Auteur

Florence Péry

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Tournée des terroirs

Le Bollenberg et le Pfingstberg en têtes d’affiche

Vigne

Publié le 24/05/2023


1. Les membres du syndicat viticole d’Orschwihr, présidé par Frédéric Schmitt, se sont pleinement investis dans l’organisation de cette journée, dont la logistique est assurée par le Civa. Ils ont sélectionné 27 vins, disponibles au bar, dont les caractéristiques sont résumées dans un carnet de dégustation remis à chaque visiteur. Dans la famille des vins secs, je demande… le 7, un muscat 2020 du domaine Bernard Haegelin provenant du grand cru Pfingstberg.

2. Après celui sur les grands rouges du Bollenberg, le deuxième atelier du jour est une dégustation comparée de 11 vins issus du lieu-dit Bollenberg et du grand cru Pfingstberg. Le premier est à dominante calcaire, le second est marno-calcaro-gréseux. Il s’agit de repérer les marqueurs de chaque terroir sur des rieslings, indépendamment du millésime. Un exercice particulièrement utile dans le cas du Bollenberg, où le syndicat viticole a déposé des demandes de premier cru sur l’Effenberg, le Neuberg et le Luft. Deux ateliers spécifiques à ces futurs premiers crus du Bollenberg ont conclu la journée.

3. Tout est fait pour que les visiteurs puissent se détendre et profiter de l’instant présent : des voiles d’ombrage protègent le bar du soleil, des banquettes en palettes recyclées sont posées dans l’herbe haute. Des food-trucks assurent la restauration tandis que le DJ fait chauffer les platines.

4. Au programme de la journée, la visite des landes sèches du Bollenberg, un site classé Natura 2000 abritant une faune et une flore très particulières : orchidées sauvages, lézard vert, huppe fasciée… Claudia Caridi, du Parc naturel régional des ballons des Vosges, explique les interactions subtiles entre les plantes et leurs pollinisateurs.

5. Les abords de la chapelle Sainte-Croix, où l’on accède à pied en gravissant un chemin pentu, offrent un magnifique point de vue sur le vignoble et le village en contrebas. Il suffit de se poser sur un transat pour admirer le paysage.

Concours de jugement des animaux du Bas-Rhin

Caroline Goos et Alexandre Wendling terminent premiers

Élevage

Publié le 19/05/2023


En race prim’holstein, c’est Caroline Goos, de Blaesheim, qui a remporté le concours de jugement des animaux par les jeunes, samedi dernier à Brumath. Deuxième des trois sœurs Goos, la jeune étudiante de 19 ans participe au festival de l’élevage de Brumath depuis l’âge de 11 ans. Elle s’est inscrite au concours de pointage avec une petite appréhension, celle de ne pas « être à la hauteur de sa sœur » Marie, qui a déjà été sélectionnée deux fois pour la finale du concours à Paris. La voici donc rassurée, et doublement rassurée puisqu’elle s’est aussi classée championne réserve au concours des jeunes présentateurs dans la catégorie « séniors », un titre équivalent à la deuxième place. De quoi donner la larme à l’œil à son père, Frédéric Goos, éleveur à Blaesheim.

En race charolaise, Alexandre Wendling, de Dauendorf, se classe premier du même concours. En seconde au lycée agricole d’Obernai, le lycéen de 16 ans avait déjà participé l’an dernier à l’épreuve, sans remporter de prix. Celui qui se destine à reprendre la ferme familiale par goût des animaux et parce que dans le métier d’agriculteur, « il n’y a jamais de routine » n’était pourtant a priori, pas un familier des races à viande : ses parents sont à la tête d’une ferme de 90 vaches laitières. Mais il s’est laissé guider par les explications données au début de l’épreuve par Eric Lukatschewitsch, technicien en races allaitantes chez Elitest.

32 candidats, dont quelques-uns venus de la Moselle voisine, participaient cette année à ce concours de jugement des animaux par les jeunes organisé par les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin. Avant de se lancer dans l’évaluation d’une primipare prim’holstein, ils ont pu se familiariser avec les critères de jugement spécifiques aux races laitières, en particulier ceux relatifs à la mamelle, à la capacité laitière, à la solidité du bassin et aux membres, ainsi qu’à la morphologie. Laurélie Martin, technicienne chez Prim’holstein France leur a expliqué l’importance des différents postes, ainsi que le système de notation, basé sur une grille de 1 à 9. L’exercice consistait à se rapprocher le plus possible du pointage réalisé par la technicienne. En race charolaise, Eric Lukatschewitsch a détaillé tous les postes à incidence économique à considérer à partir d’une génisse charolaise de presque trois ans : développement musculaire, développement squelettique, aptitudes fonctionnelles notamment.

Durant la soirée, Yannis Baltzer, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, a remis leurs prix aux cinq premiers candidats dans chaque catégorie. Caroline Goos et Alexandre Wendling représenteront le Bas-Rhin à la finale de jugement des animaux par les jeunes, l’an prochain au Salon de l’agriculture à Paris.

