Auteur

Anny Haeffelé

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Mutualité sociale agricole d’Alsace. Réunions intercantonales d’information

Le point sur les évolutions législatives

Pratique

Publié le 10/02/2017

En matière de protection sociale, chaque année apporte son lot de nouveautés. À commencer par la protection universelle maladie, entrée en application le 1er janvier 2016. La Puma garantit à toute personne qui travaille ou réside en France de manière stable et régulière un droit à la prise en charge de ses frais de santé à titre personnel et de manière continue tout au long de la vie. « Il n’y aura plus jamais de rupture de droit, même si vous changez d’employeur ou de régime social. »

Autre avancée sociale, le tiers payant généralisé, en vigueur depuis le 1er janvier 2017. « Le tiers payant vous permet de ne plus avancer de frais, explique David Herrscher. N’hésitez pas à le demander à votre médecin, qui n’est pas pénalisé car nous sommes tenus de le rembourser dans un délai très court, sous peine de subir une amende. » Cependant, prévient le président, certains candidats à la présidentielle souhaitent revenir sur ce dispositif.

2015 a été marquée par la baisse de la cotisation prestations familiales pour les non-salariés agricoles et les employeurs. Elle s’inscrit dans le cadre du pacte de responsabilité et de solidarité mis en place par le gouvernement, dont l’objectif est la réduction des charges pesant sur les entreprises et les ménages. En 2016, c’est une baisse de 7 points de la cotisation maladie qui est entrée en vigueur, ainsi qu’une baisse de l’assiette de la cotisation maladie. « La cotisation totale minimum est ainsi passée de 2 623 à 1 878 € en 2016. Pour ceux qui sont mensualisés, deux échéances seront supprimées. »

Mauvaise nouvelle, par contre, du côté de la retraite complémentaire obligatoire (RCO). Créée en 2003 pour pallier la faiblesse des retraites des exploitants, elle devait être financée jusqu’en 2035. « Mais le président François Hollande a décidé de financer la revalorisation des retraites agricoles à 75 % du Smic en ponctionnant dans les fonds de la RCO, ce qui fait que le régime est déficitaire depuis septembre 2016. » Des négociations ont été menées pour pérenniser le régime de RCO, poursuit David Herrscher. « L’État a accepté d’apporter 100 millions d’euros, et la cotisation augmentera dès 2017 de 0,5 point par an sur deux ans, sachant qu’un point de cotisation supplémentaire correspond à 117 €/an pour l’exploitant. » La cotisation supplémentaire RCO permettra d’équilibrer le régime à court terme et ouvrira demain de nouveaux droits à ceux qui cotisent aujourd’hui, insiste Christelle Jamot.

Avec la DSN, le Tesa évolue

« La déclaration sociale nominative est obligatoire dès le premier semestre 2017, mais nous serons bienveillants en 2017 pour laisser aux entreprises le temps de s’adapter », indique Christelle Jamot. Le Tesa (Titre emploi simplifié agricole) est un service spécifique pour les petits employeurs agricoles qui ne souhaitent pas gérer leurs paies dans un logiciel spécialisé. Pour accompagner les entreprises agricoles qui souhaitent continuer à l’utiliser, le Tesa évolue pour leur permettre de produire les données DSN.

Le Tesa web remplace désormais le Tesa papier. « Des ateliers Tesa et des tutoriels internet seront mis en place pour permettre aux employeurs de se familiariser avec ce nouveau document », indique David Herrscher. Un nouveau Tesa, plus complet, est annoncé pour 2018. « Mais, souligne la directrice, Christelle Jamot, nous voulons être associés à l’élaboration de ce nouveau formulaire pour qu’il ne devienne pas trop compliqué. »

Le Tesa, qui était limité aux entreprises agricoles de 5 salariés (ETP), sera accessible à celles qui emploient 20 salariés l’an prochain. Les autres devront passer à la DSN. « À partir de cette année, si vous employez plus de 20 salariés, vous devrez passer à la DSN et vous équiper du logiciel capable de transmettre les informations à tous les organismes sociaux. Pour vous aider à franchir ce cap, nous sommes prêts à nous déplacer dans votre entreprise », indique Christelle Jamot.

Si l’entreprise a 20 salariés en CDI ou moins, elle pourra choisir entre trois possibilités : utiliser le nouveau Tesa pour l’ensemble de salariés en CDI et CDD quelle que soit la durée du contrat ; utiliser le nouveau Tesa pour les salariés en CDD de moins de 119 jours et la DSN pour les autres salariés (CDI et CDD de plus de 119 jours) ; ou bien utiliser la DSN pour l’ensemble des salariés en CDI et CDD quelle que soit la durée du contrat. « Les viticulteurs qui emploient des salariés tout au long de l’année peuvent tout de même continuer à utiliser le Tesa pour les vendangeurs », souligne la directrice de la MSA d’Alsace.

Adapter la société au vieillissement de la population

Dans le cadre de la loi sur l’adaptation de la société au vieillissement (ASV), une conférence des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie des personnes âgées a été mise en place dans chaque département. Elle a pour mission de définir un programme coordonné de financement des actions individuelles et collectives de prévention, en complément des prestations légales ou réglementaires. Les personnes retraitées cotisent à ce dispositif par l’intermédiaire de la contribution de solidarité pour l’autonomie (Casa). Le produit de cette taxe est centralisé au niveau national et réparti entre les départements. « Les fonds alloués à chaque département ont permis notamment d’organiser des ateliers de prévention », explique Christelle Jamot. Plus de 150 actions financées en 2016, 160 sont prévues en 2017.

La loi ASV comporte également une réforme de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). Depuis le 1er mars 2016, l’aide financière apportée aux personnes âgées en perte d’autonomie est renforcée. La situation des aidants familiaux est également mieux prise en compte. « Nous allons organiser davantage d’actions pour donner un peu de répit aux aidants. Les calendriers de ces actions évoluent fortement, nous vous invitons à y participer massivement », indique David Herrscher.

Assemblée générale de la FDSEA du Bas-Rhin

Franck Sander : « La gestion des risques et des aléas est un enjeu majeur »

Vie professionnelle

Publié le 08/02/2017

« 2016 restera dans les annales agricoles comme l’une des pires que nous ayons connues, souligne le président Franck Sander. Elle montre à quel point nos exploitations sont vulnérables face aux aléas, particulièrement lorsque ceux-ci se succèdent. » Pour passer ce cap difficile, toutes les organisations agricoles se sont mobilisées, au côté des coopératives, des banques, des assurances, des entreprises privées, afin d’aider les agriculteurs à résoudre leurs problèmes de trésorerie.

