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Anne Frintz

Anne Frintz est journaliste à l'Est Agricole et Viticole

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Erstein

Juste équilibre entre nature et urbanité

Pratique

Publié le 19/04/2023


« Les agriculteurs sont essentiels. Leur nombre diminue et ce n’est pas facile pour eux. Je suis outré d’ailleurs, lorsque les prix augmentent en magasin, mais pas pour eux. Heureusement, il y a des reprises d’exploitations par des jeunes ici : chez les Voelckel et les Wetterwald, par exemple », partage Benoît Dintrich, le maire d’Erstein. Petit-fils d’éleveurs laitiers du côté de son père, le sexagénaire, natif de Benfeld, est retourné aux sources à Erstein, la ville de sa mère, il y a plus de trente ans. Cet ancien cadre supérieur de santé est d’autant plus sensible à la cause agricole qu’à Erstein est installée la sucrerie de Cristal Union qui porte le nom de la ville. 55 ha de terres agricoles sont dédiés à la culture de la betterave. « Nous avons quatre planteurs de betteraves sur la commune d’Erstein, y compris Erstein Krafft », dénombre Laurent Rudloff, responsable betteravier de l’usine. Et 32 salariés en CDI travaillant à la sucrerie, habitent Erstein. Pour inciter les agriculteurs à planter de la betterave et faire tourner l’usine, la commune exonère les betteraviers de taxe foncière. Benoît Dintrich recense « beaucoup de maïs et du blé, de l’orge, des fruits et légumes » aussi sur le ban communal, mais seulement trois élevages.

Forêt patrimoniale

Erstein est une des plus grandes communes forestières du Bas-Rhin, comptant près de 1 000 ha de forêts, dont elle est propriétaire pour plus de la moitié. Elle en confie la gestion à l’Office national des forêts (ONF). Réserve naturelle, polder, cours d’eau, plan d’eau de Plobsheim : la valeur patrimoniale de la sylve et de la trame bleue est aussi riche que la forêt est pauvre… « Aujourd’hui, on ne gagne plus d’argent avec notre forêt. Elle coûte plus cher qu’elle ne rapporte, notamment à cause de la chalarose du frêne et du changement climatique. Mais même si on ne sera a priori plus bénéficiaire, il y a des choses importantes à faire pour une exploitation raisonnée. Vers Krafft par exemple, en forêt du Krittwald, 4 000 copalmes d’Amérique (ou liquidambars) seront plantés sur environ deux hectares, pour remplacer peut-être à terme l’érable sycomore, qui a du mal à s’adapter aux nouvelles températures. Cette espèce représente aujourd’hui 90 % de la régénération naturelle de la forêt », développe Benoît Dintrich. Le maire ajoute que le manque à gagner lié à la diminution des ventes de bois d’œuvre, impacte peu le budget de la ville.

Attractivité

Toujours en lien avec le changement climatique, la commune d’Erstein a troqué certaines espèces ornementales dans ses espaces verts, contre des plantes plus résistantes. « On essaie d’abaisser notre consommation d’eau, mais aussi de récupérer les eaux de pluie, dans des cuves enterrées notamment, sur deux sites : elles peuvent contenir jusqu’à 80 m3 », précise Benoît Dintrich.

La ville d’Erstein est attractive. « Il y a quelques années, le quartier de la Filature, à peine créé, s’est rempli de 2 000 habitants. Entre 700 et 800 personnes sont attendues prochainement à la zone d’aménagement concerté (Zac) Europe, avenue de la Gare. C’est la dernière extension urbaine d’Erstein et la seule prévue », confie le maire. La municipalité est en phase d’acquisition des terrains. L’édile rappelle que le Schéma de cohérence territoriale (Scot) de Strasbourg impose trente logements à l’hectare en termes de densité, lorsqu’une zone d’habitation est créée. « On a changé d’époque. Une commune qui ne grandit pas n’évolue pas. Mais notre souhait est de ne pas prendre sur le terrain agricole », insiste le maire d’Erstein, qui relève tout de même le paradoxe entre le Scot et la démarche Zéro artificialisation nette des sols, qui est un objectif national pour 2050. Pour laisser la terre aux agriculteurs, le plan local d’urbanisme (PLU) d’Erstein prévoit de densifier la partie déjà urbanisée de la ville prioritairement ; comme l’avenue de la Gare, précitée. « Les terres sont riches, fertiles, très productives ici. Nous sommes dans une zone inondable, où certains espaces sont sanctuarisés. À Krafft, il n’y a plus aucun terrain constructible », souligne Benoît Dintrich. Mais il y a beaucoup moins d’inondations à Erstein depuis la mise en route du canal en 1870, souligne-t-il, soucieux de rendre compte de la réalité.

Concertation

L’agribashing ne serait pas un problème ici, selon le maire, qui veille à faciliter le travail des agriculteurs en leur permettant de circuler un maximum hors de la ville ; une action réalisée avec l’association foncière dont il est le président de droit, en tant qu’élu. « Je ne vois que peu les agriculteurs », admet Benoît Dintrich, qui met un point d’honneur à ne pas s’immiscer dans ce qui fonctionne. Ainsi, qu’il s’agisse de réaffectation des terres, quand une location touche à sa fin, de tailles de haies ou de chemins à entretenir, l’édile n’est jamais sollicité directement en sa qualité de maire. Au sujet des terres, les agriculteurs semblent s’entendre, laisse-t-il filer. À propos des dégâts de gibier, les discussions avec les chasseurs ont l’air tout aussi fructueuses. Aucune plainte ne lui a été remontée. « En 2022, dans la forêt du Rhin, 46 sangliers dont quatre laies ont été tirés, pour un seul lot de chasse, se souvient le maire. Vers Gerstheim, des clôtures ont été mises en place entre les champs et la forêt. » À Erstein, huit lots de chasse seront renouvelés en 2024.

D’autres espèces sauvages moins problématiques que les sangliers, abondent dans les parages. Animales et végétales, elles gagneraient à être recensées, pense le conseil municipal. Une maison de l’environnement et du développement durable verra donc bientôt le jour à Erstein Krafft. Outre un atlas de la biodiversité ambiante, les énergies nouvelles y auraient une belle place. Le projet n’en est qu’à ses débuts. Il devrait aboutir dans quatre ans. Avec ses trois fleurs et ses trois libellules, l’industrielle Erstein est une commune ancrée dans son terroir, qui tente de trouver le plus juste équilibre entre espaces naturels sauvages et cultivés, et urbanité.

EARL du Haut-Village (Bas-Rhin)

Feu vert pour le bois déchet

Technique

Publié le 31/03/2023


À Woellenheim, rue de l’Église, dômes, hangars et cheminées poussent non loin de l’édifice religieux. Une nouvelle religion se développe à la Ferme du Haut-Village, reprise du père par les frères Christ, récemment rejoints par Christian Richert, un ami de la famille, et Émilie Bondoerffer, la compagne de Florian Christ : le 0 déchet, allié à l’autonomie et aux 100 % énergie renouvelable. Pionnier de la méthanisation dans la région du Kochersberg, l’EARL du Haut-Village compte un troupeau de 150 vaches laitières pour Alsace lait, ainsi que plus d’une cinquantaine de jersiaises pour une production de fromages (depuis fin 2022). À cela s’ajoutent 130 ha de SAU et environ 200 ha de prairies fauchés ou pâturés. Si les productions de la ferme ne sont pas labellisées bio, principalement parce que le fourrage et le grain achetés à d’autres agriculteurs voisins pour nourrir le troupeau ne le sont pas, Florian Christ se présente en écologiste, soucieux d’avoir recours à une source naturelle d’énergie pour confectionner du fromage fermier, de même pour l’hygiénisation des biodéchets, intrants de méthanisation.

