Auteur

Anny Haeffelé

Retrouvez ses derniers articles ci-dessous :

Alsace Lait

Le beurre arrive dans les magasins

Pratique

Publié le 30/12/2022


Le président d’Alsace Lait, Michel Debes, se souviendra de l’année qui vient de s’écouler. « Une année de folie ! L’invasion de l’Ukraine par la Russie a créé la surprise et déstabilisé les économies occidentales. Aujourd’hui, on évoque même des coupures d’électricité… » Mais pas question de baisser les bras. « À Alsace Lait, nous avons su réagir, nous adapter. » Avec succès : « Nous avons transformé 6 000 tonnes de lait de plus que l’an dernier, nous avons même acheté du lait à nos voisins. »

Pour autant, de nombreuses embûches ont parsemé le chemin : « Chaque achat était un véritable casse-tête et le service financier surveillait en permanence l’évolution des coûts de revient pour redéfinir les prix de vente. Puis est venue l’annonce de la flambée du prix de l’énergie en 2023… Nous avons aussi connu une forte pression au niveau des ressources humaines, car il a fallu engager des renforts pour faire face à l’augmentation de la production. » Toutes les équipes se sont investies à 200 % pour relever le défi, a souligné Michel Debes.

« Jamais je n’ai vécu une année comme 2022 ! »

« Depuis trente ans que je préside la coopérative, jamais je n’ai vécu une année comme 2022. Passer trois hausses de suite dans la même année auprès de la grande distribution, c’est du jamais vu ! » Dès son arrivée, le nouveau directeur, Hervé Massot, a dû faire face à une situation extrêmement compliquée. « Il a démontré sa capacité de leadership naturelle, mettant à profit son expérience extraordinaire. » Et malgré les circonstances exceptionnelles, il a mis sur les rails le plan de développement qu’il avait annoncé à son arrivée : « Nous vous avions promis du beurre Alsace Lait pour Noël, on en trouve déjà dans certains magasins. » Certes, a concédé Michel Debes, Alsace Lait n’a rien inventé : la laiterie de Haguenau, l’une des cinq composantes d’Alsace Lait, en fabriquait encore il y a cinquante ans. Nul doute que les consommateurs alsaciens seront heureux de retrouver un produit auquel ils étaient très attachés…

 

 

Par ailleurs, un nouveau directeur général, Laurent Roux, vient d’être embauché à Savoie Yaourt. « Nous misons sur un développement important en 2023 », annonce Michel Debes. L’usine devrait doubler son personnel de conditionnement. Au Canada, la maison Riviera, où Alsace Lait est désormais majoritaire, a connu quelques turbulences. « Nous avons mis un terme au contrat de Frédéric Madon qui en avait pris la direction. » En attendant le recrutement d’un nouveau directeur de site, c’est Hervé Massot qui a repris les rênes de l’usine québécoise. Avec, à la clé, un mois de travail intense et de nombreux déplacements pour faire le point. « La maison Riviera est une belle endormie qu’il va falloir stimuler », estime Michel Debes.

Des changements en profondeur vont intervenir dans les mois à venir, a confirmé Hervé Massot. « Notre volonté est de développer les gammes de produits ultra-frais et de produits vegan. La maison Riviera est devenue rapidement leader de ce segment au Canada, avec 45 % de parts de marché, devant Danone. » Son expertise pourrait être une source d’inspiration pour l’Alsace, avec des produits à base de lait d’avoine made in Elsass, a-t-il indiqué.

De nouveaux produits bientôt dans les rayons

« J’avais prédit une année 2022 pleine de challenges, a poursuivi le directeur. Toutes mes prévisions ont été largement dépassées… » Les perspectives pour 2023 restent incertaines. « Piloter l’entreprise sans grande visibilité nécessite de réagir rapidement, et parfois de faire confiance à nos intuitions. » Le lancement du beurre Alsace Lait est la preuve de la pertinence de cette stratégie. « Nous allons bientôt lancer les yaourts crémeux Alsace Lait fabriqués en Alsace, et mettre un pied dans le salé avec des produits à base de fromage blanc, notre spécialité. »

Conclusion de Michel Debes : « De grands chantiers s’ouvrent à nous en 2023. Les investissements sont programmés pour lancer ces nouveaux produits. Nous disposerons alors d’une usine performante pour faire ensemble des produits d’excellence dans de bonnes conditions. »

Ma Ville, mon Maire

Rosheim, une ville pleine de vie

Pratique

Publié le 29/12/2022


« Rosheim a une qualité de vie très agréable et une infrastructure routière et ferroviaire remarquable, ce qui explique son attractivité », souligne le maire. Conséquence logique, sa démographie est en constante augmentation depuis quelques années. « Nous nous situons dans la deuxième couronne urbaine de Strasbourg, après les communes de l’Eurométropole. Le commerce de proximité est très présent, le bassin est riche en emplois, et les enfants peuvent être scolarisés sur place de la maternelle à la troisième, avec la possibilité d’inscrire l’enfant au périscolaire. Nous abritons l’un des plus gros collèges du Bas-Rhin, avec 650 élèves. » Seul bémol, la courbe démographique des enfants est en baisse : les jeunes couples ont du mal à s’installer à Rosheim, en raison des prix de l’immobilier. Le tissu associatif est très dense : la ville en compte une soixantaine. « C’est la dynamique de la commune. Les jeunes et les moins jeunes peuvent pratiquer toutes sortes d’activités sportives et culturelles. Et le programme des manifestations est très riche. »

La vigne, une place de choix

Avec 300 ha, la vigne occupe une place de choix sur le ban communal. « La vigne, c’est notre richesse. Même si de nombreux vignerons de Rosenwiller cultivent des parcelles sur notre ban. » Un petit regret : « Nous n’avons pas de grand cru. Mais nous avons la chance d’avoir huit familles qui mettent leurs vins en bouteille » : Sophie Kumpf Meyer et ses vins nature, Jean-Pierre Schmitt, Yves et Christine Affolter, Philippe Kirrmann, Christophe Maetz, Jean-Marc Dreyer, Xavier et Marie-Marthe Maetz, sans oublier Hubert Maetz, le chef du restaurant Rosenmeer. Trois autres familles vivent de la viticulture, en tant qu’apporteurs de raisins. Des agriculteurs, par contre, la commune n’en compte plus depuis le décès d’André Fischer, un maïsiculteur à la pointe de la technologie. « L’agriculture a toute sa place. Il est de plus en plus difficile de rendre constructibles les espaces agricoles, et c’est tant mieux. »