Association pour la promotion des asperges d’Alsace

Situation compliquée sur le marché de gros

Vie professionnelle

Publié le 10/05/2023


Si elle a démarré relativement tôt dans les secteurs précoces, la récolte des asperges a tardé à décoller en raison des températures fraîches de début avril. Au 25 avril, elle était bien lancée, selon Jean-Charles Jost, président de l’Association pour la promotion des asperges d’Alsace. « La vente directe est importante et prend de l’ampleur d’année en année. Le consommateur a pris le pli de venir acheter à la ferme et ça fonctionne très bien », rapporte-t-il.

Sur le marché de gros, en revanche, la situation est plus compliquée. « Nous sommes régulièrement en concurrence avec l’asperge des Landes et la pression est de plus en plus forte », constate Jean-Charles Jost. Les coûts de production et les conditions météorologiques, cependant, ne sont pas les mêmes en Alsace que dans le sud, souligne le président de l’association. « Nous avons de plus petites structures, notre parcellaire est plus morcelé et nos rendements sont moindres. Avec des charges plus importantes au kilo, on ne peut pas vendre au même prix que les Landes. » L’Alsace n’est pas la seule région affectée par cette concurrence : d’autres bassins de production ont du mal à vendre leurs asperges, indique Jean-Charles Jost.

Sans modération

L’Association pour la promotion des asperges d’Alsace, quant à elle, ne ménage pas ses efforts pour faire connaître les atouts de la production locale : sa valeur gustative et sa fraîcheur en font un produit de choix pour les consommateurs alsaciens et du Grand Est. Dans ces conditions, pas besoin de faire venir des asperges des Landes. « C’est un non-sens écologique et économique de faire faire 1 000 km à une asperge », insiste Jean-Charles Jost, en invitant à consommer l’asperge d’Alsace « sans modération ». Un message reçu par la représentante de la Région Grand Est, Irène Weiss, et le conseiller d’Alsace Jean-Philippe Maurer, et repris par le président de l’interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), Pierre Lammert.

 

Organisé au magasin de producteurs l’Ilot de la Meinau, à Strasbourg, l’afterwork s’est prolongé par une présentation des stands des partenaires de l’association et par une dégustation. De la salade d’asperges aux agrumes au cappuccino d’asperge verte et blanche à la tome en passant par les asperges au barbecue, celle-ci a permis à plusieurs chefs de faire la démonstration de leur créativité culinaire.

Commerce

« Rechercher des clients plutôt que les attendre »

Vigne

Publié le 04/05/2023


En ce deuxième jeudi d’avril, la porte du domaine Sylvie Fahrer et fils est largement ouverte sur la rue. Des tables individuelles et des chaises sont disposées dans la cour pavée. Les décorations de Pâques ornent les murs. Les premières fleurs réchauffent les banquettes de leurs couleurs acidulées. Dans le local couvert qui prolonge la cour, de longues tablées et des bancs sont installés devant le comptoir lambrissé. Titulaire d’une licence 3, le domaine peut vendre tout type de boissons en dessous de 18° d’alcool, à commencer par ses propres vins qui sont proposés au verre avec du saucisson. « Nous sommes ouverts tous les jours sauf le dimanche, à l’exception du mois de janvier, explique Raphaël Bossert. Aux beaux jours, les gens s’installent dans la cour pour boire un verre de vin, une bière ou un café. Même les habitants du village viennent ici le week-end. »

Depuis qu’il a rejoint le domaine familial en 2011, après une carrière militaire de quelques années, le trentenaire a développé l’accueil au point d’en faire une carte maîtresse de sa stratégie commerciale. « Mon but, en revenant ici, était de faire en sorte que mon salaire soit payé par l’augmentation du chiffre d’affaires. » Sa mère, Sylvie, et le compagnon de celle-ci avaient ouvert la voie dix ans plus tôt en aménageant des chambres d’hôtes dans le logement accueillant autrefois les vendangeurs. À l’époque, il s’agissait de faire repartir les ventes en bouteilles mises entre parenthèses après le décès du grand-père de Raphaël. « Mes grands-parents vendaient 80 000 à 100 000 bouteilles dans les années 1970. Lorsque mon grand-père est décédé, ma mère et ma grand-mère ont mis une partie des vignes en location et se sont recentrées sur le vrac et la vente de raisins », retrace Raphaël. L’accueil en chambres d’hôtes représente « un vrai plus pour vendre du vin », dans un domaine qui ne fait alors ni salons, ni export.

