Auteur

Anny Haeffelé

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Une offre clé en main proposée par APIS

Faciliter l’accès des personnes handicapées aux caveaux

Pratique

Publié le 07/11/2017

 Le dossier Ad’ap devait être déposé en mairie ou en préfecture au plus tard le 27 septembre 2015, les travaux de mise aux normes devant être terminés, sauf dérogation, avant fin 2018 », explique Séverine Haller, chargée de communication - marketing chez APIS (Association pour l’Innovation Sociale), une association du groupe MSA d’Alsace. Mais dans les faits, nombre de vignerons n’ont pas engagé le processus. Et ils sont victimes de démarchage frauduleux, par téléphone, par mail ou sur internet. « Nous avons été contactés par le Synvira (Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace), avec l'appui de l’Ava (Association des viticulteurs d'Alsace), afin de monter une offre sur mesure pour aider les entreprises concernées à constituer leur dossier Ad’ap et à se mettre en règle. »

Séverine Haller précise : « Nous avons commencé par les vignerons, car la demande était forte. » Mais cette offre vient d’être étendue aux professionnels de santé et aux petits commerçants.

APIS a décidé d’aller au-delà de la prestation réglementaire en proposant une offre à trois niveaux :

  • offre 1 : constitution du dossier Ad’ap
  • offre 2 : accompagnement dans la réalisation des travaux
  • offre 3 : conception de supports adaptés aux différents handicaps.

Le coût de la prestation dépend de l’importance des démarches à effectuer. « À l’issue de la prestation, nous offrons aux vignerons une matinée de formation avec un médecin spécialisé pour les sensibiliser aux différentes formes de handicap, le but étant de faciliter la relation avec les personnes handicapées, qu’elles soient mal voyantes, atteintes de surdité ou en fauteuil roulant. »

Une carte des vins en braille

Lorsque l’association reçoit une demande de mise aux normes, Séverine Haller prend un premier rendez-vous avec le vigneron pour lui expliquer la démarche. Un deuxième rendez-vous est pris avec le technicien pour élaborer le dossier et dresser la liste des travaux à effectuer. « Je l’accompagne sur place », indique Séverine Haller. Au troisième rendez-vous, le dossier Ad’ap est remis au vigneron pour le déposer en mairie ou en préfecture. Une fois que le dossier est validé par la commission d’accessibilité, il peut commencer à faire les travaux.

Si le vigneron opte pour l’offre 2, le technicien APIS recherche les entreprises compétentes pour la réalisation des travaux, avec l’aide du prestataire, fait établir les devis et assure le suivi du chantier.

« Quant à ceux qui ont vraiment envie de jouer le jeu, nos prestations complémentaires leur permettent d’aller plus loin. » APIS peut par exemple se charger de mettre en place une signalétique « visible » par tous les handicapés (effets sonores, bandes pododactiles, pictogrammes, etc.), de concevoir la carte des vins en braille ou de réaliser une vidéo en langue des signes. Elle peut également accompagner le client dans l’obtention du label Tourisme et Handicap.

Dans le cadre d’Octobre rose

Sensibiliser à l’importance du dépistage

Pratique

Publié le 01/11/2017

Octobre rose, tout le monde connaît. Cette opération a été lancée dans les années 1990 pour sensibiliser les femmes au dépistage du cancer du sein. Chaque automne, de nombreuses actions sont organisées à travers la France, sachant qu’avec un diagnostic précoce et grâce aux avancées thérapeutiques, le cancer du sein peut être évité dans neuf cas sur dix.

Le domaine Prévention santé de la MSA d’Alsace a souhaité aller plus loin en mettant en avant l’ensemble des campagnes de dépistage organisées en Alsace pour les cancers du sein, du col de l’utérus et du colon. Il a installé ses tréteaux dans le hall de la Maison de l’agriculture de Schiltigheim, le jeudi 26 octobre, pour informer les salariés de la Chambre d'agriculture Alsace et des Organisations professionnelles agricoles présentes sur le site des enjeux et des modalités de ces dépistages. Deux médecins étaient présents pour informer les salariés - essentiellement des femmes - sur les risques encourus, l’importance du dépistage, et répondre à leurs questions sur les modalités des différents dépistages, leur fréquence, leur coût. Il s’agit des Dr Murielle Fender et Catherine Guldenfels, médecins coordinateurs des structures de dépistage Ève et Ademas.

« Nous avions organisé une opération similaire le 21 mars à la Chambre d'agriculture de Sainte-Croix-en-Plaine, cette fois avec le Dr Isabelle Gendre, médecin coordinateur de l’Adeca », ont expliqué Sandrine Kieny, responsable prévention, et Maïté Schwartz Maier, assistante prévention à la MSA d’Alsace, qui accompagnaient les deux médecins à Schiltigheim.

La MSA ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. En partenariat avec un autre organisme de sécurité sociale, la Camieg, elle invite ses ressortissants à assister à une pièce de théâtre intitulée « Pour lever le tabou du cancer ». Les prochaines représentations auront lieu le 17 novembre à Saint-Hippolyte et le 30 novembre à Kembs. Un spectacle drôle et sensible pour aborder la maladie et encourager le dépistage des cancers.

