Auteur

Anny Haeffelé

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Alsace Lait

Transformer l’avenir

Élevage

Publié le 28/04/2017

Après une année 2016 extrêmement difficile, le moral des éleveurs n’est pas au beau fixe, souligne le président d’Alsace Lait, Michel Debes. « Notre métier si noble est en souffrance. » Si la globalisation est désignée comme le principal fléau, l’oppression administrative accentue le malaise. Face à une production mondiale abondante, les marchés se durcissent, provoquant une chute des prix. L’Europe a acheté 350 000 t de poudre et lancé une politique de réduction volontaire de la production. Du coup, les cours du lait sur le marché spot se sont redressés fin 2016.

La France est le seul pays à avoir, grâce à la contractualisation, baissé ses volumes de production pour équilibrer l’offre et la demande. « Partout en Europe, les entreprises réfléchissent à une forme de contrôle de la production. » Fin mai, les stocks européens de poudre de lait à 0 % devraient atteindre 500 000 t, ce qui pèsera lourdement sur les marchés à l’avenir. Or cela ne représente que 2 % de la production européenne. « Un effort partagé permettrait de réguler la production », estime le président.

Un prix supérieur à la moyenne française et allemande

Avec 336,53 €/1 000 l en moyenne, Alsace Lait a payé l’an dernier le prix le plus bas de ces dernières années. Mais ce prix est supérieur de 3,40 cts à la moyenne française et de 6 cts à la moyenne allemande. « Le retour de la plus-value s’est fait jusqu’au producteur, même si l’entreprise doit avoir les moyens d’investir. » Elle vient d’investir plus de 4 M€ pour augmenter sa capacité et sa qualité de production et compte y consacrer 4,50 M€ en 2017.

Alsace Lait a réalisé un résultat de 2,20 M€ en 2016. « Nous allons verser des intérêts sur les parts sociales et un complément de prix sur les mois d’été. » Par ailleurs, l’entreprise s’est engagée à payer 320 €/1 000 l jusqu’à la fin du mois de juin. « En pleine négociation sur les MDD, nous ne savons pas si nous arriverons à faire passer des hausses. Elles sont pourtant indispensables, et si nous les obtenons, nous les répercuterons sur le prix payé aux producteurs. »

« Nous avons besoin de plus d’Europe ! »

2017 sera une année compliquée, avec beaucoup d’espoirs déçus, poursuit le président. « Mais restons positifs : le lait est une denrée de première nécessité, sa consommation augmente dans le monde de 2 % par an et la population s’accroît chaque jour de 250 000 individus. » Autre point positif, le beurre, décrié pendant trente ans, est devenu en l’espace d’un an un produit très recherché et son prix a doublé en un an !

« Nous allons passer une phase difficile. C’est le rôle de la coopération d’aider ses adhérents à passer le cap. Mais nous avons besoin de plus d’Europe ! Et, surtout, nous avons besoin d’une France qui remette en avant le travail. Avec les efforts appropriés, nous pourrons transformer l’avenir. »

L’agroalimentaire génère 20 % de la valeur ajoutée de l’industrie française, indique le directeur, Frédéric Madon. Il est à l’origine d’un emploi sur six et représente le troisième excédent sectoriel de la France. Notre pays est le quatrième exportateur mondial de produits agroalimentaires. Conclusion de Frédéric Madon : « L’agroalimentaire est un secteur porteur, aidé par la croissance démographique mondiale, l’augmentation du niveau de vie et l’urbanisation. Mais la fiscalité alimentaire s’alourdit d’année en année et grève nos entreprises : elle représente 13 % du budget de l’État. » L’industrie agroalimentaire est également pénalisée par sa dépendance à l’énergie - elle est le troisième consommateur d’énergie en France.

2016, une année de changements

La guerre des prix à laquelle se livre la grande distribution est dévastatrice : « Les 16 218 entreprises agroalimentaires, confrontées à quatre centrales d’achat qui représentent 20 à 25 % du marché alimentaire, se voient appliquer des baisses successives. » Les prix connaissent une déflation de 4 % sur les trois dernières années. « L’incapacité de répercuter la hausse des coûts de production exerce une pression terrible sur les marges. La guerre des promotions qui fait rage actuellement accroît ce phénomène déflationniste. »

2016 est une année de changements. Les habitudes des consommateurs évoluent, entre la concurrence des glaces et des pâtisseries, la déstructuration des repas et la mode des produits végétariens. Il y a également des changements dans le portefeuille clients et fournisseurs : leur nombre se réduit, suite à la restructuration des entreprises.

Il y a d’autres périls en la demeure, souligne Frédéric Madon, citant pêle-mêle les messages anti-lait, les accords du CETA, la renégociation du TIPP, l’embargo russe et l’étiquetage d’origine. « Notre entreprise doit s’adapter en permanence, et de façon intelligente, à ces nouveaux enjeux. »

Avec un chiffre d’affaires de 104,7 millions d’euros (M€), Alsace Lait a réalisé un résultat net de 2,20 M€ en 2016, en léger recul. « Le taux de marge s’élève à 33,89 %, alors que nous avons payé un prix du lait supérieur à la moyenne grâce à la maîtrise des charges externes et à la productivité. » Les filiales du groupe se portent bien, signale Frédéric Madon. Savoie Yaourt a réalisé un résultat exceptionnel, la holding du groupe, ALP, un résultat record. « La filiale canadienne n’est pas encore à l’équilibre mais s’en rapproche grâce à la croissance de l’activité fromage et au recours à des sous-traitants. » Elle réalise un chiffre d’affaires de 12,5 millions de dollars pour l’ultra frais et a créé une marque, Riviera, qui s’impose peu à peu sur le marché. De bonnes nouvelles qui expliquent le résultat consolidé du groupe de 3 M€.

L’embellie attendue en 2017 ne se dessine pas rapidement, constate Frédéric Madon. Le marché spot est à nouveau très bas, la matière grasse bat des records à la hausse, les négociations avec la grande distribution se durcissent et les marchés financiers se retendent. Pour tirer son épingle du jeu, Alsace Lait doit être « rigoureuse et pertinente dans ses choix, à l’écoute des marchés. »

Des entreprises dynamiques, une politique européenne ambitieuse

Jean-Paul Bastian, vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, s’interroge : « Que serait l’Alsace sans son agroalimentaire ? Ce sont les entreprises qui font vivre la région et l’identité régionale. » Demain, la politique agricole devra intégrer davantage l’agroalimentaire. « La production sans la transformation, sans la plus-value, cela ne veut pas dire grand-chose. »

Que faire pour que l’agriculture retrouve sa compétitivité ? Pour Jean Paul Bastian, il faut une bonne politique agricole, au niveau national et européen. Les années à venir seront déterminantes pour la Pac, avec sa révision à mi-parcours et un élément nouveau, la sortie des Britanniques de l’Union européenne. La Grande Bretagne étant un contributeur net de l’UE, il manquera plusieurs milliards pour boucler le budget européen. On s’oriente vers une politique de restrictions budgétaires. L’élevage doit être force de proposition pour anticiper les défis et conserver des outils d’intervention.

« À plus long terme, quelle politique laitière européenne voulons-nous ? Ni le tout-libéral, ni le tout-quota. » Il faut prévoir des instruments financiers pour éviter la dégradation des marchés, avoir un discours positif sur l’environnement. « À vous d’imaginer la politique laitière dont vous aurez besoin en 2010. Une politique ambitieuse, ouverte sur le marché.

« Après un chalet en Savoie, vous êtes en train de construire une cabane au Canada », a plaisanté le député Antoine Herth. Autant d’investissements qui sont une nécessité pour accéder aux marchés, selon lui. « Perfectionnez et consolidez votre outil, car il est vital pour les exploitations agricoles. Et faites en sorte que la valeur ajoutée créée revienne en partie aux producteurs. »

Lancement officiel de la saison des asperges

Produire des asperges au cœur de Strasbourg : défi relevé !

