Auteur

Cécile Hans

Cécile Hans est journaliste pigiste pour le PHR et l’Est agricole et Viticole.

Retrouvez ses derniers articles ci-dessous :

Maraîchers réunis de Sélestat

Hausse des volumes, pas des prix

Cultures

Publié le 05/04/2018

« 2017 a été une bonne année, malgré les aléas climatiques qui ont entraîné un retard en début de saison, avec un automne relativement doux. Les cultures ont poussé correctement, nous avons pu récolter jusqu’à Noël et ainsi bien terminer l’année », résume Denis Digel, président des Maraîchers réunis de Sélestat. L’an dernier, le chiffre d’affaires de la coopérative s’est élevé à 2,5 millions d’euros, en hausse de 1 % par rapport à 2016. Ce résultat a permis au conseil d’administration de décider d’attribuer aux producteurs un complément de prix de + 2 %. « La coopérative sert à récompenser le travail des producteurs lorsque les résultats le permettent », rappelle le président.

Pour autant, les coopérateurs ne sont pas pleinement satisfaits : « Sur l’ensemble de la commercialisation aux grossistes, nous avons vendu plus en quantité, mais avec un prix moyen en baisse. Ce n’est peut-être qu’un ou deux centimes par salade, mais sur 2 millions de salades, cela chiffre. Et pendant ce temps, les charges ne diminuent pas. On ne peut pas compenser. Toutes les communications actuelles invitent à soutenir les producteurs, mais nous, nous ne voyons rien en ce sens. C’est un problème à résoudre. » Ouvert en décembre 2016, le magasin Cœur Paysan à Colmar - dont Denis Digel est le président - répond en partie à cela : « Nous avions bien estimé le potentiel, les charges et le bénéfice de cette structure. Le créneau commercial a été trouvé et a encore un grand potentiel de développement », se réjouit-il.

Denis Digel a rendu Mathilde Giraud, chargée de mission industries agroalimentaires, animation filières fruits et légumes à la Draaf, attentive à un « autre paradoxe ». Il avait assisté à l’atelier n° 2 des États généraux de l’alimentation, « Développer les initiatives locales et créer des synergies ». « En tant que maraîcher, je ne vois rien de positif dans les conclusions de ces travaux. On sent une envie, mais quels sont les leviers administratifs et législatifs pour y répondre ? »

« En 2018, nous devons continuer à faire notre métier, à être à l’écoute des clients et des consommateurs en livrant des produits beaux, sains et en quantité, conclut Denis Digel. Nous devrons trouver les solutions techniques et les produits phytosanitaires correspondant aux exigences nouvelles. Cela a un coût sur notre façon de travailler et de protéger nos cultures. Les Français veulent des légumes et nous avons de plus en plus de mal à en faire. Nous devons tirer la sonnette d’alarme pour que les moyens techniques à notre disposition et les prix que nous pouvons tirer de nos productions soient en adéquation avec la réalité. »

Pour les 70 ans de la confrérie Saint-Étienne

À la découverte de l’une des plus petites régions viticoles d’Allemagne

Vigne

Publié le 11/01/2018

L’intitulé de la rencontre pouvait paraître trompeur. En fait, ce n’est pas d’Alsace dont il était question, mais du Rheingau, région historique de la production viticole en Allemagne. « Une conférence originale qui présente le Rheingau non pas comme modèle, mais comme expérience, car il est toujours bon de s’inspirer de ce que font les autres », a indiqué Pascal Schultz, grand maître 2017. Pour présenter cette expérience, Theresa Breuer viticultrice à la tête d’un domaine de 34 ha produisant à 80 % du riesling et le reste en pinot noir (Spätburgunder). Elle a repris le domaine familial pionnier dans la classification des crus (premier cru : erste Lage et grand cru : grosse Lage). « C’est une conférence positive et totalement dépassionnée pour progresser dans la réflexion et la paix », a poursuivi Pascal Schultz.

Le Rheingau, une marque connue dans le monde entier

Le Rheingau se trouve à environ 300 km au nord de l’Alsace. L’Allemagne compte 13 régions viticoles représentant 100 000 ha. Le Rheingau dispose de 3 200 ha. Thérésa Breuer est installée à Rüdesheim am Rhein. « Le Rheingau est une zone particulière, où le Rhin effectue deux virages, avec un terrain granitique d’abord, et plus on va vers le nord, plus il y a de schistes. L’autre particularité de ce terroir est qu’il dispose de collines culminant à 600 m d’altitude. Grâce au Rhin, ses vins sont connus de longue date un peu partout dans le monde. Historiquement dans le Rheingau, le Rhin est source de finances et vecteur d’exportation. 80 % du vin y est vendu en bouteille par le producteur. Il y a très peu de coopératives, mais les domaines viticoles deviennent de plus en plus grands. Le Rheingau est devenu une marque, car ses vins ont un caractère propre ».

