Mariage de raison ou d’amour ? En tout cas, la nouvelle entité unissant AB2F et Armbruster-Vignes va peser lourd dans le paysage viticole alsacien de l’approvisionnement – distribution des produits de la vitiviniculture alsacienne. « On s’est uni pour partager nos convictions », résume Étienne Armbruster. « Un mariage intelligent en somme. Ils ont un savoir-faire, nous aussi. »
Des savoir-faire en formation HVE
Alors quels sont-ils ? Armbruster-Vignes est aujourd’hui leader en formation HVE et a particulièrement développé la confusion sexuelle, en réussissant même le tour de force de « confuser » 1 200 ha d’un seul tenant de quelques communes viticoles. Une performance quand on sait le morcellement du parcellaire viticole alsacien. Et depuis quelques années déjà, l’entreprise promeut les solutions de biocontrôle. Mais au-delà, Armbruster-Vignes est aujourd’hui adossée au Groupe Armbruster fort d’une centaine de millions d’euros de chiffre d’affaires et 110 collaborateurs dont 14 en vigne, d’une station de recherche et développement appliquée, intégrée au sein du réseau national Étamines, composé de onze stations d’expérimentation. Et depuis plusieurs années, le groupe Armbruster, sous la houlette de Cédric Kayser a mené une politique sur le marché de « l’appro vigne » davantage orientée sur « l’accompagnement des viticulteurs et la recherche de qualité de mise en marché, et pas uniquement orientée sur les prix ».
? Nous avons le plaisir de vous annoncer qu’à compter d’aujourd’hui AB2F Concept et le Groupe Armbruster vont unir leurs…
Et c’est sur ce point particulièrement qu’Étienne Armbruster s’est entendu avec AB2F Concept pour unir les deux destinées. AB2F, c’est l’histoire de quatre technico-commerciaux qui ont repris une entreprise « d’appro » à Kaysersberg, dirigée alors par Lucien Schroeter, un pionnier des solutions agrobiologiques. Bertrand Ancel, Pascal Benni, Michel Fritsch et Stéphane Freyermuth ont alors connu le succès de la mouvance bio qui est depuis passée du statut de solution alternative à celui de solution promue par les pouvoir publics et par les institutions agricoles. Mais pourquoi le terme « concept » ? Lucien Schroeter, puis ses quatre successeurs, ont propagé les thèses de la trophobiose de Francis Chaboussou. Ce chercheur de l’Inra avait démontré qu’une nutrition minérale équilibrée est favorable à la synthèse des protéines, et que les plantes cultivées sont ainsi moins sensibles aux maladies et autres ravageurs.
« L’outil, la volonté et les Hommes »
« Nos visions sont complémentaires », poursuit Étienne Armbruster. « J’ai toujours souhaité que notre métier se conjugue autour de trois valeurs : les outils, la volonté et les Hommes », souligne-t-il. « Comment pouvions-nous avancer », s’interroge-t-il ? « Devant les incertitudes de notre métier, on s’est dit qu’il fallait se regrouper. » Car l’enjeu à très court terme, c’est-à-dire au 1er janvier prochain, c’est la séparation du conseil et de la vente des produits phytosanitaires fussent-ils en biocontrôle ou en viticulture classique. Donc Armbruster-Vignes va continuer dans cette perspective, avec le conseil.
Au-delà, souligne Étienne Armbruster, « nous nous devons ensemble d’assurer un service d’accompagnement de qualité des viticulteurs qui veulent se lancer, AB2F le souhaite aussi, et par ce mariage, nous apportons encore plus d’expérience et de technicité ».
Ce mariage devrait aujourd’hui représenter une zone de chalandise de 6 000 à 7 000 ha de vigne. Quant au Groupe Armbruster, il passe de 110 à 122 collaborateurs avec cinq dépôts. Mais déjà, Étienne Armbruster n’exclut pas un développement dans la haute vallée rhénane. Le groupe a dernièrement ouvert une succursale outre-Rhin à Herbolzheim dans le Kaiserstuhl.