Cultures

Publié le 27/04/2017

Lancer la saison des asperges au cœur de la capitale européenne, cette idée inédite a séduit ! C’est à l’Îlot de la Meinau que l’Association pour la promotion de l’asperge d’Alsace a fait son show, jeudi 20 avril. Cette exploitation maraîchère, créée récemment par Daniel et Jean-Nicolas Hoerlé et Geoffrey Andna, a accueilli dans ses serres les producteurs d’asperges, les élus municipaux et régionaux, les représentants des organisations agricoles et, bien sûr, « notre » Miss France, Delphine Wespiser, pétulante ambassadrice des fruits et légumes d’Alsace.

Cette fois-ci, les asperges n’ont pas attendu le lancement officiel pour pointer leur nez : profitant des beaux jours d’avril, elles ont régalé les consommateurs alsaciens, ravis de pouvoir les inscrire à leur menu pascal. Et si la vague de froid a quelque peu ralenti le rythme de la cueillette, le retour de températures plus élevées devrait relancer la production.

L’asperge se modernise

Jean-Charles Jost, président de l’Association pour la promotion de l’asperge d’Alsace, salue l’ensemble des acteurs de la filière asperge. L’association compte 44 producteurs à titre individuel, auxquels s’ajoutent une trentaine de producteurs regroupés au sein de la coopérative de Hœrdt. Soit environ 250 ha sur toute l’Alsace, dont 70 % dans le Bas-Rhin. Depuis sa création en 1991, la famille des asparagiculteurs a beaucoup grandi - elle a presque doublé, en fait. Elle s’est aussi diversifiée : au côté des producteurs conventionnels, on trouve désormais des producteurs bios. Tous répondent à un cahier des charges privé, contrôlé par Certipaq.

L’asperge se modernise : avec la collaboration de Dominique Krafft, de l’agence Musiconair, elle a refait son site internet, changé de visuel et multiplié les supports de communication. « La Région Grand Est nous soutient, à travers l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace. »

Les conditions météorologiques ont été favorables à la pousse des asperges, précise le président. « Le froid hivernal leur a permis d’entrer en dormance. Les conditions de buttage étaient bonnes et le soleil a très tôt réchauffé les buttes, ce qui nous a permis de gâter les consommateurs alsaciens avec des asperges à Pâques. » La qualité des turions était exceptionnelle, jusqu’ici, grâce à une pousse rapide en début de saison. Malheureusement, toute l’avance a été stoppée net par la récente vague de froid. « Rien n’est gagné : les jours à venir seront décisifs. » Autre ombre au tableau, le télescopage avec les productions des autres régions. « Les asperges landaises ont du retard et entrent en concurrence avec les asperges alsaciennes. Espérons que la campagne de communication permettra de mettre en avant l’asperge alsacienne et que le consommateur saura faire le bon choix ! Il faut cela pour faire oublier les dernières campagnes, catastrophiques… » Encore faut-il que les prix soient à la hauteur, souligne le président : « Les producteurs alsaciens ne peuvent pas commencer la saison avec des prix de fin de campagne ou de surproduction. Dans ces conditions, l’asperge d’Alsace n’a pas d’avenir ! »

Les asperges alsaciennes ont deux atouts, explique Jean-Charles Jost, « un terroir idéal qui confère aux asperges une haute qualité gustative, et un bassin de consommation important et fidèle ». Il faut capitaliser sur ces atouts, estime-t-il.

Top départ de la saison des fruits et légumes

Comme le souligne Patrick Bastian, vice-président de la commission agricole de la Région Grand Est, le lancement de la saison des asperges marque le top départ de la saison des fruits et légumes d’Alsace. « C’est le début de l’année culturale. On dit que quand la saison des asperges est bonne, toute la campagne est bonne. » Mais l’épisode de gel qui a sévi récemment a fortement douché l’enthousiasme de certains producteurs, en particulier des arboriculteurs et des vignerons.

Les assises des fruits et légumes qui se sont tenues récemment ont été l’occasion de réfléchir à l’avenir de cette filière. « Il faut se positionner sur les créneaux porteurs. La Région veut vous accompagner financièrement pour investir et communiquer. »

La situation agricole n’est pas mirobolante, admet Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, qui s’exprime au nom des organisations professionnelles agricoles. « Mais il faut faire preuve d’ingéniosité et encourager la diversification. Toutes les productions, tous les modes de production doivent pouvoir coexister. » La ferme de la Colonie, gérée par les frères Hoerlé, en est la preuve : « Cette exploitation, qui était plutôt tournée vers l’exportation, a réussi à se diversifier en se tournant vers le maraîchage, répondant ainsi aux attentes des consommateurs désireux de s’approvisionner en circuits courts. Nous devons mettre en avant l’atout « manger local », une nouvelle tendance qui devrait nous garantir de nouveaux débouchés. Nous avons un métier formidable, nous avons tous les atouts pour continuer à investir sur nos exploitations. »

Du bio dans les cantines

« Nous avons beaucoup travaillé pour rapprocher la ville et la campagne », souligne le maire de Strasbourg, Roland Ries. Un rapprochement dû à la bonne volonté des uns et des autres et à l’opiniâtreté de Françoise Buffet, adjointe au maire de Strasbourg, en charge du développement de la politique agricole communautaire et des circuits courts. « Elle a beaucoup travaillé avec les paysans de l’Eurométropole, indique le maire. C’est elle qui m’a convaincu d’inscrire le développement des circuits courts dans mon programme. » Depuis 2010, les surfaces consacrées à l’agriculture biologique ont plus que triplé sur le territoire métropolitain, « et il faut encore augmenter l’offre ».

850 ha ont été classés en zones agricoles et naturelles réservées dans l’Eurométropole. Le maraîchage et les produits bios seront donc amenés à se développer. Mais pas seulement : « Nous avons mis en place un troupeau de highland cattle à la Robertsau et des moutons à l’île du Rohrschollen », souligne Roland Ries. Parallèlement, l’Eurométropole a augmenté la part des produits bios dans la restauration scolaire, sous l’impulsion de Françoise Buffet. Ce sont désormais 248 t de produits bios qui sont transformés par les cantines scolaires, dont 137 t d’origine locale. Par ailleurs, 176 points de vente de produits locaux ont été recensés sur l’Eurométropole, dont la Nouvelle Douane qui a suscité de nombreux débats au conseil municipal… Le dialogue et la collaboration entre la municipalité et les organisations agricoles ont permis de surmonter tous les obstacles !

Pierre Lammert, président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace, salue le dynamisme de l’association pour la promotion de l’asperge, le premier légume de printemps. Pour lui, la promotion est la clé de voûte du succès : « Nous sommes la seule région française où la production de fruits et légumes s’est développée grâce à la communication grand public. Nous allons continuer à communiquer, avec le soutien de la Région : les légumes primeurs vont eux aussi faire leur pub. » Pierre Lammert annonce l’organisation du salon Saveurs et Soleil d’automne, du 22 au 24 septembre à Sélestat.

Élections chez les JA

Un conseil d’administration renouvelé

Vie professionnelle

Publié le 21/04/2017

Comme à l’accoutumée, c’est le doyen du conseil d’administration, qui a présidé la première partie des élections. C’est Ludovic Pracht, administrateur, qui en a eu l’honneur pour la quatrième année consécutive mais aussi pour la dernière fois, puisqu’il s’agissait de sa dernière année chez JA. Un vent de changement a soufflé le lundi 12 avril dans la salle de séances, puisque six administrateurs ont cédé leur place, dont trois membres du bureau.

