bovins lait

Publié le 30/03/2018

L’organisme de sélection de la race bovine vosgienne, porté par l’authenticité, la rusticité de ses animaux, poursuit son développement au service d’une agriculture d’avenir et de projets. Lesquels ont été évoqués mardi 20 mars à La Bresse à l’occasion de l’assemblée générale.

Qu’ils soient installés en Alsace, en Lorraine ou en Franche-Comté, ils sont venus en nombre assister à cette assemblée générale. Un moment fort pour les adhérents. Un moment d’émotions également puisque les premiers mots du président de l’organisme de sélection (OS) vosgienne, Florent Campello, ont été pour Marc Spenlé, éleveur décédé en 2017. « Il aura donné énormément de temps pour notre race qui lui tenait à cœur ». L’année 2017 a vu une forte volonté de l’OS de poursuivre dans la voie du progrès génétique. « Près de 150 000 € ont été injectés depuis le début de la génomique pour un avenir et un patrimoine génétique renforcés. Cet instrument, mis en place il y a deux ans, nous a permis d’évoluer de plus de dix points d’Isu sur la moyenne des taureaux en dix ans. Quelques calages sont à apporter, mais la voie femelle nous procure de réelles opportunités, reflétant bien sa valeur », indique Florent Campello. Le travail ne manque pas au sein des différentes commissions de l’organisme. Mélanie Gutzwiller a la responsabilité de la commission génétique : « Nous avons validé 133 mères supports. Nous avons mis en place le « génotypage éleveur » et sélectionné de nouveaux taureaux à mettre au catalogue. Techniquement, nous nous sommes penchés sur le calcul des pondérations de chaque poste dans les notes globales et sur le calcul de ces notes. Nous avons fait le choix des taureaux de la future série en doses sexées. Nous avons ajusté le règlement intérieur. Enfin, nous avons pris diverses décisions sur les règles d’admission au concours et effectué le choix des juges. ». Sécuriser la vente La production et le développement du fromage Cœur de Massif continue d’évoluer et de séduire toujours plus d’éleveurs, et surtout davantage de consommateurs. « La communication sur ce point est positive et encourageante. Elle permet d’avoir une vision pour les exploitations en race vosgienne et pour celles en conversion. Cœur de Massif reflète la politique menée au sein de l’OS : une envie d’avancer, d’évoluer, et de se renforcer dans un massif qui ne demande qu’à respirer la vosgienne », plaide Florent Campello. Face à ce succès grandissant, les professionnels estiment qu’il est nécessaire d’organiser une plateforme de distribution. « L’OS va la prendre en charge en milieu d’année. Nous devons pouvoir accueillir les nouveaux éleveurs qui veulent produire du Cœur de Massif. Il y a la production certes, mais également la vente. Et on ne vend pas de nouveaux produits comme ça. Il faut trouver des débouchés pour un fromage qui est bien installé et apprécié. Il s’agit de sécuriser la vente », prévient le directeur de l’OS vosgienne, Philippe Caussanel. Évoluer ensemble Le président de l’OS vosgienne Florent Campello a évoqué l’arrivée du nouveau règlement zootechnique européen. « Il nous oblige à évoluer, à nous poser les bonnes questions et à mener un combat racial au service de son territoire et de ses éleveurs. C’est ce qui explique toutes ces réunions et ces échanges tout au long de l’année. Ce débat doit nous permettre de nous éclairer vers un projet ambitieux et serein pour l’avenir de nos jeunes à travers leur race. Un OS fort et proche de ses adhérents doit rester le cœur de notre action. Nous devons continuer à faire évoluer la race sur son territoire, tout en pesant sur une politique agricole en constante évolution. Les races locales de montagne doivent être en avance pour influencer et construire les choix nationaux d’avenir. Enfin, nous devons continuer à être les acteurs de cet équilibre, à être les moteurs de cette authenticité chaleureuse d’histoires humaines. Soyez fiers d’appartenir à un OS qui sait ce dont il a besoin et où il veut aller. Soyez des relais d’espérance pour les agriculteurs en difficultés financières. Portez une voix positive dans l’ambition qui est la nôtre. Et, surtout, soyons unis vers un avenir de cohésion, serein et identitaire de notre monde paysan », conclut Florent Campello. Conditions d’adhésion Le rapport financier 2017 et la nouvelle composition du conseil d’administration ont été approuvés. Les conditions d’adhésion ont été précisées : le respect du certificat de la parenté bovine (CPB) avec un minimum de 80 % de veaux par an nés avec une filiation connue et certifiée et le respect du règlement intérieur. Dans ce dernier, il est indiqué la nécessité d’avoir 90 % d’insémination artificielle (IA) en insémination artificielle première (IAP) et 25 % d’IAP en doses sexées dans les élevages au contrôle laitier. Pour les élevages allaitants adhérant au contrôle de performance et bénéficiant du programme de sélection de taureaux de monte naturelle, il faut 30 % d’IA en IAP. Concernant les mesures agro environnementales (MAE) « races menacées vosgiennes », il a été rappelé les difficultés administratives rencontrées pour les paiements. Ils ont été versés en 2017, tout du moins en Alsace. Enfin, l’OS a modifié ses cotisations en les augmentant à 40 € par élevage (contre 30 € auparavant) et 3 € de cotisation par femelle de plus de six mois pure vosgienne. « On le fait pour permettre à l’OS d’avoir une lisibilité. Les subventions vont diminuer à l’avenir. Nous avons attendu deux ans pour le faire. Les MAE ayant été versées, nous pouvons nous le permettre désormais », précise le trésorier de l’OS, Roger Trommenschlager. Par ailleurs, Laurine Spieser a présenté les travaux de la commission « fromage » dont elle est responsable. L’allaitante se développe La commission « allaitante » poursuit son développement au sein de l’OS vosgienne. Pour la première fois, elle a participé au concours allaitant au Salon international de l’agriculture à Paris en 2017 avec quatre vaches. Et surtout, une pépinière de taureaux a été mise en place. Ils vont être achetés par la pépinière et élevés jusqu’au sevrage. Ils seront ensuite pointés et pesés pour une première sélection à l’âge de trois mois. Ils seront ensuite vendus comme futurs taureaux reproducteurs aux éleveurs ayant intégré le programme de sélection de taureaux de monte naturelle ou destinés à la boucherie s’ils ne conviennent pas. La mise en place de cette pépinière se fait en lien avec l’Esat des Tournesols à Sainte-Marie-aux-Mines. Après une année 2017 prometteuse pour l’allaitante, les professionnels entendent diriger leurs efforts sur la valorisation de la viande.