Tout est lié

« J’ai des principes mais l’économie suit », assure-t-il, alors que les terres alentour sont couvertes en mars par la féverole, précédant le maïs. L’agriculture de conservation des sols a trouvé sa place, dans le modèle de la ferme en perpétuelle réflexion. « Courant 2020, j’ai remarqué qu’il n’y avait pas de valorisation intelligente des palettes de bois sur lesquelles arrivaient les déchets alimentaires, pour l’unité de méthanisation, car les chaufferies industrielles n’en voulaient pas, à l’époque. Au centre de compostage, où je les amenais, le tas de bois déchet, dédié à l’énergie, était peu consommé. Une ressource était donc disponible. C’est comme ça que m’est venue l’idée de la chaufferie bois déchet », raconte Florian Christ, qui prend la relève de son père, quant à présider aux destinées de l’entreprise familiale.

Taille intermédiaire

Lorsqu’il a fallu dimensionner le projet, subventionné à hauteur de 50 %, Florian s’est affranchi du bureau d’études, voyant trop haut. Au total, la chaufferie a coûté 750 000 euros, contre 950 000 annoncés, mais 25 % de plus que prévu par Florian Christ, surtout à cause de la guerre en Ukraine et de l’envolée des prix des matières premières. Après des visites d’autres chaufferies bois déchet en Allemagne, en France et en Suisse, l’éleveur du Kochersberg a décidé de dessiner le schéma de flux d’eau, lui-même. Si tout ce qui est tuyauterie a été sous-traité, Florian était maître d’œuvre et d’ouvrage du chantier, qui s’est déroulé de 2021 au printemps 2022. La chaudière est une petite chaudière industrielle suisse Schmid de 500 kW, avec un poussoir sur-mesure. « C’étaient les seuls à proposer cela », pointe Florian Christ. La mise en route a eu lieu, en septembre 2022, en même temps que la fromagerie fermière. Pour l’instant, l’outil de production d’énergie ne fonctionne pas au maximum de sa capacité. Avec l’hygiénisation des biodéchets, sous peu, il montera en puissance. « Nous trouverons toujours du bois déchet pour notre chaufferie en approvisionnement local (à moins de 10 km), mais les industriels tapent aujourd’hui dans la ressource, crise oblige… Sur le long terme, les professionnels des chaudières sont inquiets : le bois ne suffira pas à toutes les alimenter », conclut Florian, qui a donc du mal à conseiller à ses pairs de se lancer dans une aventure similaire.

 


 

Resistom

La clado’ ne viendra plus en clandé’

Cultures

Publié le 18/03/2023


Les premiers résultats tomberont, au plus tard, début 2024. Resistom est un projet financé par FranceAgriMer, sur trois années (2021-2023). PLANETE Légumes y travaille avec deux autres stations d’expérimentation, l’APREL en Provence, qui est le porteur de ce projet, et Terre d’essais, en Bretagne. Elles ont sélectionné des variétés gustativement et agronomiquement intéressantes, pour une production de pleine terre. Et elles surveillent leur comportement par rapport à la cladosporiose, ce champignon aérien qui a pu être géré par des variétés résistances mais pour lequel on suppose, aujourd’hui, qu’il y a de nouvelles espèces car, parfois, des variétés résistantes tombent quand même malade et cela peut devenir ingérable.

En Alsace et en Provence, les stations suivent le microclimat sous abri, sur différents sites, pour voir à quel moment le champignon arrive : quelle est l’hygrométrie, quelle est la température, quelle est l’humectation sur feuille, à l’arrivée du champignon ? Les données recueillies permettront d’établir un seuil d’alerte. « Comme les traitements actuels avec des produits de biocontrôle ne sont pas curatifs, il faut réagir avant qu’on ne voie l’attaque », explique Johanna Bodendörfer, conseillère et chargée d’expérimentation en techniques alternatives et biologiques, à PLANETE Légumes. En Bretagne, la station teste des produits utilisables en agriculture biologique (AB), comme un champignon antagoniste.

Il existe peu de produits efficaces contre la cladosporiose, encore moins en bio. Heureusement, les souches de ce champignon capables de contourner les résistances variétales sont localisées. « C’est comme un rhume », pointe Johanna Bodendörfer de PLANETE Légumes. Mais, si les produits de biocontrôle, sont appliqués au bon moment, avant l’apparition du champignon, ils fonctionnent. Voilà pourquoi les stations s’échinent à déterminer le seuil d’alerte. Elles savent bien que, pour une raison de coût, en pleine période de production (à partir du mois de mai), les maraîchers ne peuvent mobiliser une personne, plusieurs fois, pour traiter.

Anticiper

Pour éviter la cladosporiose, aujourd’hui, le meilleur conseil reste de se tourner vers des variétés résistantes, même si « lorsqu’une maladie contourne une résistance, on sait que ça va continuer », pointe Johanna Bodendörfer. Ensuite, il faut aérer les serres, même lorsqu’il fait froid, lorsqu’elles ne sont pas chauffées, car l’humidité sur le feuillage est problématique. « Les maraîchers sont réticents à ouvrir les serres, quand il fait froid, parce qu’ils ont peur que les pieds de tomates ne poussent pas. Or s’il n’y a pas de soleil, autant aérer, puisque sans soleil, même au chaud, ils ne pousseront pas », rappelle la conseillère de PLANETE Légumes.

Préparations naturelles peu préoccupantes

Faites maison ou achetées : une alternative aux phytosanitaires de synthèse

Technique

Publié le 17/03/2023


Les PNPP sont des préparations naturelles peu préoccupantes, obtenues par un procédé accessible à tout utilisateur final. Elles ne requièrent pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM). Elles sont composées exclusivement, soit de substance de base, soit de substances naturelles à usage biostimulant (SNUB), autorisées, selon une procédure fixée par voie réglementaire. Les substances de base pouvant être utilisées sur cassissiers et myrtilliers sont les suivantes : l’hydroxyde de calcium qui a une fonction fongicide ; les lécithines qui ciblent l’oïdium (podosphaera leucotricha) et ont donc aussi une action fongicide, et le chitosan qui stimule les défenses de la plante. Concernant les SNUB, trois voies d’inscription (d’autorisation) existent : soit elles font partie des 148 plantes médicinales, soit elles sont évaluées par l’Anses ; soit elles sont consommées en alimentation humaine et animale, et elles peuvent alors être utilisées sous couvert d’un accord de cahier des charges. Les SNUB sont d’origine végétale, animale ou minérale, à l’exclusion des micro-organismes, non OGM. Elles ne subissent aucun traitement autre que des moyens manuels, mécaniques ou gravitationnels : dissolution, extraction, distillation, chauffage pour séchage. Les différentes préparations de plantes les plus courantes sont l’infusion, la décoction, la macération, le purin, l’huile essentielle (HE). Il est possible d’utiliser deux types de solvants : l’eau ou l’alcool à 40°. Certaines HE sont autorisées avec une AMM et ne sont donc pas dans la catégorie SNUB. Les matières fertilisantes, tels les ferments et la poudre de diatomée, mais aussi le savon noir et les acides gras, sont d’autres substances naturelles utilisables en agriculture.