Les Jeunes Agriculteurs ont d’abord procédé à l’élection de leur conseil d’administration, quelque peu renouvelé avec l’entrée de nouvelles recrues : Thomas Burger de Steinseltz, Arnaud Issenhuth d’Uttenheim, Jonathan Karcher de Mietesheim, Justine Masseran de Baerendorf, Geoffrey Schultz de Stotzheim et Gaëtan Vix de Wolschheim. Ils remplacent Lucien Beck de Friesenheim, administrateur depuis 2014, Luc Heinrich d’Ebersheim, et Ludovic Pracht de Siewiller.

Luc Heinrich, était administrateur depuis 2013 et responsable du groupe tabac depuis 2012. Pour lui, « avoir été chez JA du Bas-Rhin était une expérience enrichissante. Je souhaite à chacun de vivre ça ! ». Quant à Ludovic Pracht, administrateur depuis 2008 et membre du groupe communication, il a tenu à rappeler l’importance de l’engagement et du collectif. « Les JA c’est de la convivialité mais aussi du sérieux. C’est important de s’impliquer pour faire avancer les choses. D’être présent lors des réunions mais aussi lors des événements pour pérenniser la structure. J’ai connu trois présidents différents. Même si chaque équipe a été différente, j’ai retrouvé la même convivialité et le même professionnalisme à chaque fois. J’ai eu du plaisir à en faire partie ». Thomas Gillig, président, les a chaleureusement remerciés et a salué leur engagement au sein du réseau et de la structure JA.

Du nouveau dans le bureau

Après l’élection des administrateurs, les Jeunes Agriculteurs ont procédé à l’élection de leur bureau. Thomas Gillig est réélu pour un troisième mandat en tant que président, tout comme Julien Koegler, en tant que secrétaire général.

Côté membres du bureau, quelques petits changements sont à noter avec l’arrivée de deux nouveaux membres : Étienne Losser de Mussig et Christophe Haas de Reimerswiller. Ils passent tous deux du poste d’administrateur à celui de vice-président. Ils remplacent Thomas Diemer de Hurtigheim et Clément Fend de Marlenheim.

Nicolas Urban accède au poste de secrétaire général adjoint, en remplacement de Philippe Boehmler. Après neuf années passées au sein des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, dont huit au bureau, ce dernier quitte l’équipe. C’est en 2008 qu’il entre au conseil d’administration pour accéder l’année suivante au poste de vice-président dans le bureau JA. En 2010, il devient secrétaire général, puis secrétaire général adjoint en 2014 afin de former la nouvelle équipe. Il était notamment responsable de la filière viande bovine et coresponsable du comité d’organisation de l’événement Les Terres à l’envers organisé à Oberhausbergen en 2011. Il a été à l’origine de la création du groupe communication JA lors de cette période, dont il en a été responsable durant trois ans et a porté avec son équipe de nombreux projets et actions. Thomas Gillig a tenu à rendre hommage à ces nombreuses années d’engagement au service du collectif. « Il a toujours su faire passer la cause commune avant l’individualité. Rappelons qu’il s’est notamment battu pour que puisse émerger la marque Savourez l’Alsace - Produits du terroir dont il a la présidence. J’ai beaucoup appris à ses côtés, il a toujours été force de proposition pour faire avancer les choses. Le syndicalisme coule dans ses veines. Jusqu’au dernier moment, il a été à nos côtés pour nous aiguiller ».

Philippe Boehmler a tenu à faire part de quelques mots pour son départ. « Il y a deux choses qui me rendent particulièrement fier. La première, c’est d’avoir participé à l’organisation de l’événement Les Terres à l’envers. C’est une belle aventure et une belle leçon. Il ne faut pas sous-estimer notre force d’impact. Voir grand, c’est aller plus loin ! La seconde, c’est d’avoir pu préparer la suite, avec une équipe du bureau JA solide. Lorsqu’on est JA, c’est important d’avoir à cœur ce qu’on fait mais aussi ce qu’on laisse. La transmission est essentielle. Cette équipe a toute ma confiance pour la suite et je pars serein ! Nul doute que cette expérience chez JA a été une expérience humaine extraordinaire ». La soirée s’est achevée non sans émotion, sous les applaudissements, debout, du conseil départemental.

Costal. Poulets label rouge

« Une année de poids maîtrisés »

Élevage

Publié le 19/04/2017

La filière volailles est en plein développement : il y a un an, la société Siebert d’Ergersheim a annoncé sa volonté de produire des poulets label jaunes, à raison d’un bâtiment par semaine, ce qui correspond à seize bâtiments. « En 2016, nous avons fait un essai de poulets label jaunes au Gaec de Hattisheim à Geispolsheim », indique Mario Troestler, technicien spécialisé volailles chez Lorial, lors de la réunion technique organisée début mars à Dorlisheim. Par ailleurs, un essai de poulets label noirs est en cours à la ferme Gay à Bischoffsheim.

Dans le même temps, la demande continue à croître en poulets label blancs. « Nous travaillons à flux tendu. » Ceci permet d’envisager la construction de plus de vingt bâtiments sur deux ans. Cinq bâtiments ont été construits en 2016, 17 sont prévus en 2017. La filière se développe aussi en Moselle, avec la mise en place de huit bâtiments de poulet label noir. « Ces producteurs vont intégrer Alsace Volaille. »

Concernant le prix des aliments, Mario Troestler a comparé les prix pratiqués par Lorial et l’indice Itavi, qui évolue en lien avec le cours des matières premières. « Il y a eu très peu de décrochages, ces dernières années. En général, nous sommes en dessous de l’indice, avec depuis un an un prix extrêmement bas. La composition de l’aliment n’est pas toujours la même : nous assistons à un retour en force du maïs, actuellement. » Le constat est satisfaisant : il y a une bonne connexion entre le prix de reprise et le cours des aliments.

Mario Troestler a analysé les résultats techniques des producteurs de poulets label rouge, sur la base d’une production de 600 000 poulets. Une production en croissance : « De nouveaux éleveurs sont arrivés et les anciens producteurs ont produit plus ». La demande étant soutenue, l’âge d’abattage ne cesse de baisser, mais il n’est pas possible de descendre en dessous de 84 jours, en raison du cahier des charges du poulet label. « Par le passé, l’âge d’abattage était plus élevé en juillet et en août, mais durant toute l’année 2016, il est resté très proche des 84 jours. D’où la volonté de construire de nouveaux bâtiments. »

Mortalité en baisse

Une remontée de la mortalité avait été constatée en 2011 suite à la suppression des anticoccydiens. Depuis, elle a fortement baissé, même si, en 2015, les éleveurs ont constaté qu’il manquait des animaux lors de l’enlèvement, un phénomène lié à la recrudescence des prédateurs, en particulier des renards. En 2016, cette courbe est repartie à la baisse, sans doute à cause de la double vaccination contre la maladie de Marek et de l’obligation de claustration. « L’épisode hivernal de réovirose n’a pas entraîné de recrudescence de la mortalité », commente Mario Troestler.

L’année écoulée se caractérise par une bonne maîtrise du poids des poulets label rouge. « De 2010 à 2014, nous avons connu une nette hausse du poids des poulets, qui était en totale déconnexion avec le poids de référence. » Or des poulets trop lourds posent des problèmes à l’abatteur. « En 2014, nous avons mis en place une politique nutritionnelle pour revenir à des poids acceptables », souligne Mario Troestler. Avec succès : les poids se sont stabilisés autour de 2,25 kg. En 2016, on constate une légère remontée, à 2,28 kg/poulet, malgré des contraintes nutritionnelles identiques. « Les conditions sanitaires se sont améliorées, la génétique aussi. »

Un autre phénomène se greffe là dessus : « En 2015, l’été caniculaire a fait chuter fortement le poids des poulets et nous avons conseillé aux éleveurs de commander des miettes et des granulés à l’approche de la saison estivale, ce qu’ils ont fait dès l’année suivante. Résultat, la courbe de poids est plus stable à la sortie de l’été. » Les contraintes nutritionnelles devront à nouveau être revues pour se rapprocher du poids de référence. Entre 2015 et 2016, l’indice de consommation a connu une amélioration significative, ajoute Mario Troestler. « Nous avons gagné 64 g d’aliment par kg de poulet. »

Le taux de déclassement (poulets congestionnés ou griffés) a légèrement augmenté en 2016. Pourtant, les éleveurs n’ont pas relâché leurs efforts… La nette remontée des saisies de carcasses en fin d’année est liée à l’épisode de réovirose (lire notre article en page 13).

