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Rédaction EAV

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Covid-19

Les vaches de l’Alpa à la pointe de la recherche

Technique

Publié le 06/11/2020

Le directeur de la ferme du centre de formation de l’Alpa, Joris Erzen, se souviendra longtemps de l’appel téléphonique reçu dans la seconde quinzaine de mars, en pleine période de confinement. Son interlocuteur n’est autre que le technicien de Sodiaal, dépêché par Bonilait, la filiale spécialisée dans la poudre de lait du groupe coopératif. Le message est ciblé : le laboratoire de recherche médicale Genclis de Vandoeuvre recherche un troupeau proche de Nancy pour mener un essai clinique sur le coronavirus, en lien avec les hôpitaux universitaires de Strasbourg. Le délai de réponse est court, car plusieurs options ont été envisagées, comme celle d’utiliser le cheptel d’un exploitant à la veille de la retraite. La réponse doit intervenir dans les trois heures. Il faut mesurer l’enjeu de l’expérimentation qui porterait sur quelques vaches. Même si l’indemnisation est prévue, le « risque équarrissage » n’est pas exclu. Joris Erzen consulte rapidement la présidente de l’Alpa, Lydie Saunier, le responsable de la commission « ferme », Jean-Philippe Thomassin et le directeur, Pascal Girard. La décision est unanime : « On y va. »

Injection par la voie intrapéritonéale

Et l’homme-orchestre de la ferme va être placé au centre de la course contre la montre qui s’engage. Il entre immédiatement en contact avec le professeur Bernard Bihain, patron de Genclis, qui va conduire personnellement les opérations. Il sélectionne neuf vaches laitières plutôt en fin de carrière. Il s’agit de leur pratiquer une injection par la voie intrapéritonéale (dans le péritoine) de protéines soigneusement sélectionnées par Genclis, dans le but de faire fabriquer des anticorps aux animaux. Les bovins sont exposés régulièrement à des coronavirus autres que le Covid-19, aux effets souvent délétères, notamment chez les veaux. Le vétérinaire sanitaire de la ferme, Jean-Pierre Bailly, est à la manœuvre, en présence de Bernard Bihain. Un des avantages du troupeau de l’Alpa pour la recherche est qu’il ne pratique aucune vaccination, en dehors de la prophylaxie obligatoire. L’autre intérêt est la présence du robot de traite qui peut détecter en continu les réactions des vaches.

Les injections de protéines seront répétées à trois reprises à la même dose, à une semaine d’intervalle. La plupart des animaux enregistrent une légère montée de température, phénomène normal lors d’une immunisation. Le risque de rejet est redouté à la deuxième intervention, mais aucun souci n’est relevé. Des prises de sang et d’échantillons de lait ont été pratiquées « à l’état zéro » avant le début de l’opération, puis tous les sept jours. Les vaches ont bien identifié le « corps étranger » et montrent une capacité à créer des défenses immunitaires. Genclis vérifie le dosage en anticorps qui s’avère « exceptionnel » à la fois dans le sang et dans le lait, à l’issue de la troisième injection. Le 7 avril, ces anticorps sont qualifiés « d’hyper-affins », c’est-à-dire très présents en quantité, toniques et actifs.

Éviter toute controverse

Très satisfait de ces résultats, Bernard Bihain songe à fabriquer des sérums. Il faut prélever pour cela 2 litres de sang et 10 litres de lait sur les deux vaches les plus remarquables du lot sélectionné. Si le travail sanguin est aisé, Genclis butte sur la matière grasse du lait, gênante car ne contenant pas d’anticorps. Il faut écrémer pour isoler le lactosérum porteur des précieux anticorps. Mais le laboratoire ne dispose pas de l’équipement indispensable à ce traitement du lait. Il fera alors appel au groupe Ermitage, rompu à l’exercice dans le périmètre de sa tour de séchage. Le fromager coopératif vosgien ira jusqu’à installer un mini-labo, dans les locaux de Genclis.

Bernard Bihain est persuadé qu’il est sur la bonne voie, mais il veut en acquérir la certitude définitive et éviter toute controverse. Sa quête est celle d’une sérothérapie* ciblant les malades graves liés au Covid-19. « Les 85 % de patients qui récupèrent en quatre jours, n’ont pas besoin de nous. Nous visons les patients âgés, hospitalisés et victimes de comorbidité », affirme le chercheur. Il ne croit pas à la vaccination prophylactique de masse, telle que l’envisagent les grandes firmes du médicament. Il en redoute au contraire des effets dramatiques, à la lumière de ce qui s’est passé pour la vaccination contre la dengue.

Le 2 mai, le comité scientifique de Genclis lui demande de poursuivre l’expérimentation avec dix nouvelles vaches, en utilisant un protocole différent. Les élus de l’Alpa donnent leur feu vert. 19 VL sur un effectif de 71 sont donc entrées dans l’étude. Le premier groupe est placé « en lait off », le but est d’observer pendant combien de temps les anticorps demeureront.

« Fusil puissant »

Les injections sur le second groupe se déroulent les 14, 21 et 28 mai 2020. Bernard Bihain fait effectuer des « neutralisations virales » au CHU de Strasbourg. Les résultats sont impressionnants. Les anticorps produits par les bovins capables de détruire le Covid-19 sont cent fois plus puissants que ceux générés par les humains ayant contracté la maladie. Le chercheur est désormais certain d’avoir découvert un antidote capable de neutraliser les effets du poison.

Un mois après la dernière injection, le premier lot de vaches dispose toujours autant d’anticorps. Parmi les laitières retenues pour l’expérience, une a vêlé. « Nous avons conservé le colostrum », raconte Joris Erzen. Depuis le 28 mai, Genclis a testé des processus d’immunisation sur une population de souris, à laquelle le Covid-19 a été inoculé. « Les anticorps qui en résultent détruisent le virus, affirme Bernard Bihain. Pour les administrer à des patients, nous disposons d’un fusil puissant, mais il nous faut régler la mire pour déterminer la quantité à administrer à la première injection ; car si le seuil est dépassé, il peut faire plus de mal que de bien. »

Pour affiner cette recherche, à partir du 7 juillet, un nouvel essai a concerné quatre vaches, auxquelles des doses différentes du mélange protéinique ont été injectées. Pour déterminer la quantité d’anticorps produite et sur quelle durée de temps. À la mi-septembre, Bernard Bihain envisageait de renouveler les prélèvements à l’Alpa, pour sécuriser encore un peu plus le procédé voué à être utilisé chez l’homme. Il place « la rigueur scientifique » au-dessus de tout. Le « professeur » ne tarit pas d’éloges sur le site de l’Alpa qui constitue, selon lui « la structure ad hoc, dans un environnement fermier… La vraie vie. Notre expérience commune devrait être étendue et renouvelée sur d’autres maladies », appelle-t-il de ses vœux.

