus tôt possible de votre reprise », a conseillé Colette Bievelot. Si l’arrêt de travail dépasse 40 jours, le médecin-conseil doit statuer sur la stabilisation de l’état de santé du salarié (aptitude au travail). Il est également chargé d’examiner la demande de mi-temps thérapeutique prescrite par le médecin-conseil et d’assurer sa mise en place dans l’entreprise, en cas d’accord de l’employeur. Dans ce cas, le salarié perçoit un revenu composé pour moitié d’IJ et pour moitié de salaire.

Dans certains cas, le salarié peut demander la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) auprès de la MDPH. Elle permet notamment l’accompagnement du salarié par Action et Compétence, par exemple pour l’aménagement du poste de travail ou pour l’accompagnement vers la recherche d’un emploi adapté.

Si la victime d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle est reconnue inapte à la reprise du travail, elle peut prétendre à l’indemnité temporaire d’inaptitude (ITI), versée sans délai de carence dès le lendemain de la déclaration d’inaptitude. Mais son versement ne peut pas excéder un mois. Là encore, le médecin-conseil peut informer le salarié concerné. Si la reprise du travail n’est pas possible, le salarié a droit, sous certaines conditions à une pension d’invalidité, en fonction de la capacité de travail restante, de l’état général, de l’âge et des facultés physiques et mentales de l’assuré. « L’état de santé doit réduire au moins de deux tiers la capacité de travail de l’assuré. » Cette prestation est calculée en fonction du salaire annuel moyen brut des dix meilleures années. Le salarié peut percevoir dans certains cas un complément versé par une caisse de prévoyance, ou prétendre à une allocation supplémentaire d’invalidité. Colette Bievelot a également évoqué la possibilité de solliciter l’allocation aux adultes handicapés auprès de la Maison départementale des personnes handicapées.

Durant l’arrêt de travail, l’assuré continue à bénéficier du remboursement des soins, au taux de 90 % pour les salariés du régime local. Éventuellement, si son revenu ne dépasse pas un certain plafond, il peut demander la couverture maladie universelle complémentaire (CMUC), voire une aide à la complémentaire santé (ACS). D’autres aides ont été mises en place par les différents organismes. Le service social de la MSA d’Alsace, par exemple, peut être sollicité pour améliorer les conditions de vie (aide à domicile, secours financiers…)  afin de faciliter la réinsertion et la reconversion professionnelle. Conclusion de Colette Bievelot : « N’hésitez pas à contacter un travailleur social de la MSA si vous rencontrez des difficultés ! »

Journée nationale du don agricole

« Rejoignez-nous dans ce magnifique élan de solidarité »

Vie professionnelle

Publié le 16/09/2016

Le 14e relais solidaire est né mardi 13 septembre à l’Îlot de la Meinau à Strasbourg. En présence de Geoffrey Andna, « maraîcher-donateur », ce fut l’occasion pour Angélique Delahaye, présidente de Solaal (Solidarité des producteurs agricoles et des filières alimentaires), de donner le coup d’envoi de la 2e Journée nationale du don agricole. Une journée qui s’étale sur tout le mois de septembre, une quarantaine d’actions étant organisées partout en France : appels au don, opérations de glanage, communication médias.

Laurent Wendlinger, président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Patrick Bastian, vice-président de la commission agricole de la Région Grand Est, Denis Digel, président des Maraîchers réunis de Sélestat, Dominique Steinmetz, chef de service au Département du Bas-Rhin, Françoise Buffet, adjointe au maire de Strasbourg, Freddy Sarg, président de la Banque alimentaire du Bas-Rhin, ainsi que les représentants des Restos du cœur et du Secours populaire, ont mis l’accent sur l’importance du don alimentaire pour améliorer le quotidien des populations les plus démunies.

Agriculteurs solidaires

En agriculture, la solidarité n’est pas un vain mot. Entraide, coopération, syndicalisme, elle constitue l’une des valeurs fondatrices du monde agricole. Et sa générosité se tourne aussi vers l’extérieur : on se souvient des dons de lait, sous le régime des quotas. En homme visionnaire, Jean-Michel Lemétayer, ancien président de la FNSEA, a créé une association chargée d’encourager ces dons agricoles et d’en gérer la logistique. Son objectif était, entre autres, de pérenniser le don de lait malgré la fin des quotas laitiers.

Là dessus est venue se greffer la crise de l’E-coli en 2011 déclenchée par la déclaration intempestive d’un ministre allemand qui invitait les consommateurs européens à ne plus manger de légumes crus. Conséquence : des centaines de tonnes de légumes ont fini dans la broyeuse. Un crève-cœur pour les producteurs qui se sont alors organisés pour donner les produits excédentaires ou les invendus. « Cettre journée est aussi l’occasion d’expliquer que nous subissons des pertes pour des raisons qui nous échappent », souligne Angélique Delahaye : météo erratique, campagnes médiatiques, crises politiques (comme l’embargo russe), refus de palettes, calibre des produits, etc.