La forêt est l’autre atout de la ville à la rose. « Nous possédons la deuxième plus grande forêt communale du département, après Haguenau. » Ses 1 600 ha sont entièrement situés sur le ban communal, avec une belle mixité de feuillus et de résineux. « Sur la partie basse de la forêt, à environ 300 m d’altitude, on trouve des chênes remarquables. » C’est l’ONF qui s’occupe de la gestion de ce patrimoine forestier. « Trois jeunes bûcherons et un apprenti, amoureux de leur métier, y travaillent en permanence. Ils connaissent notre forêt et la respectent. Ils travaillent à nos côtés pour l’améliorer et la régénérer. Ensemble, nous orientons le plan de coupe de l’ONF. » Une coupe de 10 000 m3/an, en fonction de l’accroissement de la forêt. « Le bois est une source de revenus appréciable pour la commune. Nous avons même installé une chaufferie au bois en 2007. Pendant dix ans, nous fabriquions nous-mêmes nos plaquettes avec les résidus de la forêt communale. Mais la qualité hygrométrique de ces plaquettes n’était pas à la hauteur de nos attentes et depuis lors, nous les achetons à Sélestat. »

 

 

Un Espace naturel sensible à Rosheim

Rosheim, comme les communes voisines de Bischoffsheim et de Boersch, fait partie d’un espace naturel sensible, l’ENS du Bischenberg. « Chaque fois qu’un terrain est vendu, il est préempté et loué par les collectivités à des particuliers, à un prix modique pour préserver les arbres fruitiers. Elles accordent également une subvention de 45 € par plantation. Et cela marche très bien ! Entre 2018 et 2019, 2 500 arbres fruitiers ont été plantés dans les neuf communes environnantes. Pour l’instant, nous n’avons pas de débouchés pour ces fruits, mais Bischoffsheim y travaille », explique Michel Herr.

 

Section départementale des anciens exploitants du Bas-Rhin (SDAE)

Une année riche en satisfactions

Vie professionnelle

Publié le 22/12/2022


« Les réunions transmission ont eu un succès incroyable. Nous avons touché 230 personnes : 130 à Strasbourg et 100 à Obernai », déclare Paul Schiellein, président de la SDAE. « Notre section est à l’origine de cette initiative », rappelle son secrétaire, Philippe Wolff. Lancée il y a cinq ans, elle implique la MSA d’Alsace, la Chambre d’agriculture Alsace, le Centre de fiscalité et de gestion, la FDSEA, les JA et la Safer.

À la demande de la SDAE, la MSA d’Alsace avait envoyé une lettre individualisée à tous les exploitants agricoles âgés de plus de 55 ans. « Les réunions se sont très bien passées, il y a eu une parfaite harmonie entre les OPA », a constaté Paul Schiellein. Et c’est tant mieux : « Le but visé était d’émettre un message unique et clair sur le sujet de la transmission. »

Faciliter la transmission, donner des perspectives aux jeunes agriculteurs qui s’installent… Ces questions sont vitales pour la pérennité de l’agriculture alsacienne, estiment les anciens exploitants. Il y a urgence : 54 % des actifs agricoles devraient partir à la retraite dans les dix prochaines années. « Nous étions parfaitement dans notre rôle de présider ces réunions, estime Daniel Saenger, vice-président. Cela nous a permis d’entrer en contact avec les futurs retraités afin d’assurer l’avenir de notre mouvement. »

Une victoire syndicale, mais des zones blanches

Au niveau national, les anciens exploitants agricoles ont obtenu une avancée spectaculaire il y a quelques jours. Après avoir approuvé la revalorisation de 4 % de leur retraite de base et de leur retraite complémentaire il y a quelques semaines, les députés viennent d’adopter une proposition de loi visant à calculer la retraite de base des non-salariés agricoles en fonction des 25 meilleures années de carrière. La profession d’agriculteur est aujourd’hui la dernière à calculer la retraite sur l’intégralité d’une carrière et non sur les 25 meilleures années. C’est donc dans un souci d’équité que les députés ont voté cette loi, à une belle unanimité, ce qui mérite d’être souligné. Toutefois, ils ont reporté son application au 1er janvier 2026 pour permettre à la MSA d’effectuer les mises à jour informatiques nécessaires.

Cette proposition de loi doit encore être approuvée par le Sénat, mais les anciens agriculteurs sont confiants dans l’issue de ce vote. Pas de cocorico pour autant, prévient Paul Schiellein, car de nombreuses zones blanches subsistent. Les carrières des conjointes d’exploitation, souvent incomplètes, seront-elles concernées par le dispositif ? Y aura-t-il une rétroactivité pour les pensions déjà liquidées ? Et pourquoi avoir reporté à 2026 l’entrée en vigueur de cette loi ? « Même le ministre s’en est ému. Il a demandé à la MSA d’étudier la possibilité d’avancer l’échéance au 1er janvier 2025. » Pour le président de la SDAE, « l’essentiel à retenir est qu’un combat de 20 ans a enfin abouti. C’est une belle victoire syndicale, et ce n’est que justice ! Quoi qu’il en soit, nous serons vigilants sur les décrets d’application et leur mise en œuvre. »

Et ils sont bien décidés à continuer le combat pour faire progresser le montant des retraites agricoles actuelles. Premier objectif : obtenir de nouvelles avancées pour les membres de la famille, principalement les femmes, qui ont souvent une carrière incomplète. « La loi Chassaigne 2 marque un début de reconnaissance du travail des conjointes d’exploitant : leur retraite est passée à 741 €/ mois, contre 555 € précédemment, pour une carrière complète. Mais, constate Philippe Wolff, seules 75 % des conjointes retraitées ont bénéficié de cette revalorisation. » À terme, ces retraites devront atteindre 75 % du Smic, soit 967 €/mois, car cela correspond au niveau de l’Aspa (Allocation de solidarité aux personnes âgées), estime-t-il.