Fédération nationale des producteurs de lait

Un prix pour préparer l’avenir

Publié le 22/03/2018

Lors de son assemblée générale à Vannes les 14 et 15 mars derniers, la Fédération nationale des producteurs de lait a développé deux axes de travail : la défense du prix du lait et le renouvellement des générations. Deux dossiers évidemment liés, mais qui nécessitent des réponses politiques spécifiques notamment pour l’installation.

Au sortir des États généraux de l’alimentation (EGAlim), où sous l’impulsion de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) il a beaucoup été question du lait, le prix payé au producteur a occupé une large place dans les débats de ce congrès. À l’occasion d’une table ronde regroupant producteurs, transformateurs et distributeurs, tout le monde affichait une fois de plus ses bonnes intentions. Mais comme le dit le dicton « chassé le naturel et il revient au galop », si bien qu’après quelques minutes les transformateurs expliquaient qu’ils faisaient le maximum et les distributeurs qu’ils ne pouvaient pas faire plus. Marie-Thérèse Bonneau, secrétaire générale de la FNPL, les a tout de suite repris en leur expliquant que leur référentiel du « toujours moins cher » était obsolète et qu’un nouveau paradigme devait être construit. « Si vous n’êtes pas capable de l’intégrer, c’est la loi qui le fera. » C’est pourquoi, la FNPL a réclamé au ministre de l'Agriculture une loi à la hauteur de l’enjeu pour les producteurs de lait. La FNPL poursuit son attitude offensive pour une juste rémunération des producteurs en menant de front le texte de loi, mais aussi le plan de filière qui vise à un meilleur partage de la valeur. Ne pas oublier l’export Grand absent des débats des EGAlim, l’export représente 40 % des volumes en France. La FNPL, par l’intermédiaire de son président Thierry Roquefeuil, porte l’ambition d’une production laitière exportatrice. « Avec un marché intérieur stagnant et une classe moyenne en progression dans les pays émergents, il y a un marché à conquérir. Oui, mais pas à n’importe quel prix », précise le représentant des producteurs de lait. C’était l’objet d’une table ronde regroupant notamment Damien Lacombe, président de Sodiaal Union, et Michel Nalet, porte-parole de Lactalis. La question principale reste la valorisation de ce marché. L’ensemble des acteurs s’accordaient sur le fait qu’il existe de la valorisation à l’export : « On ne parle pas uniquement de beurre poudre, à nous de saisir ces marchés. Il est possible de valoriser l’excellence française à l’export (AOP, IGP, sécurité sanitaire, etc.). » Pour la FNPL, deux ombres planent toutefois sur le marché, le stock de poudre et un éventuel accord de libre-échange Union européenne Australie-Nouvelle Zélande. Sur ces deux points, Thierry Roquefeuil a demandé la plus grande vigilance au ministre, pour peser de tout son poids dans les discussions européennes. Stéphane Travert a dit prendre ces dossiers à bras-le-corps et a incité le président de la FNPL à peser, lui aussi, au sein du Copa-Cogeca (regroupement des syndicats agricoles européens) pour définir une position agricole européenne. Le mur générationnel Tous les trois ans, la FNPL réalise un rapport d’orientation. En 2018, le choix du sujet s’est porté sur le renouvellement des générations. André Bonnard l’a expliqué : « D’ici à 2025, 50 % du volume de lait français (soit 12,5 milliards de litres) aura dû changer de main, nous sommes face à un mur générationnel ». Au rythme actuel des renouvellements, le nombre de vaches dans un troupeau va passer de 60 vaches aujourd’hui à près d’une centaine. Mais cela pourrait être beaucoup plus. Quid du modèle agricole français dans ces conditions ? Pour la FNPL, il faut mettre le paquet sur l’installation et lever les freins. Évidemment le prix du lait reste le principal levier, mais d’autres questions se posent. « On aimerait qu’on regarde davantage la provision pour risque, la fiscalité de l’épargne, la transmission du capital et le statut des sociétés. » La FNPL s’est clairement opposée à l’intégration des producteurs de lait et va engager avec les partenaires et notamment les Jeunes Agriculteurs une grande réflexion pour faire face à cette échéance imminente.