Conserver le sens des priorités

On sait aujourd’hui qu’il ne sera pas réglementairement possible d’utiliser des produits d’origine bovine en thérapeutique humaine, mais les retombées de cette expérimentation sont d’importance capitale, explique Bernard Bihain. « Les vaches sont, comme l’homme, confrontées aux coronaviroses. L’induction d’anticorps exclusivement neutralisant dans ce contexte valide notre choix d’immunogène, sa sécurité, les doses efficaces et le calendrier des injections. Mais cela n’est pas le plus important ; sans les vaches de l’Alpa, nous n’aurions pas compris les mécanismes qui protègent la très grande majorité des formes sévères de Covid-19. Nous avons aussi appris que les anticorps neutralisants le virus ne durent pas en absence d’immunisations répétées. Ça, c’est pour la mauvaise nouvelle, la bonne nouvelle est que leurs précurseurs, eux, perdurent et il devrait être possible de les augmenter. Il convient de conserver le sens des priorités qui sont de prévenir et traiter les formes graves en réduisant les besoins de réanimation, prévient le gérant de Genclis. Les progrès réalisés par les médecins et les anesthésistes réanimateurs en moins de six mois sont spectaculaires. Même si pas mal de molécules se sont révélées décevantes, les corticoïdes et les anticoagulants ont réduit la mortalité. Nous avons attendu 15 ans pour voir ce type d’effet dans le cadre du HIV, le virus responsable du Sida », conclut Bernard Bihain.

Élections sénatoriales

Sénateurs, dans l’ombre des territoires

Pratique

Publié le 27/09/2020

Lorsqu’ils ont répondu à notre appel, certains des candidats aux élections sénatoriales de ce 27 septembre jonglaient avec leur conseiller bancaire afin de fournir à l’État tous les documents nécessaires pour leur déclaration d’intérêt. Intégrité oblige. D’autres terminaient un tour à vélo entre amis. À chacun sa façon de se préparer à une nouvelle vie, entre l’Alsace et Paris.

Avant, surtout, d’embrasser un nouvel engagement : celui de porter la voix des collectivités territoriales au Parlement. C’est la raison première affichée par les candidats. « À l’Assemblée nationale, nous passons notre temps à débattre. Au Sénat, il est plutôt question de faire avancer des projets concrets : c’est ce qui m’attire aujourd’hui », remarque Antoine Herth, à la fin de son 3e mandat de député, et tête de la liste La République en Marche – Agir – Modem Agir pour l’Alsace, dans le Bas-Rhin.

Représenter les territoires, et en particulier les maires, qui forment la majeure partie des 4 763 grands électeurs de la région, chargés de choisir les sénateurs. Les édiles sont un public averti car aux premières loges. Certains sont frustrés au point de s’inviter parmi les candidats. « J’ai rencontré beaucoup d’élus de la vallée ou du bord du Rhin, avec des problématiques différentes, constate Christian Klinger, maire de Houssen, président de l’association des maires du Haut-Rhin et candidat aux sénatoriales sur la liste Les Républicains Majorité alsacienne 68. Je me suis surtout rendu compte que j’avais du mal à pousser les portes pour solutionner les problèmes et, que les députés et sénateurs actuels ne m’aidaient pas tant. Notamment sur le projet de méthanisation des territoires et les investissements difficiles à obtenir pour accéder aux réseaux de distribution de gaz. Au Sénat, j’espère réussir à ouvrir les portes du ministère de l’Agriculture et servir de liant avec les distributeurs d’énergie. »

Du pouvoir aux collectivités

Des candidatures sont motivées par l’espoir de développer des grands projets, d’autres par celui de se faire entendre. « Mon idée est vraiment de défendre les maires ruraux car ils doivent gérer beaucoup, avec très peu de moyens », regrette Pascale Ludwig, ancienne maire de Keffenach, une commune de 187 habitants, dans le nord de l’Alsace. Pour elle, il est grand temps d’éveiller les consciences pour revaloriser le rôle des maires des petites communes. C’est pourquoi elle a initié la liste de divers droite Ruralité, une vitalité partagée. « Les maires des petites communes doivent souvent travailler car leur indemnité n’est pas suffisante mais, quand l’agent technique tombe malade, ce sont eux qui se retrouvent à sortir les poubelles de l’école. En plus, ils sont en bout de chaîne et peinent à obtenir des financements pour leur commune. Des années, j’ai espéré recevoir des subventions pour faire construire une piste cyclable. En vain. Les communes voisines, plus grandes, raflaient la mise. C’est hypocrite de vouloir placer la ruralité au cœur des territoires, si on l’oublie, alors que de nombreuses personnes travaillant à la ville y habitent ou viennent s’y approvisionner », déplore cette assistante commerciale.

Des citoyens, encore jamais élus, ont même décidé de s’engager dans la bataille pour relayer cette voix des maires. « Dans ma commune de Richwiller, par exemple, le maire a voulu limiter l’épandage, à l’approche d’Ehpad ou d’écoles, pour des raisons de santé publique, mais il n’a pas pu. Les élus locaux devraient pouvoir promulguer ce genre d’arrêtés », attend Yann Flory, habituellement porte-parole du collectif Destocamine-Nappe phréatique en danger. Cette fois, il mènera la liste Écologie, notre avenir à tous, et espère toucher l’électorat sénatorial alsacien, traditionnellement plus conservateur.

