Auteur

Anny Haeffelé

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En vente dès ce samedi 14 octobre à Krautergersheim (Bas-Rhin)

Choucroute solidaire : c’est la toute dernière fois !

Pratique

Publié le 13/10/2017

Pour sa treizième édition, l’opération « Choucroute solidaire » s’est achevée sur un bilan très positif : la vente des seaux de choucroute a permis de collecter 34 000 €, reversés à l’association « Une école, un avenir » qui œuvre en Thaïlande. Si l’opération a démarré en 2004, c’est depuis 2005 que l’intégralité des sommes collectées est reversée, sans déduire de frais d’aucune nature, à l’association « Une école, un avenir », animée par Daniel Zaepffel et son épouse à Dambach-la-Ville. Cette association humanitaire, qui ne connaît ni intermédiaire ni frais de fonctionnement, s’investit en Thaïlande où elle finance la construction et l’aménagement d’écoles dans les régions les plus difficiles d’accès.

Cette année encore, la récolte s’est déroulée dans des conditions assez pénibles, la pluie ayant rendu la parcelle glissante et altéré l’état sanitaire des choux. Cette météo capricieuse n’a pas freiné le dynamisme de l’équipe de bénévoles, tous fidèles au poste. Ils ont récolté les choux à la main et les ont chargés à l’ancienne sur quatre remorques, avant de les acheminer vers la choucrouterie. Dans la foulée a eu lieu la transformation artisanale de cette variété d’une finesse et d’une texture incomparables. « C’est la Rolls-Royce de la choucroute », se plaît à dire le choucroutier retraité, à l’origine de cette action humanitaire. Les plus grands chefs de cuisine sont de son avis : « Ce produit du terroir alsacien donne une choucroute fine, longue et blanche, au goût unique », affirmait Michel Husser dans le journal Le Monde. Le chef du restaurant au Cerf à Marlenheim n’hésite pas à la qualifier de « plus belle choucroute du monde ». Après avoir achevé sa fermentation, la choucroute solidaire sera disponible dès le samedi 14 octobre à partir de 9 h au 2 rue des Juifs à Krautergersheim, et ce jusqu’à épuisement du stock. Elle est conditionnée en seaux de 5 kg, 10 kg ou 15 kg, au prix de 7,50 €, 15 € et 22 €, ces prix restant inchangés.

« Aider les enfants à devenir »

Cette choucroute se conserve pendant plusieurs semaines dans son seau, tant qu’il est hermétiquement fermé. De plus, elle se congèle facilement : il suffit de la conditionner crue en sachets à l’ouverture du seau. Donc, amateurs de choucroute d’Alsace et généreux donateurs, précipitez-vous à Krautergersheim dès ce samedi 13 octobre pour acheter des seaux de choucroute. N’hésitez pas à faire des stocks !

Le choucroutier retraité de Krautergersheim compte sur la participation de tous pour que l’opération « Choucroute solidaire 2017 » soit une réussite, à l’instar des précédentes éditions. Une exposition d’images sera visible au 2 rue des Juifs pour témoigner de l’implication des bénévoles dans l’opération « Choucroute solidaire » et montrer les réalisations effectuées avec les fonds recueillis. Aider les enfants à devenir, telle est la philosophie qui anime notre choucroutier. Quelle plus belle satisfaction que de constater que, grâce à cet élan de générosité, de plus en plus d’enfants thaïlandais peuvent étudier dans de bonnes conditions !

Du maïs waxy à la fertilisation intraparcellaire

Agro 67 balaie le champ des possibles

Cultures

Publié le 10/10/2017

Spécialisée dans le négoce de produits agricoles et d’alimentation animale, la société Agro 67 est implantée sur deux sites, à Schwabwiller et à Salmbach. C’est une filiale du groupe allemand ZG Raiffeisen, qui en possède 100 % du capital depuis 2002, suite à la cession des parts que détenait la CAC. Gérée par Bernard Weber et Franz Utz, elle réalise un chiffre d’affaires de 16 à 18 millions d’euros, selon les années. « Nous collectons des céréales (blé, orge, triticale, maïs) et des oléoprotéagineux (colza, soja, tournesol). Nous avons également une activité approvisionnement et alimentation animale. Nous travaillons avec les agriculteurs du secteur et nous avons un partenariat avec RWS, une coopérative céréalière du Palatinat. Nous faisons naviguer deux péniches sur le Rhin pour collecter le maïs humide et l’acheminer vers les silos de séchage situés dans les autres entités du groupe. »

Le premier atelier, animé par Mathieu Riedinger et Thomas Frison, technico-commerciaux chez Agro 67, était consacré au maïs waxy, un maïs hybride qui présente une structure de l’amidon différente du maïs classique et qui est recherché pour la préparation de plats pour bébés, de sauces, de pâtisseries, mais aussi dans la fabrication de cartons alvéolés et de colles.

Le thème du second atelier, encadré par Thomas Lenger, commercial, et Clément Duminger, responsable de silo, était agronomique. Christophe Barbot, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace, a expliqué comment stimuler la vie biologique du sol. Bêche à l’appui, la démonstration s’est déroulée dans un champ d’engrais verts mis en place par le Gaec Scharrenberger dans une parcelle située à Reimerswiller.