De la visibilité pour tous

Raphaël organise les premières portes ouvertes en 2012, sous la forme d’un marché de Pâques avec petite restauration et musique. La formule prend. « C’est devenu un gros événement. Aujourd’hui, on sert plus de 250 repas sur la journée. Je fais venir cinq collègues vignerons d’autres régions - Corbières, Côtes du Rhône, Bourgogne, Armagnac, Gaillac - ainsi qu’un distillateur alsacien et un brasseur vosgien. Ce sont deux jours de plaisir et de rencontres avec nos clients respectifs. » Chacun y trouve son compte : Raphaël donne plus d’attractivité à ses portes ouvertes, tandis que ses collègues, qui sont logés gratuitement dans les chambres d’hôtes, peuvent vendre leur production à moindres frais. L’événement, programmé cette année le week-end de l’Ascension, « apporte de la visibilité à tous ».

En parallèle, Raphaël se lance dans les salons : des petits pour commencer, puis de plus gros. « Tout n’a pas marché. Au début, j’ai essuyé quelques échecs. » Il s’est obstiné, convaincu qu’il valait mieux « rechercher des clients plutôt que de les attendre. » Aujourd’hui, il participe à une dizaine de salons par an, dont plusieurs salons des Vignerons indépendants (Paris, Lyon et Bordeaux). Il met à profit ces occasions pour essayer de renouveler la clientèle en attirant les jeunes. Certaines cuvées leur sont spécifiquement dédiées, comme le « Je ne sais pas ». Cet assemblage de trois cépages, qu’il a voulu de qualité mais abordable en prix (8,10 €/col), représente aujourd’hui une bouteille vendue sur six. Il mise aussi sur les crémants, une production récente pour le domaine, sur le rouge de Saint-Hippolyte et les sélections parcellaires, qu’il développe. « Dans les salons, je suis mon propre office du tourisme, je distribue des flyers sur nos chambres d’hôtes. Nous avons la chance d’être dans une région très touristique, toutes mes réflexions visent à faire venir ou revenir la clientèle au domaine. »

La mise à l’arrêt de l’activité touristique, en 2020-2021, puis son lent redémarrage ont conduit à développer d’autres événements sur le domaine : le Vit’apéro, un apéritif-concert organisé un vendredi soir par mois l’été dans un espace guinguette aménagé à l’arrière du bar, mais aussi tout un programme de visites et dégustations, accessibles en quatre langues, dont l’espagnol. Pour élargir les débouchés, Raphaël parie également sur l’export. Natalia Umbrazun, la commerciale du domaine, a effectué récemment deux voyages de prospection en Espagne et en Angleterre et devrait se rendre au Chili d’ici la fin de l’année. Elle a également participé au salon professionnel Wine Paris en février. Raphaël espère atteindre 10 à 15 % du chiffre d’affaires à l’export à plus ou moins brève échéance. Un objectif qu’il s’est fixé alors qu’il vient de s’associer avec un collègue pour exploiter 8 ha supplémentaires. Des surfaces qui sont encore sous contrat avec une coopérative.

 

 

Fleurs et plantes d’Alsace

Des conseils pour un fleurissement économe en eau

Pratique

Publié le 27/04/2023


L’été dernier, les restrictions d’usage de l’eau prises dans le cadre d’un arrêté sécheresse avaient semé l’émoi chez les horticulteurs alsaciens. Interdiction était faite aux communes de certains secteurs d’arroser les massifs fleuris en raison du manque d’eau. Cette année, les membres du groupement Fleurs et plantes d’Alsace prennent les devants en rappelant quelques conseils élémentaires pour un fleurissement plus économe en eau. Réunis à la jardinerie Tropix, à Strasbourg Koenigshoffen le 14 avril, ils soulignent que les plantes cultivées localement par les professionnels sont aussi celles qui résistent mieux à la sécheresse. Parce qu’elles ont été choisies pour leur adaptation aux conditions locales, précisément, qu’elles ont été « chouchoutées » dès le départ, ont grandi dans un terreau de qualité et qu’elles ont développé un système racinaire vigoureux.

 

Des astuces et des plantes succulentes

Ainsi en est-il du géranium, qui reste « la colonne vertébrale du fleurissement en Alsace » selon Christian Romain, le président du groupement. Originaire d’Afrique du Sud, la star des jardinières ne craint pas les conditions climatiques estivales extrêmes. Le bégonia aussi résiste bien à la sécheresse, de même que la pervenche de Madagascar, l’asparagus et l’euphorbe, qui appartient à la famille des « plantes succulentes » (qui stockent l’eau dans leurs organes). Ceux qui aiment les surfinias ou les ipomées veilleront à les utiliser en mélange avec d’autres végétaux, conseille pour sa part Stéphane Schwarz, horticulteur à Geudertheim. À ses clients, Laurent Sonnendrucker délivre quelques astuces en plus : espacer davantage les plants, pailler entre les végétaux, s’assurer que le contenant est suffisamment grand pour retenir l’eau.