La marge brute augmente

La marge poussins-aliments (MPA) par kg augmente de 2 cts en 2016, du fait de l’amélioration de l’indice de consommation. La MPA est calculée en fonction du prix de vente du poulet, duquel on déduit le coût du poussin et de l’aliment, précise Mario Troestler. La MPA/m2/lot est elle aussi en hausse. « Un bon aliment est essentiel, mais il faut aussi que l’animal soit en bonne santé pour pouvoir valoriser cet aliment. Cela passe par une bonne désinfection, une bonne prophylaxie, des bâtiments bien ventilés et à l’abri des rongeurs, et moins de prédations sur les parcours. »

De nombreux efforts ont été faits en matière de prophylaxie, indique le technicien : « Les éleveurs se sont impliqués dans la lutte contre la bronchite, l’entérite nécrotique et la maladie de Marek. Ils ont investi dans les raticides, les souricides, de meilleurs désinfectants. » Parallèlement, ils ont construit des bâtiments neufs et les ont dotés d’équipements performants. « En vingt ans, le bâtiment a quasiment doublé de valeur, du fait de la technologie. »

Sur le plan sanitaire, un plan de biosécurité a été mis en place : il a permis de former vingt éleveurs. Les cas de salmonelles ont été très rares en 2016 ; sur 260 analyses salmonelles, 256 ont été négatives. Seule une analyse positive concernait une salmonelle majeure (Entiridis). La mise en place d’un double vaccin contre la maladie de Marek fait qu’aucun cas de maladie n’a été détecté.

La chasse aux kilomètres

Emmanuel Brochet, responsable production et approvisionnement chez Siebert, confirme la croissance de la demande. « En 2013, nous abattions 15 500 tonnes de volailles, actuellement, nous dépassons les 19 000 t. » Un des objectifs de l’abatteur est de concentrer la production autour de l’abattoir. « Un mois de ramassage chez Siebert, c’est entre 20 000 et 30 000 km. Un mois de livraison, c’est 175 000 km. C’est pour cela que je fais la chasse aux kilomètres. »

Les poulets bios sont produits à 100 % par des éleveurs bas-rhinois. La production de poulets label est elle aussi 100 % bas-rhinoise (34 éleveurs). Les poulets standards blancs et jaunes sont produits par 53 éleveurs, 100 % Grand Est. Quant à la viande de lapin, elle est produite par 34 éleveurs, dont 31 dans le Grand Est, 1 en Belgique et 2 en Allemagne. 65 % des poules viennent de France, 30 % de Suisse, 5 % d’Europe.

Quelques conseils d’Emmanuel Brochet : « Soyez très vigilants sur les griffures, car c’est un motif de déclassement et de saisie. Il y a un effort à faire sur la propreté des pattes. C’est lié à un problème de dégradation de litière : la fiente colle sous la voûte plantaire, ce qui entraîne une brûlure. Il faut réagir très vite, dès qu’on constate un problème. Il faut que les pattes soient belles, car nous les valorisons sur le marché asiatique. »

Alsace Lait

Un rattrapage de prix sur les mois d’été

Élevage

Publié le 16/04/2017

« L’année 2016 s’annonçait compliquée. Mais personne ne s’attendait à ce qu’elle le soit à ce point », souligne Michel Debes, président d’Alsace Lait, lors de l’assemblée de section du secteur Sud, le lundi 4 avril à Erstein. Le prix du lait payé par la coopérative alsacienne n’échappe pas à cette tendance : « Il se situe à 336 €/1 000 l, le prix le plus bas de ces cinq dernières années, ce qui explique la trésorerie tendue d’un grand nombre d’exploitations. » À cela s’ajoute un léger recul de la collecte de lait, de l’ordre d’1 million de litres.

Les négociations avec la grande distribution sont terminées. « Comme d’habitude, les distributeurs qui se vantent de soutenir les producteurs, notamment au salon de l’agriculture, continuent à vouloir payer le prix le plus bas possible. Quoi qu’il en soit, ces négociations se sont soldées par une petite augmentation des prix, du fait de la hausse des cours de la matière grasse. »

« La matière grasse est revenue en odeur de sainteté »

Étrange retournement de situation : « Les quotas laitiers ont été mis en place à cause des stocks de beurre européens. Or, depuis deux ans, on manque de beurre car la matière grasse animale est revenue en odeur de sainteté. Par contre, les produits allégés n’ont plus la cote… » D’où vient ce soudain engouement ? Les chercheurs américains ont démontré que le beurre favorise la croissance du cerveau. D’après Michel Debes, le prix de la matière grasse restera à un niveau élevé tout au long de l’année. « Au niveau d’Alsace Lait, nous sommes juste à l’équilibre en ce qui concerne la matière grasse », souligne-t-il.

Pour autant, le marché international est toujours très tendu : « La poudre de lait est retombée à 1 700 €/tonne. On risque de repartir à l’intervention et de regonfler les stocks européens. Il y a 350 000 t de poudre de lait en stock au niveau européen, 600 000 t au niveau mondial, ce qui empêche l’amélioration du prix des fromages. Par ailleurs, l’embargo russe continue, les Chinois ont une position attentiste, la spéculation est au point mort. Cela montre que nous sommes soumis à des fluctuations auxquelles personne ne comprend rien… » Et au niveau français, la consommation interne est atone, voire en régression pour les produits ultra-frais.

D’autres dangers menacent. En Allemagne, le prix du lait est remonté à 31 cts le litre, ce qui risque d’entraîner un redémarrage de la production laitière dans ce pays, alors qu’elle avait baissé de 2 % l’an dernier. « Durant la crise, les Allemands ont perdu 7 à 8 % de leurs producteurs, souligne Michel Debes. Nous essayons de les convaincre de contractualiser leur production, à l’image de la France. »

Investir et se diversifier

Alsace Lait a poursuivi sa politique de prix en 2016 : « Nous continuerons à annoncer des prix par trimestre », indique Michel Debes. Une bonne nouvelle : « L’an dernier, nous n’avions pas fait de complément de prix car notre coopérative se situait parmi les prix les plus hauts. Cette année, nous vous proposons un rattrapage de prix sur les litrages des mois d’été, à savoir + 10 €/1 000 l en juillet et en août, + 15 € en septembre. » Ce rattrapage des prix répond à une logique, explique le président : « En général, l’usine manque de lait durant l’été alors que la production est excédentaire au début de l’année. Nous ne changerons pas notre politique de prix, car vous orientez les vêlages de vos vaches et de vos génisses par rapport à cette grille. »

Le président annonce un prix de 320 €/1 000 l pour les mois d’avril, mai et juin. « C’est un peu plus bas que l’an dernier, mais les prix de juillet, août et septembre ne seront pas plus bas. Nous espérons que les négociations concernant les marques de distributeur (MDD) se passeront mieux et que nous pourrons avoir des prix à la hausse, qui se répercuteront sur les producteurs. »

Au niveau des volumes, le nouveau schéma est entré dans les mœurs. « Nous l’avons mis en place en 2016 parce que nous avons perdu des marchés suite aux problèmes de qualité que nous avons rencontrés et aux baisses de prix que nous ne voulions pas concéder sur certains produits. Nous n’avons pas revu à la baisse les volumes de chaque producteur, car les producteurs doivent pouvoir se projeter sur l’avenir. »