Retour au silo de Schwabwiller pour la suite du programme. Robert Schaeffer, directeur commercial du groupe ZG Raiffeisen, a présenté Techniques Agricoles, une société du groupe allemand qui possède deux implantations en Alsace, à Hohengœft et Berrwiller. « Nous sommes concessionnaires des tracteurs Deutz Fahr et des matériels Kuhn. » Elle commercialise également les marques Artec (pulvérisateurs automoteurs), Kemper, Stoll, Maschio, Gaspardo, Sodimac, etc.

Plusieurs techniques innovantes ont ensuite été passées en revue. Le bulk blending, ou mélange d’engrais, est une démarche permettant d’ajuster les apports de fertilisants aux besoins des cultures, en fonction des analyses de sol, tout en réduisant le nombre de passages. Deux autres avancées ont été présentées, le système intelligent de fertilisation intraparcellaire Isaria-Fritzmeier et la technologie EMC (contrôle électronique de masse) développée par Kuhn qui permet la régulation du dosage de l’engrais sur chaque disque d’épandage.

Les OPA rencontrent les parlementaires bas-rhinois

« Avancer ensemble sur les grands sujets »

Vie professionnelle

Publié le 04/10/2017

Lundi, c’était pommes de terre et oignons au petit-déjeuner pour les parlementaires bas-rhinois réunis à Vendenheim. L’équipe de La République en marche se composait de Martine Wonner, Vincent Thiébaut, Bruno Studer et Thierry Michels. Plus à droite, Antoine Herth (Les Constructifs), Patrick Hetzel et Frédéric Reiss (Les Républicains). Sans oublier la députée européenne Anne Sander (Parti populaire européen), le sénateur André Reichardt (LR), le conseiller régional Patrick Bastian (Majorité régionale) et la conseillère départementale Christiane Wolfhugel. La ville de Vendenheim était représentée par Michel Deneux, adjoint au maire, la Direction départementale des territoires par Anne Gautier, cheffe du service agriculture.

Regroupés autour de Franck Sander, président de la FDSEA 67, et de Thomas Gillig, président de JA 67, les responsables des différentes filières sont venus en force pour débattre avec les parlementaires des grands sujets d’actualité, qu’ils soient départementaux ou nationaux. La matinée a commencé par une discussion informelle, l’occasion pour les nouveaux élus de se présenter et d’exprimer leur vision de l’agriculture française. Mais aussi de remercier les responsables agricoles d’avoir organisé cette journée, source précieuse d’informations.

« Nous sommes ouverts au changement, mais… »

« Nous sommes entrés dans une nouvelle ère », explique Franck Sander. Le gouvernement a lancé de nombreux chantiers qui touchent de près l’agriculture française. D’où l’importance, pour les parlementaires, de mieux connaître la réalité du monde agricole. « Nous sommes ouverts au changement, mais il doit être progressif et réfléchi, et ne pas impacter trop lourdement nos exploitations », poursuit Franck Sander. Le modèle agricole alsacien s’en sort à peu près bien parce que, à l’image de Philippe et Aurélie Hassler, il a fait le choix de productions diversifiées qui ne sont pas soumises aux fluctuations du marché mondial.

Administrateur d’Alsace Lait, « une coopérative à taille régionale qui valorise notre lait à travers les circuits classiques », Didier Braun, responsable de la filière lait, dénonce les attaques quotidiennes contre l’élevage sur les réseaux sociaux. « Elles font mal au moral », souligne-t-il, encourageant les parlementaires à prendre du recul, à vérifier la fiabilité des informations diffusées. Ces derniers acquiescent : ils sont fréquemment la cible d’attaques de la part de leurs concitoyens…

Les États généraux de l’alimentation, source d’espoir

Cela fait plusieurs années que l’élevage est en crise, car les prix ne sont pas au rendez-vous, enchaîne Franck Sander. « Les producteurs de lait n’arrivent pas à répercuter les hausses de prix. Le prix du beurre s’est enflammé sur le marché mondial, mais le revenu des éleveurs français stagne. » En revanche, distributeurs et industriels n’hésitent pas à casser les contrats lorsque le prix des produis agricoles est en baisse. « Nous fondons beaucoup d’espoir dans les États généraux de l’alimentation. Nous attendons plus d’équité dans les relations commerciales », indique Didier Braun. La loi de la concurrence interdit toute discussion sur les prix au sein des interprofessions, souligne Franck Sander. « Nous devons pouvoir nous regrouper pour peser sur le marché. C’est pourquoi nous demandons une exception agricole. »

Pour Jean-Michel Schaeffer, président de la Confédération française de l'aviculture, il y a une dichotomie entre les attentes des consommateurs et la réalité du marché. Ainsi, la consommation de poulets stagne en grandes surfaces, alors que la demande de la restauration hors foyer augmente. Comme les normes successives ont poussé les aviculteurs français à s’engager dans des filières de qualité, la production de poulets standards ne suit plus, et 45 % des poulets consommés en France sont importés. « Il faut nuancer la perception du consommateur, qui a des attentes variées et se mettre en capacité de répondre à la demande de produits standards. À moins de vouloir une agriculture de fin de semaine ? »

Les grandes cultures, pilier de l’agriculture alsacienne

Pour Christian Schneider, membre du bureau de la FDSEA, les grandes cultures sont un maillon essentiel de la chaîne agricole. Leur importance est capitale, que ce soit dans le domaine de l’élevage ou de la consommation quotidienne. « Lorsque les OGM ont été introduits sur le marché dans les années 1990, notre productivité était comparable à celle des États-Unis, de l’ordre de 8 t/ha. Sous la pression des transformateurs, la culture de maïs OGM est interdite en France. Aujourd’hui, notre niveau de productivité stagne, alors que les États-Unis atteignent 11 t/ha. »

Concernant la directive Nitrates, Christian Schneider, rappelle les efforts consentis par les agriculteurs français pour réduire les doses d’azote. « Mais aujourd’hui, nos blés ne sont plus assez riches en protéines. Si nous voulons garder notre place sur l’échiquier mondial, nous devons être en mesure de répondre à la demande du marché. » Christian Schneider attire également l’attention des parlementaires sur l’accès à l’eau, indispensable pour garantir la qualité de la production alsacienne.