Lutter contre la désertification médicale

Bien vieillir en milieu rural est l’un des fers de lance des anciens exploitants. « Nous continuerons nos actions sur la prévention santé, sur l’autonomie et l’aménagement de l’habitat », explique Christiane Bernard. Mais comment garantir le bien-être des seniors en perte d’autonomie face à une désertification croissante, tant sur le plan des médecins que des aides à domicile ? « Si une personne qui a besoin d’accompagnement ne trouve pas de réponse, la famille se débrouille comme elle le peut et s’épuise rapidement. Il serait temps de définir clairement un plan d’action services à domicile et aide aux aidants », estiment les anciens agriculteurs. Les moyens prévus par le Conseil national de la refondation sont clairement insuffisants pour couvrir les besoins sur le terrain.

L’année 2022 a été mise à profit pour dynamiser les partenariats avec différents organismes, comme la MSA d’Alsace et Mutualia, Groupama Grand Est et le Crédit Agricole Alsace Vosges. « Ils sont à notre écoute et, comme ils savent que nos retraites sont faibles, ils nous accordent des tarifs avantageux sur leurs services », affirme Adeline Baur, vice-présidente de la SDAE.

Une touche de convivialité

Mais, alors que 2023 pointe le bout de son nez, les anciens exploitants préparent déjà la sortie de l’hiver. « Nous inviterons les délégués cantonaux au printemps, avec une touche de convivialité », annonce Daniel Saenger. Et, au lendemain de l’assemblée générale de la FDSEA du Bas-Rhin, le 13 janvier, à laquelle l’ensemble des anciens exploitants sont invités, « le temps sera venu d’organiser les réunions territoriales pour informer nos adhérents sur nos actions », ajoute Paul Schiellein. Au nom des membres du bureau, il remercie Léa Froehlicher, animatrice FDSEA, pour le soutien logistique qu’elle leur a apporté tout au long de l’année.

À quelques jours de Noël, les membres du bureau de la Section des anciens exploitants agricoles souhaitent de joyeuses fêtes à l’ensemble de leurs adhérents et, plus largement, du monde agricole et leur expriment leurs meilleurs vœux de santé et de bonheur pour l’année 2023.

Huilerie Oléa à Wittisheim

De l’huile pour sauver les noyers

Pratique

Publié le 12/12/2022


« Les noyers sont très abondants dans la région, explique Francis Singler, président de l’association des arboriculteurs de Wittisheim. Aussi les membres de notre association avaient-ils fabriqué une presse à huile artisanale pour faire de l’huile de noix. La demande était de plus en plus forte, et ils n’arrivaient plus à suivre. Je leur ai proposé de monter un atelier avec du matériel plus performant. » La commune a mis les locaux à leur disposition, ce qui leur a permis de se lancer dans l’aventure. « Un membre de l’association nous a mis en relation avec la fondation RTE, qui soutient des projets d’intérêt général contribuant au développement économique, social et solidaire des territoires ruraux. Notre dossier a été retenu et le budget a pu être bouclé avec l’aide du Département et de la Région, mais aussi du Crédit Mutuel. » Francis Singler étant président de la Caisse Ried Centre Alsace et du district de Sélestat, il a trouvé une oreille attentive auprès de ses collègues…

 

 

« Notre objectif, c’était d’éviter que les noyers en bout de champ ne soient coupés, faute de débouchés pour les noix, explique-t-il. Notre démarche a tout de suite trouvé un écho favorable auprès de nos concitoyens qui avaient ainsi la possibilité de valoriser leur production de noix. » Depuis, l’huilerie Oléa s’est diversifiée : « Nous pressons des graines de tournesol et de colza produites en Alsace, des noisettes du Lot, et même du sésame de Centre Afrique. Nous avons mis en place un partenariat avec une association locale de femmes qui nous approvisionne régulièrement en graines - là-bas, ils peuvent faire jusqu’à trois récoltes par an ! »

Bientôt de l’huile de cameline

La dernière-née, pas encore commercialisée, est l’huile de cameline, une plante dont les graines fournissent une huile au taux d’acides gras oméga-3 très élevé et utilisée en cuisine, en cosmétique, en combustible, dans la fabrication du savon noir, etc. « La ferme Schwab de Wittisheim s’est lancée dans l’aventure à nos côtés. Les graines sont en train de reposer, nous les presserons prochainement. »

« Nous travaillons par campagne, car chaque huile nécessite des réglages spécifiques au niveau de la chauffe, des buses et des toiles de filtration. La campagne de pressage de l’huile de noix vient de démarrer, début décembre, et s’étale jusqu’à fin mars. » 25 kg de noix donnent 10 kg de cerneaux, qui correspondent à 5 litres d’huile brute, précise Francis Singler. « Les particuliers peuvent nous apporter leurs cerneaux aux horaires d’ouverture de la boutique, ainsi que le mercredi matin. » À charge pour eux d’ouvrir les noix qu’ils récoltent et de les livrer en seau ou en carton. Ils peuvent ensuite récupérer leur propre huile quelques semaines plus tard. L’huile est extraite par première pression à froid. « Nous broyons grossièrement les cerneaux de noix avant de les placer dans les entonnoirs. » Une vis sans fin vient chercher le broyat pour la diriger vers la tête de chauffe. L’huile brute est extraite puis dirigée vers le filtre à plaques pour lui donner sa brillance. « Ce type de filtration permet de conserver les cires de l’huile qui sont des vecteurs de goût. » À l’autre bout de la presse, les tourteaux de noix, une fois chauffés et pressés, ressortent sous forme de longs spaghettis. Ces pellets peuvent être transformés en farine qui peut aromatiser de la farine de blé, pour une utilisation en pâtisserie.

L’association compte une cinquantaine de membres. Elle a aussi un rôle pédagogique, souligne Francis Singler. « Nous aidons les nuciculteurs à soigner les noyers infestés par la mouche du brou qui réduit d’un tiers le rendement. »

À la porte nord de la route des vins d’Alsace

« Le vin est l’âme de Marlenheim »

Vie professionnelle

Publié le 11/08/2022


L’histoire de Marlenheim est intimement liée à la viticulture, souligne Daniel Fischer. « Le patrimoine architectural, à commencer par la mairie, montre l’opulence de la ville dans les siècles passés, une opulence qu’elle doit essentiellement à la viticulture. Cela a forcément un impact sur le plan économique, culturel et touristique. » Le vignoble couvre 110 ha, sur un ban communal de 1 459 ha.

