Auteur

Anny Haeffelé

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Groupement de défense sanitaire d'Alsace

Éradiquer la BVD : tous les éleveurs sont concernés !

Élevage

Publié le 04/03/2016

« Depuis longtemps, le porc est en crise. Aujourd’hui, le lait et la viande sont eux aussi dans la tourmente, a rappelé Patrick Bastian, en ouvrant l’assemblée générale du Groupement de défense sanitaire (GDS) d’Alsace. Les prévisions des économistes sont pessimistes, mais la situation peut se retourner rapidement. » Beaucoup de mesures ont été prises par le gouvernement pour venir en aide aux éleveurs mais il est difficile de compenser les méfaits de la crise, vu son ampleur.

La nouvelle Région a pour mission de s’investir dans l’économie. « Un certain nombre d’idées ont déjà été lancées. » Cependant, a insisté Patrick Bastian, accorder des aides, c’est important, mais à condition de les verser rapidement. Le président Philippe Richert en est conscient. Pour le plan de modernisation des bâtiments d’élevage, par exemple, il faudra passer par le versement d’acomptes pour faire démarrer les projets et soutenir l’investissement. « La gestion des crises, laissons-la à l’État, mais à notre niveau, faisons tout ce que nous pouvons pour assurer la pérennité des exploitations agricoles. » La lutte sanitaire est l’un de ces leviers.

La loi NOTRe enlève la compétence économique aux Départements qui subventionnaient fortement les GDS. Que réservera l'avenir ? « Certains départements vont continuer à nous soutenir, d’autres se voient contraints d’arrêter. Le Bas-Rhin nous accordait des aides importantes pour lutter contre les maladies et pour soutenir le laboratoire départemental. Cette politique risque d’être remise en cause à l'avenir. Dans le Haut-Rhin, les aides étaient différentes. » La Région va reprendre la compétence économique, et donc certainement l’aspect sanitaire. « Les GDS du Grand Est se réunissent aujourd'hui, 4 mars, pour voir comment ils vont se structurer. » Pour Patrick Bastian, il faut avancer sur des dossiers comme l'OVS (Organisme à vocation sanitaire) et l'ASR (Association sanitaire régionale). « Ce n’est qu’au niveau de la grande région que nous pourrons être reconnus comme ASR. Mais la lutte sanitaire doit se faire au plus près du terrain et nous avons besoin des départements pour être efficaces. »

Épargnés par les crises sanitaires… pour l'instant

« En Alsace, nous sommes passés à côté des crises les plus graves », a poursuivi Patrick Bastian. La fièvre catarrhale ovine (FCO) est apparue très brusquement en France, mais pour le moment l’Est n’est pas touché. Le président du GDS ne se fait pas d’illusion : « Cet été, cela risque de changer… Heureusement, le dossier est géré de manière plus simple et plus lucide par les autorités sanitaires, nous avons appris à gérer ce genre de crise. » De son côté, la crise aviaire a pris une ampleur sans précédent : un tiers de la production française va être euthanasié et un vide sanitaire sera effectué.

« Au niveau national, nous sommes dans l'attente de la parution d'un accord ministériel pour mettre en place un programme d’éradication de l'IBR (rhinotrachéite infectieuse bovine), a annoncé Patrick Bastian. Je suis satisfait de cette décision : les derniers cas nous coûtent très cher et il était temps d'adopter des mesures plus radicales. Les Conseils départementaux ont apporté une contribution importante à la lutte contre cette maladie, mais nous ne pouvons pas éternellement les solliciter sur ce dossier. Cet arrêté ministériel nous permet d’aller vers l’éradication de l’IBR. »

BVD : aller rapidement vers l’éradication

Mais la vedette du jour était incontestablement la BVD. « La BVD, j’ai appris à la connaître sur mon exploitation en 1994, avec des pertes considérables. » Depuis, un travail énorme a été accompli, a souligné Patrick Bastian, mais certains départements ont avancé plus vite que d’autres. « Si j’ai défendu la nécessité de foncer, dans notre région, c’est que les régions et départements voisins sont déjà passés à la vitesse supérieure, depuis longtemps. » La Moselle, par exemple, s'est engagée dans la lutte contre cette maladie, avec des résultats exceptionnels. « C’est efficace et cela marche bien. » Patrick Bastian a indiqué que le département des Vosges a décidé à son tour de se lancer dans l'aventure.