L’agriculture conventionnelle produit 90 % de la consommation française, indique Marc Moser, président du Comptoir agricole, premier collecteur de céréales et premier distributeur de produits phytopharmaceutiques alsacien. « Des rendements élevés, un transport fluvial bon marché, des marchés de niche… La production céréalière alsacienne a des atouts indéniables. » Il insiste sur le fait que le maïs est le pilier de la diversité de l’assolement alsacien, car il apporte du revenu. « Attention à ne pas créer de distorsions de concurrence avec les autres pays européens, en multipliant les interdictions de produits phytopharmaceutiques. »

Une nouvelle loi sur le foncier devrait voir le jour, suite à la mission parlementaire qui sera constituée en novembre, annonce Laurent Fischer, trésorier de la FDSEA 67. « La France est très bien organisée sur ce plan, grâce au statut du fermage et à la Safer. Nous payons en moyenne 180 €/ha de fermage, contre 700 à 800 € outre-Rhin. Le niveau élevé du fermage conduit à un renchérissement du prix du foncier agricole en Allemagne, qui le rend inaccessible aux agriculteurs. C’est pourquoi il faut défendre le statut du fermage. »

Pour une agriculture plurielle

Véronique Klein soulève les limites d’une agriculture uniquement orientée vers les circuits courts. « Dans les régions rurales, comme l’Alsace Bossue, ce modèle économique n’est pas viable et certaines exploitations se trouvent aujourd’hui en grande difficulté. » La vice-présidente de la Chambre d'agriculture d’Alsace insiste sur la force de l’agriculture biologique, qui représente 6,5 % de la surface agricole alsacienne. « Notre ambition est d’arriver à 10 % de la SAU. Nous sommes en bonne voie : l’an dernier, 50 exploitations se sont lancées dans la conversion à l’agriculture biologique et cette année, on en compte déjà une soixantaine. » Le ministre de l'Agriculture a annoncé la fin des subventions au maintien de l’agriculture biologique. Pour Véronique Klein, il faudra revoir les modalités de soutien à l’agriculture biologique dans la prochaine Pac, en y intégrant un plan à long terme pour donner de la visibilité aux agriculteurs qui s’engagent dans cette démarche. « Il faudra tenir compte des aménités environnementales de l’agriculture biologique », souligne-t-elle.

« N’ayons pas peur du débat, lance Bruno Studer. Je n’assume pas de consommer un animal qui n’a pas vu la lumière du jour. De plus en plus de Français se posent des questions par rapport à leur alimentation. Il faut avoir des réponses graduées pour irriguer la société française. » Réponse de Franck Sander : « Si c’est plus vert, c’est plus cher ! »

La marque Savourez l’Alsace Produit du terroir, qui permet d’identifier l’origine des matières premières, est un exemple concret des démarches mises en place par les agriculteurs pour développer leurs produits, explique Julien Koegler, secrétaire général de JA 67. Au nom des producteurs ovins du Grand Est, Hervé Wendling dénonce le plan loup annoncé par Nicolas Hulot. Une vraie provocation, estime-t-il, « alors que la filière ovine est en train d’être anéantie par le loup ».

Face aux récentes annonces gouvernementales, les anciens exploitants agricoles sont inquiets, explique leur président, Paul Schiellein. « L’augmentation de la CSG affectera aussi les retraites inférieures à 1 200 €, parce que cette contribution est calculée sur la base du revenu fiscal. » Ils demandent en outre que les retraites agricoles soient calculées sur les 25 meilleures années de carrière, comme dans le régime général.

David Herrscher, président de la MSA d’Alsace, s’inquiète du projet de loi sur le financement de la sécurité sociale qui sera voté d’ici la fin de l’année. « L’alignement des cotisations des exploitants agricoles sur celles des travailleurs indépendants entraînera une perte du pouvoir d’achat alors que de nombreux exploitants agricoles n’ont pas encore sorti la tête de l’eau depuis la crise. » Selon les premières données concernant l’année 2017, un tiers des exploitants agricole gagnerait moins de 450 €, avec des disparités importantes selon les départements. David Herrscher souhaite aussi des avancées dans le domaine de l’épargne de précaution, afin que les exploitants agricoles puissent lisser leurs revenus pour faire face à des prix agricoles en dents de scie.

Instaurer « le droit à l’erreur »

Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA 67, estime qu’une révision du code civil s’impose pour instaurer « le droit à l’erreur ». Il demande également qu’avant de transposer une directive européenne dans la loi française, une étude de l’impact de cette loi sur l’agriculture soit réalisée. Enfin, il rappelle qu’en vertu d’un décret paru récemment, toute norme environnementale supplémentaire doit être compensée par la suppression de deux normes anciennes. « N’hésitez pas à nous écrire pour que nous puissions nous approprier vos dossiers », suggère Martine Wonner.

