Auteur

Anny Haeffelé

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La saison des fraises commence

« Allez-y ! Elles sont toutes rouges… »

Cultures

Publié le 30/05/2017

La campagne avait bien commencé, les fruits s’annonçaient abondants, mais les gelées noires des 17, 18 et 19 avril ont refroidi l’enthousiasme des fraisiculteurs qui ont vu leur récolte amputée de 40 %. Heureusement, la période ensoleillée que nous venons de vivre a permis de redresser la situation et aujourd’hui, les fraises sont présentes en abondance. « Ne tardez pas ! » insiste Olivier Grinner, président de l’Association des producteurs de fraises d’Alsace. La saison est très courte, elle ne dure que trois ou quatre semaines… Que vous les achetiez en barquettes dans les magasins et sur les marchés, ou que vous vous rendiez en famille dans une des nombreuses libres cueillettes de la région, c’est maintenant !

Michel Hegé se réjouit de voir les producteurs de toute l’Alsace rassemblés à la ferme Densch de Haguenau pour le lancement de la campagne, au côté des membres de l’interprofession, des représentants des organisations professionnelles agricoles et de la Région Grand Est. À l’orée de la forêt de Haguenau, le magasin Le Fruitier est entouré d’un « grand jardin » de 8 hectares où sont implantés une petite fraiseraie, un carré de myrtilles, un verger de pommes et de poires - qui a entièrement gelé - et un champ d’asperges. « Nous envisageons de convertir le verger en bio. » Le magasin, quant à lui, propose une large gamme de produits du terroir et de l’artisanat local, l’agencement soigné mettant particulièrement en valeur les fruits et légumes.

« Nous allons tous dans le même sens »

« La saison a du mal à démarrer en raison des fortes gelées qui ont considérablement réduit la production, poursuit Michel Hegé. Les clients attendent avec impatience l’ouverture de la libre cueillette, ils nous inondent de coups de fil. » Il est vrai que le magasin est idéalement placé à la sortie nord de Haguenau, une ville de 35 000 habitants. « Mais je voulais attendre cet après-midi pour que vous puissiez voir de belles fraises bien rouges… »

« Après les asperges, le lancement de la saison des fraises est toujours un moment très attendu », explique Pierre Lammert, président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla). Il marque en général le retour des beaux jours… et c’est le cas cette année. Il a remercié la Région Grand Est qui soutient la promotion, tout au long de l’année, des fruits et légumes d’Alsace. D’année en année, la liste s’allonge : récemment, les légumes primeurs ont fait une entrée en scène remarquée, et dès la semaine prochaine, ce sera au tour de l’ail, de l’oignon et de l’échalote d’être mis en valeur. La preuve que les producteurs locaux ont la pêche !

D’autres événements sont prévus dans les prochains temps. Le salon interprofessionnel du commerce des fruits et légumes d’Alsace réunira les acteurs de la filière le 13 juin, et le salon Saveurs et Soleil d’automne accueillera des milliers de visiteurs, du 22 au 24 septembre aux Tanzmatten à Sélestat. « C’est le plus grand salon des fruits et légumes de France, précise Pierre Lammert. Nous continuerons à communiquer pour promouvoir les produits de notre région, avec notre ambassadrice de charme, Delphine Wespiser, ancienne Miss France. Elle ne pouvait être parmi nous aujourd’hui car elle est en tournage pour l’émission Fort Boyard. »

Boris Wendling, responsable régional de la Scofel, centre d’achat régional du groupe Auchan, rappelle que dix enseignes de la distribution sont réunies au sein de l’Ifla. « Vous retrouverez un peu partout la même communication autour de la fraise d’Alsace, quelle que soit l’enseigne. C’est une demande du client, il attend ce produit. » La grande distribution est le canal de distribution le plus important en France, ajoute-t-il. Il commercialise 70 et 80 % de la production. Pour Boris Wendling, il n’y a pas d’opposition entre grande distribution et circuits courts. « Nous allons tous dans le même sens : nous cultivons le bon, le sain, la proximité. »

Concours départementaux interraces

Esprit de compétition

Élevage

Publié le 19/05/2017

Dimanche matin au plan d’eau de Brumath, une quarantaine de génisses et de vaches simmental défileront dans le ring, sous l’œil expert d’un juge allemand, Eckard Sperr. L’après-midi, ce sera au tour des prim’holstein de se donner en spectacle. Près d’une centaine de génisses sont inscrites au catalogue. 70 d’entre elles devraient participer au concours qui débutera à 13 heures. Un nombre de participants record pour une confrontation qui se veut interdépartementale : des éleveurs haut-rhinois et mosellans se joindront en effet à leurs collègues bas-rhinois, ce qui rehaussera à coup sûr l’intérêt de cette compétition. C’est Alban Varnier, du Gaec de la Coumière à Effincourt (Haute-Marne), qui les départagera. « C’est l’un des élevages que nous avons visités lors du voyage d’étude organisé par le syndicat prim’holstein en novembre 2016 », explique Jean-François Dintinger.

« C’est la première fois que les éleveurs mosellans participent à notre concours, poursuit le président du syndicat prim’holstein. Nous en avons discuté avec le syndicat de ce département et nous avons trouvé un accord. Les éleveurs mosellans présenteront des génisses au Festival de l’élevage à Brumath. Quant à nous, nous irons à Metz pour présenter des vaches bas-rhinoises au salon Agrimax, en octobre prochain. Plutôt que de rester chacun dans son coin, comme c’est le cas dans certains départements, nous souhaitons nous ouvrir aux départements voisins, pour créer une réelle émulation. Vingt animaux en provenance des élevages haut-rhinois sont également inscrits. Par contre, nous n’irons pas au concours de Habsheim, cette année. Le hasard du calendrier fait qu’Agrimax a lieu le même week-end que la Foire Simon et Jude. De plus, les éleveurs haut-rhinois souhaitaient revenir à un concours départemental, un an sur deux. »

La grande absente de cette journée sera la race montbéliarde. Pour des raisons sanitaires, l’Esat du Sonnenhof, qui avait annoncé quatre animaux, a dû renoncer à y participer, alors qu’il se faisait un point d’honneur de représenter la race durant les éditions précédentes.