Alsace Lait continue à investir pour améliorer la performance de son outil de transformation et augmenter sa capacité de production. Elle poursuit également sur la voie de la diversification des risques. « Notre filiale Savoie Yaourt contribue très fortement au résultat du groupe. Et notre joint-venture au Canarda pourrait s’avérer être une source de diversification aussi intéressante que Savoie Yaourt. En un an à peine, nous avons réussi à imposer une marque sur le marché canadien. »

Malgré ces perspectives somme toute prometteuses, les dirigeants d’Alsace Lait n’oublient pas qu’un certain nombre de producteurs traversent de grandes difficultés. « Nous sommes une entreprise coopérative, nous essayons d’être aussi solidaires que possible, tout en respectant l’équité de la coopération, insiste Michel Debes. Certains producteurs ont décidé d’arrêter la production laitière, d’autres ont été orientés vers la cellule Réagir. »

Syndicat de la simmental française d’Alsace

« Une race stratégique »

Élevage

Publié le 09/04/2017

Dressant le bilan de l’année laitière 2016, marquée par des stocks fourragers et des prix du lait faibles, Jean Bernhard a fait un sombre constat : « Les bonnes années se font rares et les mauvaises années s’accumulent. S’installer, investir, se développer ne doivent plus se faire à la légère et méritent une réflexion de fond. » À ces difficultés s’ajoute la pression de la grande distribution, dont « les exigences sont souvent beaucoup plus sévères que la réglementation », et dont le seul but est de prendre des parts de marchés à ses concurrents.

« Nous avons connu une forte baisse de la production, du fait du fourrage de mauvaise qualité, poursuit Jean Bernhard. Dans le nord de l’Europe, de nombreux éleveurs ont jeté l’éponge car ils n’avaient plus les moyens d’acheter des concentrés. » Dès que les prix sont remontés, les Allemands ont augmenté leur production, entraînant une nouvelle chute des cours. Nombre d’exploitations ont doublé, voire triplé, leur production depuis la fin des quotas, car ils n’avaient aucune contrainte de livraison, et cela a déséquilibré le marché. Mais la situation pourrait évoluer, explique le président de la race simmental : « Je reviens d’un forum en Allemagne : ce pays a enfin compris que la contractualisation à la française est la seule solution viable ».

À la sortie des quotas, tout le monde pensait que les races mixtes allaient disparaître. « Deux ans plus tard, les instituts spécialisés pensent que l’avenir sera plutôt aux races mixtes », se réjouit Jean Bernhard. La race simmental a d’énormes capacités, souvent méconnues : une bonne production de lait, des taux intéressants, une viande de qualité. De plus, elle présente une belle longévité : « Elle peut faire quatre, cinq, voire huit veaux. » Certains signes ne trompent pas : elle est de plus en plus demandée - « Les éleveurs qui ont appris à la connaître l’apprécient beaucoup » - et de nombreux acteurs de la génétique s’y intéressent. « Ils ont compris que la simmental est une race stratégique. »

Claude Ettlinger, technicien d’Élitest, a présenté le rapport d’activité et le rapport financier du syndicat. Au chapitre élections, Daniel Hertzog, Michel Fichter et Thierry Marx ont été réélus au conseil d’administration. Jeanine Holtzer n’ayant pas souhaité se représenter, c’est Arnaud Hatt de Wickersheim qui a été désigné pour la remplacer.

6 970 litres de lait à 7 % en moyenne

Présenté par Annabelle Ragot, du service élevage de la Chambre d'agriculture d’Alsace, le bilan de synthèse rassemble les données de dix élevages bas-rhinois en race pure. L’effectif moyen est en augmentation, à 65 vaches. « Il y a moins d’éleveurs, mais plus de bovins, ce qui reflète la restructuration en cours. » En moyenne, une vache a 2,8 veaux en lactation, ce qui confirme la rusticité de la race. Le pourcentage de primipares s’élève à 29,4 %. « Pour une bonne longévité, le taux de renouvellement ne doit pas être trop élevé. »

En baisse de 192 l, la production de lait brut s’établit à 6 471 par vache. Les taux sont bons, ce qui donne une moyenne de 6 970 l/vache de lait à 7 %. Les vaches simmental bas-rhinoises obtiennent de bons résultats cellulaires, « meilleurs que pour les autres races. Mais cela reste un sujet de préoccupation pour les industriels. » Les intervalles vêlage-vêlage sont de 393 jours. « C’est l’un des points forts de la race, connue pour sa fertilité. » L’âge au premier vêlage est de 33,1 mois. « Les génisses vêlent avec un mois de moins. Ce critère s’améliore, je m’en réjouis. »

L'assemblée générale du syndicat de la simmental d'Alsace s'est poursuivie par une visite de la nouvelle étable de l'élevage Cousandier à Roeschwoog.

Aropa Alsace

Des retraités bien dans leur peau

Vie professionnelle

Publié le 27/03/2017

Le recrutement de nouveaux adhérents reste une des principales préoccupations de l’Aropa Alsace, a indiqué le secrétaire général, Ernest Freyburger. C’est pourquoi ses dirigeants sont intervenus dans les entreprises pour informer les salariés proches de la retraite. Ils ont également demandé à la MSA d’Alsace de distribuer des flyers aux salariés déposant une demande de pension de vieillesse. L’association projette en outre d’organiser des réunions d’information dans les secteurs où elle est faiblement représentée, comme le Sundgau et l’Outre-Forêt.

En 2016, l’Aropa a accueilli 67 nouveaux adhérents, ce qui porte leur nombre à 257, soit une progression de 36 %. « C’est le contrat d’assurance complémentaire santé conclu avec Mutualia qui attire la plupart des nouveaux membres », a concédé Ernest Freyburger.

L’Aropa Alsace tient sa sixième assemblée générale, a souligné le président, Raymond Clément. C’est une jeune association, comparé aux autres associations du Grand Est qui ont presque toutes plus de 30 ans d’existence. « Mais nous sommes en train de rattraper notre retard. Si on y ajoute les associations de retraités de Groupama et de la MSA, nous sommes aujourd’hui 583 adhérents. Cela nous permet d’être optimistes pour atteindre rapidement le cap des 1 000 adhérents. Soyez les ambassadeurs de l’Aropa Alsace ! »

L’an dernier, l’association avait fait un focus sur le régime local, qui risquait d’être remis en cause par la loi ANI dont le but était de généraliser la complémentaire santé. Après quelques passes d’armes, le législateur a décidé de maintenir le statu quo du régime local. « Aujourd’hui, notre action se focalise sur deux aspects, la retraite universelle et la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement », a expliqué Raymond Clément.

La Confédération française des retraités vient d’arrêter ses propositions quant à l’avenir des retraites, de la protection sociale, de la santé et de la représentativité de l’association auprès des instances nationales. « En pleine période électorale, c’est le moment de faire passer le message des retraités auprès des candidats à la présidentielle », a souligné le président. Pour lui, il est indispensable de mettre en place un régime universel de répartition par points en remplacement de tous les régimes actuels de retraite. « Il faut garantir l’indexation des pensions sur l’évolution des prix, relever les petites pensions et unifier les conditions d’attribution des pensions de réversion pour l’ensemble des régimes. »

Les comités départementaux de la citoyenneté et de l’autonomie sont en train d’être mis en place. « Votre Aropa a fait acte de candidature. »

« Une véritable réforme de justice sociale »

L’assemblée générale s’est poursuivie par une conférence-débat sur le thème « Comment bien préparer sa retraite ». C’est un sujet qu’il faut anticiper, a souligné Raymond Clément. Plusieurs sujets ont été abordés, la problématique de la dépendance et son financement, par Daniel Robert, vice-président du Coderpa, le rôle de la MSA au niveau de la vieillesse, avec Christelle Jamot, et le témoignage de Nicole Ambeis, secrétaire générale du groupe Bethesda.

