Auteur

Anny Haeffelé

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AGC-Centre de fiscalité et de gestion du Bas-Rhin

« Passer le cap et savoir rebondir »

Vie professionnelle

Publié le 14/12/2016

Un vent contraire souffle sur l’agriculture alsacienne. Pour autant, toutes les filières ne sont pas logées à la même enseigne, souligne le président Jean-Paul Bastian, en ouvrant l’assemblée générale de l’AGC-CFG67, le mardi 6 décembre à Schiltigheim. La viticulture, notamment, tire son épingle du jeu, avec une récolte prometteuse sur le plan quantitatif et qualitatif.

« Pour gagner en compétitivité, chaque exploitation doit trouver son propre équilibre, en travaillant sur les critères à améliorer (charges, investissements) et en augmentant ses marges de production », poursuit Jean-Paul Bastian. Il identifie un autre levier : « Nos exploitations ne sont pas surendettées, elles peuvent donc demander un refinancement de leur dette. »

Identifier les leviers de compétitivité

Le Centre de fiscalité et de gestion du Bas-Rhin entend donner à ses adhérents toutes les informations pour les aider à passer le cap, précise le président. Outre une sensibilisation générale, une étude plus poussée par le comptable et le conseiller de gestion peut leur permettre d’identifier les marges de progrès. Les diagnostics d’exploitation sont une autre piste pour avancer, car ils permettent de se comparer aux meilleurs. « Nous sommes en pourparlers avec la Région Grand Est pour obtenir la gratuité de ces diagnostics. » Enfin, la cellule Réagir a été mise en place pour venir en aide aux exploitations les plus touchées.

Les préoccupations des agriculteurs évoluent. « Il y a dix ans, nous parlions beaucoup d’optimisation fiscale. Puis nous avons été amenés à proposer de nouveaux services pour favoriser la transmission du patrimoine, préparer la retraite. Aujourd’hui, il s’agit avant tout d’aider les agriculteurs à passer le cap en cette année de crise. Quand un adhérent a des difficultés, nous ne le laissons pas tomber », conclut Jean-Paul Bastian.

Le nombre d’adhérents est stable en 2015, même si le nombre de « forfaitaires » est en baisse, indique le directeur du Centre de fiscalité et de gestion du Bas-Rhin, François Anstett. L’AGC-CFG 67 gère 3 483 comptabilités. Le poids des sociétés est important : elles représentent 57 % des exploitations adhérentes.

Un partenariat avec les banques

Sur un plan pratique, 70 % des adhérents participent à l’enregistrement de leurs pièces comptables. « 57 % d’entre eux utilisent notre logiciel », précise François Anstett. Les deux tiers ne clôturent pas leur exercice en fin d’année civile, ce qui permet d’étaler le traitement des dossiers et de proposer un meilleur conseil.

« Nous avons renforcé nos moyens humains ces trois dernières années. » Ces embauches entraîneront un changement de comptable pour certains adhérents, prévient le directeur. « Nous avons également investi dans du matériel téléphonique et informatique - tous les comptables sont désormais équipés d’un ordinateur portable permettant une connexion directe à l’ordinateur central - ainsi que dans la programmation. Suite à un partenariat avec le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel, la récupération des opérations bancaires, qui est en cours de déploiement, permettra une modélisation des écritures afin de les intégrer directement dans le logiciel comptable », indique François Anstett.

Strasbourg

Le vin blanc chaud d’Alsace au marché de Noël

Vigne

Publié le 13/12/2016

 

Sur le marché des délices de Noël, les vignerons de la Couronne d’or se sont mêlés, cette année encore, aux boulangers, aux producteurs fermiers de foie gras et aux artisans brasseurs d’Alsace, pour le plus grand plaisir des gourmets. Dans leur sillage, ils ont emmené la Tribu des gourmets de Strasbourg et son stand de vin blanc chaud d’Alsace. Un stand très prisé par les touristes, qui ne semblent pas rebutés par les mesures de sécurité draconiennes imposées par la préfecture.

Cela fait quatre ans que la Tribu des gourmets, coprésidée par Charles Brand, vigneron à Ergersheim, et Didier Bonnet, journaliste à Strasbourg, a lancé l’idée d’un vin blanc chaud d’Alsace qui s’est immédiatement imposé comme une belle réussite. La recette originale, que Charles Brand tient de sa grand-mère, n’est pas étrangère à ce succès. À la demande de la ville de Strasbourg, la Tribu des gourmets a également créé un jury pour améliorer la qualité des vins chauds, rouges ou blancs, sur l’ensemble des marchés de la capitale de Noël, une garantie d’authenticité en quelque sorte.

Par ailleurs, la Tribu des gourmets vient d’éditer un livre sur le vignoble de proximité de Strasbourg, paru aux éditions du Signe. Intitulé Strasbourg et ses vignobles, il est en vente sur le stand de vin chaud.