Les enfants et leur veau

Après le concours, viendra la séquence, toujours plébiscitée par le public, de la présentation des veaux par les enfants. Les éleveurs semblent eux aussi apprécier l’exercice, puisque huit groupes d’enfants feront leur show, sous le regard bienveillant de Rémy Bierbaum, technicien à Élitest. Les familles Schoenel de Bischwiller, Wilt de Dachstein, Wendling de Dauendorf, Muller de Hirschland, Schwartz de Hochstett, Braun de Hoffen, Fritsch de Mittelhausen et Bernhard de Wœrth s’entraînent assidûment pour épater les spectateurs. Nul doute qu’ils rivaliseront une nouvelle fois d’imagination pour nous attendrir et nous faire rire…

En fin d’après-midi, charolaises et limousines entreront dans le ring pour une présentation des races allaitantes. Jacques Ernwein d’Oberhausbergen présentera une vache charolaise, tandis que Joseph Steinmetz de Berstheim exhibera deux vaches et un veau limousins. Les chevaux seront eux aussi de la partie. Deux représentants de la race ardennaise, Dynastie du Vallon et son poulain Hirondelle du Bassin seront conduits par Jean-Luc Ernwein de Gottesheim. Claude Baumer, technicien Élitest, de Kleinfrankenheim, présentera Ronja, un spécimen de la race schwarzwälder et Jacques Ernwein d’Oberhausbergen défilera avec Sabine et son poulain Hélioth, des poneys fjord.

Au programme ce week-end

Pratique

Publié le 19/05/2017

Samedi 20 mai

  • matin : arrivée des animaux
  • 12 h : repas sur place
  • 16 h : inscription pour le concours de pointage des animaux (Jeunes Agriculteurs)
  • 17 h : début du concours de pointage
  • 19 h : concours de clippage
  • 21 h : concours de présentation (ouvert à tous les jeunes)
  • 21 h 30 : soirée « Vache’ment jeune »
  • 22 h : remise des prix

Dimanche 21 mai

  • 10 h : concours et championnat simmental
  • 10 h 30 : opération Made in Viande (rencontre des professionnels de la viande bovine) organisée par Interbev Alsace
  • 12 h : inauguration du festival de l’élevage
  • repas sur place
  • 13 h : concours interdépartemental génisses et championnat prim’holstein
  • 15 h 30 : présentation des veaux par les enfants
  • 16 h : démonstration de tonte de moutons
  • 16 h 30 : présentation des races bovines allaitantes
  • 17 h : présentation des chevaux
  • en soirée : dégustation de tartes flambées

Pendant tout le festival, restauration et buvette.

Première « Soirée Expert » Kuhn consacrée à la pulvérisation

« La qualité de la précision est notre fer de lance »

Technique

Publié le 15/05/2017

C’est une mise en scène digne des plus grandes stars que le groupe Kuhn a concoctée pour cette première soirée expert. Jingle, lumières stroboscopiques… les pulvérisateurs vedettes ont fait une entrée tonitruante dans l’immense hall du Kuhn Center for Progress.

Connu dans le monde entier pour ses charrues et son matériel de fenaison, le groupe Kuhn n’a cessé, au cours des dernières décennies, de se diversifier et de s’internationaliser, explique Christian Fischer. Aujourd’hui, il est présent dans une dizaine de secteurs d’activité, labour, travail du sol, semis, fertilisation, pulvérisation, entretien du paysage, broyage, récolte des fourrages, pressage, conduite d’élevage. Il propose en outre une offre très large de services (extension de garantie, offre de financement, etc.). « Nous nous sommes toujours appuyés sur l’innovation pour poursuivre notre développement. L’agriculture n’a rien à envier aux autres secteurs d’activité en matière de technologies. »

Le groupe Kuhn a réalisé en 2016 un chiffre d’affaires de 853 millions d’euros, en baisse certes par rapport à 2015 compte tenu de la situation économique de notre secteur. « Le marché américain s’est effondré », indique Christian Fischer. Or c’est un marché important, avec 32 % des ventes entre l’Amérique du Nord et du Sud, 61 % des ventes étant réalisées en Europe et 7 % sur d'autres continents.

Une question de précision

Après ce préambule permettant de mieux cerner la carrure internationale du constructeur savernois, Luc Monville, responsable marketing et communication pour les produits pulverisation, est entré dans le vif du sujet. « De nouvelles technologies sont apparues récemment pour améliorer la qualité de la pulvérisation et simplifier le fonctionnement du pulvérisateur. » Préparation, remplissage, application, rinçage, toutes les étapes de la pulvérisation sont importantes, a-t-il indiqué. « Chacune d’elles est actrice de la précision de l’appareil. » Petit rappel de la marche à suivre.

  1. Cibler les parcelles à traiter. Une bonne connaissance du parcellaire permet de mieux connaître les surfaces à pulvériser et d’éviter les recouvrements.
  2. Bien connaître le produit à appliquer et son mode d’action pour choisir le type de buses le plus adapté.
  3. Étudier les conditions météorologiques, car elles ont un impact sur la qualité de la pulvérisation.
  4. Anticiper le rinçage : une cuve vide est plus facile à rincer.