Dans leur activité de production, les horticulteurs sont également confrontés à la nécessité d’économiser l’eau. Sur son site de Strasbourg, Laurent Sonnendrucker récupère les eaux de pluie provenant des toits de ses serres dans deux cuves enterrées d’une capacité de 200 m3. Celles-ci lui permettent de couvrir 90 % des besoins en eau de son cycle annuel de culture. Pour l’heure, elles sont remplies à 80 %, ce qu’il juge correct. La production des plantes destinées au fleurissement estival se fait sur table. Celles-ci sont remplies d’eau à intervalles réguliers - tous les deux-trois jours à cette époque de l’année et jusqu’à deux fois par jour en plein été - pour que les végétaux puissent y pomper l’eau dont elles ont besoin. Ce procédé, appelé la subirrigation, est utilisé de longue date par les professionnels. L’eau qui n’est pas utilisée par les plantes repart en circuit fermé. Les serres de l’horticulteur sont également équipées de rideaux qui protègent les cultures en cas d’ensoleillement excessif et limitent l’évaporation.

Magazine

Tournée des terroirs : le Rittersberg en ouverture

Vigne

Publié le 21/04/2023


Chaque dimanche du 23 avril au 30 juillet, la Tournée des terroirs va faire étape dans 15 lieux-dits de la Route des vins d’Alsace. Conçue par l’interprofession à l’occasion des 70 ans de la Route des vins d’Alsace, cette tournée vise à mettre en lumière la diversité incomparable des terroirs viticoles de la région. Les faire découvrir ou redécouvrir à ceux qui les connaissent déjà, mais aussi les faire parcourir, sentir, toucher, goûter : l’événement, qui se déroulera en plein cœur des vignes, repose sur une approche « immersive et pédagogique » des terroirs.

Pour cette opération d’envergure, le Civa avait lancé un appel à candidatures auprès des professionnels alsaciens. 32 collectifs se sont manifestés. Au final, 15 candidatures ont été retenues. « Nous avions un cahier des charges assez strict par rapport aux sites et aux programmes proposés, explique Mathias Herqué, chef de projet de la Tournée des terroirs. C’est ce qui nous permis de trancher. » Les contraintes d’accès et d’espace, notamment, ont joué puisqu’il fallait trouver des lieux accessibles permettant d’accueillir entre 300 et 500 personnes, jauge fixée pour cette première manifestation œnotouristique « d’un autre genre ». Certains syndicats viticoles, comme à Wintzenheim ou Ribeauvillé, ont trouvé la parade : ils ont prévu d’acheminer les participants dans les vignes en navette ou par petit train depuis un parking.

Une trame commune

Si les animations proposées dans le cadre de la Tournée des terroirs varient d’un site à l’autre, chaque étape repose sur une trame commune alliant un volet détente et un volet découverte avec trois types d’ateliers différents. L’entrée est fixée à 5 €, quel que soit le site. Elle donne droit à un kit de dégustation comprenant un verre, un tour de cou et un carnet de dégustation, ainsi qu’à un forfait de dégustation de trois vins. Les visiteurs auront accès à un bar éphémère pour y déguster grands crus, vins de lieux-dits et appellations communales, ainsi qu’à un espace restauration proposant aussi bien des mets locaux que des spécialités du monde. L’ambiance décontractée sera de mise grâce à un espace détente et à une animation musicale assurée par un DJ. Des ateliers dégustation, d’approfondissement ou des ateliers « en mouvement », différents en fonction des lieux, permettront d’appréhender les particularités de chaque terroir. Ces ateliers, qui peuvent être gratuits ou payants, nécessitent une réservation préalable. Le 19 avril, aucun n’était encore complet, « mais le rythme des réservations s’accélère au fur et à mesure qu’on se rapproche de la date de l’événement », constate Mathias Herqué.

À Scherwiller, première étape de la Tournée, les vignerons proposeront par exemple trois ateliers dégustation : autour de la communale de Scherwiller, autour du lieu-dit Rittersberg et un dernier axé sur les secrets du crémant d’Alsace. Un atelier d’approfondissement sur la minéralité des vins d’Alsace est organisé en parallèle, ainsi que deux ateliers itinérants « à l’assaut de l’Ortenbourg » et à la découverte des plantes comestibles qui peuplent les vignes. À Orschwihr, le 21 mai, ce sont les grands rouges du Bollenberg qui seront mis en avant tandis que les rieslings issus de ce même lieu-dit seront comparés à ceux provenant du grand cru Pfingsberg. À Molsheim, le 4 juin, une dégustation horizontale des vins de Molsheim sera suivie d’une verticale de grand cru Bruderthal. À Wuenheim, le 18 juin, un botaniste fera découvrir la flore endémique du grand cru Ollwiller. À Bergbieten, le 30 juillet, l’atelier « en mouvement » prendra la forme d’une balade cyclable à la découverte des vignes et des communes du fossé de Balbronn.