« Nous accompagnons chaque année une quarantaine de jeunes qui s’installent, avec un plan d’investissement sur quatre ans », indique Thomas Gillig. Pour que ces exploitations, ainsi que les autres, puissent se développer, il faut être vigilant, notamment lors de l’établissement des PLU, alerte Denis Ramspacher, président du service gestion des territoires de la CAA. « Il faut que l’agriculture puisse y trouver sa place. »

Le mot de la fin est pour Jean Paul Bastian, vice-président de la CAA. « Nous sommes constructifs depuis toujours. En tant que parlementaires, vous avez pour mission d’insuffler les changements au niveau législatif. Mais nous devons trouver des solutions ensemble. Nous sommes au début d’une mandature, il faut en profiter pour avancer ensemble sur les grands sujets. Mais il ne faut pas tout attendre du gouvernement », prévient-il.

Saveurs et soleil d’automne à Sélestat

Plein les mirettes !

Vie professionnelle

Publié le 29/09/2017

Dès l’entrée sur le parking, une agréable surprise attend les visiteurs. Le chemin piétonnier qui mène aux Tanzmatten serpente entre des jardins ouvriers regorgeant de trésors : piments, tomates, poireaux, choux, courges, potirons, etc. Une sympathique mise en jambes !

Une fois passés la caisse et le service de sécurité, tous les sens sont en éveil. Les parterres de légumes invitent à la gourmandise, les décorations spectaculaires en mettent plein les yeux… On se promène dans les allées du salon comme dans un jardin extraordinaire. Extraordinaire, il l’est, avec sa pyramide de légumes d’automne, ses immenses dinosaures… Le public ne boude pas son plaisir ! Il découvre avec délice les animations organisées durant les trois jours, stands de dégustation et de découverte, cours de cuisine, démonstrations de sculptures de légumes. Les enfants aussi sont gâtés, avec des spectacles et des ateliers spécialement conçus pour eux.

Les organisateurs ont profité de cet événement culturel pour sensibiliser le public à la biodiversité, au développement de la production locale, à l’équilibre alimentaire à travers des conférences et des démonstrations culinaires orchestrées par des chefs cuisiniers hors pair. Et pour la première fois de son histoire, le salon a accueilli les épreuves qualificatives du concours du Meilleur ouvrier de France, dans la catégorie primeur.

L’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace, association unique en son genre en France, a montré une fois de plus qu’elle savait rassembler tous les acteurs de la filière pour nous concocter un show éblouissant !

Christiane Lambert visite la ferme-auberge Trau à Ebersheim

Le double pacte de la FNSEA

Vie professionnelle

Publié le 27/09/2017

« Les agriculteurs sont très attente des États généraux de l’alimentation mais pas que… Les crises économiques, sanitaires, climatiques qui ont frappé l’agriculture font qu’aujourd’hui, les revenus sont en panne. Il est très difficile d’envisager l’avenir quand on a du mal à boucler le présent », souligne Christiane Lambert, lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée le vendredi 22 septembre à la ferme-auberge Trau, à Ebersheim. À ses côtés, de nombreux responsables professionnels, notamment Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, et Jean-Paul Bastian, président de la Chambre d'agriculture d’Alsace.

Sur fond de génisses de boucherie - « C’est quand même plus sympa que la façade de la FNSEA à Paris», confie-t-elle à un responsable agricole -, Christiane Lambert passe en revue les sujets d’actualité, des États généraux de l’alimentation au Ceta, en passant par la fixation des prix agricoles, les négociations avec les distributeurs, etc.

Une manifestation à Paris le 11 octobre

« On sent qu’il y a une vraie prégnance de ces problèmes économiques, poursuit-elle. À cela s’ajoutent les incertitudes pour l’avenir. On a un nouveau gouvernement, qui pour l’instant s’est assez peu exprimé sur ce qu’il veut faire pour l’agriculture. On a hâte de voir, lors des prochaines prises de parole d’Emmanuel Macron ce qui va être dit pour l’agriculture française. » Le président de la République a annoncé qu’il interviendrait le 11 octobre pour clore le premier round des États généraux de l’alimentation, consacré à la création et répartition de la valeur. Un rendez-vous que la FNSEA ne veut pas manquer : Christiane Lambert a demandé une entrevue au président de la République. « Il faut aussi très vite modifier la loi de modernisation de l’économie, car les négociations commerciales vont démarrer en octobre et il faut que d’ici là, les nouvelles règles du jeu soient posées. »

C’est pour cela que la FNSEA organisera une grande mobilisation à Paris pour dire que les agriculteurs sont capables de répondre à toutes les demandes des consommateurs français, s’ils ont du revenu et de la visibilité. « Notre ambition à nous, c’est d’avoir une agriculture productive et compétitive, durable, pleinement insérée dans les territoires et résiliente, c’est-à-dire capable de résister aux à-coups. » Pour Christiane Lambert, ce n’est pas gagné : « Il faut des ajustements en termes de revalorisation des prix des produits agricoles. Une revalorisation au niveau national, mais aussi international, avec une stratégie de conquête à l’export.»