Mutualité sociale agricole. « Le travail c’est la santé ? »

Souffrance au travail : la parole est libératrice

Pratique

Publié le 30/10/2017

La souffrance au travail revêt de multiples formes. Avec de graves conséquences sur la santé : anxiété, stress, troubles du sommeil, épuisement professionnel et pire encore. C’est le sujet qu’a choisi d’aborder l’échelon local de Strasbourg de la Mutualité sociale agricole d’Alsace, dont le président est Nhan Ton Ta, lui-même salarié de Groupama Grand Est, explique Karin Greiner, chargée de projets à la Mutualité sociale agricole d’Alsace. Rappelons qu’à la tête de chaque échelon local, un comité composé de délégués se réunit à intervalles réguliers pour proposer des thèmes d’action qui sont ensuite mis en musique par l’animatrice. « L’échelon local de Strasbourg est composé majoritairement de salariés de grandes entreprises. » Pas étonnant, dans ces conditions, que ce sujet soit apparu lors des discussions entamées dès 2015, après le renouvellement des délégués MSA.

S’il est difficile d’intervenir dans la relation salarié-employeur, la MSA peut, en tant qu’acteur de prévention, agir sur l’individu en lui donnant les moyens de mieux gérer son stress par la mise en place d’actions de prévention et promotion de la santé, indique Karin Greiner. Depuis plusieurs mois, les ressortissants de la MSA sont ainsi invités à participer à des débats, des rencontres et des ateliers sur le thème du stress au travail. Nous en avons rendu compte à différentes reprises dans notre journal. Ces actions sont organisées en partenariat avec d’autres organismes d’assurance sociale.

En ce mois d’octobre, la MSA d’Alsace a organisé une opération originale, en partenariat avec la Mutualité française et la Direccte Grand Est : un théâtre débat sur le thème « La santé au travail ? Ouvrons le dialogue », le jeudi 19 octobre à la Chambre de métiers d’Alsace à Schiltigheim. En accueillant les spectateurs, Nhan Ton Ta l’a rappelé, « la prévention des risques psychosociaux fait partie des axes prioritaires de la MSA dans le cadre de son plan d’action sécurité au travail 2016-2020 ».

Interagir dans l’humour

Éliane Mousset, chargée de prévention et de promotion santé à la Mutualité française Grand Est, a souligné d’entrée de jeu : « Il nous a paru important de créer une action au plus près des préoccupations des actifs, et plus particulièrement au sein de cette zone d’activité de Schiltigheim. Après une réflexion au sein de groupes de travail, médecins du travail, membres de CHSCT (comité d’hygiène et de sécurité), managers, salariés, nous avons réfléchi ensemble à construire cette pièce. »

Deux comédiens de la compagnie Inédit Théâtre, Marco et Antonia, spécialistes de l’improvisation, ont imaginé une série de sketches à partir de mots-clés lancés par les spectateurs. Et ce durant deux heures et demie ! Pendant ce temps, un caricaturiste, Laurent Salle, croquait à grands coups de crayon les personnages sortis de l’imagination des comédiens. Rien de tel que l’humour pour aborder des thèmes délicats… et pour délier les langues. Entre chaque saynète, un échange particulièrement intéressant s’est établi entre les spectateurs et les comédiens, enrichi par les commentaires d’une psychologue.

Cette soirée théâtre se prolongera par une série d’ateliers dédiés au stress au travail, à l’affirmation de soi, à l’estime de soi, à l’activité physique de détente et aux réseaux d’aide. Ouverts à tous, ils se dérouleront tous les mardis soir, du 7 novembre au 5 décembre de 17 h 30 à 19 h, à la Maison de l’agriculture de Schiltigheim.

États généraux de l’alimentation

Des tables rondes pour approfondir le débat

Pratique

Publié le 28/10/2017

Vendredi dernier, un panel de porte-parole des principaux syndicats agricoles, de responsables d’organisations professionnelles agricoles, de représentants des consommateurs et des écologistes était réuni à Dingsheim, dans le Kochersberg, à l’invitation des deux députés. « Une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous », tel était le thème de cette matinée de débat qui se déclinait en deux ateliers. Le premier étant intitulé « Préparer l’avenir : quels investissements, quel accompagnement technique, quelle recherche pour une plus grande performance environnementale, sanitaire, sociale et économique ? »

Julien Scharch met en garde : attention à ne pas tout miser sur l’investissement, sous peine d’alourdir l’endettement des agriculteurs, en particulier des jeunes qui s’installent. « Il faut par contre être vigilant sur l’accompagnement. C’est vrai pour la conversion à l’agriculture biologique, mais aussi pour les produits bios en restauration hors foyer. »

Pour Anne Vonesch, « il faut développer les modes de production qui sont les meilleurs et faire disparaître ceux qui sont les plus mauvais. » Comment assurer la viabilité économique de cette transformation agricole ? Tel est, selon elle, la question qu’il faut se poser. « Les gains de productivité réalisés par l’agriculture ces dernières années ont été absorbés par l’amont (agrofournitures) et l’aval (grande distribution) », estime-t-elle. « L’une des conclusions de la première partie des EGAlim est justement que la formation des prix doit être entre les mains de celui qui produit », souligne Martine Wonner.

Bénédicte Dubois demande : « Les agriculteurs savent-ils calculer leur coût de production ? » Bien sûr, répond Gérard Lorber. « Mais le coût de production d’un kg de blé n’est pas le même en Champagne qu’en Alsace. C’est pour cela que les moyennes nationales sont dangereuses. » C’est une piste de réflexion à approfondir, estime Martine Wonner. « Pourquoi l’agriculteur alsacien doit-il subir le même prix qu’en Champagne ? » Avant la réforme de la Pac, les primes à l’hectare étaient différentes d’une région à l’autre, en fonction de l’historique de production, rappelle Gérard Lorber. « Mais elles ont été rabotées pour aboutir à une convergence au niveau national. L’Alsace est l’un des grands perdants de ce rééquilibrage. » Il suggère de supprimer l’impôt foncier.