Theresa Breuer est issue de la quatrième génération d’une famille étroitement liée au vin, la première génération était négociante et vendait du vin de toute l’Europe. Le vin produit alors dans le Rheingau était sucré et léger, comme le Liebfrauenmilch. « Il y avait un risque de perdre notre identité. Mon grand-père n’avait pas donné de définition précise à nos vins, tout en gardant un attachement aux vins sucrés. Mon père a choisi une orientation toute différente. De voyages en France, il rapporte les appellations et essaie de les faire connaître à des confères en tant que président régional du Verband Deutscher Prädikatsweingüter (VDP), l’union des viticulteurs allemands. Mais il décède en 2004, sans avoir vu le résultat de son œuvre. En Allemagne, la classification a été entamée dans les années 1980, mais il n’y a toujours pas de réglementation juridique à ce sujet. La génération de mon père a amorcé une révolution en termes de qualité, le vignoble a gagné en attractivité. »

Un riesling élégant et sec

Le vignoble du domaine Georg Breuer est composé de 135 parcelles, essentiellement orientées vers le sud. « La vendange 2016 n’est pas encore en vente chez nous, alors que les clients viennent nous réclamer du 2017. En revanche, nous sommes parmi les premiers à être dans les vignes pour la récolte. Notre objectif est de produire un riesling clair, donc les raisins ne sont pas trop mûrs. Pour avoir un riesling élégant et sec, avec un degré d’alcool plus faible (11,5 °), il ne faut pas de pourriture. » Ses vignes produisent 52 hl/ha, bien en dessous de la moyenne de la région (90 hl/ha). Les rieslings restent huit à neuf mois en cave (cuve bois ou inox) avant la vente. Le domaine commercialise neuf rieslings différents, vendus de 9,20 à 19,20 € et un grand cru à 36 €.

La seconde invitée, Eva Fricke n’a pu être présente pour cause de maladie, mais sa consœur s’est chargée de présenter son domaine. Née dans l’Allemagne du Nord, Eva Fricke découvre l’industrie des boissons alcoolisées durant un stage dans la brasserie Beck’s. En 2006, elle s’installe à Lorch, un terroir composé de schistes, un peu délaissé par les viticulteurs. Elle agrandit son exploitation à partir de 2010 pour atteindre 12 ha aujourd’hui. Ses rieslings sont différents de ceux de Theresa Breueur, car ils sont le résultat de la recherche d’un équilibre entre le côté sec et sucré du cépage.

Les questions des participants à la conférence avaient trait aux techniques de production employées par Theresa Breuer, mais aussi à la communication de la région du Rheingau et à la classification des vins en Allemagne. « Pour le marketing, nous versons une cotisation au Deutsche Weine Institut qui redistribue les fonds collectés entre les différentes régions viticoles. Il est difficile de trouver un profil clair et une communication globale. Le Rheingau est déjà une marque, mais il reste beaucoup à faire. La nouvelle génération veut à la fois être sur le tracteur et s’occuper des autres aspects du domaine. Plusieurs petits groupes se développent et les clients apprécient cette dynamique. Dans le monde entier, il y a une tendance vers l’attachement aux racines, la recherche d’une identité propre, de là où on vient. C’est très attrayant lorsque l’on fait du vin », conclut-elle.

Chanvre et ortie

Vers une nouvelle filière textile en Alsace ?

Cultures

Publié le 19/12/2017

« On ne peut innover loin des usines et des consommateurs », c’est le leitmotiv de Pierre Schmitt. « La confection d’un jean en coton nécessite entre 5 000 et 10 000 litres d’eau et la France est totalement dépendante de cette fibre, exclusion faite du lin. » Or, notre pays connaissait quatre plantes destinées au textile : le lin dans le nord et l’ouest de la France, la laine dans le Sud-Ouest et dans l’Est, il y avait du chanvre et un peu d’ortie. Le savoir-faire textile de transformation et d’utilisation de ces plantes a disparu.