Redonner du pouvoir aux collectivités territoriales, des plus petites aux plus grandes, c’est le souhait commun des candidats. Une mesure qui rime avec davantage de décentralisation : de l’autonomie fiscale pour les maires à plus de compétences pour la prochaine Collectivité européenne d’Alsace, en passant par des rêves encore plus fous. « Notre idée est d’impulser une VIe République décentralisée pour que les décisions ne soient plus prises dans les cabinets de l’Élysée », clame Gérard Bouquet, candidat pour le Parti radical de gauche sur la liste Alsace et République. « De notre côté, nous souhaitons réformer le Sénat pour qu’il joue vraiment son rôle de Chambre des territoires, comme c’est le cas en Allemagne, avec le Bundesrat, qui représente chaque Land et non des partis politiques », ambitionne Jean-Georges Trouillet, à la tête de la liste régionaliste Pour l’Alsace – FER’S ELSASS, dans le Haut-Rhin.

Co-constructeur plus qu’opposition

Toutes ces idées résonneront ou verront le jour, qui sait, si les sénateurs activent avec brio leur deuxième casquette : celle de législateur, aux côtés des députés, qui ont le dernier mot dans l’élaboration des textes de loi.

De quoi provoquer ou encourager les futurs sénateurs. « Je pense qu’aucun sénateur n’a jamais ressenti de complexe d’infériorité. Il connaît les règles du jeu et les accepte. Son rôle en sera renforcé », analyse André Reichardt, sénateur depuis 2014 et de nouveau prétendant au poste dans le Bas-Rhin, sur la liste de divers droite Les Voix de l’Alsace au Sénat. Pour lui, bien que dominé aujourd’hui par la droite, le Sénat ne doit pas être une chambre d’opposition mais de co-construction. « Quand j’ai été vice-président de la commission des lois, j’ai été saisi de 9 textes de loi sur 10. Toujours, j’ai cherché à enrichir la loi en faveur des collectivités. Parfois, nous avions envie de tout rayer, mais ça n’aurait servi à rien car l’Assemblée nationale aurait repris la version initiale à l’issue de la navette entre les deux Chambres. Finalement, nous sommes plutôt fiers, car plus de 60 % des amendements déposés par le Sénat sont retenus », détaille-t-il.

Une image qui a fini par séduire aussi les députés. « En tant que rapporteur de la loi sur l’orientation agricole, en 2006, j’ai travaillé avec mes homologues du Sénat. J’ai pu constater que l’Assemblée nationale légiférait sous la pression de l’opinion et des lobbies. Au Sénat, une ambiance de travail plus sereine régnait, sans hiérarchie, ni pression », se souvient Antoine Herth, aujourd’hui candidat pour la majorité gouvernementale.

Aucun de ces candidats n’envisage son mandat au Palais du Luxembourg comme un sas de décompression ou un moyen de remplir ses poches avant la retraite, comme on le reproche souvent aux sénateurs. « Pour ma part, j’y suis déjà, je n’ai pas besoin de ça. J’y vais pour travailler et pour rejoindre tous mes collègues qui ne rechignent pas à partir à 5 h de la gare de Strasbourg pour Paris, à veiller la nuit ou le dimanche, si besoin », déclare Gérard Bouquet, l’ancien maire de Schiltigheim.

 

 

Afdi 68

Appel aux dons pour soutenir l'agriculture familiale au Mali

Vie professionnelle

Publié le 26/09/2020

Depuis de nombreuses années, Afdi 68 a soutenu la création et le développement d’un collectif d’organisations paysannes, le CLCR, dans la région de Sikasso, au Mali. Cette organisation joue un rôle très important auprès des agriculteurs de la zone, en leur proposant des formations et un accompagnement technique, économique et en participant au renforcement des coopératives locales.

Cette année, parce que plusieurs évènements ont dû être annulés, l'association lance un appel aux dons pour compléter le budget de ce partenariat. Les dons serviront en intégralité à des actions de terrain menées auprès des agriculteurs maliens.

Jusqu'au 15 octobre, rendez-vous sur le site HelloAsso pour des dons en ligne sécurisés.

 

Halles du Scilt à Schiltigheim

Un côté « village »

Pratique

Publié le 23/09/2020

Les débuts des Halles du Scilt ont été difficiles, le public n’était pas au rendez-vous comme espéré. D’après Benoît Steffanus, conseiller municipal délégué, « la plage horaire d’ouverture était trop importante et les commerçants devaient rester jusqu’à soixante heures par semaine sur place alors même qu’il n’y avait personne. Nous avons donc décidé de réduire les horaires d’ouverture et de ne garder que les créneaux susceptibles d’accueillir plus de monde. L’affluence en semaine est moindre mais on s’en doutait. Par contre, le week-end est bien vivant. Les politiques commerciales et d’animation qu’on a appliquées au lieu ont porté leurs fruits. Il y a eu de gros investissements sur le lieu, on a voulu qu’il soit au service des Schillickois ».

Aujourd’hui, les Halles du Scilt accueillent un certain nombre de commerçants et proposent une large gamme de produits à sa clientèle. « Cinq commerçants sont présents en permanence : un maraîcher, un fromager épicier, un poissonnier, un boucher charcutier ainsi qu’un restaurateur », explique Benoît Steffanus. D’autres commerçants ne sont que de passage et ne sont pas établis à l’année au sein des halles. « Le week-end, il y a des invités qu’on appelle « non-sédentaires » et qui viennent très régulièrement : un caviste, un boulanger bio, un vendeur de macarons, un vendeur de terrines et même un glacier l’été », détaille-t-il. À côté des différents commerces, les halles proposent aussi de nombreux événements. « Expositions, concerts, soirées et autres animations », détaille le conseiller à la Mairie. Pour dynamiser le lieu à l’automne, des week-ends à thème seront organisés à partir d’octobre, notamment une foire aux vins où plusieurs cavistes seront présents.

 

 

 

Voici les nouveaux horaires d’ouverture des Halles du Scilt pour le mois de septembre ? Pour les commerçants : - Du...