Une petite tisane ?

Les extraits végétaux, préparés à la ferme, sont utilisés seuls ou ajoutés à la bouillie de traitement. Ce sont généralement des tisanes/infusions, des décoctions, des extraits fermentés ou des extraits alcooliques. Les extraits de plantes qui sont des préparations du commerce sont des extraits de plantes formulés ou issus d’extraction par procédé « complexe » (préparation en entreprise/industrie), telles des HE ou des extraits végétaux, avec sélection de quelques molécules (purification et concentration) et des co-formulants ou adjuvants. Si les préparations à la ferme prennent en compte un écosystème large et présentent une toxicité nulle, en plus d’être biodégradables comme les autres, et de ne présenter aucune résistance, elles permettent aussi aux agriculteurs de se réapproprier un savoir-faire et d’être autonomes (en intrants, en décision). Mais leur efficacité est variable.

Les cinq modes opératoires pour réaliser ses propres PNPP sont les suivants : la mise en fermentation de végétaux frais dans de l’eau de façon contrôlée et spontanée pour obtenir de l’extrait végétal fermenté ou du purin végétal ; des plantes sur lesquelles de l’eau froide est versée et est mise à chauffer jusqu’à la température souhaitée (selon le type de plantes et de principes actifs), puis le feu est coupé pour obtenir une infusion ou tisane ; des plantes mises à tremper 24 heures, puis la préparation est chauffée et est maintenue à ébullition pendant 30 minutes environ, pour obtenir une décoction ; des plantes mises à tremper pendant quelques jours, dans de l’eau ou de l’alcool, pour obtenir une macération ; des plantes distillées à la vapeur d’eau ou pressées à froid (tels les agrumes) pour obtenir des huiles essentielles.

Plutôt une macération dans de l’alcool à 40°

« La composition chimique des extraits végétaux est éminemment variable, a rappelé Anne Duval-Chaboussou. Plusieurs facteurs influencent cette composition : les facteurs génétiques (par exemple, le thym ou thymus vulgaris présente plusieurs chimiotypes), physiologiques (les variations ont lieu en fonction du stade de développement), pédologiques et climatiques (selon les procédés d’extractions, le solvant et l’équipement). » Plus de composés sont extraits dans l’alcool que dans l’eau. Sept jours dans l’alcool permettent d’extraire le maximum de composés. La qualité des composés extraits dans l’alcool à 40° et dans l’eau est la même mais il y a beaucoup plus de composés extraits dans l’alcool que dans l’eau.

La prêle renforcerait les préparations fongicides. Sa décoction (préparation privilégiée) serait à utiliser en temps chaud et humide, car elle assécherait le milieu. L’ortie stimulerait la flore microbienne du sol et renforcerait les préparations fongicides. Elle s’utilise en extraits fermentés de plantes entières, le plus souvent. L’ail aurait un effet répulsif sur les insectes. Mais les plantes ont divers modes d’action. L’ail serait aussi fongicide par exemple, et l’ortie insecticide. Les intérêts d’utilisation des extraits de plantes sont la stimulation des défenses, la réduction des fongicides (des doses de cuivre et de soufre) contre les monilioses/oïdium notamment, la réduction des insecticides contre les ravageurs, tels la drosophile suzukii, les chenilles, et la fertilisation foliaire ou sol pour la croissance et contre les carences. Dans la lutte contre les insectes seraient efficaces : les extraits végétaux (décoction d’ail, huiles essentielles), l’argile, la chaux (l’hydroxyde de calcium), la poudre de diatomée et les huiles végétales et paraffiniques. Mais pour lutter contre la punaise diabolique, rien de tel que des filets, pointent les arboriculteurs présents, fin février lors de la présentation de la spécialiste du CTIFL. Quant aux cochenilles, ce sont leurs larves avant la floraison, qu’il faut atteindre, souligne un cultivateur, grâce à de fines gouttes pulvérisées avant 9 h mais pas trop tôt non plus, pour éviter la rosée. Face aux pucerons l’HE d’orange douce et le savon noir ensemble, seraient efficientes. Attention à l’HE d’ail sans adjuvant… qui a tendance à être phytotoxique. Pour perturber la ponte du carpocapse, saccharose et fructose semblent très indiqués car ils modifient les effets biochimiques de la plante. Mais si la pression est supérieure à 40 %, l’efficacité est faible.

Trop chères

Contre la tavelure du pommier, l’efficacité de différentes modalités avec des substances naturelles par rapport à une dose réduite de cuivre appliquée seule est relative, apprécie Anne Duval-Chaboussou, à partir des études menées. En règle générale, le coût d’un passage/ha d’une substance naturelle est entre 1,5 et dix fois plus élevé que la bouillie bordelaise… Les essais se poursuivraient donc avec des macérations à l’alcool, testées à des doses plus faibles et combinées à des doses de cuivre, selon le niveau de risques.

Anne Duval-Chaboussou conclut la séance en insistant sur la nécessaire combinaison des PNPP sur la saison et l’utilisation des outils de prévision des risques. Sur myrtille, comme sur les autres fruitiers, il est essentiel de réaliser des essais : la multitude de PNPP allonge la durée de ceux-ci, mais chaque année, agriculteurs et techniciens s’emploient à débroussailler ce champ de connaissances.

Projet Altiz

Des luttes alternatives trop choux

Cultures

Publié le 16/03/2023


L’altise est un des principaux ravageurs du chou et est un ravageur émergent de l’aubergine. Il est, de plus, le premier ravageur à atteindre les parcelles de choux en mai. Si l’infestation est grande, l’attaque va impacter le développement du chou. Il est donc primordial de réussir sa prévention contre l’altise. En 2022, en Alsace, plus de 500 ha de choux ont été plantés au total, dont près de 450 ha de choux à choucroute, une culture spéciale à valeur ajoutée. L’enjeu est important car beaucoup de producteurs se lassent d’une culture comme le chou qui demande beaucoup d’attention, d’interventions, vis-à-vis de l’altise, notamment.

En plus, la réglementation se durcit année après année pour les produits conventionnels. Certains produits de synthèse utilisés dans la lutte contre l’altise ont été retirés du marché, d’autres ne sont plus homologués pour cet usage. Ils disparaissent du paysage, avant même qu’une alternative fiable soit trouvée. Des dérogations sont acceptées mais « c’est de plus en plus compliqué », lâche Robin Sesmat, conseiller spécialisé et chargé d’expérimentation de Planète Légumes, animateur du réseau Dephy Légumes Alsace, expert en choux. Les pyréthrinoïdes de synthèse, produits de contact, sont certes encore autorisés, mais il faudrait traiter chaque semaine : trop coûteux pour les agriculteurs, économiquement et sociétalement parlant. Conscients, ils ont sollicité leurs stations d’expérimentation.