Syndicat de la simmental française d’Alsace

Au cœur de la Forêt-Noire

Publié le 22/03/2018

C’est une assemblée générale délocalisée - au cœur de la Forêt-Noire en Allemagne - que le président du syndicat de la simmental française d’Alsace a organisée récemment pour ses membres. Une région qui compte de nombreux élevages de simmental, souvent de grande taille, souligne le président du syndicat, Jean Bernhard.

Coupler une assemblée générale statutaire avec une visite d’élevage, cela n’a rien de nouveau. Mais lorsque le choix se porte sur une exploitation située à Dornstetten, près de Freudenstadt, cela change la donne ! Les 25 participants ont apprécié cette escapade, d’autant que le soleil était de la partie. À 660 mètres d’altitude, la ferme du Benzinger Hof a accueilli les éleveurs alsaciens. Elle a fêté récemment ses 1 000 ans d’existence, explique Martin Schwenk, qui était accompagné de son épouse, Annette, et de son fils, Félix. Ici, la simmental - ou plutôt la Fleckvieh - règne en maître. Le troupeau se compose de 280 vaches laitières, dont 245 en production, et leur suite. Le Benzinger Hof est une ferme en constante évolution. « Lorsque nous avons repris l’exploitation, nous avions 36 vaches », indique Martin Schwenk. Suite au rachat de quotas et à la reprise d’une ferme voisine, le couple décide de construire une nouvelle étable de 90 places. Sept ans plus tard, il réalise une première extension - « Nous avons rallongé le bâtiment de 30 m » - et construit un bâtiment pour les génisses. Une nouvelle extension, de 50 m cette fois, est décidée en 2012-2013, ainsi que la construction d’une laiterie, avec une salle de traite rotative Boumatic de 36 places. Dans sa forme actuelle, le bâtiment est conçu pour 280 places en logettes paillées. Un puits de 138 m de profondeur a été creusé récemment pour permettre un approvisionnement en eau à moindres frais. « Nous utilisons 12 000 m3 d’eau par an. » Une partie du bâtiment est équipée d’une toiture photovoltaïque. L’électricité produite est utilisée en autoconsommation, le surplus étant injecté dans le réseau. Une unité de méthanisation de 75 kW/h complète l’ensemble. Alimentée uniquement avec les déjections de l’élevage, cette usine de biogaz est entrée en service il y a un an, explique Félix Schwenk. L’exploitation s’étend sur 300 hectares, dont 180 ha de prairies et 120 ha de cultures (céréales à paille et maïs). La ferme produit 2 millions de kg de lait par an, qui sont vendus à Omira, une filiale de Lactalis située à Ravensburg. La moyenne d’exploitation est de 9 500 kg de lait par vache et par an. L’intervalle vêlage-vêlage est de 365 jours. « Depuis que nous avons équipé nos vaches de détecteurs de chaleurs, nous avons réussi à réduire cet intervalle de plusieurs jours », indique Martin Schwenk. C’est d’autant plus important que les génisses sont un peu à l’étroit. « Nous les faisons vêler tôt pour libérer de la place. » La ration de base est calculée pour une production de lait de 32 litres. Elle est complémentée en fonction du niveau de production. « La vache doit vivre longtemps et produire beaucoup », indique Martin Schwenk. L’essentiel de l’alimentation est produit sur la ferme. « Nous n’achetons que du tourteau de colza, du corn gluten feed et de l’orge d’hiver. » La ration est modifiée chaque semaine, en fonction du prix des coproduits. « Pour nous, c’est le coût de la ration qui compte. » « Nous élevons tous les veaux nés sur la ferme. » Les femelles sont destinées à l’agrandissement et au renouvellement du troupeau. Les mâles sont engraissés durant trois semaines et sont vendus à un poids de 70 à 90 kg, au prix de 6 €/kg. « Il y a deux ans, lorsque la crise laitière faisait rage, nous étions contents de vendre quelques veaux tous les mois ! » Martin, Annette et Félix Schwenk travaillent tous trois sur l’exploitation, avec un ouvrier polonais, un apprenti, ainsi qu’une aide occasionnelle. « Nous réalisons tous les travaux nous-mêmes, à l’exception de l’ensilage qui est confié à une entreprise. » Mais même avec cette charge importante de travail, les éleveurs semblent sereins. « Nous ne nous levons pas la nuit pour surveiller les vêlages. »

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