Publiée par Les Halles du Scilt sur Lundi 8 juin 2020

 

 

« Tout le monde est le bienvenu ! »

Depuis 2016, les Halles du Scilt n’ont cessé d’évoluer. Autant d’habitués que de nouveaux clients passent les portes des halles et Nicolas Diemer, maraîcher et commerçant, en est satisfait : « Ça ne fait qu’évoluer dans le bon sens. J’ai beaucoup d’habitués et de nouveaux clients. J’ai renouvelé le contrat pour trois ans ». Xavier Brun, gérant de l’épicerie Grand Cru, déjà propriétaire d’une boutique Grand’Rue et situé juste en face de l’étal de la ferme Diemer au sein des halles, renchérit : « Si on est venus aux Halles du Scilt, c’est parce qu’on croit à ce genre de projets. C’est un lieu de vie avec de bons produits, on défend des producteurs, on essaie de les mettre en avant. Cela représente une bonne part du chiffre d’affaires. Chaque week-end, de nouveaux clients sont au rendez-vous, il y a un vrai potentiel ». À l’image du poissonnier, Loïc Fox, qui prône un retour à la passion : « J’aimerais revenir à des valeurs de commerce de proximité, à des gens qui connaissent leurs métiers et leurs produits : c’est ce que je défends et représente à travers ma présence aux halles ».

Les Halles du Scilt devaient - et doivent toujours - contribuer à l’objectif de création d’un centre-ville à Schiltigheim. Pour Benoît Steffanus, « c’est un objectif à court et long terme pour la municipalité. Lors des évènements, notamment lors de la fête de la musique, ça fait un peu « village » : il n’y a pas de voitures, les enfants peuvent courir partout sans crainte, c’est un espace clos et convivial, c’est ce qu’on cherche ». La municipalité compte aussi sur l’aspect unique du lieu : « Dans l’Eurométropole, je ne pense pas qu’il y ait un autre endroit où on puisse acheter son poisson le dimanche matin, puis boire un café et écouter un concert pour 2 € », ajoute Benoît Steffanus.

Le projet est encore jeune et un appel à candidatures pour les commerçants est lancé : « Pour adhérer au projet, il faut rentrer en contact avec les services de la Ville. Toute demande est prise en compte. Nous sommes à la recherche de commerçants, tout le monde est le bienvenu ! », scande Benoît Steffanus. Gilles Occansey, du service attractivité de la ville de Schiltigheim et coordinateur des Halles du Scilt, évoque des besoins plus précis : « Nous recherchons un boulanger permanent et quelqu’un sur les week-ends, éventuellement une épicerie sèche ou en vrac qui propose ses produits de temps en temps ».

 

 

 

Encore de beau produits chez votre poissonnier

Publiée par Les Halles du Scilt sur Jeudi 17 septembre 2020

 

 

Vendanges 2020

Ambiance masquée

Vigne

Publié le 05/09/2020

Un masque sur le nez et la bouche, une paire de gants, du gel hydroalcoolique et une distance d’au moins un mètre avec ses voisins… Vous voilà en conditions pour vendanger en 2020. Jamais auparavant une journée de vendanges n’avait commencé par un brief de sécurité sanitaire, mais tout le monde s’y plie. Heureusement, ces mesures ne font pas passer à la trappe la convivialité et la bonne ambiance qui règnent généralement au milieu des vignes. Les vendanges ont commencé le 24 septembre dernier avec le crémant. Rencontres à Hunawihr, à Traenheim du côté de la cave du Roi Dagobert et du domaine Mochel, ainsi qu’à la cave des Faîtières d’Orschwiller.

C’est du propre

Habituellement véhiculés dans une camionnette ou une remorque de tracteur, les vendangeurs arrivent cette année avec leurs véhicules personnels dans les vignes. Tout est fait pour que les contacts soient les moins fréquents possible. Avant même de sortir son sécateur, chacun dégaine d’abord son masque.

Direction la cave des Faîtières à Orschwiller où Julien Koch, associé-coopérateur et chef d'exploitation, s’est constitué un stock : « On a acheté 500 masques pour notre vingtaine de vendangeurs. » À leur arrivée, chacun était accueilli d’une manière personnalisée : « On mesure la température de chacun avant le brief », ajoute Julien. Avec autorité et en bon chef d’orchestre, il répartit les vendangeurs à chaque bout de rang afin qu’ils ne se croisent pas et qu’ils restent à distance. Dos à dos ou face à face, séparés par le feuillage de la vigne et aidé par le port du masque, les risques de transmission sont minimisés.

Plus au nord, à Traenheim, Luc Anstotz, président de la cave du Roi Dagobert, a bien réfléchi son équipe : « Je privilégie des personnes de la même famille dans une seule et même rangée, ça fait moins de risques s’ils se côtoient en dehors. » Pour le reste, tout est dans le détail : « Un jerrican d’eau est disponible à côté du tracteur ; il n’y a plus de serviettes communes mais un rouleau de papier ; du gel hydroalcoolique à chaque bout de rangée pour repartir sur une base propre ; pas de repas en commun pour bien respecter les distances », détaille-t-il. À quelques centaines de mètres de là, pour Guillaume Mochel, fils de Frédéric et gérant du domaine, toutes ces mesures relèvent « du bon sens ». Et visiblement, les mesures sanitaires sont bien ancrées dans la tête de tout le monde.


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Voilà déjà une semaine que nos équipes travaillent fort dans les vignes ! ? L’été très ensoleillé que nous avons eu a accéléré le départ des vendanges, et nos raisins sont déjà mûrs ! Ces derniers jours, nous étions sur la plaine d’Alsace, aux alentours de Colmar, Dambach-la-Ville et Orschwihr : nous avons récolté du Pinot Noir, Pinot Gris, Auxerrois et Chardonnay. Ces raisins serviront à l’élaboration de nos Crémants d’Alsace. Un peu plus tard, ce sera au tour des raisins utilisés pour nos vins tranquilles (sans bulles !), nos Grands Crus et pour finir, nos Vendanges Tardives. Ici, en Alsace, les vendanges peuvent durer plusieurs semaines ! Dans les prochaines semaines, nous récolterons aussi du Pinot Blanc, du Riesling, du Gewurztraminer et du Muscat… Vous comprenez mieux pourquoi la période des vendanges demande un rythme soutenu pour tous nos vignerons ? ? Toute la semaine, retrouvez les news de nos équipes sur nos réseaux ? #CarnetdebordWolfberger #VendangesAlsace2020 #Alsace #DrinkAlsace #MadeinFrance #winelovers #pinotgris #pinotblanc #pinotnoir