L’an dernier, Solaal a ainsi distribué 8 500 tonnes de produits agricoles, dont 99 % de produits frais, fruits, légumes, viandes, produits laitiers, œufs, céréales, huiles et, nouveauté 2016, miels. Ce n’est pas anodin : ces dons ont permis de préparer 17 millions de repas ! Par ce biais, les donateurs peuvent donner une image positive de l’agriculture, participer à la lutte contre le gaspillage alimentaire et, cerise sur le gâteau, bénéficier d’une défiscalisation, dans la plupart des cas, précise Angélique Delahaye.

Comme l’a souligné Laurent Wendlinger, l’agriculture alsacienne est en crise et la situation est très difficile pour de nombreux agriculteurs qui n’ont jamais connu une conjoncture aussi défavorable : récolte faible, prix bas, sécheresse, canicule. Pourtant, cette générosité est plus vitale que jamais, car la précarisation ne cesse d’augmenter. Ainsi, cet été dans le Bas-Rhin, les Restos du cœur ont enregistré 20 % de demandeurs supplémentaires - parmi lesquels des agriculteurs, a souligné Denis Digel -, et ce bien que les conditions pour accéder à l’aide alimentaire soient plus restrictives qu’en hiver. « Rejoignez-nous dans ce magnifique élan de solidarité », exhorte Laurent Wendlinger.

Plateforme ApproAlsace

L’e-commerce, version restauration collective

Pratique

Publié le 16/09/2016

Quel meilleur endroit que l’espace agricole de la foire européenne de Strasbourg pour lancer officiellement la plateforme ApproAlsace ? Le 8 septembre, de nombreuses personnalités ont répondu à l’invitation de Laurent Wendlinger, président de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA). Parmi elles, le sénateur Claude Kern, président de l’association des maires du Bas-Rhin, Frédéric Bierry, président du Conseil départemental du Bas-Rhin, Marcel Bauer, président de la commission agricole du CD67, Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, Benoît Fabbri, directeur adjoint de la Draaf, et les cuisiniers des collèges bas-rhinois.

Cette plateforme, explique Pierre Lammert, chef du comité de pilotage de ce projet, a pour but de structurer l’offre régionale de produits frais - fruits, légumes, viande, volaille, œufs, pains, produits laitiers - à destination de la restauration collective. Les grossistes assurent en partie l’approvisionnement de la restauration collective en produits locaux, mais les agriculteurs ont souhaité aller plus loin pour asseoir leur développement.

Plusieurs départements français ont déjà mis en place un tel outil. Se fondant sur leur expérience, le comité de pilotage a validé l’acquisition d’un logiciel de vente en ligne directe en B to B en décembre dernier. Mis en ligne au début de l’année 2016, il a été testé par un certain nombre de restaurants scolaires. Il séduit déjà 42 producteurs et 130 restaurants collectifs qui seront bientôt rejoints par 50 lycées alsaciens.

Franck Sander a félicité les différents partenaires pour l’énorme travail réalisé en amont de ce lancement. En Alsace, tous les modèles agricoles coexistent, de l’agriculture exportatrice aux fermes pratiquant la vente directe. Pour garder cette diversité, il faut soutenir le « manger local ». D’où la création de cette plateforme d’approvisionnement en ligne. « Lorsque la demande est là, les agriculteurs sont capables d’y répondre, à condition que ces relations soient contractualisées. C’est une démarche créatrice de valeur ajoutée et d’emplois. »

Violette Kessler, conseillère spécialisée en circuits courts à la CAA, a présenté cette plateforme qui permet de mettre directement en relation les restaurateurs et les producteurs. Tous les produits proposés sont 100 % alsaciens et sont inscrits dans une démarche de qualité contrôlée. La plateforme est un facilitateur de commandes. Pour y accéder, le cuisinier doit demander un mot de passe qui permet de personnaliser l’offre de produits en fonction de sa situation géographique. « Les producteurs sélectionnent les acheteurs en fonction de leurs tournées pour rationaliser la logistique. »

Promouvoir le « manger local »

Pour Benoît Fabbri, ce projet fait écho à la volonté du gouvernement de renforcer l’ancrage territorial de l’alimentation, avec pour objectif d’accroître la fraîcheur des produits et de respecter leur saisonnalité. « Ce n’est pas le seul mode de commercialisation, mais il est intéressant car il facilite la relation directe entre producteurs et restaurateurs, offre une meilleure visibilité sur les produits locaux dans un marché très concurrentiel. Enfin, il s’appuie sur un outil moderne pour faciliter le rapprochement entre l’offre et la demande. »

La vente directe, souligne Jean-Paul Bastian, fait partie intégrante de la politique agricole régionale depuis une dizaine d’années. L’objectif de la Chambre d'agriculture est de créer un effet de levier permettant de diversifier la production et de dégager du revenu. Depuis, de nombreuses initiatives ont vu le jour, paniers, marchés, magasins collectifs. Aujourd’hui, le lancement de cette plateforme ouvre de nouvelles perspectives, notamment lors de l’installation des jeunes.