La moitié des ventes du BIB avait été réalisée aux caveaux à Traenheim et Turckheim et l’autre moitié en GD. Mais l’heure est au développement de solutions : le BIB 2P, assemblage de deux pinots, gris et blanc, bénéficiera d’une nouvelle gondole. « Nous avons trouvé qu’il n’était pas assez visible en linéaire », explique le directeur d’Alliance Alsace. C’est que le premier metteur en marché de vins tranquilles alsaciens a choisi un format classique de 2,25 litres avec un habillage plutôt discret, plus sur des tons pastel que « flashy ». D’où le lancement de la gondole. Fort de ce premier succès, Alliance Alsace déclinera le 2P en rosé en en rouge. Ce BIB a un prix de ventre conseillé de 15 €, un positionnement prix relativement haut pour un vin sans indication géographique. Rappelons que le cahier des charges d’appellation en Alsace interdit le conditionnement en BIB.
« Ah le petit vin blanc, qu’on boit sous les tonnelles », comme le clame la chanson... Nous ne sommes pas du côté de...
Le confinement a interdit aux visiteurs de venir déguster au caveau pour acheter du vin. Et de leur côté, les salons de vins ont été interrompus. Comment, malgré tout, permettre aux professionnels de la restauration, agents, sommeliers, distributeurs de continuer à déguster, à s’informer, à découvrir des vins de vignerons ? « Notre caveau était fermé au public puisque les dégustations sont interdites, mais nous ne souhaitions plus subir le confinement comme la première fois », explique Pierre Dietrich, gérant avec son frère Jean, et son père Yves du domaine Achillée à Scherwiller. « On s’est dit : utilisons ce lieu pour la mise en avant des terroirs, comme simple vitrine donc sans vente possible. Et puisque les salons sont interrompus, on a décidé de créer une œnothèque permanente et géante réservée aux professionnels. »
Le domaine Achillée dispose d’un hall d’accueil de 200 m2, largement de quoi accueillir une dizaine de professionnels à chaque fois. Pendant trois semaines de confinement, il a donc été transformé en œnothèque permanente avec 270 références de 60 vignerons. Étaient présentés les vins de l’Avla (Association des vins libres d’Alsace), du grand cru Frankstein, et de l’appellation Scherwiller. Chaque jour, un domaine participant était commis pour accueillir et organiser la dégustation. Les vins étaient répartis dans le hall selon différentes thématiques : les bulles, les pinots noirs, les blancs classiques, les vins du Frankstein et de l’AOP Scherwiller. Mais également des bières artisanales locales, des vins à la pression, des eaux-de-vie, jus de fruits, vins orange, vins de macération, natures, bio, biodynamiques. L’objectif sanitaire visait à ce qu’il n’y ait pas plus de 10 personnes en même temps dans le hall, soit 20 m2/personne. « Le but était d’éviter d’avoir un cluster, et donc d’avoir une concentration de professionnels. »
Plus 500 professionnels de la restauration ont participé
Cette dégustation permanente était uniquement réservée aux professionnels, sur réservation et rendez-vous. « Très rapidement, l’information a circulé, mais on ne voulait pas d’afflux », ajoute Pierre Dietrich. Or, malgré le confinement et la fermeture des restaurants, « les professionnels avaient conservé leur habitude de n’être disponible que les lundis, il a donc fallu étaler dans le temps selon un planning par créneaux de deux heures. »
Movember s’est terminé hier, et après un mois de fermeture, nous rouvrons le caveau ! A part se laisser pousser la...
Au total, sur trois semaines, Pierre Dietrich estime avoir accueilli plus de 500 professionnels de la restauration de 80 établissements différents : « On a vu défiler des restaurateurs, notamment de restaurants étoilés, des débiteurs - distributeurs de boissons, et même quelques importateurs et agents boissons. » L’offre très éclectique a été l’occasion pour certains d’entre eux de découvrir l’univers des vins naturels.
« L’objectif est de rechercher l’autonomie. Et pour y arriver, le premier fertilisant naturel, ce sont les légumineuses, rappelle Benoît Gassmann, conseiller technique bio à la Chambre d’agriculture Alsace. Un agriculteur bio, c’est donc quelqu’un qui cultive des légumineuses. » Soit en culture, soit en interculture.