Face à ce constat, Pierre Schmitt rassemble, dès 2012, des universitaires, chercheurs, scientifiques et industriels autour de la question du chanvre comme fibre textile. Naît le groupe Chafiltex (abréviation pour chanvre, fil, textile). Les études concernant l’ortie arrivent ensuite lorsque la Sadef (lire en encadré) s’inscrit dans le projet. Christian Didier, responsable du site Emanuel Lang à Hirsingue, expose les évolutions de ce groupe : « Nous avons sollicité la Sadef pour son expertise agronomique, mais aussi d’autres industriels du Sud Alsace : ETC (Ennoblissement Technique de Cernay) et la corderie Meyer Sansbœuf à Guebwiller (cordage naturel et synthétique), car ils sont également intéressés par la transformation de ces plantes. Nous travaillons en partenariat avec N. Schlumberger, leader mondiale de fabrication de machine de filature en fibre longue (lin, chanvre, ortie), le coton étant une fibre courte. » « C’est l’originalité de ce groupe, souligne Adrien Tritter, responsable des expérimentations à la Sadef. L’ensemble des acteurs de la filière y sont représentés. Aussi bien ceux qui produisent, que ceux qui fabriquent les machines. »

Du chanvre acheté en Roumanie, de l’ortie au Népal

Le bilan à court terme des études est assez positif aux yeux de Christian Didier : « Nous avons envisagé tous les essais possibles pour savoir s’il y avait un marché et si on pouvait faire du tissu avec du chanvre ou de l’ortie. Aux deux questions, nous répondons oui. Nous avons des débouchés sur internet ou dans notre boutique, Matières françaises, à Colmar. Nos clients sont intéressés par cette nouvelle fibre, c’est dans l’air du temps. Nous avons également réussi à faire des vêtements en ortie et en chanvre. » Si « le chanvre et l’ortie sont des cultures adaptées au territoire de l’Alsace et des Vosges », selon Adrien Trittier, ils ne sont pas exploités dans nos régions.

Le chanvre cultivé actuellement en France est utilisé principalement pour la construction et l’isolation dans l’Aube et près de Dijon. « La fibre n’est ainsi plus utilisable au niveau textile, car nous cherchons des fibres longues », précise le responsable du site Emanuel Lang. Aujourd’hui, l’usine tisse du chanvre cultivé en Roumanie et de l’ortie cultivée au Népal. La transformation de la fibre en fil se fait en France et en Suisse.

Le chanvre comme Cipan

« Faire du chanvre traditionnel est tout à fait possible aujourd’hui, mais il faut que toute la filière soit en place, à chaque étape », considère Adrien Trittier. Pour trouver des solutions agronomiques, le site d’expérimentation de la Sadef teste différentes variétés de chanvre depuis trois ans. Cette plante a plusieurs vertus : « Elle épure le sol des nitrates et pousse facilement, car c’est une plante rustique ». Le semis a lieu en avril et mai et la récolte se fait en septembre ou octobre. Cette périodicité fait que le chanvre devrait être implanté à la place d’une culture. « Il serait plus intéressant d’utiliser le chanvre comme culture intermédiaire piège à nitrates (Cipan), analyse Adrien Trittier, le semer en été et le récolter à l’entrée ou à la sortie de l’hiver. » Les études en ce sens sont en cours.

La fibre utile se trouve sur le pourtour de la tige. Pour qu’elle se détache une étape est indispensable : le rouissage. La culture coupée est mise au sol, la fibre se détache du faisceau de tige, rendant ainsi possible le travail industriel. « En interculture, cette étape n’est pas possible, nous étions donc la capacité à réaliser un rouissage sur pied. »

Si la fibre peut être achetée par les industriels du textile, il est également envisageable de récolter la graine. Elle est utilisée dans les produits cosmétiques, pharmaceutiques, alimentaire… Reste la chènevotte qui peut être valorisée en paillage par exemple.

L’ortie pour les zones sensibles

Sur la gauche du bâtiment de la Sadef, 1 hectare d’ortie a été planté l’an dernier. Ce premier essai a été compromis par les fortes pluies de juin. L’usine Emanuel Lang a pu tout de même procéder à des essais industriels avec les échantillons récoltés. 25 ares supplémentaires seront consacrés à l’ortie au printemps prochain (période idéale pour la plantation). Une deuxième récolte plus conséquente est à espérer pour la fin de l’été 2018, sachant que deux, voire trois, récoltes par an seraient possibles. « L’ortie est une culture pérenne, indique Adrien Trittier. L’implantation peut durer trois à dix ans. L’objectif est de montrer qu’un modèle agronomique peut être construit avec ce type de plantation. L’ortie est une culture idéale pour les zones sensibles écologiquement : en cas de trop forte concentration en nitrates, de zone de captage des eaux, de terrains ayant des problèmes de ruissellement. Ce projet est d’ailleurs soutenu par l’Agence de l’eau. Comme pour le chanvre, outre la fibre, l’ortie peut être utilisée en paillage, purin, infusion… »

Pour ses essais, la Sadef a sollicité le soutien d’Oséo (désormais Bpifrance Financement). Plus récemment, un dossier nommé BioEquiTex a été déposé fin septembre dans le cadre d’un programme d’investissement piloté par la Caisse des dépôts et consignations à la demande de l’État pour l’aménagement des territoires. Le dossier sélectionné parmi la vingtaine déposée au niveau national sera connu en 2018. L’entrée en Bourse du groupe Velcorex devrait également être un facteur de développement.