L’élaboration d’une politique en faveur des personnes âgées était attendue depuis trente ans, a rappelé Daniel Rebert. En février 2011, un grand débat national sur la dépendance s’est engagé. S’ensuivirent de nombreuses commissions, études, rapports. La loi d’adaptation de la société au vieillissement, promulguée en 2015, apporte des améliorations notoires mais, faute de moyens, ne permet pas d’absorber les chocs démographiques, estime Daniel Rebert. « Ceci étant, c’est une véritable réforme de justice sociale. » Elle apporte notamment une meilleure couverture des besoins des personnes âgées, une participation financière réduite des usagers par l’augmentation de l’Allocation personnalisée d’autonomie, un soutien renforcé aux personnes les plus dépendantes et une réforme de l’Allocation de solidarité aux personnes âgées.

Elle veut répondre à trois grands enjeux :

  • mobiliser toute la société : dynamiser la prévention individuelle et collective, prendre en compte le défi démographique dans les villes et les territoires, développer l’intergénérationnel, valoriser l’engagement des jeunes en service civique, valoriser l’emploi dans le secteur des services à domicile ;
  • accompagner les personnes âgées dans leur parcours de vie : leur permettre de vieillir chez elles grâce à la revalorisation de l’APA, développer le logement intermédiaire, adapter le logement aux enjeux du vieillissement, soutenir les proches aidants par une aide au répit ;
  • revaloriser les droits et les libertés des personnes âgées : leur permettre de désigner une personne de confiance, renforcer leur intégrité physique et leur sécurité dans les établissements, les associer à la politique de la vieillesse.

« La loi existe, les départements doivent maintenant la mettre en place », a souligné Daniel Rebert. Elle induit une gouvernance revisitée : les Coderpa et les CDCPH fusionnent au sein des CDCA. Celui du Bas-Rhin a été mis en place, celui du Haut-Rhin devrait se créer en octobre.

Daniel Robert a tiré la sonnette d’alarme : le vieillissement de la société engendre une augmentation de la dépendance. Or les moyens sont insuffisants pour faire face aux besoins de la population future : la loi fait l’impasse sur le financement de la perte d’autonomie et sur le coût des maisons de retraite. Un besoin de financement qui ira croissant dans les prochaines années et qui restera en grande partie à la charge des ménages. « La dépendance est une bombe à retardement pour l’économie française, estime Daniel Rebert. Il faudra rapidement passer au deuxième acte et mettre en place un financement de la perte d’autonomie, à l’instar de ce que plusieurs pays européens ont mis en place. » Cette question doit rapidement être classée en cause nationale, selon lui.

« Tout ce que la MSA peut faire pour vous »

« Qu’est ce que la MSA fait pour vous ? » Christelle Jamot, directrice générale de la MSA d’Alsace, a indiqué qu’au-delà des aides légales, chaque MSA peut décliner des aides extralégales, adaptées aux besoins locaux : accompagnement financier, accompagnement individuel par un travailleur social, accompagnement en groupe, projets à caractère sanitaire et social, comme les actions de prévention ou les maisons d’accueil pour seniors. La MSA d’Alsace a notamment mis sur pied le programme Bien Vieillir, avec des conférences-débats et des ateliers sur des thèmes très variés comme la santé, la mémoire, l’équilibre, la nutrition, l’habitat, l’informatique, l’activité physique, la conduite automobile, la dépression, la sexualité, etc. Bref, tout pour bien vivre sa retraite… « 161 cycles, organisés par Atout Âge, sont prévus en 2017 », a annoncé la directrice générale.

LA MSA participe également aux campagnes de dépistage des cancers du sein, du col de l’utérus et du colon et à la prévention de l’ostéoporose. Elle encourage ses ressortissants à participer à des activités (partir en séjour à l’étranger, par exemple), à maintenir le lien social, bref à tout faire pour éviter la dépression qui touche 15 à 30 % de la population des plus de 65 ans.

« Il est possible de se faire aider si ses revenus sont trop justes », a poursuivi Christelle Jamot. La MSA peut accorder différentes aides : aides techniques (barre d’appui), adaptation du logement, aide à domicile, accompagnement lors de la sortie d’hôpital, portage de repas, accès aux soins, hébergement temporaire, téléassistance, etc.

Christelle Jamot a présenté les offres de service des associations du groupe MSA d’Alsace : microcrèches pour caser les « chicoufs », téléassistance avec Présence verte, relais de services à la personne (Outre-Forêt), association Germa Alsace pour la mise à disposition d’hommes toutes mains ou d’aides à domicile, entre autres. Elle gère en outre six petites unités de vie en milieu rural, les Marpa (Maisons d’accueil et de résidence pour l’autonomie) ou Masa. Un projet est en cours à Huningue. « On ne sait pas tout ce que la MSA peut faire pour vous », a souligné Raymond Clément.

« Soyez vigilants par rapport aux choix que vous allez faire si vous ne pouvez plus rester à la maison », a souligné Nicole Ambeis, directrice d’Ehpad, avant de présenter les différentes solutions d’hébergement pour les personnes âgées. Il existe trois catégories :

  • les logements intermédiaires : Marpa ou Masa, résidences d’hébergement pour personnes âgées ou résidences senior, petites unités de vie (PUV). La nouvelle loi parle des résidences autonomie ;
  • l’accueil familial (hébergement chez l’habitant, villa familiale) ;
  • les Ehpad (maisons de retraite). « C’est un lieu de vie et de soins, où une équipe pluridisciplinaire vous accompagne 365 jours par an, une formule tout compris. » Il existe plusieurs types de prise en charge dans les Ehpad (dépendance physique, dépendance psychique, maladie d’Alzheimer), etc.

Clément Cuvillier, secrétaire général adjoint de Jeunes Agriculteurs

« Nous n’avons pas le droit de baisser les armes ! »

Vie professionnelle

Publié le 17/03/2017

Clément Cuvillier s’est installé en 2006 sur la ferme familiale, dans le Pas-de-Calais. « Je me suis investi dans les JA dès 2002, dans un canton qui commençait à dépérir. Dans le but d’inciter les jeunes à prendre des responsabilités, nous avons organisé des réunions dans les villages. » Un soir, à l’issue d’une réunion à laquelle il n’a pas pu assister, Clément Cuvillier reçoit un texto le félicitant pour son élection à la présidence cantonale. « J’ai dit banco et j’ai continué à communiquer. Au final, le nombre d’adhérents était remonté à 70. » Continuant sur sa lancée, il est élu à la présidence du syndicat départemental. « Puis nous avons créé une structure JA Nord-Pas-de Calais dont j’ai également pris la présidence. À force de râler contre l’incurie des responsables nationaux, on m’a proposé d’intégrer le bureau de JA national, en tant que secrétaire général adjoint. Il a fallu convaincre ma famille et préparer ma succession au niveau départemental. »

Pour Clément Cuvillier, il est facile de critiquer sans s’investir. Mais pour être au rendez-vous des défis de demain, il faut apporter sa pierre à l’édifice. « Nous n’avons pas le droit de baisser les armes. Notre devoir est de veiller constamment au grain, de défendre une agriculture de type familial pour installer des jeunes partout sur le territoire. Nous attendons de nos partenaires qu’ils s’engagent à nos côtés. »

L’installation reste le dossier phare de JA. « Devant le manque d’attractivité des prêts bonifiés, nous travaillons depuis deux ans avec le ministère de l’Agriculture pour trouver une alternative, avec la quatrième modulation. Nous avons dû nous mobiliser, mais nous avons été écoutés. » Le cadre national est défini, il reste à décliner cette mesure dans les nouvelles régions. Concernant la Pac 2020, un travail sur la gestion de risques et sur l’environnement est mené par les Jeunes Agriculteurs au niveau européen. « La définition de l’agriculteur actif est un sujet sur lequel nous restons vigilants. »