Un nouveau pas vient d'être franchi. « Nous avons obtenu que la lutte contre la BVD soit rendue obligatoire au niveau national, même si certains départements avanceront à leur propre rythme, parce qu’ils ont d’autres priorités sanitaires, comme la tuberculose. » Les deux départements alsaciens ont décidé de fixer une ligne de conduite par rapport à l’éradication de la BVD qui permettra aux régions voisines de les rejoindre dans cette lutte. « Ensuite, nous conseillerons à nos voisins italiens d’acheter des animaux indemnes, et cela ira très vite. »

Tribu des gourmets
 

Cadre magique pour un apéritif original

Vigne

Publié le 05/02/2016

Lorsqu’il a décidé d’organiser une cérémonie des vœux pour les habitants du quartier Strasbourg Centre-République, Robert Herrmann, président de l’Eurométropole et adjoint au maire de Strasbourg, a fait appel à la Tribu des gourmets pour organiser l’apéritif qui accompagne traditionnellement ce genre de cérémonie. C’est ainsi que Didier Bonnet, coprésident de l’association avec Charles Brand, vigneron à Ergersheim, et Pierre Bernhard, président du Synvira et vigneron à Châtenois, ont demandé à la Fédération de la boulangerie du Bas-Rhin, représentée par la boulangerie Olland de Strasbourg, et à Damien Zerr, producteur de fruits à Dangolsheim, de leur prêter main-forte, le samedi 23 janvier dans les salons de l’opéra du Rhin, place Broglie à Strasbourg. À l’issue des vœux de l’adjoint de quartier, les invités ont donc pu déguster de délicieuses brioches, tresses et bretzels, accompagnées de jus de pomme bio ou de vins et crémants d’Alsace.

Une initiative que la Tribu des gourmets a bien l’intention de pérenniser. C’est en effet une occasion idéale pour faire découvrir et expliquer les vins des vignerons qui en font partie, mais aussi d’expliquer le but de cette association. « Nous voulons retisser le lien séculaire qui unit la capitale régionale et son vignoble. N’oublions pas que le monde viticole a grandement contribué à la construction de la cathédrale de Strasbourg ! »

La Tribu des gourmets lance également des opérations de notoriété, comme le vin blanc chaud d’Alsace qui a connu un grand succès au marché de Noël de Strasbourg, en décembre dernier. Et ce, malgré les restrictions mises en place par les autorités municipales pour éviter tout acte terroriste. « Le mois de décembre s’est passé dans de bonnes conditions, même si la fréquentation était moindre », a d’ailleurs affirmé Robert Herrmann. Enfin, la Tribu des gourmets milite pour des vins blancs secs, ce que les invités ont pu découvrir en dégustant les vins bios présentés par les deux vignerons, parmi lesquels quelques pépites, comme le muscat cuvée Nature du domaine Charles et Philippe Brand ou le Bischof Weingarten du domaine Bernhard et Reibel.

Au salon Swiss Expo à Lausanne

CAT Haïda sur les plus hautes marches du podium

Élevage

Publié le 02/02/2016

Pour sa vingtième édition, qui s’est tenue du 14 au 17 janvier à Expo Beaulieu à Lausanne, Swiss Expo a tenu ses promesses avec un spectacle exceptionnel et des surprises qui ont fait vivre aux éleveurs et au public des moments inoubliables. L’édition 2016 a attiré 24 000 visiteurs, familles, scolaires, professionnels, politiques.

Une renommée internationale

Deux décennies ont hissé Swiss Expo au top mondial des expositions bovines. Selon une enquête menée en 2014 par le magazine Holstein International, ce concours international se positionne comme leader européen incontesté et arrive au troisième rang mondial, après la World Dairy Expo à Madison aux États-Unis et la Royal Winter Fair à Toronto au Canada. Il s’affirme ainsi comme la vitrine de l’élevage laitier et de la génétique suisse. En termes de popularité, d’accueil et d’ambiance, l’événement se place même au premier rang mondial dans le cœur des lecteurs de la revue.