« Chaque buse a son rôle »

La première question à se poser est le type de traitement envisagé. S’agit-il d’un produit de contact, d’un produit systémique ou d’un produit racinaire ? « Un produit systémique doit toucher la plante. Il faut donc que le produit soit diffusé sur tout le système vasculaire ; la force du vent, notamment, a un grand impact sur ce type de produit. Un produit racinaire doit toucher le sol et s’y diffuser. Le produit de contact, quant à lui, doit « peindre la plante ». « C’est le plus délicat, en termes de taille de gouttelettes et de conditions météo », insiste Luc Monville. Les grosses gouttelettes sont moins sensibles au vent. La dérive est donc limitée, de même que l’impact sur la plante. « Mais il y a un risque de lessivage. » Les fines gouttelettes augmentent le potentiel d’impact du produit sur la plante à protéger ; elles sont moins sensibles à la dérive et à l’évaporation du produit. Elles seront toujours les plus efficaces.

« Plus les gouttelettes sont fines, plus on augmente les chances d’impact. » C’est le cas avec la buse à injection d’air, explique Luc Monville. Le fait de charger les gouttelettes d’air améliore l’effet de couverture. Cela permet de limiter le risque de dérive et de lessivage, et d’assurer une meilleure couverture grâce à l’étalement du produit.

La pression est un autre facteur qui influence la taille de la gouttelette. « Plus la pression augmente, plus la taille de la gouttelette diminue… et plus le risque de dérive s’accroît. C’est pourquoi nous avons développé le système Multispray : il sélectionne automatiquement la buse la mieux adaptée, en fonction de la vitesse d’avancement et de la taille de la gouttelette. Par ailleurs, l’application KuhnBuse vous aide dans le choix de la buse : en fonction de différents critères - volume/ha à pulvériser, vitesse de travail, force du vent -, elle propose différentes couleurs de buse. »

« Pour limiter le recouvrement, nous avons équipé nos rampes de tronçons ». Le nombre de tronçons a été multiplié par deux en dix ans, indique Luc Monville. Encore faut-il couper le tronçon au bon moment ! « Le système de coupure automatisée GPS Section Control diminue le risque de recouvrement et facilite le confort de travail. La tendance actuelle est à une coupure buse à buse, qui est forcément gérée par GPS. Elle diminue par trois le risque de recouvrement. »

La hauteur et la stabilité de la rampe contribuent elles aussi à améliorer la précision. « Une rampe à la bonne hauteur réduit la sensibilité à la dérive. Le système d’assistance à la hauteur Boom Assist est essentiel pour les rampes à forte hauteur et les parcellaires compliqués. » Une bonne stabilité de la rampe évite les secousses et garantit la qualité de la pulvérisation. Reste un point de vigilance, l’irrégularité des parcelles - trous d’eau, verse, etc. « Nos sondes ont sensiblement évolué et mesurent en permanence la hauteur par rapport au sol et à la cible à pulvériser. »

Les nouvelles technologies qui sont nées ces dernières années (GPS, capteurs, drones) ont permis d’améliorer la qualité de la pulvérisation ou de la distribution d’engrais. Elles ont aussi contribué au développement d’aides à la conduite (système de guidage, suivi de la pulvérisation, suivi de la rampe, coupure automatisée, rinçage automatisé) et d’aides agronomiques (modulation de doses). D’autres innovations sont en cours de développement, indique Luc Monville. « La technologie s’invite partout dans le cycle de pulvérisation pour augmenter la précision de l’application et garder un pulvérisateur simple d’utilisation. »

Vidéos à l’appui, Geoffroy Houette, responsable commercial pour les produits pulvérisation, a présenté l’usine de Chéméré, où sont construits une grande partie des pulvérisateurs destinés au marché français, comme le pulvérisateur porté Deltis 2 équipé d’une rampe de 15 à 24 m, ou le dernier en date, l’Oceanis 2, d’une capacité de 7 700 l équipé d’une rampe de 48 m, « le fleuron de la gamme en matière de technologie. »

Le soir du grand show

Puis Luc Monville a repris les manettes pour présenter, en live, deux nouveaux produits, le Deltis 2 et le Lexis 3000. « Le Deltis 2 a été doté d’un châssis en L, qui reporte un maximum de poids à l’avant de la cuve. » Avec le système OptiLift, la suspension est souple et efficace au champ, mais également sur la route.

Les ingénieurs se sont préoccupés de la sécurité de l’opérateur lors de la manipulation des produits phytosanitaires. « Souvent, les incorporateurs sont peu pratiques, trop petits ou trop encombrants, souligne Luc Monville. Le nouvel incorporateur Optifiller est souple et son grand volume permet d’incorporer confortablement les produits. Au transport, il se replie et devient très compact. » Le panneau de mise en œuvre est équipé de deux vannes principales, l’une pour l’aspiration (cuve principale, cuve de rinçage), l’autre pour le refoulement, lorsqu’il faut envoyer de l’eau claire dans les différentes parties. « Cela permet d’éliminer jusqu’à 50 % des manipulations, et donc des risques d’erreur. »

Le pulvérisateur est doté d’une rampe diagonale de 21 m. Stockée sur la machine de manière compacte, elle est composée de trois bras. Ce nouveau concept évite le fouettement, réduit l’entretien et permet un dépliage plus rapide.

Le pulvérisateur Lexis 3000 était la deuxième machine présentée. Compact et court pour limiter les dégâts dans les cultures, il est lui aussi doté de deux vannes principales. Différentes options sont possibles : le système Diluset + pour automatiser le remplissage et piloter le rinçage depuis la cabine du tracteur, les terminaux électroniques Visioreb ou Isobus, ou encore la circulation continue électrique. « Sa première fonction est de permettre la coupure buse à buse pour diminuer le recouvrement, ave un pilotage par GPS. Sa deuxième fonction est de faire circuler le produit dans la rampe sans pulvériser, ce qui supprime l’amorçage et facilite le rinçage. Équipée d’une rampe de 18 à 28 m, c’est une machine compacte et simple qui peut accueillir beaucoup de technologies. »

À l’issue de cette présentation, les agriculteurs se sont déployés autour des différents pulvérisateurs exposés dans le hall où un spécialiste leur a fourni toutes les explications nécessaires. Ils ont également pu manipuler les différents boîtiers sur le pool électronique.