Tolérance et coexistence, les maîtres mots

Martine Wonner s’interroge : « Pourquoi ne pas accompagner l’Alsace vers d’autres productions, plus rémunératrices ? Pourquoi ne pas transformer toute l’Alsace en agriculture biologique ? » Jean-François Vierling réplique : « Je suis partisan de la performance environnementale, mais à condition de ne pas affaiblir l’agriculture. Transformer toute l’Alsace en agriculture bio, c’est un choix, mais il n’est pas forcément viable. Il faudra courir pour trouver une baguette de pain… » Pour Jean-François Vierling, on ne peut pas arrêter le maïs en Alsace car il faut alimenter les industries de transformation. « Il faut faire comprendre, à travers la communication, la qualité des produits, des hommes. »

Martine Wonner ajoute : « On ne peut plus continuer comme cela. Celui qui produit, c’est celui qui doit mener les prix. » Mais ce n’est pas au niveau local qu’on réglera les problèmes de l’agriculture, car la mondialisation est passée par là. Justement, Daniel Bonnot s’inquiète de l’entrée en vigueur du Ceta : « Nous ne maîtriserons plus rien au niveau des prix. » Vincent Thiébaut indique que l’accord commercial franco-canadien devrait être ratifié au deuxième semestre 2018. « Nous travaillons sur les process d’identification et de traçabilité. »

C’est là que le bât blesse, estime Valentin Urban. « Le débat ne peut pas rester alsacien, alors que les décisions importantes se prennent à Bruxelles. De même, une solution française n’est pas viable. Du lait des pays de l’Est à 17 cts, les coopératives ne se privent pas de l’acheter, au détriment des éleveurs locaux. L’exception agriculturale devrait guider nos choix. »

Paul Fritsch revient sur les prix des produits agricoles. « Le producteur et le consommateur ont été floués. Certains se sont payés sur la bête. Nos coopératives étaient censées nous apporter une plus-value. Elles sont devenues nos saigneurs. » Un point de vue que partage Daniel Bonnot.

Gérard Lorber déplore ces propos durs sur la coopération. « Une coopérative est une union entre plusieurs agriculteurs qui montent un projet commun. La culture du maïs a été le fait de la coopération : les meuniers n’ont pas voulu investir dans le séchage du maïs. Or c’est une des cultures les plus rentables. Le Comptoir agricole s’est diversifié dans des marchés de niche, avec des investissements à la clé. »

Sylvie Schott indique que les industries agroalimentaires et la Chambre d’agriculture d’Alsace ont engagé une démarche commune pour développer de nouvelles cultures filières, comme celle de la moutarde. D’autres projets sont sur le point de voir le jour. « Mais le processus est long : réintroduire une nouvelle culture, cela met trois à cinq ans. Il faut anticiper ! »

Produire, transformer et consommer localement

Julien Scharch insiste sur la notion de territorialisation. « Les fruits et légumes alsaciens sont un peu plus chers que les produits bretons. En misant sur la communication, on arrive à faire passer cette différence. Cette territorialisation est positive, sur le plan du bilan carbone. Une exploitation agricole diversifiée est plus résiliente. Cela permet d’amortir les chocs. »

Avoir toutes les productions sur un même territoire est important, estime le président de l’Opaba. « Mais il manque un maillon de la chaîne : des artisans capables de transformer localement nos produits. Ainsi, nous sommes obligés d’aller en Allemagne pour faire fabriquer notre huile de colza. Nous y travaillons dans le cadre des discussions sur les projets alimentaires territoriaux (PAT). »

« L’agriculture a-t-elle anticipé le changement climatique ? » s’interroge Estelle Lozachmeur. Une des solutions pour lutter contre le réchauffement climatique est la réduction de l’empreinte carbone. Des investissements ont été réalisés dans les biocarburants, notamment par l’industrie sucrière, avec des retours sur investissement de quinze ans. « On veut mettre fin à ces filières sous prétexte d’opposer les productions alimentaire et énergétique. » L’agriculture a toute sa place dans la production d’énergie, il en est persuadé. « Détruire l’acte de production par idéologie est dangereux, le relancer demande du temps. » La recherche a permis de sélectionner des plantes plus productives et résistantes à la sécheresse. « Par ailleurs, nous voulons développer le stockage de l’eau », ajoute Gérard Lorber.

Paul Fritsch poursuit : « L’agriculture a un rôle à jouer dans la lutte contre les gaz à effet de serre. Le grand débat, c’est comment l’agriculture se situe dans cette chaîne de production agroalimentaire. »

Martine Vonesch aborde le thème du bien être animal, qui lui est cher. « C’est une grande priorité pour la population, en particulier chez les jeunes. Il faut revoir les choses au niveau des instituts techniques et des chambres d’agriculture, former les techniciens à l’éthologie. La quantité d’animaux produite est insoutenable actuellement. » Il faut trouver un équilibre entre terres arables, forêt et élevage, estime-t-elle.

Ne pas négliger la sécurité alimentaire

« On vit dans une société où l’accès à la nourriture est une évidence », insiste Gérard Lorber. Mais il ne faut pas négliger la sécurité alimentaire - la pénurie actuelle de beurre est là pour le rappeler. « Se ménager la possibilité de produire de l’énergie quand les productions alimentaires sont excédentaires, et pouvoir revenir en arrière si nécessaire, ce n’est pas idiot. N’agir que sur un pan de l’économie agricole pourrait s’avérer contre-productif. »

L’Alsace a beaucoup investi sur sa marque, rappelle Paul Fritsch. « Il ne faut pas diluer la marque Alsace dans le Grand Est. » Les Lorrains tiennent autant à leur marque que les Alsaciens, indique Bénédicte Dubois.