Trophées Alsace Innovation

Nos entreprises se réinventent

Pratique

Publié le 13/12/2016

Innovant, l’agroalimentaire alsacien ? Après la cérémonie de remise des Trophées Alsace Innovation, il n’est plus permis d’en douter. Lors de cette 13e édition, deux entreprises du secteur ont été récompensées pour leur inventivité et leur originalité. Lauréate de la filière d’excellence Agroalimentaire, la distillerie Massenez à Dieffenbach au Val a créé la sensation avec sa gamme d’eaux-de-vie de légumes, de plantes aromatiques et d’épices, déclinées en spray, en extraits et en liqueurs. Des saveurs inédites à « distiller » dans les plats et les cocktails. La société Gida à Wittenheim (68) a reçu un prix d’encouragement pour Schmoutz, une gamme inédite de confiseries composée de meringues fantaisie aux formes alsaciennes, de bonbons gélifiés au jus de fruits d’Alsace et au miel d’Alsace.

L’agroalimentaire n’est pas le seul domaine à faire preuve de créativité : Ecosun Expert à Hombourg a été récompensé dans la catégorie bâtiment et matériaux pour Mobil-Watt, une centrale solaire mobile capable de fournir 75 000 kWh par an. Elle se transporte aisément dans un conteneur et se déploie en deux heures, sans travaux de génie civil, dans toutes les zones du monde non raccordées au réseau électrique.

Les Trophées Alsace Innovation permettent de mettre en avant le dynamisme et la créativité de l’économie régionale. Depuis 2003, plus de 1 280 projets innovants ont ainsi été promus en Alsace. Depuis trois ans, ces Trophées sont portés en collaboration avec les pôles de compétitivité présents sur le territoire alsacien. Alsace BioValley, Fibres Énergivie, Pôle Véhicule du Futur et Hydreos ont été rejoints cette année par le cluster alimentaire Aria Alsace.

Maison Lucien Doriath à Soultz-les-Bains

Trente ans au service des gourmets

Élevage

Publié le 12/12/2016

La maison Doriath a fait du canard de Barbarie sa spécialité, ce dernier étant réputé pour la qualité organoleptique de son foie et de sa chair. Foies gras, magrets, confits, aiguillettes, terrines, plats cuisinés, elle les transforme en une large gamme de produits artisanaux. L’entreprise garantit la traçabilité de l’ensemble des canards transformés dans ses ateliers. Une filière 100 % alsacienne : Lucien et Mickaël Doriath s’approvisionnent auprès de quatre éleveurs de la région : Jean-François Marchaudon à Wittenheim, Christian Steinmetz à Minversheim, Jean-Philippe Hirsch à Hœrdt et Vincent Arth à Oberlauterbach.

Depuis sa création en 1987, la maison Doriath n’a cessé de s’agrandir et de se moderniser. Au fil des ans, boutique en ligne, épicerie fine, cuisine, laboratoire, espace séminaires et restaurant dédiés aux produits du terroir sont venus compléter les ateliers, ces derniers contribuant à la croissance et à la notoriété de l’entreprise. Elle emploie aujourd’hui 20 salariés, pour un chiffre d’affaires de 2,1 millions d’euros. 21 000 clients lui sont fidèles, parmi lesquels des tables étoilées.

Bientôt livrés à domicile !

En 2014, l’entreprise a investi 3,3 millions d’euros dans l’agrandissement de son unité d’abattage, de découpe et de transformation, portant sa capacité à 25 000 canards par an. Elle s’élevait à 10 000 canards en 2009, année où Lucien Doriath, fondateur de l’entreprise, a passé les rênes à son fils Mickaël.

Mais déjà, de nouveaux projets sont dans les tuyaux pour booster son développement commercial. Outre la création d’un site internet en 2017, la maison Doriath va proposer un service innovant grâce à Chronofresh qui lui permettra de livrer ses produits à domicile sous température dirigée. Elle prévoit par ailleurs d’élargir son offre avec des produits issus de l’élevage biologique, grâce à l’alimentation des canards avec du maïs, du blé et du soja bios.

Enfin, elle envisage la création d’un musée du foie gras et le réaménagement de sa boutique, le Comptoir des saveurs, et de son restaurant, la Table du domaine, dirigé par Betty, l’épouse de Lucien. Une affaire familiale, donc !

Entrevue avec le préfet Stéphane Fratacci

De bonnes nouvelles dans la hotte

Vie professionnelle

Publié le 06/12/2016

Le préfet Stéphane Fratacci n’a pas hésité à bousculer son calendrier pour écouter les revendications des agriculteurs bas-rhinois et leur apporter des éléments de réponse. De fait, indique-t-il, le problème des retards de paiement ayant été évoqué lors de la session de la Chambre d'agriculture du Grand Est (Crage), il a demandé à ses services, dès son retour à Strasbourg, d’accélérer le versement des aides Pac en souffrance, en dépit des problèmes informatiques.