En additionnant tous les dispositifs d’aides - enveloppe FAC de l’État, calamités agricoles, passage à l’assiette n - 1 pour le calcul des cotisations agricoles, dégrèvement de la TFNB -, on atteint un montant de 4,6 millions d’euros pour 2015, montant qui sera dépassé en 2016. Ces mesures ont été obtenues par la FNSEA et mises en œuvre avec l’aide des OPA. Franck Sander a également souligné le plan d’urgence de 5 M€ décidé par la Région Grand Est qui permettra de prendre en charge la part des frais incombant aux agriculteurs dans la mise en œuvre de l’année blanche. Mais même si elles sont importantes, ces aides ne couvrent pas les pertes subies par les agriculteurs et certaines exploitations auront besoin d’un accompagnement rapproché. C’est l’objectif de la cellule Réagir coordonnée par la Chambre d'agriculture d’Alsace.

Actionner tous les leviers

À l’avenir, il faudra réfléchir aux outils à mettre en place pour protéger les exploitations contre tous ces risques. De quels risques parle-t-on ? Du rendement d’abord, l’agriculture dépendant directement des caprices de la météo. Du prix ensuite : avec la mondialisation des marchés, ils sont de plus en plus sujets à la volatilité. « Nous devons trouver les moyens de nous en prémunir. » Mais on ne pourra pas tout régler à travers l’assurance. « Il existe d’autres leviers, sur lesquels nous sommes capables d’agir, à condition que notre administration veuille nous écouter. »

Franck Sander évoque notamment le combat syndical contre la normatisation de notre société. « Avec ses 400 000 normes, la France détient un triste record ! Le compte pénibilité en est un parfait exemple. Il n’est tout simplement pas acceptable ! » Pour le président, l’excès de réglementations nuit à l’agriculture, l’exemple le plus flagrant étant celui des compensations environnementales qui pèsent systématiquement sur l’agriculture, comme pour le GCO. « Je demande au gouvernement de tenir l’engagement pris à l’automne 2015 de mesurer l’impact économique de toute nouvelle réglementation avant qu’elle soit mise en application. Le nouveau gouvernement serait bien inspiré de prendre cet engagement à son compte. »

Autre chantier, celui de la compétitivité. La FNSEA a engagé un travail de fond pour améliorer la compétitivité des exploitations françaises et des résultats ont été obtenus, comme la baisse de 7 points des cotisations sociales en 2016, qui s’ajoute à celle de 3,1 % des cotisations familiales obtenue en 2015. « Mais souvent, le gouvernement nous reprend d’une main ce qu’il a donné de l’autre, comme la hausse des cotisations RCO. »

Pour une répartition plus juste de la valeur ajoutée

La FNSEA se bat également pour une répartition plus équitable de la valeur ajoutée. « La guerre des prix de la grande distribution nous met dans une situation intenable. Le rapport de force est tellement déséquilibré que nous ne comprenons pas ce qu’attend l’État pour intervenir. La logique des prix doit être inversée pour prendre en compte nos coûts de production. Nous plaidons pour une exception agricole en matière de droit de la concurrence, pour que les prix puissent être discutés sereinement au sein des interprofessions. »

Les élections présidentielles doivent être l’occasion d’un changement de cap, insiste Franck Sander. « La FNSEA a listé treize mesures à appliquer dans les 200 premiers jours par le futur président de la République. » Le président de la FDSEA met en garde : « Il ne faut pas tout attendre de Paris. Nous nous devons d’être innovants, rigoureux et professionnels. La gestion de nos exploitations, comme nos outils de transformation, se doit d’être rigoureuse. Sachons chercher de la valeur ajoutée sur nos fermes pour être créateurs d’emploi. » Le combat pour développer le « manger local » et imposer l’origine du lait dans les produits laitiers et de la viande dans les plats préparés a porté ses fruits. « L’essai doit maintenant être transformé. »

L’une des solutions pour se prémunir des aléas en agriculture est de ne pas mettre tous les œufs dans le même panier, c’est-à-dire d’être diversifiés, au niveau des filières comme des modes de production ou des débouchés. « Mais nous ne maîtrisons pas certains éléments comme le climat, les ravageurs, la volatilité des marchés, le prix des intrants, etc. Comment se prémunir de ces aléas que nous ne maîtrisons pas ? Nous sommes prêts à assumer une part du risque, mais lorsque les calamités s’enchaînent, la pérennité des exploitations peut être mise en cause. »

Ne pas abandonner les mesures de gestion de l’offre

La solution est aussi préventive que curative. Des leviers préventifs existent, à commencer par la gestion de l’offre. « Au gré des réformes, l’Union européenne a pris le chemin inverse, abandonnant les quotas de production et les mécanismes d’intervention. Avec la mondialisation des échanges, la régulation à l’échelle européenne peut paraître illusoire, mais il ne faut pas l’abandonner, comme sur le marché laitier où l’Union européenne a accepté d’intervenir pour soutenir la réduction de la production. »

Parmi les leviers préventifs, il y a tout ce qui peut améliorer la résilience des exploitations : l’arrêt de la surréglementation, l’amélioration de la compétitivité et des prix qui tiennent compte des coûts de production. Et lorsque tout cet arsenal préventif ne suffit pas, il est important que les agriculteurs puissent disposer de solutions curatives.

L’outil principal est l’assurance. La Pac y consacre une part assez faible de son budget en subventionnant l’assurance récolte. Même si le système est perfectible, il permet incontestablement aux exploitations les plus touchées de passer le cap. Une réflexion est en cours pour améliorer le dispositif, en abaissant le seuil de déclenchement à 20 % et en modifiant le calcul du rendement de référence.

« Nous ne disposons pas de système assurantiel contre la chute des cours ou les problèmes sanitaires. » Une réflexion est en cours pour mettre en place une assurance chiffre d’affaires qui engloberait tous ces risques. Mais comment la financer ? Sur les DPB ? Impensable… Quoi qu’il en soit, cette assurance ne doit pas être pour l’Union européenne une occasion de se retirer de la gestion des aléas.