Chiffrage du prix d’achat en cours

Pour prendre la température du monde agricole, les entreprises textiles sont en contact depuis un an avec la Chambre d'agriculture et la Coopérative agricole de céréales. « Le chiffrage du prix de vente est en cours. Il faut que ces cultures soient rentables pour les exploitants. Pour le chanvre, nous nous basons principalement sur le lin (même coût et même contrainte à tous les niveaux de la filière). Pour l’ortie, c’est plus complexe, car rien n’a été fait depuis longtemps. Le volet agronomique est très important, car il faudra convaincre un certain nombre d’agriculteurs à sauter le pas. » Ce n’est qu’un maillon de la chaîne. « Le rêve à moyen terme, d’ici six à dix ans, est d’avoir suffisamment d’hectares cultivés, une unité de défibrage et une unité de filage sous l’égide de Schlumberger. Nos métiers à tisser sont déjà opérationnels. Le tissu pourra aussi être confectionné chez ETC ou Velcorex. La vente se fera en direct avec nos marques clientes, aux particuliers dans notre boutique et sur internet. »

Union des pépiniéristes et des horticulteurs de la région Alsace

« Ne pas subir pour continuer à exister »

Vie professionnelle

Publié le 18/12/2017

« On ne peut plus attendre le client comme on le faisait avant, déclare Paul-André Keller, président de l’Uphoral. Le marché de la Toussaint reste une tradition incontournable, mais nous devons nous interroger sur son avenir. Selon l’Office hollandais des fleurs, 64 % des personnes se rendant au cimetière ont plus de 60 ans. La majorité des moins de 35 ans ne respectent plus cette tradition. Pour eux, il faut créer des événements. Pourquoi ne pas s’inspirer de la fête traditionnelle mexicaine par exemple ? D’autres fêtes sont à réinventer pour en faire des moteurs de croissance. Il cite le 8 mars, la journée internationale des femmes, le 21 mars, arrivée du printemps, la fête des voisins, la Sainte-Catherine, le premier dimanche de l’Avent pour les couronnes et la Sainte-Lucie pour l’étoile de Noël, et bien d’autres. « Il faut se remettre en question si nous voulons faire face à la profonde mutation sociétale qui est en marche ».

« Il ne faut pas tout jeter des anciennes organisations »

Le débat sur la place de l’Uphoral dans le cadre du Grand Est est ouvert par Paul-André Keller : « La restructuration remet en cause plus de 20 ans de travail et d’investissement humain, deux décennies pour construire un syndicat dynamique et représentatif qui définit la stratégie de la filière. La taille de la grande région implique de nombreux déplacements, des absences de l’exploitation et l’appauvrissement des structures sur le terrain. Notre défi est de ne pas subir afin de continuer à exister et préparer l’avenir de notre profession ». François Félix, président de la Fédération nationale des producteurs de l’horticulture et des pépinières (FNPHP) et rosiériste en Isère, apporte son expertise : « L’enjeu est de mettre autour de la table les bons acteurs pour être efficace. Il ne faut pas tout jeter des anciennes organisations. Nous menons cette réflexion à la FNPHP depuis plusieurs années. Nous avons ainsi décidé que les présidents régionaux ou départementaux se réuniront une fois par an. » C’est un des aspects du changement de dynamique du syndicat (lire en encadré).

« Est Horticole sans l’Alsace n’a pas de sens »

La dizaine d’adhérents sur les 30 que compte le syndicat exprime ses craintes quant à l’avenir de leur communication : « L’Alsace est une terre d’horticulteurs détaillants, ce qui n’est pas le cas dans les autres départements. Nous avons entamé une dynamique forte de communication, notamment avec les pots Fleurs et plantes d’Alsace. Aujourd’hui, nous n’avons pas de réponse précise d’Est Horticole sur cette question, sur le montant des cotisations ou la possibilité de maintenir le contrat de travail de l’animatrice. » « On a forcément moins de liberté lorsqu’on entre dans un groupe plus grand, mais c’est le prix à payer pour être écouté et entendu, répond le président national. Il faut trouver des solutions pour faire fonctionner votre marque et vos spécificités au sein de la grande structure. Car Est Horticole sans l’Alsace n’a pas de sens. » Il propose un « coup de main pour que cela se passe bien ». Paul-André Keller conclut, fataliste : « Nous aurons la place que nous mériterons ».