La performance environnementale passe par l’évolution des techniques, souligne Vincent Thiébaut. « Il faut trouver des solutions concrètes pour réduire la consommation de carburants, en développant par exemple l’agriculture de conservation. » Mais, insiste Gérard Lorber, le labour reste un bon moyen de réduire la pression des mauvaises herbes. Paul Fritsch estime que différentes techniques doivent pouvoir cohabiter sur une ferme.

Pour faire évoluer les techniques, il faut soutenir la recherche, poursuit Gérard Lorber. Jean-François Vierling avertit : « On ne peut pas transposer les systèmes n’importe où. Si on ne respecte pas la nature, elle se rappelle à vous. » Attention à la pensée unique ! « L’agriculture est une industrie lourde, dont l’investissement s’étale sur plusieurs années. Il faut pouvoir vivre de son travail. À nous d’échafauder un système qui soit applicable au plus grand nombre. »

Le deuxième atelier a pour thème « Assurer la sécurité sanitaire de l’alimentation française dans une économie mondialisée et un contexte de changement climatique tout en prévenant les contaminations chimiques ». Tout un programme ! Nous y reviendrons dans une prochaine édition.

Monswiller

Le préfet de région dans l’univers Kuhn

Technique

Publié le 22/10/2017

Le 3 octobre dernier, Jean-Luc Marx, préfet de la Région Grand Est, s’est rendu dans l’arrondissement de Saverne pour visiter deux fleurons industriels de ce secteur. À commencer par l’entreprise Caddie, implanté sur le site de Dettwiller. Il y a été accueilli par Stéphane Dedieu, président directeur général de la société, en présence des élus locaux. L’occasion de remettre à Stéphane Dedieu le label d’entreprise du patrimoine vivant (EPV) décerné par le ministère de l’Économie aux entreprises françaises aux savoir-faire artisanaux et industriels d’excellence.

Jean-Luc Marx s’est ensuite rendu au centre de formation Kuhn à Monswiller, un bâtiment de 5 700 m2 baptisé Kuhn Center for Progress. Il y a été accueilli par la direction générale - Dominique Schneider, directeur financier, Jean-Luc Collin, directeur industriel, et Yves Guehl, directeur du site de Saverne - de cette entreprise, leader mondial des machines agricoles non motorisées. La visite du préfet s’est achevée a à la sous-préfecture de Saverne où il a échangé avec les agents avant un déjeuner républicain.

MSA Services

Présence Verte, version pro

Pratique

Publié le 19/10/2017

Présence Verte est n° 1 de la téléassistance en France, expliquent Sandra Lengert, responsable de Présence Verte et APIS PV Pro, et Vanessa Clog, conseillère commerciale. Cette association fait partie du panel de solutions proposées par le groupe MSA Alsace. « Elle a deux activités, la téléassistance pour les personnes âgées ou les personnes handicapées, pour laquelle nous avons un agrément de services à la personne, et la protection des travailleurs isolés. » Lancé il y a trente ans au niveau national, ce service est diffusé en Alsace depuis 2015.

Les solutions proposées par APIS (Association pour l’innovation sociale) PV Pro permettent aux entreprises de répondre aux obligations légales de sécurisation des salariés travaillant de manière isolée. « Dans le cadre de la prévention des risques professionnels, toute personne qui est amenée à travailler seule, par exemple dans une forêt, un bureau, un entrepôt, doit pouvoir donner l’alerte en cas de problème », souligne Sandra Lengert.

Des matériels adaptés à tous les besoins

APIS PV Pro met à la disposition des utilisateurs différents matériels pour répondre à toutes les attentes. Des matériels résistants aux chocs, à l’humidité, aux températures extrêmes… « La limite, c’est la couverture du réseau ! Mais nous avons développé une astuce : la fonction multi-opérateur permet à l’utilisateur de se brancher sur le réseau le plus puissant, où qu’il se trouve. Et si vraiment il se trouve dans une zone blanche, une notification l’avertit qu’il n’a plus de réseau. »

Pour donner l’alerte, différentes possibilités sont prévues :

  • touche SOS : en cas de blessure ou de chute, l’utilisateur appuie volontairement sur le bouton pour déclencher l’alarme
  • perte de verticalité : si la personne tombe et ne se relève pas dans un certain délai (programmé à l’avance), la centrale d’écoute est automatiquement alertée
  • absence de mouvement : si le boîtier ne détecte pas de mouvement durant une période donnée, l’alerte est automatiquement transmise à la centrale d’écoute
  • présence vie : « Si un salarié est amené à intervenir dans un silo, une cuve ou en zone blanche, il peut programmer une alarme temporisée, de 30 minutes par exemple. S’il n’a pas rappuyé sur le boîtier au bout de cette période, une alarme est envoyée à la centrale. »

APIS PV Pro propose un tout nouveau boîtier, qui se porte autour du cou - c’est le fait de l’arracher de son cordon qui déclenche l’alarme en plus du bouton classique SOS, et qui permet aussi de recevoir des appels. « Pour le tertiaire, nous avons des téléphones équipés d’un bouton de téléassistance. »