Manifestation collective - elle associe 150 entreprises du vignoble -, la Tournée des terroirs se veut aussi un événement responsable. En favorisant les circuits courts, le recyclage et le réemploi des matériaux, le Civa et ses partenaires se sont fixé pour objectif de minimiser autant que possible l’impact environnemental de cette manifestation.

Mondial des vins blancs 2023

Un sylvaner du domaine Xavier Muller sur la plus haute marche

Vigne

Publié le 21/04/2023


Les vins d’Alsace figurent régulièrement au palmarès du Mondial des vins blancs. La 25e édition du concours ne déroge pas à la règle. C’est un vin du domaine Xavier Muller, à Marlenheim, qui obtient le grand prix du jury (lire article ci-dessous). Le vigneron, qui s’est lancé dans la bouteille il y a tout juste 20 ans, ne pouvait rêver meilleure récompense. Sa cuvée Émile 2020 obtient la meilleure note parmi les 660 échantillons présentés. Deux autres vins d’Alsace reçoivent le trophée « vins secs » dans leur catégorie respective : un muscat 2022 du domaine Ruhlmann fils à Scherwiller et un riesling grand cru Kirchberg de Ribeauvillé du domaine Bott frères à Ribeauvillé (lire encadré).

Si l’Alsace est bien représentée sur les plus hautes marches du podium, les jurés ont aussi récompensé cinq vins de la République tchèque : c’est un chardonnay réserve 2018 élaboré par le domaine Vinarstvi AS, à Ratiskovice, qui remporte le prix Vinofed attribué au meilleur vin sec toutes catégories confondues (moins de 4 g/l de sucres résiduels) et le trophée « vins secs » dans sa catégorie. Le même domaine obtient le trophée « vins secs » pour trois autres vins : un pinot blanc 2019, un pinot gris 2018, tous deux élevés en barrique et un sauvignon réserve 2018. Un autre domaine tchèque s’adjuge la récompense dans la catégorie sylvaner, avec un vin de 2020. Si les plus hautes distinctions ont été dévoilées dès le lendemain du concours, il faudra attendre le 25 avril à 18 h pour connaître le nom des médaillés d’argent, or et grand or et des coups de cœur. Ils seront publiés sur le site internet du concours. Tous les médaillés seront ensuite référencés sur la plateforme winesearcher.com. Ce référencement, ainsi que la mise en avant sur le site du concours et les réseaux sociaux, contribuent à la notoriété des vins récompensés. Rappelons que le nombre de médailles décernées ne peut dépasser 30 % des échantillons, selon les normes de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), qui patronne le concours depuis douze ans.

25 nationalités différentes

Pour cette 25e édition, les organisateurs ont fait appel à des jurés de 25 nationalités différentes. Les dégustations ont donné lieu à des échanges riches, nourris, entre participants, dont certains sont devenus des habitués. Au niveau des échantillons, les organisateurs ont constaté une recrudescence des vins d’Espagne, et une présence toujours forte des vins européens (France, Italie, Suisse, Portugal). Pour la seconde fois, Strasbourg Events avait ouvert les portes du concours gratuitement à l’Ukraine, qui proposait une vingtaine d’échantillons. Deux expertes ukrainiennes figuraient également parmi les jurés. Une façon de soutenir la viticulture de ce pays meurtri par la guerre.

Au salon des vins un temps envisagé dans le prolongement du concours, les organisateurs ont finalement préféré un programme de onze masterclass. Ouvertes aux professionnels et aux amateurs éclairés, celles-ci étaient consacrées à des thèmes aussi variés que les vins du Texas, le terroir de Tokaj ou les vins blancs et sakés du Japon. La masterclass sur le grand cru Rangen de Thann, animée par Serge Dubs, meilleur sommelier du monde 1989, a fait le plein de participants. Le classement récent de ce terroir parmi les douze meilleurs au monde par la revue Decanter n’est sans doute pas étranger à ce succès.

Stratégie

« Accompagner la vigne et les vins comme des enfants »

Vigne

Publié le 16/04/2023


Issu de la réunion de deux exploitations familiales, l’une située à Andlau, la seconde à Blienschwiller, le domaine Moritz compte 10 ha de vignes. Claude et Marie-Agnès Moritz, désormais retraités, sont à l’origine de cette réunification. Ils ont cultivé jusqu’à 12 ha, avant de résilier, voici quelques années, le bail de deux grandes parcelles qu’il aurait fallu restructurer de A à Z. Leur gendre Jelmer Witcamp, époux de leur fille Caroline, se prépare alors à reprendre le domaine et à passer en HVE (haute valeur environnementale). Une transition accomplie presque sans effort. Elle précède de peu la conversion du domaine à l’agriculture biologique, dont la mise en œuvre réclame autrement plus de temps et d’énergie. « Cela nous a confortés dans l’idée qu’il valait mieux se séparer de ces 2 ha qui ne nous appartenaient pas pour se consacrer aux 10 ha restants, dont 2 ha ne sont pas mécanisables en tracteur. » Le parcellaire actuel se répartit sur cinq communes, dont 7 ha situés autour de Blienschwiller et 3 ha autour d’Andlau. Il compte quatre terroirs classés grands crus, dont 1 ha situé sur le Kastelberg. Ses 30 à 40 % de pente et ses 800 m de murets en pierres sèches en font « un chef-d’œuvre », qui ne se travaille qu’à la main. Jelmer estime y consacrer 20 % de son temps de travail annuel. « C’est un magnifique terroir, mais il demande un engagement très physique et très intense », dit-il.