Constituer des réserves pour les mauvaises années

Dans la panoplie des solutions, Franck Sander a évoqué une troisième catégorie, à la fois préventive et curative : les aides à l’hectare de la Pac (DPB) entrent dans cette catégorie. Franck Sander milite pour que, dans les années où le rendement et le prix sont corrects, les DPB puissent être placées en épargne par l’exploitant pour être réintégrées dans les mauvaises années, mais sans être fiscalisées. « Cela permettrait de constituer une vraie réserve. »

De même, il plaide pour la création d’un fonds de mutualisation par filière. Chaque filière pourrait constituer un fonds abondé par du cofinancement national et européen. En cas de coup dur, ces fonds seraient débloqués pour venir en aide aux producteurs de la filière. Pour l’instant, ces dispositifs, pourtant prévus dans la Pac, ne sont pas mis en œuvre.

« La gestion des risques et des aléas est devenue un enjeu majeur pour l’avenir de notre métier. Il faudra trouver des outils efficaces de gestion des risques, en jouant sur tous les tableaux. »

Interprofession des fruits et légumes d'Alsace

Endives d’Alsace : belles à croquer !

Cultures

Publié le 01/02/2017

Crue, elle est croquante, cuite elle est fondante. Pas besoin d’être ch’ti pour aimer l’endive ! C’est le sixième légume le plus consommé en France, avec un peu plus de 5 kg par ménage et par an.

Le climat de notre province, avec ses pics de température en été, ne se prête guère à sa culture. En revanche, trois maraîchers alsaciens se sont spécialisés dans la production de chicons par forçage hydroponique, à partir de racines cultivées dans le nord de la France : la SARL Burgaentzlen à Colmar, l’EARL Endival à Bourgheim et l’EARL Friess à Rohr. Les trois producteurs, Robert Burgaentzlen, Angèle Gloeckler et Rémy Friess, étaient présents autour de Pierre Lammert, président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace, le jeudi 26 janvier à Bourgheim, pour mieux faire connaître ce légume peu banal, ses vertus diététiques et les mille et une façons de le préparer.

 

Le saviez-vous ? L’endive ne se trouve pas à l’état naturel. Issue de racines de chicorée sauvage améliorée, elle pousse sur des racines au chevelu impressionnant. Une fois récoltées, celles-ci sont stockées en chambre froide à + 2 °C. Puis elles sont repiquées dans l’obscurité et dans une atmosphère chaude et humide. C’est la technique du « forçage » qui permet d’obtenir des bourgeons bien blancs, très compacts et dépourvus d’amertume (communément appelés « chicons » dans le Nord). La France est le premier producteur et exportateur d’endives, devant les Pays-Bas et l’Italie.

21 jours en salle de forçage

À Bourgheim, Angèle Gloeckler a repris les rênes de l’EARL Endival, créée en 1979 par son père, Michel Gloeckler. Elle a expliqué les différentes étapes de la production des endives et présenté son entreprise, qui s’apprête à faire un gros investissement pour automatiser partiellement le triage des racines avant leur placement en chambre de forçage, dans l’obscurité totale. L’EARL Endival en commercialise 500 tonnes par an. La production s’étale sur toute l’année, avec une période de forte production entre mars et septembre.

Il faut 21 jours pour obtenir des chicons bien ventrus, aux belles feuilles blanches ourlées de jaune. Les racines sont alignées dans des bacs galvanisés et placées dans une salle climatisée à 18 °C et 80 % d’hygrométrie, dans un bain d’eau à 19 °C. L’eau coule sur les bacs empilés sur sept rangées et est récupérée dans une gouttière avant d’être réinjectée en haut de la pile. Cette eau est enrichie en oligoéléments et en potasse pour favoriser la pousse. Après trois semaines, les bacs sont dirigés vers une chaîne où les chicons sont séparés des racines avant d’être empaquetés et directement envoyés dans les magasins, le plus souvent dans la même journée.

Bourse de commerce de Strasbourg

Préoccupantes basses eaux du Rhin

Cultures

Publié le 29/01/2017

Le président Jean-Laurent Herrmann a salué la présence de nombreux membres de l’association - semenciers, collecteurs, transformateurs, transporteurs -, ainsi que de Pascal Pfeiffer, directeur de la Chambre de commerce et d'industrie de Strasbourg. 2017 est pour le président une année particulière : il se prépare à arrêter son activité professionnelle et souhaite passer le relais à la tête de la Bourse de commerce pour assurer la transition. « Cela ne veut pas dire que je laisserai tomber l’association. Nous avons travaillé très dur pour la remettre sur les rails. Je ne lâcherai pas la présidence avant de savoir qu’il y a quelqu’un pour reprendre le flambeau. » 2017 est également une année électorale. « Pour 2016, je vous avais souhaité une année de paix et de tranquillité. Mes vœux n’ont pas été exaucés, avec les nombreux attentats qui ont été commis. Espérons que 2017 sera plus sereine sur ce plan. »

L’an dernier, l’assemblée générale de la Bourse de commerce a eu lieu à l’usine de semences de maïs de Marlenheim, où les membres de l’association ont été accueillis par Bernard Cassignol. Autre moment fort de l’année écoulée, le voyage d’étude en Espagne, dans les usines du groupe Dacsa, propriétaire de la société Costimex à Strasbourg. Le programme de 2017 prévoit une journée des céréales, le 12 mai à l’hôtel Hilton à Strasbourg. Autre date à noter : la bourse européenne des céréales se tiendra les 12 et 13 octobre à Bruxelles.

Jean-Laurent Herrmann a livré quelques chiffres de la collecte 2016. En 2016, la collecte s’élève à 1,20 million de tonnes (Mt), pour un rendement moyen de 104 q/ha. La collecte de 2015 avait atteint 1,26 Mt, le rendement 100 q/ha. « Les surfaces de maïs sont en diminution, passant de 127 500 à 120 600 hectares. » Pour le blé, la collecte 2016 atteint à peine 245 000 t, le rendement 50 q/ha. L’année 2015 avait été pléthorique, avec une collecte de 380 000 t et un rendement de 83 q. Les surfaces sont en augmentation de 48 300 à 53 700 ha. « La baisse de la collecte de maïs est d’environ 5 %, celle du blé de 35 %. » Si la qualité du maïs est bonne, celle du blé est catastrophique en 2016, avec un PS bas (70 à 72 kg/hl) et la présence de mycotoxines. « C’est la troisième année que l’Alsace et l’Allemagne du Sud ont des problèmes avec les céréales. Est-ce dû au changement climatique ? », s’interroge Jean-Laurent Herrmann.

