volaille/aviculture

Publié le 09/12/2017

Après des années particulièrement difficiles, la situation s’est quelque peu améliorée dans le domaine de l’élevage. Le prix du lait et de la viande s’est redressé, mais la conjoncture reste fragile.

Élevage bovin Lait : le fait marquant de cette année 2017 reste sans contexte la crise du beurre, suite à des difficultés d’approvisionnement des grandes surfaces. Les cours du lait sont en augmentation et retrouvent leur niveau de 2015. La production est en léger recul : - 2 % sur la période de janvier à septembre, par rapport à la même période de 2016. On constate une légère baisse des taux butyreux mais une hausse des taux protéiques. Année difficile pour la récolte de fourrage. La récolte de printemps accuse un déficit de 20 à 30 %. L’été n’a pas permis de redresser la barre et les rendements sont hétérogènes. La perte est plus marquée dans le Sundgau. Les éleveurs du Jura alsacien ont engrangé une belle récolte de regain. L’ensilage de maïs a été précoce et les rendements sont corrects, même dans les parcelles non irriguées. Viande : sur la période de janvier à septembre, les volumes d’abattage sont en baisse marquée en Alsace. Les prix sont en hausse, de l’ordre de 15 cts/kg. On note une stabilité du coût des concentrés depuis un an. Autres élevages Porcs : les volumes d’abattage sont en hausse en Alsace : + 21 % sur la période de janvier à septembre, par rapport à la même période en 2016. Les cours ont tendance à baisser, suite au recul des importations chinoises, mais la productivité (nombre de porcelets par truie) continue à augmenter. L’indice de l’alimentation en engraissement est stable. Moutons : les abattages restent stables en Alsace, mais progressent de 8 % dans le Grand Est depuis janvier. La consommation nationale reste stable. Volailles : stabilité des abattages régionaux.

L’essentiel pour démarrer un atelier poules pondeuses en bio

« Si vous construisez mal votre projet, vous allez au casse-pipe »

Publié le 29/11/2017

Comment démarrer son atelier de poules pondeuses bio ? Quelles sont les difficultés auxquelles s’attendre, et quelles sont les contraintes réglementaires à respecter ? Le 6 novembre dernier, le pôle conversion bio de la Chambre d'agriculture d’Alsace et l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace ont apporté des éléments de réponse lors d’un atelier organisé dans le cadre du Mois de la bio en Grand Est.