Pour cette 20e édition, Swiss Expo a continué son expansion avec 150 exposants et 1 000 vaches inscrites, une offre attrayante pour le monde de l’agriculture. De fait, des visiteurs de toute l’Europe, du Canada, des États-Unis et du Japon font le déplacement pour cet événement. Ce salon offre depuis vingt ans des concours bovins spectaculaires et confirme sa renommée internationale en proposant aux éleveurs européens une plateforme incomparable pour faire découvrir le fruit de leur labeur en matière d’élevage et de sélection génétique, sous les applaudissements d’un public conquis. À noter que l’orchestre philharmonique de Prague a participé à cette vingtième édition, les musiciens accompagnant les vaches championnes lors de leur présentation sur le ring.

La consécration pour CAT Haïda

Deux vaches de l’exploitation agricole de l’ESAT de la Fondation protestante du Sonnenhof à Bischwiller ont été sélectionnées pour participer au concours de la race montbéliarde, qui réunissait 80 animaux. CAT Haïda a été sacrée vice-championne, tandis que CAT Herade a été classée quatrième de sa section. C’est la qualité des membres, la solidité dans le dos, la profondeur des côtes et les mamelles très bien attachées qui ont fait la différence.

Les prix reçus à l’occasion de ce salon permettent à l’exploitation du Sonnenhof de bénéficier d’une excellente notoriété et de mettre en avant le travail de ses résidents. La fondation protestante est la seule exploitation alsacienne qui travaille avec des personnes en situation de handicap mental à participer à ce type de concours. De nombreux contacts ont pu être pris grâce à l’inscription de ces deux bovins au catalogue du salon. Les prix attribués sont aussi un gage de qualité des bovins qui participeront à une offre génétique performante. Les descendants de CAT Herade et de CAT Haïda bénéficieront eux aussi de cette notoriété.

À bientôt à Paris !

Ce n’est pas naturel pour une vache de marcher dans un ring devant un jury, entourée d’un brouhaha incessant. Cela nécessite un entraînement assez intense : il faut s’habituer à avoir un licol autour de la tête, puis s’entraîner à marcher. Aujourd’hui, CAT Haïda est devenue une vraie pro de la scène : dès qu’elle a un licol autour du cou, elle sait quelle attitude adopter. Même si c’est une vache de caractère, elle comprend ce que l’on attend d’elle, marche avec élégance, finesse et souplesse, pour le plus grand plaisir des moniteurs et des travailleurs handicapés qui s’occupent du troupeau de montbéliardes au quotidien.

D’ores et déjà, CAT Haïda continue à s’entraîner avec ardeur : elle a en effet été présélectionnée pour le concours général agricole qui se déroulera le dimanche 28 février prochain, dans le cadre du Salon international de l’agriculture à Paris. Rappelons que l’an dernier, elle s’était classée première de sa section et meilleure mamelle, avant de remporter le titre de championne jeunes vaches.

Lancement de la saison des pommes

Elles vous attendent, avec leurs belles joues rouges

Cultures

Publié le 23/09/2015

Après la sécheresse estivale, les pluies de ces dernières semaines ont eu un effet bénéfique sur les pommes, a expliqué Daniel Dettling, arboriculteur à Westhoffen, devant les nombreuses personnalités venues assister au lancement de la campagne pommes d'Alsace. Installé en 2003 sur l'exploitation familiale, ce dernier a considérablement développé les surfaces en vignes (6 ha) et en vergers (12 ha). « Jusqu'ici, les quetsches étaient notre fer de lance, mais la sharka nous a obligés à arracher à tour de bras des vergers en pleine récolte. Pour assurer la pérennité de notre exploitation, nous avons dû rebondir, mais le parcellaire morcelé a compliqué la donne. En réalisant des échanges entre agriculteurs, nous avons réussi à regrouper une parcelle d'1 ha que nous avons plantée en pommes boskoop et idared avec des clones actuels qui colorent bien. » L'objectif, a-t-il précisé, est de relever le défi de satisfaire le consommateur par la couleur et le calibre des pommes. Aujourd'hui, les vergers se composent de 1,5 ha de cerises de bouche, 8 ha de mirabelles et de quetsches et 1 ha de pommes en production. À cela s'ajoute 1 ha de pommes en plantation qui représente un investissement important, notamment pour les filets paragrêle et les clôtures contre le gibier. Daniel Dettling vend ses fruits à la ferme, dans le magasin La Nouvelle Douane à Strasbourg - où son épouse s'investit beaucoup - et adhère à la Cuma Alsa Pomme de Brumath. Pour Pierre Barth, président de l’association Production fruitière intégrée d’Alsace, la ferme fruitière de Daniel Dettling est un bel exemple de développement de l'arboriculture. « Il y a de la place pour les jeunes qui veulent s'installer », a-t-il ajouté.