« On est descendu au premier sous-sol »

« Le dogme du prix bas qui prévaut en France depuis trente ans conduit à écraser toujours plus les prix des produits agricoles. Mais là on touche le plancher, on est même descendu au premier sous-sol, souligne Christiane Lambert. Tout le monde y perd : les agriculteurs, les industriels. Même les distributeurs commencent à dire qu’ils y perdent aussi. » Les États généraux sont l’occasion de définir une meilleure répartition de la valeur entre tous les acteurs, estime-t-elle. D’où l’idée de « construire les prix en marche avant ».

Construire les prix en marche avant, c’est contractualiser et inscrire dans le contrat une référence aux coûts de production. « En France, nous avons des exigences prémium au niveau de l’environnement, du bien être animal. » La société, explique-t-elle, est très exigeante pour son agriculture mais assez prompte à aller acheter des produits bon marché. « Une exigence haut de gamme et une consommation low cost, il y a un hic. L’agriculture française risque de perdre peu à peu des volumes de production. » C’est ce que la FNSEA met en avant lors des États généraux de l’alimentation. « Nous mettons en avant le double pacte économique et sociétal. Des retours de centimes pour redonner de la rentabilité aux exploitations. » Verdict du président de la chambre d'agriculture : « Elle a le sens de la formule ! »

Résidence Dinah Faust à Eschau

Un lieu de vie très accueillant

Vie professionnelle

Publié le 25/09/2017

« 22 logements sur 24 sont déjà occupés », indique Céleste Kreyer, adjoint au maire d’Eschau. Le calendrier établi lors du lancement du projet a été respecté. Plus satisfaisant encore, « aucun des 23 résidents ne voudrait repartir… »

Cette réussite, Céleste Kreyer l’attribue à un partenariat qui a bien fonctionné, entre la ville d’Eschau, le bailleur social, Habitat de l’Ill, propriétaire de cet ensemble, la Mutualité sociale agricole d’Alsace qui a apporté son expertise dans le domaine des résidences pour personnes âgées, les autres régimes de retraite (Carsat, RSI), ainsi que la région Grand Est et le Département du Bas-Rhin.

L’architecte a souligné la qualité de cette réalisation qui s’insère dans le prolongement de la commune d’Eschau. Avec son alternance de maisonnées recouvertes de tuiles et d’espaces intermédiaires aux toits plats, l’espace s’organise comme un village. Dans cette résidence, une importance particulière a été accordée à la convivialité, avec des espaces collectifs chaleureux et des jardins.

« Notre engagement auprès de la ville d’Eschau et des autres partenaires a été payant, puisque la résidence est quasiment pleine », relève Emmanuel Bachmann, président d’Habitat de l’Ill. Cette coopérative HLM fête ses 100 ans, indique-t-il.

La résidence est gérée par une association à but non lucratif qui s’appuie sur une équipe de professionnels. Présidente de l’association Dinah Faust, l’adjointe au maire, Chantal Amrani, a rappelé la genèse de cette réalisation exemplaire. « Nous avons commencé à parler de ce projet en 2010. En 2013, nous avons signé une convention avec la société Habitat de l’Ill et la MSA d’Alsace. » Ensuite, tout s’est enchaîné : « Nous avons accueilli notre premier résident en septembre 2016. »

Des moments de convivialité et d’animations

L’objectif, indique-t-elle, est de préserver l’indépendance et l’autonomie des résidents, de créer un mode de vie familial et participatif et de proposer un service de restauration de qualité, avec des plats préparés sur place. De nombreuses animations (cuisine, jardinage, bricolage) sont organisées et une chorale vient d’être créée. Elle a interprété quelques morceaux de son répertoire lors de cette inauguration. L’association gestionnaire est très attentive aux liens intergénérationnels. À ce titre, la résidence accueille aussi bien des aînés que des jeunes du centre de loisirs communal.

« La mission de la MSA est de veiller sur les habitants dans les territoires ruraux », indique Christelle Eyder, membre du conseil d’administration de la MSA d’Alsace, qui a suivi ce projet avec Christiane Bernard, présidente de MSA Services. C’est la sixième maison d’accueil des seniors à laquelle la MSA d’Alsace a apporté sa contribution, souligne-t-elle. « Notre objectif, en créant des Marpa (Maison d’accueil rural pour personnes âgées) et des Masa (Maison d’accueil des seniors d’Alsace), est de garantir une mensualité relativement abordable aux résidents. »

« La MSA a été une ressource précieuse, en mettant son ingénierie à la disposition de notre commune, enchaîne Yves Sublon, maire d’Eschau et conseiller départemental. Je ne peux que recommander un tel partenariat à d’autres communes. » Conclusion de la nouvelle députée, Martine Wonner : « Cette municipalité sait prendre soin de ses citoyens, quel que soit leur âge ». Elle venait d’assister, quelques jours plus tôt, à la rentrée des classes dans cette commune…

Lancement original à Strasbourg

La folle choucroute d’Alsace

Cultures

Publié le 13/09/2017

Mettre un grain de folie dans un plat ancestral, c’est l’idée de génie qu’ont eue les Chefs d’Alsace en organisant un concours de cuisine lors de la foire européenne de Strasbourg. Malicieusement baptisé « Folle choucroute d’Alsace », ce concours a vu la participation de neuf chefs de cuisine de la région. Doté de trois prix, il était organisé avec le soutien de l’Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace (AVCA), l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) et Alsace Qualité. C’est Alexis Albrecht, du Vieux Couvent à Rhinau, qui présidait le jury, auquel participait notamment Pierre Baumann, de la maison Kammerzell à Strasbourg, célèbre dans le monde entier pour sa choucroute au poisson.