« Les mariniers prennent des risques énormes »

« Notre métier est également impacté », poursuit-il. Les chargeurs subissent les conséquences climatiques. Depuis le mois d’octobre, il n’a quasiment pas plu. Cela cause d’énormes problèmes au niveau du Rhin : alors que le prix du fret tourne habituellement autour de 10 €/t, le chargeur doit payer aujourd’hui 17 à 18 €/t pour compenser une partie de la perte que le transporteur fluvial subit en raison des basses eaux. Les mariniers prennent des risques énormes en chargeant leur bateau au maximum et régulièrement des bateaux raclent le fond du fleuve. « Le métier de marinier est dangereux, les bateaux souffrent. Nous espérions une remontée des eaux cette semaine, mais elle ne s’est pas produite et la vague de froid qui s’annonce ne permet guère d’espérer une amélioration. »

Les professionnels ne baissent pas les bras pour autant. « Avec l’union TLF, qui regroupe les entreprises de transport et de logistique de France, et le groupement des usagers du Port autonome de Strasbourg, nous avons décidé d’interpeller les élus pour changer le règlement pour la navigation sur le Rhin. À cause de ce règlement, on construit des bateaux de plus en plus grands, de plus en plus longs et de plus en plus hauts pour augmenter le tonnage. Cela ne sert à rien car on ne peut pas les utiliser. Nous militons pour construire des bateaux plus larges. » Changer le règlement demandera plusieurs années, car il faut obtenir l’aval de la Commission centrale pour la navigation sur le Rhin, prévient Jean-Laurent Herrmann.

Journée de l’installation au lycée agricole d’Obernai

Être acteur de son installation

Vie professionnelle

Publié le 20/01/2017

« C’est la première fois, dans mon parcours professionnel, que je vois ce type de journée se mettre en place », souligne Thierry Girodot, proviseur du lycée agricole d’Obernai. Il a fait le lien avec la bonne dynamique d’installation que connaît le Bas-Rhin. « Le but de cette journée est multiple : démystifier le parcours de l’installation, échanger avec des jeunes agriculteurs qui étaient sur les bancs de l’école il y a encore quatre ou cinq ans, obtenir des réponses à vos questions. » Pour le proviseur, il y a quelques messages importants à retenir : « Bien que vous sortiez de l’école, vous allez devoir vous former. Cela peut vous paraître bizarre ! Au-delà du stage 21 h, on peut vous demander de faire plusieurs mois de stages supplémentaires, dans le cadre du plan de professionnalisation personnalisé. » Et ce besoin de formation peut ressurgir tout au long d’une carrière.

Autre message important, il est vital de maîtriser à la fois la technique et la gestion de l’entreprise. « Dans un monde en pleine mouvance, qui est en mesure, de nos jours, d’avoir une visibilité à cinq ou dix ans ? Vous devez être capable de démonter que l’investissement que vous projetez est viable. »

Viable, vivable et transmissible

« Une exploitation viable, vivable et transmissible. C’est dans cette optique que nous incitons les jeunes à s’installer », renchérit Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin. « Dans notre département, nous arrivons à maintenir un rythme intéressant d’installations », ajoute-t-il avant de remercier tous les protagonistes de cette journée, le lycée agricole d’Obernai, la Chambre d'agriculture d’Alsace, le Centre de formation et de gestion du Bas-Rhin, sans oublier l’équipe des JA du Bas-Rhin.

« Quand j’étais étudiant, j’étais comme vous, affirme Marcel Bauer, président de la commission agricole du Conseil départemental du Bas-Rhin. Une fois mon diplôme en poche, je pensais pouvoir commencer à travailler. Mais tout au long de sa vie, il faut continuer à se former. Et ce quelle que soit l’orientation choisie. » Marcel Bauer souligne que, malgré la réforme territoriale qui entraîne des modifications de compétences, le Conseil départemental du Bas-Rhin entend rester proche de l’agriculture.

Julien Koegler, secrétaire général de JA67, explique le parcours de l’installation. « L’idéal, c’est de préparer son installation deux ans à l’avance. » Prendre son temps permet de mûrir son projet, mais aussi d’acquérir les connaissances nécessaires pour garantir la pérennité de l’exploitation, ajoute Thomas Gillig. « Il faut avoir une vision à long terme, se fixer une ligne de conduite tout en conservant une certaine flexibilité. »

Julien Koegler poursuit : « La première démarche consiste à entrer en contact avec le point accueil installation, où l’on vous remet un document appelé autodiagnostic. Une fois que vous aurez rempli ce document, un deuxième entretien a lieu avec une conseillère « formation » et une conseillère « projet » qui identifiera les savoirs et les savoirs faire pour élaborer le PPP (plan de professionnalisation personnalisé). »

Le PPP détaille les formations et les stages que le jeune devra suivre pour obtenir la capacité professionnelle, mais aussi les formations préconisées tout au long de sa carrière, les stages obligatoires devant être effectués avant l’installation. Reste ensuite à établir le plan d’entreprise, une étude qui permet de vérifier la viabilité du projet d’installation. Le PE analyse l’ensemble du projet sur le plan économique et calcule le revenu que l’installant est en mesure d’atteindre durant les quatre premières années de l’installation. Pour bénéficier des aides à l’installation, le plafond bas doit être équivalent au minimum au Smic, le plafond haut égal au maximum à trois fois le Smic. C’est le diplôme agricole de niveau IV minimum, le PPP validé et le PE qui donnent la capacité professionnelle pour s’installer.

Pour Thomas Gillig, l’accompagnement du candidat à l’installation est essentiel. « Pour le jeune qui veut se lancer dans l’agriculture, nous avons mis en place un suivi pour lui permettre de s’installer dans les meilleures conditions. De nombreux acteurs interviennent sur le dossier pour que l’installation se passe le mieux possible et dans des délais raisonnables. »

Prendre en compte la volatilité des prix

Le président des JA insiste sur deux points : « Aujourd’hui, il faut tenir compte des fluctuations des prix, car elles peuvent compromettre la viabilité du projet. Aussi la maîtrise des charges et la technicité sont-elles primordiales, car c’est grâce à elles que vous pourrez encaisser ces fluctuations. » La diversification est un autre atout. « Notre force est d’avoir des débouchés organisés, des filières fortes dans le département. » Il cite l’exemple du lait, des céréales, des betteraves à sucre et des fruits et légumes. Certaines d’entre elles sont à la recherche de nouveaux producteurs, comme le houblon ou le tabac, ajoute-t-il.