Le piège se referme

« Les essais s’inscrivent dans ce contexte. Porteur, Planète Légumes a répondu à un appel à projets de FranceAgriMer, avec quatre autres stations : une en Normandie, l’autre dans le Nord et deux en Provence (lire l’encadré). Le projet Altiz a débuté en 2021 et s’achèvera fin 2023. Il vise à évaluer de nouveaux leviers de lutte intégrée pour la gestion de l’altise, sur les cultures du chou et de l’aubergine », présente Robin Sesmat. Quatre leviers sont testés sur trois ans, aux quatre coins de la France : le piégeage massif des altises, le paillage des parcelles ou mulching, les produits alternatifs, dont le biocontrôle, et les plantes-pièges ou répulsives. Cette dernière année d’essais, 2023, l’enjeu est de trouver les meilleures combinaisons de leviers, puisque séparément leurs efficacités n’atteignent jamais 100 %.

En Alsace, Planète Légumes a testé deux ans durant, le piégeage de masse, le paillage et les produits alternatifs. « Nous n’avons pas eu le temps d’essayer les plantes-pièges, mais nous avons des retours d’autres stations, d’où l’intérêt d’être à plusieurs », pointe Robin Sesmat. Le piégeage de masse consiste à piéger les altises, qui sont un coléoptère sauteur, sur une bande engluée placée à l’avant ou à l’arrière du tracteur, au moment du binage mécanique. Les altises, dérangées, sautent et se collent à la bande. L’idée est attrayante mais le taux de réussite stagne entre 5 et 10 %, quand un taux d’efficacité satisfaisant se situe autour de 90 %, le même qu’avec les solutions chimiques. Aussi, le dispositif est compliqué à mettre en place et la méthode n’est pas sélective : d’autres insectes s’y collent.

Barrer la route

Le mulch (un couvert détruit et desséché) a quant à lui, donné des résultats intéressants. Il retarde l’arrivée des altises sur la culture et limite les infestations. En plus, il conserve l’humidité du sol, étouffe les adventices et nourrit la terre. Mais le défi est technique : sur de grandes surfaces, la quantité de mulch est forcément très importante et si on plante le chou dans un couvert, comment mécaniser la technique ? « Dans nos essais, sur de petites surfaces, nous plantons le chou, puis nous amenons le mulch. Si nous devions planter le chou dans un couvert vert, ancré dans la rotation, avant d’en faire un mulch, nous serions embêtés », admet Robin Sesmat. En effet, le sol serait plus compact d’une part, et donc moins propice à la plantation, et sans gelées d’hiver, les remontées d’adventices seraient problématiques, d’autre part, ensuite. Il faudrait presque désherber à la main… Hors de question. Enfin, la couverture permanente n’est pas encore dans les mœurs en Alsace, d’après le conseiller. « Nous allons tester la plantation dans des couverts végétaux à Planète Légumes, pour voir comment relever ces défis », dit-il.

Il existe quatre types de produits alternatifs aux produits de synthèse, contre les altises : les répulsifs, les barrières physiques, les biostimulants et les produits de biocontrôle. Pour gêner la reconnaissance de la culture et le piquage, la poudre minérale est efficace à 90 % à 100 %, dans le Bas-Rhin, « selon la nature du minéral et la formulation », nuance Robin Sesmat. Plusieurs produits à action répulsive à base d’extraits végétaux, ont été testés, avec des résultats allant de 60 % d’efficacité à une efficacité nulle, selon leur nature. « Il faudra encore confirmer l’efficacité des meilleures solutions rencontrées dans des conditions de forte pression », ajoute le conseiller de Planète Légumes, les altises n’ayant pas été oppressantes ces deux dernières années.

Combinaisons gagnantes ?

Le quatrième et dernier levier contre les altises, mis à l’épreuve dans le Vaucluse, est celui des plantes-pièges, selon le principe « push-pull », « on attire et on repousse », traduit Robin Sesmat. « Ils ont semé une bande de crucifères, en bordure des parcelles, pour attirer les altises en dehors de la culture », explique le conseiller de Planète Légumes. Les résultats sont à considérer avec de la moutarde, puisqu’on limite alors, l’infestation dans le chou, mais la bande-piège est potentiellement un réservoir à d’autres ravageurs, qui pourraient venir dans la culture, ensuite.

Aucune stratégie nouvelle n’a mis en évidence une efficacité concurrençant celle des produits de synthèse. En 2023, les stations du Nord et du Sud vont donc tenter une combinaison des leviers suivants : les plantes-pièges et les produits alternatifs. Le Bas-Rhin et la Normandie vont eux, combiner le mulch aux produits alternatifs. « Tout ce qui a le mieux fonctionné, on va l’utiliser. L’objectif est d’arriver à des conclusions fin 2023 », confie Robin Sesmat.

AB2F Conseil

Le désherbage de précision entre dans une nouvelle ère

Technique

Publié le 15/03/2023


« Il y a quelques demandes en désherbage de précision, localisé. Cette année, nous allons y répondre », dit d’emblée Pierrick Utard, technicien services d’AB2F Conseil, qui gère les volets recherche et développement (R & D), conseil et expérimentation. AB2F Conseil, basée dans le Haut-Rhin, développe, aujourd’hui, la faisabilité et vérifie l’efficacité du désherbage de précision avec la technologie « on/off », de coupure buse à buse, et de désherbage à la plante près, grâce à des capteurs sur la rampe du pulvérisateur et/ou sur le tracteur, ou à une modélisation réalisée à partir d’images prises par des drones, en amont.

« Les toutes dernières avancées permettent du désherbage de précision, hyperlocalisé, en direct, selon la présence d’adventices captées au sol ou non. La technologie « on/off » ouvre ou ferme les buses, en fonction des informations récoltées. Ces dernières peuvent aussi être remontées quelques jours avant le passage du pulvé (Amazone, NDLR). On survole, alors, la parcelle, avec un drone, qui l’analyse et détecte les adventices. On crée à partir de ces images une carte de modélisation, avec les zones à traiter ou non. Fin 2023, nous aurons les premiers résultats de nos essais grandeur nature », dévoile Pierrick Utard, pédagogue.

Quelques maïsiculteurs de la plaine de Colmar se lancent, cette campagne, avec AB2F Conseil. Leur objectif est d’utiliser moins de produit phytosanitaire. « Si 75 % de la parcelle est concernée par des levées d’adventices, on ne traitera que ce pourcentage-là. On diminuera donc de 25 % l’indicateur de fréquence de traitements (IFT). Le but ultime est de réduire les charges, bien sûr, mais il est aussi technique car on traite au bon endroit, exactement, et environnemental, puisqu’on traite moins », développe le technicien services d’AB2F Conseil.

Avec l’équipement adéquat

AB2F Conseil travaille avec des prestataires : Aero Vision, spécialisé dans le pilotage de drones, dans le Bas-Rhin, et Abelio, basée dans le sud de la France, qui propose de manière large des solutions numériques de suivi des cultures et de gestion des intrants. Avec Aero Vision, AB2F Conseil sème déjà des couverts végétaux dans les cultures, avant leurs récoltes, et largue des trichogrammes dans le maïs. « C’est un partenaire local et historique », précise Pierrick Utard.