Trois centrales d’écoute en France

Lorsque l’alarme est déclenchée, un message est envoyé à la centrale d’écoute Présence Verte. 24 h sur 24, un opérateur prend l’appel en charge, géolocalise le travailleur et peut lui parler en main libre. Suivant la nature du problème, l’opérateur prévient la personne désignée - un collègue ou son responsable par exemple - pour confirmer la situation, ou déclenche les services d’urgence. « Nos matériels émettent une balise sonore qui permet de géolocaliser la personne plus facilement, surtout en forêt. » Présence Verte a trois centrales d’écoute, toutes situées en France. « Elles sont reliées entre elles. C’est le premier opérateur qui est disponible qui gère la chaîne d’alerte. »

Avant d’équiper des agents, l’équipe de Présence Verte réalise une étude de poste pour conseiller l’entreprise sur les matériels et les options les plus adaptées. « Dans les semaines qui suivent, nous effectuons les ajustements nécessaires - temporisation, angle de chute. Nous travaillons en coordination avec les salariés de l’entreprise, les employeurs, les autres antennes de Présence Verte pour construire le système le plus pertinent, indique Vanessa Clog. Nous faisons tout pour éviter que le matériel et les programmations ne gênent le salarié. »

Un détail a son importance : « Il faut bien réfléchir au système d’attache (baudrier, harnais d’épaule, autour du cou, à la ceinture). Nous allons sur le site pour adapter le matériel aux contraintes des agents. L’important, pour nous, est que le salarié comprenne l’utilité́ du matériel, mais aussi ses limites. Il ne doit pas penser qu’il est en sécurité quand il ne l’est pas », explique Sandra Lengert.

Plusieurs entreprises ont déjà recours aux services d’APIS PV Pro, pour une soixantaine de salariés. Parmi eux, une scierie qui a équipé ses bûcherons, ses ouvriers forestiers et ses transporteurs, des évaluateurs à domicile, des salariés de caisses de sécurité sociale, une microcrèche, etc. « Dans le cadre d’une convention nationale, nous allons équiper les cabinets médicaux de la SNCF », indique Sandra Lengert. Des options peuvent être ajoutées sans surcoût de tarification. « Nous sommes une association à but non lucratif. Nous raisonnons service plutôt que démarche commerciale. »

Bienvenue à Strasbourg

Voyage au cœur du patrimoine gastronomique alsacien

Vigne

Publié le 18/10/2017

« En cette période de vendanges, nous avons voulu mettre l’accent sur cet aspect de la vie en Alsace », explique la présidente de Bienvenue à Strasbourg, Catherine Seegmuller. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les organisateurs ont mis les petits plats dans les grands… Dans le cadre convivial de l’hôtel Sofitel, cette soirée de dégustation a associé sept vignerons, le mardi 26 septembre : Jean-Daniel Hering à Barr, Jean-Jacques Muller et Guillaume Mochel à Traenheim, Clément Fend à Marlenheim, Maxime Schaeffer Woerly à Dambach-la-Ville, Charles Brand à Ergersheim et Thierry Mann, du domaine Wunsch-Mann à Wettolsheim.

Du muscat au pinot noir, chaque vigneron présentait l’un des sept cépages alsaciens, accompagné de mets issus du terroir alsacien. Leur énoncé suffit à mettre l’eau à la bouche : petits pots d’escargots aux pleurotes, salade de pommes de terre au muscat d’Alsace accompagnée d’un filet de truite fumée et d’une espuma de munster, terrine de foie gras de canard en mi-cuisson et sa gelée de gewurztraminer, ragoût de légumes braisés au safran d’Alsace, millefeuille de fromage aux noix et aux pommes, etc. Sans oublier le vin nouveau, que rehaussait une belle palette de pains spéciaux préparés par Bruno Dinel, des boulangeries Au pain de mon grand-père. Sur la terrasse du restaurant Terroir & Co, pour accompagner le pinot noir, Patrick Messer, président de la coopérative de producteurs Hop’la, avait installé un four à tartes flambées au milieu des plants de vigne, une animation très appréciée…

Le meilleur de l’Alsace

« Le Sofitel Strasbourg Grande Île est un hôtel où l’on vous fait voyager au cœur du patrimoine gastronomique alsacien », explique son directeur, Jean-Philippe Kern. Son restaurant Terroir & Co est ancré dans la ville et le cœur des Alsaciens. « Dans le cadre de la fête de la gastronomie, notre chef, Sébastien Schmitt, avait concocté un dîner des grands crus. » Les 51 grands crus d’Alsace figurent sur la carte des vins, ce qui est assez rare pour être signalé.

« Tout au long de l’année, les producteurs de Hop’la, à Oberhausbergen, vous proposent le meilleur de notre terroir, indique Patrick Messer. Depuis l’ouverture du magasin, implanté à Oberhausbergen, nous sommes passés de 14 à 35 membres et nous avons contribué à la création d’une cinquantaine d’emplois. Notre éthique est simple : 100 % local, 100 % fermier, 100 % qualité et 100 % confiance. »

Les vignobles collés à flanc de coteaux, les odeurs du vin en fermentation qui sortent des soupiraux sont autant d’invitations à visiter notre région en automne, affirme Jean Daniel Hering. « Je vous invite à vous promener sur la route des vins pour découvrir ces terroirs que nous cultivons, déguster ces vins que nous produisons. Certains de nos cépages peuvent être cultivés ailleurs dans le monde, mais la saveur du gewurztraminer alsacien est unique. »

Fruits et légumes bios d’Alsace

« Mettre la production en adéquation avec les débouchés »

Vie professionnelle

Publié le 17/10/2017

Sous la conduite d’Emmanuel Zerr, l’un des deux associés du Gaec du Heidenstein, la matinée a commencé par une visite de cette exploitation où, sur une superficie de 110 hectares, se côtoient viticulture, arboriculture et élevage. Un tour de ferme fort instructif qui a permis de mieux cerner la philosophie des producteurs bios, leurs préoccupations.