Groupama Grand Est

Assurance Prairies : l’An II

Pratique

Publié le 14/05/2017

Le nouveau contrat d’assurance des prairies a été lancé l’an dernier. Quelles en sont les modalités ?

50 éleveurs sont assurés cette année. Groupama a choisi une approche globale par le besoin fourrager de l’éleveur. L’assuré déclare l’ensemble de son cheptel, l’ensemble de ses prairies, ses cultures fourragères et ses achats de fourrages. De là, il en détermine son besoin fourrager et choisit sa franchise. Le contrat est éligible aux subventions européennes au même titre que la MRC.

Groupama a choisi une approche globale par le besoin fourrager de l’éleveur. L’assuré déclare l’ensemble de son cheptel, l’ensemble de ses prairies, ses cultures fourragères et ses achats de fourrages. De là, il détermine son besoin fourrager et choisit sa franchise. Le contrat est éligible aux subventions européennes au même titre que la MRC.

Quelle est la date limite de souscription de ce contrat ?

La date limite de souscription officielle est le 31 mars en ligne pour les éleveurs, ce délai étant prolongé jusqu’au 15 avril avec un conseiller commercial. Cette année, ces délais ont été repoussés de quinze jours.

Quelles sont les garanties couvertes par ce contrat ?

Ce contrat couvre la production d’herbe indispensable à l’alimentation du cheptel contre les aléas climatiques, sans différenciation des types de prairies : artificielles, temporaires, permanentes… Il garantit les risques de déficit de pluviométrie ou de température qui peuvent affecter le rendement des prairies et donne ainsi à l’éleveur l’assurance de disposer de la quantité d’herbe nécessaire à l’alimentation du cheptel. L’assurance est basée sur le besoin de l’éleveur via la production d’herbe, et non via ses surfaces de prairies. Par contre, la quantité d’herbe vendue à l’extérieur n’est pas garantie.

Les événements assurés sont :

  • sécheresse, excès de température et coup de chaleur,
  • coups de soleil,
  • températures basses, coup de froid, gel,
  • excès d’eau, pluies violentes, pluies torrentielles, humidité excessive,
  • grêle,
  • poids de la neige ou du givre,
  • tempête, tourbillon, vent de sable,
  • manque de rayonnement solaire.

L’assurance prairies est un contrat d’assurance indicielle, basé sur des données recueillies par satellite. Un satellite mesure la pousse végétative et calcule les pertes par rapport à l’historique de l’éleveur. C’est là que réside l’innovation que Groupama a voulu mettre en avant.

Groupama Grand Est

Des résultats stables malgré une année chahutée

Vie professionnelle

Publié le 13/05/2017

2016 était une année compliquée pour Groupama Grand Est, souligne François Schmitt. « Nous avons su être au côté de nos sociétaires, qu’il s’agisse des agriculteurs, des particuliers ou des entreprises. Nous avons fait notre métier : nous avons aidé nos assurés et nous avons payé les sinistres le plus rapidement possible. Nous avons prouvé notre solidité et dégagé un résultat de 17,7 millions d’euros (M€), à la hauteur de celui de 2015. »

L’année écoulée a vu la mise en œuvre du projet d’entreprise qui a pour fer de lance la qualité de service, poursuit Olivier Larcher. C’est un succès : le taux des clients très satisfaits a progressé en trois ans de 17 à 23 %, l’objectif étant d’atteindre 25 %. « La qualité du service est le mot d’ordre de nos 1 500 salariés dans les années à venir », insiste le directeur.

Stabilité du chiffre d’affaires

Avec 576 M€, le chiffre d’affaires de l’assurance IARD reste stable - l’assurance de biens y contribue pour 72 %, l’assurance de personnes pour 28 %. De son côté, la collecte de l’épargne assurance-vie atteint 91,30 M€. Groupama Grand Est a reversé 428 M€ à ses sociétaires. Un montant élevé, dû à une sinistralité importante. « Nous avons été pénalisés par six sinistres « excédentaires » : trois suite à un accident automobile, deux suite à un incendie et un suite à un accident de ski. » Dans le jargon des assureurs, cela signifie que le coût du sinistre dépasse 2 M€. Ces sinistres excédentaires sont pris en charge en grande partie par la réassurance qui a rétrocédé 20 M€ à Groupama Grand Est. Autre secteur fortement touché, les sinistres climatiques sur récolte. « Notre portefeuille d’assurance récolte s’élève à 26 M€, or nous avons payé plus de 50 M€ d’indemnités, en hausse de 18 M€ par rapport à 2015. »

Le rapport sinistres/cotisations se dégrade légèrement, à 75 % contre 69,9 % l’année précédente, poursuit le directeur. Grâce à la réassurance et à un travail d’assainissement des risques de son portefeuille, Groupama Grand Est a ainsi pu réaliser un résultat économique équivalent à celui de 2015. « La protection de la réassurance a garanti l’équilibre de nos comptes. » Le ratio combiné se dégrade légèrement, à 98,3 %. La marge de solvabilité atteint 342 % en y intégrant les mesures transitoires en lien avec la transition Solvabilité I à Solvabilité II. « Elle est cinq fois supérieure au minimum exigé par Solvabilité II », précise Olivier Larcher.