Les aides à l’installation sont appelées à évoluer, indique Thomas Gillig. Avec la baisse des taux d’intérêt, les prêts bonifiés ont perdu toute attractivité. Aussi le dispositif des prêts bonifiés à l’installation des jeunes agriculteurs devrait-il être supprimé pour être remplacé par une nouvelle modulation de la dotation jeune agriculteur intégrant l’équivalent de l’actuelle subvention.

Franck Sander, président du Syndicat betteravier d’Alsace

Des perspectives intéressantes s’ouvrent à la filière

Vie professionnelle

Publié le 18/01/2017

« Notre filière est celle qui est restée le plus longtemps dans le système des quotas de production. Et même si elle ne bénéficie plus du prix garanti de la betterave, elle reste régie par un cadre spécifique au sucre dans le droit communautaire européen (OCM) », indique Franck Sander, lors de la première réunion d’information betteravière qui s’est tenue le vendredi 6 janvier à Dossenheim-Kochersberg.

Dans la perspective de ces profonds changements, « notre priorité était de préserver la négociation collective ». Un nouvel accord interprofessionnel a été signé cet été entre la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB), le Syndicat national des fabricants de sucre* et Tereos pour trois campagnes, ce qui donne une meilleure visibilité aux planteurs. Cet accord fixe un cadre clair et précis, détaillant notamment les conditions de réception des betteraves. L’accord inclut un contrat type, reprenant l’ensemble des points devant être précisés dans le contrat de chaque producteur.

La négociation interprofessionnelle reste d’actualité

La principale difficulté était de ne pas enfreindre les règles du droit de la concurrence : « Les ententes sur les prix sont fortement contrôlées ». Il fallait donc respecter la liberté contractuelle des industriels avec leurs fournisseurs. Il n’est donc plus possible de négocier au niveau national un prix minimum de la betterave qui s’applique à tous les groupes sucriers. Toutefois grâce à l’acte délégué, il est possible de négocier collectivement le partage de la valeur entre une entreprise et ses fournisseurs. « Cet acte délégué fera date et devrait profiter à toutes les cultures. »

Concrètement, au sein de chaque usine, une commission interprofessionnelle veillera à l’approvisionnement de l’usine. Et au niveau de chaque fabricant, une commission de répartition de la valeur (CRV) négociera tout ce qui relève du prix, cette organisation devant garantir une juste répartition de la recette sucrière entre planteurs et fabricant. Les planteurs d’Erstein étant en coopérative, c’est le conseil d’administration qui fera office de commission interprofessionnelle et de CRV. « Chaque planteur recevra un contrat type », précise Franck Sander. Autre changement, la compensation financière correspondant aux pulpes de betterave devra être communiquée de façon distincte du prix des betteraves. « À l’avenir, nous vous apporterons davantage d’information sur le prix de la betterave, du sucre, de l’éthanol et sur l’évolution des marchés mondiaux. »

L’interprofession sera elle aussi amenée à évoluer : au 1er avril 2018, le CIPS (Comité interprofessionnel des professions saccharifères) sera supprimé et remplacé par l’AIBS, dont les membres sont Cristal Union, Saint-Louis Sucre, Lesaffre Frères, Ouvré Fils, Tereos et la CGB. « Une nouvelle interprofession est en route et prépare l’avenir. »

Le même scénario que dans le secteur laitier ?

La fin des quotas signifie la libéralisation des volumes de production, souligne Franck Sander. Une augmentation de la production de 15 % est attendue au niveau européen, de 20 % en France. Cela aura des incidences directes sur les volumes de sucre commercialisés : ils devraient passer de 4,8 à 5,8 millions de tonnes. Et que se passera-t-il du côté des prix ? Le secteur sucrier vivra-t-il le même scénario que le secteur laitier ? Franck Sander ne le pense pas. Le marché mondial du sucre vient de vivre deux campagnes déficitaires successives, ce qui a entraîné une baisse des stocks, avec à la clé une tendance haussière des prix. « Ce qui va nous sauver, c’est la compétitivité, notamment à l’export. Avant le panel sucre à l’OMC, nous exportions des tonnages significatifs en Suisse. Ce sont des marchés que nous pouvons reconquérir. »

D’autres perspectives intéressantes s’ouvrent pour la filière : « La possibilité pour les professionnels de récupérer la TVA sur l’essence permettra de trouver de nouveaux débouchés pour l’éthanol, dont nous pourrons profiter. »

Le président du SBA en est persuadé, la betterave à sucre reste une culture intéressante pour les exploitations alsaciennes, malgré sa moindre performance en 2016. « Plus un agriculteur se diversifie, plus il limite les risques. C’est vrai aussi pour les marchés : le prix de l’éthanol était à un niveau élevé en 2015 ; il a connu des fluctuations en 2016, mais il est en train de remonter. »

Jusqu’ici, le prix de la betterave du quota était calculé sur la base du prix de référence du sucre, qui était de 404 €/t. Ce qui faisait un prix de 26,29 €/t de betteraves à sucre. Le prix de la betterave éthanol était, quant à lui, de 22 €/t. « C’était compliqué pour les producteurs de produire de la betterave avec ce niveau de rémunération. Nous demandons qu’à l’avenir il soit tenu compte de nos coûts de production estimés à 25 €/t par la CGB. »

« Nous ne pouvons que rebondir »

Franck Sander poursuit : « Quand l’Est Agricole et Viticole et le Paysan du Haut-Rhin titrent que nous sommes au creux de la vague (lire notre article dans le numéro du 6 janvier en page 20), cela veut dire que nous ne pouvons que rebondir. Nous avons une capacité de résistance qui nous permettra d’aller de l’avant. »

Pour autant, les producteurs devront prendre en compte la volatilité des prix du sucre, qui peut fluctuer d’un coefficient 1 à 3,5 %. Nous devrons voir comment absorber ces hauts et ces bas sur nos fermes. Nous avons toute une série de propositions à faire. Au niveau fiscal, il faudrait créer des réserves non fiscalisées dans les bonnes années, c’est-à-dire non soumises aux charges sociales et à l’impôt, pour pouvoir les réintégrer dans la comptabilité durant les mauvaises années. Nous envisageons également la création d’un fonds de stabilisation : les bonnes années, la filière prélèverait 1 €/t de betterave, un montant qui serait cofinancé par l’Union européenne, dans le cadre du second pilier. Les mauvaises années, on pourrait réinjecter cet argent dans les trésoreries des planteurs. La CGB veut également améliorer le système d’assurance récolte, en abaissant la franchise à 20 %.