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Jean, vendangeur chez Luc Anstotz, livre son ressenti. « C’est un peu plus compliqué que les autres années, l’ambiance est un peu différente, il faut faire plus attention. » Les vendangeurs ont d’ailleurs une technique bien à eux pour signaler leur présence lorsqu’ils se rapprochent trop d’un collègue : « On fait un petit bruit de raclement de gorge pour se signaler », mime et plaisante Jean. « Les gens l’ont accepté facilement, ils sont conscients qu’il faut se protéger », conclut-il. Avec le port du masque, est-ce que tout est plus fatigant et est-ce que le rythme du travail en pâtit ? D’après Huguette, une autre vendangeuse, ce n’est pas le cas : « On fait avec, c’est comme n’importe où, on a le même rythme que les autres années. »

Si en apparence tout se passe bien, Anthony Bondon, œnologue de la cave de Hunawihr, constate qu’« une certaine méfiance s’installe à cause de la crise sanitaire » car beaucoup de vendangeurs sont des personnes âgées, plus vulnérables face au virus. Luc Anstotz explique que les sociétaires de la cave du Roi Dagobert et les vendangeurs ont les mêmes préoccupations. Il ajoute : « Le port du masque rassure mais on n’est jamais à l’abri et tout le monde en est bien conscient. »

Vendanges rime avec échanges

Entre les rangs de vignes, malgré les masques et la distanciation sociale, les discussions et les rires se mêlent aux bruits des sécateurs et des tracteurs. En fermant les yeux ou en détournant le regard, impossible de se rendre compte que les choses ont changé cette année, le bruit ambiant parle pour lui-même. Les vendangeurs sont « souvent des habitués, des gens du village », affirme Luc Anstotz. Qu’ils résident dans les environs présentent ces avantages : ils se connaissent et peuvent facilement rentrer chez eux pour le repas du midi ou en cas d’intempérie. Effectivement, le repas ne peut pas être pris en commun sur l’exploitation. Cette année, chacun doit se débrouiller et rester à distance.

Chez Guillaume Mochel, même schéma : « Tout se passe bien, on est presque toujours le même groupe », affirme Annelise, vendangeuse au domaine Mochel depuis 34 ans et éleveuse de vaches à l’année. Pour elle, se retrouver dans les vignes fin août est un véritable moment de détente : « C’est toujours agréable et pour moi ce sont mes vacances. » Contrairement aux vignes voisines, le repas est possible au domaine Mochel où une table est dressée et attend les vendangeurs, tout en respectant les distances entre chacun. Guillaume Mochel se fait son idée des vendanges : « Le premier jour c’est toujours assez calme mais par la suite ça se titille et ça se raconte des blagues, c’est bon enfant. » Christiane, une autre vendangeuse du domaine Mochel, déplore le possible manque de convivialité dû à l’épidémie : « On évite de trop se parler mais ce n’est pas le but de ne pas parler dans les vignes, c’est là que réside la convivialité. »

Pour Julien Koch, « c’est le côté social, festif et agréable de la journée qui attire et ce, malgré le travail. » Les vendanges sont un peu vues comme un dépaysement. « Il y a aussi des jeunes qui travaillent dans des entreprises et qui prennent congé pour venir faire les vendanges. Malheureusement, cela se perd. D’année en année j’ai de plus en plus de mal à recruter des vendangeurs », déplore-t-il.

Sportifs et viticulteurs

Travailler la vigne et les muscles

Vigne

Publié le 31/08/2020

Ils sont viticulteurs… et athlètes de longue date. Clarisse Salomon, 48 ans, est coureuse et coopératrice à la Cave du Roi Dagobert, à Traenheim. Pierre Schaffner, 28 ans, cogérant des pépinières viticoles Schaffner à Ergersheim, est aussi apporteur de raisin à la coopérative de Traenheim, mais, lui, a choisi un sport collectif : il est footballeur depuis une vingtaine d’années. Le gérant du domaine Bernhard Reibel à Châtenois, Pierre Bernhard, 52 ans, est un ancien champion de saut en hauteur et toujours l’actuel recordman d’Alsace. Aujourd’hui, sa discipline de prédilection est le trail, de la course à pied sur de longues distances en pleine nature. Avec le temps, chacun a ajusté son quotidien, conjuguant métier et passion pour le sport. De sacrées organisations, avec des avantages ou des inconvénients.

« Je faisais 20 à 25 courses par an »

Viticultrice depuis 2005, Clarisse Salomon exploite 6 ha de vignes à seulement 1 km de la Cave du Roi Dagobert. En grande sportive qu’elle est, c’est sur son vélo qu’elle se rend à la cave où il lui arrive d’aider pour les permanences. Mais c’est sans roue que Clarisse fait le plus de sport. Amatrice de course à pied, elle était en club à Strasbourg jusqu’en 2013-2014 afin de « pouvoir prétendre aux titres », explique-t-elle. Au top de sa forme, entre 2010 et 2014, elle a été championne d’Alsace de 10 km. « Mon meilleur chrono était à Strasbourg en 2012, j’ai terminé les 10 km en 37 minutes et 32 secondes », précise-t-elle fièrement. Elle cumule plusieurs participations à des semi-marathons et a même remporté celui de Strasbourg. « Je faisais 20 à 25 courses par an, affirme Clarisse. Certains me disaient que c’était un peu trop. »

Publiée par Clarisse Salomon sur Dimanche 9 février 2020

Lourdement blessée en 2016, après une chute à ski, elle a arrêté de prendre des licences. Aujourd’hui, elle est membre de l’association Les coureurs de l’Eichelthal, où son entraîneur actuel évolue. Clarisse fait principalement des courses vallonnées et participe encore à plusieurs compétitions chaque année, comme le Trophée de la vigneronne à Colmar, le Marathon du vignoble, Vignes et remparts à Ribeauvillé, etc.