Le technicien services d’AB2F Conseil compte deux freins au déploiement du désherbage de précision hyperlocalisé : la rentabilité de l’opération (l’intérêt économique sera à chiffrer après les premiers tests grandeur nature ; pour l’instant, il n’y a pas de référence, en Alsace) et l’équipement. « Il faut avoir un tracteur et un pulvérisateur qui communiquent, capables de gérer les cartes, donc être équipé du système Isobus. Le GPS doit aussi être performant. Et le pulvérisateur doit permettre la coupure buse par buse », détaille Pierrick Utard.

Pour l’instant, les autres distributeurs alsaciens (Le Comptoir agricole, Gustave Muller, Agro 67, dans le Bas-Rhin, et la CAC, dans le Haut-Rhin) renoncent à proposer ce type de désherbage de précision à la commercialisation, invoquant les mêmes freins que Pierrick Utard. Certains ajoutent que les adventices ne levant pas toutes au même moment, plusieurs passages de pulvés devraient être envisagés, ce qui abaisserait la rentabilité de l’opération et exposerait encore plus l’agriculteur à la vindicte populaire. Aussi, ils craignent que certaines adventices ne soient pas encore captées car l’algorithme le permettant n’existerait pas encore. Ils suivent, par contre, de près, les essais réalisés ailleurs, et restent ouverts à l’éventualité d’en effectuer.

Syndicat ovin du Bas-Rhin

Les bergers suivent leur (bonne) étoile

Vie professionnelle

Publié le 09/03/2023


Le marché du mouton français se porte bien. Tant et si bien que le débat a très peu porté sur les prix, jeudi 2 mars, au restaurant à l’Étoile d’or à Batzendorf, lors de l’assemblée générale annuelle du syndicat ovin du Bas-Rhin (SO 67), auquel sont affiliés quelques éleveurs du Haut-Rhin, puisque la production est surtout « nordiste ». L’agneau est payé entre 7,60 et 8,10 €/kg de carcasse à l’éleveur, soit plus de 6 % d’augmentation en un an. Malheureusement, les prix de l’énergie, des aliments et des engrais, depuis le début de la guerre en Ukraine, ont plus crû, encore. Mais la campagne passée, la météo a été relativement clémente : les prés ont bien pu être pâturés au printemps et durant l'arrière saison. L'été a été plus compliqué. Voilà pour les tensions extérieures.

Le SO 67, fort de près de 80 adhérents, dont la moitié devait être présente à l’AG, a de son côté, travaillé un maximum à la promotion de la filière ovine l’année écoulée… ce qui n’a pas été sans effet sur ses comptes, puisque le bilan est positif, grâce aux fonds récoltés lors des différentes manifestations auxquelles le syndicat ovin a participé. Un petit bénéfice est enregistré, a pointé Jean-Luc Knorr, à la trésorerie. Festival de l’élevage avec exposition de races et gigot d’agneau, cinquième édition de la Fête des bergers fréquentée par 5 000 personnes, exposition de races et démonstration de tonte à la Finale départementale de labour du Bas-Rhin, présence à la Foire européenne avec un burger du berger, notamment, Finale régionale des ovinpiades des jeunes bergers, dont un finaliste s’est classé quatrième au Salon de l’agriculture à Paris, récemment. « L’année passée a été riche en événements. Nous sommes minoritaires dans le paysage agricole alsacien, mais nous faisons de grandes choses », a résumé Simon Maier, secrétaire général du SO 67. Il a rappelé qu’il reste des vêtements floqués au logo du syndicat.

Dynamique locale

Tous les éleveurs et invités présents ont ensuite rendu hommage, lors d’une minute de silence, à Henri Breitenbucher, berger décédé récemment. Virginie Ebner, présidente du SO 67, a attaqué son discours en réaffirmant le rôle du syndicat : défendre les éleveurs ovins à tous les niveaux. La guerre en Ukraine, la déclinaison française de la Pac (rendue publique fin août 2022), les 4 % de SAU non productives imposés par l’Europe sont autant d’adversité, mais la jeune femme s’empare de ces sujets pour insister sur les bienfaits des pâturages dédiés à leurs bêtes, en matière de biodiversité et de captation du carbone (gaz à effet de serre) : 760 kg/ha. « Pour compenser la hausse des charges, communiquons sur nos atouts ! » enjoint Virginie Ebner. Fermes ouvertes aux scolaires et à tous en mai 2023, seront des occasions à saisir pour ce faire, et au final, vendre ; d’autant plus, dans un contexte alsacien, où les produits locaux sont plébiscités à 15 à 20 %. Ici, chaque départ à la retraite est remplacé par une installation, félicite encore la présidente. Si l’avenir de l’abattoir de Haguenau (déficitaire) inquiète, d’autres bonnes nouvelles compensent : les débuts de la coopérative Mos-Laine, à laquelle adhère le SO 67, l’agrivoltaïsme, le Festival de l’élevage de Brumath, programmé les 13 et 14 mai 2023, et une virée fin août, pour les syndiqués, en Allemagne.

De chauds remerciements ont été adressés par le secrétaire général et la présidente à différents acteurs, appuyant le SO 67 : le Crédit Mutuel dont Jean-Luc Beil qui cède sa place à Emmanuelle Pagniez, à l’animation du marché agricole, le Crédit Agricole, la Chambre d’agriculture (CAA) et spécialement Jean-Pierre Saulet, Cobevim, Interbev, la FDSEA du Bas-Rhin et ses animatrices Léa Froehlicher et Corinne Steyer, et la députée européenne (démocrates-chrétiens) Anne Sander, qui a pris la parole, avant de s’éclipser au Parlement, justement. Après avoir félicité le syndicat, elle a rappelé son soutien à leurs causes : pour changer le statut du loup (aujourd’hui strictement protégé), notamment. Elle a fustigé les politiques européennes environnementales caduques et l’accord commercial à venir avec la Nouvelle-Zélande. En tant que conseillère régionale, elle a réaffirmé l’engagement du Grand Est auprès de Mos-Laine, en faveur des avancées génétiques, et des mesures contre les prédateurs. Mais c’est le sujet de l’abattoir de Haguenau qui intéressait le plus les éleveurs, préoccupés. Si Anne Sander et son pair Patrick Bastian sont conscients de ses difficultés financières, l’élue n’avait rien à annoncer, le 2 mars.

Mises à mort

L’abattoir de Haguenau est le seul abattoir alsacien et alentour à ne pas bénéficier d’aides publiques, a remémoré Simon Balzer, gérant de la société d’exploitation, présent à l’AG. Gourmand en énergie, l’abattoir « perd » des éleveurs, régulièrement, puisque le coût de l’abattage y est plus élevé qu’ailleurs. « Si le budget n’est pas équilibré, il mettra la clé sous la porte », prévient le gérant. Certains bergers et techniciens ont souligné leur attachement à cet outil de travail, qui garantit la vertu de leur filière Agneau Terroir d’Alsace (ATA), 100 % locale, notamment. « On a compris l’urgence », a conclu Anne Sander. La Direction départementale des Territoires du Bas-Rhin (DDT) et l’Office français de la biodiversité (OFB) se sont exprimés sur les grands prédateurs, présents en Alsace : le loup et le lynx. Ainsi, se sont succédé au micro, cartes, photos et chiffres à l’appui, Robert Tonnelier et Aurélien Jeanleboeuf, de la DDT, et Marie-Laure Schwoerer, de l’OFB.