 

 

« Le vin est l’âme de Marlenheim. Notre ville constitue la porte nord de la route des vins d’Alsace, inaugurée le 31 mai 1953. Nous fêterons donc son 70e anniversaire l’an prochain, avec toute une série d’événements. Nous faisons partie de la Couronne d’or qui regroupe les villages viticoles autour de Strasbourg, communément appelée Vignoble de Strasbourg. » Dans son ouvrage « Historia Francorum », Grégoire de Tours évoque la présence de vignes en l’an 589, raconte le maire. « Il y avait une résidence mérovingienne dans la commune. » L’historien rapporte que, suite à un complot contre le roi Childebert, Droctulf est condamné à travailler dans les vignes…

En plus de sa chapelle, célèbre pour son chemin de croix du XVIIIe siècle, le Marlenberg renferme un véritable joyau, le Steinklotz, le plus septentrional des grands crus d’Alsace. Son classement a été publié au Journal officiel du 19 décembre 1992. C’est son microclimat qui fait sa particularité, explique le maire. Les Vosges protègent le coteau du vent et de la pluie. De ce fait, les précipitations sont plus faibles et les températures un peu plus élevées (+ 1,5 °C) que ce qui serait attendu à cette latitude.

Outre la maison de négoce Arthur Metz, la ville compte six vignerons indépendants : Clément Fend, Florence Michel, Richard Specht, Romain et Jérémie Fritsch, Paul et Jean-Marie Mosbach, Danièle et Jean-Daniel Eckendoerffer et Xavier Muller. Sans oublier le nouveau venu, le domaine du Petit Poucet de Gérard Blaess, en agriculture biologique. À côté de cela, il y a un nombre important de propriétaires de vigne qui livrent leurs raisins à Arthur Metz ou à la cave du Roi Dagobert.

La promotion de la viticulture marilégienne est une affaire prise très au sérieux. Les deux fêtes emblématiques organisées chaque année, le Mariage de l’Ami Fritz les 14 et 15 août et la fête des vendanges fin octobre, contribuent à son rayonnement. Mettre en exergue les vins du terroir, c’est aussi la motivation de l’Ordre œnophile de Marlenheim et de la Couronne d’or, ainsi que de l’association des Amis des bons crus, présidée par Jean-Michel Laugel qui possède également la Vinothèque du Lys.

Mais n’oublions pas l’agriculture et l’élevage qui occupent plus de 900 ha. « Des agriculteurs, il n’y en a plus tellement », indique Daniel Fischer. Il cite la famille Schaeffer, Paul Eberlé, Charles Goetz et son frère.

Un tissu économique dynamique

Dans les années 1970-1980, la commune a tout fait pour développer son activité économique et commerciale. Avec succès : « Avec Molsheim et Obernai, nous faisons partie d’un bassin de plein-emploi. On recense 4 431 habitants à Marlenheim, pour un bassin d’emploi de 1 500 emplois, ce qui n’est pas négligeable. Cela permet aux Marilégiens et aux habitants de la communauté de communes Mossig et Vignoble de travailler à proximité de leur domicile. »

Outre ses nombreux commerces, Marlenheim recèle de belles pépites. Parmi elles, Alsapan, spécialisée dans la fabrication de sols stratifiés et vinyle, mais aussi la maison Arthur Metz, premier élaborateur de crémant d’Alsace, les Pâtes Grand’Mère, le Moulin du Kronthal et le Comptoir agricole. La coopérative y possède trois implantations : un dépôt central, une usine de production de semences de maïs et un magasin VitiVina. « Nous avons également quelques fleurons gastronomiques, avec un restaurant étoilé de renom national, le Cerf. » Un seul regret : la pénurie d’établissements hôteliers.

Faire bouger les lignes

« Ce que l’on ressent - et la jeune génération y est pour beaucoup -, c’est le souci de préserver ce vignoble et ce paysage qui font la richesse de notre territoire. Ils sont conscients du changement climatique et de la nécessité de s’investir dans la transition écologique, avec une volonté de plus en plus prononcée de travailler en agriculture biologique et en biodynamie », affirme Daniel Fischer. La municipalité en collaboration avec les viticulteurs et les agriculteurs, a monté un projet audacieux : la plantation, en novembre, de 800 mètres linéaires de haies et d’arbres dans le cadre de la trame verte et bleue, en partenariat avec l’association Haies Vives d’Alsace. Les vignerons marilégiens ont aussi été parmi les premiers, en Alsace, à mettre en place la confusion sexuelle pour lutter contre les tordeuses de la grappe, afin de réduire l’utilisation d’insecticides chimiques. Très tôt, ils ont compris l’importance de communiquer autour de leurs pratiques. « Seul un chemin d’exploitation sépare les vignes des jardins des riverains, et notre école primaire est située au pied du vignoble. Nous avons mis en place des panneaux sur les chemins d’accès au vignoble pour prévenir que des traitements sont effectués de mai à août. »

Lors de l’invasion du phylloxéra, la vigne a pourtant failli disparaître. « C’est pour cela que l’on trouve l’un ou l’autre verger sur la colline. La ville est elle-même propriétaire d’un verger, dans le cadre des mesures compensatoires imposées aux promoteurs qui ont construit des immeubles à l’entrée de la ville. Ce verger, entretenu par l’association des arboriculteurs, est à la disposition de nos concitoyens. »

La cohabitation entre agriculteurs, vignerons et chasseurs se passe bien, estime Daniel Fischer. « Je n’ai pas connaissance de gros dégâts de gibier. Ce que je déplore, c’est plutôt l’irrespect de certains promeneurs, qui n’hésitent pas à circuler en quad ou à moto dans la forêt et le vignoble. À tel point que nous avons été obligés de faire des contrôles avec les gardes de l’OFB (Office français de la biodiversité). »

Haguenau

« On ne touche pas à la forêt »

Pratique

Publié le 10/06/2022

À Haguenau, ce qui frappe, c’est la forêt. « Son originalité est d’être indivise : la Ville et l’État décident ensemble de son devenir, explique le maire, Claude Sturni. Nous travaillons en étroite collaboration avec la préfecture et l’Office national des forêts, gardien du temple. Nous sommes arrivés à monter un plan d’action visant à une gestion multidimensionnelle de la forêt. »