« Ces chefs ont quitté leurs fourneaux, parfois même fermé leur établissement » pour participer à ce concours qui s’est déroulé lundi matin dans le Jardin des délices. Leur mission était de réaliser deux recettes à base de choucroute d’Alsace, l’une avec de la choucroute crue, l’autre avec de la choucroute cuite, le tout présenté sur des assiettes que les visiteurs de la foire ont pu admirer dans les vitrines du Théâtre du goût.

Le grand prix du concours Folle choucroute d’Alsace a été attribué à Joël Philipps, de l’hôtel-restaurant Le Cerf à Marlenheim, pour un filet de cochon de lait farci au boudin sur lit de choucroute, parmentier de choucroute et cromesquis de choucroute à la croûte de bretzel. « J’ai failli manger toute l’assiette, tellement c’était bon », s’est exclamé Alexis Albrecht. Le prix de la créativité est allé à Christian Acker, de l’hôtel-restaurant Les Pins à Haguenau. « Je suis parti du côté de l’Asie avec du sucré-salé, a expliqué ce chef talentueux. J’ai travaillé le chou comme une galette et je l’ai accompagné d’une knack de cabillaud et de langoustine. » Le président du jury était séduit : « Cette knack à la mousseline de poisson et de langoustine a marqué des points. Quand je l’ai goûtée, c’était la surprise ! »

C’est Nicolas Pfirsch, du restaurant Au Cerisier à Westhoffen, qui a remporté le prix de la présentation artistique. « C’est un vrai jardin, très coloré », a souligné le président du jury. Le lauréat a choisi la choucroute rouge pour la version cuite. Il a agrémenté la choucroute crue de pommes nashi et l’a assaisonnée de crème de marrons et de vinaigre de pomme. Le tout accompagné d’une knack d’oie, de girolles poêlées, de tagliatelles de légumes légèrement cuites, sans oublier le carré de porcelet braisé à la bière cerise, un hommage à sa commune.

Bientôt une IGP pour la choucroute d’Alsace ?

Après la remise des prix, qui s’est déroulée sur le stand d’Alsace Qualité, Sébastien Muller, président de l’AVCA, a lancé officiellement la saison de la choucroute nouvelle. Une choucroute plutôt douce, issue de la transformation de choux récoltés à partir du mois d’août. L’association, a-t-il rappelé, rassemble une cinquantaine de producteurs de choux et douze transformateurs. Outre la promotion de ce légume aux multiples vertus, elle se bat depuis vingt ans pour obtenir une IGP (indication géographique protégée) choucroute d’Alsace, reconnaissance d’un savoir-faire ancestral.

« C’est le premier dossier alsacien pour lequel j’ai été sollicitée après mon élection », a indiqué la députée européenne Anne Sander. Elle a mobilisé des collègues d’autres pays européens pour faire avancer ce dossier auprès de la Commission européenne. « Mais auparavant, il a fallu convaincre les autorités nationales de défendre ce dossier à Bruxelles… »

L’Alsace représente 70 à 75 % de la production française de choucroute, a souligné Jean-François Vierling, président d’Alsace Qualité. « C’est ce produit local, élaboré dans nos entreprises familiales, que nous voulons protéger à travers l’IGP. Les chefs de cuisine sont nos meilleurs ambassadeurs. C’est grâce à eux que nous pourrons modifier l’image de la choucroute d’Alsace, trop souvent associée à la choucroute garnie. »

« Nous lançons régulièrement des légumes de saison, a déclaré Pierre Lammert, président de l’Ifla. Mais le chou à choucroute est vraiment un légume emblématique de notre région. C’est un légume aux multiples vertus, qui s’est peu à peu affranchi de son image de plat très lourd grâce à des pionniers comme Pierre Baumann qui sert chaque mois 15 000 choucroutes au poisson… » La choucroute sera l’une des vedettes du salon Saveurs et soleil d’automne qui ouvre ses portes le 22 septembre à Sélestat.

Savourez l’Alsace Produit du terroir

La marque fait sa pub

Vie professionnelle

Publié le 09/09/2017

La marque « Savourez l’Alsace Produit du terroir » part à la conquête de l’industrie agroalimentaire. Dimanche 27 août à Mietesheim, jour de finale de labour, les responsables de la marque et leurs partenaires ont organisé une table ronde à l’usine Alélor Raifalsa. L’objectif, inciter les industriels à utiliser des matières premières locales dans leurs productions. Autour de la table, des représentants de la Chambre d'agriculture d’Alsace, des responsables professionnels agricoles, des responsables d’entreprises agroalimentaires et des élus, en particulier des conseillers régionaux qui soutiennent cette initiative.

Le but poursuivi ? À l’instar de ce qui a été fait dans la restauration collective, l’agriculture alsacienne veut travailler plus étroitement avec l’industrie agroalimentaire régionale. « Cela ne se fait pas du jour au lendemain, explique Philippe Boehmler, président du comité d’accréditation de la marque « Savourez l’Alsace Produits du terroir ». Il faut identifier les attentes des industriels et mettre en place un système de contractualisation pour que les agriculteurs puissent se lancer dans ces productions et fournir aux industriels les quantités demandées, tout au long de l’année. C’est un travail minutieux de mise en relation. »

Des bâches le long des routes alsaciennes

En ces temps chahutés par les scandales alimentaires, l’agroalimentaire est à la recherche de valeurs sûres. « La marque garantit au consommateur la provenance locale des matières premières », souligne Philippe Boehmler. « Pour la majorité des produits concernés, 80 % au moins des ingrédients doivent être d’origine régionale », précise Bénédicte Dubois, directrice d’Alsace Qualité. À ce titre, la filière raifort, mise en avant lors de la finale départementale de labour, est exemplaire. Alélor Raifalsa s’approvisionne en totalité auprès des producteurs locaux, dans une relation contractuelle de longue date.