Par chance, aucun dommage n’avait encore été constaté dans le Bas-Rhin, au 2 mars 2023, pour l’année en cours. Par contre, en 2022, on en dénombre 22 dont huit pour lesquels la responsabilité du loup et un pour lequel la responsabilité du lynx étaient non écartées, donnant suite à indemnisation. 5 130 € et quelque ont été versés aux éleveurs l’an passé, pour les animaux tués (16), blessés (10) et/ou disparus (4), à raison de plus de 400 € pour un adulte mort, et près de 150 € pour un agneau. Tous étaient des ovins. Mais d’où vient l’argent, s’est interrogée la salle ? L’origine des fonds est bien le budget de la Pac. Vague de mécontentement parmi les éleveurs. Si des zones de présence permanente (ZPP) sont certifiées au Champ du feu et au Donon (donnant lieu à des aides pour les mesures préventives), depuis l’an passé, les pièges photos n’ont détecté aucun loup, a insisté la représentante de l’OFB. Quant aux lynx, solitaires, ils seraient une dizaine (dont une femelle) en Alsace, surtout dans les Vosges du Nord, près du Palatinat allemand, où ils ont été réintroduits en 2016.

Présomption d’innocence

La prédation est avérée lorsque beaucoup de sang est retrouvé dans l’environnement de la victime, que des perforations hémorragiques ou des hématomes sont décelés sur le cadavre, et qu’il y a des blessures. Un lynx fera moins de six victimes et généralement, il n’en fera qu’une seule. Une perforation d’un diamètre inférieur à 3 mm sera sa marque, quand les dents de loups sont d’un diamètre supérieur à 3 mm. La profondeur de la morsure sera supérieure à 10 mm s’il s’agit d’une attaque de loup. Le lynx tue uniquement par morsure à la gorge. Le loup s’attaque au cou et au postérieur. Il peut consommer l’épaule et le poitrail. Lorsque de multiples morsures sont constatées, la piste des chiens est privilégiée. Si, dans la formulation « attaque n’excluant pas la responsabilité » du loup ou du lynx, le doute semble bénéficier à l’éleveur, la présomption d’innocence est de mise. Et tant pis si les charognards ont fait leurs œuvres et qu’il est impossible de déterminer les dégâts précisément. C’est là que le bât blesse : les éleveurs assurent être face à des scènes de crime sans précédent et sentent leur parole discréditée.

Pour clore le sujet sur une note plus positive, Aurélien Jeanleboeuf est revenu sur les aides à la prévention des troupeaux contre la prédation. Dans les Vosges du Nord et l’Alsace centrale, grâce aux ZPP, les communes sont maintenues en cercle 2 et 3 en 2023, même quand aucun dommage n’a été constaté. Les aides, pour 80 % du ministère de l’Agriculture et du Feader, comprennent l’acquisition, le dressage et l’entretien (815 €/an) de chiens de berger, accessibles à tous les éleveurs des cercles 2 et 3. Ceux situés en cercle 2 ont droit à des aides pour investir dans du matériel électrifié et dans une analyse de vulnérabilité. En plus, des crédits d’urgence, à hauteur de 2 000 €/an, sont mis en place par la DDT, qui a acquis du matériel de protection. Dernière nouvelle : jusqu’au 31 juillet 2023, il est possible de demander au Parc naturel régional des Vosges du Nord la mise en place d’un chantier de bénévoles pour installer des clôtures, à l’automne prochain.

Lalaye

Échange de bons procédés

Pratique

Publié le 08/03/2023


« Il faut aider les agriculteurs à se maintenir. Nous avons besoin de ce dynamisme économique et social », sait Yvette Walspurger, la maire de Lalaye, commune rurale forestière mais pas agricole. C’est autant dans cette optique que pour conserver l’ouverture paysagère sur sa commune, que l’édile a encouragé les éleveurs alentour à faire venir paître leurs animaux sur le ban communal de Lalaye. Cinq d’entre eux y amènent leurs vaches, chèvres et moutons, aujourd’hui, sur 25 ha. Des prés loués pour la modique somme, au total, de 1 420 € en 2022, selon le tarif fixé par la Chambre d’agriculture Alsace (CAA) ; juste assez pour participer à l’entretien des linéaires de clôtures des neuf parcs. « C’est donnant donnant. Puisque les éleveurs avec leurs bêtes, aident à débroussailler, nous les aidons à réparer les enclos », explique la maire.

Créée en 1982, l’association foncière pastorale (AFP) de Lalaye-Bassemberg (Bassemberg est la commune voisine), c’est actuellement 37,5 ha : 224 parcelles, appartenant à 110 propriétaires. Ces derniers laissent en gestion leurs terres à l’AFP. Ils adhèrent gratuitement à l’association, qui ne leur reverse aucun loyer. Encore un partenariat gagnant-gagnant ! Dès son arrivée à sa première mandature, Yvette Walspurger, retraitée de la Direction départementale de l’agriculture et du Génie rural, a entrepris de retrouver les 550 propriétaires des forêts et prairies de Lalaye, afin de récupérer les biens sans maîtres et ainsi, de pouvoir les nettoyer, tout en les protégeant de l’artificialisation. « Toute ma carrière m’a permis d’apprendre ce que je fais, pour la commune », constate-t-elle. Quelle prédestination ! Les recherches, à partir de huit planches du cadastre, ont duré deux ans, mais quel bonheur de voir des animaux à l’herbe ! Car c’est notamment grâce à ce travail titanesque que l’AFP s’est développée.

Cercle vertueux

« Nous soutenons l’agriculture de montagne, locale, pour privilégier les circuits courts. C’est écologique. Et l’intérêt de maintenir les paysages ouverts est esthétique certes, mais aussi pratique : cela nous préserve des incendies. Les éleveurs, eux, ont de quoi nourrir leur bétail près de leurs fermes », résume Yvette Walspurger. Les cinq exploitations à profiter des vertes praires de Lalaye sont le Gaec du Chênesire, le Gaec de l’Eichmatt, Morgane Guth, Christophe Martin et David Heini. Dans ce cercle vertueux, tout le monde semble s’y retrouver : les habitants et consommateurs de la vallée aussi. Le marché de producteurs de Villé, à quelques kilomètres, en témoigne, ainsi que les nombreux randonneurs.