Journée au champ Schaechtelin

« Une présentation dynamique des marques »

Technique

Publié le 11/12/2017

Pour sa journée au champ, l’entreprise Schaechtelin a choisi de s’établir chez un client historique, Hubert Meyer. « Son séchoir, situé entre Wickerschwihr et Muntzenheim, est au centre de notre secteur. C’est un bel endroit pour présenter notre matériel », estime Marc Misbach, directeur commercial. L’objectif était de présenter de manière dynamique les marques : la gamme de tracteurs Claas, avec en nouveauté le Arion 510, les pulvérisateurs, épandeurs d’engrais et combinés de semis Amazone et les vibroculteurs Grégoire Besson.

« Pour les charrues, nous avons mis l’accent sur deux gammes que nous proposons de longue date. D’une part, Amazone qui produit des charrues simples, et qui commercialise les charrues Vogel & Noot sous le nom Amazone depuis qu’elle a racheté l’usine de la société en Hongrie. Cela nous permet de faire un suivi, car nous avons déjà les pièces correspondantes. D’autre part, les charrues de la gamme Grégoire Besson. Leurs fournitures et finitions sont plus poussées. Elles sont destinées à des clients exigeants. »

Marc Misbach met notamment en avant les avantages des charrues Grégoire Besson RW6 équipées de barres carrelets « adaptées aux terres coriaces. Leur capacité d’usure est beaucoup plus longue parce qu’on peut les avancer au fur et à mesure de l’usure ». Le deuxième avantage réside dans ses pointes plus pénétrantes et fines qui permettent de casser la semelle de labour. « Son troisième point fort est la soudure de l’étançon, de manière inclinée, qui permet une meilleure répartition de l’effort, donc moins de consommation de gasoil et moins d’usure du contre-sep, car il n’y a pas de frottement. » Enfin, le dernier corps de la charrue est désaxé pour permettre d’aligner la roue avec le gabarit de la charrue, « ce qui est pratique surtout lorsque l’on travaille en bordure de terrain ».

Portes ouvertes Siegwald matériels

Le retour d’un rendez-vous annuel

Technique

Publié le 25/11/2017

Bruno Marchal a commencé sa carrière chez Siegwald il y a 20 ans. Il y a six mois, il a repris les rênes de l’entreprise avec sa femme. Alors qu’il n’y avait pas eu de portes ouvertes l’an dernier, il a décidé de reprendre cette tradition. « Je souhaite rester dans la continuité de ce qui a été accompli tout en y apportant des améliorations », indique l’entrepreneur. Ainsi, le magasin va être rénové courant de l’année prochaine « pour plus de confort pour les huit collaborateurs et pour pouvoir encore mieux accueillir nos clients ». Les salariés sont des soudeurs et des mécaniciens indispensables à l’atelier de fabrication et de réparation.

L’entreprise continue à commercialiser les mêmes marques qu’auparavant pour l’activité forestière ainsi que le matériel pour les professionnels du bois de chauffage, l’activité viticole et les espaces verts. Lors des portes ouvertes, le matériel viticole était à l’honneur. Le fabricant des pulvérisateurs et poudreuses de marque Hervé est venu spécialement du Lubéron pour présenter son matériel. Modeste Schmitt a proposé les palisseuses et tracteurs enjambeurs de sa société DMP Concept de Pfaffenheim.

2e dîner avec les Grandes Maisons d’Alsace

« Faire des particuliers des ambassadeurs de nos vins »

Vigne

Publié le 20/11/2017

Les quatre viticulteurs s’accordent sur ce point : l’exercice auquel ils vont procéder ce soir n’est pas une nouveauté pour eux. Ce dîner avec les Grandes Maisons d’Alsace ressemble beaucoup aux wine-dinners pour lesquels ils sont sollicités à l’étranger, comme le relève Jacques Cattin Jr. Ici, il s’agit de « faire plaisir d’abord aux Alsaciens », souligne Marie-Paule Sturm Gilardoni, secrétaire générale du groupe des Grandes Maisons d’Alsace. « Nous passons souvent plus de temps à chercher une nouvelle clientèle, mais il ne faut pas délaisser celle qui est plus proche de nous », considère Anaïs Cattin.