Le massif forestier de Haguenau est labellisé « forêt d’exception ». C’est la première forêt indivise à obtenir ce label, détenu par une quinzaine de forêts françaises. « Cela signifie qu’elle a quelque chose de particulier, que nous voulons entretenir. Certes, nous prenons en compte les enjeux économiques de la forêt, en partenariat avec la filière bois. Mais le patrimoine forestier doit trouver sa place dans ce schéma. Le maire peut orienter les choix forestiers, une personne dans ma délégation porte ce regard. »

Cet enjeu, la Ville l’aborde d’autant plus sereinement, explique le maire, que « nos ancêtres se sont battu pour que la forêt leur appartienne. Les habitants de Haguenau sont allés voir le roi Louis XIV qui voulait s’emparer de leur forêt et ont réussi à négocier cette indivision. Ce statut lui a permis d’être préservée pour l’essentiel. Dans nos documents d’urbanisme, on ne touche pas à la forêt. C’est un poumon vert, un réservoir de biodiversité. »

Fin mai, le maire et son équipe ont été invités sur le terrain par l’ONF pour observer le pullulement des hannetons forestiers. En Alsace, le cycle de ces insectes s’échelonne sur 48 mois. Durant le stade larvaire, ils s’attaquent aux racines des jeunes arbres. La quatrième année est celle du grand vol. Les jeunes adultes se nourrissent alors de grandes quantités de feuilles, avec une préférence pour les chênes, causant des effets dévastateurs. Il n’existe aucun prédateur connu, et la lutte chimique est proscrite…

Améliorer l’autonomie énergétique du territoire

La ville de Haguenau s’intéresse aussi à l’agriculture, poursuit Claude Sturni. « Mais comme c’est avant tout un secteur économique, les enjeux sont portés par la Communauté d’agglomération de Haguenau, comme pour l’industrie ou l’urbanisme. » C’est aussi l’agglomération qui est propriétaire de l’abattoir communautaire. « C’est elle, notamment, qui désigne le délégataire. » La Société d’exploitation de l’abattoir de Haguenau (STEAH) remplit ce rôle depuis plus de 50 ans. Elle exerce aussi une activité d’abattage rituel, casher et halal. « C’est l’une des raisons pour lesquelles nous voulons le maintenir, car nous sommes conscients de son intérêt. » Mais, précise le maire, la société qui exploite le site doit être à l’équilibre. « Nous ne finançons pas son fonctionnement. Nous réinvestissons simplement les taxes qu’elle nous verse. »

Le secteur de Haguenau est souvent identifié comme un territoire industriel. « Mais on oublie que nous sommes l’Établissement public de coopération intercommunale (EPCI) alsacien le plus important sur le plan agricole, avec un ban de 13 700 ha. » Les 586 ha du ban de Haguenau sont exploités par 44 agriculteurs, précise Claude Sturni.

« Je sais bien qu’aujourd’hui, les exploitations agricoles peuvent avoir plusieurs enjeux et je les soutiens dans leur volonté de diversification, qu’il s’agisse de la captation de valeur autour de leur propre production (circuits courts, ateliers de transformation) ou d’autres ambitions, comme la production d’énergies renouvelables. » L’Alsace du Nord vient d’adopter un Plan Climat, le samedi 14 mai à Eschbach. Dans ce plan, les énergies renouvelables occupent une place centrale, souligne Claude Sturni. « De 2018 à 2023, nous voulons augmenter la production d’énergies renouvelables de 54 %. Il faudra chercher dans toutes les directions : la géothermie et la méthanisation. Mais dans certaines limites, précise-t-il. Les unités de méthanisation n’ont de sens que si elles s’intègrent bien dans leur environnement et si la qualité des flux est assurée. Quoi qu’il en soit, l’agriculture doit contribuer à améliorer l’autonomie énergétique de notre territoire. »

Concilier agriculture, industrie et urbanisme

« Nous nous battons pour que notre territoire reste agricole, tout comme nous nous battons pour qu’il reste industriel », insiste Claude Sturni. Nous travaillons intelligemment avec les responsables du monde agricole. » La preuve ? « En janvier dernier, nous avons inauguré la voie de liaison sud à Haguenau. Nous avons mis dix ans à concrétiser ce projet, mais cela me paraît une réussite. » Longue de 5 km, la VLS relie le sud-ouest de la ville à l’est, en passant au sud du territoire, avec une piste cyclable bidirectionnelle. Elle dessert plusieurs quartiers, relie des zones d’emploi importantes, comme le centre hospitalier ou les casernes du quartier Estienne, et désengorge le centre-ville. « Nous avons mené un vrai travail de concertation avec le monde agricole autour des compensations environnementales et des indemnisations. Nous y sommes arrivés sans crispations, ni réclamations. Je me félicite que le projet ait pu se faire sereinement. » Le maire rappelle par ailleurs que l’antenne de l’Adar de l’Alsace du Nord est hébergée au Centre d'animation d'information et relais économique (Caire).

« Évidemment, un territoire comme le nôtre a besoin d’infrastructures, d’équipements. Pour ce faire, nous avons besoin de travailler avec le monde agricole. Et si nous pouvons lui apporter des réponses, c’est encore mieux. Une convention nous lie avec la Chambre d’agriculture Alsace pour les circuits courts, l’abattoir et l’accélération des transitions des exploitations agricoles, en particulier la reprise par des jeunes qui sont prêts à prendre la relève. Nous participons également à la valorisation de l’image de la profession. » Une manifestation sera organisée dimanche 26 juin pour promouvoir la filière lait. Et début septembre, la filière houblon sera à l’honneur.

Un riche passé houblonnier

Le houblon, rappelle le maire, est intimement lié à l’histoire de la ville. « Haguenau a longtemps été la capitale de la commercialisation du houblon. Elle se disputait ce titre avec Nuremberg. » Témoin de ce riche passé, la Halle aux houblons, trésor du patrimoine communal. Cette production emblématique est toujours présente au sein de l’agglomération hagenovienne, comme en attestent les nombreuses houblonnières.