Cet événement est le premier volet d’un plan de communication ambitieux. « Notre campagne a pour but de faire connaître la marque « Savourez l’Alsace Produit du terroir » auprès du grand public, explique Julien Koegler, secrétaire général des JA 67. Nous avons installé 80 bâches au bord des routes du Bas-Rhin et du Haut-Rhin pour faire connaître ce logo que les consommateurs pourront ensuite retrouver sur certains produits dans les supermarchés. L’objectif est que le consommateur exige cette marque lorsqu’il fait ses courses, qu’il devienne acteur de sa consommation. » C’est aussi le moyen de lancer le site internet www.terroir.alsace.

Événement à la foire européenne

La prochaine étape aura lieu lors de la foire européenne de Strasbourg. La marque « Savourez l’Alsace Produit du terroir » tiendra un stand sur l’espace agricole. « Par ailleurs, nous allons organiser un événement avec les restaurateurs, le mardi 5 septembre, afin de valoriser le partenariat entre le monde agricole et les restaurateurs alsaciens. Nous avons invité les membres de l’Union des métiers de l’industrie hôtelière, des Étoiles d’Alsace, des maîtres restaurateurs, de la Fédération des chefs de cuisine restaurateurs d’Alsace », explique Julien Koegler. Pourquoi les Jeunes agriculteurs sont-ils impliqués dans cette démarche ? « Nous avons besoin de cette marque pour construire des filières sur le long terme. Grâce à sa création, nous espérons installer des jeunes et renouveler les générations. »

Les consommateurs retrouveront également la marque lors du salon Saveurs et Soleil d’automne qui se tiendra du 22 au 24 septembre aux Tanzmatten de Sélestat. La filière fruits et légumes d’Alsace a été une des premières à adopter cette marque à 100 % !

Pleins feux sur l’espace agricole

Vie professionnelle

Publié le 08/09/2017

« Elles sont où, les vaches ? » demande une maman, accompagnée de ses enfants, à un visiteur. « Tout au fond, là-bas », indique ce dernier. Car la signalétique fait cruellement défaut pour aiguiller les visiteurs désireux de humer le bon air de la campagne, déguster les produits du terroir et découvrir le dynamisme des filières alsaciennes. Pourtant, elles sont toutes au rendez-vous, impatientes de partir à la conquête du public strasbourgeois.

Dommage, car la qualité des animations proposées vaut vraiment qu’on s’y attarde. Avec, chaque jour, des coups de projecteurs, sur les produits bios, la filière ovine, l’interprofession viande, la pomme de terre, etc. Et toujours les indéracinables, comme les aviculteurs, les apiculteurs, les producteurs de fruits et légumes, les vignerons de la Couronne d’or. Sans oublier les nouveautés de cette édition 2017 : les paysagistes, les sculpteurs sur bois et les recruteurs, avec l’Apecita…

De belles rencontres gustatives, aussi, avec les bêtes à cornes de la ferme des Mille et une Coquilles à Ettendorf, les steaks d’Interbev, la limonade délicieusement régressive de Limo’s (attention à ne pas retomber en enfance !), la bière avec Elsass Brau, les glaces de la ferme Humbert à Urbeis, sans oublier les barbes à papa de la sucrerie d’Erstein.

Profitez-en tant qu’il est encore temps : la foire européenne fermera ses portes lundi prochain, 11 septembre.

« Nous croyons en l'avenir de notre métier »

Vie professionnelle

Publié le 08/09/2017

Jonathan Karcher a souligné le dynamisme et l’engagement des Jeunes Agriculteurs du canton « agricole » de Niederbronn-les- Bains, dont il est le président. « Sur nos 23 membres, 14 se sont installés ces cinq dernières années. Nous croyons encore en l’avenir de notre métier, et pourtant, nous sommes soumis à rude épreuve ! » Il s’est insurgé contre les attaques incessantes des militants anti-viande.

Capitale du raifort, Mietesheim a connu dimanche son heure de gloire, ce qui ravit Jean-Marie Ott, le maire du village. Une paisible commune rurale de 660 habitants qui compte cinq exploitations agricoles, dont trois ont ouvert leurs portes pour l’opération « Fermes en folie au pays du raifort ». « Quelle fierté de voir ce que les Jeunes Agriculteurs sont capables de faire, à force de passion et d’investissement », a souligné Thomas Gillig, président des JA du Bas-Rhin. Il a adressé un message aux consommateurs : « Derrière chaque produit que vous consommez, il y a des hommes qui aimeraient vivre de leur métier. Prenez le temps d’y réfléchir ! »