La méthode du bilan
« La fertilisation en bio se raisonne, comme en conventionnel », par la méthode du bilan. On établit d’un côté les besoins : « Il est important de hiérarchiser les cultures les plus exigeantes en azote comme le blé, le colza, le maïs… Quand on fait de l’avoine à cornflakes, il faut de l’azote, de même pour le blé dur (3,5 unités par quintal pour un blé par exemple), à la différence des céréales secondaires - triticale, épeautre seigle - où il faut de 2,1 à 2,2 kg d’azote par quintal. » Quant à la luzerne, pois, féverole, soja, « les légumineuses sont complètement autonomes en azote. Ce n’est donc pas sur ces cultures qu’il faut épandre des digestats et des engrais azotés. Ça peut même être contre-productif », prévient Benoît Gassmann.
Dans le bilan, on prend en compte les fournitures : elles intègrent l’apport par la minéralisation du sol, avec la prise en compte du type de sol, et la gestion de la matière organique (MO), les effets du précédent et de l’interculture. À ce point, l’agriculteur dispose de l’outil Merci, un tableur en libre accès permettant d’évaluer les restitutions potentielles des différentes biomasses de couverts. Toujours côté fournitures, le bilan prend en compte d’éventuels apports de fumure complémentaire. « Du fait qu’en plaine d’Alsace, on est en zone vulnérable, le plan de fumure doit pouvoir être présenté pendant cinq ans. Le principe, c’est de déterminer la fumure complémentaire à apporter pour couvrir les besoins des cultures et qui ne seraient pas capables d’être fournis par ce que le sol est capable de produire par lui-même. »
En matière d’apports organiques d’effluents d’élevage, tout n’est pas permis en bio, et en particulier les effluents d’élevages industriels de porcs et de volailles, sont proscrits. On entend par « industriel » les élevages sur caillebotis intégral avec des effectifs supérieurs à 3 000 emplacements pour les porcs à l’engraissement et 900 emplacements pour les truies ; pour la volaille, si les animaux sont en cage ou avec des effectifs de plus de 60 000 poules. Dans ces cas, même les digestats de ces effluents ne pourront être épandus sur parcelle bio.
Les évolutions des fertilisants
Les produits se caractérisent par leur composition, mais pas que… « Chaque MO a une façon différente d’évoluer dans le sol », c’est-à-dire que le profil de minéralisation (fourniture d’azote minéral) dans le temps est différent d’une MO à une autre. « Certains produits évoluent très vite, comme les fientes, d’autres ont une évolution constante comme les vinasses, d’autres peuvent même avoir un effet dépressif comme les composts de déchets verts. Ce sont des produits riches en carbone et pauvre en azote. »
Les produits à rapport carbone sur azote (C/N) faibles, donc avec peu de carbone et beaucoup d’azote, vont évoluer rapidement, tels que les lisiers de porc, de vache laitière, les fientes de poules pondeuses, mais également les digestats. Ils sont à utiliser le plus près possible d’une période d’absorption d’une culture exigeante, souligne Benoît Gassmann. À l’inverse, la paille (C/N de plus de 100) ou des fumiers de bovins compostés (C/N de 12 à 17) évoluent lentement dans le sol. Ils présentent donc un effet amendement plutôt que fertilisant. Enfin, les utilisateurs pourront se référer à l’indice Ismo (indice de stabilité de la matière organique) qui permet de mieux cerner le type de matière organique entre les celluloses, lignines.
Dans cette perspective, le ministère lance un appel à manifestation d’intérêt (AMI) visant à identifier/démarcher/conseiller et susciter l’adhésion des propriétaires forestiers, regrouper les dossiers de ces propriétaires avant instruction ; et « sécuriser la mise en œuvre de ces opérations sylvicoles dans des conditions garantissant la qualité des prestations fournies et le respect des délais prescrits ». Le renouvellement forestier vise 80 % de reconstitution des forêts dépérissantes, notamment dans le cadre de la crise des scolytes, et 60 % de renouvellement de forêts vulnérables au changement climatique pour améliorer leur contribution à l’atténuation du changement climatique, par la diversification des essences. Le ministère a souhaité un accès aux aides administrativement simplifié : pas de seuil minimum d’éligibilité en surface, paiement des aides sur la base de montants forfaitaires à l’hectare, et en s’appuyant sur des justificatifs déjà existants.