La Halle aux houblons, elle, a d’autres finalités. Elle abrite un marché bihebdomadaire qui concourt au titre du plus beau marché de France 2022, un concours organisé par TF1. « N’hésitez pas à voter pour lui sur internet (https://votreplusbeaumarche.fr/marche/halle-aux-houblons-haguenau). » On y trouve les produits du terroir proposés par les paysans locaux, ainsi que des produits gastronomiques et artisanaux élaborés par les professionnels des métiers de bouche. « Les magasins de vente directe et les marchés se développent dans le secteur. Certains artisans reprennent même des tournées. Et de nombreux maires se battent pour avoir de nouveau un marché ou une épicerie dans leur commune. Samedi dernier à Wintershouse, nous avons inauguré un commerce de proximité : un boulanger de Haguenau a pris le parti d’ouvrir un point de vente.  »

Concours de la race simmental

La Java, dis donc !

Élevage

Publié le 08/06/2022

Polka, du Gaec Bernhard de Woerth, arrive en tête de la 1re section, réservée aux génisses. Elle est également élue meilleure bouchère de sa section. « C’est vraiment l’animal qui me plaît le plus, j’apprécie son développement, son bassin, sa longueur. C’est une génisse qui, en prenant de l’âge, fera une superbe vache. » C’est une fille du taureau Mahoni, précise Perrine Ludwig, éleveuse à Ernolsheim les Saverne. Une filiation qui lui vaut une superbe morphologie, le gène sans corne en prime.

Papaye, du Gaec Cousandier à Roeschwoog, s’attribue la première place de la 2e section (vaches en première lactation). « C’est la vache la plus complète. Solide, elle a une belle profondeur de flanc, une bonne largeur de poitrine, une mamelle comme il faut, vraiment. » Du coup, elle est également meilleure mamelle de sa section. La meilleure bouchère est Bella, de l’EARL Engel à Buhl.

Pour la 3e section (vaches en 2e et 3e lactation), le juge prend le temps de la réflexion. « Aucune vache n’a démérité, mais il faut bien faire un choix. » C’est Obstinée, du Gaec Bernhard à Woerth, qui l’emporte. « C’est le meilleur compromis entre morphologie, mamelle et aplombs. » Elle présente en outre de bonnes qualités bouchères. « Une mamelle vivante, irriguée » vaut à la 2e de section, Orphée, du Gaec Cousandier, le titre de meilleure mamelle de sa section.

Le titre de championne jeune va à Papaye, du Gaec Cousandier. « C’est la simmental moderne telle qu’on la recherche aujourd’hui, la productivité en plus. » Obstinée, du Gaec Bernhard, est championne réserve. Au moment de choisir la meilleure mamelle jeune, le juge hésite : « Entre la blonde et la rouge, mon cœur balance.  » Finalement, ce sera Orphée. « Ce qu’elle a de plus, c’est l’irrigation de la mamelle, avec des veines saillantes, une belle hauteur et largeur de l’attache arrière. Il faut souligner la longueur et l’épaisseur des trayons. »

Dans la section 4, « celle qui me plaît le mieux au niveau de la taille et du bassin, c’est Négrita, du Gaec Fichter à Uhrwiller ». Milka, appartenant à Marie-Cécile Claudepierre au Bonhomme, est meilleure mamelle, tandis que Mélodie, de l’EARL Engel à Buhl, est meilleure bouchère.

Dans la section 5 (vaches en 4e lactation et plus), Jean-Philippe Muller tombe sous le charme de Java, du Gaec Cousandier. « Je l’ai aimée tout de suite. C’est vraiment mon type de vache. Une vache exceptionnelle en largeur, en profondeur, avec une grande panse pour valoriser les fourrages grossiers. » Elle est également meilleure bouchère, la meilleure mamelle étant Laguiole, du Gaec Bernhard.

Milka, Mélodie et Java, le tiercé gagnant

Reste à désigner les championnes. La meilleure mamelle adulte est Milka de Marie-Cécile Claudepierre, dont c’était la première participation au festival de l’élevage. Le commentaire du juge est sans équivoque : « Une mamelle bien irriguée, une attache de mamelle qui monte assez haut, un placement du trayon arrière optimal, une mamelle bien suspendue, qui reste nettement au-dessus du jarret. »

Dans une bonne bouchère, on recherche le gras intramusculaire qui donne la tendreté, la saveur. Mélodie, de l’EARL Engel, remplit tous les critères. « Le meilleur steak sur pattes », selon l’expression de notre photographe…

À l’heure de désigner la championne adulte 2022, pas d’hésitation : c’est Java, du Gaec Cousandier qui remporte le titre. « Tout me plaît dans cette vache, la ligne de dos, le bassin, la profondeur du flanc, la largeur de poitrine, les aplombs solides, secs, capables de porter une vache de 750 kg, voire plus », précise le juge. La championne réserve est Négrita, du Gaec Fichter. Sans surprise, c’est Java qui est sacrée grande championne de ce concours. « C’est le prototype de simmental. Regardez cette ligne de dos, c’est du solide ! C’est une vache exceptionnelle qui vieillira bien. »

Concours prim’holstein du Festival de l'élevage de Brumath

De belles demoiselles !

Élevage

Publié le 07/06/2022

À peine 5 mois et déjà en tête ! C’est le plus jeune animal du concours, Shiva (une fille d’Astro) appartenant au Gaec Losser à Mussig (67), qui se classe première de la section I. « Un squelette très bien construit, avec une épaule large et une première côte ouverte », souligne le juge. Dans la section II, c’est Supercocot (Chief Stan), du Gaec de Wittelsheim à Wittelsheim (68), qui domine. « C’est exactement le genre de génisse que je recherche en termes de proportions, entre la taille, la longueur et la profondeur. Très bien construite, elle a un dessus remarquable et d’excellents membres. »

« Les jeunes savent vraiment mettre les animaux en valeur, ce qui complique la tâche du jury », relève au passage Thomas Saunier. Après quelques hésitations, son choix se porte sur Wilt Egenia (Génie Matt), du Gaec éponyme à Dachstein, première de la section III. « Une génisse très bien présentée, très bien construite, avec beaucoup de qualités dans son dessus et beaucoup de forme dans son bassin. » Le juge met l’accent sur son style et son caractère laitier.

Perinne Ludwig, éleveuse à Ernolsheim-lès-Saverne, présente les différents élevages en compétition tout au long de l’après-midi. Elle souligne la première participation à ce concours de Sébastien Baur, de l’EARL de la Marguerite à Stotzheim, avec deux animaux. Première de cette section, Sunshyne (Harvest Wi), du Gaec Thiebaut à Craincourt (57). Une génisse qui a un sacré caractère… « C’est le meilleur compromis entre la longueur de la génisse et la solidité de son dos. » La largeur dans sa poitrine et de son bassin sont deux critères que le juge a particulièrement appréciés.