La conversion bio a été officiellement engagée à l’automne 2021, avec l’objectif d’une labellisation en 2024. « Le bio, c’est un minimum pour un vigneron indépendant qui veut s’implanter sur le marché international », assure Jelmer, qui s’en est rendu compte en démarchant des clients à l’export. Un minimum qui demande cependant des investissements : il s’équipe d’une faucheuse autoportée pour tondre l’herbe dans l’interrang et se passer d’herbicide, d’un interceps pour maintenir le cavaillon propre. Prochaine étape : l’acquisition d’un motoculteur pour travailler légèrement le sol dans les pentes, où l’enherbement un rang sur deux a laissé la place à un enherbement total. Une stratégie sur laquelle il est en passe de revenir. « Dans les vignes en forte pente, l’enherbement est nécessaire pour retenir le sol mais il pompe l’eau, ce qui a une incidence énorme sur le rendement, surtout en année sèche », constate le vigneron, qui a commencé à restructurer ses parcelles de grand cru en agrandissant les tournières pour pouvoir travailler le sol à la machine. La tâche est énorme : « On a fait une soixantaine de rangs l’an dernier, on en fera entre 30 et 40 cette année, surtout sur le Kastelberg et le Wiebelsberg. » Jelmer aimerait investir dans un chenillard pour le travail du cavaillon, les traitements et le rognage. Il sait que le coût d’un tel outil est élevé, de l’ordre de 25 000 €.

S’agissant de la protection des vignes contre les maladies et ravageurs, le vigneron a repris de son beau-père l’habitude de ne traiter qu’en cas de nécessité. Il passe beaucoup de temps à observer l’état sanitaire des vignes et suit les recommandations des conseillers de la Chambre d’agriculture Alsace. « Une grande partie des vignes sont en coteaux. Cela joue en notre faveur », justifie-t-il. Cela ne l’empêche pas de miser sur la prévention en adaptant la taille. Sur les premiers pieds, il laisse une baguette au lieu de deux pour permettre une meilleure circulation de l’air dans les rangs. De quoi réduire le risque de propagation des maladies. Résultat : en 2021, où le mildiou et l’oïdium ont frappé fort, le domaine n’a pas été plus touché que cela.

Un pressurage lent

Animé par la volonté de trouver du sens à ce qu’il fait - c’est ce qui l’a amené à quitter son pays natal, les Pays-Bas, où il travaillait dans le numérique -, Jelmer considère que le plus important est « de s’occuper de la vigne et des vins, de les accompagner comme des enfants ». La récolte est manuelle pour tous les raisins destinés à la vente en bouteille, le reste est vendangé à la machine par un prestataire et vendu à un négociant. Le domaine a arrêté la vente en vrac il y a quelques années. Le pressurage, réalisé sur pressoir pneumatique dans la cave d’Andlau, est lent : 7 h en général. « Tout est vinifié sur levures indigènes, 90 % en foudre, à l’exception des petites parcelles qui sont mises dans l’inox », précise Jelmer, qui se veut peu interventionniste en cave. Le vigneron pense investir cette année dans la régulation de température pour ses cuves inox : « avec le dérèglement climatique, il est important de bien débourber si l’on veut être très pointu et tendre vers la vinification sans intrants. » Il s’autorise tout de même le soufre en sortie de pressoir, voire au soutirage, qui lui semble indispensable pour permettre aux vins de voyager loin.

Le domaine Moritz, dont le caveau est situé à Blienschwiller, vend 70 % de sa production en France, essentiellement auprès des particuliers, 20 % en Allemagne et 10 % aux Pays-Bas. « Les Hollandais sont convaincus que le vin allemand est meilleur que le vin d’Alsace. Il y a du travail à faire pour améliorer sa réputation sur ce marché », constate Jelmer qui ne ménage pas ses efforts pour vendre les vins du domaine dans son pays d’origine. Il travaille déjà avec plusieurs importateurs et participera bientôt à un salon aux Pays-Bas par l’entremise du Civa. Le vigneron cible aussi l’Asie, en particulier le Japon et la Corée du Sud, où il a réalisé une tournée de prospection en 2022.

Mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC)

Montagne : menace sur les landes ?

