Débat sur la morphologie racinaire des plants de vigne
Courtes, longues, fasciculées, adventives ?
Débat sur la morphologie racinaire des plants de vigne
Vigne
Publié le 22/02/2021
La presse viticole et les groupes de réflexions s’intéressent, en cette veille de printemps, aux plants de vigne. La question est de savoir s’il faut laisser des racines longues ou courtes, et si la morphologie racinaire des jeunes plants est bien adaptée, sachant que la vigne est par nature une liane.
Pour en savoir plus, la Chambre d’agriculture du Vaucluse a publié les résultats d’un essai comparant une plantation avec des racines de jeunes plants coupées à 0 cm, 4 à 5 cm, 8 à 10 cm, et plus de 20 cm. Il était ensuite question d’observer la qualité de l’enracinement. Résultat : le meilleur volume exploratoire - dans l’essai considéré - est obtenu avec les racines coupées entre 4 et 5 cm. En réalité, les pépiniéristes sont partagés entre deux aspects : d’une part les racines contiennent des réserves nutritives, notamment des sucres, qui permettent la reprise, mais les racines longues augmentent les risques de mauvaise implantation. Trop de chevelus racinaires augmentent « la concentration des racines en un point qui obstrue les flux de sève », peut-on lire.
Quoi qu’il en soit, dans cet essai, les pépiniéristes se sont finalement accordés pour considérer que la longueur de 5 à 8 cm avait donné la meilleure disposition racinaire. Ce que confirme Joël Schaffner, à Ergersheim, à nos confrères de la presse professionnelle. Il coupe désormais ses racines « entre 5 et 10 cm », sauf en conditions sèches, où il laisse les racines entre 10 et 15 cm « pour sécuriser la reprise ». Pierre-Marie Guillaume, à Charcenne, en Haute-Saône, opte pour sa part pour 3 à 4 cm.
Une bonne colonisation racinaire
Mais, après trois années, l’effet taille initiale des racines n’est plus visible « car c’est le facteur pédoclimatique qui s’impose ». Autant donc diminuer la taille des racines car les longues racines de 20 cm « se couchent dans le sillon ». La disposition racinaire initiale jouerait-elle donc un rôle central dans la qualité d’exploration ? En l’état, des pépiniéristes insistent sur une bonne fissuration profonde - à 50 cm ! - pour faciliter une bonne colonisation racinaire. Sur ce point précisément, il y a beaucoup à dire sur la qualité des fissurateurs. Nombre d’entre eux ont des profils de dents et de coutres qui accentuent la compaction horizontale de la terre, malgré la fissuration. « Il faut que la terre coule derrière le soc, et surtout éviter de lisser les sillons », insiste le pépiniériste Jean-Louis Velletaz (1,2 million de plants).
Le groupe La Belle Vigne (Konrad Schreiber, Marceau Bourdarias et Alain Canet) est en train d’engager un autre débat sur cette question des racines des jeunes plants. Il considère que la morphologie actuelle des racines de plants n’est pas la bonne. Selon lui, la morphologie conforme à la liane serait une charpente centrale avec des racines adventives de part et d’autre. La forme actuelle avec les racines se concentrant sur un nœud tel qu’on l’observe classiquement, favorise les risques de dépérissement et les problèmes de reprise. Cette morphologie est obtenue par l’hormonage des plants. Difficile cependant, avec l’actuelle configuration des productions en pépinières, de se passer de cette phase de rhizogenèse hormonée dans le temps imparti de production. Mais le groupe semble plutôt considérer l’effet rémanant des hormones.