Les huit finalistes du championnat junior ont toutes beaucoup de caractère laitier, beaucoup de solidité dans les membres, un bassin très ouvert. Mais Wilt Egenia l’emporte devant Shiva, classée réserve. « Ce sont deux génisses exceptionnelles, par la façon dont elles sont construites - solidité, largeur, ouverture de côte, qualité des membres -, mais aussi par leur belle prestance et leur caractère laitier. »

Soline (King Doc), de l’EARL Bernard Oser à Biederthal (68), fait une entrée assez mouvementée sur le ring, mais au bout de quelques cabrioles, le présentateur parvient à redresser la barre. Le jury est séduit et la classe première de la section V. « De super membres, la qualité de son dessus, la force de son épaule ont fait la différence. »

« Un très beau tiercé de vaches »

Dans la section VI, le juge flashe sur trois animaux : Sweet d’or du Neuhof (Thunderstorm), de l’Élevage du Neuhof à Michelbach-le-Haut (68) ; n° 58 Superbe (VH Laval P) de l’EARL de la Colline à Dauendorf ; et Wilt Esmee (Chief Stan), du Gaec Wilt. « Un très beau tiercé de vaches bien construites, avec des dessus remarquables, des bassins très forts, très solides en ligne de dos, de la sortie du cou jusqu’à l’entrée de la queue ». Au final, la balance penche pour Soline : « Un squelette très long, de très bons membres, un trait très raffiné, beaucoup de caractère laitier ».

Dans la section VII, Riedill Seychelles (Doorman), de l’EARL Wollenburger à Bindernheim (67), se distingue par son harmonie générale. « Une vache très bien balancée, très bien proportionnée, avec une belle ouverture de dos, beaucoup de solidité dans son avant et son arrière, et d’excellents membres. » Dans la section VIII, le juge relève la présence d’animaux de fort gabarit. « Je préfère les animaux plus réduits. » La première place va à « 458 » (King Doc) du Gaec de Wittelsheim. « Une génisse que j’ai adorée d’emblée, avec un très beau squelette. Très solide, elle déborde de modernité dans son caractère laitier, avec une encolure dégagée. »

C’est une belle brochette de génisses qui s’affrontent pour le championnat senior. Les éleveurs haut-rhinois font un beau doublé : Soline remporte le championnat senior, « 458 » est classée réserve. « Ce sont deux génisses exceptionnelles qui m’ont impressionné dès qu’elles sont entrées sur le ring. La gagnante est une concurrente très forte, pleine de qualités, avec d’excellents membres, des qualités exceptionnelles de dessus, un dos très tendu, très solide, une proportion parfaite entre la longueur, la largeur et la profondeur de l’animal. »

Sans surprise, Soline est sacrée grande championne du concours. « Une génisse exceptionnelle par la façon dont elle est construite, qui correspond exactement à ce que je recherche, de la largeur, de la finesse, du caractère laitier. »

Festival de l’élevage de Brumath

Un showmanship de très haut niveau

Élevage

Publié le 06/06/2022

Rien n’avait été laissé au hasard. Une formation a été organisée récemment pour permettre aux candidats - des candidates en grande majorité - de s’initier ou de se perfectionner aux techniques de présentation et de clippage. Un clippage qui dure trois heures, tout de même ! Le but du clippage est d’améliorer la sélection des animaux, tout en masquant leurs éventuels défauts, a rappelé le juge. L’objectif est d’apprendre à observer un animal, afin de mieux appréhender les standards de la race et de faciliter la sélection des animaux.

La première partie du concours était réservée aux jeunes éleveurs. C’est Thomas Saunier, éleveur prim’holstein en Moselle, qui a départagé les concurrentes et les concurrents. « Je sens une très grosse motivation de la part des jeunes éleveurs », a-t-il confié. Les jeunes ont mobilisé tout leur savoir-faire, que ce soit pour leur entrée sur le ring, la manière de conduire l’animal, de maintenir le port de tête, de positionner les pattes à l’arrêt ou de suivre les déplacements du juge.

Deux jeunes filles se sont nettement détachées du lot. Dans la première section, c’est Anaïs Ostermann, de Wangen, qui l’a emporté. « Très concentrée, cette jeune présentatrice n’a fait aucune erreur. Elle a veillé à bien placer les pattes de l’animal. Le côté très attentif a fait la différence par rapport aux autres candidates. » Dans la deuxième section, Emma Morier de Donnenheim, a conquis le juge. « Une présentatrice très forte, techniquement parfaite sur tous les points. Attentive à suivre le juge, elle a présenté un animal très propre et très bien clippé, avec une belle démarche. »

Revenues sur le ring pour un ultime tour de piste, les finalistes ont dû échanger leurs animaux. Qu’à cela ne tienne ! En parfaite harmonie avec son animal, Emma Morier a relevé le défi avec brio et remporte ce showmanship 2022.

La soirée s’est prolongée avec un concours de présentation ouvert à tous, professionnels, élèves du lycée agricole ou grand public. Ils ont été très nombreux à profiter de cette aubaine pour montrer leurs talents de meneur et de clippeur. La plus jeune, Jade, avait 10 ans.

Groupement de défense sanitaire des animaux d’Alsace

Les adieux émouvants de Patrick Bastian

Élevage

Publié le 25/04/2022

« J’ai le plaisir de connaître Patrick depuis très, très longtemps, a souligné Denis Ramspacher, vice-président de la Chambre d’agriculture Alsace. Dans notre jeunesse, nous nous sommes côtoyés dans les fêtes agricoles, puis au lycée agricole. Par la suite, il a pris de nombreuses responsabilités, comme président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, comme membre de la Chambre d’agriculture et comme maire de Zehnacker, où son empreinte est visible partout. » Il a succédé à Jean-Paul Bastian à la présidence du GDS du Bas-Rhin où il a travaillé à la mise en place du GDS Alsace. Il s’est également impliqué au sein de la coopérative Unicoolait. « Nous avons véritablement commencé à travailler ensemble à la FDSEA du Bas-Rhin. Quelques adjectifs me viennent en tête : conviction, sens de l’organisation - avec quelques manifestations mémorables -, soutien sans limite, confiance réciproque. » Au nom de l’ensemble de la profession, il a remercié Patrick Bastian pour tous les services rendus à l’agriculture, tout le temps qu’il y a consacré.