Toute l’année, pour s’entraîner, Clarisse enchaîne la course dans la foulée de son travail, surtout l’hiver. « Il ne faut pas que je m’arrête sinon je ne repars pas », dit-elle. Et malgré ses blessures - car celle de 2016 n’était pas la seule -, sa routine n’a pas changé. Mais avec son métier physique et prenant, Clarisse a dû lever un peu le pied. « Mon entraîneur me disait que je ne pouvais pas faire autant de séances d’entraînements que d’autres dans la semaine. Je ressentais le besoin d’écouter mon corps », explique-t-elle.

« Besoin de compétition »

Avant d’être le gérant des vins Bernhard Reibel à Châtenois, Pierre Bernhard a eu plusieurs vies. Pour l’épreuve de sport du baccalauréat, Pierre a choisi le saut en hauteur et dépasse les 1 m 83. « J’avais eu une super note ! », se souvient-il. Une passion est née. Seulement un an après le bac, il dépasse les 2 m 06 ; mais son ultime record date de 1991 et a été réalisé à Lucerne en Suisse. C’était 2 m 26. « Mon record n’a toujours pas été battu en Alsace », ajoute Pierre, fièrement. Il n’est jamais parvenu à se qualifier pour les Jeux olympiques mais le sportif a été champion de France de national 2 en 1990, médaillé de bronze aux Jeux de la francophonie à Paris en 1994, sur cinq podiums en championnat de France de national 1, champion universitaire à trois reprises et sélectionné à huit reprises en Équipe de France. Finalement, Pierre dresse le bilan : « Il y a eu des réussites et des déceptions. » En 1996, à l’approche de la trentaine, « j’ai arrêté car ça ne me permettait pas de vivre », conclut-il.

Diplômé de l’IECS, Pierre est ensuite parti travailler dans l’industrie automobile à Paris jusqu’en 2001. Cette année-là, il se dit que « ça aurait été bien que mon frère ou moi revenions sur le domaine familial ». Alors, de retour en Alsace, il suit une formation professionnelle à Rouffach et reprend les rênes de l’affaire familiale. Aujourd’hui, son exploitation compte 23 ha de vignes biologiques et cinq employés à temps complet. À côté de ça, pour le plaisir, Pierre pratique le trail depuis deux ans. Pour lui, « le trail est un sport super convivial. Ce n’est pas contraignant et facilement praticable ». Toujours animé par l’esprit de compétition, il a fait deux courses en 2019 : le trail du Haut-Koenigsbourg de 25 km et la course de Barr. « L’objectif est avant tout de rester en forme, mais je ressens toujours ce besoin de compétition », complète-t-il.

Du côté d’Ergersheim, Pierre Schaffner court aussi mais avec un ballon aux pieds et ce, depuis une vingtaine d’années. Il a notamment joué seize ans à Ernolsheim-sur-Bruche où il évoluait en excellence. En benjamin, lui et son équipe ont été champions d’Alsace. Et plus récemment, en 2017, il a remporté la coupe du Crédit Mutuel. Pierre Schaffner évolue depuis deux ans à Duppigheim.

Publiée par Pierre Schaffner sur Mardi 11 juin 2013

En 2013, il s’associe à son frère Joël pour gérer les pépinières viticoles Schaffner d’Ergersheim, l’entreprise familiale de père en fils depuis les années 1940. Leur exploitation compte 12 ha de vigne, « soit 900 000 plants greffés annuellement, avec un taux de réussite oscillant entre 50 et 65 % », détaillent les frères. Il faut ajouter à cela 8 ha de grandes cultures en maïs. Pour concilier son sport et son métier, ce n’est pas le temps qui pose problème mais la charge physique. « Les entraînements sont le soir après 19 h 30. C’est souvent difficile d’y aller après une journée de travail », avoue Pierre.

« Une échappatoire »

Si tous semblent s’en sortir au mieux pour concilier leur activité professionnelle et leur sport, cette routine a ses hauts et ses bas. Avant tout, chacun tire le positif de son sport. Pour Pierre Bernhard, c’est un choix réfléchi : « La course, c’est ce qu’il y a de plus simple. J’ai essayé le vélo mais ça demande de faire de trop longues distances ; et la natation, c’est trop difficile en hiver. » Pierre Schaffner, lui, apprécie le rythme de la compétition : « Les matchs sont le dimanche et, en général, on ne travaille pas donc ça va. »

Le sport est aussi un moyen pour eux de s’évader. « Pour moi, la course à pied est une échappatoire, ça me permet de voir du monde », affirme Clarisse Salomon. Pour Pierre Schaffner, « une fois qu’on y est, ça fait du bien, ça nous permet de voir un peu autre chose, de se vider la tête, de se dépenser ». Viticulteur de métier, Pierre Bernhard explique que le sport est bénéfique dans sa situation. « Nous avons souvent des opportunités pour goûter des vins ou manger dans des bons restaurants : ça fait grossir. Le sport permet de réguler tout ça », plaisante-t-il.

Le cumul sport et métier d’agriculteur peut aussi avoir un effet néfaste. Pour Clarisse Salomon, son sport ne l’a jamais aidé dans son métier, et inversement. « J’ai quand même eu une bronchite à cause de ça », déplore-t-elle. Être sportif nécessite aussi souvent de faire des sacrifices. « Il faut forcément en faire, affirme Clarisse. Quand on fait du sport de haut niveau, il faut avant tout une bonne hygiène de vie. »

Taurillons scottish highlands à Reichstett

Des tondeuses à poils

Élevage

Publié le 19/08/2020

Johannes Egger, habitant de Reichstett, près de Strasbourg, est aussi chef de l’entreprise Espace couvert, dans la zone industrielle du village. Associé à un éleveur de Mothern, Frank Lehmann, Johannes s’est lancé dans la recherche de terrains pour faire pâturer leurs bêtes. Au détour d’une rencontre avec Rüdiger Störk, président de l’association patrimoine et histoire, et gérant du Fort Rapp de Reichstett, une idée est née dans l’esprit de Johannes : faire pâturer des animaux dans le fossé du Fort. Si des chèvres y sont en liberté depuis près de vingt ans, installer six taurillons scottish highlands est une autre paire de manches. Après avoir fait une demande officielle en mairie, le projet a été accepté. Il a alors fallu installer des abris et des espaces pour étancher la soif des animaux. Trois ans plus tard, les bêtes sont toujours là et la municipalité est « très satisfaite de ce qui a été fait, nous sommes prêts à continuer », affirme Patrick Eckart, adjoint au maire de Reichstett. Les bêtes vivent dans des conditions optimales et leur implantation au Fort se révèle bénéfique pour les deux partis.