Et comme charité bien ordonnée commence par soi-même, la cotisation de la CGB va baisser dès la campagne 2017-2018 à 25 cts/t de betterave. Avec la fin des quotas, les missions de la CGB vont évoluer et les services seront optimisés, ce qui permettra de faire des économies.

Démystifier la génomique

Prendre en main la génétique de son troupeau

Élevage

Publié le 18/01/2017

La génomique permet de connaître le potentiel génétique des animaux, à partir de l’ADN qui constitue les chromosomes. L’information génétique est répartie sur ces chromosomes, eux-mêmes porteurs des gènes. Le bovin a trente paires de chromosomes, dont la moitié provient du père et l’autre moitié de la mère. Le génotypage est la lecture de l’ADN à partir de prélèvement de cartilage. « On ne fait que lire l’information génétique, on ne fait pas de manipulation. C’est juste une extraction d’ADN », explique Maxime Poizat, d’Élitest. Ces informations sont stockées sur une puce de 54 k pour les taureaux ou une puce 10 k pour les génisses.

« Le contrôle de performances reste d’actualité »

À partir de ces données, il est possible de déterminer les différents index mesurant la supériorité génétique d’un animal par rapport à un groupe d’animaux de référence. Il existe plusieurs catégories d’index : index de production (quantité de lait, matière protéique, matière grasse), index fonctionnels (longévité, fertilité, facilité de vêlage), index de morphologie (mamelle, aplombs) et index de synthèse (INEL, ISU). Pour déterminer l’ISU (index de synthèse unique), il faut connaître la généalogie de l’animal sur au moins deux générations. « Une généalogie longue permet d’augmenter la fiabilité », ajoute Maxime Poizat. Auparavant, ces informations étaient obtenues par le contrôle de performances. « Le contrôle de performances reste d’actualité pour fiabiliser la génomique, contrôler l’élevage par rapport à une population donnée et apporter un suivi technique au niveau de l’élevage. »

Certaines caractéristiques des animaux, comme le fait d’avoir des cornes ou non, ainsi que de nombreuses tares héréditaires, sont dirigées par un seul endroit du génome. D’autres caractères, tels que la performance, la taille ou la longévité, dépendent de différents endroits du génome, en plus des influences du milieu. De tels caractères sont appelés caractères quantitatifs. Un endroit du génome qui est étroitement associé à un caractère quantitatif, est appelé QTL (abréviation anglaise de Quantitative Trait Locus, Locus de caractère quantitatif en français). L’endroit exact des QTL sur le génome n’est pas toujours connu. Par contre, on connaît de plus en plus souvent leurs marqueurs, situés à proximité. « Les QTL sont des gènes d’intérêt identifiés dans la population de référence et sont relativement simples à déterminer », indique l’intervenant.

Comment ça marche ? « On fait le lien entre génétique et performances en élevage grâce à tous les taureaux testés en élevage. Ces animaux constituent une population de référence qui doit se renouveler continuellement pour apporter de la variabilité génétique. » En race prim’holstein, la population de référence se compose de 33 000 taureaux. « On a intégré les femelles typées à cette population de référence pour obtenir une population la plus large possible. »

La première détection de QTL remonte à 1996. Cinq ans plus tard a lieu la première sélection assistée par marqueurs (SAM). La deuxième génération de SAM arrive en 2008. La sélection génomique démarre véritablement en 2009 avec la première indexation officielle des mâles de race holstein, montbéliarde et normande. En 2011 sont publiés les premiers index officiels pour les femelles. 2014 marque la publication des premiers index en race brune. L’arrivée de la SAM4 en 2015 marque un grand tournant. Fin 2015, début 2016, la génomique est déployée vers les races régionales, la vosgienne, l’abondance, la tarentaise. Elle est également en route pour les races allaitantes.

Concrètement, les éleveurs font des prélèvements de cartilage sur les veaux femelles. Ces échantillons sont envoyés par les organismes de sélection, le centre d’insémination, le contrôle laitier, dans l’un des laboratoires agréés pour le génotypage. Ce dernier effectue une analyse ADN à partir d’une puce moyenne densité. Les résultats de cette analyse permettent d’établir l’index génomique de l’animal, grâce aux modèles de l’Inra et de l’UMT3G.

Un véritable outil de sélection des femelles

De la demande d’analyse au retour de l’index, il s’écoule en général un mois, au maximum trois. En fournissant les index dès la naissance, la génomie permet une sélection plus efficace, plus rapide, sur davantage de caractères, avec une même précision pour le veau mâle ou femelle.

Faire rapidement des choix éclairés dans son cheptel, tel est l’avantage de la génomique, explique Maxime Poizat. « Le potentiel de sélection augmente régulièrement, avec une sélection très marquée sur la voie femelle. L’éleveur peut faire des choix plus pertinents en fonction de ses objectifs, éviter les réformes subies en choisissant les femelles dont il a besoin. » En race holstein, le génotypage coûte 50 € par animal sur la base de 5 à 20 animaux. Élitest propose un contrat aux éleveurs qui acceptent de génotyper toutes leurs femelles qui naissent dans l’élevage, à un prix de 40 € pour la prim’holstein ou la charolaise, 30 € pour la montbéliarde ou la vosgienne. « En charolais, explique Rémy Bierbaum, technicien chez Élitest, on peut génotyper des mâles, ce qui n’est pas possible pour les races laitières. »

Quelle est la fiabilité des index ? « L’index est une estimation du potentiel génétique. » Le CD (coefficient de détermination) indique sa précision. Plus le CD est élevé, plus l’index est précis et donne une information fiable sur le potentiel génétique de l’animal. « En généalogie seule, on obtient un CD maximum de 0,3 pour le caractère laitier, ce qui donne une image floue de l’animal. En combinant généalogie et génomique, les CD tournent entre 0,50 à 0,70 selon les critères. Si vous y ajoutez les performances, vous aurez une fiabilité beaucoup plus grande, de l’ordre de 0,70 à 0,75 pour le lait et de 0,60 à 0,65 pour la fertilité et la longévité. » Plus la population de référence est importante, plus la précision de l’indexation est élevée, ajoute Maxime Poizat.