Cette initiative consiste en une soirée dans un restaurant « prêt à mettre l’Alsace en avant » avec un menu à 50 euros par personne, vins compris. Pour Laure Adam, du domaine Jean-Baptiste Adam à Ammerschwihr, il s’agit de « toucher les particuliers pour qu’ils deviennent les ambassadeurs de nos vins en proposant une belle sélection pour un prix abordable ». « Les dégustations en cave sont hors sol alors que l’on revient ici vers la destinée du vin, la table, ajoute Étienne Sipp, domaine Louis Sipp à Ribeauvillé. La cuisine a tellement évolué, il faut proposer des accords iconoclastes, exploser les modèles, donner confiance et oser. » Pour cela, chaque viticulteur a choisi de donner des cuvées emblématiques et/ou anciennes, absentes de la carte des vins du restaurant. Jean-François Kueny, maître de chais chez Dopff & Irion à Riquewihr, a par exemple sélectionné un riesling grand cru Schœnenbourg de 2000.

« C’est un travail de pédagogie envers les consommateurs et parfois les restaurateurs, affirme Marie-Paule Sturm Gilardoni, avec comme objectif final d’avoir des vins d’Alsace au cœur de la carte des vins du restaurant. » Un travail qui n’est pas forcément nécessaire au restaurant de la gare à Guewenheim, son chef Michel Seidel étant un connaisseur de vin avec une cave riche de 1 500 références. « La phase de lancement de ces dîners est déjà très encourageante sachant que nous avons démarré en septembre », conclut la secrétaire du groupe. À partir de 2018, un dîner de ce type devrait être proposé par trimestre, toujours en Alsace, pour commencer.

Anciens exploitants agricoles - MSA

L’information des retraités et futurs retraités agricoles au cœur des discussions

Vie professionnelle

Publié le 11/09/2017

La matinée de discussion entre les sections des anciens exploitants agricoles et la MSA est ouverte par Paul Schiellein, président de la section des anciens exploitants de la FDSEA du Bas-Rhin. « C’est une rencontre exemplaire autour des questions qui préoccupent l’ensemble des retraités et particulièrement nos membres. » Et la première question soulevée est celle des statistiques des retraites agricoles. La directrice Christelle Jamot apporte les éléments. « Le nombre d’exploitants pensionnés est en baisse, d’ici une dizaine d’années nous arriverons à l’équilibre du régime, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. » Philippe Wolff, ancien directeur du centre de fiscalité et de gestion de la Chambre d’agriculture, met en parallèle la baisse du nombre d’exploitants partant à la retraite avec l’augmentation, depuis 2012, des arrêts d’exploitation. Dans ces deux cas, la transmission devient de plus en plus difficile. « Dans une enquête réalisée lors d’une réunion menée conjointement avec la MSA, il ressort que 26 % des exploitants ont recours à une donation-partage, 21 % à une donation, 20 % à un bail à long terme et 5 % au don manuel. » Le don manuel est une mesure mise en place par Nicolas Sarkozy prévoyant que chaque parent puisse verser une somme d’argent à l’un de ses enfants, à condition de déclarer ces sommes ou biens mobiliers aux impôts.

75 % des exploitants retraités touchés par l’augmentation de la CSG

Les choix sont multiples, mais les revenus stagnent, voire baissent. Christiane Bernard, membre du bureau du Haut-Rhin, rappelle que les retraités les mieux lotis perçoivent 1 200 €, la moyenne est de 760 € par mois. En outre, Philippe Wolff estime que 75 % des exploitants retraités seront touchés par l’augmentation de la CSG alors que « l’augmentation des retraites est nulle. Le premier confident de l’agriculteur est le comptable, mais le raisonnement d’optimisation fiscale et sociale à outrance ne résout pas tout », poursuit-il. « Les exploitants qui arrivent à la retraite aujourd’hui ne pensaient pas tous à déclarer leurs épouses, or elles ont travaillé et la question de leur retraite se pose », ajoute Adeline Baur, membre de la section du Bas-Rhin. Pour Christiane Bernard, il est nécessaire de faire le point régulièrement en fonction de la situation économique de l’exploitation et de la législation.