Franck Sander salue les efforts du préfet. « Ce qui m’inquiète, c’est que les gens sont résignés, souligne le président de la FDSEA 67. Ils baissent les bras car ils ne voient pas le bout du tunnel. Vivre avec 350 € par mois, c’est très compliqué ! » Pour lui, il est urgent de renflouer les trésoreries des exploitations, mais le dispositif mis en place par l’État pour soulager celles qui sont le plus endettées est très compliqué. « On n’arrive pas à faire rentrer l’argent, c’est exaspérant ! » Les dossiers plus locaux, comme le Grand contournement ouest (GCO), les impayés de Copvial ou la gestion de l’eau, participent au découragement ambiant.

Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, attire l’attention sur la situation des jeunes qui se sont installés récemment et qui n’ont, pour nombre d’entre eux, reçu aucun versement de la DJA. De plus, comme l’installation s’accompagne souvent d’un changement de statut juridique de l’exploitation, ils font partie des dossiers bloqués par l’administration. Le président des JA exhorte le préfet à régler les dossiers validés en CDOA avant la fin de l’année.

À leur suite, Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA 67, Fabien Metz et Didier Braun, vice-présidents, Laurent Blum, trésorier, Paul Schiellein, président de la section des anciens exploitants, et Joseph Behr, directeur de la FDSEA du Bas-Rhin, ainsi que Julien Koegler, secrétaire général de JA 67, approfondissent les différents dossiers. Véronique Klein, vice-présidente de la Chambre d'agriculture d’Alsace, souligne de son côté le soutien apporté par les organisations syndicales aux agriculteurs bios, des producteurs doublement touchés par les aléas climatiques et le non-versement de certaines aides européennes (conversion à l’agriculture biologique, mesures agroenvironnementales). « Comment voulez-vous encourager le développement de l’agriculture biologique, si les aides ne tombent pas ? »

« Nous nous sommes démenés »

Le préfet Stéphane Fratacci revient sur le dégrèvement de 30 % de la taxe sur le foncier non bâti (TFNB) : « Nous nous sommes démenés pour élargir les catégories de terres pouvant bénéficier du dégrèvement, afin que le système soit moins préjudiciable ». Il adressera un courrier technique aux collectivités et aux institutions propriétaires de terres agricoles pour leur expliquer la procédure à suivre pour appliquer ce dégrèvement. Concernant le GCO, « j’ai demandé au concessionnaire d’arriver rapidement à une conclusion concernant les aires de service. Par ailleurs, nous allons plaider au niveau national pour faire évoluer les critères en matière de compensation environnementale et forestière. »

Dans le dossier de l’abattoir, le préfet salue le travail effectué par la profession agricole pour structurer les groupements de producteurs. « Nous avons relayé vos doléances concernant le problème des impayés au niveau national. Mais auparavant, nous devons veiller à consommer les crédits disponibles au niveau local dans le cadre du plan d’aide d’urgence. » Abordant l’épandage des produits phytosanitaires, le préfet se montre relativement serein : « Nous avons pris localement les arrêtés sur les distances à respecter ; nous n’avons pas à les réviser à très court terme. Le fait d’avoir trouvé ces équilibres nous sécurise. »

Le secrétaire général de la préfecture du Bas-Rhin, Christian Riguet, le directeur départemental des territoires (DDT) du Bas-Rhin, Jean-Philippe d’Issernio, le représentant de la Dreal et ceux de l’Agence de services et de paiement (ASP) de Strasbourg apportent des précisions sur l’état d’avancement des différents dossiers. L’ASP annonce notamment que le versement de la DJA devrait intervenir au cours du mois de décembre.

« Il reste un mois avant la fin de l’année. Il faut régler ces dossiers au plus vite pour ne pas compliquer le remboursement des annuités des prêts et des dettes fournisseurs », souligne le président de la FDSEA avant d’ajouter : « La volonté d’avancer des services de l’État est réelle. J’espère qu’en 2017, nous arriverons à un régime de croisière ! »

Quelles perspectives pour l’agriculture alsacienne ?

« Se projeter pour écrire l’avenir »

Vie professionnelle

Publié le 03/12/2016

« La crise doit nous inciter à nous remettre en cause, à explorer de nouvelles solutions, à nous engager dans de nouveaux projets. » Pour Laurent Wendlinger, le rôle de la Chambre d'agriculture est aussi de s’inscrire dans une réflexion professionnelle à moyen terme. D’où l’idée d’interroger les agriculteurs alsaciens sur leurs attentes, leur vision de l’avenir, leurs projets. Les résultats de cette enquête ont été présentés par Emmanuel Mollard, du service politiques publiques et services aux collectivités de la CAA.