Parmi toutes les productions bios qui se développent aujourd’hui en France, celle de l’œuf est certainement la plus dynamique. Selon des études récentes, 49 % des consommateurs n’achètent que des œufs bios, soit plus que le lait. Et un tiers d’entre eux envisagent d’augmenter leur consommation à plus ou moins brève échéance. Des perspectives qui, chaque année, séduisent un nombre grandissant d’agriculteurs ou non, d’agriculteurs désireux de créer leur élevage biologique de volailles. En Alsace, seules 4,8 % des poules sont élevées selon ce mode de production. Un chiffre qu’Emmanuel Rieffel, chef de projet structuration aval des filières à l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba), tient à relativiser : « L’Alsace reste une petite région de production de volailles sur le territoire national. Nous sommes loin de la Bretagne ou des Pays de la Loire qui sont les plus gros producteurs. » Mais quelle que soit la région, les contraintes - drastiques - à respecter sont nombreuses pour quiconque souhaiterait franchir le pas de l’élevage de volaille bio. Comme le rappelle très justement Emmanuel Rieffel, « si vous construisez mal votre projet, vous allez au casse-pipe ». C’est pour éviter d’éventuelles mésaventures que la Chambre d’agriculture d’Alsace (CAA) et l’Opaba ont organisé récemment un atelier pour connaître « l’essentiel pour démarrer un atelier poules pondeuses en bio ». Étudier soigneusement son projet avant de se lancer En introduction, Emmanuel Rieffel souligne un élément important : être capable de prendre en compte l’ensemble de l’écosystème qui gravite autour de l’élevage. « Il faut par exemple réfléchir au mode de commercialisation souhaité. Pour les œufs bios, il faut savoir qu’aujourd’hui 57 % des achats se font dans les grandes surfaces, 12 % à la ferme, 10 % au marché, et 8 % en magasin bio. Ensuite, il faut s’interroger sur les possibilités de contractualisation, les différents metteurs en marché, etc. Il y a autant de niveaux d’interrogation qu’il y a de filières d’œufs bios en France. » Avant de se lancer, il conseille à chaque porteur de projet de bien connaître les finalités sur sa propre ferme : quid des possibilités techniques, économiques, écologiques et territoriales ? Quel est le partenariat proposé par le conditionneur ? « Il faut que vous sachiez ce que vous voulez faire. De la vente directe ? Un gros chiffre d’affaires ? Étudiez toutes les pistes. Est-ce que dans cinq ans par exemple, vous voudrez toujours travailler dans un petit bâtiment ? Il est vraiment essentiel de se renseigner auprès de conseillers indépendants, de faire une étude de marché, surtout pour un projet de vente directe. Il faut aussi se demander si, tôt ou tard, je pourrais alimenter mes volailles uniquement avec ce que je produis sur la ferme ? Il faut calculer son prix de revient avant de se lancer, et non pas s’arrêter à l’attrait économique de l’agriculture biologique. » L’autre point essentiel avant de se lancer dans une telle aventure est bien évidemment l’aspect réglementaire forcément important, agriculture biologique oblige. Avant de rentrer dans les détails, Sophie Delattre, chargée de mission agriculture biologique à la CAA, rappelle les grands principes de l’AB : l’interdiction de l’élevage hors sol, une autonomie alimentaire minimale et une obligation de parcours. « Il faut convertir une surface équivalente à 20 % de la ration annuelle des poules en plus du parcours », précise-t-elle. Pour 4 000 poules qui consomment chacune 41 kg d’alimentation par an, c’est une notion à « bien calculer ». Une alimentation qui doit être en théorie à 100 % bio, et issue principalement de l’exploitation. En cas d’indisponibilité en bio, il est possible de recourir à 5 % d’alimentation non bio et garantie sans OGM. « C’est une dérogation valable jusqu’à la fin de l’année. Pour le moment, on ne sait pas si elle va être reconduite », prévient Sophie Delattre. En plus de bien manger, les volailles doivent avoir accès à un parcours « facile d’accès » et abrité, et bénéficier d’une surface de 4 m2 chacune. Le bâtiment ne doit pas héberger plus de 3 000 poules et doit être éclairé au maximum pendant 16 heures afin de laisser un repos nocturne de 8 heures aux animaux. Une production « technique » et exigeante Chez José Pflieger, à Spechbach-le-Bas, les 2 000 poules bios sont hébergées dans un bâtiment divisé en deux espaces de 1 000 poules. Installé depuis 1989 et converti à la bio en 2011, José Pflieger décide d’augmenter sa production d’œufs bios en 2013 lors de l’installation de son fils Jérémy. « On voulait avoir la possibilité de proposer des œufs à nos clients tout au long de l’année. » 80 % sont écoulés en vente directe à la ferme ou sur des marchés à raison de 30 centimes par œuf, le reste est commercialisé en grandes surfaces à 26 centimes par œuf. L’alimentation des volailles est automatisée, contrairement au ramassage et au conditionnement qui se fait entièrement à la main, à raison de deux à trois heures par jour. Pour nourrir les poules, ils ont fait le choix d’acheter des rations prêtes à l’emploi plutôt que de les élaborer eux-mêmes. « C’est très compliqué à faire. On n’a pas assez de protéines. Du coup, on préfère passer acheter ce qu’il nous faut directement à la minoterie Dornier, située dans le Doubs. » Concernant l’achat des poulettes, José Pflieger conseille d’y penser au moins un an à l’avance. « C’est le temps qu’il faut à des poules pour être prêtes à pondre. » Il faut bien anticiper le moment où l’on va recevoir son nouveau lot. En effet, comme le souligne Christian Schleiffer, qui élève 9 000 volailles bios à Uhrwiller, il faut avoir des œufs quand la demande est là. « Si on prévoit son nouveau lot avant les grandes vacances, c’est mort. La vente d’œufs est basse pendant cette période. En revanche, il ne faut pas manquer des périodes comme Pâques et Noël où la consommation d’œufs est très forte. » L’éleveur bas-rhinois pratique l’agriculture biologique depuis 2014. Enfin, en partie seulement, puisque l’autre part de son activité est consacrée à l’engraissement de bovins en conventionnel. Son bâtiment est divisé en salles qui hébergent chacune 2 750 volailles environ. Ceci génère une très grosse production livrée à 95 % à un collecteur. « Nous avons un contrat de plusieurs années pendant lesquelles nous nous engageons à livrer un certain volume. » De ce fait, Christian Schleiffer a comme projet d’ajouter 6 000 volailles supplémentaires en 2018 pour répondre à la demande croissante en œufs bios. Malgré les contraintes réglementaires et les investissements consentis, il ne regrette en rien le fait de s’être lancé dans l’élevage de poules pondeuses bio. « C’est une production très technique et du coup très intéressante », témoigne-t-il. En revanche, il tient à attirer l’attention sur un élément essentiel : le vide sanitaire et le nettoyage. « Il ne faut pas les prendre à la légère. Ils nécessitent du temps et doivent être faits au bon moment. Dans notre cas, il faut dix à quatorze jours à trois pour effectuer ces opérations, entre le nettoyage intégral de tous les éléments du bâtiment et la désinfection réalisée par une entreprise spécialisée. »