Pratique

Publié le 13/04/2023


Associés du Gaec Ferme Huckert, Jean-François Huckert et sa sœur Jacqueline élèvent des vaches allaitantes en production principale. Ils engraissent également des porcelets. La viande est vendue en direct, via le drive fermier de Schirmeck, le magasin de producteurs de Wisches, et La nouvelle douane, à Strasbourg. Outre 60 à 65 mères allaitantes et leur suite, ils possèdent également une vingtaine de chèvres qui entretiennent certaines parcelles non mécanisables. Les vaches allaitantes contribuent aussi à l’entretien des terrains. « Avant, on avait beaucoup plus de vaches allaitantes, mais on a réduit leur nombre pour faire des chevaux en pension. Avec les bovins, la rentabilité devient difficile, d’autant qu’on n’a plus accès aux pulpes surpressées », explique Jean-François Huckert. L’exploitation a la particularité d’avoir beaucoup de surface - 200 ha - mais peu de terrains fauchables, entre 40 et 50 ha. Ce qui fait que le Gaec est peu autonome en foin l’hiver.

La moitié des surfaces de l’exploitation sont des landes. Les associés du Gaec ont souscrit des mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC), qui ouvrent droit à des aides compensant les contraintes de production sur ces terrains difficiles. Pour les landes, il existe trois niveaux de contraintes, auxquels correspondent trois niveaux d’aides. Le niveau le plus élevé prévoit l’absence d’apport de fumier, pas de fauche ni de produits phytosanitaires, mais un entretien mécanique par an (broyage des genêts). Le niveau le moins contraignant - et le moins rémunérateur - prévoit l’apport de fumier en quantité limitée et l’obligation d’un entretien tous les cinq ans. Le niveau intermédiaire oblige à un entretien mécanique trois ans sur cinq. Pour pouvoir épandre tout leur fumier, certaines exploitations - c’est le cas de la ferme Huckert - souscrivent le niveau le moins contraignant sur une partie de leurs landes.

Chevauchement et non-cumul

Souscrites en 2020, les MAEC vont prendre fin en 2024. Avec la réforme de la Pac, de nouveaux contrats sont proposés aux agriculteurs à compter de ce printemps. Ceux-ci vont se chevaucher avec les anciens. Dans le nouveau dispositif, les conditions de souscription pour les landes se durcissent. Les explications de Stéphane David, conseiller à la Chambre d’agriculture d’Alsace (CAA). « Dans le projet agro-environnemental (PAE) déposé, il y a une boîte à outils nationale avec une vingtaine de mesures. Nous en avons pioché cinq pour la montagne. Jusqu’ici, il existait deux dispositifs : un premier dispositif cumulant des mesures « système », pour lesquelles chaque hectare de l’exploitation est engagé, et des mesures localisées. Ces mesures localisées, au nombre d’une vingtaine en Alsace, pouvaient concerner des landes, des prairies humides, des chaumes… Un deuxième dispositif ne contenait que des mesures localisées. Dans la nouvelle mouture, les deux dispositifs sont maintenus, mais le cumul de la mesure « système » et de la mesure « lande » n’est plus possible dans le premier dispositif. » L’impossibilité de cumuler les deux mesures fera baisser le niveau de compensation de 204 €/ha à 72 €/ha, soit une diminution de plus de la moitié de l’aide MAEC. De plus, avec la mesure « lande », il ne sera plus possible d’épandre du fumier. Tous ceux qui, comme Jean-François Huckert, ont besoin des landes pour assurer leurs besoins d’épandage ne pourront donc plus souscrire cette mesure. Enfin, les agriculteurs signataires de nouveaux contrats MAEC seront soumis à un plafond de 10 000 à 12 000 € d’aides, qui sera définitivement fixé en fonction du nombre de dossiers déposés.

« Dans ces conditions, le risque est que les agriculteurs ne veuillent plus exploiter certains terrains, les landes en particulier. Les terrains en pente, avec des rochers, qui ne sont pas mécanisables sont les plus exposés à ce risque », estime le conseiller de la CAA. Pour Jean-François Huckert, qui est aussi président de la section cantonale montagne de la FDSEA du Bas-Rhin, c’est « illogique. Les communautés de communes ont investi de l’argent public pour rouvrir les paysages. Cette politique est remise en cause », dit-il. Les remontées effectuées auprès des élus depuis plus d’un an n’ont apporté aucune solution à ce jour.

Productions végétales

L’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace a 20 ans

Vie professionnelle

Publié le 08/04/2023


Depuis 20 ans, l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) se mobilise pour assurer leur promotion auprès des distributeurs et des consommateurs alsaciens. Ce faisant, elle contribue au développement de la production de fruits et légumes, en particulier celle de produits emblématiques de l’Alsace, comme le chou, l’asperge, le raifort, la quetsche. Pierre Lammert, président de l’Ifla, l’a rappelé en ouvrant l’assemblée générale de l’interprofession, le 22 mars à Schiltigheim. Elle accompagne également la création de nouvelles filières, comme les légumineuses, et assiste les différents opérateurs dans le montage des dossiers de subvention.