Une nécessaire visibilité

La Région Alsace accompagne fortement la filière fruits et légumes, a poursuivi Pierre Lammert, président de l'Interprofession des fruits et légumes d'Alsace (Ifla), en soulignant la présence de François Loos, vice-président du Conseil régional, de Nathalie Arnold, chef du service agriculture et forêt, et d'Yves Demangel, directeur du pôle marque et réseaux de l'Agence d'attractivité de l'Alsace. C'est le cas de la filière pomme : la Région a aidé les producteurs à sensibiliser les consommateurs à manger local. « Nous avons ajouté sur notre logo la marque Savourez l'Alsace Produits du terroir qui vient d'être lancée. C'est normal que les fruits et légumes soient entrés dans cette démarche. » Les producteurs de fruits ont envie de développer la production régionale, d'augmenter les surfaces, d'installer des jeunes, à condition d'avoir de la visibilité, a souligné Pierre Lammert. Un verger c'est un engagement de 25 ans ! Une démarche est en cours pour créer les conditions favorables à cette dynamique.

L'Ifla organise une grande manifestation du 1er au 10 octobre, dans le cadre des Journées d'octobre de Mulhouse, a annoncé Pierre Lammert. Sur 10 000 m2, Folie’Flore mettra en avant les fruits et légumes d’Alsace, par une succession de vingt jardins, cinq spectacles et cinq ateliers participatifs. « C'est un travail colossal ! » Mais le résultat sera magnifique, à n'en pas douter. Autre actualité, la quinzaine fruits et légumes d'Alsace se déroule en ce moment dans les grands magasins, ainsi que dans la restauration hors domicile. « Le concours d'étalage a été lancé, de nombreux magasins sont décorés avec nos fruits et légumes. »

Pour Patrick Bastian, secrétaire général de la Chambre d'agriculture de région Alsace (Cara), « 2014 est la pire des années que nous ayons connue au niveau des prix. Nous espérons que les prix se maintiendront à un bon niveau pour 2015. » Il faut que la grande distribution joue le jeu pour motiver les jeunes agriculteurs, a-t-il insisté. « Nous devons essayer de contractualiser la production avec un volume, mais aussi un prix et une durée, sinon nous n'y arriverons pas. » De son côté, la profession continue à y croire : la Cuma Alsa Pomme vient d'investir dans une ensacheuse-barquetteuse et la Cara a engagé un deuxième technicien arboricole à mi-temps, Thierry Antoine. La station Verexal continue à acquérir des références techniques pour guider le choix des producteurs. « Nous allons développer d'autres espèces, comme l'abricot ou la pêche, car il y a une vraie demande des consommateurs. »

François Loos, vice-président du Conseil régional d'Alsace, estime qu'il est important de délivrer un message positif. « Contractualisation, qualité, marque, autant d'éléments fondamentaux sur lesquels il faut agir sous peine d'être soumis aux dures lois du marché. Or la production a besoin de visibilité à long terme. » C'est dans cette optique que le Conseil régional a signé une convention d'objectifs avec la Cara. « Nous avons mis en œuvre tout ce que nous avons décidé et nous avons déjà voté les crédits pour 2016. » Pierre Barth en a profité pour remercier la Région pour son soutien, en particulier pour la campagne de promotion menée l'an dernier, au plus fort de la crise, a souligné Pierre Barth. « Si les prix n'étaient pas au rendez-vous, cela nous a au moins permis d'écouler les stocks en fin de campagne. »

« Nous continuons à avoir la fibre de la ruralité »

Après le maire de Westhoffen, Pierre Geist, la parole était à Thierry Carbiener, conseiller départemental du Bas-Rhin. « Malgré les temps difficiles, nous sommes très enclins à être un appui indéfectible de l'agriculture, à travers la convention signée avec la Cara, dans laquelle les producteurs de fruits ont une place privilégiée, a-t-il souligné. Nous restons en appui en matière de formation, nous privilégions les circuits courts, notamment dans les restaurants collectifs des cantines, et nous nous sommes toujours investis sur la replantation des arbres fruitiers et dans les vergers solidaires. » Malgré un désengagement financier provisoire, le Conseil départemental du Bas-Rhin continuera à appuyer certaines opérations remarquables et certains investissements, a conclu Thierry Carbiener.