« Des bêtes robustes »

Sur les six bêtes présentes au Fort, seules trois ont bien voulu se montrer ; le sac de pain tenu par Johannes Egger n’y est pas pour rien. Les taurillons, baptisés Hercule, Murphy et Neil, sont âgés de deux ans à deux ans et demi. L’un est de couleur noire et les deux autres sont roux. Les highlands existent en plusieurs coloris : « Le plus courant est le roux, mais ces vaches peuvent aussi être blanches, blondes, noires et grises », détaille Johannes.

Le fossé est un pâturage de choix pour les bêtes. « C’est très ombragé et toujours humide malgré l’été et la canicule, c’est très agréable », affirme Johannes Egger. Vivre à l’extérieur n’est pas un problème pour elles. « Ce sont des vaches robustes, habituées à vivre toute l’année à l’extérieur, elles ne craignent pas les intempéries », ajoute-t-il. Comparées à d’autres vaches, « elles sont courtes sur pattes ». Lorsque l’éleveur veut les caresser, il fait bien attention à tenir leurs cornes pour éviter tout accident regrettable.

Un pari gagnant

Au total, le cheptel de Johannes et Frank compte 65 animaux. S’il y en a encore une dizaine à Mothern, les autres sont disséminés sur plusieurs terrains : derrière l’entreprise Gebo et au Fort Rapp à Reichstett, ainsi qu’au Parc du Pourtalès, où elles sont d’ailleurs « trop nombreuses, il y a trop peu à brouter », déplore Johannes Egger. Si les vaches sont si éloignées de leur pâture d’origine, c’est pour une bonne raison : « Ici à Mothern, il n’y a pas beaucoup de pâtures, celles de Reichstett sont bonnes et ça m’arrange bien », explique Frank Lehmann, propriétaire des bêtes. « L’économie pour nous n’est pas très importante, elle représente la location d’un à deux hectares environ. C’est surtout un bon moyen de se faire connaître auprès de la population », conclut l’agriculteur.

Exploitant agricole depuis 2006, le mothemois, aidé de sa famille, élève et fait reproduire une trentaine de chevaux de trait ardennais. Il élève aussi une cinquantaine de porcs de la race schwäbisch-hällisches et des vaches highlands pour leurs viandes. Entre septembre et mars, les vaches de plus de trois ans et demi seront envoyées à l’abattoir de Sarrebourg. Trois semaines après l’abattage, la viande sera commercialisée sous vide, en vente directe.

Patrick Eckart, adjoint au maire de Reichstett depuis plus de trois mandats, a « personnellement donné l’aval pour ce projet ». Pour la commune, « les retombées sont avant tout économiques, nous n’avons pas besoin de passer la tondeuse et d’y assigner un agent communal », affirme l’adjoint. Pour lui, « c’est près de 2 000 euros qui sont économisés à l’année ». Le véritable avantage ne réside pas dans l’argent. D’après Patrick Eckart, c’est « la réduction de l’impact environnemental qui importe. Les vaches sont plus respectueuses de l’environnement qu’une tondeuse qui fonctionne à l’essence ». D’autres terrains du village auraient peut-être pu bénéficier du même service de tonte, avec highlands ou pas, mais « la commune ne dispose pas d’autres endroits permettant d’y installer des animaux », ajoute Patrick Eckart.

 

 

Libre cueillette à Stutzheim-Offenheim

Des légumes en liberté

Cultures

Publié le 18/08/2020

Diplômée de l’école d’ingénieur agronome de Beauvais, Laure Devivier se lance comme agricultrice en 2017, comme activité secondaire, avec la libre cueillette de fleurs. En parallèle, elle occupe un poste de conseillère agricole à la coopérative CT2F. Son compagnon exploite d’ailleurs 16 ha de tabac. En 2020, voyant que les fleurs plaisent, elle décide de passer à la vitesse supérieure. Elle quitte son emploi et le projet de libre cueillette de légumes voit le jour. Depuis mars 2020, c’est son activité principale, elle cumule la libre cueillette de fleurs sur huit points de vente et celle de légumes sur 3 ha. Si le confinement n'a pas repoussé l'ouverture de la cueillette en juin, il a retardé le montage de certaines infrastructures, ce qui n'était pas de tout repos pour Laure Devivier qui a travaillé toute la durée du confinement à la mise en place : « Tout a pris plus de temps, il y avait beaucoup de freins par rapport aux fournisseurs ». Mais depuis juin, les visiteurs sont au rendez-vous. La libre cueillette est ouverte jusqu'à fin octobre.

 

 

« Pour un retour à la terre »

La libre cueillette incarne le « do it yourself » (faites-le vous-même, en anglais), plus communément abrégé DIY. Si Laure Devivier préfère laisser les visiteurs cueillir au lieu de leur proposer des légumes déjà cueillis, « c’est avant tout pour le côté pédagogique, pour un retour à la terre », affirme-t-elle. Et forcément, si les légumes devaient être récoltés en amont, « la main-d’œuvre coûterait cher aussi », ajoute-t-elle. Elle espère ainsi participer au partage de bons moments. « Les gens viennent plus pour la balade, pour venir avec les enfants et passer du temps ensemble. »

Pour certains, c’est aussi l’occasion d’adopter de meilleurs comportements de consommation. Christophe Georg, client fidèle de la libre cueillette, accompagné de sa femme et de leurs petits enfants, souhaite « inculquer un certain retour à la nature, à la source, aux plus jeunes ». Méliha Jahic est venue avec sa fille. Habitantes d’Avenheim et cueilleuses pour la première fois, elles préfèrent « acheter local, même si ça demande l’effort de venir et cueillir, on est sûrs de savoir d’où ça vient ». Crise mondiale oblige, l’origine des produits est une question qui est revenue au cœur de l’actualité.