Le nouveau tarif de rachat du biogaz injecté est entré en vigueur le 23 novembre dernier. Il s’applique aux futurs contrats de vente de biogaz. Et une baisse d’environ 10 % sera appliquée. L’Association des agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF) soulève que les tarifs seront indexés sur le nombre de futures installations, d’où une incertitude sur les prix à venir. Et, en conséquence, des plans de financements incertains pour les exploitants agricoles souhaitant se lancer dans le biogaz injecté. De même, les aides de l’Ademe sont indexées à la baisse. Pour les agriculteurs disposant de faibles capacités d’autofinancement, c’est un mauvais signe car ces aides de l’Ademe sont intégrées dans les fonds propres.
Ces mesures reflètent clairement un souhait du Gouvernement de tempérer le développement des méthaniseurs. En conséquence, les exigences préalables à la contractualisation d’un tarif d’achat de biogaz injecté s’intensifient. De même pour les contraintes administratives - permis de construire, dossier ICPE (Installation classée pour la protection de l’environnement). Enfin, la TIC (Taxe intérieure sur la consommation de gaz naturel) s’appliquera également au gaz renouvelable. Par ailleurs, le taux d’incorporation des cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive) et des cultures dédiées devra être inférieur à 50 % et « être conforme aux principes agroécologiques ».
Par ailleurs, le ministère de la Transition écologique a présenté les orientations de la réglementation environnementale 2020. Son objectif vise à améliorer la performance énergétique des bâtiments, un secteur qui pèse pour 45 % de la consommation d’énergie en France et pour 18 % des émissions de gaz à effet de serre. Mais cette loi concerne le bâtiment neuf, mais pas le parc de logements existants. Notons que la vente de chaudières à gaz sera proscrite à partir de 2022.
[#ConfPresse@AAMF_biogaz] Sur l’arrêté tarifaire il ne s’agit pas d’une simple baisse de tarif mais d’une succession de freins pour la filière(fin #PrimeP2, conditions d’obtention du tarif durcies, Cmax non annualisé...)qui fragilise particulièrement la #méthanisation agricole. pic.twitter.com/sQv3yMjpeM
Construite sous le Reichsland, la sucrerie d’Erstein qui bénéficiait d’un rayon d’approvisionnement bien circulaire, s’est retrouvée dans une situation bancale quand l’Alsace est redevenue française. La zone de collecte avait alors été divisée par deux, hypothéquant la rentabilité du site. Depuis, cette situation d’instabilité n’a finalement jamais cessé : « Le combat historique d’Erstein, c’est la surface », résume Gérard Lorber, le président de la section d’Erstein. Et à chaque soubresaut de l’économie sucrière, la destinée de la sucrerie vacille.
Une usine qui s’est déjà battue
En 2006, par exemple, avec la nouvelle OCM-Sucre interdisant aux Européens d’exporter hors de l’Europe en vertu d’accords internationaux, Erstein qui était beaucoup sur le marché extracommunautaire, s’est vu privée du marché suisse. La solution avait alors été de rejoindre le groupe coopératif Cristal Union « pour profiter par ricochet des surfaces libérées grâce à la production nouvelle de bioéthanol au sein du groupe », rappelle Gérard Lorber. Déjà en 1980, « la sucrerie avait failli disparaître à cause de la rhizomanie ».
Aujourd’hui, c’est la fin « du statut de marché protégé », c’est-à-dire des quotas betteraviers qui, une fois de plus, remet en cause le devenir de la sucrerie. Conséquence : le prix de la tonne est passé de 30 € à 22 € en 2019 et remonte à près de 25 € en 2020. Le seuil de rentabilité du site est de 6 000 tonnes/jour et 100 000 tonnes de sucres par campagne, soit une centaine de jours. « Cela fait 30 ans que l’on dit que la sucrerie doit fermer, on est toujours là et je veux y croire », conclut le président Lorber. La sucrerie cherche donc à lancer une filière bio pour entretenir la rentabilité de son outil industriel.