Et là, belle surprise ! Malgré les difficultés, les agriculteurs gardent leur esprit d’entreprise. Ils sont lucides et confiants, ce qui ne les empêche pas de faire des projets, d’avoir envie d’investir. « Un signe qui ne trompe pas : 85 dossiers ont été déposés et agréés dans le cadre du plan bâtiment, preuve que les éleveurs croient en l’avenir de leur production », souligne Laurent Wendlinger.

Autre signe encourageant, plusieurs filières spécialisées offrent de réelles opportunités de développement. La betterave à sucre, le tabac, le houblon recrutent de nouveaux planteurs. Même chose pour le maïs semences et le tournesol semences. « Même en élevage, il y a des opportunités à saisir, notamment en volaille, et une nouvelle dynamique se fait jour dans la production porcine. » Laurent Wendlinger cite aussi l’agriculture biologique, où les projets de conversion se poursuivent à un rythme soutenu, et l’éclosion de magasins de vente directe, dans un cadre individuel ou collectif. La viticulture n’est pas en reste : jamais elle n’a autant investi dans la modernisation de ses structures, grâce aux fonds du Feaga.

« Se servir de 2016 pour bâtir les années à venir »

« Si la prudence et le réalisme économique doivent toujours guider nos actions, force est de reconnaître que l’agriculture alsacienne offre des perspectives diverses et variées », affirme Laurent Wendlinger. Ce ne sont pas Albert Binder, Sébastien Stoessel ou Denis Digel qui le contrediront ! Ils ont témoigné de leur envie d’entreprendre.

« Antifatalistes. » C’est ainsi que se définissent les frères Binder à Sessenheim. « Tabac, asperge, maïs semences, betterave à sucre, énergie photovoltaïque, nous avons toujours cherché à nous diversifier », explique Albert Binder. Pour réussir, ils misent sur leur réactivité et leur capacité de travail, mais aussi sur le progrès technique et des coopératives solides et porteuses de projets.

Président du service élevage, Sébastien Stoessel produit des céréales, du lait et des poules pondeuses. « Par les temps qui courent, pas évident de garder la gnaque ! » Mais certains secteurs se portent bien, comme la montagne qui a depuis longtemps misé sur une stratégie centrée sur la transformation, en accord avec la demande du marché. Il voit de l’avenir pour la filière porcine, qui a investi dans le bien-être animal, ainsi que la production ovine ou caprine, source de diversification à moindres frais. Pour accompagner ces porteurs de projets, le Plan bâtiment s’est ouvert aux petites filières, comme la volaille et le porc. Une ouverture qui a contribué à les renforcer. Sébastien Stoessel a salué les équipes techniques de la CAA, ainsi que la Région et l’État qui ont fait en sorte qu’aucun dossier ne soit laissé au bord du chemin. « Nous devons nous servir de 2016 pour bâtir au mieux les années à venir », a-t-il conclu.

Le Cœur paysan ouvre ses portes le 7 décembre

Président des Maraîchers réunis de Sélestat, une coopérative tournée vers la vente en gros à la grande distribution et aux grossistes, Denis Digel est également présent toutes les semaines sur le marché de Sainte-Marie-aux-Mines. La vente directe, il maîtrise… Le maraîcher souligne un paradoxe : la demande est de plus en plus locale, alors que l’offre est de plus en plus mondiale, avec des prix étriqués. Comment répondre à cette demande locale dans les territoires ? « Les distributeurs profitent de l’aubaine, usurpant notre plus-value. Elle arrive même à mettre la main sur notre envie de produire et de nourrir les citoyens. » En réaction, les points de vente directe se multiplient. « Il faut s’efforcer de répondre à cette demande locale sur les marchés, dans les cours de ferme, faire gonfler l’offre, saisir toutes les opportunités de s’approprier la plus-value. »

Lui-même s’est engagé dans un point de vente collectif à Colmar, route de Neuf-Brisach : avec cinq autres agriculteurs, il a acheté un ancien supermarché et l’a transformé en un magasin de producteurs où une trentaine d’agriculteurs individuels et de structures collectives proposeront leurs produits, conventionnels et bios. Le Cœur paysan ouvre ses portes le 7 décembre. Autre filon à exploiter : « Les collectivités demandent de plus en plus de proximité. C’est une vraie aubaine, même si les marchés publics sont compliqués. »

Bilan de campagne

L’espoir de jours meilleurs

Vie professionnelle

Publié le 02/12/2016

« La récolte de blé 2016 a été la plus mauvaise en rendement depuis trente ans, souligne Laurent Wendlinger, président de la Chambre d'agriculture d’Alsace. Celle du maïs est marquée par des résultats très moyens et une grande hétérogénéité. Confrontés à des prix des céréales particulièrement faibles pour la troisième année consécutive, les revenus des céréaliers sont en berne et les trésoreries asséchées, voire déficitaires. Seule note positive, la viticulture affiche un rendement moyen supérieur aux derniers millésimes et des raisins de belle qualité. Mais c’est sans aucun doute l’élevage qui connaît les difficultés les plus importantes, avec un prix du lait orienté à la baisse depuis des mois. « L’inquiétude des producteurs est bien réelle. » Les producteurs de viande souffrent à la fois de la crise et du dépôt de bilan de Copvial, qui se solde par de nombreux impayés.