« Nous incitons les maires qui gèrent un restaurant scolaire à favoriser un approvisionnement de proximité, explique Claude Kern. Nous visons au moins 80 % de produits locaux. » Une politique que pratique également le Département du Bas-Rhin, explique Frédéric Bierry. 80 % des produits viennent de 80 km à la ronde. « L’objectif est de créer des liens privilégiés entre producteurs locaux et cuisiniers. D’après eux, l’application fonctionne bien, même s’il reste des améliorations à apporter, l’enjeu étant de créer une dynamique économique. »

Élevage

Deux Innov’Space pour Beiser Environnement

Technique

Publié le 16/09/2016

Depuis 1995, les prix Innov’Space récompensent l’ingéniosité des pionniers de l’équipement agricole. C’est ainsi que Beiser Environnement a été retenu deux fois cette année, par le jury d’experts, pour la grande qualité de ses produits. Un couloir de contention automatisé et une niche à porcs isolée figurent parmi les 50 lauréats du concours.

Le couloir de contention de 12 m automatisé a été entièrement conçu par les ingénieurs de Beiser Environnement, en accord avec les besoins des éleveurs bovins. Il allie la performance des couloirs de contention déjà existants, avec la praticité du système pneumatique qui permet une manipulation à distance des différents modules. Grâce à la télécommande, l’agriculteur peut ainsi gérer seul son troupeau et manœuvrer le couloir. Les quatre modules (stockage, pesée, tri et contention) permettent de faire entrer quatre bêtes simultanément, assurant ainsi un rendement significatif. Le module de pesage, véritable cage dans la cage, garantit une pesée optimale et ce, même dans le cas d’un animal agité. La partie avant offre toutes les fonctionnalités nécessaires pour une contention optimale (sangles ventrales, barre anti-recul, treuil pour le levage des pattes). Enfin, le couloir est doté d’un réducteur de largeur actionné automatiquement, ce qui rend le produit adapté pour tous types de bétail.

La niche à porcs isolée : une innovation en élevage porcin

Dédiée à l’élevage en plein air, la niche à porcs isolée allie robustesse et flexibilité. En effet, sa structure en fibre de verre renforcée avec un toit en polyester renfermant une mousse en polyuréthane, réussit le tour de force d’être à la fois légère, robuste et très performante. On peut ainsi la déplacer très facilement pour le nettoyage. Elle supporte les intempéries, les UV, protège du chaud et isole du froid. L’ouverture et la trappe arrière permettent une ventilation optimale. Tout concorde donc pour donner aux porcs un abri durable et hygiénique.

Le couloir de contention automatisé réduit la charge de travail, puisqu’on peut, seul, diriger le troupeau et manœuvrer le couloir. La niche à porcs isolée, quant à elle, simplifie la gestion des bandes et rend l’élevage de porcs moins coûteux en main d’œuvre et en temps.

Forum « Bien vivre sa retraite »

« Vieillir, c’est une chance ! »

Pratique

Publié le 13/09/2016

Après l’accueil par Marie Dominique Dreysse, adjointe au maire de la ville de Strasbourg, les présidents des trois Caisses membres d’Atout Âge Alsace, Jean-Pierre Alfonsi pour la Carsat Alsace Moselle, David Herrscher pour la MSA d’Alsace et Philippe Becher pour le RSI d’Alsace, se sont succédé au micro afin d’expliquer la finalité de cette manifestation. Elle vivait sa deuxième édition, après le lancement à Mulhouse l’an dernier. Son originalité est de réunir des retraités ayant cotisé à différents régimes de protection sociale et de retraite durant leur carrière.

L’objectif d’Atout Âge Alsace est de permettre aux seniors de vivre le plus longtemps possible en bonne santé, à leur domicile, indique Jean-Pierre Alfonsi. L’association a une mission d’information et de conseil, à travers l’édition de brochures et la présence sur le terrain. Elle organise aussi des actions collectives de prévention autour de la perte d’autonomie, de la nutrition. Enfin, elle a en charge l’évaluation des aides nécessaires pour les retraités qui vivent à domicile : aides techniques (aide au ménage, portage de repas, etc.) ou aides matérielles (barre d’appui, par exemple). L’association a le soutien de nombreux partenaires, en particulier de la CAAA d’Alsace Moselle, d’Agrica, du Régime local d’assurance maladie agricole et des deux conseils départementaux.