En tracteur, en bus ou en train, ils sont venus de toute la France

5 000 agriculteurs manifestent leur colère à Paris

Vie professionnelle

Publié le 09/09/2015

Nombre d'entre eux étaient partis trois jours plus tôt, en tracteur. De longues caravanes d'agriculteurs ont ainsi sillonné les routes des provinces françaises, notamment depuis l'Ouest et le Nord, pour rallier la capitale le jeudi 2 septembre. Dès les premières heures de la matinée, ils ont envahi le périphérique pour une opération escargot, provoquant au passage un spectaculaire embouteillage. Mais, malgré les désagréments occasionnés, les Parisiens ont exprimé leur soutien et leur sympathie à l'égard des manifestants, leur mettant du baume au cœur. « Je suis impressionné par l'accueil des Parisiens qui nous ont filmés tout au long du parcours. Les agriculteurs qui participent à cette journée d'action s'en souviendront toute leur vie », a souligné un peu plus tard un président de FDSEA, du haut de la grande scène montée par la FNSEA et Jeunes Agriculteurs sur la place de la Nation.

Au même moment, une délégation d'agriculteurs s'est rendue au Palais du Luxembourg où elle a été reçue par Gérard Larcher, président du Sénat. Un entretien très positif, aux dires de Xavier Beulin, président de la FNSEA, et de Thomas Diemer, président national des JA : un calendrier de travail précis a ainsi pu être établi. Dans la foulée, ils ont rencontré le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, lui demandant plus de sens pratique dans les textes qu'élabore l'Assemblée nationale.

Le point d'orgue de la journée était sans conteste le rassemblement organisé sur la place de la Nation, vers laquelle tous les manifestants ont convergé à la mi-journée. 1 700 tracteurs et plus de 5 000 manifestants, cela fait du bruit ! Cette mobilisation était à l'image de la détresse des agriculteurs, en particulier les éleveurs qui ont atteint le point de rupture, entre charges écrasantes et prix déprimés.

« Un message d'amour »

Pendant ce temps, les responsables de la FNSEA et des JA ont été reçus pendant deux heures à l'hôtel Matignon. Le Premier ministre a indiqué qu'il voulait lancer « un message d'amour » aux agriculteurs français, en dévoilant son nouveau plan de soutien, qui vient compléter les mesures décidées en juillet. Un effort supplémentaire de 300 millions d'euros. « Votre mobilisation prouve que la France agricole n'est pas résignée, elle est debout », a déclaré Xavier Beulin un peu plus tard aux manifestants rassemblés autour de l'impressionnante statue du Triomphe de la République. « Le gouvernement nous a entendus. Tout n'est pas réglé, mais nous avons fait un grand pas en avant », a-t-il déclaré, avant d'énumérer les avancées obtenues : une prise en charge des intérêts d'emprunt à hauteur de 100 M€, un triplement des prises en charge de cotisations sociales pour atteindre 50 M€, une « année blanche » avec le report des annuités de 2015, une dotation supplémentaire pour le fonds d'allégement des charges, une baisse des cotisations sociales d'environ 50 M€. Des moyens plus spécifiques seront consacrés à l'élevage : les aides à l'investissement sont portées à 350 M€ par an pendant trois ans, des soutiens seront accordés aux outils d'abattage et de découpe. Par ailleurs, Manuel Valls a promis de définir, d'ici février, une nouvelle méthode pour mettre en place les normes environnementales, en concertation avec les agriculteurs, et d'ici là, de ne plus transposer de nouvelles règles européennes en droit français. Enfin, il a demandé à Stéphane Le Foll de maintenir la pression pour que les engagements pris par les industriels et les distributeurs en matière de hausse de prix soient tenus. 