« Nous sommes au cœur d’une crise qui dure et qui fragilise les exploitations. Nous savons que les mesures gouvernementales ne seront pas à la hauteur des pertes subies. Dans ce contexte très difficile, nous devons tout faire pour passer le cap », insiste le président. Cela passe par une action déterminée de refinancement pour les exploitations à court de trésorerie et par la mise en place de la cellule départementale d’accompagnement « Réagir », avec le soutien de la Région Grand Est. « Grâce à une action concertée entre la Chambre d'agriculture, la MSA, les organisations professionnelles et économiques, les centres de comptabilité et les banques, nous espérons détecter le plus tôt possible les entreprises fragilisées et agir de façon coordonnée pour essayer de redresser l’équilibre de l’exploitation et éviter l’isolement de l’agriculteur. »

Des entreprises fragilisées

Le bilan dressé par Yves Jauss, directeur du pôle économie et entreprises de la CAA, confirme ces propos. Les réactions ne se font pas attendre. C’est Jacky Wolff qui ouvre le ban des interventions. Le monde du paysage a subi la crise de plein fouet, indique-t-il. « Ces derniers temps, les carnets de commandes se remplissent, mais le chiffre d’affaires des entreprises est en recul de 2 à 4 %. » Paul Fritsch, président de la Coordination rurale du Bas-Rhin, évoque le désarroi des agriculteurs qui, chaque jour, s’enfoncent un peu plus dans la crise. « Des solutions existent pourtant… »

Pour Denis Ramspacher, administrateur de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), il faut faire en sorte que le marché intérieur soit le plus valorisant possible pour certaines filières. Pour d’autres, c’est l’international qui offre une plus-value intéressante, comme le montre l’exemple d’Alsace Lait. « Nous travaillons régulièrement avec nos collègues allemands pour éviter que de telles crises ne se reproduisent. » Il faut garder espoir : les cours des produits industriels (beurre, poudre de lait) se raffermissent, une embellie qui devrait se répercuter rapidement dans les exploitations. « Les cours devraient repasser au-dessus des 300 €/1 000 l. »

Primes Pac : des retards intolérables

« La moitié des agriculteurs de notre région gagnent moins de 4 200 €/an », affirme Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin. Climat, prix, charges, tous les facteurs sont dans le rouge. Autant de leviers sur lesquels il faut agir, en améliorant le dispositif d’assurance récolte, en introduisant un système de régulation, en gagnant en compétitivité. Mais ce n’est pas tout : de nombreuses exploitations souffrent d’une trésorerie exsangue, en raison du retard dans le paiement des aides Pac 2015. « Plus de 18 mois après la fin des déclarations Pac 2015, des centaines d’agriculteurs n’ont toujours pas perçu les subventions auxquelles ils ont droit. L’État se réfugie derrière le prétexte de « bugs » informatiques. » Dans de nombreuses exploitations, la situation des aides Pac 2016 n’est pas plus brillante. Pour protester contre ces retards inadmissibles, la FDSEA du Bas-Rhin a décidé de mobiliser ses troupes devant le siège de la DDT du Bas-Rhin à Strasbourg, le mardi 29 novembre (lire en pages 2 et 3).

Denis Nass, président de la FDSEA du Haut-Rhin, dénonce « l’amateurisme des services de l’État. Des hommes et des femmes souffrent sur notre territoire à cause d’une Europe qui ne fonctionne pas, d’un ministre de l'Agriculture qui est déconnecté des réalités du terrain et qui continue à charger la barque », souligne-t-il. Le responsable syndical propose l’adoption d’une motion demandant que les aides spécifiques soient versées avant la fin de l’année et dénonçant l’acharnement de l’administration sur les contrats MAE. « Opérer des contrôles et prononcer des sanctions lorsque l’agriculteur n’est pas encore en possession de son contrat signé est simplement inadmissible. » Motion adoptée par les membres de la CAA.

Les jeunes agriculteurs souffrent eux aussi de la léthargie de l’administration, explique Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin. Pour le versement de la dotation jeune agriculteur (DJA), les paiements de l’Agence de services et de paiement accusent plus d’un an de retard pour de nombreuses exploitations ! JA67 a mené récemment une action devant le siège de l’ASP, pour demander leur règlement avant la fin de l’année.