Portraits de jeunes paysans dans le métro parisien

JA a décidé de communiquer auprès des consommateurs pour qu’ils puissent se faire une opinion digne de l’agriculture. « C’est nous qui portons l’avenir de l’agriculture », souligne Clément Cuvillier. Une vaste campagne de communication a été lancée durant le salon international de l’agriculture : onze profils de jeunes paysans ont été placardés dans le métro parisien. « Cette campagne, vous pouvez la répercuter dans vos régions, vos départements, afin que tout le monde puisse s’approprier ces messages. »

« Nous avons milité pour rendre obligatoire l’étiquetage du pays d’origine des viandes achetées en magasin, avec l’opération Viande de nulle part. Nous pouvons être fiers de nous, c’est grâce à notre implication que nous avons obtenu l’obligation d’étiquetage de l’origine des viandes. Nous avons tiré dans le mille ! »

Pour Clément Cuvillier, adhérer, c’est déjà s’engager, c’est sortir de chez soi, adhérer à un projet et des valeurs communes. « Être responsable, cela ne se décrète pas, on l’a en soi ou pas, mais on doit aussi être élu par ses pairs. Dans le réseau JA, on peut discuter de tout, mais on sait aussi faire la fête », souligne-t-il.

Assemblée générale des Jeunes Agriculteurs

Des filières malmenées

Vie professionnelle

Publié le 16/03/2017

  • Filières viande

Pour Julien Jacob, trésorier de JA 67, la faillite de Copvial est un échec pour la profession agricole, et surtout un immense gâchis. « Après avoir survécu à cela, plus rien ne nous fait peur et nous sommes prêts à relever tous les défis. Nous avons pu sauver les meubles en gardant un outil de proximité. Grâce au soutien de bon nombre d’acteurs, économiques et politiques, nous avons pu réduire le montant des dettes des éleveurs. » L’avenir est en marche, grâce notamment au Comptoir agricole que Julien Jacob a remercié pour son engagement auprès des éleveurs alsaciens. « À présent, nous devons tourner la page… et en tirer les leçons. »

Julien Jacob s’interroge : « Face aux attaques des associations animalistes, devrons-nous une nouvelle fois nous justifier ? À ceux qui nous traitent de bourreaux, je réponds : venez faire un tour dans nos fermes pour découvrir la réalité. Nous, éleveurs, nous prenons notre métier à cœur. Attention aux amalgames, à une généralisation hâtive. Heureusement, nous pouvons compter sur les consommateurs, en recherche d’une viande de qualité. Mais comment pouvons-nous accepter l’importation de viande canadienne ? À quand une véritable ambition pour l’élevage français ? »

  • Filière fruits et légumes

Les prix ont permis aux producteurs de fruits et légumes de garder la tête hors de l’eau, même s’ils ne compensent pas les pertes liées au climat, souligne Anthony Carbiener, vice-président de JA67. Les réunions organisées au niveau du Grand Est ont mis l’accent sur le manque d’organisation de la filière. « Les exploitations sont trop peu spécialisées, mais leur diversification est un atout pour lisser le revenu. Le problème, c’est que tout passe par les centrales d’achat qui ne communiquent ni sur les volumes ni sur les prix qui permettraient de planifier la production. Nous ne sommes pas compétitifs par rapport aux pays voisins qui bénéficient d’un coût de la main-d’œuvre plus bas et de normes phytosanitaires moins drastiques. Nous constatons en outre qu’il n’existe pas de formation diplômante spécifique pour le maraîchage dans notre région. Nous avons créé, avec Planète Légumes, un groupe de JA appelé Jeunes Pousses pour découvrir les techniques de chacun. Concernant la contractualisation avec les GMS, le volume n’est pas garant de rentabilité. Nous demandons la fixation d’un seuil minimum et maximum pour sécuriser l’installation des jeunes, avoir une lisibilité auprès des banques. »

Un groupe Univers légumes a été créé dans le Grand Est pour travailler sur la compétitivité de la filière, en partenariat avec la Région, afin de débloquer des fonds et faciliter l’accès à l’investissement. « Nous comptons sur la Région pour dynamiser ces subventions et nous aider à négocier avec les GMS. »

  • Filière lait

Les producteurs de lait traversent une crise sans précédent, affirme Nicolas Urban, vice-président de JA67. « En 2016, ils ont subi 25 € de baisse, soit une baisse de rémunération de 65 € sur deux ans (20 %). Ajoutez à cela un surcoût lié à l’excès de réglementation française. » Toutes les solutions ont été utilisées pour survivre à cette crise, mais si la situation perdure, les exploitations vont mourir à petit feu, prévient-il. Sur les derniers mois, on constate une reprise sur le marché due aux éleveurs qui ont baissé leur production. « C’est ce moment qu’a choisi la grande distribution pour faire des promotions éhontées sur les produits laitiers, avec des rabais allant jusqu’à 70 % ! Pire encore, pendant les négociations en cours, elle a exigé des transformateurs des baisses de prix de 2 à 8 % sur les produits laitiers. Ils s’engraissent sur notre dos, acculant de nombreux agriculteurs au suicide. »

Pour la production laitière, 2017 est une année charnière. « Si vous ne prenez pas en compte la situation actuelle, nous prendrons les mesures qui s’imposent. Ce n’est pas un cri de désespoir, mais un instinct de survie qui va guider nos actes. »

  • Dossier chasse

« Les sangliers retournent allégrement nos prairies et on nous prend trop souvent pour des blaireaux », s’écrie, excédé, Julien Jacob. Faute d’avoir été une bonne année agricole, 2016 a été une année favorable aux sangliers. Les dégâts se sont concentrés sur les prairies, en particulier dans la région de Wissembourg et en Alsace Bossue. Plusieurs battues ont été organisées pour éviter une explosion des ravages au printemps. Parallèlement, des dégâts de corbeaux se multiplient, un plan de lutte a été mis en place sur 60 communes et, en collaboration avec la Fredon et la FDSEA, des formations au piégeage ont été organisées. Julien Jacob rappelle que tout agriculteur détenteur d’un permis de chasse a le droit de chasser les corbeaux, à condition de le signaler à la DDT.

Les dégâts de blaireaux tendent à se développer, notamment dans les cultures de maïs, mais ils ne sont pas indemnisés, Le seul moyen de lutte autorisé est de faire appel à un organisme qui utilise des répulsifs et des clapets antiretour sur les terriers, une mesure que Julien Jacob juge inefficace.

« Messieurs les élus, seriez-vous atteints de schizophrénie ? Sinon, comment expliquer l’absurdité de la directive Nitrates ? Comment expliquer le fait que certains maires se prononcent pour une alimentation locale tout en interdisant la construction de bâtiments agricoles ? Comment expliquer l’attrait de notre administration pour les haies et les hamsters, alors que dans le même temps elle s’engage pour le goudronnage de plusieurs centaines d’hectares de terres agricoles pour le GCO ? Au vu de toutes ces contradictions, les JA du Bas-Rhin ont décidé de vous offrir une psychothérapie de longue durée. »

L’agriculture est en perpétuelle évolution, les agriculteurs ne cessent de s’adapter. « Chez JA, nous sommes persuadés qu’il faudra encore évoluer. Mais il nous faut de la reconnaissance, une vision à long terme et un prix rémunérateur. »

  • Point Pac

« Le dossier des aides Pac semble s’arrêter en 2015, souligne Julien Koegler, secrétaire général de JA67. Toutes les excuses sont bonnes, la complexité de la réforme, les problèmes de logiciel. Jamais l’administration ne s’est remise en cause, jamais elle n’a présenté d’excuse, pour ces retards prolongés. Notre administration n’arrive pas à écrire 4 200 chèques par an. Tout a été payé à 95 %, nous dit-on, mais avec combien de retard ? » Il faut passer à l’action, estime le secrétaire général.