De jeunes taureaux affichent un ISU très élevé mais un peu moins fiable. Mais même si la fiabilité est moins élevée, la moyenne des taureaux génomiques est plus haute que celle des taureaux en sélection classique. « Utiliser des taureaux génomiques permet incontestablement d’augmenter le potentiel génétique du troupeau. C’est une sacrée avancée au niveau de la qualité : on utilise la fraîcheur des jeunes taureaux, et on a des moyennes plus élevées que celles des taureaux confirmés. » La génomie change la donne : il vaut mieux utiliser cinq taureaux différents sur cinq vaches, plutôt que de se cantonner à un seul taureau pour avoir une moyenne de femelles intéressante. « Cela évite aussi les problèmes de consanguinité. »

Dans le Bas-Rhin, Élitest dispose de 1 500 résultats de génotypage, explique Rémy Bierbaum. « Nous sommes sur des ISU entre 125 et 197. Nous suivons 500 animaux à plus de 150 d’ISU dans le Bas-Rhin. » Pour lui, la génomique est moins élitiste que la sélection classique : il peut y avoir de bonnes vaches dans des élevages qui ne sont pas forcément férus de génétique. « C’est à nous de les chercher, à condition de connaître leur généalogie », affirme-t-il.

Dans tous les élevages, l’index des pères a une importance, de même que des conditions d’élevage. La génétique ne s’exprime pas de la même façon, selon qu’un élevage a de bonnes conditions d’élevage ou pas. Si les conditions d’élevage sont défavorables, l’éleveur aura beaucoup plus d’impact en sélectionnant sur les bons critères. « Les résultats sont toujours la combinaison entre niveau génétique et conditions d’élevage », souligne Maxime Poizat.

La génomie permet de détecter très vite les tares génétiques. Il suffit d’une prise de sang pour détecter des caractères pénalisants comme l’ataxie. Les chercheurs ont notamment identifié le gène de l’ataxie, du blind, du CDH (Cholestérol Deficiency Haplotype), du jarret inversé, du palais fendu. « Repérer de telles anomalies est un sacré plus. » À l’inverse, on peut aussi détecter des gènes recherchés, comme le sans corne ou le culard.

Estimer l’impact économique de chaque caractère

La génétique permet d’améliorer le revenu de l’éleveur. Des simulations ont été effectuées pour estimer l’impact économique des différents caractères, afin d’évaluer le gain engendré par l’amélioration du troupeau et de les hiérarchiser. L’éleveur qui améliore de 1 % la fertilité du troupeau verra le nombre de réformes baisser, aura plus de multipares et moins de primipares, moins de vêlages difficiles, moins de génisses de renouvellement, et son coût de reproduction baissera. À l’inverse, le coût de l’alimentation des veaux augmentera, de même que celui des mammites, et les recettes de la vente des vaches de réforme baisseront. « À l’échelle d’un troupeau de 60 vaches, le bénéfice attendu d’un gain de 100 kg de lait est de 920 € par an, celui des cellules de 930 €, celui de la longévité de 840 €. » Le gain économique dû à l’amélioration du troupeau est de 60 € pour 20 points d’Inel par femelle et par an et de 100 € en ISU, indique encore Maxime Poizat.

La révolution génomique prend de plus en plus de place. « Nous réfléchissons comment la diffuser le mieux possible. On s’oriente vers une segmentation de notre offre génomique, sur différents critères : durabilité, autonomie, production, sans corne, rouge, etc. Dans une plaquette avec 90 taureaux, l’éleveur a du mal à faire son choix. » Les priorités changent, elles aussi, des critères comme le travail prennent de l’importance, alors que d’autres, comme la matière grasse, évoluent.

Sucrerie Cristal Union d’Erstein

Verdict final : 77,6 t/ha à 16 %

Cultures

Publié le 18/01/2017

Surfaces en hausse, tonnages en baisse : la campagne betteravière 2016 se solde par un bilan mitigé. 6 745 hectares de betteraves à sucre ont été plantés en Alsace l’an dernier, indique René Schotter, vice-président de Cristal Union. Le rendement utile s’est élevé à 69,8 t/ha, pour une richesse de 17,44 %. Ramené à 16 %, le rendement s’établit donc à 77,6 t/ha. « Nous avons constaté de gros écarts de rendement et des décrochages », explique-t-il.

« Vous avez produit 523 000 tonnes de betteraves, dont 411 000 t de betteraves du quota », précise Laurent Rudloff, responsable du service agrobetteravier de l’usine d’Erstein. Une partie des betteraves industrielles sera transformée en betteraves du quota, ce qui permet d’améliorer la rémunération des planteurs. « Au final, suite à la compensation, 78 % des betteraves seront payées au prix des betteraves du quota. »

Le bâchage a encore montré son efficacité, cette année, indique René Schotter : « Nous avons bâché 1 100 ha, soit 18 % des betteraves, pour un coût de 0,10 € pour toutes les tonnes chargées. » Par contre, la tare déchet/NL (10,2 %) est plus élevée que d’habitude, en raison de la présence de feuilles et de liseron. « Si nous ne contrôlons pas suffisamment le liseron, nous aurons des problèmes avec les entrepreneurs, à l’avenir. Essayons de suivre les conseils des techniciens qui préconisent de traiter les parcelles de maïs de manière à se débarrasser du liseron pendant deux ou trois ans. »

Une campagne sucrière courte

Conséquence de la baisse des rendements, la durée de la campagne sucrière a été relativement courte : « Le 20 décembre, nous avions terminé et nettoyé l’usine », explique René Schotter. L’an prochain, la campagne devrait durer plus longtemps, du fait de l’augmentation substantielle des surfaces : « Nous dépasserons allégrement les 100 jours. »

La cadence de l’usine était moins régulière qu’en 2016, suite à quelques pannes de la chaudière et l’épierreur. « Par contre la cristallisation a été moins performante. Ce point particulier sera étudié de près durant l’intercampagne afin d’améliorer les performances de cet atelier. » Le prix des pulpes de betterave surpresssées a été revu à la baisse (près de 10 %) pour être en phase avec les prix des céréales, souligne René Schotter.