« Le chef d’exploitation devrait pouvoir prévoir sa retraite »

Philippe Wolff va plus loin et affirme qu’il faut « parfois avoir le courage de jouer. Augmenter le salaire lorsque cela est possible, le baisser ensuite. Le chef d’exploitation devrait pouvoir prévoir sa retraite », ajoute-t-il. « Depuis 25 ans et le changement d’assiette de cotisation, le mot d’ordre était de payer le moins possible », relève Jean-Paul Schneider, président honoraire de la section des anciens de la FDSEA du Haut-Rhin. Paul Schiellein suggère une formation sur le thème de l’anticipation de la retraite. Le président de la MSA Alsace, David Herrscher, partage l’idée qu’une « communication est nécessaire sur cette question. Il y a des subtilités qu’il faut expliquer à l’ensemble des exploitants. »

Christelle Jamot fait le point sur les discussions politiques en cours, comme celle concernant la possibilité pour l’exploitant de faire le choix entre l’impôt sur le revenu ou l’impôt sur les sociétés. « La mesure prévoyant qu’un euro cotisé correspondra à un euro de droit est prévue pour janvier 2019. » Enfin, la prise en compte des 25 meilleures années pour calculer le montant de la retraite est sur le bureau du ministère de l’Agriculture et la Caisse centrale. Les sections des anciens demandent un partenariat pour mettre à jour une documentation sur l’accompagnement lors du décès d’un conjoint à distribuer gratuitement. « Deux réunions ont eu lieu dans le Haut-Rhin et le Bas-Rhin sur ce sujet. Il s’agit d’un travail de partenariat national avec des adaptations prévues quant au droit local », rapporte Paul Schiellein.

Seuls 30 % des retraités ont une pratique informatique régulière

Autre sujet qui intéresse les retraités, la dématérialisation. Quatre demi-journées de formation ont été menées dans le Bas-Rhin par la MSA, Groupama et le Crédit Agricole. Alors que sur 250 personnes interrogées, 137 se sont dites intéressées par de telles formations, elles n’ont pas connu le même succès dans le Haut-Rhin. Il ressort de cette même enquête que 65 % des retraités agricoles ont un ordinateur et seuls 30 % ont une pratique informatique régulière. Un point sur lequel la MSA a promis de travailler dans les prochaines années.

Stand Chambre d'agriculture Alsace - Groupama - PHR et L’Est Agricole et Viticole

Des nouveautés musclées

Vie professionnelle

Publié le 02/08/2017

Pour ses 70 ans, la foire s’est dotée d’une égérie haute en couleur, la pin-up alsacienne Coco Das Vegas. « Une fille tatouée, avec un style faisant référence aux années 30 », précise Libertad Galli, responsable de la communication pour le PHR et l’EAV. Désormais, le monde agricole n’est plus en reste, car il a aussi son égérie pour la foire : un homme musclé, tatoué, et surtout, au bronzage agricole. Il est décliné sous forme de tatouage éphémère offert aux personnes se rendant sur le stand. « Le personnage est lui aussi doté de tatouages. Ils symbolisent des filières de l’agriculture alsacienne afin que chacun puisse s’y référer », poursuit-elle. Ce modèle est associé à une phrase « l’agriculture elle assure ». Pour Libertad Galli, c’est « un produit d’appartenance au monde agricole, à la fois décalé et cohérent avec les différents partenaires œuvrant sur le stand ».

En parallèle a été créé un hashtag - # lagriculturelleassure - utilisé sur les réseaux sociaux, et un décor pour les photos de profil sur Facebook. « Même si l’objectif était de marquer les esprits lors de la foire, cette dynamique de communication positive pourrait se pérenniser dans le temps », soutient Libertad Galli. « C’est à la fois un cadeau que nous offrons à ceux qui nous rendent visite sur le stand et un moyen de mettre en valeur le travail de notre équipe de communication et notamment les graphistes ».

Un gâteau d’anniversaire

Ce stand institutionnel reste attaché à la thématique de la foire : le vin. Ainsi, un conseiller de la chambre d’agriculture propose des dégustations viniques et de produits primés au concours général agricole tous les jours de 16 h à 19 h. Pour les enfants, l’animation tourne autour d’un outil indispensable : le bouchon de liège. Accompagnés de Jeanne, animatrice, ils peuvent participer à un atelier de fabrication de bateaux qui, bien sûr, flottent.

La foire aux vins invite également à l’évocation d’autres filières agricoles. Cette année, ce sont les céréales qui ont été choisies. Au centre du stand, un gâteau a été installé en partenariat avec l’association des producteurs de céréales et d’oléagineux (APCO) et la FDSEA du Haut-Rhin. L’objectif est de trouver le nombre de céréales présentes sur le gâteau. Une énigme destinée à faire découvrir les subtilités des cultures alsaciennes. Les lots à gagner sont des billets d’entrée pour Europa-Park.