L’Association foncière d’aménagement foncier agricole et forestier (Afafaf) gère 63 km de chemins forestiers, s’étendant sur les 8 km du ban communal de Lalaye. Elle a vocation à entretenir ces chemins, notamment à déblayer les arbres morts. Dépendante de la CAA, à Sainte-Croix-en-Plaine, l’association, dont le siège social est à Villé, est chapeautée par le Centre national de la propriété foncière (CNPF). Jacques Deybre, retraité, ancien maire de Lalaye (de 2003 à 2008), est le président de l’Afafaf. « Il faut passer une fois par semaine sur les chemins pour garantir la sécurité de tous les usagers », estime Jacky, comme l’appelle Yvette Walspurger. Près de 300 propriétaires de 820 petites parcelles, sur 765 ha de forêts, cotisent à l’Afafaf, à raison de 0,10 €/are, plus une part fixe s’élevant à 1,52 €. La maire de Lalaye est fière d’annoncer que 98 % des cotisations « rentrent » dans la caisse de l’Afafaf, depuis ses recherches cadastrales. Les quotes-parts suffisent à payer les travaux d’entretien des chemins, ajoute Jacques Deybre. Il souligne : « L’association existe depuis 1964 : c’est la première Afafaf de France. »

La forêt, reine

La forêt est la richesse de Lalaye, qui a adhéré à la trame verte et bleue du Champ du feu pour la continuité d’un corridor écologique, jusqu’à Fouchy. « On a créé une mare dans un parc, replanté des haies, introduit des arbres fruitiers, pour nourrir la flore et la faune », énumère la maire. L’intérêt de la forêt est aussi écologique qu’économique. « L’exploitation forestière, confiée à l’Office national des forêts (ONF), est la principale ressource de la commune », dévoile Yvette Walspurger. Sécheresse, scolytes, chalarose du frêne ont, comme ailleurs, impacté les épicéas et les feuillus. « On a eu de la chance. Il n’y a pas eu de grosses pertes, puisque nous avons réussi à vendre le bois scolyté dans le Sud-Ouest. Le bénéfice n’est plus ce qu’il était mais il suffit à payer l’entretien annuel de la voirie de Lalaye », partage la maire, consciente d’être enviée par certains de ses pairs. Pour repeupler les espaces vides de la forêt, Lalaye a bénéficié du Plan de relance. Il semblerait que les pins sylvestres et laricio aient le plus d’avenir sur le ban communal, entre ses 350 et 650 m d’altitude. Aujourd’hui, épicéas, douglas et hêtres sont les principales essences exploitées. Le reste de la sylve se compose essentiellement de châtaigniers et de frênes.

Les arbres sont protégés des cerfs, puisqu’il n’y en aurait pas à Lalaye. Les sangliers, eux, ont moins pullulé l’an passé. Jacques Deybre assure que l’entente avec les chasseurs permet, dans tous les cas, de réguler au mieux la population. Une chasse communale couvre 695 ha. Deux chasses privées, 25 et 45 ha. La municipalité touche le produit de la chasse mais reverse leur part aux propriétaires fonciers, bien sûr. Yvette Walspurger est ravie d’administrer Lalaye. « On travaille tous main dans la main pour les intérêts de la commune. C’est un cocon. Nous sommes protégés… Des pics de pollution atmosphérique, notamment ! Les habitants aiment leur village et leurs forêts, et veulent les préserver », conclut la maire.

Agriculture de conservation et eau, journée BASE à Obernai

Des systèmes mieux adaptés aux effets du changement climatique

Technique

Publié le 21/02/2023


S’adapter aux événements climatiques pluvieux extrêmes, aux sécheresses et canicules, qui jalonnent de plus en plus souvent les saisons, demande d’actionner plusieurs leviers. L’AC, qui s’appuie sur les principes suivants : le non-travail du sol, la présence de cultures intermédiaires et la rotation des cultures, est propice à la mobilisation de ces différents leviers. Le chercheur de l’Inrae, Lionel Alletto, qui a ouvert la journée BASE en visioconférence, en compte une dizaine. Ils favorisent l’infiltration et la rétention de l’eau dans des sols agricoles préservés, l’objectif étant, bien sûr, de produire.

Le premier levier consiste à réduire l’énergie cinétique des pluies, donc le lessivage des sols, l’érosion. Pour ce faire, un couvert végétal à la surface du sol et/ou un mulch sont tout à fait appropriés. Des études scientifiques prouvent que 4 t/ha de résidus stoppent tout ruissellement et toute érosion, quand, sur un sol nu, l’eau « fuit » à 45 %, entraînant 12 t/ha de terre avec elle.

Pour que l’eau s’infiltre au mieux dans la terre (levier n°3), Lionel Alletto conseille de « stabiliser les agrégats » (levier n°2) et, pour cela, d’accroître les teneurs en carbone des sols, « surtout en surface » ! Les capacités d’infiltration (levier n°3) sont encore augmentées par le non-travail du sol, favorisé lui, par cette teneur en carbone augmentée. « Plus le sol est dense, portant, plus les capacités d’infiltration sont grandes, puisqu’il y a plus de microporosité », souligne Lionel Alletto. Comme dans une forêt. Le phénomène est étudié, depuis les années 1990, relève le chercheur, exemples à l’appui.

L’agroécologie comme levier

Les leviers 4, 5 (pour faire face aux pluies diluviennes), 6, 7 et 8 (pour supporter les sécheresses) ne sont pas l’apanage de l’AC. Dans tous les systèmes, ils sont déjà ou peuvent être actionnés. Ils consistent à recréer des ruptures de pente, réduire la longueur des parcelles (levier n°4) ; maintenir ou réintroduire des infrastructures agroécologiques dans et en périphérie des parcelles (haies, agroforesterie, bandes enherbées, etc.) (levier n°5) ; reconcevoir des systèmes de culture plus diversifiés, avec des cultures moins consommatrices ou plus efficientes dans l’utilisation de l’eau (la voie génétique est privilégiée) (levier n°6) ; adapter les itinéraires techniques (opter, par exemple, pour la stratégie d’esquive, qui consiste à décaler les stades phénologiques les plus sensibles au déficit hydrique, souvent la floraison, par le choix de variétés précoces ou de semis anticipés) (levier n°7) et maintenir les sols couverts (par un végétal vivant ou un mulch) (levier n°8), ce dernier levier favorisant autant la rétention de l’eau dans le sol que son absorption.

Surmonter une sécheresse nécessite d’améliorer la rétention en eau des sols (levier n°9) et donc de remplir le « réservoir utilisable » du sol, qui représente la quantité d’eau maximale que le sol peut contenir et restituer aux racines pour la vie végétale, et qui dépend de la texture de la terre, de la teneur en éléments grossiers et de la profondeur du sol. Lionel Alletto observe que les successions culturales modifient, à moyen terme, la réserve en eau utile des sols. Alterner cultures et prairies semble, d’après des expériences de terrain, la meilleure voie pour retenir l’eau et la rendre disponible, jusqu’à 1 m sous la surface. Conjugué au non-labour et à la couverture des sols permanente qui amène encore de la matière organique, comme préconisé en AC, cette rotation fait des merveilles : photos à l’appui, montrées par le chercheur. Par contre, irriguer en hiver pour augmenter la réserve utile lui semble vain, puisque les besoins se font sentir en été et que certaines cultures n’apprécient pas l’eau, en hiver.

Des champignons amis

Le dixième levier à actionner pour s’adapter au changement climatique consiste à améliorer l’alimentation hydrominérale des plantes. Se basant sur les récents travaux d’Arthur Maes (2018-2021), Lionel Alletto relève qu’en AC, la mycorhization est plus importante, sans doute due à la couverture des sols. Cette mycorhization, des racines de la plante, permet une meilleure absorption de l’eau, notamment car les racines prospectent plus.