  • Manger local

Tous les producteurs doivent s’approprier la marque Savourez l’Alsace Produit du terroir, créée conjointement par la profession agricole, l’industrie agroalimentaire et la Région, explique Philippe Boehmler, secrétaire général adjoint de JA67. « C’est un outil qui permet de redonner confiance au consommateur. » Avec toutes les émissions à charge, il a besoin de retrouver des produits locaux, faits avec des matières premières alsaciennes. « Nous travaillons avec les restaurateurs, en particulier les Étoiles d’Alsace, pour voir comment nous pouvons les approvisionner. Nous allons faire la même démarche avec la grande distribution. »

Cette marque peut aussi devenir un liant entre producteurs, entre différents modes de production et de commercialisation. « C’est un joli projet pour fédérer l’agriculture alsacienne. Tout le monde doit pousser dans le même sens. »

La page JA se tourne pour Philippe Boehmler « Une nouvelle page s’ouvre. » Une très belle équipe est en place, ajoute-t-il, avant de remercier le staff administratif : « Quand vous vous lancez dans l’aventure JA, il est essentiel de pouvoir compter sur une équipe rodée. »

Rapport d’orientation

Détecter les jeunes qui ont du potentiel

Vie professionnelle

Publié le 15/03/2017

Il y a près de 60 ans, la JAC a créé le CNJA pour défendre la cause des jeunes, indique Mathieu Schneider. Ce syndicat est à l’origine de nombreuses avancées pour les agriculteurs, et plus particulièrement pour les jeunes. Sa première motivation est de garantir le renouvellement des générations à travers des installations sur des fermes vivables, viables et transmissibles. « Nous nous battons pour une agriculture aux mains des paysans, une agriculture nourricière, diversifiée et novatrice, éthique et ouverte au dialogue. Pour cela, nous pouvons compter sur nos structures nationales, départementales et cantonales. »

Le Bas-Rhin compte près de 700 adhérents. « Nous sommes le premier département de France en nombre d’adhérents. La diversité de nos productions, de nos modes de commercialisation est une richesse. » Acteur de son propre destin, le syndicalisme jeune veut continuer à être force de proposition pour façonner l’agriculture de demain.

Il existe différents types d’engagement. L’adhésion, c’est s’engager à faire partie d’une organisation, adhérer à un projet collectif ; la participation, c’est s’engager dans l’organisation de manifestations ; la prise de responsabilités, c’est la fonction des élus mandatés, au sein et en dehors du milieu agricole. « C’est être acteur au service d’une cause. » Mais les freins à l’engagement sont réels : « Les responsabilités prises s’ajoutent aux contraintes du métier d’agriculteur. C’est un métier prenant, qui laisse peu de temps aux activités extérieures. »

Prendre davantage de responsabilités peut faire peur, ou faire surgir un besoin de formation. « Paradoxalement, la notion de compétences apparaît comme un frein à la prise de responsabilités », indique Nicolas Urban. La prise de responsabilité va de pair avec un besoin de reconnaissance. « Les critiques sont source de stress, voire démoralisantes. »

Cependant, l’engagement des agriculteurs est une véritable richesse, pour l’agriculture et pour celui qui s’engage. S’impliquer est le meilleur moyen de faire entendre la voix de la jeunesse agricole, les revendications de la profession. Les JA sont la structure de première responsabilité au sein des organisations professionnelles agricoles, la première étape vers la prise de responsabilités au sein d’autres organisations, voire d’autres collectivités.

« L’engagement bénévole correspond à un projet d’activité où le plaisir est synonyme de réalisation de soi. » On glisse d’une logique de militant à celle d’épanouissement personnel. Le bénévolat permet d’enrichir ses compétences, de faire preuve d’esprit d’initiative, d’apprendre à déléguer des responsabilités à d’autres, d’acquérir plus de confiance en soi, d’augmenter son ouverture d’esprit.

Si l’engagement est, pour le jeune adhérent, l’occasion d’accéder à diverses sources d’information, c’est également le moyen de créer du lien social, d’appartenir à un groupe. C’est d’autant plus vrai en agriculture où le chef d’exploitation travaille souvent seul.

« Trouver la formule de la manifestation de demain »

« Qui mieux que vous peut défendre le monde agricole ? Encore faut-il vous engager… » Le challenge est double, explique Étienne Losser : conforter les responsables actuels et réussir l’intégration de nouvelles personnes motivées. « Notre ambition est de développer la dynamique réseau. » JA67 formule trois propositions pour améliorer la communication dans le réseau. La première est d’apporter de la plus-value dans la diffusion de l’information, - c’est l’objectif de la « newsletter » mise en place en janvier 2017. La seconde est d’améliorer la communication entre les cantons, notamment sur l’état d’avancement des dossiers problématiques, souvent communs à plusieurs cantons, ou les manifestations locales. La troisième est de susciter la curiosité, en invitant des intervenants extérieurs (coopératives, banques, élus régionaux et départementaux, OPA) en abordant des thèmes différents de ceux traités au niveau syndical.

« Nous souhaitons renforcer la convivialité en instaurant des moments d’échange. » L’idée est d’organiser, plusieurs fois par an, des conseils départementaux décentralisés, avec un temps de convivialité qui se concrétise par la visite de l’exploitation, pour prendre conscience des difficultés rencontrées sur les exploitations et construire un plan d’action syndicale sur le département. Mais aussi de promouvoir le mouvement JA auprès du grand public, pour mettre en évidence son dynamisme et retrouver une proximité avec les citoyens. « Et lorsque les choses ne vont pas, nous manifestons notre colère. Manifester, c’est s’engager ! À nous de trouver la formule de la manifestation de demain. » Les Jeunes Agriculteurs proposent de créer un groupe de réflexion sur ce sujet.

Créer de la valorisation et de la reconnaissance

Les présidents cantonaux sont la pierre angulaire du réseau, ils sont en première ligne pour transmettre un message syndical fort, inciter les jeunes à s’impliquer. JA67 propose de mettre en avant les actions de chaque canton, lors des conseils départementaux.

La formation est indispensable pour progresser et prendre confiance en soi. « Nous aurons à cœur de former les responsables cantonaux. » JA67 veut mettre en place un certain nombre d’actions pour encadrer les nouveaux présidents, les aider à entrer en contact avec leurs membres, les rendre plus efficients dès le début de leur mandat. Les responsables en place se verront proposer des formations sur des sujets comme la prise de parole, l’animation d’une réunion, l’organisation d’une manifestation grand public. JA67 veut aller plus loin en proposant des formations à l’ensemble de ses adhérents sur la communication, la gestion de projets, la résolution des conflits, etc.

Motiver les jeunes à s’engager

Pour motiver de nouveaux adhérents à s’engager, différents leviers existent. Pour Anthony Carbiener, les présidents cantonaux ont un rôle clé dans la détection de nouveaux talents. « Les tournées cantonales sont des lieux clés de recrutement. » Afin de trouver les représentants de la jeunesse agricole de demain, il faut ouvrir les conseils départementaux au réseau JA. D’où l’idée d’inviter systématiquement les adhérents à y participer. « Cela nous permettra de découvrir des jeunes qui ont du potentiel. »

JA67 veut aussi dynamiser les groupes filières. « Dans ces réunions spécifiques à une production, tout le monde parle le même langage. Davantage de visites d’exploitations et d’usines de transformation seront organisées pour attirer un public plus vaste et détecter les jeunes qui veulent s’engager. »

Une autre idée consiste à désigner des responsables locaux, à l’échelle de trois ou quatre communes. Ils auront pour rôle de renforcer la proximité avec les adhérents, de faire passer plus facilement les informations, de faire remonter les problèmes et de prospecter de nouveaux adhérents. « Cela permettra d’organiser plus facilement des opérations coup de poing dans les cantons, démontrant ainsi que chacun peut être acteur du changement. »

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