Association des communes forestières d’Alsace

Pas de coupes supplémentaires sans équilibre sylvo-cynégétique

Vie professionnelle

Publié le 24/07/2017

Avec 3 000 ha et 14 000 m3 de récolte par an, Sainte-Marie-aux-Mines dispose de l’une des plus grandes forêts communales d’Alsace. L’association des communes forestières d’Alsace a donc choisi cette ville pour tenir son assemblée générale. Elle rassemble 303 adhérentes sur les 650 communes concernées, soit 75 % de la forêt communale alsacienne. « Notre ambition est de gérer durablement la forêt. Pour cela, un dialogue est nécessaire entre la population, les habitants de nos communes périurbaines qui ont tellement changé - ils comprennent de moins en moins les choses de la forêt - et les acteurs de la filière. Notre fierté est d’être en charge de ce dialogue. Les Alsaciens aiment la forêt, ils comptent sur nous pour bien la gérer », annonce Pierre Grandadam, président de l’association.

Rémunération horaire des bûcherons communaux

En 2016, le grand défi pour les communes forestières a été le passage obligatoire de la rémunération au rendement à la rémunération horaire des bûcherons communaux. Émile Fluck, vice-président de l’association pour le Bas-Rhin et maire de Colroy-la-Roche, rappelle qu’une trentaine de réunions ont été nécessaires. « On ne constate pas de baisse de régime, mais un travail plus soigné et plus rationnel. Les bûcherons ne sont pas mécontents, ils attendent la fin de l’année pour savoir comment cette mesure impacte leur rémunération », rapporte-t-il. Si le changement est pour le moment bien accepté par les bûcherons, il l’est moins par les communes. « Avoir des bûcherons formés est une richesse, soutient Pierre Grandadam, cela permet de valoriser les emplois et les ressources locales. En faisant appel à des entreprises privées, l’appel d’offres sera nécessaire et il mettra en concurrence des entreprises européennes. »

Un sujet épineux se profile, la réalisation du programme national de la forêt et du bois 2016-2020. Sacha Jung, délégué général de Fibois, la Fédération interprofessionnelle Forêt-Bois Alsace, expose que ce programme « prévoit deux ans pour fixer les priorités de la filière. Or l’État ne prévoit pas d’envelopper pour son financement. Il fixe des objectifs à chaque région. Pour le Grand Est, 2,7 millions de m3 de bois supplémentaire à prélever. Au niveau national, c’est l’exigence la plus forte. La filière dit « non » à une mobilisation supplémentaire de bois tant que l’État ne prend pas d’engagement sur la question de l’équilibre sylvo-cynégétique. »

« Le constat est reconnu et partagé : la forêt se dégrade, note Pierre Grandadam. Pourtant, elle devrait respecter le principe de multifonctionnalité : la production, l’accueil du public et la protection du milieu. Dans certains endroits, ce principe ne fonctionne plus. Nous exigeons une réponse de l’État à cette question : est-ce que le mode de gestion actuel permet une gestion durable pour une forêt de qualité, pour le bonheur des gens et des produits pour les entreprises ? » Un courrier signé par 18 organisations a été envoyé au préfet sur cette question de l’équilibre de la faune et de la flore.

« Les chasseurs ne peuvent pas porter toute la responsabilité »

Gérard Lang, président de la Fédération départementale des chasseurs du Bas-Rhin, indique : « Nous sommes en train d’élaborer un nouveau schéma départemental et nous souhaitons rencontrer la forêt communale à ce sujet. L’équilibre sylvo-cynégétique est par nature instable. Et depuis 1999, on s’est planté, tous ensemble. Les chasseurs ne peuvent pas porter toute la responsabilité. On est en train de réduire la population de cervidés un peu partout avec l’accord des chasseurs. Or, le plan de chasse qualitatif est nécessaire à la pyramide des âges. Le cerf fait partie du patrimoine alsacien. » Pierre Grandadam se félicite de cette volonté de dialogue et assure que « l’on trouvera des solutions intelligentes pour pouvoir transmettre une forêt gérée durablement ».

En tant que président de la Fédération nationale du bois, Philippe Siat met cette question en perspective avec le réchauffement climatique. « La forêt a un rôle de stockage du dioxyde de carbone. En prélevant plus, on diminue ce stock. Nous devons planter des essences améliorées et résistantes au réchauffement. Nous ne devons pas rester sur cette querelle de l’équilibre entre la faune et la flore ». Le mot de la fin est laissé à Jean-Pierre Marchand, responsable du pôle nature, chasse, forêt à la Direction départementale des territoires (DDT) du Haut-Rhin : « Notre objectif est de revenir à un équilibre au plus tard d’ici les prochaines adjudications des lots de chasse, dans cinq ans. La réussite de cet équilibre dépendra de tous les acteurs. »

Les vidéos