Lionel Alletto conclut son exposé par une synthèse de ses recherches. Selon lui, les systèmes agroécologiques, tels ceux potentiellement développés grâce à l’AC, peuvent permettre d’améliorer ou de restaurer plusieurs fonctions écosystémiques : la rétention (+ 5 à 12 %) et l’infiltration d’eau (x 1,5 à 5), l’atténuation des effets du changement climatique (par stockage de carbone, notamment), l’activité biologique et microbiologique ; de maintenir ou d’améliorer les performances économiques des exploitations agricoles (notamment par une moindre dépendance aux intrants) et de réduire certains impacts environnementaux (érosion, lixiviation de nitrate, etc.). Cependant, l’utilisation des pesticides demeure un talon d’Achille, notamment en AC, remarque-t-il, quant à la gestion qualitative de l’eau. Pour que les fonctions et services suscités s’améliorent, le chercheur a identifié un objectif prioritaire : accroître les quantités de matières organiques des sols afin de bonifier le couplage des cycles du carbone, de l’azote et de l’eau.

Jérémy Ditner, de l’EARL du Krebsbach, à Bernwiller

Sortir de sa zone de confort

Cultures

Publié le 21/02/2023


Pour Jérémy Ditner, « l’agroécologie, c’est observer, orienter, intensifier et pérenniser les écosystèmes naturels favorables à la production ». Il cultive selon les trois principes de l’AC : réduction du travail du sol au minimum (pour ne pas perturber l’activité biologique du sol, favoriser la porosité verticale naturelle et augmenter la teneur en matière organique en surface), absence de sols nus grâce au maintien des résidus en surface et à l’implantation de couverts végétaux (pour protéger la surface du sol, structurer le sol, recycler les éléments minéraux, concurrencer les adventices, maintenir l’humidité, nourrir les micro-organismes), allongement et diversification de la rotation, et des espèces cultivées (pour maîtriser les adventices, diversifier la faune et la flore, limiter les agents pathogènes).

« L’AC ou agriculture régénérative doit restaurer les fonctions vitales du sol », sait Jérémy. Et ces fonctions vitales dépendent de la présence d’une vie du sol bien développée, grâce au stockage de l’eau et au stockage des nutriments, pour faciliter le travail du sol, freiner la germination des adventices, rendre les cultures tolérantes aux pathogènes et peu appétissantes pour les ravageurs, augmenter la tolérance des cultures face au stress et pour une excellente qualité des récoltes, énumère l’agriculteur. Le jeune homme s’est retrouvé dans de nombreux points abordés par Lionel Alletto. « Depuis vingt ans qu’on cultive, selon les principes de l’AC, le sol a changé de couleur. La fertilité physique (texture, eau, etc.), chimique (éléments minéraux, pH) et biologique (activité des organismes et micro-organismes vivants) est au rendez-vous. Les plantes nourrissent le sol et le sol nourrit les plantes », résume-t-il. En fonction des équilibres, les structures de sol sont différentes.

Toujours vert et diversifié

Pour régénérer un sol, Jérémy Ditner distingue cinq étapes à passer : l’analyse du sol et l’équilibrage de ses éléments minéraux ; la fissuration du sous-sol en le stabilisant à l’aide de ferments et de racines vivantes ; la veille à la diversité et la bonne nutrition de la vie souterraine en gardant le sol toujours couvert par des engrais verts multi-espèces et des cultures avec des sous-semis diversifiés (la prairie sert de modèle aux cultures) ; le compostage de surface des couverts en utilisant des ferments lactiques à base de plantes pour diriger et contrôler le processus, et le traitement vitalisant des engrais de ferme ; l’optimisation de la performance photosynthétique et métabolique des cultures par des pulvérisations foliaires à base de thé de compost, de minéraux et de produits vitalisants.

« La pierre angulaire de notre système, ce sont les semis directs de couverts », affirme Jérémy. Certaines cultures d’automne sont aussi semées directement, selon le précédent. « Les sols sont couverts et verts, le plus souvent, chez nous », ajoute-t-il. Il donne à l’assemblée quelques exemples de mélanges en interculture. En interculture courte, pour atteindre un objectif de biomasse rapide, Jérémy propose de semer : moha 5 kg/ tournesol 15 kg/ moutarde 1 kg/ radis 1 kg/ phacélie 2 kg/ vesce commune 15 kg/ lentille féverole 6 kg/ sarrasin 3 kg. En interculture longue : féverole 70 kg/ seigle 50 kg/ pois 20 kg/ vesce 15 kg. En sous semis, sous céréales : RGA tardif 10 kg/ trèfle violet 3 kg/ trèfle incarnat 5 kg/ trèfle blanc 1 kg/ caméline 500 g.

« Puisque mon sol est de nature à être pauvre en matière organique, j’en amène de la fraîche », enchaîne Jérémy Ditner. Pour le compostage en surface, il achète une solution mère de microorganismes EM (Efficient microbiology) et la multiplie, grâce à des algues et des acides humiques, voire des plantes dicotylédones : en bref, du sucre, qui fermente en anaérobiose moins d’une semaine. Dans une luzerne sursemée d’un seigle, par exemple, il broie le végétal, puis incorpore les ferments. « Le phénomène d’agrégation qui suit est important et, il est important pour le stockage de l’eau et le développement des mycorhizes, note-t-il. Dans le sol, on lutte contre l’anaérobie. On mélange à la fraise, pour laisser le sol aéré et que le compost dégrade le couvert. Tout est réalisé en un passage, pour ce broyage de surface, avec ajout de ferments et fraisage. » L’odeur est bonne : surtout pas de putréfaction ! Les couverts permanents sont détruits au printemps. Jérémy passe éventuellement un coup, encore, à l’automne. « Le maïs tient mieux la sécheresse, avec ces techniques, observe le cultivateur. Elles retiennent l’eau. Par endroits, on ne fertilise quasiment plus ». Le blé, lui, ne se passe tout de même pas de fertilisation, admet-il.

 

 

Micro-organismes en sous-sol et à la surface

Pour nourrir son sous-sol, Jérémy Dittner utilise la technique de fissuration. Après le passage d’un double rouleau à dents, il injecte des ferments (à base de végétaux), dans le sous-sol, grâce à des buses de pulvérisation. L’angle de travail est faible, l’écartement entre les dents d’au moins 35 cm, la profondeur de travail d’au moins 20 cm (il suffit de casser la semelle de labour), la largeur du soc est d’au moins 5 cm (plus large que la dent) et la longueur est d’au moins 12 cm. Il n’y a pas de galbe latéral. Les points clés du sous-solage : un sol pas trop humide, pas trop froid, un travail plutôt à l’automne, à combiner avec le semis, lentement (vitesse de 6 km/h maximum) pour que le sol se fissure le long des lignes de faille naturelle, en fermant la surface à la herse pour garder l’air dans le sol. Le sous-solage est idéalement réalisé, après le compostage de surface.

Jérémy, échangeant avec la salle, admet qu’il a pris des gamelles en semis direct, lorsque son sol n’était pas prêt. Mais il retient surtout ses succès, avec des maïs poussant sans engrais (avec un peu de patience), des carottes et pommes de terre, sans « cides », sauf sur doryphores.

 

 

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