Trouver des solutions durables

Il faut trouver des solutions durables pour assurer l’avenir des jeunes, a-t-il affirmé. « Nous voulons obtenir une juste rémunération de notre travail, mettre fin aux incertitudes pour continuer à faire vivre nos territoires et vous nourrir. » Les États généraux de l’alimentation constituent un premier pas pour répondre à la problématique des marges, mais les avancées obtenues devront être formalisées par une loi. « Il faut mettre en place une politique ambitieuse et sur le long terme. »

Concernant la réforme des prêts bonifiés, les efforts des Jeunes Agriculteurs ont porté leurs fruits. La nouvelle grille élaborée par la Région Grand Est, répond à leurs attentes. « Un bilan devra être dressé au bout des six premiers mois pour voir si les nouveaux critères doivent être modifiés. » Mais un problème demeure : comment parvenir à évaluer la rentabilité d’une exploitation avec des prix aussi volatils ? « Seriez-vous prêts à investir dans une entreprise sans savoir si vous pourrez en vivre ? » À cela s’ajoutent les constantes remises en cause sociétales. « À peine le jeune est-il installé que la tendance change, rendant obsolètes ses pratiques. » Thomas Gillig a cité pour exemple le lait garanti sans OGM : les contraintes supplémentaires entraînent une hausse des coûts de production, sans aucune rémunération supplémentaire… Parmi les sujets qui fâchent, le président de JA67 a évoqué le retard du paiement des MAE, le stationnement illicite des gens du voyage, la gestion de l’eau, etc.

« Cette année, nous avons choisi de mettre à l’honneur une culture peu connue, exigeante en main-d’œuvre et offrant des perspectives grâce à Alélor-Raifalsa. » Pour Thomas Gillig, c’est l’exemple parfait d’une filière organisée qui permet au consommateur d’identifier l’origine des produits. Mais les différents scandales sont là pour le prouver, « les efforts en termes de rigueur, de professionnalisme, de traçabilité peuvent être mis à mal par des personnes peu scrupuleuses ».

Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, précise : « Les scandales viennent souvent d’éléments extérieurs à la profession agricole, comme le montrent l’affaire de la viande de cheval ou celle des œufs au fipronil. » Ce qui le scandalise, c’est que le fipronil continue à être homologué sur les animaux de compagnie, en contact direct avec les enfants… « Il faut introduire de la cohérence dans la législation nationale et européenne. Nous avons besoin de plus d’Europe pour mettre tout le monde sur un pied d’égalité. » Les agriculteurs fondent de grands espoirs sur les États généraux de l’alimentation. Ils doivent permettre de retrouver un équilibre dans la répartition des marges au sein de la filière, de chercher cette valeur ajoutée tous ensemble. Nous, on y croit encore ! »

« Je suis fier que cette finale départementale se déroule dans le canton de Reichshoffen », a déclaré Rémi Bertrand, conseiller départemental. L’agriculture demande à être mieux connue, plus respectée, et des manifestations comme celle-ci y contribuent. Le Département du Bas-Rhin a toujours soutenu l’agriculture, mais les conditions ont changé et une nouvelle convention sera signée d’ici la fin de l’année, a-t-il annoncé.

Patrick Bastian, conseiller régional, a rappelé les grands axes de la politique agricole de la Région Grand Est. Compétitivité, marchés, innovation, installation des jeunes… Les grandes lignes sont actées, mais il reste à rédiger les fiches-action, en partenariat avec la Chambre d'agriculture d’Alsace. « La plus belle sera signée lors du salon Saveurs et Soleil d’automne, organisé par les producteurs de fruits et légumes fin septembre à Sélestat. » La Région Grand Est entend également soutenir les arboriculteurs victimes de dégâts de gel de ce printemps, a annoncé le conseiller régional.

« J’ai bien entendu les différents messages », a indiqué Vincent Thiébaut, député La République En Marche. L’agriculture est un point essentiel du programme de la nouvelle majorité présidentielle, a-t-il poursuivi. « Nous allons investir dans l’agriculture, c’est un vœu du président Emmanuel Macron, ce sera inscrit dans la loi de finances 2018. » L’agriculture est un vecteur important de croissance et d’emplois, dans notre pays. Dans cette optique, le gouvernement entend soutenir le développement des circuits courts et de l’agriculture biologique. « Un grand débat a été lancé avec les États généraux de l’alimentation, je fais moi-même partie d’une commission sur l’alimentation durable. »

Opposer les politiques nationales et européennes est contre-productif, a souligné la députée européenne, Anne Sander. Parlementaires nationaux et européens travaillent ensemble pour élaborer la prochaine PAC, seule politique européenne commune. « Nous nous investissons au quotidien pour faire entendre la voix de la France. »

« Investir sans savoir de quoi sera fait le lendemain est un défi que vous relevez avec détermination et passion, a affirmé Yves Séguy, secrétaire général de la préfecture du Bas-Rhin. Tout doit être mis en œuvre pour que chacun puisse vivre le mieux possible de son travail et s’y épanouir. Mais aussi produire une alimentation de qualité accessible au plus grand nombre. » Les États généraux de l’agriculture sont un rendez-vous économique et sociétal majeur, a-t-il souligné avant de reprendre les dossiers d’actualité, comme les agriculteurs en difficulté, les aléas climatiques, la politique de qualité, le contrôle des structures, le contournement ouest de Strasbourg et le grand hamster… Et bien sûr le paiement des aides du deuxième pilier. « Le paiement des aides du second pilier interviendra en novembre. Toute demande d’avance faite avant le 20 septembre sera honorée en octobre », a-t-il annoncé.

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