Mais tous les manifestants ne l'entendaient pas de cette oreille : dès la fin de l'intervention de Xavier Beulin, une poignée de jeunes agriculteurs ont exprimé bruyamment leur déception au pied de la grande scène, avec force huées, pétards et coups de corne. Mais à l'appel de leurs responsables départementaux, ils ont finalement choisi de se disperser dans le calme, pour ne pas entacher cette grande manifestation par des débordements. Seule une volute de fumée s'échappait d'un chariot de supermarché, où le feu avait été mis à des cagettes, comme un témoignage de leur mécontentement…

MSA d'Alsace - Appel à projet jeunes 2014

Engagement citoyen et implication dans la vie locale

Pratique

Publié le 04/03/2015

Mardi 3 mars à la mairie de Lembach, une petite cérémonie a rassemblé les gagnants de l'appel à projets jeunes 2014 de la MSA d'Alsace. La présidente, Christiane Bernard, a accueilli les jeunes porteurs de projets en compagnie de Françoise Schilling, chargée de mission, Aline Moritz, présidente de la Commission d'action sanitaire et sociale, Daniel Giudici et Thomas Blum, administrateurs de la MSA d'Alsace. Pourquoi avoir choisi Lembach pour cette cérémonie ? « Nous choisissons toujours le territoire du projet qui a gagné le premier prix, a indiqué Françoise Schilling. Cela nous permet de découvrir des territoires différents avec des jeunes toujours aussi dynamiques ».

Charles Schlosser, maire de Lembach, a souhaité la bienvenue à la nombreuse assistance. À la frontière avec l'Allemagne, Lembach est l'une des communes les plus septentrionales d'Alsace. Elle possède un territoire très vaste (4 800 hectares) et un patrimoine très riche, avec ses châteaux forts (dont le plus célèbre, le Fleckenstein) et sa ligne Maginot. Alfred Kreiss, vice-président de la communauté de communes Sauer-Pechelbronn, a présenté la politique jeunesse de la communauté de communes : « Votre concours est en accord total avec notre programme d'action, qui s'appelle “Mieux vivre dans son territoire”. Nous encourageons les jeunes à s'impliquer, à être acteurs de leur territoire, à s'engager dans la vie locale. Nous voulons aller plus loin, en partenariat avec la Fédération des MJC, pour intégrer les jeunes de 15-20 ans dans une dynamique locale ».

Des jeunes pleins d'enthousiasme

Christiane Bernard a rappelé la genèse du projet « Mieux vivre en milieu rural », lancé il y a treize ans par la MSA, le régime de protection sociale des exploitants et des salariés agricoles. La MSA est très attachée à encourager les jeunes à s'exprimer dans les territoires ruraux et à soutenir leurs initiatives, afin qu'ils puissent occuper toute leur place dans leur territoire de vie, a-t-elle indiqué. « À travers ce concours, nous démontrons que nos jeunes sont capables de se mobiliser pour monter un projet de toutes pièces, de participer à la vie locale, de créer du lien entre les jeunes, mais aussi entre toutes les générations. À chaque édition, nous découvrons des jeunes pleins d'enthousiasme, de générosité, qui véhiculent des valeurs de partage et de solidarité. Cet investissement des jeunes est vraiment une chance pour nos communes car ce sont eux, nos relais futurs ». Chaque année, la MSA d'Alsace accorde 10 bourses pour un montant de 6 900 €. Depuis 2001, une centaine de projets a ainsi été primée - ils sont huit pour cette édition 2014. « Les deux premiers ont participé au concours national mais nous n'avons malheureusement obtenu aucun prix cette année ».

Favoriser les relations intergénérationnelles

Le premier projet présenté, « Souvenirs, Souvenirs… », a obtenu le troisième prix, d'une valeur de 800 €. Il a également été primé par la Caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin. « Nous jouons la complémentarité et le partenariat entre les deux institutions », a indiqué Christiane Bernard. Onze jeunes de 11 à 14 ans, du secteur de Schirmeck, ont décidé de rencontrer les personnes âgées et de récolter leurs souvenirs. Ils ont réécrit ces témoignages sous forme de saynètes, qui seront présentées en mai et juin prochains dans les salles de spectacles et les maisons de retraites. « Avec la société Septième Scène, nous avons commencé le tournage d'un film, dont le DVD sera vendu lors du spectacle », ont déclaré Maeva et Sabrine. De leur propre aveu, ce projet leur a permis de mieux connaître l'histoire de leur vallée et les conditions de vie des habitants à l'époque.

Le premier prix est allé à Rock'n'Stein, un projet soutenu par la Fédération départementale des MJC du Bas-Rhin. Une douzaine de jeunes est à l'initiative de ce festival franco-allemand de musique de plein air, qui se déroulera le 15 août au château du Fleckenstein, ont expliqué François et Marcel. Au programme, du rock, du folk rock et de la musique celtique. Les organisateurs travaillent en partenariat avec une association de reconstitution médiévale, qui proposera des animations et de la restauration médiévales.