Chambre d'agriculture d’Alsace

Un budget 2017 de plus en plus contraint

Vie professionnelle

Publié le 01/12/2016

« Nous avons transféré au 1er juillet vers la Chambre régionale Grand Est (Crage) le personnel affecté aux différentes missions régionales, soit huit salariés », annonce le président Laurent Wendlinger, en ouvrant la session de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA) le vendredi 25 novembre, en présence des représentants des collectivités territoriales et de l’État. Cette évolution et le départ du directeur général adjoint, Gilles Neusch, ont entraîné une réorganisation des services, avec un nouvel organigramme. Dans la foulée, la gouvernance de certaines commissions a été revue : Christian Schott succède à Franck Sander à la présidence de la commission formation, Danièle Bras remplace Claude Gebhard à la tête de la commission grandes cultures. Enfin, Christophe Rue remplace Clarisse Sibler à la présidence de la commission circuits courts. La coordination entre les deux structures, la Chambre interdépartementale (CAA) et la Chambre régionale (Crage), n’est pas chose facile, mais les élus veillent à ce que le nouveau système soit le plus efficace possible au service de l’agriculture de ce territoire et, surtout, qu’il ne génère pas de surcoûts budgétaires.

Le budget, justement, était l’un des thèmes de cette session. « La situation est de plus en plus tendue, avec des recettes en baisse et la nécessité d’agir fortement sur le niveau des dépenses pour maintenir des équilibres acceptables », souligne Laurent Wendlinger. Il rappelle que la régionalisation de 2013 a permis de réaliser des économies déterminantes pour la maîtrise des charges. Une décision courageuse, mais insuffisante, vu l’évolution de la situation. « L’État nous a ponctionné 1,6 million d’euros de fonds de roulement en 2015, soit le tiers de nos réserves. Les recettes de l’imposition n’ont pas augmenté depuis cinq ans - elles ont même baissé de 2 % en 2016. » Par ailleurs, la réforme territoriale et la loi NOTRe ont eu raison du partenariat historique avec les deux Conseils départementaux, dont les enveloppes financières ont été revues à la baisse. Malgré cet environnement contraint, la CAA a décidé de ne pas augmenter les tarifs de ses prestations pour 2017.

André Jacob, directeur général de la Chambre d'agriculture, revient sur le budget rectificatif 2016 de la CAA, revu à la baisse suite à la régionalisation de certaines compétences au niveau du Grand Est. Avec 17,35 M€, les dépenses restent supérieures aux recettes, et le résultat d’exploitation est négatif, à - 208 000 €. « Avec les dotations aux amortissements de 570 000 €, nous dégageons une capacité d’autofinancement de 330 000 € qui nous permettra de financer le projet de modernisation du restaurant d’entreprise. » Les charges de personnel, le poste le plus important, sont en baisse significative du fait du transfert de huit agents à la Crage et de la réduction d’effectif (non-renouvellement des départs à la retraite et des CDD). Les charges de fonctionnement s’inscrivent, elles aussi, à la baisse, de même que les subventions.

La Chambre d'agriculture est traditionnellement financée par trois types de recettes : l’imposition, les subventions et les prestations. « C’est par ce dernier point que nous pouvons augmenter nos recettes », poursuit André Jacob. Car le produit de l’imposition est en baisse, tout comme les subventions, comme le signalait précédemment Laurent Wendlinger.

La régionalisation se poursuit

« Pour 2017, les contraintes restent les mêmes, mais sur une année pleine. » Une réforme imposée par la Direction générale des finances publiques (DGFIP) entraîne une nouvelle distribution du budget au sein des masses budgétaires, prévient André Jacob : la masse « prestations de services » est noyée dans une masse « autres produits » ; par ailleurs, une distinction est opérée entre les subventions de l’État et les autres subventions.

Le budget prévisionnel se caractérise par une baisse substantielle des charges de personnel. Elles représentent 60 % des dépenses qui frôlent les 17 M€. Cette baisse s’explique par les réductions d’effectifs, le personnel de la CAA s’élevant désormais à 185 ETP. Les charges de fonctionnement s’inscrivent, elles aussi, à la baisse du fait de la prise en charge par la Crage de l’opération « Salon de l’agriculture ». « Outre ces effets mécaniques, la Chambre d'agriculture mène une politique volontariste de réduction des dépenses, notamment au niveau des frais de location et de déplacement. » Malgré ces efforts, le budget de fonctionnement affiche un résultat négatif de 286 000 €.