René Schotter, vice-président de Cristal Union

Des betteraves à Phalsbourg

Vie professionnelle

Publié le 17/01/2017

L’assemblée générale de la section Erstein de Cristal Union se tiendra cette année le vendredi 19 mai à Oberhausbergen, car la date de clôture des comptes du groupe a été modifiée au 31 janvier. René Schotter, vice-président de Cristal Union, l’a annoncé lors des réunions d’information betteravières qui se sont tenues en janvier.

2017 apporte son lot de nouveautés. Cristal Union augmente ses surfaces de 20 % sur l’ensemble des usines du groupe. Une augmentation est également à l’ordre du jour à Erstein : « Un certain nombre de planteurs alsaciens ont réagi favorablement à notre proposition. Et de nouveaux planteurs rejoignent nos rangs, en Lorraine notamment. Cette année, nous ferons de la betterave dans la région de Phalsbourg. » René Schotter a indiqué que 60 nouveaux planteurs ont adhéré à la coopérative en deux ans.

La disparition des quotas entraîne des changements dans la contractualisation de la production. « Conformément à l’acte délégué, il n’est plus possible de fixer un prix minimum de la betterave au plan national, les négociations de prix se tenant dorénavant au niveau de chaque société sucrière. »

La relation entre le coopérateur et Cristal Union est régie par l’engagement d’activité, les statuts et le règlement intérieur de la coopérative, ainsi que les décisions du conseil d’administration. Le contrat précise tous les éléments concernant les prix (prix de la betterave, coût de la tare terre, prime à l’arrachage précoce ou tardif, barème richesse, montant des acomptes, prix des pulpes, betteraves déficitaires ou excédentaires, etc.).

Un engagement de trois ans

C’est un engagement pluriannuel, souligne René Schotter : les anciens planteurs auront des contrats BCR (betteraves contractées de référence), les nouveaux planteurs auront des contrats BCR et BCC (betteraves contractées complémentaires). Le volume des betteraves contractées de référence est obtenu en additionnant les betteraves du quota, les betteraves industrielles et les betteraves complémentaires de 2016, explique Laurent Rudloff, responsable du secteur agrobetteravier.

Une troisième catégorie de betteraves est prévue en 2017, les betteraves additionnelles. Il s’agit cette fois-ci d’un engagement annuel, sur la base d’un prix garanti de 27 €/t sans capital social. « Il reste des volumes disponibles en betteraves additionnelles », précise Laurent Rudloff.

Pulpes et richesse

Dorénavant, Cristal Union assurera la gestion des pulpes, celles-ci faisant partie intégrante des betteraves livrées. « Pour les livraisons de pulpes, nous donnerons la priorité aux planteurs et aux éleveurs. » Le protocole tare-terre a été harmonisé au sein du groupe pour une meilleure lisibilité. « Mais nous maintenons la tare d’objectif usine par usine. En cas de tare excessive, nous pourrons introduire une modulation. »

La bonification richesse prend elle aussi tout son sens, l’objectif étant de favoriser l’amélioration de la richesse des betteraves livrées. Un complément de prix sera versé aux planteurs pour les betteraves très riches. De même pour les arrachages précoces. Par ailleurs, des modifications seront apportées dans le planning des arrachages tardifs pour permettre aux planteurs d’arracher avec deux semaines d’avance dans certains secteurs, afin d’améliorer l’efficacité et de réduire le coût de l’opération de bâchage. L’objectif étant de préserver l’équité entre les coopérateurs malgré l’allongement de la durée de la campagne.

Moniteurs arboricoles

La relève est assurée

Pratique

Publié le 16/01/2017

À l’issue d’une formation qui s’est étalée sur deux ans, 25 passionnés d’arboriculture ont obtenu le diplôme de moniteur arboricole, indique Didier Charton, responsable de la formation de cette promotion. Durant quarante samedis, ils ont suivi des cours théoriques le matin, dans les salles du CFA d’Obernai et de la mairie de Brumath, puis une formation pratique l’après-midi, dans différents vergers du secteur. Au menu de la partie théorique, l’arboriculture générale et spéciale : plantation, tailles, greffage, éclaircissage, récolte et conditionnement ; la science du sol : étude des sols, amendements analyse des sols et modes d’intervention ; la biologie végétale : la racine, le tronc, les bourgeons, la cellule ; la protection des végétaux : étude variétale, principaux ravageurs et maladies, auxiliaires et types d’intervention ; la sécurité. En pratique, la taille haute tige et demi-tige, la taille pillar et les formes savantes de taille, la reconnaissance des maladies, les parasites et auxiliaires, l’écussonnage, le greffage, la pomologie, etc. Des visites de producteurs ont complété cette formation : un producteur de fruits en Allemagne, le verger bio Hermann, la Cuma Alsa Pomme à Brumath.

Didier Charton a remercié pour leur soutien Laurent Wendlinger, président, et André Jacob, directeur de la Chambre d’agriculture d’Alsace, Thierry Girodot, proviseur du lycée agricole d’Obernai, Sylvie Pagliano, directrice du CFA du Bas-Rhin, et Didier Helmstetter, son prédécesseur, qui ont mis les salles de classe à la disposition des élèves, de même que la mairie de Brumath, Verexal, support incontournable de cette formation, Freddy Zimmermann, président de l’Union des fédérations arboricoles et apicoles d’Alsace et de Moselle (UFAM). Et bien sûr les formateurs théoriques et pratiques, tous bénévoles.

Mais quel est le rôle d’un moniteur arboricole ? « Il participe à l’agencement du paysage, explique Didier Charton, il veille au maintien et au développement des ceintures vertes autour des agglomérations alsaciennes, crée des vergers écoles, des îlots témoins de démonstration. Il sensibilise le grand public, les scolaires, par des expositions de fruits. Il lutte contre l’arasement des talus, la suppression des haies et la sauvegarde des vergers. » Citant saint Fiacre, patron des jardiniers, Didier Charton conclut : « Manus fortis divitias parat » (la main diligente apporte la fortune). Alors, à vos sécateurs !

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