Rendez-vous le 22 avril au Dôme de Mutzig

Musique encore avec le deuxième prix, d'une valeur de 1 100 €, « Du stylo à la plume ». Soutenu par la FDMJC du Bas-Rhin, ce projet implique 14 jeunes de 12 à 14 ans du secteur de Rosheim. Ils sont tous issus de la classe de 4e B du collège de Rosheim, qui accueille des enfants dyslexiques. « Notre projet est de sortir un album de chansons sur le thème des différences, mais aussi sur la joie d'être et de travailler ensemble », expliquent-ils. Ces chansons ont été conçues lors d'ateliers d'écriture organisés par le professeur de français, avant d'être mis en musique. La finalité est d'enregistrer un CD, de réaliser des clips et de se produire en concert. Ce concert aura lieu le 22 avril à 19 h 30 au Dôme de Mutzig, et verra la participation d'une jeune chanteuse, Clara Marcilloux, ancienne élève du collège de Rosheim. Le projet bénéficie du soutien logistique de HDL Prod, créé par les élèves de 3e de leur collège.

Le quatrième prix, d'une valeur de 800 €, est allé aux Jardins partagés de Marmoutier, un projet soutenu par le Mouvement régional de la jeunesse chrétienne (MRJC). L'idée est de mettre en place deux jardins à Marmoutier. Dans l'enceinte de l'abbaye de Marmoutier, ce groupe de huit jeunes de 17 à 19 ans s'est fixé pour mission de remodeler sur une vingtaine d'ares un jardin monastique, respectant les règles édictées par Charlemagne. Sur les hauteurs de Marmoutier, il a investi un verger de 4,5 ha appartenant à Caritas, pour faire découvrir d'autres méthodes de jardinage et organiser des animations pour les enfants, dans une perspective de développement durable.

La fête du jeu d'Obernai, un projet soutenu par le centre socioculturel Arthur Rimbaud, a décroché le cinquième prix, d'une valeur de 800 €. Un groupe de neuf jeunes âgés de 15 ans a décidé d'organiser un événement convivial autour des jeux de société. Il aura lieu le 24 octobre prochain à Krautergersheim. Plusieurs types de jeux seront proposés - jeux de société, jeux de rôle, jeux géants - l'idée étant de rassembler toutes les générations autour de cette thématique ludique. Marc et Estéban font partie d'un groupe de douze jeunes âgés de 14 à 18 ans, demeurant à Neuwiller-les-Saverne. Leur projet, soutenu la FDMJC, a obtenu le sixième prix, d'une valeur de 500 €. Il consiste à réaliser une fresque sur les murs du préau de l'ancien stade de football, qui sert de lieu de rencontre pour les jeunes du village. « Le projet n'est pas encore finalisé mais il tournera autour du sport », expliquent-ils. La fresque sera réalisée en juin prochain avec l'aide d'un artiste peintre du village.

Des plantes à cuisiner

« Les Pas sages », tel est le nom du projet qui a remporté le septième prix, d'une valeur de 500 €. Dix jeunes du lycée Adrien Zeller de Bouxwiller, âgés de 15 à 18 ans, ont souhaité mieux connaître la vie des personnes handicapées adultes qui vivent au foyer d'hébergement Apaeiie d'Ingwiller. Vincent, résident de l'Esat, et Juliette, lycéenne, ont expliqué que le groupe est en train de réaliser un court-métrage autour de l'improvisation théâtrale, associant les lycéens et les adultes handicapés. Ils travaillent en collaboration avec Olivier Meyer, du théâtre du marché aux grains de Bouxwiller. La vidéo qu'ils ont projetée lors de cette cérémonie a permis de mesurer la qualité de leur travail : plusieurs séquences ont été filmées dans le foyer d'hébergement d'Ingwiller et le lycée de Bouxwiller, autour de thématiques comme le corps, le visage, les objets, etc. « Nous irons aussi au château de Lichtenberg pour diversifier les prises de vue ». Vendredi 29 mai, le court-métrage sera présenté lors d'une soirée conviviale.

Le seul projet haut-rhinois émane du secteur de Lautenbach. Huitième au classement, avec un chèque de 500 € à la clé, il s'intitule « Balades gourmandes ». Quatre jeunes de 16 à 22 ans, qui fréquentent régulièrement l'auberge de jeunesse Dynamo, ont envie de faire découvrir les plantes comestibles aux promeneurs, puis de les cuisiner. Ils ont prévu d'organiser deux balades gourmandes, le 19 avril à 10 h 30 et le 9 mai à 14 h, sous la houlette d'une botaniste, ont indiqué Céline et Élise Vuitton.