« La prévention, ça marche ! »

Comme l’explique David Herrscher, l’association propose de nombreux ateliers, permettant aux retraités de se sentir bien dans leur tête, bien dans leur corps et bien dans leur assiette. Et la palette ne cesse de s’élargir : après les nouvelles technologies, la sécurité de l’habitat, deux nouveaux ateliers viennent d’être créés, « Bienvenue à la retraite » et « Conduire en toute sécurité ». Pour connaître les dates des prochains ateliers, il suffit de contacter Atout Âge Alsace (tél. 03 89 20 79 43) ou de se rendre sur le site www.pourbienvieillir.fr. Le bilan de la première année de fonctionnement est éloquent, souligne Philippe Becher. Avant sa création, 70 ateliers étaient organisés dans la région. En 2015, ce chiffre est monté à 107 et il devrait atteindre 141 en 2016. « Nous comptons développer notre offre pour répondre à vos besoins. »

On peut rire de tout, même de l’avancée en âge. Bernadette et Jean-Claude, alias Patricia Weller et Denis Germain, de la Compagnie acte V, en ont fait la preuve à travers quelques sketches hauts en couleur. « Le vieillissement, une fois que vous l’avez apprivoisé, il est plus fidèle qu’un chien. C’est un animal de compagnie qui vous tient en laisse… », affirment-ils. Un clin d’œil au thème de la conférence de Jean-Jacques Amyot, « Apprivoiser son vieillissement ».

Le psychosociologue, spécialiste du vieillissement, enchaîne : « La prévention, ce n’est pas évident, et pourtant ça fonctionne : nous avons gagné trente ans d’existence depuis le début du XXe siècle ». Les conseils de prévention pullulent. « Si on s’amusait à tous les suivre, ce serait fastidieux. Bien pire, cela risquerait de nous tuer… » Aussi est-il préférable de se concentrer sur quelques grands thèmes, comme l’entretien cognitif, l’activité physique, la santé. Jean-Jacques Amyot met l’accent sur le stress, qu’il considère comme l’élément le plus problématique dans le vieillissement. « On se stresse tout seul, on nous stresse et l’environnement nous stresse. C’est le contraire du bien vieillir. » Selon lui, il faut continuellement s’adapter, s’imposer des changements. « Le stress, c’est une perte de contrôle de la situation qui peut déboucher sur de l’agressivité ou, au contraire, de la passivité. » Chacun a ses propres astuces pour remâcher la pression, explique-t-il : « le cri primal, le sport, le jardinage, le bricolage ».

Faire fonctionner sa mémoire toute sa vie

Pour le psychosociologue, l’activité physique est essentielle, car la sédentarité est la quatrième cause de mortalité dans le monde. « Les bienfaits sont toujours supérieurs aux risques », confirme-t-il. L’activité physique permet non seulement de garder la forme, mais aussi d’accroître la résistance à la douleur et de produire une protéine dans le cerveau qui permet d’améliorer sa mémoire. « C’est joindre l’utile à l’agréable. » De même, manger ne devrait pas être une fin en soi. « C’est l’occasion de partager du lien. » Dans le même ordre d’idées, boire de l’alcool tout seul est un risque. « Boire à plusieurs, c’est un plaisir partagé. »

Les représentations sociales de la vieillesse sont aberrantes, insiste Jean-Jacques Amyot. « On sait depuis 25 ans que la plasticité cérébrale est présente tout au long de la vie » : le cerveau est un système dynamique, en perpétuelle reconfiguration. « Il y a dans le cerveau de véritables pouponnières qui fabriquent des neurones et des synapses à tout âge de la vie. Pour les stimuler, il suffit de se lancer dans un nouvel apprentissage. On peut faire des apprentissages tout au long de sa vie. » Pour éliminer le déclin cognitif, le psychosociologue donne quelques pistes : la discussion, la lecture, et surtout la vie sociale. « On se construit tous les jours dans le regard des autres. » À nous de cultiver le seul luxe accessible à tout le monde, les relations sociales, l’amitié, les liens amoureux.

« Ce n’est pas avec des conseils culpabilisants qu’on réussira son vieillissement, souligne Jean-Jacques Amyot. La clé d’une prévention réussie, c’est le plaisir. » Le forum de Strasbourg a permis aux participants de faire le plein de bonne humeur et de lien social…

Les vidéos