Côté recettes, André Jacob relève la baisse des subventions de l’État, elle aussi liée aux transferts de compétences à la Crage, ainsi que la baisse importante des subventions des deux Conseils départementaux. « De ce fait, notre addiction aux subventions est moindre », explique le directeur général. Seul élément dynamique, l’augmentation des prestations de service, avec le lancement de nouvelles prestations en direction des collectivités et la montée en puissance de Mes P@rcelles. André Jacob annonce une étape supplémentaire dans la régionalisation des Chambres d’agriculture : « L’ensemble des fonctions support - relations humaines, comptabilité, etc. - sera transféré à la Crage en cours d’année. Cela donnera lieu à un budget rectificatif. »

« Nous avons rarement connu une telle baisse des moyens, souligne Jean-Paul Bastian, vice-président de la CAA. Cela nous oblige à nous recentrer sur les priorités tout en continuant à être présents sur des dossiers comme l’innovation, les nouvelles technologies. » Pour lui, il faut tout faire pour garder une Chambre d’agriculture relativement importante et avoir un projet d’avenir, malgré l’environnement contraint.

Les agriculteurs bas-rhinois se mobilisent contre les lenteurs de l’administration

Des retards de paiement inacceptables !

Vie professionnelle

Publié le 30/11/2016

Du haut de sa remorque tribune stationnée rue Montet, devant le siège de la Direction départementale des territoires (DDT), Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, clame le ras-le-bol des agriculteurs alsaciens. « Plus de la moitié des exploitants n’ont que 350 € de revenu mensuel. » Les aléas climatiques ont eu raison des rendements du blé qui plafonnent à 40 q/ha. Ceux du maïs sont moins catastrophiques, mais ils cachent de grandes hétérogénéités. « Avec de tels rendements, certaines exploitations agricoles se trouvent d’office dans le rouge. » Un marasme accentué par des cours très bas, qu’il s’agisse des céréales, de la viande ou du lait. Les agriculteurs souffrent aussi d’un manque de visibilité : « Nous subissons une politique agricole qui ne tient pas compte de la réalité de nos exploitations. Soit on baisse les bras, soit on essaie de sauver la situation. Mais pour cela, il nous faut de l’aide. » Or c’est tout le contraire qui se produit : aux contraintes administratives s’ajoutent les contrôles, les pénalités…

 

 

Pour sortir de cette crise, il faut actionner tous les leviers, à court et à long terme. « Dans l’immédiat, il faut négocier avec les banquiers - de ce côté-là, tout se passe bien - et renflouer les trésoreries. » Et c’est là que le bât blesse : l’administration accumule les retards pour le paiement des aides du deuxième pilier, qu’il s’agisse de la DJA, des ICHN, des MAE ou encore de la conversion à l’agriculture bio. Franck Sander cite un exemple : « Des agriculteurs qui se sont engagés à l’automne 2014 pour des mesures agroenvironnementales risquent fort de ne pas toucher leurs aides avant juillet 2017. » La raison invoquée ? « Les services de l’État ne sont pas en mesure d’installer un logiciel leur permettant d’instruire les dossiers. »

Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, enchaîne : « Nous avons beaucoup d’installations dans le département. Malgré la crise, les jeunes croient en l’avenir. Les trois quarts des dossiers ont déjà été instruits. Malheureusement, un seul dossier a été réglé en un an. On nous répond, là encore, que c’est un problème de logiciel. Cela crée une situation intenable sur nos fermes. Il faut que tous ces dossiers soient réglés d’ici la fin de l’année, pour pouvoir tirer un trait sur cette année si compliquée. »

Le timing est serré : il ne reste que quelques jours à l’administration pour tout régler ! Pour bien lui faire comprendre l’urgence de la situation, la FDSEA et les JA ont eu une idée originale, celle de construire un calendrier de l’Avent géant. Derrière chaque case, une échéance.

Douze problèmes à régler

La première, celle du 1er décembre, concerne les dossiers Pac 2015. À la mi-septembre, seuls 80 % de ces dossiers étaient soldés, explique le président de la FDSEA 67. Le solde n’est toujours pas payé pour plus de 50 dossiers en contrôles et changements de forme juridique. « À défaut de solde 2015, ces exploitations ne peuvent recevoir ni l’ICHN 2015, ni l’ATR 2016. »

Au menu du 4 décembre, les dossiers Pac 2016. Une partie des ATR a été versée, mais il reste encore de nombreux dossiers en souffrance. « Nous attendons également une réponse aux dossiers qui n’étaient pas conformes en 2015. Les agriculteurs ne sachant pas qu’ils ne respectaient pas les règles, ils ont commis les mêmes erreurs en 2016 et se voient infliger des pénalités. Il faut arrêter ! »

Échéance suivante le 7 décembre. « Nous demandons le règlement de tous les dossiers DJA qui ont déjà été instruits et qui sont passés en commission, indique Thomas Gillig. Ils sont au nombre de 26. »