Les producteurs alsaciens bénéficient d’un accompagnement technique grâce aux stations d’expérimentation, Verexal et Planète Légumes. Et d’un accompagnement financier grâce aux aides de la Région Grand Est qui subventionne certains investissements nécessaires à leur activité. Un deuxième contrat de filière a été signé en septembre dernier. « Nous étions les premiers à signer un contrat de filière », rappelle Pierre Lammert en remerciant la Région Grand Est pour les moyens accordés. Au dernier Salon de l’agriculture, le ministre de l'Agriculture a détaillé son plan pour la souveraineté pour les fruits et légumes. Ce plan repose sur un constat : « Aujourd’hui, 50 % des légumes consommés en France sont importés. Depuis 2020, la France a perdu 14 points d’approvisionnement et la tendance ne fait que s’accentuer. L’objectif du ministre est de gagner 5 points de souveraineté d'ici 2030 et 10 points d'ici 2035. » Parmi les quatre stratégies proposées, l’une intéresse plus particulièrement l’Ifla : renforcer la dynamique de consommation des fruits et légumes dans le modèle alimentaire.

« On ne rognera pas sur la communication »

C’est dans cet esprit qu’elle a organisé le Plus grand show des fruits et légumes de France, en septembre dernier à Illkirch-Graffenstaden : un jardin extraordinaire, des dizaines d’animations et de démonstrations culinaires, plus de 40 ateliers pour les scolaires, des rencontres avec les professionnels… « Tout était là pour assurer la réussite de cette manifestation », assure Pierre Lammert, dont l’équipe n’a pas ménagé sa peine. Mais les choses ont tourné autrement. Si les deux premières journées se sont déroulées sous le soleil, la pluie et le froid se sont invités dès le samedi, décourageant les visiteurs. Résultat : seules 16 000 entrées payantes ont été enregistrées, alors qu’il aurait fallu « entre 35 000 et 40 000 entrées pour atteindre le point d’équilibre » de la manifestation. Les surcoûts liés à la sécurité du site et l’engagement moins important qu’espéré de certaines collectivités ont achevé de plomber les comptes. Le déficit de 200 000 € a pu être réduit grâce à une renégociation avec les fournisseurs et à des contributions supplémentaires des membres de l’Ifla. Il impacte tout de même les comptes de l’interprofession, qui achève l’exercice 2022 avec une perte de 56 000 €. Pierre Lammert, dont c’est la dernière année de présidence, s’engage à « tout faire pour que la situation financière soit à nouveau saine d’ici la fin de l’année 2023 ».

Une rétrospective en images a permis de se remémorer les grandes étapes de la vie de l’interprofession : sa création sous l’égide de la Région Alsace, le lancement des différents visuels et emballages aux couleurs des fruits et légumes d’Alsace, l’élargissement des différents collèges, le lancement des grands événements autour des fruits et légumes d’Alsace (Soleil et saveurs d’automne), la formation des chefs de rayon, la création du concours d’étalage… Sarah Guntz et Yannick Wir, les deux animateurs de l’Ifla, ont plus particulièrement retracé le bilan des actions entreprises en 2022, des lancements de produits de saison aux différents partenariats permettant de mettre la marque Fruits et légumes d’Alsace en avant. En 2023, les dépenses seront plus contraintes, « mais on ne rognera pas sur la communication », promet Pierre Lammert.

Une forte attente autour des produits locaux

Denis Digel, le président de la coopérative Les maraîchers réunis de Sélestat, est revenu sur le contexte dans lequel a été créée l’interprofession. Les producteurs alsaciens subissaient alors une grosse concurrence de la part de leurs collègues allemands. Adrien Zeller, le président de la Région Alsace de l’époque, pousse à la création de l’Ifla pour permettre à la filière de mieux s’organiser. « En 20 ans, beaucoup de travail a été fait, cela a été très bénéfique pour la filière. Aujourd’hui, le marché est mûr, il y a une attente forte autour des produits locaux. Ce n’était pas le cas à la fin des années 1990, où les produits venaient de partout sauf de chez nous », rappelle-t-il.

De nouveaux enjeux se posent désormais à la filière, comme le renouvellement des générations dans les exploitations. Dans ce contexte, le soutien des pouvoirs publics, comme celui de la Chambre d’agriculture Alsace, est plus que jamais nécessaire, souligne le président de la coopérative maraîchère, qui salue Pierre Lammert pour le travail accompli durant 20 ans. L’augmentation des charges (gasoil, gaz, électricité, main-d’œuvre) est un autre sujet de préoccupation pour les producteurs. Certains risquent de ne pas pouvoir y faire face. Denis Digel profite de la présence des distributeurs, membres de l’Ifla, pour tirer la sonnette d’alarme. « Le prix de vente doit augmenter, et pas seulement de quelques pourcents, mais de 10 %, 15 %, 20 % selon les produits. »

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