« Merci Patrick ! Merci pour ton franc-parler, tes conseils avisés, a renchéri Denis Nass, président de la Chambre d’agriculture. Combien de manifestations nous avons faites ensemble ! Dans toutes tes fonctions, tu as montré que tu avais des convictions et tu n’as jamais eu peur de les exprimer. » Denis Nass se souvient de réunions parfois houleuses à la Chambre d’agriculture : « Tu tapais sur la table lorsque tu n’étais pas d’accord, tu ne lâchais rien. Merci pour ton engagement au service de l’élevage et de l’agriculture du Grand Est. »

En décembre 2015, Patrick Bastian a été élu au Conseil régional du Grand Est, où il s’est investi à fond dans les dossiers agricoles. Laurent Wendlinger, qui a pris sa suite à la Région, a salué l’action de son prédécesseur. « Il a une multitude de qualités. Lorsqu’il s’attaque à un dossier, il l’analyse et va au fond des choses. Il sait s’entourer de gens compétents et prendre la température du terrain avant de se positionner. Il n’agit pas sur une impulsion, il a une vision sur le moyen et le long terme. Aujourd’hui, nous fêtons son départ du GDS, mais il a encore beaucoup de choses à nous apporter. Ensemble, nous continuerons à rouler pour l’agriculture alsacienne et celle du Grand Est. »

« Avec Patrick, 1 + 1, cela fait toujours 2 »

« Avec Patrick, 1 + 1, cela fait toujours 2, a affirmé Pascal Martens, premier vice-président de GDS France. « Nous nous sommes vus pour la première fois à Eurosanitaire, dans les années 1995. À l’époque, à GDS France, c’était les deux plus jeunes qui remplissaient le rôle de scrutateurs. Nous avons fait des tournées dans toute la France ! »

« Lorsque Patrick Bastian m’a annoncé qu’il quittait la présidence du GDS Alsace, je lui ai demandé de trouver quelqu’un qui s’engage », a déclaré Céline Zuber, directrice du GDS Alsace. C’est Frédéric Bernhard qui a pris le relais. « Vous êtes un homme qui compte dans la famille des GDS et un homme sur qui on peut compter. »

« Tu as assuré la présidence du GDS pendant 27 ans, du Bas-Rhin d’abord, puis d’Alsace, a indiqué Frédéric Bernhard. Tu es entré au conseil d’administration en 1988, année de ton installation. À cette époque, il y avait de nombreux cas de brucellose, de leucose, de tuberculose, maladies pratiquement éradiquées aujourd’hui. C’était la base des actions sanitaires collectives. En 1993, tu as pris la présidence du GDS du Bas-Rhin à la suite de Jean-Paul Bastian, avec un directeur très fidèle, Éric Oesterlé, avec qui tu as travaillé durant 26 ans. » Le premier challenge qu’a relevé Patrick Bastian est la mise en place de la caisse fièvre aphteuse, qui a servi de base aux fonds FMS et FMGDS. C’était aussi le début de l’éradication du varron. « En cinq ans, l’Alsace a été déclarée zone assainie en varron. »

D’une crise à l’autre

S’occuper du sanitaire, c’est aussi vivre des crises, la plus marquante pour l’élevage étant celle de la vache folle. En Alsace, le premier cas est apparu en 2001. « Tu as milité pour l’abattage collectif pour limiter l’impact financier et atténuer le traumatisme psychologique. » Pour redorer le blason de l’agriculture, la charte des bonnes pratiques, une démarche commune à la filière lait et viande, a été mise en place. Les GDS en ont coordonné le déploiement dans la région. Dans les années 2000, d’autres programmes ont été lancés, notamment la certification IBR. « Quelques années plus tard, nous avons découvert la fièvre catarrhale ovine, le Grand Est étant la première région touchée, avec par la suite une vaccination obligatoire. »

En 2013, le GDS devant être reconnu comme organisme à vocation sanitaire, les deux GDS alsaciens ont décidé de fusionner. « Le GDS Alsace voit le jour le 1er octobre 2014, un chantier important dont tu as été le constructeur. » L’année 2016 marque le lancement de l’éradication de la BVD, « un projet ambitieux pour lequel tu es allé chercher des financements. La Moselle était en avance sur ce dossier, nous lui avons emboîté le pas. Nous n’avions pas le droit à l’échec, vu les sommes en jeu… » S’investir dans le GDS aussi longtemps, c’est adhérer à une philosophie : « L’action sanitaire doit être collective et mutualisée », estime Frédéric Bernhard.

Cri du cœur de Patrick Bastian : « C’était un bonheur de présider le GDS durant toutes ces années ! » Un bonheur, aussi, de vivre sa dernière assemblée générale dans sa commune, dont il est membre du conseil municipal depuis 1983 et maire depuis 2001. « C’est pour moi une grande fierté d’avoir pu moderniser mon village. » Son seul regret : qu’il ne reste plus que deux paysans à Zehnacker…

Depuis son adolescence

Patrick Bastian est tombé dedans quand était petit. « Mon père devait collecter les cotisations du GDS, mais en fait, c’est moi qui m’en occupais. » C’est grâce aux JA qu’il est entré au GDS. Un beau jour, Jean-Paul Bastian lui a annoncé qu’il se retirait de la présidence et lui a proposé de lui succéder. C’était en 1993. « Je suis arrivé à GDS France dès l’année suivante. C’était une formation exceptionnelle ! » Il se souvient de son premier congrès national à Mâcon, où il était chargé de retracer l’histoire du GDS, créé par un ministre alsacien, Pierre Pflimlin.

Certains souvenirs restent profondément gravés dans sa mémoire, comme l’abattage total de troupeaux, que ce soit à cause de la brucellose ou plus tard de la maladie de la vache folle. Un drame, à chaque fois ! Par la suite, d’autres maladies ont fait leur apparition, comme la FCO.

Après avoir remercié les membres de sa famille pour leur soutien, Patrick Bastian a eu une pensée émue pour tous ceux qu’il a côtoyés durant toutes ces années au GDS, au niveau régional et national, ainsi que dans les milieux vétérinaires.

Les vidéos