C’est que l’outil industriel qui fonctionne en process continu, ne se prête pas facilement à l’introduction du bio. « Il faut séparer les process et donc dédier l’outil industriel », explique Gérard Lorber. « Les Suisses font de la betterave bio en début de campagne, ils raffinent le sucre tout de suite. Mais une betterave arrachée le 20 septembre, poursuit-il, date de démarrage de notre campagne, n’est de loin pas à l’optimum de rendement. Les passer en fin de campagne ? Avec les gelées sur une production à forte valeur ajoutée, c’est trop risqué ! »
La solution est donc de réserver l’usine à la seule production bio, avec un nettoyage approprié des chaînes de transformation pour éviter tout transfert de phytosanitaire de synthèse. « On a trouvé un artifice dans le process d’élaboration - diffusion, extraction des sirops puis cristallisation. Pour simplifier, nous stockerons les sirops pour les cristalliser en fin de campagne », explique encore le président.
Sur cette base, Cristal Union s’est donc lancé dans la collecte depuis trois ans sur 10 000 hectares de betteraves bio, principalement dans le sud parisien, Normandie et en Champagne. Les agriculteurs d’Alsace, des Vosges et de Moselle bénéficieront de ce fait d’une certaine expérience et de références. Les agriculteurs pourront bénéficier des services techniques de Bio Grand Est, des techniciens de la sucrerie, de la Chambre d'agriculture et de l’ITB (Institut technique de la betterave).
Obtenir les engagements suffisants
« Mais vous l’avez compris, Erstein ne peut pas collecter qu’une dizaine d’hectares. Pour que cela soit rentable, il nous faudra au minimum deux jours de production en usine, soit l’équivalent de 250 ha de collecte. Le rayon de collecte avoisine 150 km il y a donc du potentiel, d’autant que la demande en sucre bio augmente, on aurait donc tort de s’en priver. C’est un défi que nous sommes prêts à relever. Nous avons jusqu’à fin janvier pour obtenir les engagements suffisants, ensuite nous prendrons les décisions qui s’imposent », résume le président de la sucrerie.
Après une présentation du groupe Cristal Union et de sa capacité à adapter ses productions (sucres, bioéthanol, gel hydroalcoolique en fonction de l’évolution des marchés), Laurent Rudloff, responsable du service betteravier, a rappelé les fortes attentes sociétales à l’égard du bio, tant d’ailleurs du côté des consommateurs que des agriculteurs. La betterave bio offre des « débouchés réels en sucres, alcools et pulpes ». Sans compter que le bio « inspire » aujourd’hui l’agriculture conventionnelle, « la fait progresser ». Et en retour, la filière de betterave bio peut « bénéficier des acquis variétaux et industriels ». Chez Cristal Union, les premières parcelles bio ont été testées en 2017. Après une deuxième phase expérimentale, 1 000 ha ont été plantés en 2020.
Le plein d’avantages
« Dans le panel des cultures de printemps, l’avantage de la betterave c’est qu’elle peut se mettre au ralenti tout le mois de juillet, tant qu’elle est en terre, elle fait du sucre », résume Gérard Lorber. « En termes de tête d’assolement, elle présente des atouts certains. » Elle permet d’allonger les rotations. Comme c’est une plante bisannuelle, elle encaisse mieux les aléas climatiques que bien d’autres cultures. Côté rendements, « il sera optimisé en permettant d’arracher les betteraves de mi-octobre à mi-novembre, c’est-à-dire en fin de cycle ». Par ailleurs, cette culture est peu sensible aux attaques de corbeaux. En outre, elle donne un accès privilégié à la pulpe de betterave, aliment du bétail très avantageux, et aux écumes – un amendement calcique enrichi en phosphore et magnésie. « Avec trois techniciens pour 6 000 ha, nous assurons un suivi technique fort, en partenariat avec l’ensemble des organismes. »
Désherbage, clef de la réussite
Camille Meistertzheim, responsable relation culture à la sucrerie, suivi technique des planteurs, du chargement et réception des betteraves, a présenté les résultats de rendements. « En bio, la moyenne se situerait autour des 50 t/ha, avec des potentiels élevés, mais avec d’importantes hétérogénéités liées à la qualité du désherbage. » Côté irrigation, « en 2019, la moyenne est de 68 t/ha avec une fourchette oscillant entre 48 t/ha et 93 t/ha ». La date de semis se situe idéalement entre le 15 et 20 avril, soit 15 jours après le conventionnel, en raison de la nécessité des faux semis préalables. La gestion de l’enherbement est cruciale. Sur une quinzaine de parcelles suivies de près, il y a une relation évidente entre le niveau de salissement et le rendement. Les données techniques recensées au sud de Paris indiquent 3,5 binages mécaniques en moyenne et 55 h/ha de binage manuel. En Champagne, 3,8 binages mécaniques et 94 h/ha de binage manuel. Herse étrille, houe rotative, doigts Kress, arracheuse-écimeuse Klünder : l’arsenal dont disposent les betteraviers pour gérer l’enherbement est large, sans compter les faux semis, le choix dans les rotations : « La clef c’est d’intervenir très tôt sur les adventices. » Ce matériel Klünder, déjà testé en Alsace cette année (voir la vidéo ci-dessous), offre une réelle possibilité de réduction des interventions manuelles.