Publié le 01/10/2017

Le toastage des graines protéagineuses pour améliorer leur potentiel nutritif de l’aliment et l’autonomie protéique s’implante en France. Le toasteur Mecmar était présenté au salon Tech & Bio.

À l’état natif et parce qu’elles jouent un rôle de stockage de protéines ou d’acides aminés, les graines protéagineuses comportent des substances dont la fonction est de préserver leurs réserves protéiques et donc de s’opposer à leur digestibilité. Ingérées à l’état brut, les graines de soja, pois, lupin, féveroles ne sont donc pas totalement bien digérées par les ruminants ou les monogastriques. Des facteurs dits antinutritionnels et des mécanismes limitant le potentiel nutritif des protéagineux sont relativement bien identifiés. En alimentation animale, la digestion de ces graines protéagineuses est confrontée à deux problèmes. Pour une partie de ses protéines, la graine contient des inhibiteurs d’enzyme digestive appelés facteurs anti-trypsiques et lectines, qui sont des glycoprotéines. Agglutinées, elles protègent les réserves protéiques des enzymes digestives. Et inversement, pour une autre partie des réserves protéiques de la graine appelées les globulines, elles sont trop digérées dans le rumen pour être assimilées dans l’intestin des ruminants. Pour augmenter la digestibilité intestinale des protéagineux et par conséquent améliorer l’autonomie protéique des exploitations agricoles, plusieurs techniques ont été étudiées : l’extrusion des graines soumises à haute pression et température, procédé que l’on retrouve avec les tourteaux, leur germination, la torréfaction (chaleur sèche et longue) et le toastage (chaleur sèche et courte). Le traitement thermique à haute température durant un court instant présente le double intérêt de dégrader les facteurs antinutritionnels et de remanier au plan moléculaire les protéines, les rendant moins digestibles dans le rumen et mieux assimilables dans l’intestin, ce que les nutritionnistes appellent le N bypass. Attention cependant de ne pas chauffer trop la graine au risque de compromettre également la digestibilité intestinale des protéines. Le toasteur mobile Mecmar présenté au salon Tech & Bio, se compose d’un brûleur qui chauffe l’air autour de 280 °C, les grains, acheminés par une vis sans fin, passent de manière continue sur un tapis et sont chauffés pendant 20 à 60 s et ressortent à 120 °C. Un intérêt naissant Plusieurs groupes d’agriculteurs en France s’intéressent de près à cette technique. Cinq toasteurs sont en service pour des élevages bovins lait, en engraissement et en canard prêt à gaver. En Vendée, sept éleveurs du groupe Grapea-Civam (Groupe de recherche pour une agriculture paysanne économe et autonome) ont finalement opté pour le toastage. Entre 500 kg à 40 tonnes par exploitation, soit un total de 250 t sont toastées. Ils ont préféré ce procédé plutôt que l’extrusion, jugée coûteuse, et techniquement délicate. Ils ont complété leur investissement par un système de refroidissement en continu. Assez répandu en Italie, explique Philippe Olivier de Secopalm, une société gersoise de conseil en nutrition animale, le toastage commence tout juste à intéresser les éleveurs français. Dans le Gers, 17 adhérents d’une Cuma traitent 1 500 t de graines. L’investissement, évalué à 80 000 € (remorque comprise), donne un prix de revient du toastage estimé à 10 €/t. Dans le Morbihan, Joël Guégan, a créé Protéa Thermic et propose la prestation avec son unité mobile de toastage. En Normandie, Michel Dumont, un éleveur qui l’a testé, a évalué le gain nutritif comme suit : sa ration est composée de 9 kg de maïs, 5,5 kg de luzerne, 3 kg d’ensilage d’herbe, 3 kg de féverole et 0,5 kg de lupin. Il compte diminuer la proportion de féverole de 3 à 2,3 kg. Notant au passage que le toastage élimine de l’humidité résiduelle, améliore la conservation des graines, leur appétence et élimine les toxines. Il faut compter 40 000 € pour une machine de débit 1 t/h.

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