Le 9 décembre, deux dossiers sont à l’ordre du jour : la mise en place d’un FAC (fonds d’allégement des charges) volet A pour permettre une restructuration de la dette de certaines exploitations et leur apporter un peu d’oxygène. L’autre dossier est celui des impayés de Copvial. Lors des négociations menées ces derniers mois, l’État s’était engagé à débloquer 500 000 € pour venir en aide aux éleveurs touchés par la faillite de l’abattoir. Mais seuls 125 000 € sont disponibles, explique Franck Sander. « Nous demandons que l’État respecte ses engagements. »

D’ici le 11 décembre, c’est le problème des MAE qu’il faudra régler. Comme l’explique Fabien Metz, vice-président de la FDSEA 67, la signature d’un contrat MAE est liée au respect d’un cahier des charges très contraignant qui impacte le fonctionnement de l’exploitation et implique une baisse de rendement. Il reste 1 million d’euros d’aides à percevoir dans le département au titre des MAE 2015. « Lors de la signature de ces contrats, l’État s’est engagé à compenser ces contraintes, mais il ne respecte pas ses engagements à cause d’un problème de logiciel. Dans quelle époque vit-on ? »

Le 13 décembre est placé sous le signe de l’eau. S’il se félicite de l’accord conclu avec l’administration sur l’entretien des fossés et des cours d’eau, Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA 67, souligne les difficultés rencontrées par les agriculteurs désireux d’effectuer des travaux de busage et de drainage.

Stop à la surenchère sur le bien-être animal !

Le 15 décembre, c’est une échéance très différente qui préoccupe Didier Braun, vice-président de la FDSEA 67. Les éleveurs sont constamment attaqués par les pseudo-défenseurs du bien-être animal qui n’ont en fait qu’une idée en tête, la fin de l’élevage. « Pour contrer ces campagnes de dénigrement, nous demandons l’appui des pouvoirs publics : ils doivent confirmer que nous respectons les normes, notamment en matière d’hygiène. » Franck Sander cite l’exemple de l’association L214. « Arrêtons de stigmatiser l’agriculture ! Ce n’est pas parce que l’un d’entre nous travaille mal qu’il faut jeter l’opprobre sur toute une profession. »

Dévoilant la case du 17 décembre, Julien Koegler, secrétaire général de JA 67, soulève le problème de l’abrogation de l’arrêté du 12 septembre 2006 relatif aux conditions d’utilisation des produits phytosanitaires. Cette décision du Conseil d’État va considérablement compliquer la tâche des agriculteurs. On est loin de la promesse du Premier ministre de simplifier les règles…

À la date du 19 décembre, Laurent Fischer, responsable foncier à la FDSEA 67, dénonce une autre aberration. Le dégrèvement de 30 % de la taxe foncière sur le non-bâti représente un gain de 3 M€ pour le département. Ce n’est pas rien ! Mais la situation se corse lorsque l’administration choisit d’acheminer ces listings dans les mairies en format papier. Résultat : des retards, des listings incomplets ! Or les agriculteurs en ont besoin pour déduire le montant des dégrèvements de leurs fermages.

Arrivé au 22 décembre, Paul Schiellein, responsable de la SDAE, affirme que l’ensemble des retraités agricoles du département sont solidaires des actifs. Il rappelle que les agriculteurs retraités touchent en moyenne 785 € de retraite mensuelle, en dessous du seuil de pauvreté. La ministre Marisol Touraine s’est engagée à porter cette retraite minimum à 845 €, soit 75 % du Smic. Mais la ligne budgétaire correspondant à cet engagement brille par son absence. Jusqu’ici, l’État a puisé dans les réserves de la Mutualité sociale agricole pour le financer. Mais dans les années futures, il prévoit d’augmenter la cotisation RCO de 66 %. C’est scandaleux, estime Paul Schiellein. L’État aurait dû faire appel à la solidarité nationale.

« Tenez ce calendrier ou nous reviendrons ! »

Le 23 décembre, le Grand contournement ouest s’invite aux festivités. Un cadeau de Noël empoisonné, souligne Dominique Daul, membre du bureau de la FDSEA 67. Entre les aires de service et de stockage, les compensations environnementales et forestières, les agriculteurs touchés n’en peuvent plus : « On nous impose une autoroute et en plus on nous supprime nos terres ».

Franck Sander lance une mise en garde à l’administration : « Nous demandons que tous ces dossiers soient réglés pour Noël. Je donne rendez-vous aux services de l’État le 24 décembre pour faire le point. »

Concernant le long terme, Franck Sander annonce un report de la réforme de la Pac : « La Pac actuelle est prolongée jusqu’en 2024. » Il faudra travailler sur l’amélioration du système d’assurance récolte, mettre en place des outils de gestion pour donner de la visibilité aux exploitants agricoles et améliorer la compétitivité en réduisant les charges et en simplifiant les contraintes.

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