« Vous avez pu découvrir ce qu’est l’agriculture biologique », a souligné Julien Scharch, président de l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba), à l’issue de cette visite. Un mode de production en plein essor, du fait de l’engouement croissant des consommateurs. Mais comment les producteurs bios alsaciens imaginent-ils leur métier ? Julien Scharch a exploré trois pistes. « C’est une agriculture qui respecte l’environnement et protège les ressources naturelles. Elle cherche à instaurer des pratiques commerciales aussi équitables que possible, afin que les producteurs puissent vivre de leur métier. D’où l’idée de se réunir régulièrement pour se connaître et mettre en place un système économique qui satisfasse tous les maillons de la filière. » Enfin, elle prône l’approvisionnement local, fière de son slogan, « Bio et local, c’est l’idéal ! » « En créant un écosystème de proximité, nous entretiendrons une dynamique des territoires et créerons de l’emploi local. » L’Opaba participe actuellement à la création d’une fédération régionale de l’agriculture biologique, qui s’appellera « Bio dans le Grand Est », a annoncé Julien Scharch.

Les producteurs bios travaillent en partenariat avec la Chambre d'agriculture d’Alsace, avec le soutien financier de la Région et de l’État. L’État, justement, a annoncé son intention de ne plus financer le maintien de l’agriculture biologique. « Nous sommes dans l’attente de la position du gouvernement vis-à-vis de la bio, mais aussi d’une ambition régionale forte. Car nous comptons bien continuer à développer les surfaces bios. »

Travailler ensemble

L’agriculture bio est présente au sein du conseil d’administration de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) depuis sa création, a rappelé Pierre Lammert, son président. Il y a quelques années, l’Ifla a même lancé une version bio de sa marque « Fruits et légumes d’Alsace » pour que le consommateur puisse facilement l’identifier dans les différents circuits de commercialisation. « Il ne s’agit pas d’opposer agriculture biologique et conventionnelle, mais de donner le choix au consommateur. » L’interprofession se compose de trois collèges, producteurs, grossistes et grande distribution.

Nombre de ces enseignes étaient représentées à cette journée d’information et d’échange, a constaté avec satisfaction Pierre Lammert. « L’objectif de l’interprofession est de défendre la filière fruits et légumes d’Alsace, de travailler ensemble pour faire la promotion des produits alsaciens. » Le mois de septembre a été très dense, à ce niveau. Le concours d’étalage du plus beau rayon de fruits et légumes d’Alsace a vu la participation de plus de 60 magasins. Côté salons, il y a eu BiObernai, puis Saveurs et soleil d’automne à Sélestat qui a réuni 35 000 visiteurs. « Un très grand succès ! »

Son inauguration a été précédée par la signature du contrat de filière avec la Région Grand Est, une première ! Compétitivité, communication, innovation, installation… Vu la taille des enjeux, « il était important de réussir à fédérer les acteurs de la filière fruits et légumes du Grand Est », estime le président de l’Ifla. Cerise sur le gâteau, « la Région a compris que la communication devait se faire à l’échelon des territoires, et pas de la grande région ».

Des joyaux cachés

« Topaz, opal… Il y a des joyaux cachés dans nos chambres froides », a déclaré Thomas Burger. Ce producteur bio de pommes et de poires, installé à Steinseltz, représente les producteurs de fruits à l’Opaba. « Nous regroupons des exploitations très différentes, petites ou grandes, spécialisées dans la production de fruits ou diversifiées. » 24 % des surfaces de fruits sont conduites en agriculture biologique, explique-t-il. Cela représente 300 ha, un chiffre qui devrait continuer à grimper, vu le nombre de conversions en cours. « C’est un créneau porteur en Alsace. Nous avons la chance d’avoir une recherche dynamique pour trouver des variétés résistantes aux maladies et des relations commerciales intéressantes. » Mais tout n’est pas rose : 75 % du potentiel alsacien de production de fruits a été détruit par le gel de ce printemps. « C’est une année difficile. Espérons que les volumes seront au rendez-vous l’an prochain ! »

Pour les producteurs de légumes bios, 2017 est une bonne année, a enchaîné Dany Schmidt. Maraîcher bio à Volgelsheim, il défend les intérêts des producteurs de légumes au sein de l’Opaba. La quantité et la qualité sont satisfaisantes. Du coup, les prix sont à la traîne. Et pour certains produits, la mise en marché a été très compliquée.