Mutualité sociale agricole d'Alsace

Chaque voix compte !

Pratique

Publié le 17/11/2014

Aux précédentes élections MSA en 2010, l'Alsace avait obtenu le meilleur taux de participation au niveau national, avec 50 %. «Nous voulons mobiliser autour de ce scrutin : il est important que tous nos adhérents votent. Il y va de notre crédibilité face aux pouvoirs publics», estime Christiane Bernard, présidente de la MSA d'Alsace.

L'enjeu est de taille : il s'agit de mobiliser près de 50 000 électeurs pour 604 sièges à pourvoir (252 dans le collège 1, 223 dans le collège 2 et 129 dans le collège 3). Pour garder la première place pour le taux de participation important, l'une des pistes explorées par la MSA d'Alsace est de présenter des candidats dans tous les cantons, dans tous les collèges. Une manière d'être présente dans tous les territoires. C'est pourquoi elle s'investit fortement depuis quelques semaines pour aller à la rencontre des délégués dans les échelons locaux, afin de susciter les candidatures, tant du côté des exploitants que des salariés agricoles. «La loi électorale n'a pas changé, sauf en ce qui concerne la possibilité de voter par internet», explique Christelle Jamot, directrice générale de la MSA d'Alsace.

Les aspects juridiques du scrutin

«Il y a deux dates importantes à retenir», indique Sophie Mas-Dupuy, chargée de mission élections à la MSA d'Alsace : le 8 décembre 2014 à 16 h, date limite de dépôt ou de réception des candidatures ; le 27 janvier 2015, date limite pour voter par correspondance ou par internet. «Vous avez jusqu'au lundi 8 décembre 2014 à 16 h pour être candidat dans votre canton et dans le collège dans lequel vous êtes inscrit». Pour être candidat, il faut remplir certaines conditions : être âgé de18 ans au moins, ne pas être frappé d'une condamnation figurant dans le volet 2 du casier judiciaire, présenter sa candidature dans sa circonscription de vote et être inscrit sur les listes électorales MSA.

Pour les collèges 1 et 3, les candidatures sont individuelles. Il convient de remplir un formulaire et de l'adresser par voie postale ou de le déposer au siège de la MSA d'Alsace à Colmar, à l'établissement de Strasbourg. Pour le collège 2, le candidat doit se présenter sur une des listes proposées par les organisations syndicales de salariés reconnues représentatives au plan national : la CFDT (Confédération française démocratique du travail), la CFE-CGC (Confédération française de l'encadrement-Confédération générale des cadres), la CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens), la CGT (Confédération générale du travail) ou la CGT-FO (Confédération générale du travail-Force ouvrière). «N'attendez pas le dernier jour pour déposer votre liste, afin de pouvoir remplacer éventuellement les candidats qui ne remplissent pas tous les critères», conseille Christiane Bernard.

Le mode de scrutin diffère selon les collèges. Dans les collèges 1 et 3, sont élus les candidats ayant obtenu le plus grand nombre de voix au scrutin majoritaire à un tour. Dans le deuxième collège, les candidats sont élus au scrutin de liste à la représentation proportionnelle. Le vote a lieu soit par correspondance, soit par internet. «Début janvier, vous recevrez votre matériel de vote, avec un code qui vous permettra de voter sur le site dédié». Ce matériel de vote sera envoyé au domicile des électeurs par les Caisses au plus tard le 12 janvier, le retour des plis devant intervenir au plus tard le 27 janvier. Le dépouillement aura lieu au siège de la MSA d'Alsace à Colmar le 3 février, la proclamation de tous les résultats étant prévue pour le soir-même. Toutes ces informations sont accessibles sur le site internet de la MSA.

L'assemblée générale élective réunissant les nouveaux délégués cantonaux se tiendra le 20 mars prochain. Le nouveau conseil d'administration se réunira immédiatement dans la foulée pour élire le président et le bureau. La phase finale de ce processus aura lieu le 28 mai 2015 : l'assemblée générale centrale élective réunira près de 500 délégués pour élire le nouveau conseil central d'administration, composé de 29 administrateurs.

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