Amélioration de la solvabilité

Comment cette solvabilité s’est-elle améliorée ? Le directeur y voit l’effet de l’engagement de ses équipes, de leur dynamisme commercial, de la qualité du service, mais aussi du lancement des certificats mutualistes : « Jugés comme des quasi-fonds propres, ils améliorent notre solvabilité. Fin 2016, nous avions émis 27 M€ de certificats mutualistes, auxquels nous allons servir une rémunération de 3,15 %, sous réserve de l’approbation de l’assemblée générale du 16 mai à Strasbourg. » Début mai 2017, le volume des certificats mutualistes atteignait déjà 36 M€. « L’objectif de 45 M€ que nous nous étions fixé sera atteint dans quelques mois. Pour nous, c’est la traduction de la confiance de nos sociétaires. »

Groupama Grand Est est un assureur solide efficace, qualitatif et engagé, résume le directeur. « Nous venons de terminer les assemblées générales de nos 278 Caisses locales. Plus de 18 000 sociétaires ont participé depuis la mi-février à cet exercice de proximité, avec une participation active à la validation des comptes, du fonctionnement institutionnel et des actions de prévention. Cela prouve leur attachement à notre mutuelle. Nous faisons vivre cet esprit de partage de communauté depuis 110 ans. »

Alsace Lait

« Le développement doit être harmonieux »

Élevage

Publié le 07/05/2017

À Alsace Lait, la collecte a démarré sensiblement au-dessus de la courbe 2015 pour finir légèrement en dessous. Par contre, les taux ont permis de limiter la baisse des prix. « Les trois premiers mois de 2017 sont au-dessus des deux dernières années », annonce Jean Bernhard. Les fortes chaleurs de l’été 2016 ont retardé les chaleurs, et donc les vêlages, ce qui explique le pic de production en mars 2017.

Le nombre de points de collecte a encore diminué en 2016 (- six producteurs), mais le volume global livré a augmenté. « En dix ans, nous sommes passés de 373 à 256 producteurs, de 296 000 litres à 554 000 litres en moyenne. »

Comment s’est passée la contractualisation en 2016 ? « En début d’année, nous étions légèrement au-dessus des volumes contractualisés. À partir de juillet, nous étions au même niveau, mais dès octobre-novembre, il y a eu un décrochage. » Le volume produit était de 141,7 millions de litres (Ml) pour un volume contractualisé de 142 Ml, avec une sous-estimation de la production en début d’année et une surestimation en fin d’année. Les éleveurs doivent ajuster leurs prévisions. « Individuellement, 145 exploitations sur 240 étaient en dessous d’un taux de réalisation de 95 %. »

Une gestion trimestrielle de la production

Désormais, Alsace Lait impose une gestion trimestrielle de la production, avec un suivi mensuel : chaque mois, le volume dépassant le volume engagé est payé au prix du marché spot. Chaque trimestre, le volume dépassant de 10 % le volume engagé trimestriel est décoté de 150 €/1 000 l. Autre précision, pour les jeunes agriculteurs, l’attribution des volumes contractualisés se fait à partir de la date effective d’installation.

Jean Bernhard a présenté les résultats du contrôle laitier, auquel adhèrent 207 exploitations, avec le soutien financier d’Alsace Lait. Concernant la composition du lait, le taux de matière grasse a augmenté de plus d’1 g pour s’élever à 41,43 g. Le taux de matière protéique a lui aussi progressé (+ 0,4), à 33,57 g. « La moyenne des producteurs Alsace Lait est supérieure à la moyenne du laboratoire d’analyse », a relevé Jean Bernhard. Cette augmentation est sans doute liée à la baisse de la production par vache laitière.

La qualité bactériologique du lait est bonne : 99,67 % du lait collecté a moins de 100 000 germes, 98,89 % sont même en dessous du seuil de 50 000 germes. « Depuis 2012, c’est la meilleure année ! Il faut poursuivre dans ce sens et agir sur les points critiques qui entraînent parfois des pointes brutales. »

« Vous parvenez à bien gérer le niveau de numération cellulaire : 73,4 % du lait collecté est en dessous de 250 000 cellules. Vous arrivez au niveau de 2010, bravo ! Moins de cellules, c’est moins de mammites, moins de lait jeté. » Par ailleurs, 66 % du lait affiche un taux de spores butyriques inférieur à 800 spores par litre. « La courbe est en constante amélioration. » 99,83 % de la collecte a un indice cryoscopique inférieur à 506.

Pour le challenge Haute Qualité 2016 (≤ 25 000 germes, ≤ 250 000 cellules, ≤ 800 spores, absence d’inhibiteurs), 28 producteurs ont livré 12 mois sur 12 du lait haute qualité. « Tous les systèmes de traite sont représentés », a précisé Jean Bernhard.

Excellente qualité bactériologique

Au niveau de la flore mésophile, la qualité bactériologique du lait est excellente. Mais certaines flores spécifiques sont assez néfastes, notamment les levures moisissures : ce sont les premiers germes qui se développent sur le lait caillé. « Cela reste problématique pour une partie des laits. » Les élevages concernés sont ceux dont le nettoyage est insuffisant et inefficace, ou dont l’environnement de traite est inapproprié (salle de traite obsolète, lavettes non nettoyées ou non séchées). « Ensuite, il y a les accidents, en général vite réglés. S’affranchir des accidents est impossible, mais la recherche de points critiques permet de limiter le nombre d’accidents ou leur gravité. »

Comment a évolué le prix du lait à la production ? Le prix acompte s’élève à 328,08 €, en baisse de 23,09 €. À cela s’ajoute le bonus pour la qualité du lait. « L’augmentation des taux et de la matière protéique engendre un gain de près de 3 €. La bonne qualité du lait améliore aussi le revenu des producteurs. »
S’y ajoute la haute qualité (1,55 €/1 000), le challenge HQ sur des litrages importants. L’intérêt sur le capital social, la ristourne sur les rétrocessions et le complément de prix pour les mois d’été viennent compléter ce prix, qui s’établit à 336,53 €, soit une baisse de 16,90 €/1 000 l. « C’est le prix le plus bas de ces six dernières années. ».