Côté gestion contre les bio-agresseurs, en combinant les variétés tolérantes, le respect de la rotation et les solutions de biocontrôle, « il ne devrait pas y avoir de problèmes particuliers ».
Une marge intéressante
Les données technico-économiques font état d’un coût total de mise en terre de 2 770 €/ha dont principaux postes : 1 200 € pour 60 h/ha de désherbage manuel et 312 €/ha de semences. Au chapitre des marges semi-nettes possibles, elles dépendent principalement du poste désherbage manuel (voir tableau). Le prix est de 83 € + 100 €/ha de prime tiers non associé à la coopérative, soit 85 €/ha, pour une base de calcul ramenée à 16° de densité. Et les éleveurs pourront bénéficier des pulpes bio et des écumes surpressées, pour leurs amendements. Bref, en bio comme en conventionnel, la betterave sucrière stabilise le tissu agricole, et entretient la polyculture-élevage. Et apporte donc en retour des amendements organiques. Sans doute une belle compensation en termes agronomiques au fait que le trafic sur les parcelles est important à la récolte, ont soulevé des agriculteurs.
Une vidéo de désherbage sur betteraves, avec du matériel Klünder, à revoir :
Face aux effets délétères des deux confinements, les vignerons du Synvira se mobilisent pour tenter de maintenir leur niveau de ventes par plusieurs opérations de communication commune « d’envergure ». Cinquante banderoles « votre vigneron est ouvert » seront déployées sur la route des vins d’Alsace et dans les communes attenantes, afin de donner une visibilité maximale. Et les livraisons, les expéditions, les ventes au caveau se poursuivent. Pour dynamiser les ventes, ils lancent, à partir du 20 novembre, l’opération « Offrez plus que du vin, offrez une rencontre avec un vigneron passionné ! ».Pour tout achat de 120 € minimum, le client reçoit une carte cadeau d’une valeur de 20 € valable pendant 12 mois sur une prochaine visite au caveau. Cette opération de parrainage vise à dynamiser la vente directe mise à mal par le confinement, pendant cette période de fin d’année pourtant stratégique pour l’activité. S’ajoutent des achats groupés, notamment d’emballage pour la messagerie petits volumes, « obtenus avec d’excellentes conditions commerciales ».
Des défaillances de paiement importantes dans la restauration
Ce regain de dynamisme s’explique par la situation extrêmement préoccupante que vivent actuellement les vignerons à l’instar d’ailleurs de nombreuses autres professions impactées par le confinement, qui touche les secteurs du tourisme, de la culture, du sport, de la restauration… « Les défaillances de paiement des clients de la restauration sont importantes », témoigne Francis Backert, le président du Synvira. Dans cette situation, « les banques assument plutôt et jouent le jeu sur les facilités de trésorerie, surtout pour les entreprises faisant preuve de dynamisme », estime-t-il. En l’état, les vignerons bénéficient d’une aide au stockage de 4 cts€/hl/jour, ce qui représente 700 € pour 100 hl sur six mois. Et les plus touchés pourront prétendre au fonds de solidarité mais les conditions d’éligibilité sont trop restrictives, estime Francis Backert.