 

 

Manger local

Avec la situation sanitaire, « certains ont vraiment réfléchi à leur alimentation, ils se sont rendu compte qu’ils ne mangeaient pas forcément bien. Ils cherchent maintenant du local et prennent plus de temps pour se concentrer sur ce qu’ils mangent », remarque Laure Devivier. Le confinement a permis une certaine prise de conscience, que ce soit sur la santé physique ou la santé économique des Français. « Avec le confinement, on essaie de faire travailler les locaux. Pour notre santé, on se rend compte que c’est mieux aussi », affirme Méliha Jahic.

En tant que retraité, Christophe Georg « préfère venir souvent ». « Le confinement a conforté notre manière de voir les choses, même si on était déjà très proches de la nature. Il nous a encore plus rapprochés du circuit court. Par exemple, on essaie de manger des fraises lorsque c’est la saison », ajoute-t-il. Laure Devivier remarque que « la cueillette permet aux visiteurs de réapprendre les saisons, chose qu’ils ont tendance à oublier une fois en grandes surfaces ». Si Méliha Jahic ne craint pas les supermarchés, Christophe Georg « les évite encore et préfère aider les commerces de proximité ».

Des retours positifs

À deux mois de la fermeture de la cueillette pour l’année, Laure Devivier se félicite des premiers mois d’ouverture : « C’est un bon début, on reçoit des retours très positifs, il y a déjà des habitués, beaucoup cherchent de la qualité et la retrouvent ici. » En tant que chef d’exploitation, Laure a engagé deux saisonniers pour l’épauler et gérer toutes les variétés produites sur la parcelle : tomates, poivrons, aubergines, concombres, courgettes, radis, persil, haricots, petits pois, betteraves, melons, pastèques, salades, radis, carottes, choux, framboises, etc. Pour la libre cueillette, « la difficulté c’est de quantifier ». Elle utilise l’exemple des melons, qui étaient « bons et en quantité mais les visiteurs se sont rués dessus ». Les tendances de consommation peuvent très bien varier d’une année à une autre et c’est ce qui est difficile à gérer. Cette année, d’autres problèmes sont apparus : la chaleur et la sécheresse. « Le vent dessèche tout, c’est un coût et du temps supplémentaires, les légumes peuvent être brûlés. Les fortes chaleurs impactent aussi la venue des clients », affirme Laure Devivier. Pour l’année prochaine, elle a des idées : « Il peut y avoir un agrandissement, des cultures un peu nouvelles comme les plantes aromatiques. » « Une petite boîte à idées est disponible et les visiteurs peuvent y laisser leurs envies, on les relèvera en fin de saison », conclut-elle.

 

 

Concours photos « L’Alsace régale »

Le Civa s’offre un sondage

Vigne

Publié le 08/08/2020

Pour y participer, rien de plus simple. Il suffit d’être majeur afin de pouvoir commander en cave, bar, restaurant ou autre lieu proposant des vins d’Alsace. Une fois installé et servi, il faut dégainer son appareil photo et prendre le plus beau cliché possible de son verre ou de sa bouteille. Rendez-vous ensuite sur le site internet de l’évènement où il faut entrer quelques données personnelles, dire ce que le verre contient et où il a été dégusté, et bien sûr ajouter la photo. Sur ces quasi deux mois de concours, il est possible de jouer chaque semaine pour un lot différent. Pour l’instant, deux lots ont été remportés : une découverte d’un savoir-faire artisanal pour deux personnes en Alsace, ainsi qu’un dîner pour deux dans un restaurant gastronomique.

Soutenir les professionnels

L’objectif premier de ce concours, d’après Aurélia Sovic, chargée de relations publiques et presse au Civa, « c’est d’inviter le consommateur à déguster un verre de vin d’Alsace ». De cette manière, il soutient la filière et découvre des produits locaux. Mettre les fruits de la production viticole en avant peut permettre aux viticulteurs alsaciens de bénéficier d’une bonne publicité auprès du grand public. Le vignoble, déjà fragilisé par le débat sur les rendements, a aussi subi la crise sanitaire. Aurélia Sovic affirme que « L’Alsace régale » s’inscrit « dans la continuité de l’opération J’aime mon bistrot lancée pendant le confinement ». Elle revendique fièrement : « Le vignoble alsacien était d’ailleurs le premier à y participer. » Aurélia Sovic le répète à plusieurs reprises mais le mot d’ordre de l’opération est le soutien : « Ça tient à cœur au Civa », ajoute-t-elle. Dans ce concours, « les professionnels sont gagnants aussi », indique-t-elle. Effectivement, chaque établissement cité par le consommateur peut espérer remporter une récompense. Grâce à des affiches ou des QR codes autocollants fournis par le Civa, les professionnels peuvent maximiser leurs chances.

« L’avenir passera par l’apéritif »

La première semaine de concours s’est achevée et des tendances peuvent déjà être observées. Philippe Bouvet, directeur marketing du Civa, se félicite des premiers chiffres : « Près de 400 personnes ont participé, plus de 150 entreprises sont venues récupérer du matériel de communication au Civa et les retours positifs des professionnels sont nombreux. » Pour le Civa, une des ambitions phares de cette opération est de « désacraliser la consommation de vin ». Pour Philippe Bouvet, le vin crée trop d’interrogations chez le consommateur, qui craint de ne pas en savoir assez sur le produit, sa provenance par exemple. Un problème qui « n’est pas rencontré avec la bière ». C’est aussi ce qui fait la force, une chance de « casser les codes ». Le Civa observe d’ailleurs les tendances de consommation chez les jeunes : les moins de 35 ans consomment en majorité du vin blanc, selon Philippe. Pour le Civa, l’objectif est fixé : « L’avenir passera par l’apéritif. » En clair, si le vin convainc à l’apéritif, il convient aussi pour le repas. Entre tendance et soutien, il s’agit surtout de « redonner un coup de peps et de visibilité aux vins d’Alsace ».

 

 

 
 
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Un apéro pour séduire les restos, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

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