Un producteur sur trois adhère au suivi technico-économique Écolait, a relevé Jean Bernhard. Les éleveurs concernés ont, en moyenne, une SAU de 110 ha, une SFP lait de 69 ha (maïs 25 ha, herbe 43 ha). La production moyenne par vache a légèrement baissé : elle s’établit en moyenne à 8 846 l. Cependant, cette production est très variable d’une exploitation à l’autre : de 5 500 l à 12 600 l/vache. « Le groupe représente bien la diversité de l’élevage alsacien. » Le plus grand producteur produit 2,5 Ml/an, le plus petit 250 000 l. Soit en moyenne 722 659 l, pour 1,88 unité de main-d’œuvre pour le troupeau laitier. La marge brute s’établit à 197 €/1 000 l (- 20 €), avec de fortes amplitudes.

Quels sont les objectifs d’évolution de la production ? « Notre volonté est d’absorber tous les volumes que vous avez l’intention de produire. Mais en 2015, certains producteurs ont largement excédé les volumes contractualisés, ce qui nous a amenés à modifier le système. »
Le nombre de producteurs diminue, libérant des litrages qui vont aux producteurs prioritaires, en particulier aux jeunes agriculteurs. « Notre objectif n’est pas d’acheter du lait sur le marché spot. » Pour preuve, la production est passée de 122 à 140 millions de litres en quelques années. « Nous souhaitons tous augmenter notre production. Mais le développement doit être harmonieux. »

Jean Bernhard quitte la vice-présidence d’Alsace Lait

Un départ dignement fêté

Vie professionnelle

Publié le 06/05/2017

Entré au conseil d’administration d’Alsace Lait en mai 1987, membre du bureau depuis mai 1993, Jean Bernhard vient de se retirer de ses fonctions. Vice-président de la coopérative depuis 1994, il était chargé de la gestion de la production. « Tous les producteurs lui faisaient confiance », a souligné le président Michel Debes. Il a vécu l’ère des quotas laitiers jusqu’à leur suppression en 2015, et s’est impliqué dans celle de la contractualisation, en élaborant avec ses collègues « l’un des contrats les plus aboutis », selon Michel Debes.

Jean Bernhard s’est lancé dans la production laitière à l’âge de 21 ans. La ferme familiale était tournée vers la vente directe, mais lui avait envie de « faire du lait ». « J’ai démarré en livrant un bidon de 40 l, mon objectif étant de passer rapidement à 80 l par jour. Aujourd’hui, nous livrons 3 000 l/jour. »

Jean Bernhard est entré au conseil d’administration d’Alsace Lait en tant que jeune producteur. « L’histoire d’Alsace Lait n’a pas été un long fleuve tranquille, mais nous avons tout fait pour garantir l’indépendance de la laiterie et les débouchés des producteurs. » Avec des hauts et des bas, parmi lesquels l’incendie d’avril 2000…

Aujourd’hui, Alsace Lait est une entreprise performante, a poursuivi Jean Bernhard. « Nous le devons à un président disponible, qui a su prendre des décisions courageuses, et à un directeur infatigable, visionnaire, devenu un vrai passionné du lait. » Jean Bernhard a remercié les membres du conseil d’administration, anciens et actuels, ceux de la commission production, sans oublier les techniciens du service production. « Je suis certain qu’Alsace Lait continuera à prospérer car les hommes qui sont à sa tête ont envie d’aller plus loin. »

Si Jean Bernhard a pu se consacrer à ses fonctions, c’est parce qu’il avait mis en place une gestion efficace sur son exploitation. « Mon épouse et mes enfants m’ont énormément soutenu », a-t-il souligné.

Une vache en chocolat

Suite à l’assemblée générale du vendredi 21 avril à Hœrdt, deux membres ont fait leur entrée au conseil d’administration, Arnaud Issenhuth, gérant de l’EARL Issenhuth à Uttenheim, et Philippe Bernhard, du Gaec Bernhard à Wœrth, l’un des deux fils de Jean Bernhard. Réunis le vendredi 28 avril, les membres du conseil d’administration ont fait entrer Philippe Boehmler au bureau et élu Joseph Grimm au poste de vice-président.

À l’issue de cette réunion, une petite fête a été organisée en l’honneur de Jean Bernhard. Jean-Paul Bastian, vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, s’est joint aux membres du conseil d’administration et du comité exécutif d’Alsace Lait pour rendre hommage à l’ancien vice-président, qui était entouré de son épouse Suzanne et de son fils Frédéric.

« Jean Bernhard était un vrai pilier d’Alsace Lait », a souligné Michel Debes. Il a siégé durant 30 ans au conseil d’administration, 24 ans au bureau, dont 23 en tant que vice-président. « Durant cette période, nous avons dû gérer des épisodes extrêmement compliqués. » Jean Bernhard est un exemple à suivre, a-t-il insisté. « Lors des tempêtes, il faut savoir prendre des décisions courageuses. Nous les avons toujours assumées ! La confiance, cela se mérite, par notre comportement, notre façon d’être avec les autres. En tant que membres du conseil d’administration, nous nous devons d’être exemplaires. Nous avons toujours dit ce que nous faisions et fait ce que nous disions », a expliqué Michel Debes avant de remettre à Jean Bernhard un bon pour un séjour dans une ferme autrichienne… et une vache en chocolat. Sans oublier le bouquet pour Suzanne, son épouse.

Non sans émotion, Jean Bernard a déclaré : « Pendant toutes ces années, nous avons fait tout ce que nous pouvions pour le bien de l’entreprise. » Son plus grand regret est certainement de n’avoir pas réussi à créer une coopérative d’envergure régionale, « d’autant que nous avons un directeur qui aurait été capable de la gérer ».