« Nous n’attendons pas de miracle ! »

La filière légumes bios sort de sa niche et devient une filière à part entière, a souligné Dany Schmidt. « Mais sa structuration reste chaotique. En vente directe et dans les magasins spécialisés, cela se passe plutôt bien. Dans la grande distribution, nous apprenons à travailler ensemble. En période de forte production, nous avons du mal à le faire correctement, comme ce fut le cas pour la tomate cet été. Le problème, c’est que nous n’organisons pas les mises en marché suffisamment en amont. » Or les surfaces sont en augmentation constante - plusieurs hectares de serres ont été installés cette année, ce qui risque de provoquer une saturation du marché. « Il n’y a pas d’échappatoire : nous devons aller vers une structuration de la filière, et pour cela nous avons besoin d’un coup de main de la grande distribution. » Dany Schmidt propose d’organiser chaque printemps une rencontre avec les metteurs en marché pour étudier leurs attentes et mettre la production en adéquation avec les débouchés. Avec à la clé des engagements de volume. « Ça fonctionne, et ça permet de privilégier les fruits et légumes alsaciens. » Pour autant, Dany Schmidt reste lucide : « Nous n’attendons pas de miracle ! » D’autant qu’en bio, tous les produits ne sont pas disponibles tout le temps. C’est un message qu’il faudra faire passer auprès des consommateurs…

Directeur de la plateforme d’achat Scofel Auchan, Boris Wendling préside l’association de la distribution des fruits et légumes d’Alsace au sein de l’interprofession. Le marché des fruits et légumes bios est en pleine expansion, a-t-il confirmé. La croissance est à deux chiffres, ce qui crée des perturbations. La grande distribution est le premier vecteur de produits bios, devant les magasins spécialisés. « Nous ne sommes pas forcément préparés à une évolution aussi rapide. Les fruits et légumes bios sont passés d’une niche à un rayon à part entière, ce qui n’est pas simple à gérer dans les magasins. » Pour lui, la grande distribution a un rôle à jouer dans l’accompagnement des producteurs, à travers l’engagement sur le planning de production et les volumes. Objectif : assurer la pérennisation de l’offre.

Agro 67

Produire du maïs waxy

Cultures

Publié le 17/10/2017

Waxy est un terme anglais qui signifie « cireux », expliquent Mathieu Riedinger et Thomas Frison, technico-commerciaux chez Agro 67. Le caractère waxy est lié à l’expression d’un gène porté par le chromosome 9. Il est présent à l’état naturel dans certaines populations de maïs chinois. Il s’agit d’un caractère récessif. Ce gène a été transféré dans des variétés de maïs standard par rétrocroisements successifs dans le génome d’hybrides classiques.

Un hybride waxy est un maïs dont les deux parents possèdent un gène introduit par back cross, qui modifie la structure de l’amidon du grain. De ce fait, l’amidon d’un hybride waxy est entièrement constitué d’amylopectine alors qu’un maïs classique est constitué à 70-75 % d'amylopectine et à 25-30 % d’amylose.

Quelles utilisations pour le maïs waxy ?

À l’origine, les amidonniers européens faisaient venir le maïs waxy par bateau des États-Unis. À la fin des années 1990, les semences de maïs waxy ont ensuite été importées en France, où elles étaient cultivées dans le Sud Ouest, mais peu à peu les régions du bassin méditerranéen et de l’Europe de l’Est ont commencé à la cultiver. Puis l’interdiction des OGM a obligé de plus en plus les firmes semencières à produire leurs semences en Europe, de manière à respecter la norme exigée par tous les amidonniers d’une teneur en OGM des maïs inférieure à 0,1 %. Pour sécuriser la production, les amidonniers européens ont instauré le système de prime qui permet de compenser la différence de rendement avec la variété classique et les frais de séchage supplémentaires. Aujourd’hui, la France est, avec l’Italie, le principal pays producteur de l’Union européenne, cette culture s’étant peu à peu déplacée vers le nord du pays avec l’apparition de variétés plus précoces.

Le marché waxy progresse de 2 % par an. Quelque 230 000 tonnes de maïs waxy sont transformées chaque année par les amidonneries. Son amidon est principalement utilisé pour les produits préparés (sauces, plats pour bébés) et en papeterie (cartons alvéolés). Contrairement aux amidons de maïs et de blé ou aux fécules, ce produit retrouve ses propriétés originelles après congélation et décongélation. Sa tendance à gélifier est presque nulle, sa consistance est onctueuse au refroidissement et sa saveur neutre ne masque pas les arômes, ce qui en fait un produit très apprécié dans l’agroalimentaire, la pâtisserie industrielle, etc.

La société Agro 67, filiale de la ZG Raiffeisen, a collecté l’an dernier 9 000 t de maïs waxy. Cela représentait 20 % de la collecte totale de maïs. « Nous avons un silo entièrement dédié au maïs waxy à Reichstett, ainsi qu’un séchoir dédié à Karlsruhe. Nous payons une prime de 20 €/t pour le maïs waxy. »

Veiller à la pureté variétale au champ

Qui dit rémunération dit contraintes. La parcelle doit être de taille conséquente, en raison de l’obligation de détourage. Il faut ensuite semer des variétés spécifiques et bien nettoyer le semoir après le semis de maïs classique, pour éviter toute contamination. Enfin, il faut prévoir une manutention séparée : le maïs waxy est livré départ champ ou au silo sécheur de Reichstett. Avant la récolte proprement dite, il faut isoler les parcelles en les détourant, pour garantir une pureté optimale. « Une pureté de 98 % est exigée par les amidonniers. Si elle est inférieure à ce seuil, le maïs est déclassé en maïs standard. Et adieu la prime ! »

Pourquoi faire un détourage ? Le gène waxy est récessif, contrairement au maïs corné, où le gène est dominant. Il faut donc que le mâle et la femelle portent le gène récessif. Or le pollen des variétés de maïs standards peut voler à une distance de 100 m. En cas de contamination, le maïs ne sera pas waxy.