« L’heure est néanmoins à la mobilisation pour vendre en cette période stratégique, précise Alain Renou, le directeur du Synvira. On n’a pas de solution pour vider les caves dans les six mois à venir mais nous cherchons à entretenir l’optimisme. »
L’initiative du trophée Ampélos revient à Sibylle Farine, enseignante à l’Université de Haute-Alsace (UHA), et Christophe Bertsch, lui aussi chercheur enseignant aux multiples casquettes, notamment directeur du pôle agro à l’UHA et de la Commission technique du vignoble, et, par ailleurs, viticulteur coopérateur de la cave d’Ingersheim. Le couple a donc décidé de dédier la vente de 4 000 bouteilles de pinot noir des millésimes 2015 et 2018 d’Armand Landmann, de Nothalten (lire l’encadré), au financement de la récompense d’un concours. Ce concours, qui sera lancé début 2021, mettra en lice différents chercheurs. Le gagnant se verra attribuer, après les vendanges 2021, un montant conséquent pour mener à bien ses recherches qui seront « à l’origine d’avancées originales », espèrent-ils. Les cavistes Benjamin Paci et Alexandra Moret de la cave « Le Roi des vins » à Colmar, ont été sollicités pour vendre la cuvée.
« Si le concours Amorim, qui récompense a posteriori une thèse de recherche, a pignon sur rue, il n’existe en revanche pas encore de trophée destiné à financer en amont un projet de recherche, dans le domaine de la viticulture et du vin en France », indique Christophe Bertsch. Le premier trophée Ampélos sera décerné au printemps prochain à des chercheurs traitant d’un sujet original. Ce peut être en histoire, droit, chimie, techniques, pourvu qu’il concerne le vin ou la vigne. Le jury devrait être constitué d’une dizaine de chercheurs, d’universitaires, de techniciens de la vigne et de vignerons.
Mais au fait, un cobot c’est quoi ? « C’est un robot qui ne remplace pas mais qui assiste l’homme », explique Aurélien Bouchet chez Touti Terre, l’entreprise savoyarde qui a inventé le Toulilo. Ce cobot donc, assiste les maraîchers dans leurs taches pour les cultures en planche. Planter, désherber, récolter, c’est l’objet de cette machine qui soulage des tâches répétitives et sujettes aux troubles musculo squelettiques. Fini les flexions, génuflexions à répétition. En pratique, les opérateurs sont allongés dans une position ventrale étudiée spécialement pour ne pas avoir de douleurs musculo-squelettiques. « La position a été étudiée avec des spécialistes à la MSA, et les sièges ont été fabriqués par un constructeur français de table de massage et de lits d’hôpitaux. »
« Le Toutilo assiste dans la plantation d’ail, de mâche, de tous les minibulbes. On peut récolter de la mâche, des haricots verts, des radis, des fraises. Il peut servir de porteur pour les courgettes. Et nous prévoyons d’y associer des outils de désherbage. » La machine peut admettre 2 ou 4 opérateurs de front. Ils sont protégés par une voile d’ombrage qui les protège aussi contre la pluie et le soleil : « C’est une voile de bateau avec une bonne tenue au vent. Dessous il n’y a pas d’effet de serre, c’est idéal en cas de canicule. »
Pas d’obsolescence
Le Toutilo s’autoguide soit avec un joystick, soit automatiquement par caméra ou bientôt par GPS : « Nous proposons une technologie par strates, du plus simple au plus technologique pour des usages très spécifiques. C’est une machine très évolutive, et nous nous soucions de la compatibilité entre les modèles les plus récents et plus anciens. »
L’engin est mû par quatre moteurs. Un mode stop-and-go séquencé régule l’avancement. La batterie assure une autonomie de 20 h et est rechargeable en quatre heures. « Ça coûte 40 centimes d’électricité pour 20 heures, je vous laisse comparer à un tracteur maraîcher qui tourne 20 heures soit environ 120 litres de fioul », commente Aurélien Bouchet. Il faut compter 25 000 € d’investissement pour ce cobot qui permet de gagner 50 % de temps par rapport à du travail entièrement manuel. « Généralement le retour sur investissement est de 3 ans ».