Jean-Paul Bastian a tenu à rendre hommage à son compagnon de la première heure. « Nous nous sommes connus durant notre formation de syndicalistes, cela a créé des liens particuliers. Notre passion de l’élevage nous a réunis plus tard. » Aujourd’hui, le challenge est de préparer l’avenir pour les jeunes, a-t-il poursuivi. « Pour fédérer les gens, les résultats, les promesses, c’est important, mais pour susciter la confiance, ce qui compte, c’est notre conduite. » Jean Bernhard symbolise aussi l’ouverture vers les autres organisations d’élevage : « Dans notre région, il n’y a pas de discorde entre les différentes races, ce qui est loin d’être le cas dans les autres régions de France. »

Maïs semences. Face à l’ajustement des surfaces en 2017

« Ne vous découragez pas ! »

Cultures

Publié le 01/05/2017

Les stocks de maïs semence sont très importants : après des années d’euphorie, les surfaces emblavées ont diminué en Europe. La baisse du programme de production est donc inévitable pour 2017. « Nos concurrents directs sont la Roumanie et la Hongrie. Nous enregistrons des baisses plus importantes qu’eux, mais ils avaient baissé drastiquement en 2015 », affirme Pierre Blanc, président d’AGPM maïs semence.

La France a perdu 29 000 hectares en deux ans. « Malgré tout, nous restons à un niveau élevé, à plus de 64 000 ha. Nous réalisons 48 % de la sole européenne. » Les multiplicateurs français ont atteint 100 % de l’objectif de rendement. « Nous sommes plus « sécures » que les pays de l’Est qui ne sont pas à l’abri d’une sécheresse. » Pierre Blanc met les producteurs alsaciens en garde : « Il faut faire tous les efforts pour atteindre 100 % de l’objectif de rendement ».

Maintenir la productivité et la compétitivité

Le programme de multiplication 2017 est estimé à 55 000 ha en France, à 118 000 ha dans l’Union européenne. « La baisse est difficile à gérer », souligne Pierre Blanc. « La section AGPM maïs semence se bat pour la sécurisation de votre revenu, la performance au champ et la maîtrise des charges. » Le produit brut baisse depuis trois ans, suite au recul des cours du maïs de consommation, mais les charges, elles, ne diminuent pas : alors que la marge brute baisse de 22 %, les charges de structure augmentent de 30 %.

Matthieu Çaldumbide, directeur de la section AGPM maïs semence, évoque la gestion des risques. 93 % des multiplicateurs français de semences de maïs sont assurés, dont 80 % pour tous les risques climatiques. « La sensibilité au risque est plus forte dans notre filière, ce qui permet de mutualiser le risque au niveau national. » La réforme de l’assurance récolte introduit des règles trop contraignantes : 70 % seulement des producteurs assurés devraient percevoir la subvention en 2016. 30 % ne devraient pas la toucher, car ils n’ont pas assuré toute l’exploitation. « C’est un dispositif inadapté et pénalisant qui doit évoluer. »

Le but de l’AGPM est d’obtenir des contrats plus attractifs en améliorant le dispositif. Elle a émis neuf propositions, dont les plus importantes sont de payer des primes nettes (subvention déduite), de passer à une assurance à la nature de récolte en supprimant la construction par bloc, et d’abaisser le seuil de déclenchement de la franchise à 20 % dans un cadre subventionné.

75 % des producteurs sont en attente de nouvelles solutions techniques pour pérenniser ou augmenter leur production, poursuit Matthieu Çaldumbide. « Nous nous impliquons dans les travaux de l’interprofession pour trouver des solutions alternatives et innovantes. » Sur le plan syndical, l’AGPM se mobilise sur les néonicotinoïdes - bien que les règles d’utilisation s’appliquent à toute l’Union européenne, les néonicotinoïdes interdits au niveau européen sont autorisés en Roumanie et en Hongrie. Elle est également vigilante sur le dossier Ecophyto II, afin que la filière française ne perde pas en compétitivité par rapport à ses concurrents de l’Est, et la révision de l’arrêté de 2006 sur l’utilisation des produits phytosanitaires.

En moyenne, les producteurs de maïs semence français ont 49 ans, exploitent 114 ha ; et la part de maïs semence représente 19 % de la SAU. Ces exploitations emploient en moyenne 1,5 personne à temps plein et 15 saisonniers.

Crédit Agricole Alsace Vosges

Une stratégie ambitieuse de développement rentable

Vie professionnelle

Publié le 30/04/2017

Pierre Fort a pris ses fonctions de directeur général du Crédit Agricole Alsace Vosges en mai 2016, peu après l’élection d’Henri Buecher à la présidence. « La transition s’est passée sereinement, confie Henri Buecher. Nous avons trouvé rapidement un régime permettant une gouvernance en pleine harmonie. »

Le groupe Crédit Agricole a publié récemment ses résultats 2016, jugés très positivement sur les marchés. « Le recentrage des activités au plan géographique et sur ses cœurs de métier a porté ses fruits », souligne le président. Le groupe a dégagé un résultat de 6 milliards d’euros (Md€), en progression de 3 %. Crédit Agricole SA, de son côté, affiche un résultat de 3 Md€, en hausse de 23 % « Ces belles performances, le groupe les doit à un fort dynamisme commercial, une bonne maîtrise des charges de production, un coût du risque bas. Le ratio de solvabilité sort renforcé. »

Une stratégie ambitieuse de développement rentable

Cette stratégie ambitieuse de développement rentable repose sur deux priorités, le déploiement d’un nouveau modèle de banque répondant aux évolutions des attentes des clients et la simplification capitalistique du groupe. « L’étape franchie en 2016 a permis d’améliorer notre lisibilité sur les marchés. Le Crédit Agricole est en ordre de marche pour affronter les prochaines années. » Les Caisses régionales ont contribué de manière significative à ce développement, indique le président.