Les techniciens d’Agro 67 conseillent une technique de détourage qui a fait ses preuves : enlever douze rangs si du maïs standard se trouve à proximité ; enlever six rangs à proximité d’un chemin ou d’une route ; le détourage n’est pas nécessaire si la parcelle de maïs est bordée par du blé ou d’autres cultures. Le détourage doit être effectué la veille de la récolte. Un kit à iode permet de tester la pureté du maïs waxy, mais cette méthode n’est pas infaillible. Si le maïs est waxy, la couleur de la pulvérisation à l’iode reste violette. Si elle devient noire, c’est qu’on est en présence de maïs standard. « Tous les lots sont vérifiés à l’arrivée au silo. » Ces précautions ont fait leurs preuves : « Tous les lots que nous avons livrés ont été acceptés. »

Vincent Weureuther, directeur commercial d’Agro 67, met les agriculteurs en garde : « Seuls les tests réalisés lors de la réception au silo permettront de déterminer si le maïs est waxy ou pas ».

Les agriculteurs qui ont assisté à cet atelier ont pu visiter la vitrine mise en place par Agro 67, qui présentait les quatre variétés de maïs waxy qu’elle commercialise, le Cobalt waxy, le PR 38A75, le Pioneer P 8012E et le DKC 4590 waxy. « Les maïs waxy sont en train d’être fauchés et, selon les premiers retours, les rendements sont au rendez-vous », indique Vincent Weureuther.

Choucrouterie Baur à Blaesheim

La dernière campagne choucroutière

Cultures

Publié le 16/10/2017

« La choucrouterie Baur a été créée en 1948 par mon père et mon grand-père, explique Jacques Baur. Mon grand-père cultivait déjà du chou auparavant et le livrait aux choucroutiers de Strasbourg. » Les six premières cuves ont été construites en 1948. « L’entreprise s’est agrandie progressivement, en ajoutant de nouvelles cuves, en 1952 et 1956. » En 1964, quatre cuves supplémentaires viennent s’y ajouter, suivies de cinq cuves en 1969.

« Je me suis installé en 1972, explique Jacques Baur, mon frère, Jean-Philippe en 1976. » C’est cette année-là qu’est créé le Gaec du Gloeckelsberg, dont les associés sont le père, Paul, et les deux fils, Jacques et Jean-Philippe. De gros investissements sont réalisés deux ans plus tard : « Nous avons mécanisé la récolte de chou à choucroute et modernisé la transformation ».

« Nous nous sommes mariés en 1970, poursuit Adeline Baur. J’ai travaillé dans un cabinet d’expertise comptable jusqu’en 1973 et me suis dès lors impliquée dans la gestion de la choucrouterie, dont je tenais déjà la comptabilité. Et je donnais un coup de main sur l’exploitation. Je sais ce que c’est de récolter des choux à la main… » À partir de 1982, sa belle-sœur, Denise, rejoint à son tour l’entreprise familiale pour s’occuper de la facturation.

Création des Ets Paul Baur en 1984

« À cette époque, la choucrouterie était en nom personnel », explique-t-elle. Elle est transformée en SARL en 1984 et prend le nom d’Ets Paul Baur, la gérance étant confiée aux deux belles-filles, Adeline et Denise. « C’est là que nous nous sommes vraiment spécialisés dans la choucroute, précise Jacques Baur. Pour élargir notre clientèle, nous avons racheté plusieurs fonds de commerce, comme les sociétés Felden à Holtzheim, Speiser à Ostwald et Schneckenberger à Strasbourg - la célèbre Choucrouterie, aujourd’hui cabaret spectacle. »

Le rachat de ces deux dernières entreprises a permis à la choucrouterie Baur d’effectuer des tournées auprès des boucheries, restaurants, restauration collective, grossistes et GMS dans un rayon d’une centaine de kilomètres, jusqu’en Lorraine et même en Allemagne. « C’est Jean-Philippe qui s’est occupé de ces tournées. Moi, je me suis consacré à l’agriculture et à la transformation à la choucrouterie. Les très bonnes années, nous avons planté jusqu’à 45 ha de choux et nous avons produit 2 400 t de choucroute, voire plus, car nous achetions du chou à d’autres producteurs. »

Le colza remplacera bientôt le chou

Jacques Baur a décidé de « raccrocher » à la fin de la saison. « Cinquante années, cela suffit. J’ai planté mes premiers choux à 17 ans et j’en ai 67 aujourd’hui ! » Le fonds de commerce a été vendu à la choucrouterie René Weber et fils à Krautergersheim. La choucrouterie, quant à elle, sera démolie : un promoteur immobilier l’a rachetée pour y construire un ensemble résidentiel.

L’arrêt de la culture du chou ne signifie pas la fin de l’exploitation. Jacques Baur continuera à faire tourner l’exploitation agricole avec son frère. Une exploitation de 110 hectares, où le colza succédera au chou comme troisième culture, diversité de l’assolement oblige. « Je n’en avais pas cultivé depuis 50 ans. » Comme ces deux plantes font partie de la famille des crucifères, elles ne font pas bon ménage… « Nos enfants ne voulaient pas poursuivre l’activité de transformation. »

Ce n’est pas sans un petit pincement au cœur que la famille Baur tourne la page du chou à choucroute. « Nous avons conduit des essais variétaux avec la société semencière Bejo pendant 42 ans, se rappelle Jacques Baur. Et j’ai de tout temps été le responsable technique du chou à choucroute pour la profession, en travaillant en étroite collaboration avec le Suad de la Chambre d’agriculture et ensuite avec Planète Légumes. » Quant à Adeline Baur, elle a présidé l’Association de valorisation de la choucroute d’Alsace (AVCA) qui a mis en place le cahier des charges choucroute d’Alsace.

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