Leader dans de nombreux métiers, le Crédit Agricole est l’un des établissements bancaires les plus solides d’Europe. Les marchés sont convaincus de la pertinence de cette stratégie et les agences ont revu leur appréciation à la hausse, explique le président. « Le groupe va verser un dividende de 0,60 € cette année, annonce le directeur général. Ce taux de rémunération devrait se maintenir à ce niveau dans les prochaines années. »

Interrogé par Lionel Augier, l’animateur de cette soirée, sur les faits marquants de 2016, Henri Buecher a évoqué le climat des affaires : « La confiance s’est renforcée sur la fin de l’année, mais nous ne sommes pas à l’abri des incertitudes économiques et électorales ». Autre phénomène, les taux d’intérêt très bas. « La tendance des taux longs est haussière depuis la rentrée, du fait de la hausse de l’inflation et de la remontée des taux aux USA », explique Pierre Fort. Ces mouvements de hausse n’ont pas été répercutés immédiatement à cause de la concurrence mondiale. Dernier élément, la crise agricole : « Notre région n’y échappe pas, souligne le président. Le Crédit Agricole y a apporté toute son attention. Nous avons mis en œuvre des solutions adaptées aux problèmes des agriculteurs en difficulté. » Pour autant, l’agriculture de nos régions investit et innove pour renforcer sa compétitivité et répondre aux attentes des consommateurs.

De très belles performances en crédits à l’habitat

Conséquence du niveau de taux historiquement bas, le résultat brut d’exploitation de la Caisse régionale est en baisse. Mais une très bonne maîtrise des risques et une baisse de l’imposition permettent de maintenir le résultat au niveau de 2015, à un peu plus de 70 M€. « Nous avons réalisé de très belles performances en crédits à l’habitat : plus de 8 000 emprunteurs ont ainsi pu réaliser leur projet. Le dynamisme de nos équipes et des prix compétitifs y ont contribué. » La Caisse régionale a également connu une belle activité dans le financement des ménages : les crédits à la consommation progressent de 17 %. « C’est devenu un outil de gestion du budget des ménages », explique le directeur. Les crédits d’investissement sont en légère progression, malgré l’attentisme économique. Les crédits aux agriculteurs sont en hausse de 13 %. « Nous nous développons également dans le secteur de l’artisanat, notamment dans l’agroalimentaire. » L’assurance représente une part importante du chiffre d’affaires de la Caisse régionale, poursuit Pierre Fort. « Nous connaissons de belles progressions, notamment en prévoyance. »

Si le résultat net est comparable à 2015, le chiffre d’affaires est en baisse, malgré les volumes en hausse, sous le coup de la forte réduction des marges. « Pour autant, nous avons continué à investir dans nos agences et nos ressources humaines. Et nous continuerons à investir en 2016. Nous allons lancer une étude pour la construction d’un nouveau site à Épinal », annonce Pierre Fort. « La Caisse régionale a fait preuve de résilience et dégagé un bon résultat », souligne-t-il.

Succès de la carte bancaire Sociétaire

Comment continuer à faire exister des valeurs mutualistes fortes ? Le président se réjouit du succès du bonus de la carte bancaire Sociétaire : pour chaque opération effectuée (retrait ou paiement), la Caisse régionale verse 1 centime d’euro sur un fonds destiné à accompagner des initiatives locales, et ce sans coût supplémentaire pour le sociétaire. « Cela nous a permis de soutenir 18 projets en 2016 (culture, insertion, animation des territoires). »

En 2017, la croissance française devrait rester timide, estime Pierre Fort. Les taux d’intérêt ne devraient monter que très graduellement. « Nous n’anticipons pas de hausse très marquée, mais les échéances électorales aggravent l’incertitude : la sortie de l’euro, en particulier, aurait des conséquences graves pour l’économie, le budget de l’État et celui des ménages. »

Des lois sont votées pour renforcer la concurrence, de nouveaux acteurs viennent bouleverser le paysage bancaire. Dans un contexte de banalisation de l’offre, le Crédit Agricole entend continuer à se différencier par le conseil, insiste le directeur général. « Les attentes du client évoluent en profondeur à l’heure du digital, nous obligeant à nous réinventer. Cette transformation nous conduira à faire de la banque autrement. Avec une exigence, satisfaire le client et proposer un rapport qualité-prix adapté. Nous pouvons nous appuyer sur la puissance du groupe Crédit Agricole. »

« Nous avons commencé notre transformation, souligne Pierre Fort. Notre ambition est de devenir une banque 100 % digitale et 100 % humaine : l’agence devient une plateforme multicanal, au cœur de la relation entre le conseiller et son client. » De quelle banque parle-t-on ? « Une banque animée par des hommes et des femmes formés tout au long de leur carrière, avec des agences rénovées pour offrir de bonnes conditions d’accueil à nos clients et de travail à nos collaborateurs, une banque qui simplifie la vie, avec la possibilité de traiter ses affaires depuis sa tablette, depuis chez soi. C’est le client qui fait le choix du mode de la relation avec son conseiller. »

« Pas de repli frileux »

Présent auprès des entreprises, quelle que soit leur taille, le Crédit Agricole Alsace Vosges a pris l’option d’encourager les stars up. « Nous avons inauguré l’an dernier notre première plateforme d’entreprises à Colmar et nous sommes associés au projet KM0 », explique Pierre Fort. « Nous avons signé un partenariat avec l’Adie pour accorder des microcrédits afin de favoriser l’insertion économique » ajoute Henri Buecher. Les « start-up » agricoles ne sont pas oubliées : « Nous allons lancer l’Installation by CA » ; une convention sera signée prochainement avec les Jeunes Agriculteurs.

« Notre Caisse régionale est tournée vers le développement. Sa solidité financière nous autorise cette stratégie. Les hommes et femmes qui la composent sont déterminés à mener à bien la transformation dans laquelle nous nous sommes engagés », conclut Pierre Fort.

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